QCM : Introduction à la criminologie clinique et positiviste — 18 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle est la caractéristique essentielle de la démarche clinique par rapport à la démarche positiviste ?

Elle sépare les pôles opposés pour obtenir une objectivité maximale
Elle remplace la pratique par des mesures standardisées
Elle pense ensemble les pôles opposés dans une logique dialectique
Elle élimine toute subjectivité par des filtres méthodologiques

Elle pense ensemble les pôles opposés dans une logique dialectique

Explication

La démarche clinique articule les opposés, comme singulier et universel ou sujet et objet, au lieu de les dissocier. La démarche positiviste, elle, cherche plutôt à séparer et filtrer.

2. Comment la réflexivité est-elle conçue dans la démarche clinique ?

Comme une ressource de connaissance fondée sur les biais assumés
Comme une distance absolue entre sujet et objet
Comme un protocole réservé au laboratoire
Comme une suppression totale des biais du clinicien

Comme une ressource de connaissance fondée sur les biais assumés

Explication

La réflexivité consiste à reconnaître que la subjectivité produit des biais, puis à les utiliser pour mieux comprendre. Elle ne vise donc pas à les effacer, contrairement à l’idéal positiviste.

3. Quel sens étymologique latin est associé au terme « clinique » ?

Une médecine pratiquée près du lit du malade
Une observation détachée et abstraite
Une posture de mouvement vers l’autre
Une analyse statistique des cas

Une médecine pratiquée près du lit du malade

Explication

Le sens latin renvoie à la médecine exercée près du lit du malade, liée historiquement à l’hospitalisation. L’idée de se pencher vers l’autre relève plutôt du grec.

4. En quoi l’empathie se distingue-t-elle de la sympathie ?

Elle suppose une absence totale d’affect
Elle se réduit à une attitude purement technique
Elle implique une fusion émotionnelle avec le patient
Elle consiste à partager sans fusion le point de vue du patient

Elle consiste à partager sans fusion le point de vue du patient

Explication

L’empathie permet de partager pensées et sentiments du patient sans fusion émotionnelle. La sympathie, au contraire, comporte un risque de fusion et de perte de distance.

5. Que désigne le normal statistique ?

Une norme idéale fixée par la société
Un critère moral d’adaptation
Une expérience vécue de souffrance
Ce qui est le plus fréquent dans une population

Ce qui est le plus fréquent dans une population

Explication

Le normal statistique correspond à une fréquence élevée dans une population donnée. Il n’implique pas en lui-même un jugement moral ou pathologique.

6. Quelle affirmation correspond à la normalité subjective ?

Elle associe le pathologique à la souffrance et à l’impuissance vécues
Elle définit la santé par la fréquence moyenne des conduites
Elle repose sur une norme sociale idéale
Elle réduit le trouble à une anomalie biologique

Elle associe le pathologique à la souffrance et à l’impuissance vécues

Explication

La normalité subjective considère le pathologique à partir du vécu de souffrance et de déséquilibre du sujet. Ce n’est donc ni une simple fréquence ni une norme sociale.

7. Quelle distinction Pinel établit-il entre la manie avec délire et la manie sans délire ?

La première est toujours incurable, la seconde jamais
La première altère le délire exclusif, la seconde laisse l’entendement peu altéré
La première touche seulement les affects, la seconde seulement la mémoire
La première relève du corps, la seconde de la morale

La première altère le délire exclusif, la seconde laisse l’entendement peu altéré

Explication

Chez Pinel, la manie sans délire laisse l’entendement peu altéré, alors que la manie avec délire comporte un trouble plus manifeste du jugement. Cela s’inscrit dans une vision où la folie n’est pas totalement séparée de la normalité.

8. Quel élément fait partie du traitement moral associé à la psychiatrie de Pinel et Esquirol ?

La suppression de toute relation avec le patient
L’isolement des patients par types et l’action sur les conditions de vie
La réduction du soin à une classification biologique
L’usage exclusif de sanctions pénales

L’isolement des patients par types et l’action sur les conditions de vie

Explication

Le traitement moral combine morale, raison et organisation institutionnelle, notamment par l’isolement par types pour limiter la contagion. Il repose sur une relation au patient et sur des conditions de vie adaptées.

9. Quelle idée résume le mieux la dégénérescence chez Morel ?

Une norme morale strictement sociale
Une altération psychique qui produit d’abord des troubles du corps
Une simple différence statistique entre individus
Une altération du corps qui entraîne ensuite des troubles psychiques et criminels

Une altération du corps qui entraîne ensuite des troubles psychiques et criminels

Explication

Chez Morel, la dégénérescence part du corps et conduit ensuite à des manifestations psychiques, y compris la criminalité. Elle sert à unifier l’explication de la folie et du crime.

10. Quel est l’objectif principal de l’hygiénisme psychiatrique ?

Mesurer la dangerosité individuelle par des tests
Classer les malades selon des critères de personnalité
Remplacer la prévention par la neutralisation immédiate
Prévenir collectivement l’apparition de la folie et de la criminalité

Prévenir collectivement l’apparition de la folie et de la criminalité

Explication

L’hygiénisme privilégie l’action sur les causes collectives avant l’apparition des troubles. Il vise donc surtout la prévention, même si les cas jugés incurables peuvent ensuite être neutralisés.

11. Chez Morel, quelle idée décrit le mieux la dégénérescence ?

Une opposition irréductible entre maladie mentale et comportement criminel
Une erreur de diagnostic liée à l’absence de tests standardisés
Une simple fréquence élevée de comportements déviants dans une population
Une altération du corps qui entraîne aussi des troubles psychiques et la criminalité

Une altération du corps qui entraîne aussi des troubles psychiques et la criminalité

Explication

Chez Morel, la dégénérescence part d’une altération corporelle et se manifeste ensuite sur les plans psychique et criminel. Elle n’est donc ni une simple statistique ni une séparation stricte entre folie et crime.

12. Quelle est l’idée centrale de la criminologie positiviste lorsqu’elle cherche à évaluer la dangerosité d’un individu ?

Mesurer un potentiel criminel comme une caractéristique intrinsèque et prédictible de l’individu
Interpréter le crime comme une simple réaction à l’étiquette sociale reçue
Considérer l’acte délictueux comme un choix purement libre et imprévisible
Expliquer la délinquance uniquement par les conditions économiques du milieu

Mesurer un potentiel criminel comme une caractéristique intrinsèque et prédictible de l’individu

Explication

La criminologie positiviste vise à objectiver la dangerosité en la traitant comme une propriété de l’individu qu’on peut mesurer et utiliser pour prévoir un risque futur. Les autres propositions renvoient à d’autres approches, comme la réaction sociale ou l’explication uniquement sociale.

13. Quel principe caractérise le bertillonnage ?

La classification des troubles à partir de la souffrance vécue par le patient
L’évaluation du sujet par une relation de confiance et une écoute empathique
L’identification par des mensurations corporelles standardisées associées à des photos de face et de profil
La recherche des causes sociales du passage à l’acte dans le milieu de vie

L’identification par des mensurations corporelles standardisées associées à des photos de face et de profil

Explication

Le bertillonnage repose sur des mesures anthropométriques standardisées et l’usage de photographies pour identifier le délinquant. Il s’inscrit dans une logique positiviste de comparaison et de repérage du criminel.

14. Quelle critique est formulée à l’encontre des grilles actuarielles ?

Elles se fondent sur une impossibilité totale de mesurer la récidive
Elles suppriment tout usage des statistiques au profit de l’intuition clinique
Elles reposent sur une compréhension phénoménologique du sujet
Elles peuvent naturaliser des stéréotypes en réduisant l’expertise à un risque calculé

Elles peuvent naturaliser des stéréotypes en réduisant l’expertise à un risque calculé

Explication

Les grilles actuarielles transforment l’évaluation en calcul de risque et peuvent figer des stéréotypes. La critique porte donc sur la réduction du sujet à une probabilité, et non sur l’absence de statistiques.

15. Quels sont les quatre traits communs au délinquant selon Pinatel ?

Égocentrisme, labilité, agressivité et indifférence affective
Empathie, altruisme, stabilité et introspection
Obéissance, anxiété, culpabilité et inhibition
Hallucination, confusion, mutisme et retrait social

Égocentrisme, labilité, agressivité et indifférence affective

Explication

Pinatel décrit quatre traits qu’il considère structurants pour la récidive : égocentrisme, labilité, agressivité et indifférence affective. Les autres options mêlent des caractéristiques qui ne correspondent pas à son modèle.

16. Que signifie la notion de maturation sociale chez les Glueck ?

La diminution du comportement criminel avec l’âge, liée à des facteurs de développement et d’intégration sociale
L’apparition précoce d’une personnalité criminelle définitivement stable
La transformation d’un individu en délinquant sous l’effet exclusif de la prison
La suppression progressive de toute influence du milieu sur les conduites

La diminution du comportement criminel avec l’âge, liée à des facteurs de développement et d’intégration sociale

Explication

Les Glueck lient la baisse de la délinquance à une maturation tardive, souvent entre 25 et 35 ans, influencée par des facteurs psychologiques et socio-familiaux. Ils ne défendent pas l’idée d’une personnalité criminelle figée.

17. Dans l’approche de De Greeff, que cherche surtout la question « comment ? » ?

La fréquence statistique des comportements délinquants
Les causes biologiques directes du passage à l’acte
La comparaison du sujet à un homme moyen abstrait
Le sens vécu de l’acte et la manière dont le sujet le perçoit

Le sens vécu de l’acte et la manière dont le sujet le perçoit

Explication

Pour De Greeff, la compréhension clinique s’attache au sens, aux perceptions et au vécu singulier du sujet. La question « pourquoi ? » relève davantage de l’explication causale.

18. Pourquoi De Greeff critique-t-il les tests de dangerosité ?

Parce qu’ils prennent en compte trop fortement la relation au clinicien
Parce qu’ils refusent toute mesure du risque de récidive
Parce qu’ils reposent uniquement sur l’épochè et la phénoménologie
Parce qu’ils figent un état à un instant donné et ignorent l’évolution et le contexte

Parce qu’ils figent un état à un instant donné et ignorent l’évolution et le contexte

Explication

De Greeff leur reproche de produire une image statique, valable à un moment T, alors que la situation et la relation au clinicien modifient l’évaluation. Ils ignorent ainsi le caractère dynamique du sujet et du contexte.

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Mémorisez les réponses avec 18 flashcards sur Introduction à la criminologie clinique et positiviste.

Théorie — définition ?

Représentation partielle du réel, recomposée par méthodologie.

Démarche clinique — rôle ?

Articuler singulier et universel, sujet et objet.

Démarche positiviste — approche ?

Sépare dimensions, cherche objectivité et neutralité.

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Consultez la fiche de révision complète sur Introduction à la criminologie clinique et positiviste.

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