Fiche de révision : Caractéristiques morphologiques et biologiques des tumeurs

Plan du Cours

  1. Cellule cancéreuse
  2. Propriétés morphologiques
  3. Modifications membranaires
  4. Signaux intercellulaires
  5. Marqueurs tumoraux
  6. Clonalité tumorale
  7. Différenciation tissulaire
  8. Histo-pronostic

1. Cellule cancéreuse

Notions clés & Définitions

  • Altérations viables du génome : modifications génétiques qui persistent dans la cellule sans entraîner sa mort, entraînant une perte de régulation homéostatique, comme la mutation ou la délétion de gènes régulateurs (source : contenu source).
  • Autonomie relative des cellules cancéreuses : capacité des cellules tumorales à se développer indépendamment des signaux hormonaux ou de régulation externe, ce qui leur permet une prolifération incontrôlée (source : contenu source).
  • Capacité de reproduction indéfinie : propriété des cellules cancéreuses de se diviser de façon continue, souvent grâce à l'activation de télomérases, leur permettant une croissance illimitée (source : contenu source).
  • Perte d'adhésivité et inhibition de contact : caractéristique des cellules cancéreuses en culture, qui perdent leur capacité à adhérer entre elles ou à leur matrice, favorisant la dissémination tumorale (source : contenu source).
  • Agressivité vis-à-vis des cellules normales : aptitude des cellules cancéreuses à détruire ou à supplanter les cellules normales environnantes, contribuant à l'envahissement tumoral (source : contenu source).
  • Caractères fonctionnels spécifiques : traits fonctionnels particuliers, tels que la production de mélanine par certains mélanomes ou de mucus par certains adénocarcinomes, permettant d’identifier ou de caractériser la cellule tumorale (source : contenu source).

Points essentiels

  • La cellule cancéreuse se distingue par des altérations viables du génome qui altèrent la régulation homéostatique, tout en conservant certaines caractéristiques morphologiques ou fonctionnelles (source : contenu source).
  • La perte de régulation homéostatique confère à la cellule une autonomie relative vis-à-vis des signaux hormonaux, ce qui favorise une prolifération autonome et anarchique (source : contenu source).
  • La capacité de reproduction indéfinie est souvent assurée par l’activation de la télomérase, permettant aux cellules cancéreuses de se diviser indéfiniment, contrairement aux cellules normales dont la division est limitée par le raccourcissement des télomères (source : contenu source).
  • La perte d’adhésivité et l’inhibition de contact en culture favorisent la dissémination tumorale, facilitant la formation de métastases (source : contenu source).
  • L’agressivité des cellules cancéreuses vis-à-vis des cellules normales contribue à l’envahissement local et à la progression tumorale (source : contenu source).
  • Certains caractères fonctionnels spécifiques, comme la production de mucus ou de mélanine, permettent de différencier certains types de tumeurs et d’établir leur origine tissulaire (source : contenu source).

À retenir

Les cellules cancéreuses se caractérisent par des altérations génétiques qui leur confèrent une autonomie de croissance, une capacité de reproduction illimitée, et une agressivité accrue, tout en conservant parfois des traits fonctionnels spécifiques.

2. Propriétés morphologiques

Notions clés & Définitions

  • Anisocytose : Variation anormale de la taille des cellules, indicateur de malignité (voir critères cytologiques de malignité).
  • Anisocaryose : Variabilité anormale de la taille et de la forme du noyau cellulaire, souvent observée dans les cellules malignes (voir critères cytologiques de malignité).
  • Hyperchromasie : Accumulation excessive de chromatine dans le noyau, rendant celui-ci plus foncé à la coloration, caractéristique des cellules cancéreuses (voir critères cytologiques de malignité).
  • Augmentation du rapport nucléo-cytoplasmique : Rapport accru entre la taille du noyau et le cytoplasme, signe de malignité, témoignant d'une prolifération nucléaire excessive (voir critères cytologiques de malignité).
  • Nucléoles volumineux : Présence de nucléoles anormalement grands et visibles dans le noyau, associés à une activité accrue de synthèse nucléaire dans les cellules malignes (voir critères cytologiques de malignité).
  • Augmentation de l’index mitotique : Fréquence accrue de mitoses dans la population cellulaire, reflet d'une prolifération rapide et anormale (voir critères cytologiques de malignité).

Points essentiels

  • Les critères cytologiques de malignité, tels que l'anisocytose, l'anisocaryose, l'hyperchromasie, l'augmentation du rapport nucléo-cytoplasmique, la présence de nucléoles volumineux, l'augmentation de l’index mitotique, et les anomalies mitotiques, sont utilisés pour identifier la nature maligne d'une cellule (voir critères cytologiques de malignité).
  • Ces critères ne sont ni nécessaires ni spécifiques pour diagnostiquer une tumeur maligne, car leur présence peut varier selon le type tumoral et le contexte clinique. La confirmation repose aussi sur l'identification du type tumoral, des signes histopathologiques d’envahissement, et la survenue de métastases (voir limite des critères cytologiques).
  • La mitose tétrapolaire dans un carcinome épidermoïde illustre une anomalie spécifique du processus mitotique, témoignant d'une division cellulaire anormale (voir exemples cytologiques).

À retenir

Les critères cytologiques de malignité, bien que fondamentaux pour le diagnostic, doivent être interprétés dans leur contexte, car ils ne suffisent pas à eux seuls à confirmer la malignité d'une tumeur. Leur utilisation combinée avec d’autres paramètres histopathologiques permet une évaluation précise du caractère tumoral.

3. Modifications membranaires

Notions clés & Définitions

  • Modifications des glycolipides et glycoprotéines membranaires : Altérations dans la composition des molécules de surface de la membrane cellulaire, notamment une modification de leurs constituants, qui peut influencer la reconnaissance et les interactions cellulaires (voir section 3).
  • Perte des caractères normaux de la membrane : Disparition ou diminution des marqueurs spécifiques présents sur les cellules normales, entraînant une altération des interactions et de la régulation de la croissance (voir section 3).
  • Acquisition d’antigènes de surface absents des cellules normales : Expression de nouveaux antigènes à la surface des cellules cancéreuses, absents chez les cellules saines, détectables par immunohistochimie, permettant leur identification (voir section 3).
  • Perturbation des interactions cellulaires normales : Désorganisation des mécanismes de communication et d’adhésion entre cellules, favorisant la croissance anarchique et l’invasion tumorale (voir section 3).
  • Utilisation de l’immunohistochimie pour détecter ces modifications : Technique permettant de visualiser et d’identifier les antigènes de surface ou autres molécules modifiées à l’aide d’anticorps spécifiques, essentielle pour le diagnostic et la caractérisation tumorale (voir section 3).

Points essentiels

  • Les cellules cancéreuses présentent des modifications des constituants glycolipidiques et glycoprotéiques de leur membrane, ce qui perturbe leurs interactions normales et leur régulation de croissance (voir section 3).
  • La perte de caractères normaux de la membrane inclut la diminution ou la disparition de marqueurs spécifiques, facilitant la différenciation tumorale et le diagnostic différentiel (voir section 3).
  • L’acquisition d’antigènes de surface absents chez les cellules normales permet d’identifier et de suivre l’évolution tumorale, notamment via immunohistochimie (voir section 3).
  • La perturbation des interactions cellulaires normales favorise la dissociation des cellules, leur invasion et la formation de métastases (voir section 3).
  • La technique d’immunohistochimie est un outil clé pour détecter ces modifications membranaires, en permettant la localisation précise des antigènes modifiés ou nouveaux (voir section 3).

À retenir

Les modifications des glycolipides, glycoprotéines et antigènes de surface à la membrane cellulaire jouent un rôle crucial dans la perte de contrôle de la croissance, la dissociation cellulaire et la capacité invasive des cellules cancéreuses, détectables par immunohistochimie.

4. Signaux intercellulaires

Notions clés & Définitions

  • Perte de la capacité des régulations intercellulaires : anomalie où les cellules cancéreuses ne peuvent plus s’autocontrôler via les signaux normaux, ce qui entraîne une prolifération incontrôlée (voir section 3).
  • Défaut de production ou de transmission des signaux intercellulaires : incapacité des cellules à produire ou transmettre les signaux nécessaires à la régulation de leur croissance, contribuant à la perte de contrôle homéostatique (voir section 3).
  • Acquisition de facteurs de croissance propres aux cellules cancéreuses : phénomène où les cellules cancéreuses produisent leurs propres facteurs de croissance, stimulant leur activité mitotique indépendamment des signaux normaux (voir section 3).
  • Stimulation de l’activité mitotique par ces facteurs : augmentation de la division cellulaire due à la présence de facteurs de croissance autocrines ou paracrines, favorisant la croissance tumorale (voir section 3).
  • Anomalies du système d’autocontrôle intercellulaire : dysfonctionnement du système régulant la communication entre cellules, empêchant la régulation normale de la croissance et de la différenciation (voir section 3).

Points essentiels

  • La régulation intercellulaire est essentielle pour maintenir l’homéostasie tissulaire. La perte de cette régulation résulte souvent d’un défaut de production ou de transmission des signaux, ce qui permet aux cellules cancéreuses de proliférer de manière autonome.
  • Les cellules cancéreuses peuvent acquérir des facteurs de croissance spécifiques, qu’elles captent via des récepteurs, pour stimuler leur mitose sans dépendre des signaux externes normaux.
  • La perturbation du système d’autocontrôle intercellulaire entraîne une prolifération anarchique, contribuant à la croissance tumorale et à la progression du cancer.
  • Ces anomalies favorisent la croissance locale et la capacité d’envahissement, en rompant la communication normale entre cellules.

À retenir

La perte de régulation intercellulaire, par défaut de signal ou acquisition de facteurs de croissance, permet aux cellules cancéreuses de proliférer de façon autonome, rompant ainsi l’équilibre homéostatique normal.

5. Marqueurs tumoraux

Notions clés & Définitions

  • Marqueurs tumoraux : substances synthétisées par les cellules cancéreuses, détectables dans le sang ou l’urine, permettant de signer la présence d’un cancer de façon plus ou moins spécifique. (source)
  • Substances anormales : éléments dont la concentration ou la présence est inhabituelle dans le contexte tumoral, facilitant le diagnostic ou la surveillance.
  • Antigènes onco-fœtaux : antigènes exprimés durant le développement fœtal, réapparus dans certains cancers, comme l’ACE ou l’AFP. (source)
  • Antigènes placentaires : hormones ou protéines sécrétées par le placenta, réapparues dans certains cancers trophoblastiques, comme la hormone gonadotrope chorionique (HCG) ou la HPL. (source)
  • Hormones protéiques et polypeptidiques : hormones produites en excès par certaines tumeurs, telles que l’ACTH ou la calcitonine, ou en réponse à un cancer, notamment dans les syndromes paranéoplasiques. (source)

Points essentiels

  • Les marqueurs tumoraux sont synthétisés par les cellules cancéreuses elles-mêmes, ce qui permet leur utilisation en diagnostic biologique et en surveillance thérapeutique. La détection se fait par immunohistochimie sur coupes en paraffine ou par dosage sérique.
  • Parmi ces marqueurs, on distingue :
    • Les antigènes onco-fœtaux (ex : ACE, AFP), présents dans les tissus fœtaux et réapparus dans certains cancers comme le pancréas, l’estomac, ou les hépatocarcinomes.
    • Les antigènes placentaires (ex : HCG, HPL), utilisés notamment pour la surveillance du choriocarcinome.
    • Les hormones protéiques et polypeptidiques (ex : ACTH, calcitonine), dont la production peut résulter d’un cancer ou d’un syndrome paranéoplasique.
    • Les produits de sécrétion (ex : phosphatase acide prostatique, protéines du lait, immunoglobulines), produits en grande quantité par certains types de tumeurs dérivées de ces cellules.
  • Leur intérêt réside dans le dépistage du risque de transformation néoplasique, le diagnostic précis, ainsi que la surveillance de l’évolution sous traitement.

À retenir

Les marqueurs tumoraux, substances synthétisées par les cellules cancéreuses, sont essentiels pour le diagnostic, la surveillance et la pronostic des cancers, en permettant une détection spécifique ou indicative de la présence tumorale.

6. Clonalité tumorale

Notions clés & Définitions

  • Notion de clonalité : Concept selon lequel une tumeur dérive d’une seule cellule initiale, donnant naissance à un clone cellulaire unique. AUTEUR (date) : définit cette origine monoclonale comme caractéristique fondamentale des tumeurs malignes.
  • Origine monoclonale : Situation où toutes les cellules tumorales proviennent d’une seule cellule initiale, partageant des caractéristiques génétiques communes. AUTEUR (date) : souligne l’importance de cette origine dans la compréhension de la progression tumorale.
  • Tumeur polyclonale : Tumeur développée à partir de plusieurs cellules différentes, impliquant plusieurs clones. AUTEUR (date) : mentionne cette diversité comme exception aux tumeurs monoclonales.
  • Tumeur oligoclonale : Tumeur issue de quelques cellules différentes, représentant un nombre limité de clones. AUTEUR (date) : distingue cette situation de la monoclonalité pour mieux comprendre la diversité tumorale.
  • Méthodes de démonstration : Techniques telles que l’immunohistochimie, la cytogénétique ou la biologie moléculaire permettant de confirmer la monoclonalité. AUTEUR (date) : indique leur rôle dans la validation du caractère monoclonal d’une tumeur.

Points essentiels

  • La majorité des tumeurs malignes sont monoclonales, ce qui signifie qu’elles proviennent d’une seule cellule initiale, ce qui explique leur comportement agressif et leur potentiel de progression.
  • La démonstration de la monoclonalité repose sur des techniques modernes comme l’immunohistochimie, la cytogénétique ou la biologie moléculaire, qui permettent d’identifier des marqueurs génétiques ou phénotypiques communs à toutes les cellules tumorales.
  • La distinction entre tumeur polyclonale, oligoclonale et monoclonale est essentielle pour comprendre l’origine de la tumeur, son évolution et ses caractéristiques biologiques.
  • La monoclonalité est un critère de malignité, car elle reflète une origine clonale unique, souvent associée à une mutation initiale déterminante dans la genèse tumorale.
  • La notion de clonalité est également utilisée pour le suivi évolutif des tumeurs, notamment pour détecter des clones résistants ou pour analyser la progression tumorale au fil du temps.

À retenir

La majorité des tumeurs malignes sont monoclonales, ce qui témoigne d’une origine unique et permet d’utiliser des techniques moléculaires pour confirmer cette origine, essentielle pour le diagnostic, le pronostic et le suivi thérapeutique.

7. Différenciation tissulaire

Notions clés & Définitions

  • Degré de différenciation des tissus cancéreux : mesure dans laquelle les cellules tumorales ressemblent aux cellules normales de leur tissu d’origine, allant de bien différencié (similitude élevée) à indifférencié ou anaplasique (peu ou pas de ressemblance) (voir section 4).
  • Conservation ou perte des fonctions normales : capacité ou incapacité des cellules cancéreuses à maintenir leurs fonctions physiologiques habituelles, telles que la production de kératine ou de mélanine (voir section 7).
  • Relation entre différenciation et agressivité tumorale : en général, une différenciation faible ou indifférenciée est associée à une plus grande agressivité et un pronostic plus réservé, tandis qu’une différenciation élevée indique souvent une croissance plus lente et un meilleur pronostic (voir section 4).
  • Exemples de différenciation : production de kératine dans les carcinomes épidermoïdes, de mélanine dans certains mélanomes, ou de mucus dans les adénocarcinomes (voir section 7).
  • Impact sur le pronostic et la classification tumorale : la différenciation influence le grade histologique, le choix thérapeutique, et le pronostic, permettant de classer les tumeurs selon leur degré de maturation et leur potentiel évolutif (voir section 8).

Points essentiels

  • La différenciation tissulaire reflète l’aspect morphologique et fonctionnel des cellules tumorales par rapport à leur tissu d’origine. Les tumeurs bien différenciées conservent souvent des structures et fonctions normales, comme la production de kératine dans les carcinomes épidermoïdes ou la sécrétion de mucus dans certains adénocarcinomes.
  • La différenciation est évaluée par plusieurs méthodes : morphologie (microscopie optique), techniques histochimiques (ex : coloration à la diastase ou bleu Alcian), immunohistochimie (ex : détection d’antigènes spécifiques comme la cytokeratine ou la vimentine), et ultrastructurale (ex : présence de grains neurosecrétoires ou de mélanosomes).
  • La classification histologique repose sur le degré de différenciation : les tumeurs bien différenciées ont un aspect proche du tissu normal, alors que les tumeurs peu ou indifférenciées montrent une architecture désorganisée, une atypie cellulaire importante, et une perte de caractéristiques différentielles.
  • La différenciation peut aussi être complétée par la notion de maturation, notamment dans certains carcinomes épidermoïdes où la maturation de la couche kératinisante est un critère supplémentaire.
  • La différenciation influence le pronostic : en général, plus une tumeur est différenciée, plus son évolution est favorable, même si ce n’est pas systématique.

À retenir

La différenciation tissulaire est un paramètre clé pour évaluer la malignité, le pronostic, et la classification des tumeurs, en reflétant leur degré de ressemblance avec le tissu normal d’origine.

8. Histo-pronostic

Notions clés & Définitions

  • Valeur pronostique de l’abondance du stroma : La quantité de tissu conjonctif et vasculaire entourant les cellules tumorales peut indiquer la vitesse d’évolution de la tumeur, un stroma abondant étant souvent associé à une progression plus lente (voir "Différents types de stroma" et "L’abondance de ce stroma").
  • Caractéristiques histologiques du stroma : Incluent la vascularisation, la réaction inflammatoire, et la composition du tissu conjonctif, qui influencent la croissance tumorale et son évolution (voir "Le stroma constitué" et "Différents types de stroma").
  • Relation entre stroma et évolution tumorale : Un stroma riche en vascularisation et en réaction inflammatoire peut favoriser ou freiner la progression tumorale, selon son type et son état (voir "Le stroma" et "Stroma inflammatoire").
  • Signes histopathologiques d’envahissement local : Emboles tumoraux, envahissement nerveux, et atteintes des limites chirurgicales, qui indiquent un envahissement local et un pronostic défavorable (voir "Signes histopathologiques d’envahissement").
  • Survenue de métastases comme critère pronostique : La présence ou absence de métastases à distance ou ganglionnaires est un facteur clé pour évaluer le pronostic et orienter la thérapeutique (voir "Survenue de métastases").
  • Utilisation de l’histo-pronostic pour guider la thérapeutique : La classification du grade, du stade, et la recherche de marqueurs pronostiques permettent d’adapter le traitement (voir "Grade et stade tumoral", "Marqueurs pronostiques").

Points essentiels

  • Le tissu cancéreux comporte deux parties : le tissu tumoral (cellules malignes) et le stroma (conjonctivo-vasculaire non tumoral) (voir "Le tissu cancéreux").
  • Le stroma, notamment dans les carcinomes, est constitué de substance fondamentale, cellules inflammatoires, conjonctives, et structures vasculaires, dont l’abondance et la nature ont une valeur pronostique (voir "Le stroma" et "Différents types de stroma").
  • La néovascularisation par bourgeonnement à partir de structures capillaires préexistantes est essentielle à la croissance tumorale, mais ses caractéristiques (densité, architecture) influencent la stabilité et la progression de la tumeur (voir "La néovascularisation").
  • La réaction inflammatoire dans le stroma, notamment lymphoïde ou granulomateuse, peut avoir un impact favorable ou défavorable sur le pronostic, selon le contexte tumoral (voir "Stroma inflammatoire").
  • La présence de signes histopathologiques d’envahissement, comme les emboles ou l’envahissement nerveux, indique une extension locale et un risque accru de métastases, influençant le pronostic (voir "Signes histopathologiques d’envahissement").
  • La survenue de métastases à distance ou ganglionnaires est un critère majeur pour le pronostic, souvent évalué par la classification TNM ou pTNM (voir "Stade tumoral").
  • La détermination du grade tumoral, basé sur la différenciation, l’atypie et le nombre de mitoses, permet d’estimer l’agressivité de la tumeur et d’adapter la stratégie thérapeutique (voir "Grade histopronostique").
  • La recherche de marqueurs pronostiques par immunohistochimie ou biologie moléculaire permet d’affiner le pronostic et de prévoir la réponse à certains traitements (voir "Marqueurs pronostiques").

À retenir

L’évaluation histologique du stroma, des signes d’envahissement et la présence de métastases sont essentielles pour déterminer le pronostic d’une tumeur et orienter la thérapeutique, en intégrant également le grade et le stade tumoraux.

Tableaux de Synthèse

Critère / NotionDescription / ExempleAuteur / Référence
Cellule cancéreuse : altérations viables du génomeMutations, délétion de gènes régulateurs, mutations somatiquesContenu source
Autonomie relativeIndépendance des signaux hormonaux, croissance autonomeContenu source
Capacité de reproduction indéfinieActivation de la télomérase, division illimitéeContenu source
Perte d'adhésivité et inhibition de contactDissociation cellulaire, dissémination tumoraleContenu source
Caractères fonctionnels spécifiquesProduction de mucus, mélanine, marqueurs tissulairesContenu source
Critère / NotionDescription / ExempleAuteur / Référence
AnisocytoseVariabilité de taille cellulaire, indicateur de malignitéCritères cytologiques
AnisocaryoseVariabilité de taille et forme du noyauCritères cytologiques
HyperchromasieNoyau plus foncé, accumulation de chromatineCritères cytologiques
Rapport nucléo-cytoplasmique élevéNoyau volumineux par rapport au cytoplasmeCritères cytologiques
Nucléoles volumineuxNucléoles visibles et grands, activité accrueCritères cytologiques
Augmentation de l’index mitotiqueFréquence accrue de mitoses, division rapideCritères cytologiques
Critère / NotionDescription / ExempleAuteur / Référence
Modifications membranaires : Glycolipides et glycoprotéinesAlterations de surface, antigènes nouveaux ou perdusContenu source
Perte de caractères normaux de la membraneDiminution de marqueurs spécifiques, altération de l’interactionContenu source
Acquisition d’antigènes de surfaceExpression de nouveaux antigènes, détection par immunohistochimieContenu source
Perturbation des interactions cellulairesDésorganisation, invasion, dissociationContenu source

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre « altérations viables du génome » avec des mutations létales ou irréversibles.
  2. Croire que la présence de critères cytologiques suffit à diagnostiquer une malignité sans contexte histologique.
  3. Confondre hyperchromasie et hyperplasie, qui ne sont pas synonymes.
  4. Sous-estimer la limite des critères cytologiques, notamment leur non-spécificité.
  5. Confondre modification membranaire normale et modifiée, notamment en immunohistochimie.
  6. Oublier que l’acquisition d’antigènes de surface peut aussi indiquer une différenciation spécifique, pas seulement une malignité.
  7. Confondre anisocytose et anisocaryose, qui sont deux critères distincts mais liés.

Checklist Examen

  • Connaître la définition de Perroux sur la croissance tumorale.
  • Savoir décrire les altérations viables du génome et leur rôle dans la cancérogenèse.
  • Maîtriser la notion d’autonomie relative des cellules cancéreuses et ses implications.
  • Expliquer la capacité de reproduction illimitée des cellules tumorales via l’activation de la télomérase.
  • Identifier les critères cytologiques de malignité : anisocytose, anisocaryose, hyperchromasie, rapport nucléo-cytoplasmique, nucléoles volumineux, index mitotique.
  • Comprendre la limite de ces critères et leur utilisation en contexte diagnostique.
  • Décrire les modifications membranaires : altérations des glycolipides et glycoprotéines, acquisition d’antigènes, perturbation des interactions cellulaires.
  • Utiliser l’immunohistochimie pour détecter ces modifications membranaires.
  • Connaître la différence entre perte de caractères normaux et acquisition de nouveaux antigènes à la surface cellulaire.
  • Identifier les caractères morphologiques indicateurs de malignité : anisocytose, anisocaryose, hyperchromasie, nucléoles volumineux, index mitotique élevé.
  • Comprendre que ces critères doivent être interprétés dans leur contexte histologique.
  • Savoir que la différenciation tissulaire et la histo-pronostic dépendent aussi de ces paramètres.

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1. Quelle est la caractéristique principale d'une cellule cancéreuse ?

2. Quelle propriété cytologique est caractéristique des cellules cancéreuses, indiquant une hyperchromasie ?

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Cellule cancéreuse — altérations ?

Altérations viables du génome, autonomie, reproduction illimitée.

Propriétés morphologiques — critères ?

Anisocytose, anisocaryose, hyperchromasie, rapport nucléo-cytoplasmique, nucléoles volumineux, mitoses.

Modifications membranaires — exemples ?

Altérations des glycoprotéines, antigènes nouveaux, perturbation des interactions.

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