📋 Plan du Cours
- Immunité innée
- Théorie du danger
- Récepteurs PRR
- MAMPs et DAMPs
- Récepteurs TLR
- Cellules dendritiques
- Lymphocytes NK
- Mécanismes cytotoxicité NK
📖 1. Immunité innée
🔑 Notions clés & Définitions
- Immunité innée : réponse immunitaire rapide, précoce, se déroulant dans les premières heures après l’agression, visant à éliminer l’agresseur ou à préparer la transition vers la réponse adaptative.
- Théorie du danger ( Janeway (1994) ) : concept selon lequel le système immunitaire répond aux signaux de danger, tels que DAMPs et MAMPs, plutôt qu’uniquement aux substances étrangères.
- PRR (Pattern Recognition Receptors) : récepteurs capables de reconnaître des motifs moléculaires associés au danger (MAMPs, DAMPs) et d’activer la réponse immunitaire innée.
- MAMPs (Microbe-Associated Molecular Patterns) : motifs moléculaires d’origine microbienne reconnus par le système immunitaire, capables d’initier une réponse inflammatoire.
- DAMPs (Damage-Associated Molecular Patterns) : signaux endogènes issus de cellules stressées ou nécrotiques, reconnus comme des signaux de danger, activant l’immunité innée.
- TLR (Toll-Like Receptors) : premiers PRR décrits chez l’homme, localisés sur la membrane ou dans les endosomes, reconnaissant des signaux exogènes (MAMPs) ou endogènes (DAMPs), et initiant des cascades de signalisation menant à l’inflammation.
📝 Points essentiels
- La théorie du danger ( Janeway (1994) ) explique que le système immunitaire répond aux signaux de danger plutôt qu’aux substances étrangères seules. Elle distingue les signaux exogènes (MAMPs) et endogènes (DAMPs), qui sont reconnus par des récepteurs PRR.
- Polly Matzinger a complété cette théorie en soulignant que certains signaux inflammatoires ne proviennent pas de microbes mais de cellules stressées ou nécrotiques, comme dans la crise de goutte ou l’arthropathie microcristalline.
- La découverte des TLR ( Lemaitre (1996) ) a permis d’identifier des récepteurs homologues chez l’homme, capables d’initier la réponse immunitaire en reconnaissant des motifs moléculaires spécifiques (ex : LPS par TLR4, flagelline par TLR5, ARN viral par TLR3/7).
- La reconnaissance des signaux de danger se fait via plusieurs types de récepteurs :
- Solubles : opsonines (ex : CRP), collectines, pentraxines.
- Cellulaires d’endocytose : récepteurs exprimés par les cellules présentatrices d’antigènes, permettant la phagocytose et la présentation d’antigènes.
- De signalisation : TLR (membranaires ou endosomaux), NLR (cytoplasmiques).
- La localisation des TLR détermine la nature du signal perçu :
- Membrane plasmique (TLR1,2,4,5,6) pour l’agression de l’extérieur.
- Endosomes/lysosomes (TLR3,7,8,9) pour la détection d’acides nucléiques viraux ou bactéries.
- La cascade de signalisation aboutit à l’activation de facteurs de transcription comme NF-kB, qui induisent la transcription de gènes inflammatoires, cytokines, et molécules de co-stimulation.
💡 À retenir
L’immunité innée repose sur la reconnaissance rapide de signaux de danger via des récepteurs spécifiques (PRR), notamment les TLR, permettant une réponse immédiate et la transition vers l’immunité adaptative.
📖 2. Théorie du danger
🔑 Notions clés & Définitions
- Charles Janeway (1992) : Il a formulé la théorie selon laquelle le système immunitaire initie une réponse inflammatoire en réponse à des signaux de danger plutôt qu'à des substances étrangères, en postulant l'existence de récepteurs spécifiques appelés PRR (Pattern Recognition Receptors).
- Polly Matzinger (1994) : Elle a complété la théorie du danger en introduisant le concept de signaux de danger endogènes (DAMPs), qui ne proviennent pas de microbes mais de cellules stressées ou nécrotiques, capables d’activer le système immunitaire inné.
- MAMPs (Microbe-Associated Molecular Patterns) : Motifs moléculaires présents chez les microbes, reconnus par les PRR, capables d’initier une réponse inflammatoire.
- DAMPs (Damage-Associated Molecular Patterns) : Signaux endogènes issus de cellules stressées ou nécrotiques, tels que l’acide hyaluronique ou la sulfate d’héparine, qui activent le système immunitaire en signalant un dommage tissulaire.
- Récepteurs PRR (Pattern Recognition Receptors) : Récepteurs capables de reconnaître des motifs moléculaires associés au danger (MAMPs et DAMPs), présents sur les cellules immunitaires innées, et d’initier la réponse inflammatoire.
📝 Points essentiels
- La théorie du danger repose sur l’idée que le système immunitaire répond principalement à des signaux de danger, qu’ils soient exogènes (microbes, PAMPs/MAMPs) ou endogènes (cellules stressées, DAMPs).
- Janeway (1992) a proposé l’existence de PRR pour reconnaître ces signaux, initialement nommés PAMPs, puis MAMPs, pour initier la réponse inflammatoire.
- Matzinger (1994) a élargi cette vision en montrant que des molécules endogènes, non liées aux microbes, peuvent aussi activer le système immunitaire, notamment dans des contextes de stress ou de dommage tissulaire.
- Les signaux de danger exogènes (PAMPs/MAMPs) proviennent principalement de microbes, tandis que les signaux endogènes (DAMPs) sont produits par l’organisme lors de dommages cellulaires ou tissulaires.
- La reconnaissance de ces signaux par les PRR conduit à l’activation des voies de signalisation intracellulaires (ex : NF-kB), aboutissant à la production de médiateurs inflammatoires.
- La distinction entre signaux exogènes et endogènes permet d’expliquer la capacité du système immunitaire à réagir à des agents infectieux ou à des lésions tissulaires, tout en évitant une réponse auto-immune inappropriée.
💡 À retenir
La théorie du danger affirme que le système immunitaire initie une réponse en réponse à des signaux de danger, qu’ils soient d’origine microbienne ou issus de cellules stressées, plutôt qu’en réponse uniquement à des substances étrangères.
📖 3. Récepteurs PRR
🔑 Notions clés & Définitions
- PRR (Pattern Recognition Receptors) : Récepteurs capables de reconnaître des motifs moléculaires associés au danger (DAMPs et MAMPs), initiant la réponse immunitaire innée. AUTEUR (1994) : « Le système immunitaire répond aux substances qui causent des dommages à l’organisme plutôt qu’aux substances étrangères » (Polly Matzinger).
- Classification des PRR : Divisés en trois groupes :
- Récepteurs solubles : Facilitent l’élimination des agents pathogènes via complément ou phagocytose (ex : CRP).
- Récepteurs d’endocytose : Exprimés par les cellules présentatrices d’antigènes, permettant la capture et la présentation d’antigènes.
- Récepteurs de signalisation : Membranaires (ex : TLR) ou cytosoliques (ex : NLR, AIM2), activant des cascades de signalisation menant à l’expression de gènes inflammatoires.
- Découverte des TLR : En 1996, Bruno Lemaitre dans l’équipe de Jules Hoffman montre que les récepteurs Toll chez la mouche détectent des agents fongiques, révélant leur rôle dans la détection d’agents infectieux chez l’homme, homologues aux Toll-like receptors (TLR).
- Rôle des TLR : Reconnaissent des signaux danger exogènes (MAMPs) et endogènes (DAMPs), localisés sur la membrane plasmique (ex : TLR4 pour LPS) ou dans les endosomes (ex : TLR3 pour ARN viral), et initient des voies de signalisation via NF-kB, conduisant à la production de cytokines inflammatoires.
📝 Points essentiels
- La théorie du danger, proposée par Charles Janeway et Polly Matzinger, stipule que le système immunitaire répond principalement aux signaux de danger (DAMPs et MAMPs), plutôt qu’uniquement aux substances étrangères.
- Les PRR sont essentiels pour la détection précoce des agents infectieux ou des signaux de stress tissulaire, en reconnaissant des motifs moléculaires conservés (ex : LPS, flagelline, ARN viral, ADN CpG).
- La classification des PRR comprend :
- Récepteurs solubles (ex : CRP, collectines, pentraxines) : facilitent la phagocytose et l’activation du complément.
- Récepteurs d’endocytose (ex : récepteurs aux lectines, FcγRs) : internalisent les micro-organismes pour leur destruction.
- Récepteurs de signalisation (ex : TLR, NLR, AIM2) : détectent les motifs moléculaires et activent des cascades de signalisation intracellulaires, notamment NF-kB.
- La reconnaissance par les TLR dépend de leur localisation : membrane plasmique (ex : TLR4, TLR5) ou endosomale (ex : TLR3, TLR9), permettant la détection d’éléments exogènes ou endogènes selon le contexte.
- La réponse inflammatoire est orchestrée par l’activation de facteurs de transcription (NF-kB, IRFs) qui régulent la production de cytokines pro-inflammatoires, essentielles pour l’initiation de la réponse immunitaire innée.
💡 À retenir
Les PRR sont des récepteurs clés de l’immunité innée, capables de détecter précocement des motifs moléculaires associés au danger, et d’initier des cascades de signalisation menant à la réponse inflammatoire.
📖 4. MAMPs et DAMPs
🔑 Notions clés & Définitions
- MAMPs (microbe-associated molecular patterns) : motifs moléculaires d’origine microbienne reconnus par le système immunitaire, capables d’initier une réponse inflammatoire. AUTEUR (date) : initialement nommés PAMPs par Charles Janeway, ils désignent des fragments de microbes tels que lipopolysaccharides (LPS), flagelline, ARN ou ADN viral, qui activent les PRR.
- DAMPs (damage-associated molecular patterns) : signaux endogènes issus de cellules stressées ou nécrotiques, indiquant un dommage tissulaire. AUTEUR (date) : introduits par Polly Matzinger, ils comprennent des molécules comme l’acide hyaluronique, sulfate d’héparine, ou fragments d’ADN/ARN libérés lors de la nécrose, activant aussi les PRR.
- Rôle des MAMPs et DAMPs : reconnaître ces motifs permet l’activation des PRR, ce qui déclenche la réponse immunitaire innée en initiant la production de cytokines et la maturation des cellules immunitaires, orientant la réponse vers l’élimination de l’agresseur ou la réparation tissulaire.
📝 Points essentiels
- La théorie du danger (Janeway, 1994) stipule que le système immunitaire répond principalement aux signaux de danger plutôt qu’aux substances étrangères seules.
- Les MAMPs sont produits par des agents infectieux (bactéries, virus, parasites) ou présents dans des agents stériles (ex : allergènes, produits chimiques).
- Les DAMPs proviennent de cellules endommagées ou stressées, notamment lors de nécrose ou crises inflammatoires comme la goutte ou l’arthropathie microcristalline.
- La reconnaissance des MAMPs et DAMPs par les PRR (Pattern Recognition Receptors) permet d’initier la cascade inflammatoire, notamment via la voie NF-kB, conduisant à la sécrétion de cytokines pro-inflammatoires.
- La découverte des TLR (Toll-like receptors) en 1996 par Bruno Lemaitre (équipe de Jules Hoffman) a permis d’identifier ces récepteurs homologues chez l’homme, capables de reconnaître des motifs spécifiques comme LPS (TLR4), flagelline (TLR5), ARN viral (TLR3/7), ou ADN non méthylé (TLR9).
- Les récepteurs PRR incluent :
- Solubles : opsonines (CRP), collectines, pentraxines, facilitant l’élimination par complément ou phagocytose.
- Cellulaires d’endocytose : récepteurs aux lectines, Fc, Hsp.
- De signalisation : TLR (membranaires), NLR, AIM2 (cytoplasmiques).
💡 À retenir
Les MAMPs et DAMPs sont des motifs moléculaires clés qui, en étant reconnus par les PRR, permettent au système immunitaire inné de détecter rapidement les agents infectieux ou les dommages tissulaires, déclenchant ainsi une réponse inflammatoire adaptée.
📖 5. Récepteurs TLR
🔑 Notions clés & Définitions
- TLR (Toll Like Receptor) : Récepteurs de l’immunité innée, premiers PRR décrits chez l’homme, capables de reconnaître des motifs moléculaires associés au danger (MAMPs et DAMPs). Lemaitre et al. (1996) ont découvert leur rôle dans la détection d’agents infectieux chez la drosophile, puis chez l’homme, Janeway a montré leur implication dans la réponse immunitaire.
- Spécificité des TLR : Chaque TLR reconnaît un ligand spécifique : TLR4 pour le lipopolysaccharide (LPS) des bactéries Gram négatif, TLR5 pour la flagelline, TLR3/7 pour ARN viral, TLR9 pour ADN CpG non méthylé.
- Localisation des TLR :
- Membrane plasmique : TLR1, TLR2, TLR4, TLR5, TLR6, impliqués dans la reconnaissance de composants externes comme bactéries et parasites.
- Endosomes/lysosomes : TLR3, TLR7, TLR8, TLR9, pour la détection d’acides nucléiques viraux ou procaryotes (ARN, ADN).
- Implication dans la polarisation : La localisation et le type de TLR activé orientent la réponse immunitaire, notamment via l’activation de voies de signalisation comme NF-kB, conduisant à la production de cytokines pro-inflammatoires.
- Découverte des TLR : La voie Toll a été identifiée chez la drosophile par Lemaitre et al. (1996), puis homologuée chez l’homme par Janeway qui a montré leur rôle dans l’initiation de la réponse immunitaire innée.
📝 Points essentiels
- Les TLR sont les premiers PRR identifiés chez l’homme, jouant un rôle clé dans la détection précoce des agents pathogènes ou signaux de danger (DAMPs).
- Chaque TLR possède une spécificité pour certains ligands : TLR4 pour LPS (bactéries Gram négatif), TLR5 pour flagelline, TLR3/7 pour ARN viral, TLR9 pour ADN CpG non méthylé.
- La localisation des TLR détermine leur fonction : membrane plasmique pour la reconnaissance de composants microbiens à l’extérieur, endosomes pour la détection d’acides nucléiques viraux ou bactériens.
- La reconnaissance des ligands par les TLR active des cascades de signalisation intracellulaires, notamment NF-kB, qui induisent la production de cytokines inflammatoires et orientent la polarisation de la réponse immunitaire.
- La découverte des TLR a permis d’établir un lien entre la détection des motifs moléculaires associés au danger et l’activation de l’immunité innée, comme le montre la recherche de Lemaitre (1996) et Janeway.
💡 À retenir
Les TLR, premiers PRR identifiés chez l’homme, reconnaissent des ligands spécifiques situés sur la membrane ou dans les endosomes, et jouent un rôle central dans l’initiation et la polarisation de la réponse immunitaire innée.
📖 6. Cellules dendritiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Cellule dendritique : Cellule du système immunitaire inné, résidente des tissus, qui joue un rôle central en faisant le lien entre immunité innée et adaptative. Elle passe d’un état immature à un état mature pour présenter des antigènes aux lymphocytes (voir critique).
- Maturation des cellules dendritiques : Processus par lequel une cellule dendritique immature, sentinelle, devient une cellule présentatrice d’antigène mature, capable d’initier la réponse adaptative. La maturation implique une augmentation de l’expression des molécules de présentation (CMH) et de co-stimulation (ex : CD80, CD86).
- Mécanismes de capture d’antigène : Moyens par lesquels la cellule dendritique internalise des antigènes, notamment par phagocytose, endocytose (reliée à des récepteurs spécifiques comme les récepteurs aux lectines ou FcγR) et macropinocytose (ingestion de liquide extracellulaire).
- Expression des récepteurs PRR : La cellule dendritique exprime divers récepteurs de reconnaissance du pattern (PRR), notamment TLR (Toll-like receptors) et NLR (Nod-like receptors), qui détectent des signaux de danger (DAMPs, MAMPs) pour activer la maturation et la réponse immunitaire (voir critique).
- Migration vers les ganglions : Déplacement des cellules dendritiques matures vers les ganglions lymphatiques, principalement via le récepteur CCR7 qui reconnaît les chimiokines CCL19 et CCL21, pour présenter les antigènes aux lymphocytes T.
📝 Points essentiels
- La cellule dendritique est une sentinelle des tissus, capable de détecter des signaux de danger via ses PRR (TLR, NLR) (voir critique).
- La maturation de la cellule dendritique se fait en réponse à la reconnaissance de DAMPs ou PAMPs, ou par stimulation cytokininique, ce qui augmente l’expression de molécules de présentation (CMH classe I et II) et de co-stimulation (CD80, CD86, CD40).
- La capture d’antigènes se fait principalement par endocytose, phagocytose ou macropinocytose, permettant la présentation croisée (antigène exogène présenté par CMH I).
- La migration vers les ganglions lymphatiques est essentielle pour initier la réponse adaptative, grâce à l’expression de CCR7 et la reconnaissance de CCL19/21.
- La transition de la phase immature à la phase mature est déclenchée par la reconnaissance de signaux de danger, permettant à la cellule dendritique de passer d’un rôle de sentinelle à celui de cellule présentatrice d’antigène.
💡 À retenir
Les cellules dendritiques, en passant d’un état immature à une cellule présentatrice mature, orchestrent la transition entre immunité innée et adaptative en détectant les signaux de danger, capturant les antigènes, et migrent vers les ganglions pour activer les lymphocytes T.
📖 7. Lymphocytes NK
🔑 Notions clés & Définitions
- Caractéristiques des lymphocytes NK : Issus de la lignée lymphoïde, ils possèdent des récepteurs invariants, ce qui signifie qu'ils ne recombinent pas leurs récepteurs comme les lymphocytes T ou B. Leur reconnaissance du « soi » repose sur la détection de molécules de CMH de classe I, permettant d’éviter l’auto-cytotoxicité (voir critique).
- Expression des marqueurs : Les lymphocytes NK expriment principalement NKp46, CD56, et CD16, tout en étant dépourvus de CD3 et CD19, ce qui les différencie des lymphocytes T et B (voir critique).
- Capacité de cytotoxicité naturelle : Ils possèdent une cytotoxicité innée, sans nécessiter d’immunisation préalable, ce qui leur permet d’éliminer rapidement les cellules infectées ou stressées (voir critique).
- Processus de maturation : La maturation des NK est régulée par la reconnaissance des molécules de CMH de classe I du soi, ce qui évite leur auto-cytotoxicité. La perte ou la modulation de ces molécules lors de stress ou infection active leur cytotoxicité (voir critique).
- Rôle dans la surveillance immunitaire : Les NK jouent un rôle clé dans la détection et l’élimination des cellules anormales, notamment infectées ou cancéreuses, en réponse rapide et sans activation spécifique préalable (voir critique).
📝 Points essentiels
- Les lymphocytes NK appartiennent à la lignée lymphoïde mais ont des récepteurs invariants, ce qui limite leur capacité de reconnaissance spécifique d’antigènes, contrairement aux lymphocytes T et B. Leur reconnaissance repose principalement sur l’équilibre entre récepteurs inhibiteurs et activateurs, notamment ceux qui interagissent avec le CMH de classe I (voir critique).
- La maturation des NK est un processus régulé par la reconnaissance du « soi » via les molécules de CMH : en situation normale, la présence de CMH inhibe leur activation, évitant ainsi la cytotoxicité contre les cellules saines. Lorsqu’une cellule stressée ou infectée modifie l’expression de ces molécules, cela peut entraîner leur activation (voir critique).
- La cytotoxicité des NK peut se faire par libération de perforines et de granzymes ou par induction de voies apoptotiques via des récepteurs comme FAS ou TRAIL. La régulation de cette cytotoxicité repose sur l’équilibre entre récepteurs inhibiteurs (KIR) et activateurs (KAR) (voir critique).
- La reconnaissance des cellules cibles repose sur deux mécanismes : la perte de molécules de CMH de classe I (« missing self ») ou la surexpression de molécules de stress (« induced self »). Ces mécanismes permettent aux NK de cibler spécifiquement les cellules anormales tout en épargnant les cellules saines (voir critique).
💡 À retenir
Les lymphocytes NK, issus de la lignée lymphoïde avec récepteurs invariants, jouent un rôle crucial dans la surveillance immunitaire innée, en détectant rapidement et en éliminant les cellules stressées ou infectées grâce à une reconnaissance régulée par l’équilibre entre récepteurs inhibiteurs et activateurs, sans besoin d’activation spécifique préalable.
📖 8. Mécanismes cytotoxicité NK
🔑 Notions clés & Définitions
-
Reconnaissance des cellules anormales : Processus par lequel les NK détectent des cellules infectées ou cancéreuses, notamment via la perte de molécules de CMH de classe I ou la surexpression de molécules de stress (ex : MICA). AUTEUR (date) : mécanisme majeur de surveillance immunitaire par les NK.
-
Rôle des récepteurs activateurs et inhibiteurs : Les NK possèdent des récepteurs qui régulent leur activité. Les inhibiteurs (ex : KIR) reconnaissent le CMH de classe I du soi pour éviter la cytotoxicité, tandis que les activateurs (ex : KAR) détectent des signaux de stress ou de danger, favorisant l'activation de la cellule NK. AUTEUR (date) : régulation fine de l’activité cytotoxique.
-
Élimination par libération de granules cytotoxiques : Mécanisme principal où les NK libèrent perforines et granzymes pour induire la lyse ou l’apoptose des cellules cibles. La perforine forme des pores, permettant aux granzymes de pénétrer et d’activer la mort cellulaire. AUTEUR (date) : voie majeure de cytotoxicité.
-
Mécanismes de cytotoxicité : Incluent la voie perforine/granzymes, l’activation des récepteurs de mort (Fas/Fas-L, TRAIL), et la sécrétion de cytokines comme IFN-γ, permettant une réponse rapide et modulée contre les cellules stressées ou infectées. AUTEUR (date) : diversité des voies d’élimination.
-
Surveillance immunitaire : Les NK jouent un rôle clé dans la détection et l’élimination des cellules anormales sans besoin d’activation préalable, assurant une protection immédiate contre les infections et la transformation tumorale. AUTEUR (date) : fonction essentielle dans l’immunité innée.
📝 Points essentiels
-
La reconnaissance des cellules infectées ou cancéreuses par les NK repose principalement sur la détection de la perte de molécules de CMH de classe I (mécanisme de "missing self") ou la surexpression de molécules de stress (ex : MICA) qui engagent des récepteurs activateurs (ex : KAR). La balance entre récepteurs inhibiteurs (KIR) et activateurs détermine l’activation ou l’inhibition de la NK.
-
La régulation de l’activité NK repose sur l’équilibre entre récepteurs inhibiteurs (KIR, qui reconnaissent le CMH de classe I du soi) et activateurs (ex : NKGD2, KAR). En cas de "missing self" (perte de CMH), l’inhibition est levée, favorisant la cytotoxicité. En cas de stress ou de danger, la surexpression de ligands pour les activateurs stimule la NK.
-
La cytotoxicité des NK se manifeste principalement par la libération de granules contenant perforines et granzymes, qui perforent la membrane cellulaire et induisent l’apoptose. D’autres mécanismes incluent l’activation de récepteurs de mort (Fas/Fas-L, TRAIL) et la sécrétion de cytokines (ex : IFN-γ) qui orientent la réponse immunitaire.
-
La surveillance immunitaire assurée par les NK permet une réponse immédiate contre les cellules infectées ou transformées, jouant un rôle crucial dans la défense innée, notamment en l’absence d’activation spécifique préalable.
💡 À retenir
Les NK détectent et éliminent rapidement les cellules anormales via un équilibre entre récepteurs inhibiteurs et activateurs, principalement par la libération de granules cytotoxiques, assurant une surveillance immunitaire efficace contre infections et cancers.
📊 Tableau de synthèse comparatif : Théorie du danger vs Immunité innée
| Critère | Immunité innée | Théorie du danger | Auteurs clés |
|---|
| Définition | Réponse rapide, immédiate, non spécifique | Activation du système immunitaire par signaux de danger | Janeway (1994), Matzinger (1994) |
| Mécanisme | Reconnaissance de motifs moléculaires (MAMPs, DAMPs) via PRR | Réponse aux signaux de danger plutôt qu'aux substances étrangères | Janeway, Matzinger |
| Signaux | MAMPs (microbes), DAMPs (cellules stressées) | Signaux de danger endogènes ou exogènes | Janeway, Matzinger |
| Récepteurs | PRR (TLR, NLR, autres) | PRR, notamment TLR | Janeway, Lemaitre |
| Localisation | Membrane, cytoplasme, endosomes | Détection de signaux de danger | Janeway, Matzinger |
| Objectif | Initier réponse inflammatoire, transition vers l’adaptative | Déclencher réponse immunitaire en cas de stress ou dommage | Janeway, Matzinger |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre MAMPs et DAMPs : MAMPs sont d’origine microbienne, DAMPs endogènes issus de cellules stressées ou nécrotiques.
- Croire que PRR ne reconnaissent que des agents infectieux : ils détectent aussi des signaux de stress tissulaire.
- Confondre TLR membranaires et endosomaux : localisation détermine le type de signal reconnu (externe vs acides nucléiques).
- Assimiler la réponse innée à une réponse spécifique : elle est rapide, non spécifique, contrairement à l’adaptative.
- Oublier que NF-kB est un facteur clé dans la cascade de signalisation des PRR.
- Confondre Matzinger et Janeway : Matzinger insiste sur les DAMPs, Janeway sur la reconnaissance des microbes.
- Penser que la reconnaissance des signaux de danger est uniquement exogène : elle inclut aussi des signaux endogènes (DAMPs).
✅ Checklist d'examen
- Connaître la définition de l’immunité innée et ses caractéristiques principales.
- Expliquer la théorie du danger de Janeway (1992) et ses implications pour la réponse immunitaire.
- Définir MAMPs et DAMPs, et leur rôle dans la reconnaissance du danger.
- Identifier les principaux récepteurs PRR, notamment les TLR, leur localisation et leur fonction.
- Décrire la découverte des TLR par Lemaitre (1996) et leur rôle dans la détection des agents infectieux.
- Expliquer la différence entre récepteurs solubles, d’endocytose et de signalisation.
- Détailler la cascade de signalisation initiée par les TLR, notamment NF-kB.
- Illustrer comment la reconnaissance des signaux de danger conduit à la production de cytokines inflammatoires.
- Connaître les exemples de TLR : TLR4 (LPS), TLR3 (ARN viral), TLR5 (flagelline).
- Comprendre le rôle des cellules dendritiques et des lymphocytes NK dans l’immunité innée.
- Connaître la distinction entre la reconnaissance exogène (microbes) et endogène (stress cellulaire).
- Savoir comment la théorie du danger explique la transition vers l’immunité adaptative.
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