📋 Plan du Cours
- Historique de la gestion des risques
- Événements marquants et mortalité associée
- Définition du risque et situation dangereuse
- Cadre réglementaire et obligations récentes
- Textes et référentiels de sécurité sanitaire
- Qualité des soins et notion de risque iatrogène
- Approches a priori et a posteriori
- Hémovigilance et sécurité transfusionnelle
- Infectiovigilance et prévention des infections
- Vigilances spécifiques : sécurité anesthésique
- Identitovigilance et sécurisation du dossier patient
- Culture de sécurité et objectifs de la gestion
📖 1. Historique de la gestion des risques
🔑 Notions clés & Définitions
- Pasteur : Pasteur : chercheur associé à une idée fondatrice de prévention en évitant l’introduction des microbes dans les plaies plutôt que de chercher à les tuer après coup.
- Infections nosocomiales : Infections nosocomiales : événements sanitaires des années 1980-1990 qui ont accéléré l’organisation de la prévention et du contrôle en milieu de soins.
- Comités de lutte contre les infections nosocomiales : CLIN : structures mises en place pour coordonner la lutte contre les infections nosocomiales à partir des années 1980-1990.
- Hémovigilance : Hémovigilance : dispositif de surveillance lié au sang contaminé, initié après les années 1980-1990 et ensuite suivi par d’autres vigilances.
- Vigilances sanitaires : Vigilances sanitaires : ensemble de dispositifs de surveillance qui se sont développés après l’hémovigilance, en réponse à des risques majeurs.
📝 Points essentiels
- Pasteur (1870-1888) relie la prévention à l’idée d’éviter d’introduire des microbes dans les plaies plutôt que de tenter de les éliminer après coup.
- Dans les années 1980-1990, les infections nosocomiales, le sang contaminé et la « vache folle » favorisent la création des CLIN et de l’hémovigilance.
- Les années 2000 voient une multiplication d’actes terroristes avec de nombreuses victimes, cités par des exemples internationaux (Tokyo, Paris, New York, Madrid, Londres).
- Des accidents industriels marquent aussi l’histoire de la gestion des risques, avec des exemples cités (Bhopal, Tchernobyl, Seveso, Toulouse).
- La section illustre une logique d’apprentissage par événements : chaque crise majeure conduit à structurer de nouveaux dispositifs de surveillance ou de prévention.
💡 Astuce mémo
Prévention→éviter l’entrée du risque (Pasteur) ; Crises→structures (CLIN, hémovigilance, vigilances).
📖 2. Événements marquants et mortalité associée
🔑 Notions clés & Définitions
- Danger : Le danger est une source potentielle de préjudice pouvant causer un dommage si la situation se réalise.
- Risque : Le risque correspond à la probabilité qu’un danger entraîne effectivement un dommage.
- Domage : Le dommage est la conséquence concrète d’un événement, pouvant aller jusqu’à l’invalidité ou au décès.
- Situation dangereuse : La situation dangereuse est le contexte où un danger est présent et peut conduire à un dommage.
- HAS : La HAS est une autorité publique indépendante qui développe la qualité dans le champ sanitaire et médico-social.
📝 Points essentiels
- Danger = source potentielle de préjudice, tandis que le risque = probabilité que le danger entraîne un dommage.
- Le dommage correspond aux conséquences observables, par exemple blessure, invalidité, décès ou dommages matériels.
- Exemple fil rouge : danger = travail en hauteur, risque = chute, dommage = blessure, invalidité ou décès.
- Exemple fil rouge : danger = voiture en virage sur route mouillée, risque = dérapage/accident, dommages = blessures, invalidité, décès et dégâts matériels.
- En établissement de santé, la HAS décrit un événement indésirable comme une situation non souhaitée aux conséquences négatives dont l’occurrence est incertaine.
- Les conséquences d’un risque dépendent des propriétés du système et du contexte dans lequel l’événement survient.
💡 Astuce mémo
Danger = Source ; Risque = Probabilité ; Dommage = Conséquence (chute → blessure/invalidité/décès).
📖 3. Définition du risque et situation dangereuse
🔑 Notions clés & Définitions
- Risque : Le risque correspond à la probabilité qu’un danger entraîne un dommage pour une personne ou un système.
- Danger : Le danger est une source potentielle de dommages, qui peut déclencher un événement indésirable si des conditions défavorables se présentent.
- Situation dangereuse : Une situation dangereuse est un contexte où des actions, objets ou conditions peuvent conduire à un dommage.
- Événement porteur de risques : Un événement porteur de risques (EPR) est un événement qui aurait pu causer un dommage mais qui est détecté et corrigé avant d’affecter le patient.
- Presqu’accident : Un presqu’accident est un EPR où l’erreur est évitée à temps, sans conséquence sur le patient, mais avec un signal de sécurité.
📝 Points essentiels
- Le risque se formule comme la probabilité que le danger aboutisse à un dommage.
- Les situations dangereuses en soins incluent notamment erreurs médicamenteuses, interventions sous anesthésie générale, hémorragies, erreurs opératoires, infections du site opératoire et blessures liées à des objets piqu
- Un EPR correspond à une erreur détectée et corrigée avant toute atteinte du patient.
- Les EPR servent de signaux à rendre lisibles pour prévenir des incidents futurs.
- Exemples d’EPR : rattrapage d’un patient prêt à chuter, retrait à temps d’un plat allergène, repérage d’un résultat d’un autre patient, retrait d’une erreur de posologie, correction d’une erreur d’identification.
- Les EPR se distinguent des incidents et accidents car ils n’atteignent pas le patient, mais ils en sont des précurseurs potentiels.
💡 Astuce mémo
Risque = Probabilité(danger→dommage) ; EPR = Erreur repérée + corrigée avant patient (presqu’accident).
📖 4. Cadre réglementaire et obligations récentes
🔑 Notions clés & Définitions
- Lois et réglementation : Ensemble des règles juridiques qui encadrent les pratiques et imposent des exigences de sécurité et d’organisation.
- Bonnes pratiques de sécurité : Référentiel de conduite attendu pour réduire les erreurs et améliorer la maîtrise des risques dans les soins.
- Recommandations : Orientations non directement contraignantes qui guident les professionnels vers des pratiques jugées sûres et efficaces.
- Procédures et protocoles : Documents opérationnels qui décrivent comment réaliser une action de façon standardisée pour limiter les variations et les risques.
- Programme de formation : Dispositif d’apprentissage visant à renforcer les compétences et la conformité aux exigences de sécurité.
📝 Points essentiels
- Les barrières de prévention empêchent la survenue de l’erreur et de l’accident, tandis que les barrières de récupération traitent l’erreur avant qu’elle n’entraîne des conséquences.
- Les barrières d’atténuation limitent les effets une fois l’accident avéré, en réduisant l’ampleur des conséquences.
- Les barrières peuvent être immatérielles (lois, consignes, bonnes pratiques, recommandations, procédures, protocoles, formation, organisation du travail) ou matérielles (détrompeur physique, alarme, verrouillage, etc.).
- Les barrières matérielles incluent des dispositifs comme le branchement sécurisé des fluides en anesthésie ou la prescription médicamenteuse informatisée.
- Le patient participe aussi à la sécurité via des signaux d’alerte personnels (ex : non-respect de l’horaire, changement de couleur du médicament, confusion entre médicaments).
- Si des défaillances se cumulent sans être contrôlées, l’évènement indésirable peut évoluer d’abord en incident puis en accident, et ensuite en plainte ou procédure.
💡 Astuce mémo
Prévention→Récupération→Atténuation : empêcher l’erreur, rattraper l’erreur, réduire l’impact ; puis penser “immatériel vs matériel” et “patient = barrière”.
📖 5. Textes et référentiels de sécurité sanitaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Approche a priori : Approche de réduction des risques qui agit avant la survenue d’un événement en analysant le parcours et le processus patient.
- Approche a posteriori : Approche de sécurité qui analyse après coup les événements indésirables pour comprendre les dysfonctionnements et corriger l’organisation.
- Dispositif de réduction des risques : Ensemble d’étapes visant à identifier, évaluer, prioriser puis traiter les risques d’un parcours patient ou d’un processus de soins.
- Événement indésirable associé aux soins : Événement inattendu lié aux actes de prévention, diagnostic ou traitement, qui perturbe le soin ou impacte la santé du patient sans relever de l’évolution naturelle de la maladie.
- Événement indésirable grave : Catégorie d’événement indésirable associé aux soins répondant à des critères de gravité, avec dommages importants et soumise à déclaration obligatoire.
📝 Points essentiels
- Approche a priori : elle vise la sécurité du patient et des pratiques, la diminution des événements indésirables et l’optimisation des organisations et parcours.
- Approche a priori : l’étape préliminaire consiste à connaître le parcours patient ou le processus avant d’agir sur les risques.
- Approche a priori : on identifie les risques de chaque étape (actions et comportements à risque), puis on évalue et on priorise.
- Approche a priori : on élabore un plan d’actions de réduction des risques puis on en assure le suivi.
- Approche a posteriori : une organisation n’est jamais figée et peut créer des défauts de sécurité liés aux soins ou aux professionnels.
- Les EIAS : l’événement est inattendu, lié aux actes de prévention/diagnostic/traitement, et il s’écarte des résultats escomptés sans être dû à l’évolution naturelle de la maladie.
💡 Astuce mémo
A priori = avant (parcours→risques→plan), A posteriori = après (EI→cause→correction).
📖 6. Qualité des soins et notion de risque iatrogène
🔑 Notions clés & Définitions
- Risque iatrogène : Risque iatrogène : risque d’atteinte involontaire induite par un médecin, un chirurgien, un traitement médical ou une procédure de diagnostic.
- Qualité des soins : Qualité des soins : délivrance d’actes diagnostiques et thérapeutiques visant le meilleur résultat de santé, au moindre risque iatrogène et avec satisfaction du patient.
- Événement indésirable grave lié aux soins : Événement indésirable grave lié aux soins : événement grave associé aux soins devant faire l’objet d’une déclaration obligatoire aux autorités sanitaires compétentes.
- Management de la qualité de la prise en charge médicamenteux : Management de la qualité de la prise en charge médicamenteuse : organisation visant à sécuriser la prise en charge des médicaments dans les établissements de santé.
📝 Points essentiels
- Loi HPST (2009-879) : réforme de l’hôpital et encadrement des obligations liées aux patients, à la santé et aux territoires.
- Déclaration obligatoire : l’article L1413-14, modifié par l’ordonnance n°2010-177 du 23/02/2010, impose la déclaration des événements indésirables graves liés aux soins au Directeur général de l’ARS.
- Responsabilités des CME : les décrets n°2010-439 (30/04/2010) et n°2010-1325 (05/11/2010) renforcent les responsabilités des commissions médicales d’établissement.
- Lutte contre les événements indésirables associés aux soins : le décret n°2010-1408 (12/11/2010) encadre la démarche et la circulaire du 18/11/2011 précise l’application.
- Management qualité médicamenteuse : l’arrêté du 06/04/2011 encadre le management de la qualité de la prise en charge médicamenteuse (circulaire du 14/02/2012).
- Gestion des risques : la HAS publie en mars 2012 une mise en œuvre de la gestion des risques associés aux soins en établissement de santé.
💡 Astuce mémo
IATRO = Involontaire par un Acteur médical ou un Traitement (diagnostic inclus).
📖 7. Approches a priori et a posteriori
🔑 Notions clés & Définitions
- Approche a priori : Approche fondée sur l’anticipation avant la survenue d’un événement, pour réduire la probabilité d’événements indésirables et leur gravité.
- Approche a posteriori : Approche fondée sur l’analyse après la survenue d’un événement, pour comprendre les causes et améliorer la sécurité des soins.
- Niveaux de non-conformité aux bonnes pratiques : Échelle décrivant le degré d’écart aux bonnes pratiques, du standard rarement observé jusqu’aux dommages irréversibles.
- Évènements indésirables graves associés aux soins : Évènements graves liés aux soins, déclarés comme EIGS, dont une partie est jugée évitable et souvent survenant en période de vulnérabilité.
📝 Points essentiels
- La logique a priori vise à diminuer le risque de survenue d’évènements indésirables et à limiter leur gravité.
- La logique a posteriori s’appuie sur les retours (déclarations, analyses) pour identifier ce qui a conduit à l’évènement et corriger le système.
- La conformité aux recommandations peut être observée à différents niveaux : N1 à N5, avec des impacts croissants sur la sécurité et le patient.
- N1 correspond à des pratiques optimisées/standards mais rarement observées sur le parcours patient.
- N3 correspond à de nombreux écarts aux bonnes pratiques : l’impact est observé sur la sécurité mais pas encore chez le patient.
- N5 correspond à une déviation significative avec dommages irréversibles observés chez le patient.
💡 Astuce mémo
A priori = AVANT (prévenir), a posteriori = APRÈS (analyser).
📖 8. Hémovigilance et sécurité transfusionnelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Hémovigilance : Dispositif de surveillance visant à repérer, analyser et prévenir les incidents ou effets indésirables liés aux produits sanguins lors de la transfusion.
- Sécurité transfusionnelle : Ensemble des mesures organisant la prévention des risques et la sécurisation des étapes de la transfusion, de la préparation à la surveillance du patient.
- Vigilances sanitaires : Catégorie de dispositifs réglementaires de surveillance qui repèrent des événements indésirables ou dysfonctionnements et déclenchent des mesures de sécurisation.
- Signalement obligatoire : Obligation de déclarer certains événements indésirables bien définis afin d’identifier, alerter puis décider des actions de sécurisation.
📝 Points essentiels
- La gestion des risques en santé vise à réduire la survenue d’événements indésirables pour le patient et à limiter la gravité de leurs conséquences.
- La gestion des risques associée aux soins en établissement organise une gouvernance collective et pérenne, avec un programme d’actions mis à jour selon les priorités et risques de l’établissement.
- Les dispositifs de vigilances reposent sur le signalement obligatoire d’événements indésirables définis pour identifier, alerter et décider des mesures de sécurisation.
- Dans les vigilances sanitaires, l’hémovigilance fait partie des dispositifs dédiés à la surveillance des risques liés à des produits ou pratiques spécifiques.
- L’hémovigilance s’inscrit dans une logique de repérage puis d’analyse des incidents/risques afin d’améliorer la sécurité transfusionnelle.
- Comparaison : vigilances sanitaires vs gestion des risques associée aux soins : les vigilances sont des dispositifs de surveillance et de signalement, tandis que la gestion des risques associée aux soins structure la “gô
💡 Astuce mémo
Hémo = “H” comme “Histoire d’incident” : on signale, on analyse, puis on sécurise la transfusion.
📖 9. Infectiovigilance et prévention des infections
🔑 Notions clés & Définitions
- Infectiovigilance : L’infectiovigilance regroupe des actions de surveillance, de prévention et de maîtrise des infections nosocomiales dans les établissements de santé.
- Infections nosocomiales : Les infections nosocomiales sont des infections survenant au cours d’une prise en charge dans un établissement de santé.
- Instance d’infectiovigilance : L’instance d’infectiovigilance est la structure interne chargée d’organiser la surveillance et de coordonner les actions de prévention des infections.
- ARS : L’ARS est l’Agence Régionale de Santé destinataire des informations issues de la surveillance des infections exercée dans l’établissement.
📝 Points essentiels
- L’infectiovigilance vise les infections nosocomiales via des mesures spécifiques de surveillance, prévention et maîtrise.
- Chaque établissement de santé dispose d’une instance dédiée à l’infectiovigilance.
- L’instance organise et coordonne la surveillance des infections au sein de l’établissement.
- L’instance promeut des actions de formation pour les personnels.
- L’instance produit un rapport d’activité annuel destiné au DG de l’établissement.
- L’instance transmet à l’ARS les informations relatives à la surveillance exercée.
💡 Astuce mémo
Surveillance + formation + rapport annuel + transmission ARS : l’instance fait tourner la prévention.
📖 10. Vigilances spécifiques : sécurité anesthésique
🔑 Notions clés & Définitions
- Sécurité anesthésique : La sécurité anesthésique regroupe les dispositions imposées aux établissements de santé pour réduire les risques liés à une anesthésie générale ou locorégionale.
- Médecin anesthésiste : Le médecin anesthésiste est le professionnel chargé de réaliser l’anesthésie selon un protocole établi dans le cadre de la sécurité anesthésique.
- Salle de surveillance post-interventionnelle : La salle de surveillance post-interventionnelle est l’espace dédié au suivi spécifique du patient après l’acte anesthésique.
- Procédures écrites de contrôle : Les procédures écrites de contrôle sont des documents qui encadrent l’utilisation et la vérification des matériels participant à la sécurité anesthésique.
📝 Points essentiels
- Un décret du 5 décembre 1994 et un arrêté du 03 octobre 1995 précisent les exigences à appliquer par les établissements de santé pour sécuriser les anesthésies générale et locorégionale.
- La réalisation de l’anesthésie doit être faite par un médecin anesthésiste selon un protocole établi.
- Le matériel et la surveillance doivent être adaptés au protocole utilisé pour l’anesthésie.
- L’établissement doit disposer d’un équipement spécifique pour la salle de surveillance post-interventionnelle.
- Des procédures écrites doivent préciser les modalités d’utilisation et de contrôle des matériels impliqués dans la sécurité anesthésique.
💡 Astuce mémo
M-A-S-P-C : Médecin anesthésiste, Adaptation du matériel/surveillance, Salle post-interventionnelle, Procédures écrites de contrôle.
📖 11. Identitovigilance et sécurisation du dossier patient
🔑 Notions clés & Définitions
- Décret n° 2002-637 : Le décret n° 2002-637 du 29 avril 2002 encadre l’obligation de constituer un dossier patient pour les patients pris en charge en établissement de santé.
- Dossier patient : Le dossier patient est le document obligatoire qui regroupe les informations liées à la prise en charge d’un patient hospitalisé ou consultant.
- Identitovigilance : L’identitovigilance regroupe les actions visant à fiabiliser l’identification du patient et à sécuriser les données qui lui sont rattachées.
- Traçabilité des actions : La traçabilité des actions est l’enregistrement des opérations réalisées sur le dossier patient afin de permettre le contrôle et la vérification.
- Culture de sécurité : La culture de sécurité désigne un ensemble de comportements individuels, collectifs et organisationnels visant à réduire les dommages liés aux soins.
📝 Points essentiels
- Le décret n° 2002-637 du 29 avril 2002 confirme l’obligation de constituer un dossier patient pour tout patient hospitalisé ou consultant dans un ES public ou privé.
- Les établissements doivent relier les données d’un patient quel que soit le lieu et la date de création des informations.
- Les établissements doivent favoriser la communication entre professionnels de santé pour améliorer l’évaluation de l’état de santé.
- Les établissements doivent sécuriser les données de santé avec un accès contrôlé.
- Les établissements doivent tracer toutes les actions accomplies sur le dossier du patient.
- La culture de sécurité vise une réduction continue des dommages aux patients, y compris quand ils sont liés aux soins.
💡 Astuce mémo
Dossier = Décret + Identité : Relier, Communiquer, Sécuriser (accès contrôlé), Tracer (actions).
📖 12. Culture de sécurité et objectifs de la gestion
🔑 Notions clés & Définitions
- Sécurité du patient : La sécurité du patient désigne la prévention des dommages liés aux soins pour le patient, son entourage et les professionnels.
- Gestion des risques en établissement de santé : La gestion des risques en établissement de santé regroupe les actions pour identifier, analyser et réduire les dommages potentiels liés aux soins.
- Culture de sécurité : La culture de sécurité correspond à l’ensemble des attitudes et comportements qui poussent chacun à repérer, signaler et traiter les risques.
- Événement indésirable : Un événement indésirable est un incident ou dommage lié aux soins qui doit être analysé pour améliorer la sécurité.
- Modèles de sécurisation des soins : Les modèles de sécurisation des soins sont des façons d’organiser la prévention et le pilotage des risques selon le type d’activité.
📝 Points essentiels
- Les objectifs de la gestion des risques visent la réduction des dommages pour le patient, son entourage et le personnel.
- Des progrès majeurs ont porté sur la définition et l’identification des dommages associés aux soins.
- Il est démontré qu’on peut agir pour réduire les dommages, avec des gains souvent plus faciles près de la prise en charge.
- Plus l’organisation est grande, plus il devient difficile d’améliorer la sécurité des organisations et structures.
- Les progrès de sécurité doivent tenir compte de l’évolution des patients et des changements de prise en charge (hôpital, soins primaires, proximité, urgence).
- De nouveaux risques apparaissent avec la combinaison austérité/augmentation des coûts, progression des normes et exigences, et innovation.
💡 Astuce mémo
Patient = Parcours + Risques nouveaux : plus on s’éloigne du soin, plus c’est dur d’améliorer.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1870-1888 | Pasteur : prévention en évitant d’introduire les microbes dans les plaies |
| années 1980-1990 | Infections nosocomiales, sang contaminé et « vache folle » : mise en place des CLIN et de l’hémovigilance |
| 1982-1986 | Hormone de croissance : 1982-1986 (111 morts - enfants) |
| 1997-H5N1 | Grippe Aviaire (A) : 1997-H5N1 (centaines de morts) |
| 2009-879 | Loi HPST : réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires |
| 23/02/2010 | Ordonnance n°2010-177 du 23/02/2010 : modification de l’article L1413-14 |
| 30/04/2010 | Décret n°2010-439 du 30/04/2010 : responsabilités des CME |
| 05/11/2010 | Décret n°2010-1325 du 05/11/2010 : responsabilités des CME |
| 12/11/2010 | Décret n°2010-1408 du 12/11/2010 : lutte contre les EIAS |
| 18/11/2011 | Circulaire du 18/11/2011 : application du décret n°2010-1408 |
📊 Tableaux de synthèse
Approche a priori vs a posteriori
| Approche | Moment | But principal |
|---|
| a priori | avant la survenue d’un événement | Fiabiliser le système : identifier et réduire les risques d’un processus/parcours patient |
| a posteriori | après un événement | Améliorer au vu du retour d’expériences : identifier et analyser les EPR & des EIG |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre danger (source potentielle de préjudice, factuel) et risque (probabilité que le danger entraîne un dommage).
- Croire qu’un EPR est un incident/accident : un EPR est détecté et corrigé avant d’affecter le patient.
- Penser que l’approche a posteriori consiste à « prévenir » : elle sert surtout à comprendre et corriger après les événements.
- Mélanger barrières de prévention, récupération et atténuation : la prévention empêche, la récupération rattrape, l’atténuation limite les effets une fois l’accident avéré.
- Oublier que les conséquences dépendent du système et du contexte : le même danger ne produit pas mécaniquement le même dommage.
- Confondre EIAS et EIG : EIAS = événement inattendu lié aux actes de prévention/diagnostic/traitement ; EIG = catégorie de gravité soumise à déclaration obligatoire.
- Croire que l’identitovigilance est une vigilance sanitaire réglementée : le cours précise que ce n’est pas une vigilance sanitaire réglementée.
✅ Checklist Examen
- Citer la logique Pasteur (1870-1888) : éviter d’introduire les microbes dans les plaies plutôt que les tuer après coup.
- Expliquer comment les années 1980-1990 (infections nosocomiales, sang contaminé, « vache folle ») conduisent à CLIN et hémovigilance.
- Relier les accidents industriels et les actes de terrorisme à la logique « apprentissage par événements » (structuration de dispositifs).
- Définir danger, risque et dommage, puis donner l’exemple « travail en hauteur → chute → blessure/invalidité/décès ».
- Définir situation dangereuse et expliquer pourquoi un enfant peut ne pas avoir la notion de risque (absence de passé/expérience).
- Définir EPR (événement porteur de risques) et distinguer EPR, incident et accident (précurseur sans atteinte du patient).
- Donner au moins 2 exemples d’EPR (rattrapage patient prêt à chuter, retrait à temps d’un plat allergène, erreur d’identification/posologie corrigée).
- Expliquer le modèle de Reason : erreurs patentes vs erreurs latentes, et « défenses en profondeur » (prévention, récupération, atténuation).
- Classer au moins 3 barrières selon leur nature (immatérielles vs matérielles) et selon leur fonction (prévention/récupération/atténuation).
- Décrire la logique « défaillances non contrôlées » : événement indésirable → incident/accident puis plainte/procédure si cumul.
- Expliquer les deux approches complémentaires d’identification des risques : a priori (cartographie, analyse du parcours) et a posteriori (retours d’expérience, EPR/EIG).
- Définir EIAS et EIG, puis rappeler la déclaration obligatoire des EIG à l’ARS et les niveaux de gravité (1 à 5) tels que présentés.
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