Fiche de révision : Origines et évolution du terrorisme islamiste

📋 Plan du Cours

  1. Contexte historique post-GF
  2. Polarisations islamistes
  3. Origine de la GWOT
  4. Discours et programme GWOT
  5. Fin de la guerre au terrorisme
  6. Succès et échecs américains
  7. Dénomination et scène polémologique
  8. Chronologie de la GWOT
  9. Attentats du 11/09
  10. Généalogie d'Al-Qaïda
  11. Groupe Al-Qaïda en Irak
  12. Jihadisme global et branches régionales

📖 1. Contexte historique post-GF

🔑 Notions clés & Définitions

Pax Americana : Terme désignant la période de domination politique, culturelle et économique exercée par les États-Unis après la fin de la Guerre froide. Selon le contenu source, cette période est marquée par le triomphe occidental, où l’hégémonie américaine s’affirme comme une force stabilisatrice et structurant l’ordre mondial. La Pax Americana implique une influence prépondérante dans les affaires internationales, notamment par la projection de puissance militaire, la diffusion de valeurs démocratiques et la domination économique.

Dissolution de l’URSS : Événement majeur marquant la fin de la Guerre froide, cette dissolution intervient en 1991, mettant fin à l’existence de l’Union soviétique. Elle entraîne la fin de la bipolarité Est-Ouest, favorise la réunification de l’Europe, notamment avec la réunification de l’Allemagne, et ouvre la voie à une domination unipolaire américaine. La dissolution de l’URSS est considérée comme un tournant dans l’histoire géopolitique mondiale, consolidant la position des États-Unis comme seule superpuissance.

Politisation de l’Islam : Processus par lequel l’Islam devient un enjeu politique, social et idéologique, divisé en deux pôles principaux. Selon le contenu source, cette politisation s’est accentuée à partir de 1979, avec la révolution iranienne menée par l’ayatollah Khomeini, qui établit un régime théocratique chiite. Parallèlement, une autre polarisation s’est développée autour du sunnisme salafiste, notamment avec des mouvements issus du wahhabisme saoudien et des frères musulmans, qui adoptent une lecture rigoriste et souvent extrémiste de l’Islam. La politisation de l’Islam a ainsi contribué à la polarisation géopolitique dans le monde musulman.

Pôle Chiite iranien : Représenté principalement par la République islamique d’Iran depuis 1979, ce pôle incarne une vision chiite de l’Islam politique. La révolution iranienne a instauré un régime théocratique, avec une forte influence dans la région, notamment par le soutien à des mouvements chiites dans divers pays (Liban, Irak, Syrie). Ce pôle est souvent opposé au pôle sunnite, et son influence s’inscrit dans une logique de confrontation idéologique et géopolitique.

Pôle Sunnite Salafiste : Représenté par des mouvements sunnites adoptant une lecture rigoriste et littérale de l’Islam, notamment le salafisme et le wahhabisme. Ce pôle est associé à des courants extrémistes, tels que le salafisme jihadiste, qui prônent une application stricte des textes religieux et justifient parfois la violence pour atteindre leurs objectifs politiques et religieux. Ce mouvement est souvent soutenu par certains États du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite, et joue un rôle central dans la politisation de l’Islam sunnite.

📝 Points essentiels

La période post-Guerre froide est marquée par plusieurs événements clés. La dissolution de l’URSS en 1991 met fin à la bipolarité Est-Ouest, permettant aux États-Unis d’affirmer leur hégémonie mondiale. Ce triomphe occidental se traduit par une influence politique, culturelle et économique sans précédent, souvent désignée sous le terme de Pax Americana. La réunification de l’Allemagne et la consolidation de l’Europe dans un contexte de fin de la Guerre froide symbolisent également cette nouvelle configuration géopolitique.

Ce contexte favorise l’émergence d’un ordre mondial dominé par les États-Unis, qui exercent une influence prépondérante dans la gouvernance mondiale, la culture et l’économie. Cependant, cette période voit aussi la politisation croissante de l’Islam, qui devient un enjeu majeur dans la géopolitique mondiale. Deux pôles se distinguent : le pôle chiite iranien, incarné par la République islamique d’Iran depuis 1979, qui promeut une vision chiite de l’Islam politique, et le pôle sunnite salafiste, représenté par des mouvements extrémistes issus du wahhabisme et du salafisme, souvent soutenus par certains États du Golfe. La polarisation entre ces deux pôles contribue à la fragmentation et à la confrontation dans le monde musulman, alimentant la montée de mouvements extrémistes et la politisation de la religion.

Ce contexte de domination américaine et de polarisation islamique constitue le cadre dans lequel se développe la « guerre au terrorisme », qui apparaît comme une réponse aux transformations géopolitiques majeures de l’après-Guerre froide.

💡 À retenir

La fin de la Guerre froide, symbolisée par la dissolution de l’URSS et la réunification de l’Europe, marque l’affirmation d’une hégémonie américaine mondiale, tout en étant le terreau d’une politisation accrue de l’Islam, divisée en deux pôles antagonistes : le chiite iranien et le sunnite salafiste. Ces transformations géopolitiques majeures expliquent en partie l’émergence de la « guerre au terrorisme » comme un produit de cette nouvelle configuration mondiale.

📖 2. Polarisations islamistes

🔑 Notions clés & Définitions

Salafisme
Le salafisme, selon AUTEUR (date), est une doctrine islamique qui prône un retour aux pratiques des « salafs » (les premiers musulmans, notamment les compagnons du prophète Mohamed). Il insiste sur une lecture littérale du Coran et des Hadiths, rejetant toute innovation (bid’ah) dans la religion. Le salafisme se distingue par son rejet de toute modernité ou interprétation contextuelle, visant à restaurer un islam « pur » et « originel ». Il peut prendre une forme pacifique ou radicale, notamment dans ses expressions jihadistes.

Frérisme
Le frérisme désigne un courant islamiste fondé par Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans. Selon AUTEUR (date), il s’agit d’un mouvement politico-religieux prônant la mise en place d’un État islamique par la voie politique, via la mobilisation sociale et la réforme de la société selon des principes islamiques. Le frérisme se caractérise par une stratégie d’influence progressive, mêlant activism religieux et engagement politique, sans nécessairement prôner la violence.

Ayatollah Khomeini
Selon AUTEUR (date), Ayatollah Khomeini est une figure majeure du chiisme iranien, fondateur de la République islamique d’Iran en 1979. Il incarne la révolution islamique qui a renversé le Shah, et a instauré un régime théocratique basé sur la jurisprudence chiite (velayat-e faqih). Khomeini a profondément influencé la dynamique du chiisme politique et a symbolisé la résistance contre l’Occident, notamment par sa doctrine de la « révolution islamique » et son rejet de l’ingérence étrangère.

Saoudo-wasabisme
Le saoudo-wasabisme, selon AUTEUR (date), désigne une forme de wahhabisme ou salafisme prônée par l’Arabie saoudite, qui insiste sur un islam rigoriste, puritain, et souvent exclusif. Il se caractérise par une interprétation littérale du Coran, une opposition à toute innovation religieuse, et une forte influence sur la politique saoudienne. Ce courant est souvent associé à une vision conservatrice et à une propagation du salafisme à l’échelle mondiale, notamment par le financement de mosquées et d’écoles.

Pôle Chiite iranien
Selon AUTEUR (date), le pôle chiite iranien est incarné par la République islamique d’Iran depuis 1979, sous la direction d’Ayatollah Khomeini. Il représente une idéologie chiite politique, qui mêle religion et pouvoir d’État, et qui promeut une vision du chiisme comme force de résistance contre l’Occident et l’islam sunnite radical. Ce pôle est souvent opposé au sunnisme, notamment dans le contexte de rivalités régionales, et cherche à étendre son influence à travers des mouvements chiites dans la région.

📝 Points essentiels

La division majeure entre islam chiite et sunnite s’est accentuée par l’émergence de mouvements idéologiques spécifiques, chacun incarnant une vision différente de l’islam et de son rôle dans la société et la politique. Le pôle chiite, représenté par l’Iran depuis 1979 avec Khomeini, incarne une islam politique chiite, mêlant théologie et pouvoir d’État, et revendiquant une résistance contre l’Occident et l’influence sunnite. À l’opposé, le pôle sunnite est marqué par des courants tels que le salafisme saoudo-wahhabite, prônant un islam rigoriste et littéraliste, ainsi que par les Frères musulmans, qui privilégient une stratégie d’influence sociale et politique plutôt que la violence.

Le conflit entre ces deux pôles s’inscrit dans la rivalité interne au monde musulman, alimentée par des différences doctrinales, géopolitiques et historiques. La montée du salafisme saoudo-wahhabite, soutenu par l’Arabie saoudite, a renforcé la polarisation sunnite, tandis que l’iranien a consolidé le pôle chiite, notamment par la révolution islamique. Ces divisions ont contribué à la fragmentation du monde musulman et à la rivalité entre factions islamistes, ce qui alimente la guerre au terrorisme, en particulier dans le contexte de la rivalité régionale Iran-Arabie saoudite, et influence la dynamique des conflits et des mouvements insurgés.

💡 À retenir

La rivalité entre le pôle chiite incarné par l’Iran depuis 1979 et le pôle sunnite dominé par le salafisme saoudo-wahhabite et les Frères musulmans reflète une division profonde au sein du monde musulman, exacerbant la polarisation idéologique et religieuse. Cette fracture interne constitue un facteur clé dans la complexité de la guerre au terrorisme, en alimentant des rivalités régionales et des conflits idéologiques entre factions islamistes.

📖 3. Origine de la GWOT

🔑 Notions clés & Définitions

Modus operandi : La notion de modus operandi désigne la manière spécifique dont une organisation ou un groupe terroriste mène ses actions, ses méthodes d’action, ses tactiques et ses stratégies. Dans le contexte du terrorisme, il s’agit de la façon dont les attaques sont planifiées, exécutées et perpétrées, permettant d’identifier un mode opératoire particulier. Cependant, dans le cadre de la GWOT, cette notion n’est pas centrale car la lutte ne vise pas un mode opératoire spécifique, mais un opposant politique.

Choc physique et symbolique : Ce concept désigne la double nature de l’impact des attentats du 11 septembre 2001. Le choc physique correspond aux destructions matérielles et aux pertes humaines directes, tandis que le choc symbolique se rapporte à la mise en évidence d’une menace globale, à la remise en cause de la sécurité et de la stabilité, ainsi qu’à la défiance envers les États-Unis et leur modèle. La GWOT est née de cette combinaison, qui a transformé un événement traumatique en une réponse politique et symbolique.

Généalogie afghano-irakienne : La généalogie afghano-irakienne renvoie à l’origine historique des mouvements jihadistes liés à Al-Qaïda, notamment leur soutien américain durant la Guerre froide en Afghanistan, puis leur dispersion et leur affiliation à Al-Qaïda dans différentes régions du monde musulman. Cette généalogie explique la localisation géographique des groupes jihadistes, leur évolution et leur capacité à s’adapter à différents contextes locaux tout en conservant une identité globale.

Effets du 11 septembre : Les attentats du 11 septembre 2001 ont provoqué un choc mondial, en particulier pour les États-Unis. Ils ont entraîné une transformation profonde de la politique de sécurité intérieure et extérieure américaine, en donnant naissance à la GWOT. Ces événements ont aussi permis de justifier une extension des pouvoirs sécuritaires, la mise en place de nouvelles lois, et une coopération internationale renforcée dans la lutte contre le terrorisme.

Soutien moudjahidines : Le soutien moudjahidine désigne l’aide apportée par les États-Unis aux groupes de combattants islamistes, notamment en Afghanistan durant la Guerre froide. Ce soutien comprenait un appui financier, logistique et militaire, dans le but de lutter contre l’URSS. Cependant, cette alliance a contribué à la montée en puissance de groupes jihadistes qui, après la fin de la Guerre froide, ont évolué vers des organisations terroristes telles qu’Al-Qaïda.

📝 Points essentiels

La GWOT (Guerre Globale contre le Terrorisme) est née du choc des attentats du 11 septembre 2001, qui combinent un choc physique et symbolique. Ce double impact a profondément marqué la perception de la menace terroriste et a justifié une réponse globale. La réponse américaine ne s’est pas limitée à une lutte contre un mode opératoire terroriste, mais a ciblé un opposant politique, incarné par Al-Qaïda et ses affiliés.

Les origines de cette guerre remontent en partie à la généalogie afghano-irakienne, qui trouve ses racines dans le soutien américain aux moudjahidines afghans durant la Guerre froide. Ce soutien a permis la montée en puissance de groupes jihadistes, qui, après la chute des Talibans, se sont dispersés et ont créé des branches régionales (AQM, AQMI, AQPA, AQL), transformant le conflit local en un réseau mondial. La globalisation du label « al-Qaida » a permis de relier ces luttes régionales à une menace globale, renforçant la portée de la GWOT.

Les effets du 11 septembre ont été multiples : ils ont provoqué une transformation de la politique sécuritaire américaine, une extension des moyens de surveillance (notamment par la NSA), et une coopération internationale accrue dans la lutte contre le terrorisme. La GWOT a ainsi été conçue comme une réponse politique et symbolique à un événement traumatique, enraciné dans une dynamique historique complexe, qui dépasse la simple lutte contre un mode opératoire pour viser un adversaire politique.

💡 À retenir

La GWOT doit être comprise comme une réponse politique et symbolique à un événement traumatique, le 11 septembre, dont les origines s’enracinent dans une généalogie historique complexe liée au soutien américain aux moudjahidines afghans. Elle illustre la transformation d’un choc ponctuel en une guerre globale visant un adversaire politique plutôt qu’un mode opératoire terroriste.

📖 4. Discours et programme GWOT

🔑 Notions clés & Définitions

Axe du mal
L’axe du mal est une expression utilisée pour désigner un groupe d’États considérés comme particulièrement dangereux par la politique américaine, notamment lors du discours de George W. Bush. Selon ce discours, cet axe comprend l’Irak, l’Iran et la République populaire démocratique de Corée (RPDC). La qualification d’axe du mal sert à désigner ces États comme des ennemis principaux dans la lutte contre le terrorisme, justifiant des actions militaires et une mobilisation nationale et internationale contre eux.

Injonction Bush Jr.
L’injonction de Bush Jr. désigne la directive ou ordre donné par le président George W. Bush pour engager la lutte globale contre le terrorisme. Elle implique la mise en œuvre d’un programme ambitieux mêlant lutte contre le terrorisme à l’échelle mondiale et efforts de démocratisation régionale. Cette injonction constitue une instruction politique claire pour mobiliser les ressources et orienter la stratégie des États-Unis dans le cadre de la GWOT.

Programme global négatif
Le programme global négatif fait référence à l’ensemble des actions et stratégies visant à lutter contre le terrorisme en ciblant principalement les ennemis désignés, sans pour autant instaurer de solutions positives ou constructives immédiates. Il se caractérise par une approche de déstabilisation, de neutralisation ou de destruction des menaces terroristes, en insistant sur la désignation d’ennemis et la répression, plutôt que sur la construction ou la coopération positive.

Programme régional positif
Le programme régional positif désigne une stratégie complémentaire au programme global négatif, visant à instaurer une gouvernance démocratique et stabilisatrice dans les régions concernées. Il s’agit d’un effort pour renforcer la stabilité régionale, promouvoir la démocratie et établir un ordre politique favorable à la lutte contre le terrorisme, en s’appuyant sur des initiatives régionales et des partenariats locaux.

Slogan narratif
Le slogan narratif est une formule ou un message symbolique qui sert à structurer et à mobiliser l’opinion publique autour de la lutte contre le terrorisme. Dans le contexte de la GWOT, le slogan « guerre au terrorisme » devient une narration durable et mobilisatrice, permettant de donner un sens unifié à l’ensemble des actions militaires, politiques et symboliques entreprises par les États-Unis et leurs alliés.

📝 Points essentiels

Bush Jr. qualifie les attaques du 11 septembre d’« actes de guerre » et désigne un axe du mal (Irak, Iran, RPDC).
Il affirme que ces attaques constituent une déclaration de guerre contre l’ensemble de la civilisation occidentale et mondiale, justifiant une réponse ferme et globale. La qualification d’axe du mal sert à identifier ces États comme des ennemis principaux, responsables ou complices de la menace terroriste, et à légitimer une intervention militaire contre eux. La liste de ces États — Irak, Iran, RPDC — devient un point central de la stratégie de Bush Jr., qui cherche à mobiliser l’opinion internationale et nationale autour de cette désignation.

Le programme ambitieux mêle lutte globale contre le terrorisme et démocratisation régionale.
Ce programme vise à combiner une action de lutte contre les groupes terroristes à une stratégie de transformation politique des régions concernées. La lutte globale contre le terrorisme ne se limite pas à des opérations militaires, mais inclut également des efforts pour instaurer la démocratie, renforcer la gouvernance locale et stabiliser les régions en crise. La stratégie repose sur une double dimension : la neutralisation des menaces et la promotion d’un ordre démocratique susceptible de prévenir la résurgence du terrorisme.

Le slogan « guerre au terrorisme » devient une narration durable et mobilisatrice.
Ce slogan, qui synthétise la politique de Bush Jr., s’impose comme une narration centrale dans le discours politique et médiatique. Il sert à légitimer l’intervention militaire, à mobiliser l’opinion publique et à structurer la communication autour de la lutte contre une menace commune. La narration « guerre au terrorisme » devient ainsi un récit durable, qui galvanise l’action politique, justifie les opérations militaires et maintient la mobilisation nationale et internationale.

💡 À retenir

La GWOT, en tant que discours politique, structure une stratégie qui combine la désignation d’ennemis, la mise en œuvre d’un programme d’action global et régional, et la mobilisation symbolique autour d’un slogan narratif. Elle sert à légitimer une politique de lutte contre le terrorisme en mobilisant l’opinion et en structurant l’action militaire et diplomatique.

📖 5. Fin de la guerre au terrorisme

🔑 Notions clés & Définitions

Accord de Doha : Cet accord, signé en 2020, marque une étape majeure dans le processus de retrait américain d’Afghanistan. Il prévoit le retrait progressif des forces américaines en échange de garanties de sécurité de la part des Talibans, notamment la promesse de ne pas permettre à des groupes terroristes comme Al-Qaïda de s’implanter sur le territoire afghan. Selon le contenu source, le retrait américain d’Afghanistan en 2021 est marqué par cet accord, qui constitue une étape clé dans la fin de la GWOT (Guerre Globale contre le Terrorisme).

Élimination d’Al-Zawahiri : En 2022, l’élimination du leader d’Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri, intervient comme un point culminant dans la lutte contre le terrorisme. Elle symbolise la poursuite des opérations ciblées contre les figures de proue des organisations terroristes, même après le retrait des troupes américaines d’Afghanistan, illustrant la continuité de la lutte malgré le dénouement politique du conflit.

Retrait US Afghanistan : Le retrait des forces américaines d’Afghanistan, programmé et annoncé en 2011 par le président Obama, s’inscrit dans la logique de l’accord de Doha. Ce retrait, effectif en 2021, marque la fin d’une présence militaire de près de vingt ans dans le pays, et constitue un moment clé dans le processus de dénouement de la GWOT. Il reflète aussi la complexité stratégique et politique de la fin du conflit, avec des compromis et des réalités contradictoires.

Dénouement GWOT : La fin de la GWOT, processus marqué par des compromis politiques et des réalités stratégiques contradictoires, se manifeste par le retrait progressif des États-Unis d’Afghanistan, la suppression de la menace terroriste à grande échelle, et la capacité des groupes terroristes à survivre ou à se réorganiser dans certains contextes. La neutralisation de figures clés comme Al-Zawahiri et la fin de la présence militaire américaine en Afghanistan illustrent cette étape.

Talibans au pouvoir : La reprise du pouvoir par les Talibans en 2021, après leur offensive rapide et leur conquête de Kaboul, marque un tournant dans la fin de la GWOT. Malgré la défaite de l’État islamique et la suppression de certains groupes terroristes, leur retour au pouvoir montre que la lutte contre le terrorisme n’a pas éliminé totalement la menace, et que la situation stratégique reste fragile et contradictoire.

📝 Points essentiels

Le processus de fin de la GWOT est marqué par plusieurs événements clés. La signature de l’accord de Doha en 2020 a été une étape décisive, car elle a permis le retrait américain d’Afghanistan en 2021. Ce retrait, considéré comme la conclusion d’un long engagement, a été rendu possible par un compromis politique entre les États-Unis et les Talibans, qui s’engageaient à ne pas permettre à des groupes terroristes comme Al-Qaïda de s’implanter durablement sur le territoire afghan. Cependant, cette étape n’a pas signifié la fin de la menace terroriste, car la lutte s’est poursuivie par des opérations ciblées, notamment l’élimination d’Al-Zawahiri en 2022, leader d’Al-Qaïda. La reconquête par les Talibans en 2021, malgré la défaite de Daech en 2019, montre que la situation stratégique demeure complexe. La fin de la GWOT ne peut être vue comme une victoire totale, mais plutôt comme un processus marqué par des compromis politiques et des réalités contradictoires, où la menace terroriste persiste sous différentes formes.

💡 À retenir

La fin de la GWOT, symbolisée par le retrait américain d’Afghanistan et l’élimination de figures clés comme Al-Zawahiri, doit être comprise comme un processus complexe, marqué par des compromis politiques et des réalités stratégiques contradictoires. Elle illustre la difficulté à éradiquer totalement la menace terroriste, même après des décennies d’engagement militaire et de lutte ciblée.

📖 6. Succès et échecs américains

🔑 Notions clés & Définitions

Rollback Russie
Aucune définition spécifique n’est fournie dans le contenu source. Par conséquent, ce concept n’est pas développé ici.

Containment RPC
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Éradication Al-Qaïda
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Démocratisation néo-libérale
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Échec démocratisation Moyen-Orient
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📝 Points essentiels

Le bilan de la guerre globale contre le terrorisme (GWOT) montre un contraste marqué entre succès militaires ponctuels et échecs politiques structurels. Sur le plan militaire, les États-Unis ont obtenu des résultats significatifs, notamment par la destruction d’Al-Qaïda en Afghanistan et de l’État islamique en Irak et en Syrie. La localisation et l’élimination de Ben Laden en 2011, par une opération des forces spéciales sans prévenir le gouvernement pakistanais, constitue un point culminant de ces succès. La doctrine Obama, dite « guerre au terrorisme », a permis de tuer de nombreux chefs jihadistes et de réduire la capacité opérationnelle d’Al-Qaïda, tout en déployant une stratégie centrée sur le renseignement, les drones et les forces spéciales, plutôt que sur une occupation massive.

Cependant, ces succès militaires ont été largement contrebalancés par des échecs majeurs. Le retour des Talibans en Afghanistan après le retrait des troupes américaines, la persistance du terrorisme dans plusieurs régions, ainsi que l’échec de la démocratisation dans le Moyen-Orient, illustrent ces limites. La démocratisation néo-libérale, qui constituait une ambition majeure, n’a pas atteint ses objectifs, laissant place à une instabilité persistante et à des mouvements jihadistes décentralisés et adaptatifs. La défaite politique dans ces régions, notamment au Moyen-Orient, révèle la difficulté à transformer militairement des enjeux complexes liés à la gouvernance, aux identités et aux dynamiques régionales.

En résumé, la GWOT a permis des victoires militaires concrètes, mais elle n’a pas su résoudre les enjeux politiques et sociaux profonds, ce qui explique la persistance du terrorisme et l’échec de la démocratisation dans plusieurs zones clés.

💡 À retenir

La GWOT présente un bilan contrasté : des succès militaires ponctuels comme la destruction d’Al-Qaïda et la neutralisation de Ben Laden, mais aussi des échecs politiques et stratégiques majeurs, notamment la résurgence des Talibans et l’échec de la démocratisation dans le Moyen-Orient. Ces résultats soulignent la difficulté à atteindre une stabilité durable face à des enjeux complexes et décentralisés.

📖 7. Dénomination et scène polémologique

🔑 Notions clés & Définitions

Droit pénal de l’ennemi : Il s’agit d’un cadre juridique spécifique appliqué aux personnes considérées comme des ennemis dans un contexte de conflit armé. Ce droit permet de traiter différemment les combattants et les civils, notamment en autorisant des mesures qui seraient prohibées en droit pénal classique, telles que la détention sans procès ou la destruction ciblée. La dénomination « guerre au terrorisme » évite de qualifier directement l’islam, tout en criminalisant l’ennemi en le désignant comme une menace à éradiquer par des moyens exceptionnels.

Homicides ciblés : Actions de tuer des individus précis, souvent à l’aide de drones ou d’opérations spéciales, dans le but de neutraliser des figures jugées dangereuses. Ces homicides sont généralement justifiés par la nécessité de lutter contre des mouvements terroristes ou des groupes armés, et s’inscrivent dans une logique de guerre asymétrique où la précision est privilégiée pour éviter des pertes civiles.

Guerre sur la drogue : Conflit ou campagne menée pour lutter contre le trafic et la consommation de drogues illicites. Elle peut prendre la forme d’opérations policières, militaires ou législatives, souvent associée à une logique de sécurité nationale. La guerre sur la drogue est parfois intégrée dans une stratégie plus large de lutte contre le terrorisme, notamment lorsque des groupes criminels sont liés à des mouvances jihadistes.

Configuration polémologique : Organisation et structuration de la scène conflictuel, notamment dans le contexte de la lutte contre le terrorisme. Elle désigne la manière dont les acteurs, les stratégies et les enjeux se combinent pour former un cadre polémologique, c’est-à-dire un espace où se jouent des affrontements à la fois militaires, politiques, juridiques et médiatiques, souvent dans un contexte de droit d’exception.

Terrorisme islamique : Ensemble d’actes violents perpétrés par des groupes ou individus revendiquant une idéologie islamiste radicale. Ces actes visent à provoquer la terreur, à déstabiliser des États ou à imposer un ordre islamiste radical. La qualification « islamique » est souvent utilisée pour distinguer ces mouvements d’autres formes de terrorisme, tout en étant critiquée pour sa portée idéologique.

📝 Points essentiels

La dénomination « guerre au terrorisme » sert à éviter de qualifier directement l’islam, tout en criminalisant l’ennemi. Elle permet de désigner un adversaire qui n’est pas une nation ou un groupe étatique, mais une menace transnationale, souvent associée à des groupes jihadistes. Cette expression évite aussi de faire référence explicitement à une religion, ce qui pourrait alimenter des stéréotypes ou des tensions communautaires.

Ce choix terminologique contribue à mélanger inédite entre guerre et police, en créant un droit d’exception. La guerre au terrorisme ne se limite pas à une confrontation militaire classique, mais inclut aussi des opérations policières, des mesures de surveillance, des détentions administratives, et des homicides ciblés. Elle engendre ainsi une réorganisation des relations entre le droit international, le droit national, et la sécurité intérieure, avec la création d’un cadre juridique spécifique qui dépasse la simple logique de guerre conventionnelle.

La GWOT (Global War on Terrorism) réorganise profondément les relations internationales en mêlant conflits armés localisés et lutte policière globale. Elle fait passer la frontière entre guerre et police, entre combat militaire et action de sécurité intérieure, dans une logique où la lutte contre le terrorisme devient une guerre sans frontières, une guerre asymétrique où l’ennemi peut être un individu isolé ou un groupe clandestin. La GWOT implique aussi une coopération internationale renforcée, souvent sous l’égide d’organisations ou d’accords multilatéraux, pour traquer, neutraliser et éliminer les menaces terroristes.

💡 À retenir

La GWOT constitue une innovation juridique et stratégique majeure, redéfinissant les frontières entre guerre, police et droit international. En utilisant la terminologie de « guerre au terrorisme », elle criminalise l’ennemi tout en créant un droit d’exception, ce qui permet une organisation polémologique nouvelle où la lutte contre le terrorisme devient une guerre globale, hybride et transfrontalière.

📖 8. Chronologie de la GWOT

🔑 Notions clés & Définitions

Brouillard informationnel : La difficulté à analyser la GWOT résulte en partie d’un brouillard informationnel, caractérisé par une surcharge d’informations, un manque de recul et une complexité accrue, rendant difficile la compréhension précise de ses phases et de ses enjeux.

Confusion conceptuelle : La GWOT est marquée par une confusion conceptuelle, notamment en raison de la multiplication des discours, des acteurs et des temporalités, ce qui complique la délimitation claire de ses différentes phases et de ses enjeux.

Construction discursive : La GWOT doit être abordée comme une construction discursive américaine, inscrite dans un temps et un espace précis, qui évolue selon les discours, les stratégies et les enjeux politiques et militaires. Elle n’est pas une réalité figée, mais un phénomène évolutif façonné par des discours successifs.

Phases GWOT : La chronologie de la GWOT peut être segmentée en différentes phases, correspondant à des moments clés, des stratégies et des enjeux spécifiques, permettant ainsi d’appréhender son évolution dans le temps.

Hecker et Tenenbaum : Ces auteurs ne sont pas explicitement mentionnés dans le contenu source pour définir la GWOT ou ses phases, mais leur inclusion dans la liste indique qu’ils pourraient avoir apporté des éléments sur la construction discursive ou la complexité de la guerre contre le terrorisme.

📝 Points essentiels

La GWOT constitue une construction discursive américaine inscrite dans un temps et un espace précis. Elle ne peut être comprise qu’en tenant compte de cette dimension discursive, qui évolue selon les discours politiques, militaires et médiatiques. La complexité de cette guerre, notamment par le manque de recul face à une abondance d’informations, complique son analyse. La difficulté à cerner précisément ses différentes phases résulte en partie de ce brouillard informationnel et de la confusion conceptuelle qui en découle.

Pour mieux comprendre cette évolution, des propositions de chronologies ont été élaborées, segmentant la GWOT en phases distinctes. Ces phases permettent de repérer les moments clés, les stratégies adoptées, ainsi que les acteurs impliqués, tout en tenant compte de la dimension évolutive et discursive du phénomène. La première phase correspond à l’après-11 septembre 2001, avec la déclaration de la guerre au terrorisme, visant principalement Al-Qaïda et ses affiliés. La seconde phase voit l’émergence de nouvelles formes de jihadisme, notamment avec la montée en puissance de Daech et la fragmentation des groupes insurgés. La dernière phase, en cours, est marquée par l’internationalisation accrue, la médiatisation des actions jihadistes, et la complexification des enjeux géopolitiques liés à cette guerre.

Il est essentiel d’approcher la GWOT comme un phénomène évolutif, dont la compréhension nécessite de prendre en compte ses multiples temporalités, ses discours et ses acteurs, tout en étant conscient du brouillard informationnel qui entoure ses différentes phases.

💡 À retenir

La GWOT doit être abordée comme une construction discursive évolutive, inscrite dans un contexte précis, dont la complexité et la multiplicité des temporalités rendent son analyse difficile. La segmentation en phases distinctes permet de mieux saisir ses enjeux et son évolution, tout en restant conscient du brouillard informationnel qui entoure cette guerre.

📖 9. Attentats du 11/09

🔑 Notions clés & Définitions

Détournement aérien ciblé : Action consistant à prendre le contrôle d’un ou plusieurs avions dans le but précis d’atteindre une cible symbolique ou stratégique, en utilisant l’avion comme arme de destruction. Dans le contexte des attentats du 11 septembre, il s’agit de détourner des avions commerciaux pour les diriger volontairement vers des symboles américains majeurs, tels que le Pentagone ou les tours du World Trade Center. Ce détournement est planifié pour maximiser l’impact symbolique et la visibilité du message terroriste.

Sacrifice kamikaze : Attentat-suicide où le terroriste se donne volontairement la mort pour atteindre un objectif précis, généralement en visant des cibles symboliques ou militaires. Dans le cas des attentats du 11 septembre, cette notion se manifeste par l’engagement des pirates de l’air dans une opération où leur propre vie est sacrifiée pour infliger des dégâts importants à des symboles américains, renforçant la dimension sacrificielle et extrême de l’action terroriste.

Rapport Commission 2004 : Document officiel issu de la commission d’enquête chargée d’analyser les attentats du 11 septembre. Ce rapport souligne que les attaques ont constitué un demi-succès pour les terroristes, indiquant que, malgré leur planification et leur exécution, certains objectifs n’ont pas été totalement atteints ou que des failles ont été identifiées dans la prévention et la renseignement.

Symbolisme des cibles : La signification profonde attribuée aux lieux choisis comme cibles des attentats. Les symboles visés lors du 11 septembre, tels que le Pentagone et le World Trade Center, représentent la puissance économique, militaire et stratégique des États-Unis. Leur choix vise à provoquer un choc psychologique, à déstabiliser la nation et à envoyer un message politique fort.

Planification Al-Qaïda : Processus long et méticuleux de préparation des attentats par l’organisation terroriste Al-Qaïda, remontant à 1996 avec une approbation formelle de Ben Laden fin 1998. La planification inclut la sélection des cibles, la formation des pirates de l’air, la coordination logistique, et la mise en place d’un réseau de soutien pour exécuter l’opération à grande échelle.

📝 Points essentiels

Les attentats du 11 septembre combinent deux éléments majeurs : le détournement aérien et l’attentat-suicide. Ces attaques visaient des symboles américains de grande importance, notamment le Pentagone et les tours jumelles du World Trade Center, afin de maximiser l’impact symbolique et stratégique. La planification de ces attaques remonte à 1996, avec une étape décisive en 1998 lorsque Ben Laden, chef d’Al-Qaïda, donne son accord final. La coordination de l’opération implique un détournement simultané de plusieurs avions, contrôlés par des pirates de l’air qui se sacrifient en tant qu’attentats-suicides pour atteindre leurs cibles. Le rapport de la Commission d’enquête de 2004 souligne que ces attaques ont constitué un demi-succès pour les terroristes, car elles ont réussi à atteindre certains de leurs objectifs tout en révélant des failles dans la prévention. Le symbolisme des cibles, en particulier leur représentation de la puissance américaine, a été central dans la stratégie terroriste, visant à déstabiliser et à humilier la superpuissance.

💡 À retenir

Les attentats du 11 septembre doivent être compris comme un acte terroriste à la fois stratégique, symbolique et planifié sur le long terme, combinant détournement aérien et attentats-suicides pour atteindre des cibles emblématiques américaines, avec une planification remontant à plusieurs années et une efficacité partielle selon le rapport de la Commission.

📖 10. Généalogie d'Al-Qaïda

🔑 Notions clés & Définitions

Moudjahidines afghans

  • AUTEUR : voir section 2

Soutien Reagan
AUTEUR (date) : Le soutien Reagan fait référence à l'assistance apportée par l'administration américaine de Ronald Reagan aux moudjahidines afghans durant la conflit contre l'Union soviétique. Ce soutien comprenait une aide financière, logistique, militaire et le transfert d'armes, notamment via la CIA, dans le but de renforcer la résistance islamiste contre l'occupant soviétique. Ce soutien a permis aux groupes islamistes de se structurer et de s'armer, contribuant à la naissance de réseaux jihadistes.

Guerre du Golfe
AUTEUR (date) : La guerre du Golfe désigne le conflit de 1990-1991, déclenché par l'invasion du Koweït par l'Irak. La présence militaire occidentale en terres musulmanes, notamment en Arabie Saoudite et au Koweït, après cette guerre, a alimenté l’idéologie djihadiste en renforçant la perception d’une ingérence étrangère dans le monde musulman. Cette présence a été perçue comme une atteinte à la souveraineté islamique et a été utilisée comme argument par les groupes djihadistes pour justifier leurs actions.

Retournement idéologique
AUTEUR (date) : Le retournement idéologique désigne la transformation des motivations et des doctrines des groupes djihadistes, passant d’un combat national ou anti-impérialiste à une lutte globale contre l’Occident et les régimes considérés comme infidèles. Ce processus a été renforcé par la présence militaire occidentale dans les terres musulmanes après la Guerre du Golfe, contribuant à radicaliser et à élargir la portée des revendications jihadistes.

Guerre d’Irak I
AUTEUR (date) : La guerre d’Irak I, débutée en 2003 avec l’intervention américaine menée par les États-Unis, a été un facteur déterminant dans le développement de l’extrémisme islamiste. Elle a provoqué un retournement idéologique en renforçant la haine contre l’Occident et en créant un terreau favorable à la radicalisation, notamment en alimentant la haine envers les régimes occidentaux et en favorisant la naissance de groupes comme Al-Qaïda.

📝 Points essentiels

Al-Qaïda trouve ses racines dans le soutien américain aux moudjahidines afghans contre le communisme. Dans les années 1980, les États-Unis, sous l’administration Reagan, ont apporté une assistance massive aux combattants islamistes afghans, leur fournissant armes, financement et formation via la CIA, dans le cadre d’une stratégie de lutte contre l’Union soviétique. Ce soutien a permis aux moudjahidines de se structurer en réseaux armés, dont certains ont évolué vers des mouvements djihadistes plus radicaux.

La présence militaire occidentale en terres musulmanes, notamment après la Guerre du Golfe (1990-1991), a alimenté l’idéologie djihadiste. Les interventions en Arabie Saoudite, en Irak et en d’autres régions ont été perçues comme une ingérence étrangère dans le monde islamique, renforçant la narrative du jihad contre l’Occident. Ce contexte a favorisé un retournement idéologique, où la lutte locale contre l’occupant s’est transformée en une guerre globale contre l’ennemi occidental et ses alliés, avec une radicalisation accrue des groupes islamistes.

La guerre d’Irak I, en 2003, a été un catalyseur dans ce processus. L’invasion et l’occupation américaines ont créé un terreau fertile pour la radicalisation, en alimentant la haine envers l’Occident et en déstabilisant la région. La montée de groupes comme Al-Qaïda en Irak, puis son évolution vers l’État islamique, illustrent ce retournement idéologique, qui a renforcé la capacité de ces groupes à mobiliser des volontaires étrangers et à étendre leur influence.

💡 À retenir

La naissance d’Al-Qaïda est le produit direct des interventions géopolitiques de la fin du XXe siècle, notamment le soutien américain aux moudjahidines afghans et la présence militaire occidentale en terres musulmanes après la Guerre du Golfe, qui ont radicalisé et élargi la portée du jihad international.

📖 11. Groupe Al-Qaïda en Irak

🔑 Notions clés & Définitions

  • AUTEUR : voir section 2

Insurrection sunnite : Mouvement de résistance armée menée par des groupes sunnites opposés à la domination chiite et à l’occupation étrangère. Elle s’est développée après la chute du régime de Saddam Hussein, dans un contexte où la marginalisation politique et sociale des sunnites alimentait la révolte. Selon AUTEUR (date), cette insurrection a été un vecteur de radicalisation et de consolidation pour Al-Qaïda en Irak, qui a su exploiter le mécontentement sunnite pour recruter et étendre son influence.

État islamique : Organisation djihadiste qui a émergé de la fragmentation d’Al-Qaïda en Irak. Après plusieurs années de conflit et de divisions internes, l’État islamique a proclamé un califat en 2014, revendiquant un pouvoir territorial et une gouvernance islamique radicale. Selon AUTEUR (date), cette évolution marque la transition d’un groupe terroriste local vers un mouvement transnational, avec une ambition de domination islamique globale.

Désarmement Irak : Processus imposé par la communauté internationale, notamment après la chute de Saddam Hussein, visant à réduire la capacité militaire de l’Irak. Selon AUTEUR (date), ce désarmement a été perçu par certains sunnites comme une marginalisation politique, créant un terreau favorable à la radicalisation et à la résurgence de groupes insurgés comme Al-Qaïda en Irak.

Influence chiite : Pouvoirs et mouvements chiites en Irak, souvent perçus comme soutenus par l’Iran, qui jouent un rôle majeur dans la politique et la sécurité du pays. Selon AUTEUR (date), cette influence chiite a alimenté les tensions sectaires, renforçant la résistance sunnite et contribuant à la radicalisation des groupes sunnites, notamment ceux liés à Al-Qaïda en Irak.

📝 Points essentiels

Al-Qaïda en Irak a émergé dans le contexte du désarmement et de l’occupation post-2003, profitant du vide sécuritaire laissé par la chute du régime de Saddam Hussein. La fin du régime sunnite et la marginalisation politique des sunnites ont alimenté un ressentiment profond, que le groupe a exploité pour recruter et renforcer ses rangs. La présence des forces étrangères, notamment américaines, a été perçue comme une occupation illégitime, renforçant la légitimité de la résistance djihadiste.

L’insurrection sunnite contre le régime chiite et les forces étrangères a été un moteur central de la montée en puissance d’Al-Qaïda en Irak. Cette insurrection a permis au groupe de s’implanter durablement dans certaines régions, notamment dans des zones où la population sunnite se sentait marginalisée ou opprimée. La stratégie de ces insurgés consistait à mener des attaques ciblées contre les forces de sécurité, les symboles de l’État et les civils, afin de déstabiliser le pouvoir chiite et de renforcer leur contrôle territorial.

L’évolution de cette insurrection vers l’État islamique marque une étape clé dans la recomposition djihadiste. Après fragmentation, Al-Qaïda en Irak a vu ses factions se diviser, donnant naissance à l’État islamique, qui a proclamé un califat en 2014. Ce dernier a adopté une stratégie plus radicale, cherchant à instaurer un pouvoir territorial et à étendre son influence à l’échelle mondiale. La rupture entre Al-Qaïda et l’État islamique a été marquée par des différends idéologiques et stratégiques, mais tous deux ont continué à alimenter la mouvance djihadiste globale.

💡 À retenir

Al-Qaïda en Irak, en émergent dans un contexte de désarmement et d’occupation, a été un acteur clé de la radicalisation et de la recomposition djihadiste après l’invasion américaine. Son évolution vers l’État islamique a marqué une étape majeure dans la dynamique du terrorisme islamiste, illustrant la capacité de ces groupes à s’adapter et à se fragmenter tout en conservant leur influence.

📖 12. Jihadisme global et branches régionales

🔑 Notions clés & Définitions

Djihadisme global
Le djihadisme global désigne un phénomène transnational où des groupes jihadistes, tout en étant enracinés dans des contextes locaux, poursuivent des objectifs communs liés à la lutte armée contre les « ennemis de l’islam » à l’échelle mondiale. Selon AUTEUR (date), il s’agit d’un mouvement qui cherche à étendre l’influence de l’islam radical par des actions terroristes, en s’appuyant sur une idéologie salafiste et en utilisant la médiatisation pour attirer des volontaires étrangers. La résilience de ce phénomène est attestée par la persistance de groupes comme l’Etat islamique, malgré leur défaite territoriale.

Branches régionales
Les branches régionales du djihadisme sont des filiales ou des affiliés locaux de groupes-mères comme Al-Qaïda ou l’Etat islamique. Elles opèrent dans des zones géographiques spécifiques, adaptant leur stratégie aux contextes locaux tout en restant liées à la mouvance globale. Par exemple, AQPA (Al Qaeda en péninsule arabique) est une branche active au Yémen et en Arabie Saoudite, tandis qu’AQMI (Al Qaeda au Maghreb islamique) est implantée en Mauritanie, Mali, Tchad et Algérie. Ces branches illustrent la fragmentation du djihadisme en plusieurs acteurs locaux, tout en étant connectés à une idéologie commune.

Printemps arabes
Les printemps arabes ont complexifié la scène djihadiste en bouleversant la stabilité des États et en créant des espaces d’insurrection. Bien que le contenu source ne fournisse pas une définition précise, il indique que ces événements ont influencé la dynamique du djihadisme, en favorisant la résurgence ou la montée en puissance de groupes insurrectionnels, notamment en Syrie et en Irak. La déstabilisation des régimes a permis à ces groupes de s’ancrer davantage dans certains territoires, tout en rendant leur lutte plus complexe.

Rivalité irano-saoudo-turque
La rivalité entre l’Iran, l’Arabie Saoudite et la Turquie influence fortement la dynamique du djihadisme. La dernière année de l’administration Trump a marqué un glissement de la stratégie de la GWOT (Guerre Globale contre le Terrorisme) vers une lutte contre l’Iran, notamment par la reconnaissance d’Israël par Bahreïn et les EAU en 2020, et par des actions directes comme l’élimination du général Qassem Soleimani. Ces rivalités alimentent la polarisation régionale, renforcent certains groupes et compliquent la lutte contre le djihadisme, en créant des alliances et des antagonismes locaux et régionaux.

Situation bouthoulienne
Bien que le contenu source ne développe pas explicitement cette notion, la situation bouthoulienne peut être comprise comme la situation de conflit ou de tension dans la région du Bouthoul, un territoire ou une zone géographique spécifique, où la présence de groupes djihadistes ou de rivalités régionales influence la stabilité locale. La complexité de cette situation résulte de l’interaction entre acteurs locaux, régionaux et internationaux, dans un contexte de rivalités géopolitiques et de lutte pour l’influence.

📝 Points essentiels

Le djihadisme s’est internationalisé avec des branches régionales actives dans plusieurs pays, illustrant une fragmentation du phénomène en acteurs locaux liés à une idéologie commune. Ces branches, telles qu’AQPA, AQMI, MUJAO, Ansar Dine, et d’autres, opèrent dans des zones géographiques précises, adaptées à leur contexte local tout en restant connectées à la mouvance globale. La résilience du djihadisme est manifeste, notamment par la persistance de groupes comme l’Etat islamique, qui malgré la liquidation de leur chef, Abou Bakr al-Baghdadi, en 2019, et la perte de leur territoire en 2017-2019, continue d’exister sous différentes formes, notamment par des actions insurrectionnelles et la prolifération sur internet.

Les printemps arabes ont complexifié cette scène en déstabilisant plusieurs États, créant des terrains propices à l’expansion des groupes djihadistes. La chute de certains régimes et l’instabilité qui en découle ont permis à ces groupes de s’enraciner davantage, notamment en Syrie et en Irak, où ils ont profité du chaos pour renforcer leur influence.

Les rivalités régionales, notamment entre l’Iran, l’Arabie Saoudite et la Turquie, jouent un rôle déterminant dans la dynamique du djihadisme. La stratégie de pression maximale contre l’Iran, illustrée par l’élimination du général Soleimani en 2020, a accentué ces rivalités, influençant la configuration des alliances et des conflits locaux. Ces tensions alimentent la fragmentation et la militarisation des acteurs locaux, compliquant la lutte contre le terrorisme.

💡 À retenir

Le djihadisme doit être compris comme un phénomène global fragmenté en branches régionales, dont la résilience et l’expansion sont fortement influencées par les rivalités géopolitiques et les contextes locaux, notamment ceux issus des printemps arabes et des tensions régionales. La lutte contre ce phénomène nécessite une approche intégrée, tenant compte de cette complexité et de ces interactions.

📊 Tableaux de Synthèse

ThèmeNotions clésDescriptionAuteur / Source
Pax AmericanaDomination américaine post-Guerre froideInfluence politique, culturelle et économique exercée par les États-Unis, stabilisation de l’ordre mondial, projection de puissance.Contenu fourni
Dissolution de l’URSS1991Fin de la bipolarité Est-Ouest, affirmation de l’hégémonie américaine, fin de l’Union soviétique.Contenu fourni
Politisation de l’IslamProcessus depuis 1979Division en deux pôles : chiite iranien et sunnite salafiste, polarisation géopolitique et montée des extrémismes.Contenu fourni
Polarisation islamisteSalafisme, Frérisme, Khomeini, WahhabismeDivergences doctrinales et politiques entre sunnisme radical et chiisme politique, influence régionale.Contenu fourni

⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre Pax Americana avec la fin de la Guerre froide ou la domination occidentale en général.
  2. Assimiler la dissolution de l’URSS à une simple fin d’un conflit sans lien avec la montée américaine.
  3. Confondre le salafisme pacifique et le salafisme jihadiste sans distinction claire.
  4. Confondre Frérisme (Frères musulmans) avec d’autres mouvements islamistes non liés.
  5. Confondre le pôle chiite iranien avec le chiisme en général, en ignorant leur dimension politique spécifique.
  6. Confondre Wahhabisme saoudien et salafisme dans leur portée doctrinale et géopolitique.
  7. Mélanger les notions de polarisation religieuse et géopolitique sans distinction précise.
  8. Confondre les acteurs (Khomeini, Frères musulmans) en leur attribuant des rôles similaires alors qu’ils ont des stratégies différentes.

✅ Checklist Examen

  1. Connaître la définition de Pax Americana selon le contenu fourni.
  2. Identifier la date et les conséquences principales de la dissolution de l’URSS.
  3. Expliquer la politisation de l’Islam depuis 1979, notamment par la révolution iranienne.
  4. Distinguer le pôle chiite iranien du pôle sunnite salafiste dans leur origine et influence.
  5. Définir le salafisme selon AUTEUR et ses formes pacifiques ou radicales.
  6. Comprendre le rôle du Frérisme dans l’islam politique selon AUTEUR.
  7. Connaître la figure d’AUTEUR (date) associée à chaque courant ou mouvement clé (Khomeini, Hassan al-Banna).
  8. Identifier les caractéristiques du wahhabisme saoudien ou saoudo-wasabisme selon AUTEUR.
  9. Maîtriser la chronologie des événements majeurs liés à la fin de la Guerre froide (réunification allemande, dissolution URSS).
  10. Connaître les origines et les enjeux du conflit entre le chiisme iranien et le sunnisme radical.
  11. Savoir ce que désigne le terme « Jihadisme » dans le contexte global.
  12. Connaître les principales branches régionales du jihadisme global.

Dernier item de la checklist

Maîtriser la généalogie d’Al-Qaïda et ses liens avec les mouvements islamistes radicaux selon le contenu fourni

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Origines et évolution du terrorisme islamiste avec 12 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Comment appliquer concrètement le discours sur l’axe du mal dans la mise en œuvre du programme GWOT ?

2. En quoi le pôle chiite iranien et le pôle sunnite salafiste diffèrent-ils dans leur origine et leur influence ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Origines et évolution du terrorisme islamiste avec 24 flashcards interactives.

Pax Americana — définition ?

Période de domination américaine après la GF.

Dissolution URSS — année ?

1991, fin de la bipolarité mondiale.

Politisation de l’Islam — date clé ?

Depuis 1979, avec la révolution iranienne.

Voir les flashcards →

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