Fiche de révision : Fonctionnement du tube digestif des ruminants

Plan du Cours

  1. Classification du tube digestif
  2. Estomacs ruminants
  3. Microbiote ruminal
  4. Motricité du rumen
  5. Fermentation microbienne
  6. Digestion des glucides
  7. Métabolisme énergétique
  8. Pathologies digestives
  9. Absorption intestinale
  10. Cycle de digestion

1. Classification du tube digestif

Notions clés & Définitions

  • Auto-enzymatiques : Se dit d’un organisme dont le tube digestif possède ses propres enzymes pour dégrader les aliments.
    Exemples : mammifères (homme, porc), volailles.

  • Allo-enzymatiques : Organismes dont la digestion dépend partiellement d’enzymes bactériennes ou microbiennes.
    Exemples : ruminants, certains non-ruminants comme le kangourou.

  • Ruminants : Animaux ayant un estomac composé de quatre compartiments (réservoirs fermentaires) permettant la fermentation microbienne préalable à la digestion.
    Exemples : bovins, ovins, caprins.

  • Fermentateurs après le vrai estomac : Animaux dont la fermentation microbienne a lieu après l’estomac vrai, souvent dans le caecum ou le colon.
    Exemples : lapins, chevaux.

  • Estomacs (réticulum, rumen, omasum, abomasum) : Compartiments spécifiques du système digestif des ruminants, chacun ayant une fonction précise dans la fermentation, la réduction des particules, ou la digestion acide.

  • pH ruminal : Acidité du rumen, généralement entre 5,8 et 6,4, influençant la fermentation microbienne et la santé du rumen.

Points essentiels

  • La classification du tube digestif repose sur la présence d’enzymes propres ou bactériennes, et sur la localisation de la fermentation microbienne.
  • Les ruminants fermentent principalement dans le rumen, qui est un grand compartiment avec un pH légèrement acide, favorisant la croissance bactérienne.
  • La digestion microbienne permet la dégradation de la cellulose et de l’hémicellulose, essentielles pour l’exploitation des fourrages.
  • La motricité du système digestif, notamment dans le rumen, est régulée par des mouvements cycliques (cycles primaires et secondaires).
  • La production de gaz (méthane, CO2) est un sous-produit de la fermentation microbienne.

À retenir

La classification du tube digestif distingue principalement les animaux auto-enzymatiques et allo-enzymatiques, avec une organisation spécifique chez les ruminants permettant une fermentation microbienne préalable à la digestion, essentielle pour leur alimentation à base de fibres.

2. Estomacs ruminants

Notions clés & Définitions

  • Ruminant : Mammifère herbivore doté d’un estomac à quatre compartiments (réticulum, rumen, omasum, abomasum) permettant la fermentation microbienne de la matière végétale.
  • Rumen (panse) : Premier et plus volumineux compartiment du estomac ruminant, site principal de fermentation microbienne, volume entre 150-240 L, pH 5,8-6,4.
  • Fermentation microbienne : Processus anaérobie où bactéries, protozoaires et fungi dégradent la cellulose, l’hémicellulose, et autres glucides complexes en acides gras volatils (AGV), gaz (méthane, CO2), et autres métabolites.
  • Rumination : Processus de régurgitation, mastication et re-mastication de la nourriture, permettant la réduction de la taille des particules et la stimulation de la fermentation.
  • Gaz du rumen : Principalement CO2 et méthane, produits lors de la fermentation microbienne, pouvant atteindre 600-1100 L/jour.
  • Abomasum : Vrai estomac du ruminant, similaire à celui des monogastriques, sécrétant acide chlorhydrique et enzymes pour la digestion protéique.

Points essentiels

  • La digestion des ruminants repose sur la fermentation microbienne dans le rumen, permettant de dégrader la cellulose et produire des AGV, source principale d’énergie.
  • La motricité du réticulo-rumen, contrôlée par des hormones digestives, favorise le mélange, la régurgitation et l’expulsion des gaz.
  • La dégradation microbienne des glucides et protéines suit une cinétique spécifique, influencée par le pH, la nature du substrat, et la température.
  • La rumination est essentielle pour la réduction des particules, la stimulation de la fermentation, et la production de salive riche en bicarbonates, qui tamponnent le pH du rumen.
  • La production de gaz (méthane, CO2) est un sous-produit majeur de la fermentation, ayant des implications environnementales.
  • La digestion post-ruminale dans l’intestin grêle permet l’absorption des acides gras, glucose, et autres nutriments issus de la rumination.

À retenir

Les estomacs ruminants, grâce à leur compartimentation et à la fermentation microbienne, leur permettent d’exploiter efficacement la cellulose végétale, mais nécessitent une gestion fine de la motricité, de la rumination et de l’équilibre microbien pour une digestion optimale.

3. Microbiote ruminal

Notions clés & Définitions

  • Microbiote ruminal : ensemble des micro-organismes (bactéries, protozoaires, fungi, archées) présents dans le rumen, participant à la fermentation des aliments et à la digestion des fibres végétales.
  • Bactéries cellulolitiques : bactéries capables de dégrader la cellulose, constituant principal des parois végétales, essentielles à la fermentation de la fibre dans le rumen.
  • Archées méthanogènes : micro-organismes archaïques produisant du méthane en utilisant l’hydrogène et le dioxyde de carbone issus de la fermentation microbienne.
  • Acides gras volatils (AGV) : principaux métabolites de la fermentation microbienne, source majeure d’énergie pour le ruminant (acétate, propionate, butyrate).
  • Fermentation microbienne : processus anaérobie par lequel les microbes décomposent les glucides complexes en AGV, gaz (méthane, dioxyde de carbone) et autres métabolites.
  • Dégradation des constituants organiques : étape où les microbes hydrolysent et fermentent les protéines, glucides (cellulose, hemicellulose, amidon) pour produire des métabolites utilisables par l’animal.

Points essentiels

  • Le microbiote ruminal est crucial pour la digestion des fibres végétales, permettant aux ruminants d’exploiter des ressources végétales difficiles à digérer.
  • La fermentation microbienne produit des AGV, qui sont absorbés par la paroi du rumen et représentent la principale source d’énergie.
  • La production de gaz (méthane, CO2) résulte de l’activité microbienne, notamment des archées méthanogènes.
  • La composition du microbiote varie selon l’alimentation, le stade physiologique et la santé de l’animal.
  • La balance microbienne doit être équilibrée pour éviter des troubles comme l’acidose ou le ballonnement.
  • La dégradation des glucides pariétaux (cellulose, hemicellulose) suit une cinétique spécifique influencée par le pH, la nature de l’aliment, et la temps d’incubation.

À retenir

Le microbiote ruminal est un écosystème complexe et dynamique, essentiel à la digestion des fibres et à la production d’énergie, dont l’équilibre est vital pour la santé et la performance du ruminant.

4. Motricité du rumen

Notions clés & Définitions

  • Motricité ruminale : Ensemble des mouvements musculaires du rumen permettant la régulation du transit, de la fermentation et de la régurgitation des aliments. Elle inclut la contraction des muscles lisses du rumen pour mélanger et propulser le contenu.

  • Cycle primaire : Mouvement de contraction rythmée du rumen, favorisant la fermentation microbienne et la circulation des digesta. Il se produit environ 1800 cycles par jour chez le ruminant.

  • Cycle secondaire : Mouvements de régurgitation, de remastication et de remastication du contenu ruminal, permettant la réduction des particules et la digestion mécanique.

  • Éructation : Processus d’expulsion des gaz produits par la fermentation microbienne dans le rumen, essentiel pour éviter la distension et l’indigestion.

  • Contrôle nerveux et hormonal : Mécanismes régulant la motricité ruminale, impliquant le système nerveux intrinsèque et extrinsèque, ainsi que des hormones digestives comme la sécrétine ou la cholecystokinine (CCK).

  • Vidange du rumen : Transfert du contenu du rumen vers l’abomasum ou vers d’autres parties du tube digestif, régulé par la motricité et le pH ruminal.

Points essentiels

  • La motricité du rumen est essentielle pour assurer une fermentation optimale, une régulation du pH, et une évacuation efficace des gaz.
  • Les mouvements rythmiques (cycles primaires) favorisent le mélange du contenu, la fermentation microbienne, et la régurgitation pour la mastication.
  • La régulation nerveuse et hormonale permet d’adapter la motricité en fonction de la nature et de la quantité d’aliments ingérés.
  • La production de gaz (méthane, dioxyde de carbone) est directement liée à la motricité et à l’activité microbienne.
  • La vidange du rumen doit être équilibrée pour éviter la surdistension ou l’acidose ruminale.
  • La motricité est influencée par le pH ruminal, la composition de la ration, et le cycle circadien.

À retenir

La motricité du rumen, régulée par des mouvements cycliques et hormonaux, est cruciale pour la fermentation microbienne, la régulation du pH et la digestion efficace chez les ruminants. Son bon fonctionnement garantit la santé digestive et la productivité de l’animal.

5. Fermentation microbienne

Notions clés & Définitions

  • Fermentation microbienne : Processus métabolique anaérobie où des microorganismes dégradent des substrats organiques, produisant principalement des gaz, acides et alcool. Essentielle chez certains ruminants pour la digestion des fibres.

  • Rumen (panse) : Premier estomac des ruminants, riche en micro-organismes (bactéries, protozoaires, fungi) qui fermentent les aliments, notamment la cellulose, pour produire des acides gras volatils (AGV) et du méthane.

  • Micro-organismes du rumen : Bactéries cellulolytiques (dégradent la cellulose), amylolytiques (amidon), protéolytiques (protéines), méthanogènes (produisent du méthane), protozoaires (phagocytent et fermentent).

  • Gaz de fermentation : Principalement méthane (CH₄) et dioxyde de carbone (CO₂), produits lors de la fermentation microbienne, pouvant atteindre 600 à 1100 litres par jour chez le ruminant.

  • Cinétique de dégradation : Vitesse à laquelle les glucides et autres composants organiques sont hydrolysés et fermentés dans le rumen, influencée par pH, nature du substrat et activité microbienne.

  • Cétose (acétonémie) : Trouble métabolique résultant d’un déficit en glucose, souvent lié à une fermentation inadéquate ou à une mobilisation excessive des graisses, caractérisée par une accumulation de corps cétoniques.

Points essentiels

  • La fermentation microbienne dans le rumen permet la digestion des fibres végétales difficiles à digérer pour les monogastriques, grâce à l’action spécifique des bactéries et protozoaires.

  • La production de gaz (méthane, CO₂) est une conséquence inévitable de la fermentation, avec un impact environnemental notable.

  • La vitesse de dégradation des glucides dépend du pH, de la nature du substrat (fourrage, concentrés) et de la composition microbienne, notamment des bactéries cellulolytiques.

  • La régulation du pH du rumen est cruciale : un pH trop bas (acidose) ou trop élevé (alcalose) perturbe la fermentation et peut entraîner des troubles métaboliques.

  • La fermentation microbienne produit des AGV (acétyl-CoA, acétate, propionate, butyrate) qui sont absorbés pour fournir de l’énergie à l’animal.

  • La dégradation des protéines et des glucides dans le rumen suit des cinétiques spécifiques, influencées par la nature du substrat et le pH.

À retenir

La fermentation microbienne dans le rumen est un processus clé permettant aux ruminants de convertir des fibres végétales en énergie, tout en produisant des gaz à enjeux environnementaux, et sa régulation est essentielle pour la santé et la productivité animale.

6. Digestion des glucides

Notions clés & Définitions

  • Glucides : Composés organiques constitués de carbone, hydrogène et oxygène, source principale d’énergie pour les animaux. Exemples : amidon, cellulose, saccharose.
  • Fermentation microbienne : Processus par lequel les microorganismes du rumen dégradent les glucides complexes en acides gras volatils (AGV), gaz et autres métabolites.
  • Acides gras volatils (AGV) : Produits principaux de la fermentation ruminale, notamment l’acétate, le propionate et le butyrate, qui servent de sources d’énergie pour l’animal.
  • Cétose (ou acétonémie) : Trouble métabolique dû à un déficit en glucose, caractérisé par une accumulation de corps cétoniques dans le sang, souvent chez les vaches en lactation.
  • Néoglucogénèse : Processus de synthèse de glucose à partir de substrats non glucidiques (aminoacides, acides gras) chez les ruminants, en réponse à un déficit glucidique.
  • pH ruminal : Niveau d’acidité dans le rumen, essentiel pour la fermentation microbienne ; un pH trop bas (acidose) ou trop élevé (alcalose) perturbe la digestion.

Points essentiels

  • La digestion des glucides varie selon leur nature :
    • Cellulose et hémicellulose : dégradées par la fermentation microbienne dans le rumen, produisant principalement de l’acétate.
    • Amidons : hydrolysés rapidement en glucose, fermentés en AGV ou absorbés directement dans l’intestin.
  • La fermentation microbienne dans le rumen produit des AGV essentiels, mais aussi du méthane, un gaz à effet de serre.
  • La balance du pH ruminal doit être maintenue entre 5,8 et 6,4 pour une fermentation optimale.
  • En cas de déficit en glucides, l’organisme peut recourir à la néoglucogénèse pour maintenir la glycémie.
  • La cétose résulte d’un déséquilibre entre la production et l’utilisation du glucose, souvent chez les vaches en lactation intensive.
  • La dégradation des glucides pariétaux (cellulose) est plus lente que celle des amidons, influençant la vitesse de fermentation.

À retenir

La digestion des glucides chez les ruminants repose principalement sur la fermentation microbienne dans le rumen, produisant des AGV comme source d’énergie, tandis que chez les monogastriques, elle se fait principalement dans l’intestin grêle par hydrolyse enzymatique. Un équilibre du pH ruminal est crucial pour optimiser cette fermentation et éviter les troubles métaboliques.

7. Métabolisme énergétique

Notions clés & Définitions

  • Métabolisme : ensemble des réactions chimiques permettant à un organisme de maintenir la vie, incluant l'anabolisme (construction) et le catabolisme (dégradation).
  • Respiration cellulaire : processus catabolique oxydatif permettant de produire de l'énergie (ATP) à partir du glucose et de l'oxygène.
  • Fermentation : processus anaérobie de dégradation des glucides produisant de l'énergie (ATP) sans oxygène, avec production de métabolites comme l'acide lactique ou l'éthanol.
  • Glucose : principal carburant énergétique des cellules, synthétisé ou absorbé, utilisé dans la respiration ou la fermentation.
  • Acides gras volatils (AGV) : produits de la fermentation microbienne dans le rumen, source majeure d'énergie chez les ruminants.
  • Cétogenèse : processus métabolique de formation de corps cétoniques lors d’un déficit en glucose, pouvant conduire à la cétose.

Points essentiels

  • Le métabolisme énergétique comprend deux voies principales : la respiration cellulaire (aérobie) et la fermentation (anaérobie).
  • Chez les ruminants, la fermentation microbienne dans le rumen produit des AGV, qui sont une source majeure d’énergie.
  • La dégradation du glucose par glycolyse, puis le cycle de Krebs, permet la production d’ATP dans la respiration.
  • La cétogenèse peut survenir lors de déficits en glucose, entraînant une accumulation de corps cétoniques, notamment en cas de cétose.
  • L’équilibre du pH ruminal est crucial pour la fermentation microbienne ; une acidose ou alcalose peut perturber la production d’énergie.
  • La synthèse de glucose chez les ruminants repose principalement sur la néoglucogénèse, utilisant des substrats non glucidiques comme l’acide propionique.

À retenir

Le métabolisme énergétique, combinant respiration et fermentation, est essentiel pour fournir l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’organisme, avec des adaptations spécifiques selon le type d’animal et son régime alimentaire.

8. Pathologies digestives

Notions clés & Définitions

  • Réticulum : premier estomac du ruminant, en forme de réseau hexagonal, stocke les éléments lourds, participe à la fermentation microbienne.
  • Acidose ruminale : trouble métabolique dû à une fermentation excessive d’amidons ou sucres rapides, entraînant une chute du pH ruminal (<5,5), pouvant causer troubles digestifs et dépression.
  • Cétose (acétonémie) : accumulation de corps cétoniques dans le sang, liée à un déficit énergétique, souvent lors du vêlage ou sous-alimentation, provoquant baisse de production laitière et troubles métaboliques.
  • Ballonnement (gaz) : accumulation excessive de gaz dans le rumen ou le caecum, pouvant entraîner une distension abdominale, difficulté respiratoire, voire mort si non traité.
  • Maladie de l’abomasum : pathologie inflammatoire ou obstructive de l’abomasum, pouvant causer diarrhée, déshydratation, et défaillance digestive.
  • Indigestion (dyspepsie) : trouble de la digestion lié à une alimentation inadaptée, stress ou infection, pouvant provoquer ballonnements, diarrhée ou constipation.

Points essentiels

  • La fermentation microbienne dans le rumen est essentielle mais peut devenir pathologique en cas de déséquilibre du pH ou de surcharge glucidique.
  • La cétose est fréquente chez les vaches en période de vêlage, liée à un déficit en glucose, et peut évoluer vers une acidose ou une lipolyse excessive.
  • La surproduction de gaz (méthane, CO2) dans le rumen peut provoquer des ballonnements aigus, nécessitant une intervention rapide.
  • La régulation hormonale (insuline, glucagon, CCK) influence la motricité et la digestion, et leur déséquilibre peut favoriser certaines pathologies.
  • La prévention passe par une alimentation équilibrée, une gestion adaptée des transitions alimentaires, et une surveillance régulière du pH ruminal.

À retenir

Les pathologies digestives des ruminants résultent souvent d’un déséquilibre microbien ou alimentaire, pouvant entraîner des troubles graves si non détectés et traités rapidement. La gestion de l’alimentation et la surveillance du pH ruminal sont clés pour prévenir ces maladies.

9. Absorption intestinale

Notions clés & Définitions

  • Absorption intestinale : Processus par lequel les nutriments issus de la digestion passent de l’intestin vers la circulation sanguine ou lymphatique pour être utilisés par l’organisme.
  • Villosités intestinales : Projections de la muqueuse de l’intestin grêle augmentant la surface d’absorption, riches en cellules absorbantes.
  • AGV (Acides Gras Volatils) : Composés produits par fermentation microbienne dans le rumen, absorbés principalement au niveau du rumen chez les ruminants.
  • Microbiote ruminal : Ensemble de microorganismes (bactéries, protozoaires, fungi) assurant la fermentation et la dégradation des aliments dans le rumen.
  • Transit intestinal : Temps nécessaire pour que les aliments traversent le tube digestif, influençant l’efficacité de l’absorption.
  • pH intestinal : Niveau d’acidité ou d’alcalinité dans l’intestin, crucial pour l’activité enzymatique et l’absorption des nutriments.

Points essentiels

  • La majorité des nutriments (glucides, lipides, protéines) sont absorbés dans l’intestin grêle via les villosités, où se trouvent des cellules spécialisées.
  • Chez les ruminants, une partie des AGV est absorbée directement dans le rumen, tandis que les autres nutriments (glucides, protéines, minéraux) sont absorbés dans l’intestin grêle.
  • La surface d’absorption est augmentée par la présence de villosités et de microvillosités, permettant une absorption efficace.
  • La fermentation microbienne dans le rumen produit des AGV, qui sont une source majeure d’énergie pour l’animal.
  • Le pH intestinal doit être maintenu entre 6 et 8 pour une activité optimale des enzymes digestives.
  • La motricité du tube digestif et le temps de transit influencent la quantité de nutriments absorbés.

À retenir

L’absorption intestinale est une étape cruciale permettant la conversion des nutriments digérés en énergie et en matériaux de construction pour l’organisme, avec une adaptation spécifique chez les ruminants pour optimiser l’utilisation des produits de fermentation microbienne.

10. Cycle de digestion

Notions clés & Définitions

  • Ruminant : Animal possédant un estomac à quatre compartiments (réseau, panse, feuillet, caillette) permettant une fermentation microbienne préalable à la digestion. Exemples : bovins, ovins, caprins.
  • Auto-enzymatique : Organisme dont les enzymes digestives sont produits par ses propres cellules. Exemple : mammifères comme l’homme ou le porc.
  • Allo-enzymatique : Organisme utilisant des enzymes provenant d’autres sources, notamment bactériennes, pour la digestion. Exemple : certains oiseaux fermentateurs comme le pigeon.
  • Fermentation microbienne : Processus de dégradation anaérobie des aliments par des micro-organismes dans le rumen ou le caecum, produisant des acides gras volatils, gaz, et autres métabolites.
  • Cycle de rumination : Phénomène de remastication et de régurgitation de la nourriture, permettant une meilleure dégradation des fibres et une absorption optimisée.
  • pH ruminal : Niveau d’acidité dans le rumen, essentiel pour la fermentation microbienne, généralement entre 5,8 et 6,4. Un pH trop bas ou trop haut peut entraîner des troubles digestifs comme l’acidose ou l’alcalose.

Points essentiels

  • La digestion chez les ruminants repose sur une fermentation microbienne préalable dans le rumen, permettant la dégradation de la cellulose et autres fibres longues.
  • La motricité du système digestif, notamment la motricité du réticulo-rumen, est régulée par des hormones digestives et le contrôle nerveux.
  • La production de gaz (méthane, CO2) dans le rumen est un sous-produit de la fermentation microbienne, avec une capacité de production allant jusqu’à 1100 litres par jour.
  • La digestion microbienne permet la synthèse d’acides gras volatils (AGV) essentiels, notamment l’acide acétique, propionique et butyrique, qui sont absorbés pour la production d’énergie.
  • La cétose ou acétonémie, une complication métabolique, résulte d’un déficit en glucose, souvent liée à une mauvaise alimentation ou à une mobilisation excessive des graisses.
  • La régulation du pH ruminal est cruciale : une acidose (pH trop bas) peut entraîner des troubles digestifs graves, tandis qu’une alcalose (pH trop élevé) peut perturber la fermentation microbienne.

À retenir

La digestion chez les ruminants repose sur une fermentation microbienne efficace dans le rumen, régulée par des mécanismes hormonaux et nerveux, permettant la dégradation des fibres longues et la synthèse d’énergie essentielle pour l’animal.

Tableaux de Synthèse

CritèreOrganismes auto-enzymatiquesOrganismes allo-enzymatiques
DéfinitionDigestion avec enzymes propres à l’organismeDépendance à des enzymes bactériennes ou microbiennes
ExemplesHomme, porc, volaillesRuminants, kangourou
Localisation de la fermentationPrincipalement dans l’estomac ou intestinDans le rumen, caecum ou colon
Capacité à digérer la celluloseLimitée ou absenteÉlevée, grâce à la fermentation microbienne
Compartiments du tube digestif chez ruminantsFonction principalepH moyen
Rumen (panse)Fermentation microbienne, dégradation cellulose5,8 - 6,4
OmasumRéduction des particules, absorption d’eauN/A
AbomasumDigestion acide, enzymatique (protéines)N/A
RéticulumStockage, fermentation, régurgitationN/A

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre ruminants et fermentateurs après le vrai estomac : les premiers fermentent dans le rumen, les autres dans le caecum ou colon.
  2. Croire que tous les animaux digestent la cellulose de la même façon : seuls les allo-enzymatiques (ruminants) utilisent la fermentation microbienne.
  3. Confondre pH ruminal (5,8-6,4) avec le pH du vrai estomac : celui du rumen est légèrement acide, celui de l’abomasum est très acide (~2).
  4. Penser que la fermentation microbienne ne produit que des acides gras volatils : elle génère aussi du gaz (méthane, CO2) et d’autres métabolites.
  5. Surestimer la capacité de digestion des monogastriques pour la cellulose : ils dépendent principalement d’enzymes spécifiques, peu efficaces contre la cellulose.
  6. Confondre la rumination avec la mastication simple : la rumination implique la régurgitation, la remastication et la re-ingestion.
  7. Ignorer l’impact environnemental de la production de méthane lors de la fermentation microbienne.

Checklist Examen

  1. Expliquer la différence entre organismes auto-enzymatiques et allo-enzymatiques.
  2. Nommer et décrire les quatre compartiments de l’estomac du ruminant.
  3. Indiquer la fonction principale du rumen et son pH moyen.
  4. Définir la rumination et ses rôles dans la digestion.
  5. Décrire le microbiote ruminal et ses principales composantes.
  6. Expliquer le processus de fermentation microbienne dans le rumen.
  7. Identifier les principaux métabolites produits par la fermentation microbienne.
  8. Préciser le rôle de la motricité du rumen dans la digestion.
  9. Décrire la production et l’élimination des gaz dans le rumen.
  10. Expliquer comment la digestion microbienne permet la dégradation de la cellulose.
  11. Nommer les principaux gaz produits lors de la fermentation microbienne.
  12. Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : AGV, protozoaires, archées, fermentation microbienne, rumination, pH ruminal.

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Estomacs ruminants — nombre ?

Quatre compartiments.

Microbiote ruminal — composants clés ?

Bactéries, protozoaires, fungi, archées.

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