QCM : L’être en société — 21 questions

Questions et réponses du QCM

1. Qu’est-ce qui distingue une société d’une simple foule d’individus ?

Des relations qui produisent unité et stabilité
Une réunion spontanée dépourvue d’organisation
Une addition d’individus partageant un même lieu
Une proximité physique sans relations durables

Des relations qui produisent unité et stabilité

Explication

Une société repose sur des relations entre individus qui produisent une certaine unité et une certaine stabilité. Une foule peut réunir des personnes sans constituer un ensemble social structuré par de telles relations.

2. Quelle opposition Margaret Thatcher établit-elle entre les individus et la société ?

La société n’est pas distincte des individus
La société détermine les individus indépendamment de leurs choix
La société forme une totalité supérieure aux relations individuelles
La société résulte principalement d’institutions politiques communes

La société n’est pas distincte des individus

Explication

Dans cette position, Thatcher refuse de considérer la société comme une réalité distincte des individus. L’analyse sociologique défend au contraire l’existence de relations stabilisées qui dépassent leur simple agrégation.

3. Comment faut-il comprendre l’état de nature chez Hobbes ?

Comme une société ancienne observée par les historiens
Comme une communauté organisée autour de coutumes partagées
Comme une période où les lois politiques sont peu appliquées
Comme une construction théorique sans institutions communes

Comme une construction théorique sans institutions communes

Explication

L’état de nature est une situation fictive dans laquelle les êtres humains vivent sans société ni institutions politiques communes. Il ne désigne donc pas une société historiquement observée.

4. Dans l’état de nature décrit par Hobbes, comment la rareté et la méfiance contribuent-elles au conflit ?

Elles renforcent l’autorité politique et la sécurité collective
Elles réduisent les rivalités en clarifiant les intentions d’autrui
Elles alimentent la compétition et la défiance entre les individus
Elles favorisent la coopération grâce à des règles communes

Elles alimentent la compétition et la défiance entre les individus

Explication

La rareté des biens, l’ignorance des intentions d’autrui et la susceptibilité entretiennent la compétition, la méfiance et le conflit. Les institutions politiques ont au contraire pour fonction de rechercher la sécurité et la paix.

5. Quelle fonction Hobbes attribue-t-il aux institutions politiques ?

Remplacer les droits naturels par des obligations religieuses communes
Édicter et faire respecter des lois garantissant sécurité et ordre
Organiser la compétition entre individus pour préserver leur liberté
Maintenir les conflits afin d’empêcher toute concentration du pouvoir

Édicter et faire respecter des lois garantissant sécurité et ordre

Explication

Pour Hobbes, les institutions doivent édicter et faire respecter des lois afin de garantir la sécurité, la paix, l’ordre et certains droits naturels. Elles ne sont donc pas destinées à organiser ou prolonger le conflit.

6. Que désigne le contrat social chez Hobbes ?

Une convention morale qui dispense de toute autorité politique
Un accord visant à supprimer les lois et les sanctions publiques
Le consentement à des conditions communes instituant une autorité souveraine
Une alliance temporaire entre groupes défendant des intérêts particuliers

Le consentement à des conditions communes instituant une autorité souveraine

Explication

Le contrat social correspond au consentement des individus à des conditions communes permettant d’instituer une autorité souveraine. Cette autorité fait les lois, les fait exécuter et sanctionne leur violation.

7. Comment le contractualisme explique-t-il la formation de la société ?

Comme un ordre naturel issu de différences biologiques
Comme une tradition héritée indépendante de tout consentement
Comme une totalité sociale qui façonne les individus
Comme un artifice institué par des individus rationnels

Comme un artifice institué par des individus rationnels

Explication

Le contractualisme présente la société comme un artifice créé par des individus rationnels qui consentent à établir des institutions. L’explication par la totalité sociale relève plutôt de l’holisme.

8. En quel sens le contractualisme est-il à la fois individualiste et normatif ?

Il part de la totalité sociale et décrit les liens déjà existants
Il valorise l’égoïsme individuel et refuse toute norme collective
Il réduit les institutions à des habitudes sans portée normative
Il part des individus et cherche ce que doit être le lien social

Il part des individus et cherche ce que doit être le lien social

Explication

Le contractualisme est individualiste parce qu’il explique la société à partir des individus, et normatif parce qu’il cherche à déterminer ce que doit être un lien social véritable. Son individualisme théorique ne signifie donc pas un simple égoïsme courant.

9. Quelle limite le contractualisme rencontre-t-il dans l’analyse du lien social ?

Il exclut l’étude des règles qui organisent la vie collective
Il ne peut pas distinguer les individus des structures politiques
Il rend mal compte des liens non juridiques et de leurs effets
Il explique difficilement la création d’institutions par consentement

Il rend mal compte des liens non juridiques et de leurs effets

Explication

Le contractualisme rend mal compte des formes non juridiques du lien social et de leur influence sur les trajectoires individuelles. Il reste pourtant précisément adapté à l’analyse des institutions conçues comme issues d’un accord.

10. Quelle caractéristique définit un fait social chez Émile Durkheim ?

Une décision ponctuelle prise après un calcul individuel des avantages
Une préférence personnelle choisie librement selon les goûts de chacun
Une réaction biologique commune provoquée par les besoins du corps
Une manière d’agir, de penser ou de sentir extérieure à l’individu et coercitive

Une manière d’agir, de penser ou de sentir extérieure à l’individu et coercitive

Explication

Pour Durkheim, le fait social existe en dehors des consciences individuelles et exerce sur elles un pouvoir de coercition. Une préférence volontaire relève plutôt d’un choix personnel et ne constitue pas, à elle seule, un fait social.

11. Pourquoi les règles sociales peuvent-elles être considérées à la fois comme contraignantes et désirables ?

Elles récompensent chaque conduite conforme sans définir ce que les autres doivent faire
Elles suppriment les attentes collectives afin de favoriser les décisions personnelles
Elles décrivent des comportements fréquents sans influencer les relations entre individus
Elles imposent des conduites tout en créant des attentes réciproques sur les comportements

Elles imposent des conduites tout en créant des attentes réciproques sur les comportements

Explication

Les règles sociales orientent les conduites et font naître des attentes concernant la manière dont autrui devrait se comporter. Elles ne se limitent donc ni à une contrainte extérieure ni à une simple description des habitudes.

12. Quelle approche explique les institutions et les transformations sociales par la totalité sociale ?

Le biologisme, qui relie les institutions aux caractéristiques héréditaires des individus
Le psychologisme, qui explique les transformations par les émotions privées
L’holisme, qui considère les structures collectives avant les choix individuels séparés
L’individualisme, qui reconstruit les institutions à partir des préférences personnelles

L’holisme, qui considère les structures collectives avant les choix individuels séparés

Explication

L’holisme interprète les institutions et les changements sociaux à partir de l’ensemble de la société. L’individualisme, au contraire, part des individus considérés séparément pour expliquer les phénomènes collectifs.

13. Que désigne la distinction sociale dans un espace social hiérarchisé ?

La séparation juridique entre citoyens selon leur statut administratif
La concurrence économique entre entreprises pour obtenir des parts de marché
La différenciation entre groupes et la volonté de se démarquer avantageusement des autres
La diversité des goûts personnels sans rapport avec les positions sociales

La différenciation entre groupes et la volonté de se démarquer avantageusement des autres

Explication

La distinction sociale renvoie à la différenciation entre individus ou groupes ainsi qu’à la manière de se valoriser par rapport aux autres dans un espace hiérarchisé. Elle ne désigne donc pas une simple diversité des préférences individuelles.

14. Comment les pratiques et les dispositions sociales peuvent-elles contribuer à maximiser les ressources selon Bourdieu ?

Elles remplacent les ressources économiques par des préférences culturelles sans valeur sociale
Elles orientent les individus vers des activités désintéressées éloignées de toute reconnaissance
Elles réduisent les ressources sociales aux revenus professionnels immédiatement disponibles
Elles favorisent l’acquisition de ressources matérielles ou symboliques comme l’argent et le prestige

Elles favorisent l’acquisition de ressources matérielles ou symboliques comme l’argent et le prestige

Explication

Bourdieu montre que les pratiques et les dispositions peuvent servir à accroître des ressources matérielles, comme l’argent, ou symboliques, comme la reconnaissance et le prestige. Les ressources sociales ne se limitent donc pas aux revenus professionnels.

15. Que révèle la hiérarchie des pratiques sociales sur les rapports sociaux ?

Les pratiques sociales expriment des différences de goût dépourvues d’enjeux de pouvoir
Les faits sociaux comportent des rapports de domination et une conflictualité inhérente
Les conflits sociaux apparaissent lorsque les règles collectives cessent d’organiser les conduites
Les hiérarchies sociales résultent principalement de différences naturelles entre les individus

Les faits sociaux comportent des rapports de domination et une conflictualité inhérente

Explication

La hiérarchie des pratiques montre que les faits sociaux sont aussi traversés par des rapports de domination et par des conflits. Les différences de goût peuvent ainsi participer à des relations de pouvoir plutôt qu’être purement personnelles.

16. Qu’est-ce que l’habitus chez Bourdieu ?

Un ensemble de dispositions incorporées par la socialisation qui génère des pratiques adaptées à un univers social
Une préférence individuelle formée indépendamment de la famille et de l’école
Une décision ponctuelle permettant de s’adapter à une circonstance particulière
Une règle apprise consciemment puis appliquée de manière identique dans toutes les situations

Un ensemble de dispositions incorporées par la socialisation qui génère des pratiques adaptées à un univers social

Explication

L’habitus désigne des dispositions durables incorporées lors de la socialisation primaire, notamment sous l’influence de la famille et de l’école, qui orientent les pratiques. Il ne correspond donc ni à une règle simplement mémorisée ni à une décision isolée.

17. Comment l’habitus peut-il contribuer à la reproduction sociale ?

Il fait apparaître des qualités individuelles comme l’expression d’une appartenance sociale déterminée
Il remplace les dispositions acquises par des décisions ponctuelles prises au cours de la vie
Il empêche les individus d’adapter leurs pratiques à l’univers social où ils ont été formés
Il transforme les différences de groupe en choix personnels entièrement indépendants du milieu

Il fait apparaître des qualités individuelles comme l’expression d’une appartenance sociale déterminée

Explication

L’habitus peut donner l’impression que certaines qualités personnelles sont naturelles alors qu’elles expriment l’appartenance à un groupe social. Il contribue ainsi à rendre visibles et durables des dispositions liées à la socialisation.

18. Dans certaines sociétés traditionnelles, quelle fonction le cycle du don et du contre-don remplit-il pour le donateur ?

Il entretient les interactions sociales en renforçant ou en accroissant son prestige
Il protège les individus de toute rivalité liée à leur position dans le groupe
Il transforme les échanges sociaux en transactions calculées sans dimension symbolique
Il réduit les relations collectives à des obligations juridiques formellement sanctionnées

Il entretient les interactions sociales en renforçant ou en accroissant son prestige

Explication

Le cycle du don et du contre-don entretient les interactions sociales tout en permettant au donateur de conserver ou d’accroître son prestige. L’idée d’une transaction dépourvue de dimension symbolique néglige précisément le rôle social et la rivalité associés au don.

19. Que peuvent dissimuler des cadeaux qui paraissent libres et gratuits dans une relation sociale ?

Une intention charitable, une égalité complète et une absence de rapport hiérarchique
Une décision publique, une sanction juridique et une redistribution organisée par l’État
Une obligation de réciprocité, une rivalité symbolique et une lutte pour le prestige
Une préférence personnelle, une consommation privée et une rupture avec les normes collectives

Une obligation de réciprocité, une rivalité symbolique et une lutte pour le prestige

Explication

Selon l’analyse de Marcel Mauss, le cadeau apparent peut engager une contrepartie et contribuer à une position symbolique, notamment par la réciprocité et la compétition pour le prestige. L’interprétation charitable ne rend pas compte des obligations sociales cachées derrière l’échange.

20. Quelle limite l’approche contractualiste présente-t-elle lorsqu’elle cherche à expliquer la société concrète ?

Son étude des institutions concrètes remplace les relations sociales par des calculs biologiques
Son analyse des pratiques sociales refuse toute référence à une société juste et durable
Son modèle idéal de justice laisse dans l’ombre l’obligation, la domination et les liens sociaux effectifs
Son modèle de société renonce à expliquer les règles qui rendent possible la coopération collective

Son modèle idéal de justice laisse dans l’ombre l’obligation, la domination et les liens sociaux effectifs

Explication

L’approche contractualiste propose un modèle idéal de société juste et durable, mais son abstraction explique mal les mécanismes concrets de l’obligation, de la domination et du lien social. Elle ne se réduit donc pas à une analyse empirique des pratiques effectives.

21. Pourquoi des mécanismes sociaux peuvent-ils orienter efficacement les conduites sans être connus des individus ?

Les individus appliquent consciemment des règles explicites après en avoir délibéré collectivement
La réalité sociale tend à masquer les lois et les mécanismes qui influencent les comportements
Les institutions rendent visibles les mécanismes sociaux afin que chacun puisse les contrôler
Les conduites sont déterminées par des décisions personnelles indépendantes des relations sociales

La réalité sociale tend à masquer les lois et les mécanismes qui influencent les comportements

Explication

La réalité sociale peut dissimuler les lois et mécanismes qui orientent les conduites, ce qui permet à leur influence de s’exercer sans connaissance explicite. La référence à des règles consciemment délibérées décrit un fonctionnement différent de celui mis en évidence ici.

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Qu'est-ce qu'une société selon la définition sociologique ?

Un ensemble d'individus reliés par des relations produisant unité et stabilité.

Que signifie le mot latin « socius » à l'origine de « société » ?

Compagnon ou allié.

Quelle est la position de Margaret Thatcher sur la société ?

La société n'est pas une réalité distincte des individus.

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