QCM : Fondements de la science politique — 26 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel est l’objet principal de la science politique ?

Mesurer et étudier les faits politiques
Interpréter et systématiser les normes juridiques
Évaluer les préférences culturelles des citoyens
Décrire les institutions administratives d’un pays

Mesurer et étudier les faits politiques

Explication

La science politique constitue un savoir savant consacré à la mesure et à l’étude des faits politiques. L’interprétation et la systématisation des normes juridiques relèvent plutôt du droit.

2. Quelle condition permet à la science politique de devenir une discipline académique ?

Décrire les opinions politiques sans soumettre les résultats à la discussion
Obtenir une reconnaissance administrative sans développer de recherches publiées
Produire des résultats évaluables et réfutables, puis créer une communauté de chercheurs
Formuler des normes juridiques applicables aux institutions publiques

Produire des résultats évaluables et réfutables, puis créer une communauté de chercheurs

Explication

Une discipline scientifique doit produire des résultats évaluables et réfutables, être reconnue par ses publications et réunir une communauté de chercheurs. Une simple reconnaissance administrative ne suffit donc pas à établir son statut disciplinaire.

3. Quelle distinction oppose le mieux la science politique au droit ?

La science politique observe les faits politiques, tandis que le droit organise des normes juridiques
La science politique classe les décisions judiciaires, tandis que le droit mesure les rapports de pouvoir
La science politique élabore des normes juridiques, tandis que le droit observe les comportements électoraux
La science politique étudie les institutions privées, tandis que le droit analyse les conflits sociaux

La science politique observe les faits politiques, tandis que le droit organise des normes juridiques

Explication

La science politique adopte une démarche d’observation des faits et événements politiques, alors que le droit interprète et systématise des règles et normes juridiques. Les autres réponses inversent ou déplacent les objets propres aux deux disciplines.

4. Que désigne la « politics » dans l’analyse du politique ?

La compétition pour conquérir et exercer le pouvoir
La régulation des conflits et des intérêts sociaux
La coordination d’acteurs publics, privés et internationaux
Les décisions concrètes répondant à des demandes sociales

La compétition pour conquérir et exercer le pouvoir

Explication

La « politics » désigne la compétition pour la conquête et l’exercice du pouvoir, impliquant notamment élus, candidats, partis et groupes d’intérêt. La régulation des conflits relève de la « polity », tandis que les décisions concrètes correspondent aux « policies ».

5. Quelle fonction caractérise la « polity » ?

Mettre en œuvre des mesures répondant à une demande sociale
Réguler les conflits et les intérêts au sein d’une société
Associer des acteurs locaux et internationaux à la décision
Organiser la compétition entre candidats et partis politiques

Réguler les conflits et les intérêts au sein d’une société

Explication

La « polity » correspond à l’espace et aux mécanismes de régulation des conflits et des intérêts dans une société. La compétition électorale relève de la « politics », et les mesures concrètes relèvent des « policies ».

6. Une municipalité adopte un programme de logements pour répondre à une demande sociale : à quelle dimension du politique ce programme appartient-il ?

À la gouvernance, car toute décision publique implique plusieurs acteurs
À la politics, car il s’agit d’une compétition pour le pouvoir
Aux policies, car il s’agit d’une décision concrète et d’un moyen d’action
À la polity, car il s’agit d’une régulation générale des conflits

Aux policies, car il s’agit d’une décision concrète et d’un moyen d’action

Explication

Les « policies » désignent les décisions concrètes et les moyens d’action destinés à répondre à des demandes sociales particulières, comme un programme de logements. Une compétition électorale relèverait de la « politics », tandis que la régulation des conflits renverrait à la « polity ».

7. Que désigne la politique au sens général ?

Les règles juridiques organisant les administrations
Les institutions propres à l’État moderne
Les élections organisées par les autorités publiques
Les activités liées au pouvoir

Les activités liées au pouvoir

Explication

La politique désigne les activités liées au pouvoir, ce qui dépasse les seules institutions étatiques. La réduire aux institutions de l’État confond la politique avec une approche étatique plus restreinte.

8. Selon Robert Dahl, comment définir le pouvoir ?

Comme la capacité d’obtenir d’autrui une action qu’il n’aurait pas effectuée autrement
Comme la possession légitime des institutions dirigeant une société
Comme la capacité de réguler juridiquement tous les conflits collectifs
Comme l’adhésion volontaire d’un groupe à un programme gouvernemental

Comme la capacité d’obtenir d’autrui une action qu’il n’aurait pas effectuée autrement

Explication

Pour Robert Dahl, le pouvoir est la capacité d’agir sur autrui en obtenant de lui une action qu’il n’aurait pas accomplie autrement. Cette définition concerne les relations sociales de pouvoir en général et ne se limite pas aux institutions politiques.

9. Pourquoi l’approche étatique est-elle considérée comme limitée ?

Parce qu’elle étudie les sociétés contemporaines à partir des seuls conflits économiques
Parce qu’elle confond les politiques publiques avec les relations entre individus
Parce qu’elle examine les acteurs sociaux sans prendre en compte les institutions publiques
Parce qu’elle néglige les formes non institutionnelles et privilégie l’État occidental moderne

Parce qu’elle néglige les formes non institutionnelles et privilégie l’État occidental moderne

Explication

L’approche étatique néglige les formes non institutionnelles de la vie politique et repose sur une vision ethnocentrique centrée sur l’État occidental moderne. Elle ne se caractérise donc pas par l’abandon de l’étude des institutions, mais par une focalisation trop étroite sur celles-ci.

10. Quelle différence distingue le modèle réputationnel du modèle décisionnel dans l’étude du pouvoir politique ?

Le premier étudie les élections nationales, tandis que le second mesure la stabilité des institutions.
Le premier analyse des règles juridiques, tandis que le second décrit les croyances des citoyens.
Le premier repère les fonctions officielles, tandis que le second compare les ressources économiques.
Le premier mesure une réputation locale, tandis que le second observe une influence effective sur une décision.

Le premier mesure une réputation locale, tandis que le second observe une influence effective sur une décision.

Explication

Le modèle réputationnel identifie une élite selon la réputation locale de son pouvoir, alors que le modèle décisionnel examine son influence réelle sur les décisions. Confondre les deux revient à prendre une perception sociale pour une capacité effective d’action politique.

11. Quels domaines Robert Dahl étudie-t-il dans son enquête sur le pouvoir à New Haven ?

La composition des syndicats, la défense militaire et la politique monétaire.
La politique étrangère, la fiscalité nationale et la réforme judiciaire.
La justice pénale, la santé publique et la gestion des entreprises.
La désignation des candidats, l’urbanisme et les politiques d’éducation.

La désignation des candidats, l’urbanisme et les politiques d’éducation.

Explication

L’enquête de Robert Dahl à New Haven porte sur la désignation des candidats, les politiques publiques d’urbanisme et les politiques d’éducation. Les autres ensembles de domaines ne correspondent pas aux objets étudiés dans cette enquête.

12. Comment la polyarchie se caractérise-t-elle sur le plan de l’organisation du pouvoir ?

Elle organise une compétition entre plusieurs élites sous le contrôle du peuple.
Elle concentre l’autorité dans une direction unique contrôlée par les experts.
Elle confie le gouvernement à une élite dirigeante homogène sans concurrence réelle.
Elle remplace les élites politiques par une administration désignée selon l’ancienneté.

Elle organise une compétition entre plusieurs élites sous le contrôle du peuple.

Explication

La polyarchie désigne un système démocratique où plusieurs élites se concurrencent sous le contrôle du peuple. La conception d’une élite dirigeante homogène relève plutôt de la théorie élitiste et ne définit pas la polyarchie.

13. Quelle distinction Max Weber établit-il entre la puissance et la domination ?

La puissance exige une adhésion collective, tandis que la domination s’exerce par une contrainte dépourvue de légitimité.
La puissance désigne une fonction administrative, tandis que la domination correspond à une influence électorale.
La puissance impose une volonté malgré les résistances, tandis que la domination suppose une soumission acceptée.
La puissance repose sur des règles reconnues, tandis que la domination dépend d’une victoire malgré les résistances.

La puissance impose une volonté malgré les résistances, tandis que la domination suppose une soumission acceptée.

Explication

Chez Weber, la puissance consiste à faire triompher sa volonté malgré les résistances, alors que la domination repose sur une soumission acceptée et une légitimité reconnue. La seconde notion ne se réduit donc pas à une contrainte imposée sans acceptation.

14. Quels sont les trois types de domination légitime distingués par Max Weber ?

La domination traditionnelle, la domination légale-rationnelle et la domination charismatique.
La domination militaire, la domination économique et la domination parlementaire.
La domination coutumière, la domination bureaucratique et la domination révolutionnaire.
La domination familiale, la domination administrative et la domination technocratique.

La domination traditionnelle, la domination légale-rationnelle et la domination charismatique.

Explication

Weber distingue les dominations traditionnelle, légale-rationnelle et charismatique. La domination traditionnelle s’appuie sur le passé, tandis que la domination légale-rationnelle tire sa légitimité de règles établies.

15. Quelle thèse Pierre Clastres défend-il à propos de certaines sociétés amérindiennes ?

Elles peuvent s’organiser contre l’État afin d’empêcher l’apparition d’un pouvoir coercitif.
Elles restent étrangères à toute organisation politique parce qu’elles refusent les fonctions sociales.
Elles instaurent une autorité coercitive afin de rendre les conflits sociaux plus prévisibles.
Elles cherchent à renforcer l’État afin de centraliser les échanges et les décisions collectives.

Elles peuvent s’organiser contre l’État afin d’empêcher l’apparition d’un pouvoir coercitif.

Explication

Clastres montre que certaines sociétés amérindiennes peuvent être construites contre l’État pour empêcher l’émergence d’un pouvoir coercitif. Elles ne sont donc pas dépourvues d’organisation politique, mais organisées de manière à limiter la coercition.

16. Quelle fonction le chef guayaki exerce-t-il selon l’analyse de Pierre Clastres ?

Il commande les guerriers par une autorité institutionnelle et impose des sanctions aux membres du groupe.
Il représente une autorité religieuse qui obtient l’obéissance grâce à un pouvoir surnaturel reconnu.
Il régule les conflits par sa fonction sociale et oratoire sans imposer l’obéissance par la coercition.
Il administre les ressources collectives selon des règles écrites et contrôle les décisions économiques.

Il régule les conflits par sa fonction sociale et oratoire sans imposer l’obéissance par la coercition.

Explication

Chez les Guayaki, le chef joue un rôle social et oratoire de régulation des conflits, sans disposer d’une autorité coercitive ni imposer un devoir d’obéissance. Son rôle ne correspond donc pas à celui d’un commandant doté de sanctions.

17. Que signifie la politisation d’un fait social ?

Elle consiste à transformer une décision politique en pratique privée sans débat collectif.
Elle correspond à la disparition d’un problème social lorsque les institutions cessent de le traiter.
Elle désigne le processus par lequel un enjeu social acquiert une portée politique.
Elle décrit la réduction d’un conflit public à des comportements individuels sans enjeu commun.

Elle désigne le processus par lequel un enjeu social acquiert une portée politique.

Explication

La politisation est le processus par lequel des faits ou des enjeux sociaux acquièrent une portée politique. Elle ne signifie pas la disparition d’un problème ni sa réduction à une affaire strictement individuelle.

18. Quel enchaînement décrit correctement la trajectoire d’un problème public ?

Fait social latent, problématisation et labellisation, mise à l’agenda, puis traitement politique.
Mise à l’agenda, fait social latent, traitement politique, puis problématisation et labellisation.
Problématisation, traitement politique, fait social latent, puis labellisation et mise à l’agenda.
Labellisation, traitement politique, mise à l’agenda, puis apparition du fait social latent.

Fait social latent, problématisation et labellisation, mise à l’agenda, puis traitement politique.

Explication

La trajectoire commence par un fait social latent, qui devient ensuite problématisé et labellisé avant d’être inscrit à l’agenda politique puis traité politiquement. Les autres séquences inversent des étapes essentielles de cette construction du problème public.

19. Quelle exigence méthodologique Émile Durkheim formule-t-il pour étudier les faits sociaux avec rigueur ?

Privilégier les intuitions personnelles du chercheur
Interpréter les faits selon des valeurs morales
S'appuyer sur les opinions spontanées des acteurs
Rompre avec le sens commun et les prénotions

Rompre avec le sens commun et les prénotions

Explication

Durkheim demande de mettre à distance le sens commun et les prénotions afin d'observer les faits sociaux de manière rigoureuse et objective. L'opinion spontanée des acteurs constitue précisément un élément dont le chercheur doit se détacher pour construire son analyse.

20. Pour analyser les votes d'un groupe social entre plusieurs candidats, quel indicateur mesure la répartition des voix de ce groupe ?

Le taux de pénétration
Le taux de participation
Le taux de représentativité
Le taux de composition

Le taux de pénétration

Explication

Le taux de pénétration part du groupe social et mesure la manière dont ses voix se répartissent entre les candidats. Le taux de composition part, lui, de l'électorat d'un candidat pour mesurer la part occupée par différents groupes.

21. Dans une enquête, que cherche à établir l'inférence lorsqu'elle examine l'effet de variables indépendantes sur une variable dépendante ?

Une description détaillée des opinions sans relation explicative
Des liens de causalité permettant de vérifier des hypothèses
Une interprétation morale des comportements observés
Une classification historique des événements selon leur ancienneté

Des liens de causalité permettant de vérifier des hypothèses

Explication

L'inférence étudie l'effet de variables indépendantes sur une variable dépendante afin de tester des hypothèses et d'établir des relations causales. Une simple description des opinions ne cherche pas à déterminer ce type de lien explicatif.

22. Une analyse explique un comportement électoral par la classe sociale et le milieu de vie des individus : de quelle perspective relève-t-elle ?

De la démarche idiographique historique
De l'approche strictement juridique
De la théorie holiste ou déterministe
De l'individualisme méthodologique

De la théorie holiste ou déterministe

Explication

La théorie holiste ou déterministe explique les comportements politiques par les appartenances et l'environnement social. L'individualisme méthodologique partirait plutôt des choix stratégiques d'individus considérés comme rationnels.

23. Quelle chronologie correspond aux principales créations institutionnelles de la science politique mentionnées pour la fin du XIXe siècle ?

1895 en France, 1872 à Columbia, 1880 à Londres
1872 en France, 1880 à Columbia, 1895 à Londres
1872 à Londres, 1895 en France, 1880 à Columbia
1880 en France, 1895 à Columbia, 1872 à Londres

1872 en France, 1880 à Columbia, 1895 à Londres

Explication

L'École libre des Sciences Politiques est créée en 1872, la School of Political Science de Columbia en 1880 et la London School of Economics en 1895. Ces dates illustrent l'institutionnalisation progressive de la discipline à la fin du XIXe siècle.

24. Laquelle de ces listes regroupe les principales branches de la science politique ?

Droit civil, économie monétaire, psychologie clinique, histoire de l'art et géographie physique
Philosophie morale, archéologie, droit commercial, esthétique et ingénierie industrielle
Linguistique, anthropologie médicale, chimie, littérature comparée et démographie biologique
Théorie politique, sociologie politique, politiques publiques, politique comparée et relations internationales

Théorie politique, sociologie politique, politiques publiques, politique comparée et relations internationales

Explication

Les principales branches comprennent la théorie politique, la sociologie politique, l'analyse des politiques publiques, la politique comparée et les relations internationales. Les autres listes rassemblent des disciplines ou des spécialités qui ne constituent pas les branches principales de la science politique.

25. Quelle différence distingue l'approche juridique de l'approche politiste du phénomène politique ?

L'approche juridique étudie les comportements, tandis que l'approche politiste se limite aux textes institutionnels
L'approche juridique explique les mobilisations, tandis que l'approche politiste écarte les institutions classiques
L'approche juridique analyse les pratiques sociales, tandis que l'approche politiste décrit les règles électorales
L'approche juridique privilégie les normes, tandis que l'approche politiste étudie aussi les comportements et les déterminants sociaux

L'approche juridique privilégie les normes, tandis que l'approche politiste étudie aussi les comportements et les déterminants sociaux

Explication

L'approche juridique se concentre sur les institutions classiques et les normes, alors que la science politique examine également les comportements, les pratiques et les facteurs sociaux. Les règles électorales ne suffisent donc pas à expliquer l'ensemble des comportements politiques.

26. Quelle démarche cherche à dégager des régularités générales à partir de faits politiques ?

La démarche nomothétique de la science politique
La démarche biographique de l'histoire sociale
La démarche normative du droit constitutionnel
La démarche idiographique de l'histoire

La démarche nomothétique de la science politique

Explication

La démarche nomothétique utilise les faits pour rechercher des régularités générales dans les phénomènes politiques. La démarche idiographique de l'histoire vise plutôt la véracité et la spécificité des faits replacés dans leur contexte.

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Qu'est-ce que la science politique ?

Le savoir savant qui mesure et étudie les faits politiques.

Quelles conditions doivent être remplies pour qu'une discipline soit reconnue ?

Produire des résultats évaluables et réfutables, obtenir un statut académique, créer une communauté de chercheurs.

Que distingue la science politique du droit ?

La science politique étudie les faits politiques, le droit interprète les règles juridiques.

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