📋 Plan du Cours
- Origines de l'esclavage
- Racisme au XVIIe siècle
- Traite des esclaves africains
- Conditions du Passage Moyen
- Naissance de la race
- Esclavage indigène
- Colonisation et esclavage
- Lutte contre l'esclavage
📖 1. Origines de l'esclavage
🔑 Notions clés & Définitions
- Esclavage transatlantique : système d'exploitation humaine initié au XVIe siècle, où des millions d'Africains ont été déportés vers les Amériques pour travailler principalement dans les plantations de sucre, de coton, et autres cultures lucratives (voir aussi "Traite des esclaves africains").
- Quilombos : settlements libres créés par des esclaves fugitifs au Brésil, mêlant populations africaines et indigènes, symboles de résistance à l'esclavage (mentionnés dans le contexte brésilien).
- Rôle de la religion dans l'esclavage : mélange de spiritualités africaines, indigènes et catholiques, créant une culture religieuse unique chez les esclaves au Brésil, influençant leur résistance et leur identité (d'après la description de la culture brésilienne).
- Racisme et naissance de la race : construction sociale et idéologique du concept de race pour justifier l'esclavage, notamment par la déshumanisation des Africains, processus qui s'est renforcé au XVIIIe siècle (voir "Naissance de la race").
- Traite des esclaves africains : commerce organisé par les Européens, notamment par la compagnie de la Virginie (1606), visant à approvisionner en esclaves les colonies américaines, avec un flux massif d'Africains déportés.
- Notion de résistance : actions d'esclaves pour échapper ou lutter contre leur condition, comme la création de quilombos ou la révolte, illustrant la réticence à l'asservissement (exemple dans le contexte brésilien).
📝 Points essentiels
- La traite transatlantique débute au XVIe siècle, alimentée par la demande européenne en main-d'œuvre pour les colonies américaines, notamment dans les plantations de sucre au Brésil, où plus d'esclaves africains ont été déportés que dans toute autre colonie (mention dans le contexte brésilien).
- La forte mortalité et la nécessité d’un renouvellement constant des esclaves ont favorisé la création de quilombos, qui symbolisent la résistance et la continuité culturelle africaine dans le Nouveau Monde.
- La religion, mêlant éléments africains, indigènes et catholiques, a joué un rôle dans la cohésion et la résistance des esclaves, tout en étant un outil de contrôle pour les colonisateurs.
- La construction de la race comme concept distinctif s’est développée pour justifier l’esclavage, en déshumanisant les Africains et en créant une hiérarchie raciale (voir "Naissance de la race").
- La colonisation anglaise, motivée par des ambitions économiques, religieuses et nationalistes, s’est accompagnée de pratiques de piraterie et de rivalités avec l’Espagne, menant à la destruction de l’Armada en 1588, ce qui ouvre la voie à l’expansion coloniale britannique.
- La formation de compagnies de colonisation, comme la Virginia Company (1606), illustre le lien entre commerce, financement privé et ambitions impérialistes dans l’émergence de l’esclavage et de la colonisation.
💡 À retenir
L’esclavage transatlantique, alimenté par des motivations économiques, religieuses et raciales, a façonné durablement les sociétés américaines, tout en étant marqué par la résistance des esclaves et la construction sociale de la race pour justifier leur exploitation.
📖 2. Racisme au XVIIe siècle
🔑 Notions clés & Définitions
- Racialisation : Processus par lequel des différences biologiques, notamment la couleur de peau, deviennent des critères de hiérarchisation sociale et de discrimination, renforçant la notion de race comme catégorie fixe.
- Inferiorité raciale : Idée selon laquelle certaines races, notamment les Africains, seraient intrinsèquement inférieures aux Européens, justifiant leur esclavage et leur traitement dégradant.
- Cursed Ham (Ham maudit) : Concept biblique utilisé pour justifier la servitude des Africains, basé sur l’interprétation que la malédiction de Noé sur le fils de Ham aurait désigné les Africains comme destinés à l’esclavage (voir PERROUX, date).
- Racisme biologique : Idée que les différences raciales sont d’origine génétique, ce qui légitime la hiérarchie raciale et l’exploitation des populations africaines.
- Construction raciale : Processus historique où la différence de couleur de peau devient une catégorie sociale et une justification de l’exploitation, notamment dans le contexte de la traite transatlantique.
- Discrimination raciale : Traitement inégal basé sur la race, institutionnalisé par la législation et la pratique coloniale, renforçant la hiérarchie raciale (ex : esclavage, exclusion sociale).
📝 Points essentiels
- La perception de supériorité de l’Anglais, du Européen, sur les peuples autochtones et africains s’affirme au XVIIe siècle, notamment par des notions de progrès technologique, religieux et culturel (PERROUX, date).
- La justification religieuse et biblique, notamment l’interprétation de la malédiction de Ham, sert à légitimer l’esclavage des Africains, renforçant la construction d’une race inférieure (PERROUX, date).
- La notion de race devient fixe avec la généralisation de l’idée que la couleur de peau est une caractéristique innée, ce qui contribue à la hiérarchisation raciale et à la discrimination systématique.
- La traite des esclaves africains s’inscrit dans une logique de racification, où l’"autre" est perçu comme intrinsèquement inférieur, justifiant leur exploitation (PERROUX, date).
- La conception raciale influence la législation coloniale, qui institutionnalise la discrimination raciale, notamment avec l’introduction de l’esclavage et des lois discriminatoires.
- La construction raciale s’accompagne d’un rejet de la culture et des populations autochtones, perçues comme inférieures ou sauvages, renforçant la domination coloniale.
💡 À retenir
Au XVIIe siècle, le racisme se construit comme une idéologie justifiant l’esclavage et la domination coloniale, en fixant des différences biologiques et culturelles comme naturelles et inévitables.
📖 3. Traite des esclaves africains
🔑 Notions clés & Définitions
- Traite atlantique des esclaves : Commerce transatlantique de millions d'Africains enlevés, transportés et vendus comme esclaves dans les colonies américaines, initié par les Européens dès le XVIe siècle. (Source : contexte historique général)
- Marché négrier : Marché spécifique où s’échangeaient esclaves africains, caractérisé par la déshumanisation, la brutalité, et la fixation de la race comme critère d'infériorité. (Source : contexte historique général)
- Code noir (1685) : Règlement français codifiant l'esclavage dans les colonies françaises, définissant le statut, les droits et les devoirs des esclaves et des maîtres, renforçant la racialisation de l'esclavage. (Source : contexte historique général)
- Racialisation de l'esclavage : Processus par lequel la race devient un critère déterminant pour l'assujettissement, la hiérarchisation et la légitimation de l'esclavage, notamment avec la construction de l'idée de race noire inférieure. (Source : contexte historique général)
- Indenture et servitude : Contrats de travail temporaires, souvent pour des Européens, qui diffèrent de l'esclavage permanent, mais ont parfois été utilisés pour justifier la traite des Africains. (Source : contexte historique général)
- Débarquement et condition de vie des esclaves : Moment du débarquement en Amérique où les esclaves étaient souvent soumis à des conditions inhumaines, avec peu de droits, et une forte mortalité lors du trajet. (Source : contexte historique général)
📝 Points essentiels
- La traite atlantique débute au XVIe siècle avec l’expansion européenne et la colonisation des Amériques, impliquant la capture, le transport et la vente d’Africains en tant qu’esclaves.
- La majorité des esclaves étaient capturés en Afrique de l’Ouest, notamment dans la région du Golfe de Guinée, puis transportés dans des conditions extrêmement dures à bord des « navires négriers ».
- La législation, comme le Code noir (1685), a institutionnalisé la race comme critère d’esclavage, justifiant la violence et la déshumanisation. La race devient un facteur essentiel pour distinguer les esclaves des autres populations.
- La traite a été alimentée par la demande croissante en main-d'œuvre dans les colonies agricoles, notamment pour la culture du tabac, du coton, et de la canne à sucre, qui nécessitaient une main-d'œuvre abondante et bon marché.
- La déportation des esclaves a provoqué des pertes humaines considérables, avec des millions d’Africains déportés, et a profondément bouleversé les sociétés africaines, provoquant des conflits et des déstabilisations.
- La traite a aussi été justifiée par des théories racistes, comme celles qui associent la couleur de peau à la barbarie ou à la prétendue infériorité naturelle, renforçant la légitimité de l’esclavage dans l’opinion européenne.
💡 À retenir
La traite des esclaves africains, institutionnalisée par la législation et la construction raciale, a été un commerce brutal et déshumanisant, dont les conséquences ont façonné durablement les sociétés africaines, européennes et américaines.
📖 4. Conditions du Passage Moyen
🔑 Notions clés & Définitions
- Indenture : Contrat de servitude temporaire par lequel un immigré s’engage à travailler pour un employeur en échange de son passage vers le Nouveau Monde, souvent pour une durée de 4 à 7 ans (source).
- Headright System : Politique d’attribution de 50 acres de terre par immigrant ou par personne finançant leur passage, visant à encourager l’immigration en Virginie (1618).
- Tobacco Economy : Système économique basé sur la culture du tabac, qui devient la principale ressource exportée, permettant la survie et la croissance de la colonie de Virginie (à partir de 1616).
- Starving Time : Période critique de famine à Jamestown durant l’hiver 1609-1610, où la majorité des colons moururent de faim, certains ayant recours au cannibalisme (1610).
- Privateering : Piraterie légitimée par la couronne anglaise, consistant à attaquer les navires et colonies espagnols pour enrichir l’Angleterre, notamment sous Elizabeth I (fin XVIe siècle).
- Virginia Company : Compagnie de commerce créée en 1606 pour financer et organiser la colonisation de la Virginie, notamment par la mise en place du système de "headright" et la fondation de Jamestown.
📝 Points essentiels
- La colonisation anglaise du XVIIe siècle commence timidement avec des échecs comme la colonie de Roanoke, mais s’accélère avec la fondation de Jamestown en 1607, la première colonie permanente.
- La localisation initiale de Jamestown est mal choisie : terrain pauvre, proximité de zones marécageuses, favorisant maladies et mortalité (source).
- La relation avec les Powhatans est ambivalente : accueil initial, mais rapidement conflictuelle, notamment après la mort de Powhatan en 1622, qui déclenche une révolte majeure (source).
- La culture du tabac, introduite par John Rolfe en 1616, devient la ressource clé, permettant à la colonie de prospérer et d’attirer un afflux massif d’immigrants, principalement des serviteurs sous contrat.
- La politique de "headright" stimule l’immigration en offrant des terres, mais aussi la dépendance à la main-d'œuvre servile, qui évolue vers l’esclavage africain à partir de 1619.
- La pratique de la privateering, sous la protection de la reine Elizabeth, contribue à la rivalité avec l’Espagne et à la montée en puissance de l’Angleterre maritime.
💡 À retenir
Le passage vers le Moyen passe par un système de servitude temporaire, soutenu par des politiques d’incitation à l’immigration comme le "headright", et par la culture du tabac qui assure la survie économique de la colonie, tout en posant les bases de l’esclavage africain.
📖 5. Naissance de la race
🔑 Notions clés & Définitions
- Race (concept social et biologique) : Construction sociale qui classe les êtres humains en catégories hiérarchisées, souvent basée sur des caractéristiques physiques comme la couleur de peau. La notion de race est historiquement liée à la justification de l'esclavage et de la hiérarchie raciale.
- Racialisation : Processus par lequel des groupes sont définis et traités comme racialement inférieurs ou supérieurs, souvent pour justifier des inégalités ou des pratiques discriminatoires.
- Théorie de la hiérarchie raciale : Idée selon laquelle certaines races seraient supérieures ou inférieures, renforçant la légitimité de l'esclavage et de la domination coloniale.
- Las Casas (16e siècle) : Défenseur des droits des peuples indigènes, il a initialement proposé de remplacer le travail indigène par l'importation d'Africains pour justifier l'esclavage, contribuant à la réflexion sur la race comme catégorie distincte.
- Idée de la "malédiction de Ham" : Justification religieuse du racisme, selon laquelle la malédiction de Ham (fils de Noé) aurait condamné ses descendants, notamment les Africains, à l'esclavage.
- Construction de la différence raciale : Processus par lequel des différences physiques sont socialement et culturellement interprétées comme des différences fondamentales, souvent associées à des qualités morales ou intellectuelles.
📝 Points essentiels
- La notion de race émerge au XVIe siècle dans le contexte de la colonisation et de l'esclavage, pour justifier la hiérarchie entre Européens, Africains et peuples indigènes.
- Las Casas (16e siècle) a initialement plaidé pour la conversion pacifique des indigènes, mais a aussi évoqué l'importation d'Africains comme main-d'œuvre, contribuant à la conceptualisation de races distinctes.
- La justification religieuse du racisme s'appuie sur la "malédiction de Ham" (voir section 2), qui a été utilisée pour légitimer l'esclavage des Africains en affirmant leur destin de servitude divine.
- La construction de la race comme catégorie fixe et hiérarchique s'est renforcée avec la codification juridique de l'esclavage, notamment dans les colonies anglaises, où la couleur de peau devient un marqueur de statut.
- La racialisation sert à légitimer l'exploitation économique, la violence et l'exclusion sociale, en faisant croire à une inégalité naturelle entre les groupes.
- La notion de race est une construction sociale, non une réalité biologique, mais elle a eu des effets durables sur les sociétés et les hiérarchies raciales.
💡 À retenir
La naissance de la race comme concept social et hiérarchique est une construction historique utilisée pour justifier l'esclavage et la domination, en transformant des différences physiques en catégories supposément naturelles et inégalitaires.
📖 6. Esclavage indigène
🔑 Notions clés & Définitions
- Esclavage indigène : forme d’esclavage pratiquée par les populations autochtones avant l’arrivée des Européens, souvent intégrée dans leurs sociétés avec des fonctions spécifiques (pas de redéfinition du concept d’esclavage général).
- "Seasoning" (saisonner) : processus de transformation culturelle, linguistique et physique des esclaves indigènes ou importés, visant à les intégrer dans la société coloniale, souvent brutal et déshumanisant (voir section 4).
- "Enfants de l’esclave" : notion juridique selon laquelle la condition d’esclave se transmet de mère en fille, comme le stipule une loi de 1662 en Virginie, renforçant la reproduction de l’esclavage (voir section 4).
- "Paternal dominion" : idéologie selon laquelle le maître blanc exerce une autorité patriarcale sur ses esclaves, inspirée des modèles familiaux anglais, justifiant la subordination et la violence (voir section 7).
- "Race" (race moderne) : construction sociale émergente liée à la colonisation et à l’esclavage, distinguant les populations selon des caractéristiques physiques héritées, notamment la couleur de peau, pour justifier l’oppression (voir section 5).
- "Marriages abroad" : unions entre esclaves de différentes plantations, non reconnues légalement, nécessitant des déplacements pour voir leur conjoint, illustrant la fragmentation familiale imposée par l’esclavage (voir section 7).
📝 Points essentiels
- L’esclavage indigène existait avant l’arrivée des Européens, mais la colonisation a profondément modifié ses formes, notamment par l’introduction de l’esclavage transatlantique (voir section 3).
- La législation coloniale, comme la loi de 1662 en Virginie, a institutionnalisé la transmission de la condition d’esclave par la mère, favorisant la reproduction naturelle de l’esclavage (voir section 4).
- La conception de la race comme une différence physique héritée a été une construction sociale récente, utilisée pour justifier la hiérarchie raciale et l’oppression des populations africaines et indigènes (voir section 5).
- La domination patriarcale et l’idéologie du "paternal dominion" ont permis aux maîtres de justifier la violence et la subordination des esclaves, en particulier des femmes et des familles séparées (voir section 7).
- La fragmentation familiale, avec des mariages non reconnus et des séparations forcées, a été une stratégie de contrôle social et de déshumanisation des esclaves (voir section 7).
- La pratique de "seasoning" a déshumanisé les esclaves indigènes ou importés, en leur imposant une nouvelle identité culturelle et une adaptation forcée à la société coloniale (voir section 4).
💡 À retenir
L’esclavage indigène, avant et après la colonisation, s’inscrit dans une dynamique de domination qui se renforce avec la construction de la race et la législation, visant à reproduire et justifier l’oppression des populations asservies.
📖 7. Colonisation et esclavage
🔑 Notions clés & Définitions
- Race (concept moderne) : Invention du XVIIe siècle, définie comme une différence physique héritée (souvent la couleur de peau) utilisée pour justifier l’oppression (source implicite : évolution des idées raciales).
- Tithable (en 1643, Virginie) : Statut légal attribué aux femmes africaines, associant leur travail à une main-d'œuvre agricole difficile, distincte de celle des femmes blanches, pour justifier leur esclavage (source : loi de Virginie).
- Division sexuée du travail : Idéal anglais selon lequel les femmes blanches devaient éviter le travail manuel, ce qui renforçait la supériorité perçue de l’anglais et justifiait l’esclavage africain (source : analyse socio-culturelle).
- Paternal dominion : Concept juridique et culturel anglais où le mari détenait une autorité sur sa famille, y compris ses esclaves, mais pas sur eux en tant que maîtres légaux (source : droit et coutumes anglais).
- Mariages esclaves "à l’étranger" : Mariages entre esclaves de maîtres différents, souvent séparés par de longues distances, non reconnus légalement, illustrant la fragilité des liens familiaux sous l’esclavage (source : pratiques sociales).
- "Paternalisme" dans l’esclavage : Idée selon laquelle le maître avait une responsabilité supposée de "prendre soin" de ses esclaves, justifiant leur subordination et leur absence de droits légaux (source : idéologie coloniale).
- Conflit religieux en Angleterre (XVIe-XVIIe siècle) : Luttes entre catholiques et protestants, culminant avec la Glorieuse Révolution (1688–1689), qui a renforcé le Protestantisme et influencé la colonisation (source : histoire religieuse).
- Colonies de refuge religieuse : Rhode Island, fondée par Roger Williams en 1636, comme refuge pour les persécutés religieux, avec une politique de tolérance et abolition de la traite en 1652 (source : fondation coloniale).
📝 Points essentiels
- La notion de race comme différence physique héritée est une construction récente, utilisée pour justifier l’esclavage et l’oppression (impliqué : évolution des idées raciales).
- La loi de 1643 en Virginie a marqué une étape dans la différenciation légale entre esclaves africains et autres groupes, en associant leur travail à une charge fiscale spécifique.
- La division sexuée du travail en Angleterre, valorisant le travail domestique des femmes blanches, a été un facteur culturel renforçant la supériorité perçue des Anglais et justifiant l’esclavage africain.
- La conception du "paternal dominion" légitimait la domination des hommes blancs sur leur famille et leurs esclaves, sans reconnaissance légale pour ces derniers.
- Les mariages entre esclaves, souvent "à l’étranger", illustraient l’atteinte aux liens familiaux sous l’esclavage, car ils étaient rarement reconnus ou protégés par la loi.
- La colonisation britannique fut marquée par des conflits religieux internes, notamment la lutte entre catholiques et protestants, aboutissant à la Glorieuse Révolution, qui renforça l’identité protestante.
- La fondation de colonies comme Rhode Island par Roger Williams en 1636, avec une politique de tolérance religieuse et l’abolition de la traite en 1652, témoigne d’un modèle colonial plus inclusif.
💡 À retenir
L’émergence du concept de race et la construction des idéologies coloniales ont permis de justifier l’esclavage en mêlant différenciation biologique, division sexuée du travail et idéologie religieuse, façonnant durablement les sociétés coloniales.
📖 8. Lutte contre l'esclavage
🔑 Notions clés & Définitions
-
Abolition de l'esclavage (17e-19e siècle) : mouvement visant à supprimer l'institution de l'esclavage, notamment par des lois et des actions militantes. AUTEUR (date) : la première abolition légale en 1688 dans la colonie de Rhode Island, où l'esclavage est officiellement aboli, témoignant d'une volonté de réforme.
-
Petition de Germantown (1688) : acte de protestation des Quakers de Germantown contre l'esclavage, considérant la violence qu'il implique. AUTEUR (1688) : premier document connu de protestation contre l'esclavage par des membres de la Society of Friends.
-
Toleration et liberté religieuse (17e siècle) : principes adoptés par Rhode Island, permettant à diverses confessions, y compris les Quakers et les Juifs, de pratiquer librement, en opposition aux institutions esclavagistes. AUTEUR (date) : fondation de Rhode Island en 1644 avec une politique de tolérance religieuse.
-
Lutte abolitionniste (fin 18e - début 19e siècle) : mouvement organisé pour la suppression de l'esclavage, avec des figures comme William Wilberforce en Angleterre ou des associations en Amérique. La lutte s'appuie sur des arguments moraux, religieux et politiques.
-
Révolte de Stono (1739) : soulèvement d'esclaves en Caroline du Sud, illustrant la résistance à l'esclavage et influençant la politique esclavagiste. AUTEUR (1739) : révolte menée par des esclaves africains, marquant une étape dans la lutte contre l'esclavage.
-
Création de colonies abolitionnistes (fin 18e siècle) : établissement de colonies ou de mouvements politiques visant à abolir l'esclavage, comme la société pour l'abolition en Angleterre ou la Convention pour l'abolition aux États-Unis.
📝 Points essentiels
- La colonie de Rhode Island, dès 1652, a adopté des lois abolissant la chasse aux sorcières, l'emprisonnement pour dettes, et en 1652, l'esclavage, ce qui témoigne d'une première étape dans la lutte contre cette institution (voir section 7).
- La protestation des Quakers de Germantown en 1688 marque l’un des premiers actes publics contre l’esclavage, en insistant sur la violence qu’il implique, illustrant une conscience morale naissante.
- La fondation de Rhode Island en 1644, avec une politique de tolérance religieuse, a permis à des groupes persécutés comme les Quakers et les Juifs de s’installer, contribuant à une société plus ouverte et moins favorable à l’esclavage.
- La révolte de Stono en 1739 en Caroline du Sud est un exemple de résistance directe à l’esclavage, influençant la législation esclavagiste et la conscience abolitionniste.
- La lutte abolitionniste s’intensifie au 18e siècle, avec des mouvements et associations qui revendiquent la fin de l’esclavage, s’appuyant sur des arguments moraux, religieux et politiques, comme le montre l’engagement de figures et de groupes dans différentes colonies.
💡 À retenir
La lutte contre l'esclavage, initiée dès la fin du 17e siècle par des actes législatifs et des protestations morales, s'intensifie au fil du temps, incarnant une évolution vers la reconnaissance des droits humains et la remise en question de cette institution inhumaine.
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère / Thème | Origines de l'esclavage | Racisme au XVIIe siècle | Traite des esclaves africains |
|---|
| Définition / Notions clés | Esclavage transatlantique, quilombos, rôle de la religion, naissance de la race, résistances | Racialisation, infériorité raciale, Ham maudit, racisme biologique, discrimination | Traite atlantique, marché négrier, Code noir, racialisation, conditions de vie |
| Période / Contexte | XVIe siècle, colonisation des Amériques, expansion européenne | XVIIe siècle, développement de la hiérarchie raciale | XVIe-XVIIIe siècle, expansion coloniale, commerce transatlantique |
| Acteurs principaux | Européens, Africains, colonisateurs, esclaves | Européens, théologiens, législateurs | Européens, compagnies coloniales, marchands d'esclaves |
| Mécanismes | Déportation, résistance via quilombos, religion comme outil de cohésion | Construction sociale de la race, idéologie religieuse, législation raciste | Capture, transport, vente, déshumanisation, conditions de vie difficiles |
| Auteur / Référence | PERROUX (Naissance de la race), contexte historique | PERROUX (dates clés), travaux sur le racisme | Sources historiques, Code noir, travaux de l'historiographie |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre la traite transatlantique avec la traite orientale ou intra-africaine, qui ont des dynamiques différentes.
- Assimiler racisme et discrimination uniquement à des préjugés individuels, alors qu'ils sont aussi institutionnalisés.
- Croire que la naissance de la race est une réalité biologique, alors qu'il s'agit d'une construction sociale (PERROUX).
- Confondre esclavage indigène et esclavage africain, en oubliant leur contexte historique spécifique.
- Sous-estimer le rôle de la religion dans la légitimation de l'esclavage et la résistance des esclaves.
- Confondre la notion de quilombos avec d’autres formes de résistance, sans distinguer leur symbolisme spécifique.
- Omettre la dimension économique et commerciale dans la mise en place de la traite et de l’esclavage.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de l’esclavage transatlantique selon PERROUX et ses enjeux économiques, sociaux et culturels.
- Identifier les acteurs principaux de la traite des esclaves africains, notamment la Virginia Company (1606).
- Expliquer le rôle des quilombos dans la résistance à l’esclavage, en particulier au Brésil.
- Maîtriser la notion de racialisation et ses implications dans la construction sociale de la race (PERROUX).
- Définir le concept de Ham maudit et son usage dans la justification biblique de l’esclavage.
- Connaître la chronologie de la traite atlantique, du XVIe au XVIIIe siècle.
- Identifier les principales caractéristiques du Code noir (1685) et son impact sur la législation coloniale.
- Comprendre comment la religion a été utilisée à la fois comme outil de cohésion et de résistance chez les esclaves.
- Savoir expliquer la différence entre esclavage indigène et esclavage africain dans leur contexte historique.
- Connaître les mécanismes de déshumanisation lors du Passage Moyen (conditions de transport, mortalité).
- Maîtriser les concepts clés liés à la naissance de la race, notamment la construction sociale de la hiérarchie raciale (PERROUX).
- Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : quilombos, racialisation, Code noir, Ham maudit, déshumanisation.
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