Fiche de révision : Principes fondamentaux de la traumatologie maxillo-faciale

Plan du Cours

  1. Généralités traumatologie maxillo-faciale
  2. Urgences maxillo-faciales
  3. Urgences fonctionnelles
  4. Plaies organes nobles
  5. Plaies nerveuses et lacrymales
  6. Plaies canal de Sténon
  7. Plaies orificielles
  8. Luxations dentaires
  9. Fractures mandibulaires
  10. Fractures zygomatiques
  11. Fractures de Lefort
  12. Fractures centro-faciales

1. Généralités traumatologie maxillo-faciale

Notions clés & Définitions

  • Traumatismes maxillofaciaux fréquents : lésions touchant la région maxillo-faciale survenant souvent dans la population générale, notamment chez les hommes âgés de 18 à 25 ans (source : Dr Julie CHAUVEL-PICARD).
  • Profils à risque : principalement les hommes jeunes (18-25 ans), exposés à des causes telles que les accidents de la voie publique (AVP), rixes, sports, accidents domestiques, et incidents liés aux ballistiques (source : Dr Julie CHAUVEL-PICARD).
  • Causes principales : AVP, rixes, activités sportives, accidents domestiques, blessures par balles, qui constituent les principales étiologies des traumatismes maxillo-faciaux (source : Dr Julie CHAUVEL-PICARD).
  • Généralités : la traumatologie maxillo-faciale concerne des lésions tissulaires, osseuses, et des atteintes d’organes nobles, classifiées en urgences vitales, fonctionnelles, et esthétiques (source : Dr Julie CHAUVEL-PICARD).

Points essentiels

  • La majorité des traumatismes maxillo-faciaux concernent les hommes jeunes, surtout entre 18 et 25 ans.
  • Les causes principales sont liées à des comportements à risque ou des activités à danger : accidents de la route, rixes, sports, accidents domestiques, blessures par balles.
  • La traumatologie maxillo-faciale se divise en plusieurs niveaux d’urgence : vitales, fonctionnelles, esthétiques, nécessitant une prise en charge adaptée selon la gravité et la nature de la lésion.
  • La prise en charge en urgence doit respecter trois niveaux d’urgence : vitales, fonctionnelles, esthétiques, avec des principes spécifiques pour chaque type de lésion (source : Dr Julie CHAUVEL-PICARD).

À retenir

La traumatologie maxillo-faciale concerne principalement les jeunes hommes exposés à des causes variées telles que les accidents et les violences, nécessitant une évaluation rapide et adaptée selon la gravité des lésions.

2. Urgences maxillo-faciales

Notions clés & Définitions

  • Urgences vitales : Situations menaçant directement la vie du patient, nécessitant une intervention immédiate pour préserver la survie (voir section 3).
  • Urgences fonctionnelles : Plaies ou traumatismes compromettant la fonction essentielle des organes ou structures, telles que la respiration, la motricité faciale ou la vision, nécessitant une prise en charge rapide pour éviter des séquelles durables.
  • Urgences esthétiques : Traumatismes affectant l’aspect facial, avec risque de déformation ou de complication esthétique, notamment en cas de plaies transfixiantes, orificielles ou morsures de chien, ou présence de corps étrangers.
  • Priorisation des interventions : Organisation des soins en traumatologie maxillo-faciale selon le niveau d’urgence, en commençant par les situations vitales, puis fonctionnelles, et enfin esthétiques, pour optimiser la prise en charge globale.

Points essentiels

  • La traumatologie maxillo-faciale comporte trois niveaux d’urgence : vitales, fonctionnelles, esthétiques.
  • Les urgences vitales concernent la survie immédiate du patient, telles que l’obstruction des voies aériennes ou hémorragies majeures.
  • Les urgences fonctionnelles regroupent les atteintes d’organes nobles ou structures vitales, comme la paralysie faciale, les atteintes des voies lacrymales, du canal de Sténon, ou des plaies orificielles.
  • Les urgences esthétiques concernent principalement les plaies des parties molles, notamment en cas de morsures, de plaies transfixiantes ou de corps étrangers, avec un accent particulier sur la restauration de la morphologie faciale et la prévention des complications.
  • La prise en charge doit suivre une hiérarchie : traiter en priorité les urgences vitales, puis les urgences fonctionnelles, et enfin les urgences esthétiques, pour limiter les séquelles et assurer la sécurité du patient.

À retenir

Les urgences maxillo-faciales sont classifiées en trois niveaux (vitales, fonctionnelles, esthétiques), et leur prise en charge doit être priorisée selon la gravité pour préserver la vie, la fonction, puis l’aspect esthétique du patient.

3. Urgences fonctionnelles

Notions clés & Définitions

  • Traumatismes nécessitant une prise en charge immédiate : traumatismes qui mettent en jeu la fonction ou la vie, nécessitant une intervention urgente pour éviter des complications graves ou la perte de fonction.

  • Atteinte d'organe noble : lésion touchant un organe vital ou essentiel à la fonction faciale ou oculaire, comme le nerf facial, voies lacrymales, canal de Sténon, ou autres structures orificielles.

  • Plaies compliquées d’atteinte d’organe noble : blessures qui traversent ou endommagent ces structures vitales, pouvant entraîner des déficits fonctionnels ou esthétiques importants.

  • Voies lacrymales : conduits responsables de l’évacuation des larmes, situés dans la région canthale interne, pouvant être endommagés par des plaies.

  • Canal de Sténon : canal salivaire traversant la région jugale, responsable de l’écoulement salivaire, susceptible d’être lésé lors de traumatismes, entraînant un écoulement salivaire anormal.

  • Plaies orificielles : blessures touchant les orifices naturels (lèvres, narines, conduits auditifs externes), pouvant évoluer vers des sténoses ou complications infectieuses si mal traitées.

  • Luxations dentaires : déplacement anormal d’une dent hors de son alvéole, nécessitant une remise en place en urgence pour préserver la dent et la fonction masticatoire.

  • Fractures de mandibule : fractures osseuses du mandibule, pouvant compromettre la stabilité occlusale, la respiration ou la motricité, nécessitant une prise en charge rapide.

  • Fractures zygomatiques : fractures de l’os zygomatique, pouvant entraîner déformation ou troubles fonctionnels, nécessitant une réduction urgente.

  • Fractures de Lefort : fractures complexes du massif facial, classifiées en types I, II, III, pouvant compromettre la stabilité et la fonction faciale, nécessitant une réduction et une fixation rapides.

  • Fractures centro-faciales : fractures touchant plusieurs structures du centre du visage, incluant le nez, les orbites, et la base du crâne, pouvant entraîner des complications graves si non traitées en urgence.

Points essentiels

  • La prise en charge immédiate est cruciale pour les traumatismes touchant les organes nobles, voies lacrymales, canal de Sténon, ou les plaies orificielles, afin d’éviter des séquelles fonctionnelles ou esthétiques graves.

  • La recherche de paralysie faciale (signes de Charles Bell, disparition des rides, attraction des tissus mous) doit être systématique en cas de plaie de la région pré-auriculaire.

  • La réparation des voies lacrymales et du canal de Sténon doit respecter des principes microsurgicaux, avec microsutures sur cathéter, pour éviter fistules ou sténoses.

  • La remise en place des luxations dentaires doit être effectuée en urgence, en évitant de toucher le ligament alvéolaire, avec une contention semi-rigide et une reprise rapide de la mastication.

  • La prise en charge des fractures mandibulaires doit respecter la réduction par blocage inter-maxillaire, l’ostéosynthèse, et la rééducation, pour restaurer la fonction occlusale et éviter complications tardives.

  • La fracture du plancher de l’orbite ou des structures osseuses du massif facial doit être traitée rapidement pour éviter l’enophtalmie, la diplopie, ou complications neurologiques.

  • La gestion des plaies orificielles doit privilégier des sutures soigneuses et la mise en place d’un conformateur si nécessaire pour prévenir les sténoses.

À retenir

Les urgences fonctionnelles en traumatologie maxillo-faciale concernent principalement les lésions d’organes nobles, voies lacrymales, canal de Sténon, et plaies orificielles, où une prise en charge rapide et adaptée est essentielle pour préserver la fonction et l’esthétique faciale.

4. Plaies organes nobles

Notions clés & Définitions

  • Nerf facial : nerf responsable de la motricité des muscles faciaux, dont la paralysie peut être détectée par le signe de Charles Bell, la disparition des rides et l’attraction des tissus mous du côté sain. La plaie de la région pré-auriculaire doit faire rechercher une paralysie faciale. La microsuture en urgence est indiquée si la plaie n’est pas trop distale.

  • Voies lacrymales : conduits permettant l’évacuation des larmes, situés au tiers interne des paupières et région canthale interne. Leur atteinte peut entraîner un larmoiement. Le traitement repose sur des microsutures sur cathéter.

  • Canal de Sténon : canal salivaire traversant la région jugale, reliant la glande parotide à la cavité buccale. Plaies de ce canal se manifestent par un écoulement salivaire par la plaie, augmenté lors du massage de la parotide. Le traitement consiste en microsutures sur cathéter laissé en place pendant un mois.

  • Plaies orificielles : plaies situées au niveau des lèvres, narines, paupières ou conduits auditifs externes. Risque de sténose et de complications fonctionnelles. Le traitement implique des sutures soigneuses et éventuellement un conformateur.

Points essentiels

  • Atteinte du nerf facial : recherche d’une paralysie faciale avec signes cliniques précis. La microsuture en urgence est recommandée si la plaie n’est pas trop distale.

  • Voies lacrymales : plaies du tiers interne des paupières ou région canthale interne, responsables de larmoiement. La réparation doit être réalisée par microsutures sur cathéter.

  • Canal de Sténon : plaies traversant la ligne unissant le tragus au bord inférieur du nez, avec écoulement salivaire. La réparation consiste en microsutures sur cathéter, laissé en place un mois.

  • Plaies orificielles : localisation à risque de sténose, nécessitant des sutures précises et parfois un conformateur.

  • Principes de traitement en urgence : microsutures, fixation sur cathéter, mise en place prolongée, soin rigoureux pour éviter complications.

À retenir

Les plaies d’organe noble nécessitent une prise en charge urgente avec microsutures précises, afin de préserver la fonction et éviter les complications à long terme.

5. Plaies nerveuses et lacrymales

Notions clés & Définitions

  • Plaie du nerf facial : Plaie située dans la région pré-auriculaire, pouvant entraîner une paralysie faciale. La recherche de cette paralysie se base sur le signe de Charles Bell, la disparition des rides, et l’attraction des tissus mous du côté sain (source).
  • Plaie des voies lacrymales : Plaie du tiers interne des paupières ou région canthale interne, responsable d’un larmoiement excessif. Le traitement repose sur des microsutures sur cathéter (source).
  • Plaie du canal de Sténon : Plaie traversant la ligne unissant le tragus au bord inférieur de l’aile du nez, caractérisée par un écoulement salivaire et une augmentation lors du massage de la parotide. Le traitement consiste en microsutures sur un cathéter laissé en place pendant un mois (source).
  • Plaies orificielles : Plaies touchant lèvres, narines, paupières ou conduits auditifs externes, avec risque de sténose et nécessitant des sutures soigneuses et parfois un conformateur (source).

Points essentiels

  • La recherche d’une paralysie faciale est cruciale en urgence pour diagnostiquer une atteinte du nerf facial, notamment par le signe de Charles Bell, la disparition des rides, et l’attraction des tissus mous du côté sain.
  • La plaie du nerf facial, si non traitée rapidement, peut conduire à une paralysie faciale permanente. En cas de plaie non trop distale, le traitement d’urgence est la microsuture.
  • Les voies lacrymales peuvent être endommagées lors de plaies du tiers interne des paupières ou du canthale interne, provoquant un larmoiement. Leur réparation nécessite des microsutures sur cathéter.
  • La plaie du canal de Sténon se manifeste par un écoulement salivaire, surtout lors du massage de la parotide, et doit être traitée par microsutures sur cathéter, laissé en place un mois.
  • Les plaies orificielles comportent un risque de sténose, nécessitant des sutures précises et parfois un conformateur pour éviter la cicatrisation contracturée.

À retenir

La prise en charge microschirurgicale rapide des plaies nerveuses et lacrymales est essentielle pour prévenir la paralysie faciale permanente et les sténoses, en recherchant systématiquement une paralysie faciale ou une lésion lacrymale lors de toute plaie faciale.

6. Plaies canal de Sténon

Notions clés & Définitions

  • Canal de Sténon : canal excréteur de la glande parotide, situé à proximité du tragus, traversant la joue pour s’ouvrir dans la cavité buccale au niveau de la face vestibulaire de la deuxième molaire maxillaire. (source : contenu fourni)
  • Plaies du canal de Sténon : lésions traumatiques traversant ou atteignant ce canal, généralement situées dans la région jugale, traversant la ligne unissant le tragus au bord inférieur de l’aile du nez. (source : contenu fourni)
  • Écoulement salivaire : fuite de salive par la plaie du canal de Sténon, pouvant augmenter lors du massage de la glande parotide. (source : contenu fourni)
  • Traitement par microsutures et cathéter : technique chirurgicale consistant à réaliser des microsutures sur la plaie du canal, associée à la mise en place d’un cathéter laissé en place pendant un mois pour assurer la continuité du canal et éviter la fistule salivaire. (source : contenu fourni)
  • Risque de fistule salivaire : complication possible si la plaie du canal de Sténon n’est pas correctement traitée, entraînant une fuite persistante de salive à travers la peau ou la muqueuse, pouvant nécessiter une nouvelle intervention. (source : contenu fourni)

Points essentiels

  • La plaie du canal de Sténon se situe dans la région jugale, traversant la ligne unissant le tragus au bord inférieur de l’aile du nez.
  • Elle se manifeste par un écoulement salivaire par la plaie, souvent augmenté lors du massage de la glande parotide.
  • Le traitement consiste en des microsutures soigneuses de la plaie, associées à la mise en place d’un cathéter laissé en place pendant environ un mois.
  • La mise en place du cathéter permet de maintenir la continuité du canal salivaire, réduisant le risque de fistule salivaire.
  • La complication principale en cas de traitement inadéquat est la fistule salivaire, qui peut nécessiter une nouvelle intervention.

À retenir

Les plaies du canal de Sténon, localisées dans la région jugale, doivent être traitées rapidement par microsutures et cathéter pour éviter la fistule salivaire, complication fréquente en cas de prise en charge inadéquate.

7. Plaies orificielles

Notions clés & Définitions

  • Plaies orificielles : lésions traumatiques touchant les régions anatomiques orificielles du visage, notamment lèvres, narines, paupières, conduits auditifs externes. Leur localisation influence le risque de sténose et de complications fonctionnelles ou esthétiques.

  • Risques de sténose : complication pouvant survenir après une réparation inadaptée ou une cicatrisation excessive, entraînant un rétrécissement de l’orifice, pouvant compromettre la respiration, la vision ou la fonction auditive.

  • Principes de suture et de réparation : sutures soigneuses pour assurer une cicatrisation optimale, en respectant l’anatomie locale, avec éventuellement un conformateur pour maintenir la forme de l’orifice, et une réparation adaptée à la localisation spécifique.

  • Particularités des plaies lèvres : risque de déformation, de perte de substance, nécessitant une réparation précise pour préserver la fonction de la bouche et l’esthétique faciale.

  • Particularités des plaies narines : risque de sténose nasale, de déviation ou de cicatrices hypertrophiques, nécessitant une suture minutieuse et parfois une reconstruction pour préserver la perméabilité et l’aspect esthétique.

  • Particularités des plaies paupières : risque de cicatrice asymétrique, de rétraction ou de ptosis, avec importance d’une réparation fine pour préserver la fonction oculaire et l’aspect esthétique.

  • Particularités des plaies conduits auditifs externes : risque de sténose ou de fistule, pouvant entraîner une perte auditive, nécessitant une réparation précise pour restaurer la continuité du conduit.

Points essentiels

  • La localisation des plaies orificielles détermine le risque de sténose et influence la technique de réparation.

  • La réparation doit respecter l’anatomie locale, avec des sutures précises pour éviter la rétraction cicatricielle.

  • La réparation des lèvres doit préserver la continuité cutanée et muqueuse, en évitant la déformation.

  • La réparation des narines doit assurer la perméabilité nasale, en évitant la cicatrice hypertrophique ou la sténose.

  • La réparation des paupières doit préserver la symétrie et la fonction de fermeture de l’œil.

  • La réparation des conduits auditifs doit garantir la perméabilité pour éviter une perte auditive.

  • La mise en place d’un conformateur ou d’un dispositif de maintien peut être nécessaire pour éviter la rétraction ou la déformation.

À retenir

Les plaies orificielles nécessitent une réparation précise et adaptée à leur localisation pour prévenir les risques de sténose, de déformation et de dysfonctionnement, tout en respectant l’anatomie et l’esthétique faciale.

8. Luxations dentaires

Notions clés & Définitions

  • Luxation dentaire : Déplacement anormal de la dent dans son alvéole, caractérisé par une mobilité excessive et un déplacement de la dent. La dent peut s’enfoncer (ingression) ou ressortir (égrression) de l’alvéole. (source : généralités)

  • Ingression : Déplacement de la dent vers l’intérieur de l’alvéole, avec enfoncement de la dent dans l’os.

  • Egression : Déplacement de la dent vers l’extérieur de l’alvéole, avec sortie partielle ou totale de la dent.

  • Reimplantation : Intervention d’urgence visant à remettre la dent en place, en évitant de toucher le ligament alvéolaire, puis à la fixer temporairement.

  • Fixation et contention : La dent réimplantée doit être fixée avec un appareil, préférentiellement semi-rigide, pour assurer sa stabilité et permettre une mise en charge rapide.

Points essentiels

  • La prise en charge en urgence consiste à remettre la dent en place si possible, en évitant de toucher le ligament alvéolaire, puis à la fixer avec un système semi-rigide.

  • La fixation doit permettre une mise en charge rapide : alimentation normale, brossage, etc.

  • La contention semi-rigide est privilégiée pour assurer la stabilité de la dent réimplantée.

  • La réussite du repositionnement dépend de l’état gingival, alvéolaire, et de la dent elle-même.

  • La technique de réimplantation doit respecter la précaution de ne pas toucher le ligament alvéolaire, et inclut un lavage ou aspiration douce de l’alvéole.

À retenir

La gestion d'une luxation dentaire en urgence repose sur la remise en place rapide de la dent, en évitant de toucher le ligament alvéolaire, puis sur une fixation adaptée pour favoriser la consolidation et permettre une reprise normale de la fonction masticatoire.

9. Fractures mandibulaires

Notions clés & Définitions

  • Fracture mandibulaire : rupture de l’os mandibulaire à un ou plusieurs endroits, pouvant affecter différentes régions de la mandibule (symphyse, branche, condyle, angle, etc.). La localisation influence les signes cliniques et le traitement (source : généralités).
  • Signes cliniques : douleur, mobilité anormale des fragments, déformation, limitation de l’ouverture buccale, hypoesthésie ou anesthésie labio-mentonnière (signe de Vincent), présence de plaies ou hématomes, troubles de l’occlusion.
  • Examens complémentaires : principalement la TDM du massif facial, considérée comme l’imagerie gold standard, permettant une visualisation précise des fractures dans tous les plans, en 3D ou en coupes coronales. La panoramique dentaire peut être utilisée pour la mandibule, mais la TDM offre une meilleure précision.
  • Particularités selon la région fracturée :
    • Symphyse : fracture médiane ou paramédiane, parfois bilatérale, pouvant entraîner une glossoptose et obstruer les voies respiratoires.
    • Branche horizontale et angle : souvent par choc direct, avec risque de paralysie du nerf alvéolaire inférieur, trismus, déchirure muqueuse, hématome.
    • Branche montante : zone de matelassage musculaire, rarement déplacée, douleur et trismus possibles.
    • Condyle : souvent par choc indirect, avec ou sans déplacement, signes de raccourcissement de la branche montante, déviation lors de l’ouverture, douleur ATM, plaie du CAE.
  • Importance de l’imagerie : essentielle pour confirmer la localisation, l’orientation, le déplacement, et pour planifier la réduction et l’ostéosynthèse.

Points essentiels

  • La localisation de la fracture influence le tableau clinique, notamment la présence de signes neurologiques (hypoesthésie labio-mentonnière) ou de troubles de l’occlusion.
  • La fracture de la symphyse peut présenter une forme particulière, comme la glossoptose, nécessitant une urgence vitale pour restaurer la perméabilité des voies aériennes.
  • La fracture du condyle est suspectée devant tout impact mentonnier, avec des signes cliniques spécifiques : déviation lors de l’ouverture buccale, douleur, plaie du CAE.
  • La palpation exobuccale et endobuccale permet d’évaluer la mobilité, la douleur, et la déformation.
  • La TDM est indispensable pour une visualisation précise, notamment dans les fractures complexes ou comminutives.
  • La prise en charge doit viser la restauration de l’articulé dentaire, la stabilité osseuse, et la fonction mandibulaire, en respectant les principes de réduction et d’ostéosynthèse.

À retenir

Les fractures mandibulaires, selon leur localisation, présentent des signes cliniques spécifiques et nécessitent une imagerie précise, principalement la TDM, pour un diagnostic fiable et une prise en charge adaptée.

10. Fractures zygomatiques

Notions clés & Définitions

  • Fractures zygomatiques : fractures de l’os zygomatique, souvent associées à une déformation faciale, pouvant entraîner des troubles esthétiques et fonctionnels.
  • Symptômes cliniques : œdème, hématome en monocle, effacement de la pommette, hémorragie sous-conjonctivale, dystopie canthale externe, limitation d’ouverture buccale, enophtalmie, hypoesthésie ou anesthésie du territoire du nerf infra-orbitaire.
  • Signes directs en imagerie : décalage osseux sur la margelle infra-orbitaire, rupture du cintre zygomato-malaire, diastasis de la suture zygomato-malaire.
  • Signes indirects en imagerie : asymétrie des contours orbitaires, opacité du sinus maxillaire.
  • Objectifs esthétiques : restaurer la symétrie faciale.
  • Objectifs fonctionnels : restaurer l’ouverture buccale, l’oculomotricité, la sensibilité.
  • Principes de traitement : réduction par voie percutanée à l’aide d’un crochet de Ginestet, contention par ostéosynthèse par plaque miniaturisée si fracture instable, exploration du plancher de l’orbite.

Points essentiels

  • La fracture du zygoma se manifeste par des signes cliniques visibles (œdème, hématome en monocle, déformation) et des troubles fonctionnels (limitation de l’ouverture buccale, enophtalmie).
  • L’imagerie, notamment la TDM ou le cone beam, est essentielle pour confirmer le diagnostic, en montrant des signes directs (décalage, rupture) et indirects (asymétrie orbitale).
  • La réduction doit être réalisée par voie percutanée à l’aide d’un crochet de Ginestet.
  • La contention peut nécessiter une ostéosynthèse par plaque miniaturisée si la fracture est instable après réduction.
  • La réparation doit également explorer le plancher de l’orbite pour éviter complications.

À retenir

La prise en charge des fractures zygomatiques vise à restaurer l’aspect esthétique et la fonction faciale par réduction précise et contention adaptée, en utilisant l’imagerie pour guider le traitement.

11. Fractures de Lefort

Notions clés & Définitions

  • Fractures de Lefort : fractures centro-faciales impliquant différents niveaux de décollement ou de fracture de la face, classifiées en Lefort I, II, et III selon leur localisation et leur étendue (voir section 12).
  • Fracture de Lefort I : fracture horizontale de l’os maxillaire, séparant la partie inférieure du reste du massif facial, passant au niveau de l’arcade palatine et du processus ptérygoïde.
  • Fracture de Lefort II : fracture pyramidale, impliquant la partie médiane du visage, avec décollement de l’étage moyen, incluant le nez, les os nasaux, et les parois orbitaires.
  • Fracture de Lefort III : fracture du plancher orbitaire, séparant la face du crâne, avec décollement de tout l’étage moyen, souvent associée à une instabilité majeure.
  • Signes cliniques : œdème, ecchymoses, déformation, mobilité anormale, troubles de l’occlusion, rhinorrhée, signes oculaires (enophtalmie, diplopie).
  • Imagerie : TDM (scanner) en coupes coronales, souvent complété par un test de Lancaster pour les parois orbitaires (voir section 12).
  • Traitement chirurgical : réduction par blocage inter-maxillaire, ostéosynthèse par plaques miniaturisées, exploration et suture de toute brèche ostéo-méningée, alimentation molle pendant 45 jours.
  • Complications possibles : infection, retard de consolidation, pseudarthroses, troubles occlusaux, syndrome algodystrophique, enophtalmie, troubles oculomoteurs, rhinorrhée de LCR, méningite.
  • Différenciation avec autres fractures centro-faciales : les fractures de Lefort se distinguent par leur localisation précise et leur étendue, notamment par la séparation de la face du crâne (voir section 12).

Points essentiels

  • La classification en Lefort I, II, III repose sur la localisation et l’étendue des fractures, avec une progression de la simple fracture horizontale à la fracture du plancher orbitaire.
  • Les signes cliniques incluent œdème, ecchymoses, déformation, troubles de l’occlusion, et signes oculaires (enophtalmie, diplopie).
  • L’imagerie de référence est la TDM en coupes coronales, permettant de visualiser précisément la fracture et de guider la réduction.
  • La réduction doit être guidée par l’articulé dentaire, avec fixation par ostéosynthèse.
  • La prise en charge doit aussi prévoir la réparation des brèches ostéo-méningées et la gestion des complications.
  • La prévention des complications repose sur une intervention précoce, une technique chirurgicale adaptée, et une surveillance post-opératoire rigoureuse.

À retenir

Les fractures de Lefort sont des fractures centro-faciales graves, caractérisées par leur localisation précise et leur impact fonctionnel et esthétique, nécessitant une prise en charge chirurgicale adaptée pour restaurer la stabilité, la fonction et l’harmonie faciale.

12. Fractures centro-faciales

Notions clés & Définitions

  • Fractures centro-faciales : fractures touchant la région centrale du visage, comprenant notamment les os du nez, les structures orbito-maxillo-fronto-ethmoïdales, et pouvant s'étendre aux structures adjacentes (voir section 11). Elles impliquent souvent une atteinte complexe des os du visage, avec des conséquences esthétiques et fonctionnelles importantes.
  • Fracture de Lefort : classification des fractures centro-faciales selon leur étendue et leur localisation, avec des types I, II, et III, correspondant à des fractures de plus en plus étendues (voir section 11).
  • CNEMFO : complexe naso-ethmoïdo-fronto-orbitaire, désignant une fracture étendue du nez et des structures adjacentes, pouvant s'étendre aux parois internes des orbites ou à la base du crâne (voir section 11).

Points essentiels

  • La prise en charge des fractures centro-faciales doit respecter des principes de réduction, de contention, et de reconstruction pour restaurer la morphologie et la fonction du visage.
  • La complexité des fractures centro-faciales réside dans leur étendue, leur association avec d’autres lésions, et leur impact sur la respiration, la vision, et l’occlusion dentaire.
  • La prise en charge globale implique un interrogatoire précis sur les circonstances du trauma, un examen clinique détaillé (inspection, palpation, examen endobuccal), et des examens paracliniques (notamment scanner en coupes coronales).
  • La gestion des fractures de l’étage supérieur, du sinus frontal, et du toit orbitaire nécessite une approche chirurgicale adaptée pour éviter complications et séquelles.
  • La relation avec d’autres fractures faciales, telles que celles de la mandibule ou zygomatiques, est essentielle pour une prise en charge cohérente et efficace.

À retenir

Les fractures centro-faciales sont des lésions complexes nécessitant une approche multidisciplinaire pour restaurer à la fois l’esthétique et la fonction faciale, en respectant des principes précis de réduction, de contention et de reconstruction.

Tableaux de Synthèse

ThèmePoints clésAuteur/Source
Traumatismes maxillo-faciauxFréquence chez jeunes hommes (18-25 ans), causes principales : AVP, rixes, sports, accidents domestiques, ballesDr Julie CHAUVEL-PICARD
Urgences maxillo-facialesTrois niveaux : vitales, fonctionnelles, esthétiques. Priorité : vitales > fonctionnelles > esthétiquesDr Julie CHAUVEL-PICARD
Urgences fonctionnellesAtteinte organes nobles, voies lacrymales, canal de Sténon, plaies orificielles, luxations, fracturesDr Julie CHAUVEL-PICARD

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre urgence vitale avec urgence fonctionnelle ou esthétique lors de la prise en charge initiale.
  2. Sous-estimer l’importance des plaies orificielles ou des lésions du canal de Sténon, pouvant entraîner des sténoses ou fistules.
  3. Négliger la recherche systématique de paralysie faciale en cas de plaie de la région pré-auriculaire.
  4. Mal réaliser la réduction ou la contention des luxations dentaires, compromettant la survie de la dent.
  5. Omettre la prise en charge rapide des fractures mandibulaires ou zygomatiques pour éviter complications fonctionnelles ou esthétiques.
  6. Confondre fracture de Lefort de type I, II, ou III, ou ne pas reconnaître leur gravité.
  7. Négliger la réparation microschirurgicale des voies lacrymales ou du canal de Sténon.
  8. Traiter une plaie orificielle sans sutures précises ou sans conformateur, augmentant le risque de sténoses.
  9. Ignorer la nécessité d’une réduction en urgence pour les fractures centro-faciales.
  10. Confondre les différentes causes de traumatismes maxillo-faciaux ou leur profil à risque.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition et la fréquence des traumatismes maxillo-faciaux selon Dr Julie CHAUVEL-PICARD.
  2. Identifier les causes principales des traumatismes : AVP, rixes, sports, accidents domestiques, balles.
  3. Savoir classer les urgences maxillo-faciales en trois niveaux : vitales, fonctionnelles, esthétiques.
  4. Définir une urgence vitale en traumatologie maxillo-faciale (obstruction des voies aériennes, hémorragie majeure).
  5. Expliquer la prise en charge des urgences fonctionnelles : atteinte d’organe noble, voies lacrymales, canal de Sténon, plaies orificielles.
  6. Connaître la gestion des luxations dentaires en urgence.
  7. Maîtriser la réduction et la fixation des fractures mandibulaires.
  8. Identifier les fractures de Lefort et leur classification.
  9. Comprendre la réparation microschirurgicale des voies lacrymales et du canal de Sténon.
  10. Savoir reconnaître une paralysie faciale et ses signes cliniques.
  11. Connaître les principes de traitement des fractures zygomatiques et centro-faciales.
  12. Vérifier la maîtrise des principes de sutures et de mise en place de conformateurs pour les plaies orificielles.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Principes fondamentaux de la traumatologie maxillo-faciale avec 12 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment doit-on appliquer la prise en charge des plaies du nerf facial et des voies lacrymales en situation d'urgence maxillo-faciale ?

2. Quelle est la caractéristique principale permettant d’identifier une plaie du nerf facial lors d’un traumatisme maxillo-facial ?

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Traumatismes maxillo-faciaux — fréquence ?

Fréquents chez jeunes hommes 18-25 ans.

Profils à risque — principaux ?

Jeunes hommes 18-25 ans, causes : accidents, rixes, sports.

Causes principales — traumatismes ?

AVP, rixes, sports, accidents domestiques, balles.

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