Luigi Pirandello : auteur, dramaturge, poète, romancier, homme de lettres complet, prix Nobel de littérature, révolutionnaire du théâtre moderne, auteur d’environ 40 pièces, nouvelliste, poète, romancier, connu pour avoir révolutionné la dramaturgie moderne.
Contexte familial et enfance : Pirandello est né en 1867 dans une famille d’industriels en Sicile. Son père, despotique, propriétaire d’une exploitation de souffre, était militarisé sous Garibaldi. Il a reçu une éducation religieuse, a vécu un épisode traumatisant dans une morgue, ce qui influence ses thèmes (notamment l’image de la femme victime et la responsabilité de l’homme dans la catastrophe).
Œuvres et jeunesse : Ses premières créations incluent une pièce écrite à 12 ans, Barbaro, et un recueil de poésie Mal Giocondo (1889). La jeunesse est marquée par des études de lettres à Rome, des succès littéraires tardifs, et la découverte du théâtre.
Décadence fin de siècle : Contexte historique marqué par le pessimisme philosophique, influence de Nietzsche et Schopenhauer, sentiment de dégénérescence sociale, désillusion, et un regard critique sur la société en déclin.
Traumatismes et théâtre : La vie familiale trouble, notamment la folie de sa femme, ses crises de jalousie, et la mort de son père. Ces traumatismes nourrissent ses œuvres, centrées sur l’incommunicabilité, la jalousie, la pitié, la névrose, la dégénérescence, et le jeu entre illusion et réalité.
Succès tardif et théâtre : Malgré une longue production (près de 40 pièces), Pirandello connaît un succès majeur avec Six personnages en quête d’auteur en 1921. Il s’essaie au théâtre dès ses jeunes années, mais ses œuvres sont souvent mal reçues initialement. La reconnaissance arrive avec une révolution théâtrale, notamment par la mise en scène de ses pièces et la réception critique, lui valant le prix Nobel en 1934.
Luigi Pirandello, figure majeure du théâtre moderne, a transformé la dramaturgie en introduisant la théâtralité affichée et le méta-drame, tout en étant profondément marqué par ses traumatismes familiaux et le contexte de la fin du XIXe siècle.
Théâtralité : mise en scène affichée, théâtre dans le théâtre, mise en abyme, rupture avec naturalisme, déconstruction de l’action, théâtre métathéâtral. Elle désigne une mise en scène qui revendique sa dimension théâtrale, souvent par une mise en scène visible et une conscience de la fiction, notamment à travers le théâtre dans le théâtre et la mise en abyme, rompant avec l’illusion naturaliste.
Dramaturgie du méta-drame : commentaires sur la pièce, déconstruction de l’action, théâtre dans le théâtre, rupture du 4ème mur, satire de la représentation, critique de la réalité. Elle concerne une mise en scène où les personnages commentent, analysent ou remettent en question la pièce en cours, soulignant la nature artificielle du théâtre et remettant en cause la représentation réaliste.
Conception du personnage : personnages sans psychologie, enfermés dans leurs émotions, masques, stéréotypes, fonction au sein de la famille ou de la troupe, absence de nom, schématisation. Elle désigne une représentation du personnage théâtral qui ne possède pas de psychologie individuelle, mais est défini par sa fonction, ses émotions figées, et symbolise souvent des stéréotypes ou des rôles sociaux, avec une forte schématisation.
Luigi Pirandello, né en 1867 en Sicile, a vécu une enfance marquée par un père despotique, une éducation religieuse, et un épisode traumatisant à la morgue d’Agrigente où il aurait vu un couple étendu à côté d’un cadavre. Cet épisode influence la représentation de la sexualité comme contrainte ou violence dans ses œuvres, ainsi que l’image de la femme comme victime et l’homme comme responsable de la catastrophe.
Il a grandi entouré de sa mère et de ses sœurs, instruit par des précepteurs, et a écrit sa première pièce à 12 ans. Son environnement familial, marqué par la discipline et la religion, ainsi que ses traumatismes, nourrissent ses thèmes d’incommunicabilité, de jalousie, de névrose, et de dégénérescence, qui se retrouvent dans ses pièces.
La jeunesse de Pirandello est aussi marquée par ses études à Rome, ses déceptions amoureuses, et ses difficultés à s’intégrer dans le monde universitaire, ce qui contribue à son sentiment de désillusion et de mal du siècle, influencé par le pessimisme philosophique de Nietzsche et Schopenhauer.
La crise familiale en 1915, avec la folie de sa femme et la faillite de ses proches, accentue ses thèmes de dégénérescence, de folie, et d’incommunicabilité, qui nourrissent son théâtre. La souffrance familiale et ses traumatismes personnels alimentent ses œuvres centrées sur la difficulté de communication et la représentation des émotions figées.
Son succès tardif au théâtre, notamment avec Six personnages en quête d’auteur en 1921, est lié à sa vision critique du théâtre naturaliste et à sa recherche d’une nouvelle théâtralité, où la mise en scène revendique sa dimension artificielle et théâtrale.
L’enfance traumatisante et la vie familiale difficile de Pirandello nourrissent ses thèmes d’incommunicabilité, de dégénérescence et de folie, qui se reflètent dans sa conception du théâtre comme espace de mise en abyme, de déconstruction de l’action, et de personnages schématisés, sans psychologie individuelle.
Personnage : Chez Pirandello, le personnage ne possède pas de psychologie. Il est enfermé dans une émotion unique, représentée par un masque, qui symbolise l’emprisonnement du sentiment. Il est décrit selon sa fonction dans la famille ou la troupe, sans nom, et schématisé, incarnant un stéréotype. Le personnage est ainsi une figure figée, sans évolution psychologique, et sa fonction est essentielle dans la déconstruction de l’individualité (voir section 4).
Théâtre dans le théâtre : Processus où une pièce de théâtre intègre une mise en abyme, c’est-à-dire une représentation du théâtre au sein du théâtre lui-même. Il s’agit d’une déconstruction de l’action dramatique, rompant avec l’illusion traditionnelle, et permettant un commentaire sur la représentation. Ce procédé met en évidence la fabrication du spectacle et questionne la réalité de la fiction (voir section 7).
Méta-drame : Technique théâtrale où les personnages commentent leur propre action ou la pièce en cours, déstructurant ainsi l’intrigue principale. Il repose sur une déconstruction de l’action, avec rupture du 4ème mur, souvent accentuée par des commentaires ou des interventions directes des personnages ou du metteur en scène. Le méta-drame sert à critiquer la représentation et à exhiber le processus de création théâtral (voir section 9).
La jeunesse de Pirandello est marquée par une expérience traumatisante dans une morgue, qui influence ses œuvres, notamment la thématique de l’incommunicabilité et des versions multiples de la réalité. Son œuvre témoigne d’un regard désenchanté sur la société fin-de-siècle, marqué par le pessimisme philosophique, l’influence de Nietzsche et Schopenhauer, et une vision dégénérée de la société.
Les personnages de Pirandello dans ses œuvres de jeunesse sont décrits comme dépourvus de psychologie, enfermés dans une émotion unique, et représentés par des masques. Leur schématisation et leur stéréotypie renforcent leur rôle dans la déconstruction de l’individualité et de la réalité.
La résistance à la scène et le succès tardif de Pirandello s’expliquent par la nature innovante de son théâtre, qui rompt avec les codes naturalistes et réalistes. La première représentation de Six personnages en quête d’auteur en 1921 marque un tournant, révélant une nouvelle théâtralité qui privilégie la mise en abyme, le commentaire et la déconstruction de l’action.
La conception du personnage chez Pirandello s’éloigne des dimensions psychologiques ou sociales classiques. Les personnages sont définis par leur fonction, leur émotion figée, et leur masque, incarnant une schématisation qui sert la critique de la représentation et de la réalité.
Pirandello révolutionne le théâtre en proposant des personnages sans psychologie, enfermés dans des émotions stéréotypées, et en utilisant le théâtre dans le théâtre et le méta-drame pour déstructurer l’action et questionner la réalité de la représentation.
Conception du personnage (voir section 2, 3, 5, 6, 7, 8, 9, 10) : Approche qui délaisse la psychologie individuelle pour privilégier une représentation basée sur des fonctions, des émotions figées, des masques, et des stéréotypes. Les personnages sont décrits selon leur rôle dans la famille ou la troupe, sans nom, sans développement psychologique, et enfermés dans une émotion unique. La schématisation et la stéréotypie renforcent cette absence de profondeur psychologique.
Absence de psychologie : Caractère du personnage qui n’est pas doté d’une vie intérieure ou de motivations psychologiques, mais plutôt enfermé dans une émotion ou un sentiment immuable.
Enfermement dans une émotion : Situation où le personnage est figé dans une seule émotion, qui définit son rôle et sa représentation, sans possibilité d’évolution ou de complexité.
Masque : Élément qui symbolise l’emprisonnement du sentiment ou de l’émotion du personnage, permettant de déréaliser ou schématiser sa nature, tout en soulignant l’absence de psychologie.
Fonction dans la famille ou la troupe : Rôle précis que le personnage occupe, souvent stéréotypé, qui détermine sa présence et son comportement, sans autre dimension psychologique.
Schématisation : Représentation simplifiée du personnage, qui réduit sa complexité à une fonction ou une émotion unique, renforçant le caractère stéréotypé.
Stéréotypes : Personnages incarnant des rôles ou des traits prévisibles et figés, sans nuance ni développement individuel.
Absence de nom : Caractéristique qui dépersonnalise le personnage, le réduisant à sa fonction ou à son rôle, renforçant la schématisation et l’uniformité.
La conception du personnage dans la décadence fin de siècle privilégie la schématisation, le masque et l’enfermement émotionnel, délaissant la psychologie pour souligner l’uniformité et la stéréotypie, en rupture avec la représentation psychologique classique.
Théâtre dans le théâtre : Mise en abyme, processus de création, déconstruction de l’action, rupture avec naturalisme, commentaire sur la représentation. Ce concept désigne une mise en scène où la pièce intègre une autre pièce ou une réflexion sur la fabrication du théâtre, souvent pour questionner la réalité et l’illusion (voir section 7).
Méta-drame : Ensemble de commentaires, déconstruction, rupture du 4ème mur, satire et critique intégrés dans la pièce. Il s’agit d’un théâtre qui se réfère à lui-même, mettant en évidence ses processus et ses artifices, pour souligner la dimension artificielle et réflexive de la représentation (voir section 9).
Conception du personnage : Personnages sans psychologie, enfermés dans leurs émotions, représentés par des masques, stéréotypés, schématisés. Ces personnages n’incarnent pas une individualité psychologique mais une fonction ou un rôle figé, souvent liés à leur place dans la famille ou la troupe (voir section 10).
Théâtre dans le théâtre : Mise en abyme où une pièce de théâtre contient une ou plusieurs autres pièces, permettant de décrire le processus de création, de déstructurer l’action, et de commenter la représentation. Exemple : la troupe de Pirandello dans Six personnages en quête d’auteur qui répète une pièce, tout en étant interrompue par des personnages qui revendiquent leur drame non écrit. Ce procédé rompt avec le naturalisme et l’illusion théâtrale pour souligner la théâtralité et la fabrication du spectacle.
Processus de création : La mise en scène et l’écriture qui montrent comment une pièce est conçue, souvent à travers la mise en abyme ou la déconstruction de l’action, illustrant le travail de fabrication dramatique plutôt que la simple représentation d’une réalité.
Déconstruction de l’action : Technique consistant à interrompre ou remettre en question le déroulement linéaire de l’intrigue, en insistant sur les commentaires, les débats ou les réflexions sur la pièce elle-même, plutôt que sur le développement narratif classique.
Rupture avec naturalisme : Abandon des codes réalistes pour privilégier une théâtralité affichée, où la mise en scène, les commentaires et la réflexivité prennent le pas sur la simple illusion de réalité.
Commentaire sur la représentation : Les personnages ou acteurs s’adressent directement au public ou entre eux pour discuter de la pièce, de ses choix, ou de la nature du théâtre, ce qui renforce la dimension méta-théâtrale.
Méta-drame : Ensemble des commentaires, déconstruction, ruptures du 4ème mur, satire et critique intégrés dans la pièce, qui mettent en évidence la nature artificielle du théâtre et questionnent la réalité et l’illusion. Exemple : les personnages qui discutent de leur rôle ou de leur représentation, comme dans Six personnages en quête d’auteur.
Conception du personnage : Personnages sans psychologie profonde, définis uniquement par leur fonction ou leur stéréotype. Ils portent des masques symbolisant leur enfermement émotionnel ou leur rôle, et sont schématisés, sans nom, pour souligner leur nature stéréotypée et fonctionnelle dans la pièce.
La pièce Six personnages en quête d’auteur illustre le théâtre dans le théâtre avec une mise en abyme où une troupe répète une pièce, interrompue par des personnages revendiquant leur drame non écrit. La déconstruction de l’action est centrale, avec des commentaires constants sur la création, la mise en scène, et la réalité théâtrale.
La rupture avec le naturalisme et l’illusion est manifeste, Pirandello privilégiant une théâtralité affichée et réflexive, où la frontière entre fiction et réalité est constamment brouillée.
Le méta-drame, technique phare de Pirandello, consiste en des commentaires et des débats sur la pièce, les personnages, et la représentation, souvent avec rupture du 4ème mur, pour faire réfléchir le spectateur sur la nature même du théâtre.
La conception du personnage dans cette optique est dépourvue de psychologie, il est réduit à une fonction ou un stéréotype, souvent masqué, pour souligner l’aspect schématique et la dématérialisation du rôle.
La nouvelle forme de théâtralité inventée par Pirandello influence le théâtre moderne et inspire d’autres auteurs du XXème siècle, en insistant sur la réflexivité et la fabrication du spectacle.
Pirandello révolutionne le théâtre en introduisant le méta-drame et la mise en abyme, déstructurant l’action pour mettre en lumière la théâtralité et la construction artificielle de la représentation, tout en proposant une conception du personnage dépourvue de psychologie, purement fonctionnelle et stéréotypée.
Théâtre dans le théâtre : Mise en abyme où une pièce de théâtre contient une ou plusieurs autres pièces, permettant de représenter le processus de création, de déconstruction de l’action, et de commenter la représentation elle-même. Pirandello (1921) avec Six personnages en quête d’auteur en est un exemple emblématique.
Mise en abyme : Technique consistant à insérer une représentation dans une autre, ici un théâtre dans le théâtre, qui sert à déployer la réflexivité et la déconstruction de l’action dramatique.
Processus de création : La pièce met en scène la fabrication ou la construction de la pièce elle-même, illustrant la genèse du drame et ses processus.
Déconstruction de l’action : Rupture avec une narration linéaire et naturelle, où l’action principale est fragmentée, commentée, et remise en question par les personnages et le spectacle.
Rupture avec naturalisme : La pièce refuse l’illusion réaliste et naturaliste, privilégiant une théâtralité affichée, la mise en scène de la fiction comme telle, et la réflexion sur la représentation.
Commentaire sur la représentation : Les personnages et acteurs commentent, critiquent ou analysent le jeu, la mise en scène, ou la réalité de la pièce, renforçant la réflexivité.
Métra-drame : Forme de dramaturgie où les personnages et acteurs interviennent pour commenter, déstructurer ou remettre en question l’action, la mise en scène ou la fiction, souvent en rompant le 4ème mur. Pirandello pousse cette technique à l’extrême.
Rupture du 4ème mur : Moment où les personnages ou le chef de troupe s’adressent directement au public, brisant la frontière entre la scène et la salle, pour souligner la théâtralité et la réflexivité.
Satire et critique : Le théâtre dans le théâtre sert aussi à critiquer la société, la représentation, ou la nature même du théâtre, en exposant ses artifices et ses limites.
Conception du personnage : Les personnages sont sans psychologie, enfermés dans leur fonction ou leur émotion, représentés par des masques, stéréotypés, et schématisés, pour souligner leur rôle fonctionnel plutôt que leur individualité.
La pièce Six personnages en quête d’auteur illustre la mise en abyme par la présence d’une troupe de théâtre qui répète une pièce que des personnages, privés d’écriture, veulent faire représenter. La déconstruction de l’action se manifeste par l’interruption constante de la narration par des commentaires et débats sur la réalité, l’illusion, et la création dramatique.
La technique du théâtre dans le théâtre permet de fragiliser la frontière entre fiction et réalité, notamment lors de scènes où la réalité des personnages est mise en doute, comme lors du suicide de l’adolescent, ou par l’intervention du chef de troupe qui s’adresse au public.
La dramaturgie du méta-drame, caractéristique de Pirandello, consiste à faire intervenir des commentaires et des réflexions sur la pièce, ses personnages, ou la mise en scène, pour souligner la réflexivité et la théâtralité du spectacle.
La rupture du 4ème mur est une pratique courante dans cette forme de théâtre, renforçant la conscience du spectateur de l’artifice théâtral et de la construction de la fiction.
La conception du personnage dans ce contexte est délibérément schématique : sans psychologie, enfermés dans une émotion ou une fonction, représentés par des masques, et stéréotypés, pour insister sur leur rôle plutôt que leur individualité.
Le théâtre dans le théâtre, tel que conçu par Pirandello, révolutionne la dramaturgie en exhibant la fabrication de la fiction, en rompant avec l’illusion naturaliste, et en utilisant la réflexivité pour questionner la réalité, la représentation et la nature même du personnage.
Théâtre dans le théâtre : procédé consistant à insérer une pièce ou une mise en scène à l’intérieur d’une autre pièce, permettant de mettre en abyme la création théâtrale, de décrire le processus de création ou de déstructurer l’action dramatique. Il s’agit d’un moyen de commenter la représentation en montrant la fabrication du spectacle, souvent en rupture avec le naturalisme et la représentation réaliste.
Méta-drame : ensemble de commentaires, de déconstruction et de ruptures du 4ème mur dans une pièce, visant à faire réfléchir sur la nature du théâtre, la représentation, et à critiquer ou analyser le processus de création. Il pousse la mise en abyme à l’extrême en multipliant les niveaux de discours sur le théâtre lui-même.
Déconstruction de l’action : procédé consistant à interrompre, commenter ou remettre en question la progression linéaire de l’intrigue, en multipliant les réflexions sur la mise en scène, le jeu des acteurs, ou la nature même du drame. Elle privilégie l’exposition de la théâtralité et du processus de fabrication plutôt que la simple narration d’un récit.
Rupture avec naturalisme : abandon des codes réalistes et crédibles pour privilégier une mise en scène qui exhibe la fabrication du spectacle, souvent par des commentaires ou des interruptions, afin de souligner la dimension artificielle du théâtre.
Commentaire sur la représentation : réflexions ou interruptions qui portent sur la mise en scène, le jeu des acteurs, le décor, ou tout autre aspect de la représentation, afin de faire réfléchir le spectateur sur la nature même du théâtre et de la fiction.
La déconstruction de l’action, à travers le théâtre dans le théâtre et le méta-drame, consiste à interrompre et commenter la progression dramatique pour mettre en avant la dimension artificielle et réflexive du théâtre, en brisant la frontière entre illusion et réalité.
Théâtre dans le théâtre : mise en abyme où une pièce de théâtre contient une autre pièce ou représentation, permettant de décrire le processus de création et de déconstruction de l’action dramatique. Dans cette configuration, la pièce principale intègre des éléments qui montrent la fabrication même du spectacle, souvent par des personnages ou des scènes qui commentent ou interrompent l’action principale.
Méta-drame : ensemble de commentaires, de déconstruction et de ruptures du 4ème mur qui interviennent dans la pièce pour souligner sa nature artificielle, critiquer la représentation ou le processus de création. Il s’agit d’un théâtre qui se regarde lui-même, qui exhibe ses mécanismes et questionne la réalité de la représentation.
Rupture du 4ème mur : procédé où le personnage ou le metteur en scène s’adresse directement au public ou intervient dans la représentation, brisant ainsi la frontière entre la scène et la salle, pour renforcer la dimension méta-théâtrale.
Commentaires : interventions des personnages ou du metteur en scène qui analysent, critiquent ou expliquent la pièce, ses choix, ou la réalité qu’elle représente, contribuant à la déconstruction de l’action.
Déconstruction de l’action : processus consistant à fragmenter, interrompre ou remettre en question la progression linéaire de l’intrigue, en insérant des réflexions ou des interruptions qui mettent en évidence la nature artificielle du spectacle.
Satire, critique : utilisation du méta-drame pour dénoncer ou analyser la société, la condition humaine ou la pratique théâtrale, souvent avec un ton ironique ou acerbe.
Le méta-drame, selon Pirandello, consiste à multiplier les commentaires et interruptions qui remettent en cause la continuité de l’action dramatique, mettant en avant la théâtralité et la fabrication du spectacle.
La pièce Six personnages en quête d’auteur illustre cette conception par la présence de personnages qui commentent leur propre drame, interrompant la représentation pour débattre de leur existence et de leur rôle.
La déconstruction de l’action se manifeste par la saturation de commentaires sur le jeu, la mise en scène, le décor, ou la nature même du théâtre, qui prennent le pas sur l’intrigue principale.
La rupture du 4ème mur est souvent utilisée pour faire intervenir le chef de troupe ou les personnages dans l’espace du public, renforçant la dimension réflexive et critique de l’œuvre.
Le processus de déconstruction de l’action et la mise en avant de la théâtralité participent à une nouvelle conception du théâtre, où la représentation devient un espace d’analyse et de critique plutôt qu’un simple récit.
Le méta-drame, chez Pirandello, consiste à exhiber la fabrication du théâtre à travers des commentaires et ruptures qui déstabilisent l’action, faisant du spectacle une réflexion sur lui-même et sur la réalité qu’il représente.
La conception pirandellienne du personnage privilégie la fonction, le masque, et la stéréotypie, en rejetant la psychologie pour souligner la dimension artificielle et théâtrale de la représentation.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1867 | Naissance de Luigi Pirandello en Sicile |
| 1889 | Publication du recueil de poésie Mal Giocondo |
| 1921 | Création de Six personnages en quête d’auteur |
| 1934 | Luigi Pirandello reçoit le prix Nobel de littérature |
| Thème | Notions clés | Auteur / Concept | Particularités |
|---|---|---|---|
| Théâtre dans le théâtre | Mise en abyme, théâtre dans le théâtre, mise en scène visible | Pirandello | Déconstruction de l’illusion, critique de la représentation |
| Méta-drame | Commentaires, rupture du 4ème mur, déconstruction de l’action | Pirandello | Personnages qui commentent leur propre pièce, critique de la fiction |
| Conception du personnage | Masques, stéréotypes, absence de psychologie | Pirandello | Personnages schématisés, rôle social, figés, sans évolution psychologique |
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