Fiche de révision : Géométrie affine et applications

Plan du Cours

  1. Notations de géométrie affine
  2. Espaces affines et propriétés
  3. Repères cartésiens et coordonnées
  4. Changement de coordonnées
  5. Sous-espaces affines
  6. Barycentres et points pondérés
  7. Repères affines et barycentriques
  8. Convexité et enveloppe convexe
  9. Applications affines et projections

1. Notations de géométrie affine

Notions clés & Définitions

  • Corps commutatif k : Le corps k est l’ensemble de scalaires sur lequel on définit tous les espaces vectoriels et affine étudiés.
  • k-espace vectoriel de dimension finie : Un k-espace vectoriel considéré dans le cours est supposé de dimension finie pour permettre les outils d’algèbre linéaire.
  • Convention des lettres pour ensembles : Les ensembles de points sont notés par des lettres majuscules comme E ou F, tandis que les points sont notés par des petites lettres comme a ou b.
  • Convention flèches sur objets vectoriels : Les espaces vectoriels et les vecteurs sont écrits avec une flèche pour distinguer le vectoriel de l’affine.

Points essentiels

  • Le cours étudie la géométrie affine en utilisant l’algèbre linéaire, sans notions métriques comme distance ou angle.
  • Dans toute la suite, k désigne un corps commutatif et tous les k-espaces vectoriels considérés sont de dimension finie.
  • Les ensembles (E, F, …) sont en majuscules et les points (a, b, …) sont en minuscules.
  • Les espaces vectoriels (!E, !F) et les vecteurs (!v, !w, …) portent une flèche pour être distingués des points et ensembles affines.

2. Espaces affines et propriétés

Notions clés & Définitions

  • Espace affine : Un espace affine est un ensemble E muni d’un espace vectoriel directeur !E et d’une application ' : E×E→!E vérifiant les règles de composition des vecteurs et l’existence d’un point correspondant à un vecteur directeur donné.
  • Direction d’un espace affine : La direction d’un espace affine est l’espace vectoriel directeur !E, formé des vecteurs !ab associés aux couples de points.
  • Vectorialisation en a : La vectorialisation d’un espace affine en un point a donne une structure d’espace vectoriel sur E où a sert d’origine, et où la structure dépend du choix de a.
  • Dimension d’un espace affine : La dimension d’un espace affine E est la dimension du corps directeur !E en tant qu’espace vectoriel sur k.

Points essentiels

  • (Relation de Chasles) Pour tous points a,b,c de E, on a !ab+!bc=!ac.
  • (Translaté par un vecteur) Pour tout a∈E et tout !v∈!E, il existe un unique p∈E tel que !ap=!v.
  • Pour tous a,b∈E, on a !aa=!0 et !ab=!ba ; de plus, !ab=!0 équivaut à a=b.
  • On a l’équivalence !ab=!ac si et seulement si b=c.
  • (vectorialisations) Pour un point a fixé, les applications p↦!ap et !v↦a+!v sont inverses, donc bijectives, et permettent de définir une addition et une multiplication par scalaire sur E.

Astuce mémo

!aa = 0 et !ab = !0 ⇔ a=b (zéro vecteur entre points ⇔ points égaux).

3. Repères cartésiens et coordonnées

Notions clés & Définitions

  • Repère cartésien : Un repère cartésien de E est un couple (o,B) où o est un point de E et B est une base de la direction de E.
  • Système de coordonnées cartésiennes : Le système de coordonnées cartésiennes d’un point a dans un repère R est le n-uplet des scalaires associés à la décomposition de !oa sur la base de R.
  • Abscisse : Dans un espace affine de dimension 1, l’unique coordonnée cartésienne d’un point s’appelle son abscisse.
  • Ordonnée : Dans un espace affine de dimension 2, la seconde coordonnée cartésienne d’un point s’appelle son ordonnée.
  • Hauteur : Dans un espace affine de dimension 3, la troisième coordonnée cartésienne d’un point s’appelle généralement sa hauteur.

Points essentiels

  • Dans un repère R=(o,B) avec B=(!v1,...,!vn), chaque point a s’écrit de façon unique a=o+∑_{i=1}^n ai !vi, ce qui définit ses coordonnées [a1,...,an]_R.
  • Si dim E=1, alors [a]_R est l’abscisse de a; si dim E=2, la coordonnée d’indice 2 est l’ordonnée; si dim E=3, la coordonnée d’indice 3 est généralement la hauteur.
  • Si R0=(o0,B0) et o0=[z1,...,zn]_R, et si M est la matrice de passage de B à B0, alors pour a=[x1,...,xn]R on a [y1,...,yn]R0 avec (y)=M^{-1}(x-z) sous forme coordonnée y_i=z_i+∑{j=1}^n (M^{-1}){i,j}(x_j-z_j).
  • Avec les données de l’exemple, on obtient pour a=(1,2,3) la relation [1,1,2]_R=[1,2,1]_R0 pour les repères R et R0 choisis.

Astuce mémo

Coordonnées : on “ramène” par le décalage o0 via z puis on “change de base” par M^{-1} (forme mentale y=M^{-1}(x−z)).

4. Changement de coordonnées

Notions clés & Définitions

  • Coordonnées dans un repère : Les coordonnées d’un point dans un repère sont les coefficients qui expriment le point à partir de l’origine et des vecteurs de direction du repère.
  • Matrice de passage : La matrice de passage encode la relation entre deux familles de vecteurs de direction et permet de transformer des coordonnées d’un repère vers un autre.
  • Relation affine de coordonnées : La relation affine relie les coordonnées de mêmes coefficients d’un point exprimé avec des directions différentes, avec une partie linéaire et une translation par l’origine.

Points essentiels

  • Si les directions vérifient !o0a=M!o ⁣a!o0a=M\,!o\!a avec la décomposition via !vi,!wj,!zi!v_i,!w_j,!z_i, alors les coordonnées vérifient pour tout i{1,,n}i\in\{1,\dots,n\} : xi=zi+j=1nmi,jyjx_i=z_i+\sum_{j=1}^n m_{i,j}y_j.
  • Dans l’exemple, a=(1,2,3)a=(1,2,3) avec a=[1,1,2]Ra=[1,1,2]R et o0=[1,2,1]Ro_0=[1,2,1]R, les matrices MM et M1M_1 donnent [y1,y2,y3]R0=(1,2,1)[y_1,y_2,y_3]_{R_0}= (1,2,1).
  • Le changement de repère s’obtient en imposant l’égalité entre deux écritures du même vecteur : l’indépendance linéaire des directions force l’égalité terme à terme des coordonnées.

Astuce mémo

Formule repère→repère : x=z+Myx=z+My (les composantes nouvelles = anciennes + combinaison linéaire des composantes intermédiaires).

5. Sous-espaces affines

Notions clés & Définitions

  • Caractérisation barycentrique : Un sous-espace affine est caractérisé par l’appartenance des barycentres de familles pondérées issues de ses points.
  • Famille F(X) : La famille F(X) regroupe toutes les familles pondérées de points de X dont la somme des poids n’est pas nulle.
  • Barycentre d’une famille pondérée : Le barycentre associe un point de E à une famille finie de points affectés de poids de somme non nulle.

Points essentiels

  • Pour une partie non vide X de E, tout barycentre de familles pondérées construites dans F(X) appartient à A↵(X).
  • On a A↵(X)=bar(a1,λ1),…,(am,λm) pour tous (a1,λ1),…,(am,λm) dans F(X).
  • X est un sous-espace affine de E si et seulement si le barycentre de toute famille pondérée dans F(X) appartient à X.
  • Le barycentre d’une famille pondérée de points de X vérifie aussi l’égalité barycentrique avec n’importe quel point de E via la relation ⇣∑i λi⌘·b = ∑i λi·p(ai) pour b = bar(ai,λi).

Astuce mémo

Pense à la règle : “dans X tout barycentre reste dans X” (et réciproquement), donc X est affine si les barycentres ne sortent jamais.

6. Barycentres et points pondérés

Notions clés & Définitions

  • A↵(X) : En géométrie affine, A↵(X) désigne l’ensemble des barycentres des familles de points pondérés construites à partir de X.
  • Famille pondérée : Une famille pondérée est une liste de points munis de coefficients tels que la combinaison correspondante soit définie pour former un barycentre.
  • Barycentre : Le barycentre d’une famille de points pondérés est le point affine résultant de la combinaison des points avec leurs poids.

Points essentiels

  • Si XX est non vide, alors A(X)A↵(X) est exactement l’ensemble des barycentres des familles pondérées dont tous les points sont dans XX.
  • Pour un sous-espace affine XX de EE, le barycentre de toute famille de points pondérés issus de F(X)F(X) appartient à $X.
  • Réciproquement, si pour toute famille de points pondérés issue de F(X)F(X) le barycentre appartient à XX, alors XX est un sous-espace affine de EE.
  • Les barycentres de deux points distincts forment la droite affine définie par ces points, et les barycentres de trois points non alignés forment le plan affine défini par ces points.

Astuce mémo

Test d’affinité : « tous les barycentres restent dans XX » ⇔ XX est affine (pour des poids venant de F(X)F(X)).

7. Repères affines et barycentriques

Notions clés & Définitions

  • Coordonnées barycentriques : Les coordonnées barycentriques de p dans un repère affine sont les coefficients qui expriment p comme combinaison de points du repère, avec somme égale à 1.
  • Système barycentrique : Le système barycentrique d’un point p est le (n+1)-uplet des coordonnées barycentriques de p dans un repère affine fixé.

Points essentiels

  • Dans un repère affine R=(a0,…,an), tout point p admet un (n+1)-uplet unique (0,…,n) tel que 0+···+n=1 et p=bar(a0,0),…,(an,n).
  • Si un (n+1)-uplet (\mu{}0,…,\mu{}n) vérifie \mu{}0+···+\mu{}n=1 et p=bar(a0,\mu{}0),…,(an,\mu{}n), alors \mu{}i=i pour i=1,…,n et \mu{}0=0.
  • Si R=(a0,…,an) est un repère affine et S=(a0,!a0a1,…,!a0an) un repère cartésien associé, alors un point p de coordonnées barycentriques (0,…,n) dans R a pour coordonnées cartésiennes [1,…,n]S.
  • Si S=(o,B) est un repère cartésien avec B=(!v1,…,!vn), alors R=(o,o+!v1,…,o+!vn) est un repère affine, et si p=[1,…,n]S alors les coordonnées barycentriques de p dans R sont (1,1,…,n, n).

Astuce mémo

Barycentres = somme 1 : p s’écrit avec des poids qui totalisent 1, et l’unicité fixe chaque poids.

8. Convexité et enveloppe convexe

Notions clés & Définitions

  • Enveloppe convexe : Ensemble des points obtenus en prenant l’intersection de toutes les parties convexes de EE qui contiennent XX, et noté Conv(X)\mathrm{Conv}(X).
  • Combinaison convexe : Expression d’un point comme barycentre bar(a1,λ1,,ar,λr)\mathrm{bar}(a_1,\lambda_1,\dots,a_r,\lambda_r) avec λi>0\lambda_i>0 et λ1++λr=1\lambda_1+\cdots+\lambda_r=1.

Points essentiels

  • Si II est l’ensemble des parties convexes de EE contenant XX, alors Conv(X)=YIY\mathrm{Conv}(X)=\bigcap_{Y\in I}Y, et cet ensemble est convexe.
  • Conv(X)\mathrm{Conv}(X) est la plus petite partie convexe de EE (pour l’inclusion) qui contient XX.
  • Un point appartient à Conv(X)\mathrm{Conv}(X) exactement quand il peut s’écrire comme une combinaison convexe de points de XX.
  • On a Conv(X)=X\mathrm{Conv}(X)=X si et seulement si XX est convexe.
  • Si YXY\subset X et YY est non vide, alors Conv(Y)Conv(X)\mathrm{Conv}(Y)\subset \mathrm{Conv}(X).
  • Pour {a1,,ar}E\{a_1,\dots,a_r\}\subset E, Conv({a1,,ar})={bar(a1,λ1,,ar,λr);λi>0,λ1++λr=1}\mathrm{Conv}(\{a_1,\dots,a_r\})=\{\mathrm{bar}(a_1,\lambda_1,\dots,a_r,\lambda_r);\lambda_i>0,\lambda_1+\cdots+\lambda_r=1\}, et en particulier Conv({a1,a2})=[a1a2]\mathrm{Conv}(\{a_1,a_2\})=[a_1a_2].

Astuce mémo

Intersection d’abord : l’enveloppe convexe est le plus petit convexe contenant XX, donc c’est ce que tous les convexes contenant XX partagent.

9. Applications affines et projections

Notions clés & Définitions

  • Projection affine : Application affine qui envoie chaque point sur le sous-espace affine F en restant parallèle au sous-espace vectoriel directeur G.
  • Projection linéaire associée : Projection linéaire sur l’espace vectoriel directeur qui fournit la partie linéaire de la projection affine.

Points essentiels

  • Pour une projection affine sur F parallèlement à G, l’image de tout point est un point de F et la direction des translations possibles est G.
  • Dans le cas de la projection affine p_{F,G}, la dérivée vérifie p_{F,G}’=π_{F,G}, où π_{F,G} est la projection de l’espace vectoriel sur f en parallélisme avec G.
  • Si f est une application affine de E vers F, alors f(G) est un sous-espace affine de F de direction f(G’), et si f^{-1}(H) est non vide alors f^{-1}(H) est un sous-espace affine de E de direction f^{-1}(H’).
  • Si F=E, l’ensemble des points fixes Inv(f) non vide est un sous-espace affine de direction ker(f’−Id_E’).
  • Les propriétés suivantes sont équivalentes : f est une projection affine, f∘f=f, et f’ est un projecteur avec Inv(f)≠∅.
  • Si ker(f’−Id_E’)={0}, alors Inv(f) est un singleton.

Astuce mémo

Projection affine ↔ idempotence : f∘f=f (comme un projecteur).

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre points (minuscules) et ensembles (majuscules) : tu dois distinguer E/F des points a/b, et !E des points affines.
  2. Croire que la relation de Chasles est métrique : ici !ab+!bc=!ac (vecteurs directeurs), sans distance ni angle.
  3. Penser que !ab=!0 implique seulement “parallèle” : dans le cours, !ab=!0 équivaut à a=b.
  4. Oublier que l’addition sur E dépend du choix d’origine a (vectorialisation) : la structure n’est pas canonique.
  5. Se tromper de sens dans changement de repère cartésien : on utilise y=M^{-1}(x−z), pas x−z=M y.
  6. Confondre convexité et affine : un sous-espace affine est convexe, mais une partie convexe n’est pas forcément un sous-espace affine.
  7. Penser qu’une application est affine “par images de segments” : dans le cours, l’équivalence clé est la conservation des barycentres (Th. 12.2).

Checklist Examen

  1. Énoncer les axiomes (A1) et (A2) d’un espace affine et écrire la notation !ab='(a,b).
  2. Montrer les propriétés de Proposition 2.5 : !aa=0, symétrie !ab=!ba, et équivalence !ab=!0 ⇔ a=b.
  3. Expliquer la vectorialisation en un point a et préciser que l’origine fixée change la structure.
  4. Définir repère cartésien R=(o,B) et écrire l’écriture unique a=o+∑ ai!vi, donc [a1,...,an]_R.
  5. Savoir donner le changement de coordonnées cartésiennes : y=M^{-1}(x−z) avec o0=[z1,...,zn]_R et la matrice de passage M.
  6. Définir un sous-espace affine F=a+!F et caractériser F par le fait que le barycentre de toute famille pondérée de F reste dans F (Th. 8.9).
  7. Définir coordonnées barycentriques dans un repère affine (a0,...,an) via p=bar(a0,\mu{}0),..., (an,\mu{}n) avec \mu{}0+...+\mu{}n=1 et l’unicité (Th. 9.6).
  8. Relier barycentriques et cartésiennes : si S est cartésien associé, alors p=[1,...,n]_S quand p a pour barycentriques (0,...,n).
  9. Définir segment [ab] et convexité : X convexe ⇔ [ab]⊂X pour tout a,b∈X, et décrire Conv(X) comme plus petit convexe contenant X.
  10. Définir application affine f et l’application linéaire associée !f ; puis caractériser translation (Th. 11.4) et homothétie (Th. 11.6).
  11. Savoir identifier une projection affine : f∘f=f ⇔ !f projecteur avec Inv(f)≠∅ (Cor. 11.12).
  12. Appliquer la caractérisation barycentrique : f affine ⇔ f conserve les barycentres (Th. 12.2).

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1. Dans les notations de géométrie affine, quelle convention distingue les ensembles de points des points eux-mêmes ?

2. Quelle est la principale caractéristique des notations en géométrie affine concernant les ensembles et points?

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Notations de géométrie affine — corps ?

Le corps k est l’ensemble des scalaires.

Corps en géométrie affine

Ensemble de scalaires, détermine la structure.

Espace affine — propriété clé ?

Les barycentres de points restent dans l’espace.

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