Fiche de révision : Westphalie et sécurité collective

Plan du Cours

  1. Diplomatie et sécurité collective
  2. La guerre de Trente Ans
  3. Les traités de Westphalie
  4. L’héritage diplomatique de Westphalie
  5. De la SDN à l’ONU
  6. Installer une paix durable
  7. Les puissances au Moyen-Orient
  8. Radicalisation et conflits transnationaux
  9. Acteurs et tentatives de paix
  10. Les conséquences des guerres israélo-arabes
  11. La question palestinienne et la Naqba
  12. Organisations et lutte palestiniennes
  13. Négociations et paix au Proche-Orient
  14. Nouvelles conflictualités régionales

Repères chronologiques

  1. 14 mai 1948David Ben Gourion proclame unilatéralement la naissance de l’État d’Israël sans tenir compte du plan de partage de la Palestine proposé par l’ONU en 1947.
  2. 22 novembre 1974L’Assemblée générale des Nations unies accorde à l’OLP le statut d’observateur.
  3. 1978Les accords de Camp David, soutenus par la puissance des États-Unis, mettent fin aux guerres israélo-arabes.
  4. 1979La révolution iranienne, le début du conflit afghan et les attentats wahhabites contre les deux lieux de pèlerinage saoudiens marquent une rupture historique et géopolitique ainsi qu’un début de radicalisation idéologique, politique et religieuse.
  5. 1987Le Hamas, mouvement islamiste palestinien doté d’une branche politique et d’une branche armée, est créé.
  6. 1988L’OLP reconnaît le droit d’Israël à vivre en paix et en sécurité, renonce totalement au terrorisme et devient le partenaire palestinien des négociations.
  7. 1993La médiation américaine dans les accords d’Oslo favorise un rapprochement israélo-palestinien, mais l’application du traité échoue dans un contexte et face à des acteurs différents.
  8. 7/10/2023Les attentats du Hamas ouvrent une nouvelle phase de conflictualité politico-médiatique, marquée par plusieurs attaques simultanées et l’assassinat de civils israéliens, alors qu’Israël tentait un rapprochement avec des pays arabes.
  9. Début mars 2026L’opération Epic Fury menée par l’administration Trump et Israël contre l’Iran dans le détroit d’Ormuz complique davantage la stabilité régionale.

1. Diplomatie et sécurité collective

Notions clés & Définitions

  • Guerre juste : La notion de « guerre juste », formulée par Cicéron puis reprise par l’Église chrétienne à l’époque médiévale, sert à légitimer les conflits entre États.

★ À maîtriser

  • Les traités de Westphalie instaurent un système européen de sécurité collective fondé sur l’équilibre des puissances.

  • Au XXᵉ siècle, la sécurité collective est renforcée par la SDN, de 1919 à 1939, puis par l’ONU, créée en juin 1945.

Compléments

  • Pendant la guerre froide, la sécurité collective s’appuie sur des moyens diplomatiques et militaires pour encadrer les conflits intra-étatiques et interétatiques.

2. La guerre de Trente Ans

★ À maîtriser

  • La guerre combine quatre facteurs dans le Saint-Empire romain germanique :

    • un conflit constitutionnel sur son fonctionnement
    • un conflit politique
    • un conflit pour la subordination religieuse
    • un conflit territorial
  • La guerre de Trente Ans (1618-1648) passe d’un conflit régional à une déflagration européenne et mêle des conflits locaux, nationaux et internationaux.

Compléments

  • La guerre de Trente Ans ravage le Saint-Empire romain germanique et oppose notamment des belligérants engagés dans une lutte religieuse et pour l’hégémonie en Europe.

3. Les traités de Westphalie

★ À maîtriser

  • En 1643, les princes et représentants de l’Empire réunis à Francfort obtiennent de l’empereur la tenue d’un congrès, qui se déroule à Münster et Osnabrück, transformées en zones neutres.

  • Les négociations de Münster et Osnabrück réunissent quasiment tous les belligérants et aboutissent en 1648 à trois grands traités prenant en compte les différentes dimensions du conflit.

  • Les traités de Westphalie marquent le recul des Habsbourg d’Autriche et d’Espagne en Europe au XVIIᵉ siècle, tandis que le Saint-Empire demeure politiquement morcelé et amputé de territoires importants.

📌 Les Habsbourg admettent l’existence légale du protestantisme et chaque prince peut imposer sa religion à ses sujets selon le principe « cujus regio, ejus religio », c’est-à-dire « telle la religion du prince, telle celle du pays ».

Compléments

  • Après l’édit de Nantes en France en 1598, le Saint-Empire connaît lui aussi une forme de tolérance religieuse d’État.

4. L’héritage diplomatique de Westphalie

★ À maîtriser

  • Les négociations de Westphalie contribuent au développement de l’administration et des représentations diplomatiques, ainsi qu’à l’invention de procédures diplomatiques inédites.

  • Les traités de Westphalie instituent des États libres et égaux en prérogatives, aux frontières reconnues, et fondent le droit international sur la cohabitation d’États de droit pendant trois siècles.

Compléments

  • Toute conclusion officielle d’un traité passe par des messagers plénipotentiaires qui transmettent les décisions entre les négociateurs et les souverains.

  • En Westphalie, 40 % des diplomates présents ont déjà une expérience diplomatique et 40 % ont reçu une formation universitaire.

5. De la SDN à l’ONU

★ À maîtriser

  • Le sénateur Woodrow Wilson est le principal promoteur de la SDN ; son quatorzième point, en janvier 1918, préconise une association des nations.

  • Les objectifs de la SDN comprennent : le désarmement, la prévention des guerres par la sécurité collective, la résolution des conflits par la négociation, l’amélioration globale de la qualité de vie

  • Plus puissante que la SDN, l’ONU vise à maintenir la paix par des mesures efficaces contre toute agression, à défendre l’égalité des droits des pays et à promouvoir la coopération internationale.

  • Sous les deux mandats de Kofi Annan comme secrétaire général, l’ONU répond à la crise de ses missions d’observation et d’interposition par des modes de résolution plus consensuels, notamment la médiation et la consolidation de la paix par des moyens non exclusivement militaires.

  • Les missions de médiation de l’ONU, surtout consacrées aux guerres civiles, prennent de l’ampleur en amont des conflits.

  • L’ONU diversifie ses médiateurs : des États neutres comme la Suisse et la Suède, des ONG, des personnalités publiques comme Jimmy Carter, des organisations régionales, des États émergents, des puissances régionales comme le Brésil et la Turquie

📌 Les limites entre les opérations de maintien de la paix (OPM ou peacekeeping), menées par des Casques bleus neutres et impartiaux, et les opérations de consolidation de la paix (peacebuilding) sont brouillées.

  • Lors de son second mandat, Kofi Annan privilégie une approche visant à porter assistance aux populations sans renforcer les capacités politiques autochtones, au niveau gouvernemental comme non gouvernemental de la société.

  • L’ONU renforce la concertation mondiale contre le terrorisme en créant des listes d’organisations terroristes et de personnes impliquées dans des actes terroristes, et en obligeant les États membres à contrôler les réseaux terroristes et à appliquer une législation antiterroriste.

Compléments

  • La Société des Nations (SDN), instituée à la suite du traité de Versailles en 1919 et dissoute en 1946, est élaborée lors de la conférence de paix de Paris de 1919 autour du Pacte, ou Covenant.

  • Le Sénat américain refuse de ratifier le traité de Versailles et vote contre l’adhésion à la SDN, à laquelle les États-Unis ne participent donc pas.

  • Dès 1947, la rivalité entre les États-Unis et l’URSS et le recours au veto au Conseil de sécurité entravent l’action de l’ONU, qui œuvre néanmoins à la paix pendant la guerre froide et voit ses possibilités d’action s’élargir après celle-ci.

  • Le respect de la souveraineté étatique limite l’action des forces d’interposition de l’ONU dans les guerres civiles, comme l’illustrent les réponses jugées insuffisantes face aux nettoyages ethniques au Rwanda puis à Srebrenica en ex-Yougoslavie en juillet 1995.

  • L’ONU s’ouvre à des partenaires :

    • régionaux comme l’OTAN
    • régionaux comme l’UE
    • régionaux comme l’Union africaine
    • mondiaux comme les ONG
    • mondiaux comme la Banque mondiale
    • mondiaux comme des acteurs privés
  • Les missions de consolidation de la paix reposent sur un principe d’autorité exercé par le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, parfois contre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire en place, et face à des pertes de cohésion ethnique et religieuse.

  • La paix imposée de l’extérieur peut provoquer des frustrations et des résistances locales croissantes.

Astuce mémo

La SDN échoue à prévenir les guerres ; l’ONU, plus puissante, vise une action efficace contre les agressions.

6. Installer une paix durable

★ À maîtriser

  • En 2005, les États membres de l’ONU reconnaissent le concept de « responsabilité de protéger ».

  • Le maintien et la restauration de la paix restent dépendants de la bonne volonté des cinq puissances nucléaires membres permanents du Conseil de sécurité, qui peuvent freiner ou bloquer une action collective, mais aussi la mettre en œuvre.

  • Les ambitions de la doctrine de paix durable sont souvent limitées par l’insuffisance des budgets et des moyens humains, les réticences des populations concernées et la persistance d’un état de guerre latent aux causes multiples.

Compléments

  • Le prix Nobel de la paix récompense Kofi Annan et l’ONU pour leur travail en faveur d’un monde meilleur et de la paix.

  • Depuis 2008, la doctrine onusienne de paix durable codifie les progrès nécessaires pour atteindre cet objectif.

  • La mission de l’ONU en Inde-Pakistan est en place depuis près de 70 ans et celle au Liban depuis 1978.

  • Depuis 1946, le Conseil de sécurité a adopté plus de 400 résolutions.

  • Jusqu’en 2019, l’ONU a permis l’envoi de 85 opérations de paix, dont 14 étaient toujours en cours.

  • Les institutions économiques comme le PNUD, sociales comme l’UNICEF et humanitaires comme l’OMS sont des instruments complémentaires de l’ONU pour restaurer la paix ou favoriser son maintien.

  • L’ONU dispose d’un budget très faible et rencontre des difficultés pour mener ses missions de sécurité.

  • Kofi Annan ne parvient pas à convaincre les États d’accepter une réforme en profondeur de l’ONU.

Astuce mémo

Des moyens insuffisants et les réticences locales freinent la paix durable.

7. Les puissances au Moyen-Orient

★ À maîtriser

  • La lutte d’influences au Moyen-Orient oppose des puissances régionales, notamment l’Iran, l’Arabie saoudite, Israël et la Turquie, ainsi que des puissances mondiales.

  • Les États-Unis sont un acteur incontournable au Moyen-Orient et entretiennent notamment une alliance avec l’Arabie saoudite.

Compléments

  • La Russie revient sur l’échiquier géopolitique moyen-oriental à l’occasion du conflit syrien, qui s’étend de 2011 à 2025.

  • La contestation palestinienne, d’abord laïque et politique avec l’OLP, se radicalise depuis le 7 octobre 2023.

8. Radicalisation et conflits transnationaux

★ À maîtriser

  • À l’échelle régionale, les conflits prennent une dimension transnationale et sont financés et aidés par des puissances régionales, principalement l’Iran chiite et l’Arabie saoudite wahhabite.

  • Le soutien de l’Iran chiite et de l’Arabie saoudite wahhabite ravive les rivalités religieuses anciennes entre sunnisme et chiisme.

Compléments

  • L’Iran et l’Arabie saoudite sont impliqués dans les deux guerres du Golfe et agissent à la fois comme médiateurs et comme facteurs de déstabilisation.

Astuce mémo

Le financement régional ravive les rivalités religieuses.

9. Acteurs et tentatives de paix

★ À maîtriser

  • L’OLP est une organisation palestinienne politique et paramilitaire créée le 28 mai 1964 à Jérusalem, composée de plusieurs organisations palestiniennes, dont le Fatah, le FPLP et le FDLP.

  • La gestion de la crise déclenchée par les attaques du 7 octobre 2023 marque l’enlisement du conflit et l’impossibilité de trouver un accord.

Compléments

  • Yasser Arafat dirige le Fatah puis l’OLP et devient un partenaire de discussion pour Israël dans le processus de paix israélo-palestinien des années 1990.

  • La montée en puissance du Hamas et celle des faucons nationalistes israéliens, opposés aux accords, contribuent à la radicalisation des deux camps.

  • L’engagement des populations palestiniennes dans le conflit se manifeste notamment par l’intifada, appelée « guerre des pierres ».

Astuce mémo

OLP laïque et politique, Hamas islamiste et armé.

10. Les conséquences des guerres israélo-arabes

★ À maîtriser

  • La proclamation d’Israël entraîne cinq guerres israélo-arabes de 1948 à 1973, déclenchées notamment par le nationalisme, le panarabisme et le nationalisme palestinien.

  • Israël, doté d’une armée moderne et soutenu par les États-Unis, s’impose à ses voisins arabes, notamment l’Égypte, la Jordanie, la Syrie et le Liban, qui se sont rangés dans le camp soviétique.

  • Israël occupe :

    • la Palestine
    • le plateau syrien du Golan
    • la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est
    • la bande de Gaza
    • le désert égyptien du Sinaï

Compléments

  • Parmi les conflits figurent :
    • la crise de Suez de 1956
    • la guerre des Six Jours de 1967
    • la guerre du Kippour de 1973
    • l’invasion du Liban par Israël en 1982

11. La question palestinienne et la Naqba

★ À maîtriser

  • La création d’Israël contraint 700 000 Palestiniens à fuir vers Gaza, la Cisjordanie et le Liban ; cet exode, vécu comme la Naqba, les conduit à vivre dans des camps de réfugiés.

Compléments

  • La question palestinienne se complique avec les conquêtes israéliennes de la Cisjordanie et de Gaza ainsi qu’avec la forte croissance démographique des réfugiés.

  • Selon la charte de l’OLP de 1968, les Palestiniens sont les populations arabes vivant en Palestine avant la création d’Israël, ainsi que les personnes ayant quitté la Palestine après la guerre et leurs descendants.

  • La charte de l’OLP reconnaît comme palestiniens les Juifs vivant en Palestine avant le début de l’« invasion sioniste » et indique qu’ils pourront devenir citoyens palestiniens, sans préciser le sort des autres Juifs.

12. Organisations et lutte palestiniennes

★ À maîtriser

  • À partir de 1987, l’intifada, ou « guerre des pierres », oppose des soldats israéliens armés de fusils à de jeunes Palestiniens en tenue civile qui utilisent des projectiles improvisés.

  • L’intifada vise moins une victoire militaire qu’à mobiliser les États et les opinions publiques mondiales par des images chocs et à dégrader la réputation d’Israël en dénonçant une force disproportionnée contre de jeunes insurgés.

Compléments

  • Le Fatah, fondé au Koweït en 1959 par Yasser Arafat, Khaled Yashruti, Salah Khalaf et Khalil al-Wazir, est l’acronyme inversé de « harakat at-tahrir al-wataniyy al-filastiniyy », qui signifie « Mouvement de libération national de Palestine ».

  • Fondée en 1964, l’OLP mène une lutte contre l’« entité sioniste » afin de fonder un État palestinien.

  • Pour protéger les colons juifs, Tsahal mène une répression contre la jeunesse palestinienne, ce qui contribue à dégrader l’image d’Israël dans le monde.

13. Négociations et paix au Proche-Orient

★ À maîtriser

  • De 1948 aux années 1990, l’ONU conduit des négociations multilatérales qui débouchent sur des paix négatives.

  • À partir de 1973, les négociations bilatérales sous l’égide américaine prennent le relais du cadre multilatéral et se révèlent plus efficaces, sans produire une paix positive et durable.

Compléments

  • La résolution 242 du Conseil de sécurité de 1967 sert de base à un éventuel règlement du conflit israélo-arabe.

  • Les principaux obstacles au règlement sont : l’irrésolution de l’ONU, le faible succès de la sécurité collective, l’affaiblissement puis la disparition de l’URSS, le sentiment israélien d’hostilité mondiale

  • Les principaux accords bilatéraux sont : les accords de désengagement militaire de 1973-1974, les accords de Camp David entre l’Égypte et Israël en 1978, l’accord de paix entre le Liban et Israël en 1983, les accords d’Oslo entre l’OLP et Israël en 1993

  • Les extrémistes mentionnés sont :

    • les ultranationalistes israéliens
    • le Fatah
    • le Hezbollah libanais
    • le Hamas palestinien

Astuce mémo

Négociations multilatérales sous l’ONU, puis bilatérales sous l’égide américaine

14. Nouvelles conflictualités régionales

Points essentiels

  • Les pays concernés par ce rapprochement sont :

    • Bahreïn
    • les Émirats arabes unis
    • le Maroc
    • le Soudan
    • l’Arabie saoudite
  • La crise économique de 1973, marquée par l’envolée des prix du pétrole et l’embargo des pays arabes exportateurs de pétrole de l’OPAEP dans le contexte de la guerre du Kippour, illustre les conséquences mondiales possibles de certains conflits régionaux.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Westphalie et sécurité collective avec 41 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Après un conflit entre États européens, des négociateurs cherchent à prévenir une nouvelle domination en organisant les relations autour d’un équilibre des puissances. Quel modèle de sécurité collective correspond à cette démarche ?

2. Quelle succession d’organisations renforce la sécurité collective au XXᵉ siècle, avec leurs périodes respectives ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Westphalie et sécurité collective avec 91 flashcards interactives.

Quel système les traités de Westphalie instaurent-ils en Europe ?

Un système de sécurité collective fondé sur l’équilibre des puissances.

Quelles organisations renforcent la sécurité collective au XXᵉ siècle ?

La SDN, puis l’ONU.

Quand l’ONU a-t-elle été créée ?

En juin 1945.

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