Fiche de révision : Refondation du langage artistique après-guerre

Plan du Cours

  1. Refondation du langage artistique
  2. Art informel et matière brute
  3. Béton et reconstruction d'après-guerre
  4. Giuseppe Uncini et le béton armé
  5. Matière, geste et art Gutai
  6. Carl Andre et Arte Povera
  7. Béton critique et contre-monuments
  8. Espace domestique et Louise Bourgeois
  9. Cells et figures féminines
  10. Nanas et sculptures habitées
  11. Jardin des Tarots et recyclage

1. Refondation du langage artistique

Notions clés & Définitions

  • Refondation du langage artistique : Approche post-Deuxième Guerre mondiale qui renouvelle la forme en cherchant de nouveaux matériaux et de nouvelles manières de fabriquer l’œuvre.
  • Vérité de la matière : Principe selon lequel le sens de l’œuvre passe par la réalité physique du matériau et par ce qu’il révèle de sa transformation.
  • Vérité du processus de mise en œuvre : Idée que la fabrication compte autant que l’objet final, car les étapes visibles (changements d’état, traces) font partie de l’œuvre.
  • Art informel : Courant d’après-guerre qui privilégie la matérialité d’enduits, pâtes et reliefs plutôt qu’un sujet lisible, pour renouveler la forme.
  • Art politique : Vision où l’art prend position dans un contexte de libération et de traumatisme collectif, pour réaffirmer l’humanité plutôt que l’« art pour l’art ».

Points essentiels

  • Après la Seconde Guerre mondiale, la recherche de nouveaux matériaux et la réflexion sur la matière transforment le langage artistique.
  • La nature et l’utilisation des matériaux deviennent un sujet central, notamment à travers l’attention portée aux changements d’état du béton.
  • La valeur de l’œuvre se construit aussi par le processus de mise en œuvre, dont les traces et la logique deviennent signifiantes.
  • Avec l’art informel, le sujet passe au second plan au profit de l’expérimentation de la matière et de son potentiel (forme, chromatisme, reliefs).
  • Dans un climat de libération très politisé, l’art est mobilisé pour aider à réaffirmer l’humanité, en réaction aux nazis et aux dégâts de la guerre.
  • Les artistes rejettent les conventions et cherchent des concepts nouveaux, ce qui rapproche l’art de la prise de position politique.

Astuce mémo

Matière + geste = sens : après-guerre, on renverse le langage vers la vérité du matériau et de sa fabrication.

2. Art informel et matière brute

Notions clés & Définitions

  • Art autre : Courant associé à l’art informel qui valorise une esthétique non conventionnelle, en rupture avec les principes artistiques traditionnels.
  • Art brut : Démarche valorisant des productions hors normes et des matériaux inaccoutumés, pensée comme une opposition à l’art convenu.
  • Matériaux bruts : Déchets, saletés ou débris réemployés pour leur pouvoir d’évocation, car ils sont censés parler de la réalité sociale.

Points essentiels

  • Dubuffet et Fautrier pratiquent l’informe en construisant des images où la pâte et les enduits donnent une forte matérialité à la peinture-sculpture.
  • Après la Seconde Guerre mondiale, l’art informel est présenté comme une réponse à la déshumanisation et aux dégâts du conflit, en quête d’un retour à l’humanité.
  • Dubuffet étale sur le support une pâte issue de matériaux non conventionnels, puis intervient avec des outils pour modeler l’œuvre sans faire primer une forme idéalisée.
  • Le sujet devient secondaire : l’enjeu principal est l’expérimentation des potentialités de la matière, de ses états et de ses effets chromatiques.
  • Pour Dubuffet, ce qui est “négatif” (saleté, déchets) peut être transformé en contrôle artistique par la mise en forme en pâte sur le tableau.

3. Béton et reconstruction d'après-guerre

Notions clés & Définitions

  • Béton brut : Matériau de construction utilisé tel quel, après la guerre, dont les défauts deviennent une donnée esthétique plutôt qu’un problème à cacher.
  • Collines artificielles : Formations construites en relief qui naissent du recyclage d’un sol excavé, recouvert et stabilisé par du béton pour des usages multiples.
  • Chandigarh : Ville construite par Le Corbusier et Pierre Jeanneret, connue pour des collines artificielles issues de terre excavée recouverte de béton.
  • Terre excavée : Matière première issue du décaissement qui sert de base aux collines artificielles avant d’être recouverte de béton pour constituer la masse.

Points essentiels

  • Après la guerre, Le Corbusier revendique le béton brut avec ses imperfections comme matériau et comme langage.
  • À Chandigarh, des collines artificielles sont réalisées en prenant la terre excavée puis en la recouvrant de béton pour divers usages.
  • Les collines artificielles de Chandigarh inspirent Giuseppe Uncini, qui produira à son tour des collines artificielles dans les années 1970.
  • La fabrication d’Uncini revient à la matière première de départ en utilisant terre et béton étalés sur des supports en panneaux de bois ou en polystyrène.

Astuce mémo

Chandigarh = Terre excavée + Béton → Collines : la reconstruction fournit la “forme” en masse.

4. Giuseppe Uncini et le béton armé

Notions clés & Définitions

  • Béton armé : Le béton armé est un matériau de construction qui combine béton et armatures pour résister aux efforts mécaniques, notamment lors de la mise en œuvre sur chantier.
  • Chantier : Le chantier désigne le moment de construction où l’œuvre n’est pas encore stabilisée et où ses fonctions et sens peuvent devenir indéterminés.
  • Anti-form : L’anti-form est une approche où la forme finale n’est pas imposée de manière arbitraire, mais émerge des caractéristiques physiques et des conditions de la matière.
  • Béton coulé : Le béton coulé correspond à une mise en forme par coulage, qui laisse visibles des traces et des états liés au processus de fabrication.

Points essentiels

  • Les infrastructures rencontrées lors des voyages de l’artiste sont décrites comme en béton armé, puis intégrées à une documentation en galerie.
  • Le chantier est présenté comme un état de suspension où le sens visible d’une œuvre est moins clair et où l’on peut capter une signification « invisible ».
  • Le béton est traité comme une pierre liquide : des défauts et des possibilités de fuite à l’état liquide sont intégrés à la réflexion sur la mise en œuvre.
  • Une démarche anti-form est utilisée pour générer une forme par les conditions du lieu et la gravité plutôt que par un coffrage imposant une géométrie.
  • La mise en forme par coulage est associée à l’idée que la matière conserve des traces de ses processus industriels.

5. Matière, geste et art Gutai

Notions clés & Définitions

  • Processus non-résistant : Un processus artistique qui ne force pas une forme extérieure et laisse la matière réagir à ses conditions réelles.
  • Forme par gravité : Une production de forme obtenue quand la matière se déplace sous l’effet de la pesanteur et selon la configuration du lieu.
  • Déstruction programmée : Une démarche qui organise volontairement la destruction d’éléments liés à la production de ciment afin de produire des débris exposables.

Points essentiels

  • Dans l’expérimentation, Smithson jette de l’asphalte noir sur une pente pour créer un contraste de couleur avec la terre rouge.
  • Dans cette logique, la forme apparaît au moment où l’œuvre se refroidit, sans coffrage ni moule imposé à l’asphalte.
  • Smithson refait une expérience équivalente avec du béton : coulé le long d’une pente, il génère une forme spontanée guidée par les conditions du site.
  • Le projet de Smithson, dit De Architectured Project, relie des destructions à la production de ciment et transforme les débris en éléments destinés à être montrés dans un non-site.
  • Smithson critique les processus industriels en soulignant que la matière suit des transformations imposées (par exemple des réactions chimiques) avant d’exister comme forme.

6. Carl Andre et Arte Povera

7. Béton critique et contre-monuments

Notions clés & Définitions

  • Béton-opposition : Approche où le béton sert d’arme matérielle pour rendre visible la brutalité d’un système et provoquer une contestation en actes.
  • Barricade en béton : Dispositif de béton utilisé pour arrêter ou perturber la circulation, en transformant l’espace urbain en scène politique.
  • Contre-monument : Production monumentale qui détourne les codes du monument pour ridiculiser, critiquer ou recontextualiser la commémoration.
  • Béton comme ensevelissement : Usage du béton pour enterrer des objets de la consommation afin de bloquer leur logique de production, de pollution et de consommation.
  • Mur-symbolique : Construction en négatif ou en dérivé d’un mur réel, destinée à questionner la frontière et ses effets sociaux.

Points essentiels

  • Wolf Vostell utilise le béton pour incarner la brutalité et l’oppression du capitalisme, notamment via des barricades ou l’ensevelissement d’objets dénoncés.
  • Dans Ruhender Verkehr (1969), une voiture est prise dans un coffrage puis coulée en béton devant les passants pour bloquer la vie urbaine.
  • Dans Beton-Barrikade (1970-84), Vostell ensevelit une voiture sous béton pour bloquer circulation, production et consommation, avec un rôle surtout indirect des visiteurs.
  • Claes Oldenburg propose des contre-monuments en changeant l’échelle des objets et en prévoyant des versions en béton pour ridiculiser la logique des monuments.
  • Avec le mur de Berlin en négatif, Kaprow construit un appareillage symbolique avec pain et confiture, sans mortier, pour rendre la frontière politiquement contestable.

Astuce mémo

Béton = “clouer” le système : on bloque (barricade/traffic) ou on enterre (consommation) pour dénoncer.

8. Espace domestique et Louise Bourgeois

Notions clés & Définitions

  • Espace domestique : Espace domestique : lieu du quotidien domestique qui devient, chez Bourgeois, une scène où se jouent protection et domination.
  • Domesticité violée : Domesticité violée : idée que la maison, au lieu de protéger, enferme et soumet particulièrement les femmes à une violence intérieure.
  • Maison-piège : Maison-piège : figure de la maison qui offre un refuge visible mais fonctionne aussi comme un mécanisme d’enfermement.
  • Cheveux sortant des maisons : Cheveux sortant des maisons : motif où des cheveux émergent des structures domestiques pour signifier la présence et l’identité de l’artiste.
  • Cells (enclos) : Cells : installations en forme d’enclos où le spectateur est exclu physiquement mais invité à entrer visuellement, comme dans une pièce-cage.

Points essentiels

  • Louise Bourgeois travaille l’architecture pour parler de son condition : la domesticité peut étouffer les femmes tout en laissant apparaître une dignité tenue droite malgré la vie au foyer.
  • Dans les années 60-70, les “femmes-maisons” deviennent un symbole féministe : la maison exprime les sentiments et l’emprisonnement vécu.
  • Les Cells (fin des années 1980) utilisent des matériaux récupérés et construisent une narrativité où la femme est la protagoniste, entre abri et pièce-cage.
  • La Cell est circulaire : on tourne en rond, sans point de départ ni de fin, ce qui figure une douleur qui recommence à l’infini.
  • Dans Cells (Eyes and Mirrors, 1989-93), des yeux enfermés dans une structure en cage doivent être regardés par d’autres yeux, reliant douleur physique, émotionnelle et psychologique à l’enfermement domestique.

Astuce mémo

Maison-piège : refuge en façade, cage dans la forme, et douleur infinie quand on tourne en rond (Cell circulaire).

9. Cells et figures féminines

Notions clés & Définitions

  • Madelon Vriesendorp : Artiste néerlandaise qui explore la ville et ses architectures à travers des images à figures féminines et des récits visuels personnels.
  • Statue de la Liberté féministe : Figure féminine mise au centre des tableaux, présentée comme force maternelle et génératrice du réveil urbain.
  • Extase féminine : Représentation d’un devenir après un événement tragique, figuré par l’intensité et la puissance du corps féminin dans la scène.
  • Domesticité familiale : Symbolique du foyer et du lit comme lieux où la vie quotidienne soutient l’imaginaire et l’histoire racontée des images.

Points essentiels

  • En 1971, Vriesendorp participe au projet Dr Caligari Cabinet of Metropolitan Arcjitecture, lié au concours sur la ville avec Rem Koolhaas et Z. et E. Zenghelis.
  • Dans les années 1970, sa Statue de la Liberté devient une figure féministe, présentée comme moteur du réveil de New York et associée à une force maternelle génératrice.
  • Dans Dream of Liberty (1974), la scène juxtapose une métropole submergée et l’ère glaciaire avec un désert inspiré par l’Égypte, reliés par une mise en puissance sensualisée de la Statue.
  • Vriesendorp traite l’humain via l’architecture en mobilisant des “gestes féminins” et une dimension d’exaltation après des situations tragiques.
  • Dans Henry Ford Hospital (The Lost Desire) (1932), une femme est isolée quand elle perd son enfant, avec Detroit en arrière-plan.
  • Dans Self-Immolation (1974), l’artiste met en scène Manhattan et l’Égypte dans ses tableaux, en articulant l’histoire en images successives.

Astuce mémo

Statue de la Liberté = Mère qui réveille la ville : métropole et époques s’assemblent autour de son “gestes”.

10. Nanas et sculptures habitées

Notions clés & Définitions

  • Ville variable : En architecture, projet où seule l’ossature et le toit restent fixes tandis que les habitants transforment et occupent l’espace selon leurs besoins.
  • Système Hennebique : Système constructif basé sur une ossature en béton armé servant de support fixe à une construction modifiable par les usages des habitants.
  • Chantier permanent : Principe de construction en continu où une grande structure initiale reste transformable par ses occupants au fil du temps.
  • Fenêtres sociales : Idée où chaque fenêtre fonctionne comme le signe d’une présence habitante, et où l’ensemble des fenêtres compose une lecture collective du bâti.
  • Nantes en béton armé : Type de sculpture inspirant l’image d’une structure brute et habitable, pensée à partir de la matérialité et des phases de construction visibles.

Points essentiels

  • Dans « la ville variable » (1980), une grande maison en béton armé porte le toit commun, et chacun peut créer son logement tant que la structure et le toit demeurent fixes.
  • Le « chantier permanent » d’Elemental (Quinta Monroy) repose sur une grande maison transformée pour être ensuite adaptée et agrandie par les locataires.
  • Les fenêtres chez Iza Genzken sont interprétées comme des repères sociaux, où chaque fenêtre correspond à une personne et organise une vision collective du bâtiment.
  • Kiefer construit des structures en béton armé qui évoquent l’acte de bâtir de façon persistante, avec des trous entre étages qui questionnent le passage et l’élévation.
  • Dans les projets d’ossature exaltée, enlever les revêtements fait apparaître la structure comme image centrale, ce qui rapproche le bâtiment d’un état de chantier montré au public.

Astuce mémo

Structure fixe (béton armé) + toit fixe → habitants transforment tout le reste : la maison devient un chantier que l’on habite.

11. Jardin des Tarots et recyclage

Notions clés & Définitions

  • Fuck the Bauhaus : Série de bâtiments-sculptures réalisés avec des matériaux recyclés très colorés, utilisée pour critiquer l’école du Bauhaus en tant que projet arts-industrie.
  • Ground Zero : Œuvre de mémorial inspirée des attentats du 11 septembre 2001, construite avec des matériaux recyclés pour faire revivre la vitalité du lieu.
  • Liberty au jardin : Idée d’une figure emblématique (liée à la Statue de la Liberté) réinsérée dans des œuvres utilisant des matériaux recyclés pour donner une valeur sociale et poétique aux formes.

Points essentiels

  • En 2000, Genzken produit des bâtiments-sculptures en matériaux recyclés très colorés pour contester l’expressionnisme du Bauhaus et son projet de lien entre arts et industrie.
  • En 2008, Ground Zero renvoie aux attentats des tours jumelles du 11 septembre 2001 et propose une autre forme de mémorial que celle attribuée à Libeskind.
  • Ground Zero n’est pas seulement un monument : l’œuvre active la vitalité du site avec des figures polychromes joyeuses.
  • Les sculptures de Ground Zero emploient des matériaux recyclés et évoquent des bâtiments vitaux, notamment un hôpital.

Astuce mémo

Recyclage=couleurs qui contestent (Fuck the Bauhaus) puis recyclage=mémoire vivante (Ground Zero).

Repères chronologiques

DateÉvénement
1944Jean Fautrier, Tête d’otage (série d’Otages) ; réponse picturale à la terreur nazie
1945-52Le Corbusier, Unité d’habitation (Marseille, 1945-52) ; contexte du béton et de sa présentation à l’état brut
1967-1968Richard Serra, Verb List Compilation : Actions to Relate to Oneself (1967-1968)
1968Première exposition EarthWorks (Dwan Gallery de New York) dirigée par Robert Smithson ; puis développement du land art
1969Robert Smithson (non-sites/ruin in reverse) et diffusion de la logique de chantier/ruine ; Earthworks (cadre 1969)
1970-84Wolf Vostell, Beton-Barrikade (1970-84) : ensevelissement d’une voiture pour bloquer circulation/production/consommation
1980Giuseppe Uncini inspiré par les collines artificielles ; et Michelucci, La ville variable (1980)
1989-93Louise Bourgeois, Cells (Eyes and Mirrors, 1989-93)
2000Genzken, Fuck the Bauhaus (2000) : bâtiments-sculptures en matériaux recyclés colorés
2008Genzken, Ground Zero : mémorial lié aux attentats du 11 septembre 2001 (Ground Zero, 2008)

Tableaux de synthèse

Art informel et matériaux : ce que change le langage

CourantMatériaux / mise en formeConséquence sur la forme et le sujet
Art informelPâte/enduit appliqué, modelé à l’outil ; supports variésLe sujet passe au second plan : l’enjeu est l’expérimentation du potentiel de la matière et de son chromatisme
Art brutMatériaux bruts (déchets/saleté) réhabilités en pâte étalée sur tableauxCe qui est “négatif” devient contrôle ; les matériaux expriment la réalité mauvaise d’une civilisation
Art politique (lien avec le contexte)Matérialité et prise de position dans le climat de libération post-1945L’art doit proposer de nouveaux concepts : devenir un art politique, en réaction aux nazis et aux dégâts de la guerre

Anti-form / processus non-résistants : comment naît la forme

NotionMécanismeExemple du cours
Anti-formLa forme finale n’est pas imposée arbitrairement : elle “émerge” des conditions physiques/du lieuSmithson : béton ou asphalte coulé le long d’une pente ; forme générée par gravité/refroidissement sans coffrage
Processus non-résistantNe force pas une forme extérieure : laisse la matière réagir à ses conditionsDéconstruction de l’idée de moule/forme artificielle ; la forme apparaît pendant l’évolution du processus
Forme par gravitéLa matière se déplace sous la pesanteur selon la configuration du lieuExpériences à l’asphalte noir et au béton coulé sur pente (contraste terre rouge / matériaux artificiels)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre art informel et art brut : l’informel privilégie la pâte/enduit modelé, tandis que l’art brut réhabilite explicitement des matériaux bruts (déchets/saleté) pour “contrôler” le négatif.
  2. Croire que la “vérité de la matière” concerne seulement le matériau : dans le cours elle englobe aussi la “vérité du processus” et les traces visibles de la mise en œuvre.
  3. Penser que les collines artificielles de Chandigarh sont une “forme” abstraite : elles partent de la terre excavée puis sont recouvertes de béton, et deviennent un modèle de reconstruction.
  4. Inverser anti-form et coffrage : l’anti-form s’oppose à l’imposition de géométrie via coffrage/moule, même si certains projets utilisent des coulage ; le point est l’absence de détermination arbitraire.
  5. Réduire “non-site” à une simple maquette : c’est une installation documentaire qui dialogue avec des “sites” collectés/vus, et dont la visite dans le musée fait partie du sens.
  6. Croire que “moulage d’espace” et “moulage de parois” sont identiques : Whiteread vise surtout la mémoire contenue par l’espace, tandis que le moulage de maison décrit devient un coffrage/décoffrage de parois.
  7. Sur Nanas/Cells : croire que ce sont seulement des sculptures “joyeuses” ; le cours insiste sur l’enfermement (Cells circulaire, douleur infinie) et sur la violence cachée (chantiers/techniques proches de l’habitat).

Checklist Examen

  1. Définir la refondation du langage artistique et expliquer pourquoi la “vérité de la matière” et du processus de mise en œuvre devient centrale après la Seconde Guerre mondiale.
  2. Expliquer le rôle du contexte post-guerre (climat de libération très politisé) et relier l’idée d’art politique à la réaction aux nazis et aux dégâts de la guerre.
  3. Citer les caractéristiques de l’art informel (pâte/enduit, outils de modelage, sujet secondaire) et préciser ce qui fonde l’art brut (matériaux bruts réhabilités en pâte).
  4. Présenter le béton comme matériau de reconstruction (béton brut), et expliquer comment Louis Kahn et la mise en évidence des défauts/états du béton participent à l’esthétique.
  5. Décrire la logique “chantier/anti-form” chez Giuseppe Uncini : rôle du chantier, coulage et traces, et passage vers une logique de forme émergente (conditions, gravité, vide/plein).
  6. Expliquer comment Carl Andre et l’Arte Povera déplacent la valeur de l’œuvre : blocs préfabriqués, réduction de la sculpture à un objet réalisable par un maçon, et volonté de figuration reconnaissable.
  7. Décrire les Earthworks/land art : intervention dans le territoire naturel, critique des salles d’exposition, et articulation “sites”/“non-sites” chez Smithson.
  8. Expliquer l’anti-form chez Smithson par les processus non-résistants (asphalte ou béton coulé le long d’une pente, forme générée par refroidissement/gravité sans moule imposé).
  9. Identifier les “structures primaires” et la logique de mesure de l’espace chez Serra/Morris/LeWitt (gravité, cloisonner/délimiter, grille cube, perfection géométrique).
  10. Décrire le happening et le recyclage chez Kaprow/Vostell (public protagoniste/participation, glace qui se décompose, béton comme geste de contestation et ensevelissement).
  11. Présenter le féminisme en lien avec l’espace domestique : domesticité violée, maison-piège, Cells circulaires (1989-93) et la logique d’enfermement/douleur ; relier aussi les Nanas à la violence et à l’espoir contestataire.
  12. Expliquer le rôle des moulages d’espace (Judd/Nauman/Whiteread) et du “chantier permanent” (Huyghe et Elemental/Quinta Monroy) pour montrer comment l’œuvre révèle ou prolonge l’espace et le temps.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Refondation du langage artistique après-guerre avec 22 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans le travail de Giuseppe Uncini, que signifie l’idée de chantier ?

2. Quel est l’effet recherché par les bâtiments-sculptures colorés réalisés avec des matériaux recyclés dans la série « Fuck the Bauhaus » ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Refondation du langage artistique après-guerre avec 22 flashcards interactives.

Refondation du langage artistique — définition ?

Renouveau après-guerre, matériaux et fabrication nouveaux

Vérité de la matière — rôle ?

Transmettre le sens par la réalité physique du matériau

Vérité du processus — idée ?

La fabrication et ses traces font partie de l’œuvre

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches