Fiche de révision : Introduction à la motricité et ses circuits

Plan du Cours

  1. Types de motricité
  2. Trajet de la voie pyramidale
  3. Capsule interne et somatotopie
  4. Tronc cérébral et décussation
  5. Syndromes alternes du tronc cérébral
  6. Planification motrice corticale
  7. Ganglions de la base
  8. Cervelet et voies extrapyramidales

1. Types de motricité

Notions clés & Définitions

  • Motricité phasique : Motricité phasique permet d’initier le mouvement et le déplacement, en particulier pour des gestes fins et distaux.
  • Motricité tonique : Motricité tonique permet le maintien de la posture et de l’attitude, avec une implication dans la préparation du mouvement et les actions globales proximales.
  • Motricité idiocinétique : Motricité idiocinétique correspond aux mouvements phasiques, orientés vers le déclenchement et la cinétique du geste.
  • Motricité holocinétique : Motricité holocinétique correspond aux fonctions toniques, centrées sur l’attitude, la posture et la préparation.

Points essentiels

  • La motricité phasique (idiocinétique) sert à déclencher le déplacement et les mouvements fins distaux.
  • La motricité tonique (holocinétique) sert au maintien de l’attitude et de la posture, avec préparation du mouvement et mouvements proximaux.
  • La motricité phasique repose sur le système pyramidal, tandis que la motricité tonique repose sur le système extrapyramidal.
  • Les deux systèmes communiquent et se régulent entre eux en permanence.
  • Le contrôle pyramidal correspond à la motricité volontaire.

Astuce mémo

Phasique = pas à pas (mouvement) ; Tonique = tient la pose (posture).

2. Trajet de la voie pyramidale

Notions clés & Définitions

  • Voie pyramidale : Voie pyramidale désigne la commande descendante assurant l’exécution des mouvements volontaires vers les motoneurones alpha.
  • Faisceau cortico-spinal : Faisceau cortico-spinal transmet la commande du cortex moteur vers la moelle spinale.
  • Faisceau cortico-nucléaire : Faisceau cortico-nucléaire envoie la commande du cortex vers les noyaux moteurs des nerfs crâniens dans le tronc cérébral.
  • Décussation basse partielle : Décussation basse partielle correspond au croisement majoritaire des fibres cortico-spinales dans la moelle allongée, puis au croisement minoritaire plus bas dans la moelle spinale.

Points essentiels

  • La voie pyramidale descend depuis le cortex ou le tronc cérébral jusqu’aux motoneurones alpha de la corne ventrale.
  • La voie pyramidale comprend deux faisceaux : cortico-spinal et cortico-nucléaire (géniculé).
  • Le croisement cortico-spinal est partiel : 85% croisent dans la moelle allongée, 15% croisent dans la moelle spinale.
  • Le faisceau cortico-nucléaire s’épuise progressivement en abandonnant des branches à chaque étage du tronc cérébral.
  • Une atteinte du faisceau cortico-nucléaire peut provoquer une paralysie motrice.

Astuce mémo

85/15 : 85% croise tôt (moelle allongée), 15% plus bas (moelle spinale).

3. Capsule interne et somatotopie

Notions clés & Définitions

  • Somatotopie : Somatotopie désigne l’organisation spatiale où une portion de cortex commande une portion très claire et correspondante du corps.
  • Capsule interne : Capsule interne est une zone de substance blanche où convergent les fibres descendantes pyramidales et où elles gardent une organisation somatotopique.
  • Bras antérieur de la capsule interne : Bras antérieur de la capsule interne correspond à une zone dont les fibres ne participent pas à la voie pyramidale dans le cours.

Points essentiels

  • Dans la capsule interne, les fibres gardent une somatotopie : le genou contient les fibres cortico-nucléaires.
  • Dans la capsule interne, le bras postérieur contient des fibres cortico-spinales avec face, membre supérieur, tronc, puis membre inférieur (du haut vers le bas).
  • Le bras antérieur de la capsule interne ne participe pas à la voie pyramidale mais à des voies extrapyramidales cortico-pontiques.
  • Après traversée de la capsule interne, une lésion au bras postérieur entraîne un déficit moteur pur (hémiplégie motrice pure) lié à un territoire de la cérébrale moyenne.
  • La somatotopie se retrouve aussi dans le trajet au niveau du tronc cérébral, ce qui aide à relier niveau lésionnel et symptômes.

Astuce mémo

Capsule interne : genou = cortico-nucléaire ; bras postérieur = cortico-spinal (face → MI).

4. Tronc cérébral et décussation

Notions clés & Définitions

  • Pyramides bulbaires : Pyramides bulbaires correspondent au lieu à la surface ventrale de la moelle allongée où s’assemblent les axones avant la décussation partielle.
  • Voie cortico-nucléaire : Voie cortico-nucléaire projette à différents niveaux du tronc cérébral vers les noyaux moteurs des nerfs crâniens.
  • Syndromes alternes : Syndromes alternes associent une atteinte d’un nerf crânien et une atteinte motrice controlatérale, dépendant du niveau lésionnel.
  • Locked-in syndrome : Locked-in syndrome correspond à une tétraplégie avec atteinte bilatérale des VI et VII, tout en conservant la vigilance et certains mouvements oculaires.

Points essentiels

  • Dans la moelle allongée, les dernières fibres cortico-nucléaires arrivent à leur niveau de terminaison sur les noyaux moteurs des nerfs crâniens.
  • Les axones destinés à la moelle forment d’abord les pyramides bulbaires, puis participent à la décussation partielle.
  • Au niveau du tronc cérébral, la somatotopie de la voie pyramidale suit un axe de dedans vers dehors : cortico-nucléaire puis cervical, thoracique, lombaire et sacré.
  • Une lésion mésencéphalique type Weber donne une paralysie du III ipsilatérale et une hémiplégie controlatérale.
  • Le locked-in syndrome survient souvent avec atteinte bilatérale des faisceaux cortico-spinaux et atteintes VI et VII, avec communication via les mouvements oculaires verticaux.

Astuce mémo

Alternes = nerf crânien du même côté, faiblesse motrice du côté opposé (quand la voie pyramidale est touchée).

5. Syndromes alternes du tronc cérébral

Notions clés & Définitions

  • Syndrome de Weber : Syndrome de Weber est un tableau d’atteinte du mésencéphale combinant un nerf crânien (III) et une atteinte pyramidale controlatérale.
  • Syndrome de Millard-Gübler : Syndrome de Millard-Gübler associe une paralysie faciale périphérique ipsilatérale et une hémiplégie controlatérale.
  • Syndrome de Foville : Syndrome de Foville associe une atteinte du VI ipsilatérale avec une hémiplégie controlatérale respectant la face.

Points essentiels

  • Dans le syndrome de Weber, la paralysie du III est ipsilatérale et l’hémiplégie est controlatérale.
  • Dans le syndrome de Millard-Gübler, le VII est atteint au noyau : paralysie faciale périphérique ipsilatérale associée à une hémiplégie controlatérale.
  • Dans le syndrome de Foville, le VI est atteint : diplopie horizontale et impossibilité de déplacer l’œil en dehors, avec hémiplégie controlatérale respectant la face.
  • Le locked-in syndrome est bilatéral : tétraplégie, paralysie faciale périphérique bilatérale et mutisme, avec vigilance normale.
  • Les symptômes dépendent du niveau de l’atteinte du tronc cérébral.

Astuce mémo

Weber = III ; Millard-Gübler = VII ; Foville = VI (toujours + pyramidal controlatéral selon le cours).

6. Planification motrice corticale

Notions clés & Définitions

  • Cortex associatif : Cortex associatif désigne des aires impliquées dans l’intégration d’informations sensorielles et motrices, notamment pour préparer des actions.
  • Cortex préfrontal : Cortex préfrontal correspond à une zone qui reçoit des informations diverses et envoie vers le cortex prémoteur pour planifier les actions.
  • Cortex primaire : Cortex primaire est une aire qui traite directement un type d’information, sans rôle d’intégration aussi large que le cortex associatif.
  • Cortex prémoteur : Cortex prémoteur organise des séquences motrices en lien avec la planification initiée en amont.

Points essentiels

  • La décision de réaliser un mouvement implique une phase de planification et de programmation avant le déclenchement de la voie pyramidale.
  • Le cortex associatif réalise l’intégration des informations motrices et sensorielles nécessaires à l’élaboration de projets d’action.
  • Le cortex préfrontal agit comme un chef d’orchestre en planifiant les actions avant leur organisation par le prémoteur et leur exécution par le moteur.
  • Les aires associatives motorisées (moteur) participent à l’élaboration de plans moteurs.
  • En cas d’atteinte préfrontale décrite dans le cours, les mouvements peuvent être réalisés mais deviennent désorganisés (dysexécutif).

Astuce mémo

Préfrontal = chef d’orchestre ; prémoteur = séquences ; moteur = exécution.

7. Ganglions de la base

Notions clés & Définitions

  • Ganglions de la base : Ganglions de la base (noyaux gris centraux) sont des noyaux profonds impliqués d’abord dans la programmation et le contrôle des mouvements.
  • Striatum : Striatum correspond au noyau caudé plus le putamen et sert de relais dans les boucles motrices.
  • Globus pallidus interne : Glob us pallidus interne projette vers le thalamus dans la voie directe via une inhibition.
  • Substance noire : Substance noire mésencéphalique est rattachée fonctionnellement au système thalamo-strié et est connectée au striatum via la dopamine.

Points essentiels

  • Les ganglions de la base sont localisés en profondeur des hémisphères, dans la substance blanche, et participent à la programmation/contrôle des mouvements.
  • Sur un plan fonctionnel, on distingue notamment : noyau caudé, putamen, pallidum, thalamus et noyau subthalamique (rattaché fonctionnel).
  • Le striatum (caudé + putamen) est le point de départ de la voie directe et sert d’interface avec les informations corticales.
  • Voie directe : activation corticale glutamatergique du striatum puis inhibition GABAergique du Gpi, levant l’inhibition du thalamus.
  • Le cours relie une atteinte de la voie directe à la maladie de Parkinson : déperdition dopaminergique de la substance noire et troubles de la programmation motrice.

Astuce mémo

Direct = glutamate → GABA → levée de l’inhibition du thalamus → mouvement (par réverbération).

8. Cervelet et voies extrapyramidales

Notions clés & Définitions

  • Cervelet : Cervelet ne possède pas de fonction motrice propre directe, mais régule en permanence les phénomènes moteurs de la voie pyramidale.
  • Aire motrice supplémentaire : Aire motrice supplémentaire (AMS, aire 6 de Brodmann) est une aire médiane/faisant relais d’initiation dans la préparation des mouvements.
  • Voies cortico-pontiques : Voies cortico-pontiques relaient les informations du cortex vers le cervelet via un neurone ponto-cérébelleux du tronc cérébral.
  • Voie vestibulo-spinale : Voie vestibulo-spinale transporte des informations d’orientation dans l’espace vers la moelle afin d’aider la coordination du mouvement.

Points essentiels

  • Le cervelet a pour rôle principal la régulation des phénomènes moteurs de la voie pyramidale, sans produire une plégie en cas de lésion.
  • La lésion de l’AMS décrite (après exérèse du cortex frontal médian) peut donner un déficit transitoire de l’hémicorps controlatéral et un trouble de la parole.
  • Après atteinte de l’AMS, la reprise d’une activité normale se fait après quelques semaines, avec parfois des séquelles bimanuelles et de fluence spontanée.
  • Les voies cortico-pontiques se terminent au pont et modulent la voie pyramidale par un rétrocontrôle passant par le cervelet.
  • Les voies réticulo-spinales renforcent le tonus, tandis que la vestibulo-spinale participe à l’orientation dans l’espace pour coordonner le mouvement.

Astuce mémo

Cervelet = régulateur ; AMS = bouton d’allumage ; Vestibulo-spinale = orientation pour coordonner.

Tableaux de synthèse

Voies thalamo-striées : directe vs indirecte

CircuitSens de modulationNeurotransmetteurs du cours
Voie directeActive le mouvement via levée de l’inhibition du thalamusGlutamate puis GABA (striatum→GPi inhibiteur, GPi→thalamus inhibiteur)
Voie indirecteInhibe le mouvement via inhibition en cascadeGlutamate puis GABA (striatum→GPe inhibiteur, GPe→STN inhibiteur, GPi→thalamus inhibiteur)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre motricité phasique et tonique : la première concerne le déplacement et les gestes fins, la seconde la posture et la préparation.
  2. Croire que la décussation est totale : dans le cours elle est partielle, avec 85% qui croisent dans la moelle allongée.
  3. Inverser la somatotopie dans la capsule interne : le genou correspond aux fibres cortico-nucléaires, le bras postérieur aux fibres cortico-spinales.
  4. Mélanger les atteintes des voies : une lésion cortico-nucléaire touche les noyaux des nerfs crâniens, alors que la cortico-spinale touche la motricité des membres via la moelle.
  5. Penser que les ganglions de la base donnent une exécution directe : ils participent surtout à la programmation et au contrôle, sans être la voie finale commune.
  6. Attribuer au cervelet une fonction motrice propre : le cours insiste sur la régulation sans plégie pure.
  7. Oublier que les syndromes alternes dépendent du niveau du tronc cérébral, ce qui change le nerf crânien atteint et la topographie des signes.

Checklist Examen

  1. Définir la motricité phasique et la motricité tonique, puis associer chacune au bon système (pyramidal vs extrapyramidal).
  2. Expliquer le rôle général de la voie pyramidale et identifier ses deux faisceaux (cortico-spinal et cortico-nucléaire).
  3. Donner le pourcentage de la décussation basse partielle (85% dans la moelle allongée, 15% dans la moelle spinale) et conclure sur la latéralité des projections.
  4. Décrire où se projettent les fibres cortico-spinales et comment elles gardent la somatotopie dans le trajet (genou vs bras postérieur de la capsule interne).
  5. Relier un niveau lésionnel du tronc cérébral à un syndrome alterné et associer à chaque exemple le nerf crânien (Weber III, Millard-Gübler VII, Foville VI).
  6. Rappeler l’idée de planification : le cortex initie une action via une phase antérieure (préfrontal/associatif puis prémoteur puis cortex moteur).
  7. Lister les principaux constituants fonctionnels du système des ganglions de la base (caudé, putamen, pallidum, thalamus, subthalamique) et construire au moins une boucle (directe).
  8. Comparer voie directe et voie indirecte du système thalamo-strié en indiquant qui inhibe/active et le rôle des boucles sur la motricité.
  9. Décrire les rôles du cervelet et de l’aire motrice supplémentaire, puis citer une conséquence clinique attendue d’une atteinte de l’AMS.
  10. Citer au moins deux voies extrapyramidales et préciser leur fonction modulatrice (cortico-pontiques→rétrocontrôle via cervelet, réticulo-spinales→tonus, vestibulo-spinale→orientation/coordination).

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1. Quelle motricité est surtout responsable de l’initiation du mouvement et des gestes fins distaux ?

2. Quelle est la principale différence entre la motricité phasique et la motricité tonique?

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Motricité phasique — définition ?

Mouvement fin, déclenchement et déplacement.

Motricité phasique

Initie mouvements fins et distaux.

Trajet de la voie pyramidale — fibres principales ?

Cortico-spinal et cortico-nucléaire.

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