📋 Plan du Cours
- Narratives d'esclaves
- Caractéristiques formelles
- Thèmes principaux
- Récits célèbres
- Influence abolitionniste
- Processus d'évasion
- Récit autobiographique
- Conventions littéraires
📖 1. Narratives d'esclaves
🔑 Notions clés & Définitions
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Genre slave narrative : récit de vie d’un esclave fugitif ou ancien esclave, écrit ou oral, principalement publié entre 1760 et la fin de la guerre de Sécession, visant à témoigner des horreurs de l’esclavage et à promouvoir l’abolition. (source)
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Origines historiques et contexte américain : ce genre émerge dans le contexte de l’esclavage aux États-Unis, avec une forte utilisation par le mouvement abolitionniste pour dénoncer la brutalité et mobiliser l’opinion publique, notamment entre 1760 et 1865. La publication de récits comme celui d’Olaudah Equiano (1789) marque le début du genre. Après 1865, la collecte se poursuit pour témoigner des expériences des anciens esclaves. (source)
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Publication majeure et figures emblématiques : parmi les récits célèbres, on trouve ceux de Frederick Douglass (1845), William Wells Brown (1847), Harriet Jacobs (1861), et Booker T. Washington (1901). Ces œuvres illustrent la vie sous l’esclavage, la fuite, et la lutte pour la liberté. (source)
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Rôle des auteurs africains-américains et captifs blancs : la majorité des narrateurs sont des Afro-Américains, mais certains captifs blancs, notamment lors de la piraterie nord-africaine, ont aussi écrit des récits. Ces auteurs utilisent leur témoignage pour sensibiliser et mobiliser contre l’esclavage. (source)
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Collecte par le WPA Federal Writers’ Project : durant le New Deal, cette initiative a recueilli les récits de 2 500 anciens esclaves, permettant de préserver et de diffuser ces témoignages oraux dans un contexte de reconnaissance historique et de lutte contre l’oubli. (source)
📝 Points essentiels
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Le genre slave narrative est un témoignage autobiographique, souvent structuré selon des conventions précises : portrait gravé, titre mentionnant "écrit par lui-même", préfaces d’abolitionnistes, épigraphes poétiques, et récit détaillé de la vie d’esclave. (source)
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La narration commence généralement par une phrase type : "Je suis né...", avec une description de la famille, des conditions de vie, et des abus subis, notamment les brutalités, la séparation familiale, et les tentatives d’évasion. La fuite est souvent dramatique, guidée par l’étoile du Nord, et suivie d’une nouvelle identité en liberté. (source)
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Ces récits ont été utilisés par le mouvement abolitionniste pour dénoncer la cruauté de l’esclavage, notamment à travers la publication de récits comme celui de Frederick Douglass qui associe la quête de liberté à l’apprentissage de la lecture. La publication de "Uncle Tom’s Cabin" de Harriet Beecher Stowe, influencée par ces récits, a renforcé leur impact. (source)
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Après la guerre de Sécession, les récits continuent à témoigner des difficultés rencontrées dans les États du Nord, où le racisme persiste. Des œuvres comme "Up From Slavery" de Booker T. Washington (1901) illustrent la progression sociale et l’engagement pour l’émancipation. (source)
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La collecte systématique par le WPA a permis de sauvegarder ces témoignages oraux, qui constituent aujourd’hui une source essentielle pour l’histoire sociale et la littérature américaine. (source)
💡 À retenir
Les narratives d’esclaves sont des témoignages autobiographiques structurés selon des conventions précises, visant à dénoncer l’horreur de l’esclavage et à promouvoir la lutte pour la liberté, tout en étant un outil majeur de l’abolitionnisme américain.
🔑 Notions clés & Définitions
- Portrait gravé signé par le narrateur : Illustration ou portrait gravé inséré en début d’ouvrage, souvent accompagné de la signature du narrateur, visant à authentifier et personnaliser le récit.
- Page de titre mentionnant 'Written by Himself' ou variante : Page de couverture ou de titre indiquant explicitement que le récit est écrit par le propre narrateur, renforçant l’authenticité et la crédibilité du témoignage.
- Préfaces/testimonials par abolitionnistes blancs ou éditeurs : Introductions ou témoignages écrits par des figures abolitionnistes ou éditeurs, attestant de la véracité et de la valeur morale du récit, souvent pour crédibiliser l’histoire.
- Épigraphes poétiques, souvent de William Cowper : Citation poétique placée en ouverture du récit, généralement tirée de William Cowper, pour donner un ton moral ou émotionnel à l’ouvrage.
- Structure narrative type (ex : phrase d’ouverture 'I was born...') : Modèle conventionnel de narration débutant souvent par une phrase standard comme "I was born...", structurant le récit autobiographique selon un schéma reconnu.
- Appendices documentaires (factures, journaux, sermons) : Sections additionnelles comprenant des documents authentiques (factures, journaux, sermons) qui complètent le récit et renforcent sa véracité historique.
📝 Points essentiels
Les récits de esclaves suivent une structure formelle très codifiée, comprenant notamment une portrait gravé signé par le narrateur en début d’ouvrage, qui sert à authentifier le témoignage. La page de titre mentionne systématiquement "Written by Himself" ou une variante pour souligner l’autobiographie. Les préfaces ou testimonials rédigés par des abolitionnistes ou éditeurs apportent une légitimité morale et une validation extérieure, souvent en insistant sur la sincérité du récit ("plain, unvarnished tale"). L’usage d’épigraphes poétiques, souvent de William Cowper, sert à donner une dimension morale ou émotionnelle à l’ouverture. La structure narrative suit un modèle classique, débutant par "I was born...", permettant une lecture fluide et cohérente de la vie du narrateur. Enfin, les appendices documentaires (factures, sermons, journaux) apportent des preuves concrètes, renforçant la crédibilité historique et autobiographique du récit.
💡 À retenir
Les récits de esclaves se caractérisent par une structure formelle rigoureuse, combinant éléments autobiographiques, documents authentiques et préfaces légitimantes, afin de maximiser leur impact moral et historique.
📖 3. Thèmes principaux
🔑 Notions clés & Définitions
- Privation de liberté et des besoins essentiels : Situation où les esclaves sont dépossédés de leur liberté physique et de leur accès aux nécessités vitales telles que nourriture, vêtements et sécurité, illustrant la dureté de leur condition (ex : descriptions de rations et de conditions de vie dans les récits).
- Résistance à l’esclavage et travail acharné : Attitude de lutte et de défi des esclaves face à leur condition, souvent illustrée par des tentatives d’évasion, de sabotage ou de maintien de leur dignité, comme dans les récits de tentatives d’évasion ou de refus de la soumission (ex : Olney, 1985).
- Barrières à l’alphabétisation des esclaves : Obstacles imposés par les maîtres pour empêcher l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, considérés comme un moyen de libération mentale, souvent évoqués dans les récits où l’accès à l’éducation est difficile ou interdit.
- Critique des maîtres esclavagistes, notamment chrétiens : Dénonciation des abus et hypocrisies des maîtres, en particulier ceux qui se réclament de la religion chrétienne pour justifier ou dissimuler leur cruauté (ex : descriptions de maîtres "cristians" plus cruels).
- Séparation des familles et souffrances maternelles : Thème récurrent où les esclaves évoquent la douleur de voir leurs proches arrachés lors des ventes ou des déplacements, accentuant la déchirure familiale et la souffrance maternelle, souvent illustré par des récits de familles séparées.
- Quête de liberté physique et intellectuelle : Aspirations des esclaves à retrouver leur autonomie corporelle et mentale, souvent symbolisées par la lutte pour s’éduquer, s’échapper ou revendiquer leur identité, comme le montre la volonté de Frederick Douglass de maîtriser la lecture et l’écriture.
📝 Points essentiels
- Les slave narratives (voir définition) sont principalement utilisées par le mouvement abolitionniste pour dénoncer la brutalité de l’esclavage et mobiliser l’opinion publique, notamment entre 1760 et la fin de la guerre de Sécession.
- La privation de liberté est souvent illustrée par des descriptions de conditions de vie difficiles, de séparations familiales, et de la privation des besoins essentiels, renforçant la dimension de souffrance et de résistance.
- La résistance se manifeste non seulement par des tentatives d’évasion mais aussi par la lutte pour l’alphabétisation, perçue comme un acte de libération mentale, comme le souligne Frederick Douglass (1845).
- La critique des maîtres chrétiens révèle une hypocrisie morale, où la religion est utilisée pour justifier ou dissimuler la cruauté, ce qui est dénoncé dans plusieurs récits.
- La séparation des familles est un symbole de la brutalité de l’esclavage, accentuant la douleur émotionnelle et la résistance morale des esclaves face à leur condition.
- La quête de liberté est à la fois physique (évasion) et intellectuelle (éducation), illustrant la double dimension de leur lutte pour l’émancipation.
💡 À retenir
Les récits d’esclaves mettent en lumière la brutalité de la privation de liberté et des besoins essentiels, tout en soulignant la résistance acharnée des esclaves, notamment par la lutte pour l’alphabétisation et la réunification familiale, comme moyens de reconquête de leur dignité et de leur humanité.
📖 4. Récits célèbres
🔑 Notions clés & Définitions
Narratives célèbres : Récits autobiographiques d'anciens esclaves ou de fugitifs, visant à témoigner des horreurs de l'esclavage et à défendre l'abolition. Ces récits sont souvent écrits ou oraux, et partagent des thèmes communs tels que la privation de liberté, la résistance, et la quête de liberté physique et intellectuelle. **AUTEUR (date) : « La première narrative à succès fut celle d’Olaudah Equiano (1789) ».
Olaudah Equiano (1789) : Autobiographie intitulée Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, premier récit à devenir un best-seller, illustrant la vie d’un ancien esclave africain et sa quête de liberté, mêlant expérience personnelle et combat abolitionniste.
Frederick Douglass (1845) : Récit autobiographique Narrative of the Life of Frederick Douglass, soulignant la lutte pour la liberté, l’éducation, et la résistance contre l’oppression, tout en dénonçant l’hypocrisie de la religion chrétienne chez certains maîtres esclavagistes.
Harriet Jacobs (1861) : Incidents in the Life of a Slave Girl, premier récit autobiographique d’une femme afro-américaine, évoquant la violence sexuelle et la lutte pour la liberté, mettant en lumière le vécu spécifique des femmes esclaves.
Harriet Beecher Stowe (1852) : Uncle Tom’s Cabin, influencé par des récits d’esclaves, œuvre de fiction qui dénonce la cruauté de l’esclavage et influence l’opinion publique en Europe et aux États-Unis, contribuant à l’abolition.
Romans influencés : Œuvres modernes telles que Black Boy (Richard Wright, 1945), Autobiography of Malcolm X (1965), et Beloved (Toni Morrison, 1987), qui s’inspirent des récits d’esclaves pour explorer la oppression sociale et psychologique des Afro-Américains.
📝 Points essentiels
- Les récits d’esclaves, principalement publiés entre 1760 et la fin de la guerre de Sécession, ont été utilisés par le mouvement abolitionniste pour exposer les horreurs de l’esclavage et mobiliser l’opinion publique.
- La majorité des auteurs étaient des Afro-Américains, mais certains captifs blancs, notamment lors de raids pirates en Afrique du Nord, ont aussi contribué à ce genre.
- La structure des récits suit un modèle établi : portrait gravé, titre mentionnant "écrit par lui-même", préfaces par abolitionnistes, épigraphes poétiques, récit autobiographique détaillé, et annexes documentaires.
- La quête de liberté dans ces récits va souvent de pair avec la lutte pour l’alphabétisation et l’éducation, considérée comme un moyen d’émancipation.
- Après 1850, la publication de récits et de romans influencés a permis de prolonger la dénonciation de l’esclavage et d’aborder ses conséquences psychologiques et sociales, notamment dans la littérature moderne.
💡 À retenir
Les récits célèbres d’esclaves sont des témoignages autobiographiques puissants qui ont joué un rôle clé dans la lutte abolitionniste, en mêlant expérience personnelle, dénonciation et combat pour la liberté, tout en influençant la littérature et la conscience sociale.
📖 5. Influence abolitionniste
🔑 Notions clés & Définitions
- Utilisation des récits par le mouvement abolitionniste (19e siècle) : Recueils et publications de récits d’esclaves pour dénoncer les horreurs de l’esclavage, visant à mobiliser l’opinion publique et à influencer la législation. Ces récits, souvent autobiographiques, servent de témoignages authentiques pour sensibiliser et convaincre.
- Circulation des narratives en Europe et Grande-Bretagne : Diffusion des récits d’esclaves à travers l’Atlantique, notamment en Grande-Bretagne, où ils alimentent le mouvement abolitionniste local. Ces récits participent à la pression internationale contre l’esclavage, en exposant ses brutalités au public européen.
- Impact sur l’opinion publique et la législation (ex : Fugitive Slave Law) : Les récits ont contribué à façonner l’opinion publique en révélant la cruauté de l’esclavage, ce qui a mené à des lois telles que la Fugitive Slave Law (1850), renforçant la répression contre les esclaves en fuite et la criminalisation de leur aide.
- Rôle des récits dans la sensibilisation aux horreurs de l’esclavage : En racontant les souffrances et la résistance des esclaves, ces récits jouent un rôle crucial dans la prise de conscience collective, renforçant la légitimité du mouvement abolitionniste.
- Engagement des anciens esclaves dans le militantisme abolitionniste : Nombre d’anciens esclaves, comme Frederick Douglass ou Harriet Jacobs, utilisent leur vécu pour militer activement contre l’esclavage, devenant des figures emblématiques de la lutte abolitionniste.
📝 Points essentiels
- Les récits d’esclaves, notamment ceux d’Olaudah Equiano (1789), Frederick Douglass (1845), Harriet Jacobs (1861), ont été des outils majeurs pour dénoncer les horreurs de l’esclavage, en particulier lors de la période d’intensification du mouvement abolitionniste au 19e siècle.
- La circulation de ces récits en Europe, notamment en Grande-Bretagne, a permis de renforcer la pression contre l’esclavage dans les colonies britanniques, alimentant le débat public et la législation abolitionniste.
- La publication de récits comme Uncle Tom’s Cabin de Harriet Beecher Stowe (1852), inspirée par des récits d’esclaves, a eu un impact profond en humanisant les victimes et en mobilisant l’opinion contre l’esclavage, influençant la législation et la politique.
- Après la loi sur les esclaves fugitifs (Fugitive Slave Law, 1850), ces récits ont contribué à renforcer la résistance et la sensibilisation, en exposant les abus et en légitimant la cause abolitionniste.
- Les anciens esclaves, en racontant leur vécu, participent activement à la lutte, utilisant leur expérience pour faire évoluer la conscience collective et encourager la législation abolitionniste.
💡 À retenir
Les récits d’esclaves, diffusés en Europe et en Grande-Bretagne, ont été des instruments puissants pour sensibiliser l’opinion publique, influencer la législation et renforcer le mouvement abolitionniste au 19e siècle, notamment par l’engagement direct des anciens esclaves.
📖 6. Processus d'évasion
🔑 Notions clés & Définitions
- Tentatives d’évasion et poursuites : Actions entreprises par des esclaves pour fuir leur maître, souvent suivies de recherches intensives par les chasseurs d’esclaves, avec un suspense constant. Ces tentatives illustrent la résistance à l’oppression et la dangerosité du processus (voir aussi "Suspense et drame liés à la fuite vers la liberté").
- Voyage nocturne guidé par l’étoile du Nord : Technique d’orientation utilisée par les esclaves fugitifs pour se diriger vers la liberté, en suivant la constellation de l’étoile polaire, symbolisant l’espoir et la guidance dans leur quête de liberté (voir aussi "Changement de nom pour marquer la nouvelle identité").
- Accueil par les Quakers dans les États libres : Réception chaleureuse et sécurisante offerte par les Quakers, qui jouent un rôle clé dans la protection et l’intégration des fugitifs, leur fournissant nourriture, hébergement et soutien moral dans leur transition vers la liberté (voir aussi "Changement de nom pour marquer la nouvelle identité").
- Changement de nom pour marquer la nouvelle identité : Pratique courante lors de la fuite, où l’esclave adopte un nouveau nom pour symboliser sa libération, sa renaissance et son rejet de l’identité esclavagiste, renforçant ainsi sa reconstruction personnelle.
- Suspense et drame liés à la fuite vers la liberté : Éléments narratifs essentiels dans les récits d’évasion, où chaque étape du voyage est marquée par la tension, la peur d’être repris, et la nécessité de ruser pour échapper aux poursuivants, accentuant la dimension dramatique de la quête de liberté.
📝 Points essentiels
- Les récits d’évasion mettent en avant la difficulté et le danger des tentatives, souvent décrits avec un fort suspense, notamment lors des poursuites et des moments critiques du voyage.
- La navigation nocturne guidée par l’étoile du Nord est une métaphore de l’espoir et de la direction morale dans la quête de liberté, illustrée dans plusieurs récits autobiographiques.
- L’accueil par les Quakers dans les États libres constitue une étape cruciale, où la solidarité abolitionniste se manifeste par un soutien concret, permettant aux fugitifs de se reconstruire.
- Le changement de nom est un rite de passage symbolique, marquant la transformation de l’esclave en homme libre, tout en conservant une part de son identité personnelle.
- La narration de ces processus est souvent dramatique, avec une forte charge émotionnelle, soulignant la détermination et le courage des fugitifs face aux risques encourus.
💡 À retenir
Les récits d’évasion décrivent un parcours semé de dangers, où la navigation nocturne, l’accueil solidaire et le changement d’identité jouent un rôle clé dans la quête de liberté, renforçant le caractère héroïque et dramatique de ces trajectoires.
📖 7. Récit autobiographique
🔑 Notions clés & Définitions
- Slave narrative : Genre littéraire lié à l’histoire américaine, racontant la vie d’un esclave fugitif ou ancien esclave, écrit ou oral, avec des thèmes et formes récurrents. (source : définition)
- Lien entre autobiographie et témoignage historique : La slave narrative sert à la fois d’autobiographie personnelle et de document historique, exposant les horreurs de l’esclavage pour sensibiliser et mobiliser (ex : narratives de Frederick Douglass, 1845).
- Usage de la première personne et authenticité revendiquée : La narration est souvent en "je", renforçant la crédibilité et l’authenticité du récit, avec une revendication d’authenticité par des préfaces ou témoignages (ex : préface par William Lloyd Garrison).
- Narration de la vie personnelle et des expériences vécues : Le récit détaille la vie quotidienne, les souffrances, les tentatives d’évasion, et la quête de liberté, mêlant expériences personnelles et enjeux sociaux.
- Rôle de l’auteur dans la construction de son identité : L’auteur construit son identité à travers la narration, notamment en adoptant un nouveau nom après la fuite, tout en conservant une part de son identité originelle pour souligner sa continuité personnelle.
📝 Points essentiels
- La slave narrative est un récit autobiographique qui mêle témoignage personnel et fonction de document historique, visant à dénoncer l’esclavage et à mobiliser l’opinion publique (ex : OLNEY (1985) : conventions et structure du récit).
- Elle suit un schéma précis : portrait gravé, titre revendiquant l’autobiographie ("écrit par lui-même"), préfaces par des abolitionnistes, épigraphe poétique, puis récit détaillé débutant par "Je suis né...".
- Le récit inclut des descriptions de la vie quotidienne en esclavage, des violences subies, des tentatives d’évasion, et la transition vers la liberté, souvent accompagnée de réflexions sur la condition humaine et la moralité de l’esclavage.
- La construction identitaire de l’auteur est centrale : changement de nom, maintien de son prénom, et engagement dans le mouvement abolitionniste, illustrant la fusion entre autobiographie et militantisme.
- La narration de Frederick Douglass (1845) insiste sur la relation entre liberté physique et liberté intellectuelle, soulignant que l’apprentissage de la lecture est essentiel à la véritable émancipation.
💡 À retenir
La slave narrative est un récit autobiographique structuré, authentique et engagé, qui mêle témoignage personnel et document historique pour dénoncer l’esclavage et construire l’identité de l’auteur comme acteur de la lutte abolitionniste.
📖 8. Conventions littéraires
🔑 Notions clés & Définitions
- Usage d’introductions abolitionnistes : Préfaces ou témoignages écrits par des abolitionnistes blancs ou des éditeurs, affirmant que le récit est une "histoire simple et sincère" sans exagération, visant à crédibiliser le témoignage (Olney, 1985).
- Style sobre et revendication d’un récit sans exagération : La narration privilégie la simplicité, la franchise et l’absence d’exagération pour renforcer la véracité et l’impact du témoignage.
- Inclusion d’éléments poétiques et documentaires : Utilisation de poèmes (ex : épigraphes de William Cowper) et d’annexes documentaires (factures, sermons, discours) pour appuyer le récit et renforcer sa crédibilité (Olney, 1985).
📝 Points essentiels
- Les conventions du genre sont très structurées, formant un modèle guidant la rédaction des récits d’esclaves.
- La présence d’un portrait gravé signé par le narrateur, d’une page de titre mentionnant "écrit par lui-même", et de préfaces ou témoignages d’abolitionnistes sont systématiques pour légitimer le récit.
- La narration débute souvent par une phrase type "Je suis né...", avec une description succincte de la famille, puis détaille la cruauté du maître, les obstacles à l’alphabétisation, et la vie quotidienne en esclavage.
- La fuite est racontée avec suspense, souvent guidée par l’étoile du Nord, et la réinsertion dans la liberté s’accompagne d’un changement de nom tout en conservant l’identité personnelle.
- Des annexes documentaires, telles que des factures ou des sermons abolitionnistes, complètent le récit pour renforcer sa véracité et son impact militant.
- La structure et les formules récurrentes, notamment la mention du lieu de naissance sans date, participent à la cohérence et à l’universalité du genre.
💡 À retenir
Les récits d’esclaves suivent des conventions strictes, mêlant sobriété stylistique, éléments poétiques et documentaires, afin de crédibiliser leur témoignage et de renforcer leur rôle dans la lutte abolitionniste.
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère | Narratives d'esclaves | Caractéristiques formelles | Thèmes principaux |
|---|
| Objectif | Témoignage contre l’esclavage, abolition | Authentification, crédibilité, légitimité | Dénonciation, résistance, quête de liberté |
| Origine | États-Unis, 1760-1865 | Portrait gravé, page "Written by Himself", préfaces | Privation, résistance, séparation familiale |
| Auteur principal | Frederick Douglass, Harriet Jacobs, Equiano | Structure "I was born...", appendices documentaires | Brutalité, hypocrisie, éducation interdite |
| Impact | Mobilisation abolitionniste, sensibilisation | Épigraphes poétiques, témoignages, documents | Souffrance, résistance, aspiration à la liberté |
| Conventions principales | Témoignage autobiographique, conventions codifiées | Structure narrative, éléments légitimants | Oppression, violence, émancipation |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre la structure formelle (portrait, préface, appendices) avec le contenu narratif lui-même.
- Croire que tous les récits sont écrits par des Afro-Américains ; certains captifs blancs ont aussi écrit.
- Confondre la fonction des épigraphes poétiques (moral, émotionnel) avec leur contenu littéral.
- Omettre la distinction entre témoignages oraux collectés par le WPA et les récits écrits.
- Confusion entre thèmes de résistance et de soumission ; certains récits illustrent la lutte, d’autres la résignation.
- Négliger l’importance de la structure conventionnelle débutant par "I was born..." pour l’analyse.
- Confondre l’impact de la publication avec la simple narration de la vie personnelle.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de slave narrative selon le contexte historique américain (source).
- Identifier les auteurs emblématiques : Frederick Douglass, Harriet Jacobs, Equiano, William Wells Brown, Booker T. Washington.
- Expliquer la structure formelle typique : portrait gravé, page "Written by Himself", préfaces, épigraphes, appendices.
- Décrire le rôle des préfaces et testimonials dans la légitimation du récit.
- Citer les thèmes principaux : privation, résistance, séparation familiale, critique des maîtres, quête de liberté.
- Connaître l’impact des récits sur le mouvement abolitionniste et la littérature américaine.
- Maîtriser la chronologie des principaux événements : publication d’Equiano (1789), Douglass (1845), Harriet Jacobs (1861), Washington (1901).
- Savoir comment ces récits ont été collectés, notamment par le WPA.
- Identifier les conventions littéraires et leur fonction dans la crédibilité du récit.
- Comprendre le contexte historique de l’émergence et de la diffusion des narratives.
- Savoir que les récits témoignent aussi des difficultés post-abolition dans le Nord.
- Connaître la contribution de William Cowper dans l’usage des épigraphes.
- Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : abolition, émancipation, brutalité, résistance, témoignage.