Fiche de révision : Histoire et enjeux de l'environnement

Plan du Cours

  1. Construction historique de l’environnement
  2. Enjeu politique planétaire
  3. Forêt française sous Colbert
  4. Forêt française aux XIXe-XXe siècles
  5. Révolution néolithique et empreinte humaine
  6. Révolution industrielle et Grande Accélération
  7. Anthropocène et critiques
  8. Fluctuations climatiques historiques
  9. Gouvernance internationale du climat
  10. États-Unis et environnement
  11. Naissance de l’écologie américaine
  12. Pouvoir fédéral et ONG américaines

1. Construction historique de l’environnement

Notions clés & Définitions

  • Environnement polysémique : L’environnement désigne un ensemble de relations d’interdépendance entre l’homme, les sociétés et des composantes physiques et chimiques, dans une nature transformée par l’activité humaine.
  • Anthropisation : L’anthropisation correspond au fait qu’un milieu est modifié par les activités humaines, au point d’en faire une nature marquée par l’homme.
  • Âge écologique : L’Âge écologique est, d’après Donald Worster, une période où la prise de conscience des impacts environnementaux humains devient structurante pour les sociétés.
  • Programme des Nations Unies pour l’Environnement : Le PNUE est l’organisme créé à la suite de la première conférence de l’ONU sur l’environnement tenue à Stockholm en juin 1972.
  • Développement durable : Le développement durable est un cadre de gouvernance qui relie enjeux environnementaux et objectifs de société, repris dans les discussions onusiennes dès la fin des années 1980.

Points essentiels

  • La notion d’environnement moderne émerge comme une construction historique, sociale et politique liée à la prise de conscience mondiale des impacts humains.
  • Entre les années 1960 et 1970, l’écologie institutionnalise son savoir avec l’apparition d’ouvrages dédiés aux États-Unis puis en Europe.
  • Le 6e mois de 1972, Stockholm accueille la première conférence de l’ONU sur l’environnement et conduit à la création du PNUE.
  • La déclaration de Stockholm (1972) affirme le droit de vivre dans un environnement sain, nécessaire à la dignité et au bien-être.
  • Depuis les années 1980, l’aggravation des atteintes à la biodiversité et au climat favorise l’idée d’une gouvernance mondiale via le développement durable.
  • Le rapport Brundtland (1987) introduit des objectifs de développement durable à l’ONU, puis le sommet de Rio (1992) les place au cœur des débats.

2. Enjeu politique planétaire

Notions clés & Définitions

  • Conférence de Stockholm 1972 : Première conférence de l’ONU sur l’environnement tenue en juin 1972, marquant une étape majeure de politisation des questions écologiques.
  • PNUE : Institution des Nations Unies créée à partir de la conférence de Stockholm pour coordonner l’action internationale contre les problèmes environnementaux.

Points essentiels

  • Entre les années 1960 et 1970, des ouvrages consacrés à l’écologie apparaissent d’abord aux États-Unis puis en Europe, signe d’une nouvelle prise de conscience.
  • La conférence de l’ONU sur l’environnement de juin 1972 à Stockholm aboutit à la création du Programme des Nations Unies pour l’Environnement.
  • La déclaration de Stockholm affirme le droit de chacun de vivre dans un environnement sain, lié à la dignité, au bien-être et à la sécurité.
  • Le rapport Meadows rend patent l’écart entre le modèle de croissance d’après-guerre et les promesses relatives à la qualité de vie, la santé et la sécurité.
  • L’impact environnemental des activités humaines, inégalement ressenti selon les sociétés, alimente des mobilisations de la société civile à l’échelle planétaire.
  • La gouvernance mondiale de l’environnement se structure progressivement autour du développement durable, présenté à l’ONU en 1987 dans le rapport Brundtland puis débattu au sommet de la Terre de Rio en 1992.

Astuce mémo

Stockholm 72 → PNUE + droit à un environnement sain, puis la gouvernance s’organise via Brundtland 87 et Rio 92.

3. Forêt française sous Colbert

Notions clés & Définitions

  • Forêt française : Espace couvert d’arbres relativement serrés, dominant un sous-bois arbustif ou herbacé, réservé aux étendues conséquentes.
  • Ordonnance de 1669 : Texte de politique forestière qui organise le recensement et la fortification des forêts royales et cadre leur gestion au long cours.
  • Taillis : Mode d’exploitation forestière à court terme qui épuise les sols et produit un bois de qualité médiocre.
  • Inventaire forestier national : Dispositif créé par l’État en 1958 pour mieux estimer les ressources et potentialités des forêts et des terrains pouvant être boisés ou reboisés.

Points essentiels

  • Sous Louis XIV, la forêt sert de ressource stratégique pour l’État et la Marine, avec des objectifs à la fois économiques et géopolitiques.
  • Colbert (contrôleur général en 1665, secrétaire d’État à la marine en 1669) pilote la politique en s’appuyant sur l’Ordonnance de 1669 sur les Eaux et Forêts.
  • L’Ordonnance de 1669 prévoit notamment des réserves de baliveaux à laisser, le maintien de surfaces en futaie, le marquage des arbres et le traçage d’allées.
  • Les forêts du XVIIe siècle sont souvent en taillis à cause d’une exploitation rapide et des crises liées au « petit âge glaciaire », ce qui dégrade la forêt.
  • L’État limite aussi l’impact sur le bois de la Marine en imposant qu’une part de futaie soit réservée à la charpenterie navale.
  • Au début du XIXe siècle, la forêt métropolitaine couvre 7,5 millions d’hectares, puis 17 millions aujourd’hui (31% du territoire), et l’IFN est créé en 1958 pour mieux estimer les potentialités.

Astuce mémo

1669 = « forêts fortifiées » pour la Marine : baliveaux à garder, futaie à maintenir, arbres marqués, allées tracées.

4. Forêt française aux XIXe-XXe siècles

Notions clés & Définitions

  • Exportation ferroviaire : Mécanisme économique qui relie le rail à l’exportation des bois, intégrant certains massifs forestiers dans l’économie nationale puis l’économie-monde.
  • Flottage des rondins : Technique de transport du bois par l’eau, renforcée par des besoins croissants en bois et charbon.
  • Lois de restauration RTM : Dispositif de restauration des terrains de montagne visant le reboisement et la conservation après les dégâts liés à la déforestation.
  • Office national des forêts : Institution publique créée pour organiser la gestion des forêts, avec une évolution liée aux réformes des années 1960.

Points essentiels

  • Les inondations de 1856 et 1859 sont attribuées au surpâturage et au déboisement, ce qui conduit à la loi de 1860 créant un service de reboisement et des périmètres obligatoires d’utilité publique.
  • La loi RTM de 1882 sur la restauration et la conservation des terrains de montagne s’accompagne d’acquisitions de terrains par l’État et de subventions aux travaux de reboisement réalisés par collectivités et particuliers.
  • Au XIXe siècle, l’augmentation des besoins (bois pour les mines, traverses de chemins de fer, chantiers de construction, production de charbon de bois) renforce la pression sur la forêt et l’amélioration du flottage des rondins.
  • Au XXe siècle, la forêt regagne du terrain grâce à l’abandon de terres agricoles, à la baisse des densités rurales et à la diffusion du charbon et du pétrole comme sources d’énergie.
  • En 1958, l’État crée l’Inventaire forestier national pour mieux estimer les ressources et potentialités des forêts et des terrains susceptibles d’être boisés ou reboisés.
  • Au début du XIXe siècle, la forêt française métropolitaine couvre environ 7,5 millions d’hectares et atteint 17 millions aujourd’hui, soit 31% du territoire.

5. Révolution néolithique et empreinte humaine

Notions clés & Définitions

  • Domestication double : La domestication double est la mutation néolithique fondée sur la sélection et l’adaptation d’espèces végétales puis animales par les humains.
  • Sédentarisation : La sédentarisation est le passage d’une vie en déplacements à l’installation durable dans des villages, rendue possible par l’agriculture et l’élevage.
  • Boom démographique néolithique : Le boom démographique néolithique désigne l’augmentation forte de la population due à une alimentation plus régulière grâce aux cultures et à l’élevage.

Points essentiels

  • La révolution néolithique s’échelonne sur plusieurs siècles et passe par une domestication des plantes et des animaux, avec des formes variables selon les régions du monde.
  • Un réchauffement climatique peut créer un contexte où l’agriculture et l’élevage procurent un avantage par rapport au mode de vie antérieur.
  • Les techniques de stockage permettent de ralentir la germination des grains enfermés hermétiquement, grâce à l’émission de CO2.
  • Le changement culturel passe d’un rapport de chasseurs-cueilleurs à une domination nouvelle liée à la domestication, même si la frontière agriculteurs/chasseurs reste poreuse dans certaines régions (notamment les Amériques).
  • La natalité augmente fortement : les agricultrices ont en moyenne un enfant par an contre un enfant tous les 3 ans chez les nomades, le retour de fécondité étant retardé par l’allaitement prolongé.
  • La domestication augmente aussi des risques sanitaires (brucelloses, variole, rougeole, tuberculose, peste) et accélère la baisse de biodiversité avec disparition d’animaux de grande taille comme le mammouth et l’aurochs.

Astuce mémo

Domestication double → villages : plus de nourriture, plus de monde… et plus de maladies.

6. Révolution industrielle et Grande Accélération

Notions clés & Définitions

  • Grande Accélération : La grande accélération est un phénomène désignant des bouleversements sociaux et environnementaux dus à l’accroissement rapide des activités humaines.
  • Anthropocène : L’Anthropocène est un néologisme des années 1990 qui avance l’idée que l’influence humaine est devenue dominante et marquera l’histoire terrestre et climatique.
  • Anthropocene Working Group : L’Anthropocene Working Group est le groupe interdisciplinaire chargé d’évaluer la pertinence du concept d’Anthropocène et d’en discuter la datation.
  • Clou d’or stratotypique mondial : Le clou d’or stratotypique mondial est le repère géologique attendu pour caractériser la transition entre deux unités de temps géologiques.

Points essentiels

  • Paul Crutzen et l’historien John McNeill ont proposé le terme de grande accélération pour décrire des ruptures sociales et environnementales.
  • Le néologisme Anthropocène apparaît au début des années 1990 pour souligner une influence humaine devenue prépondérante et jugée irréversible.
  • En 2008, une proposition visant à reconnaître l’Anthropocène dans les divisions géologiques est examinée par la sous-commission de stratigraphie de la Société géologique de Londres.
  • En août 2016, au Cap, l’AWG s’accorde sur l’entrée dans une nouvelle époque géologique, mais l’Anthropocène n’est pas encore officiellement retenu sans clou d’or et coupe stratigraphique.
  • Crutzen et Stoermer relient le début de l’Anthropocène à l’invention de la machine à vapeur, repère souvent fixé à l’amélioration de James Watt vers 1784.
  • Selon Catherine Jeandel, le clou d’or pourrait se situer vers la moitié du XXe siècle.

Astuce mémo

Vapeur → Anthropocène : repère autour de 1784 (James Watt).

7. Anthropocène et critiques

Notions clés & Définitions

  • Récits concurrents : Ensemble d’interprétations opposées qui proposent des causes et des solutions différentes autour de l’Anthropocène.
  • Récits technoscientifiques : Récit centré sur des réponses venues du progrès technique et de la science pour résoudre le problème posé par l’Anthropocène.
  • Capitalocène : Perspective qui interprète l’ère comme le résultat des logiques du capitalisme, et non comme une simple irruption soudaine de l’ère industrielle.

Points essentiels

  • Christophe Bonneuil (2014) distingue quatre récits autour de l’Anthropocène : technoscientifique, naturalisant et dépolitisé, de l’effondrement, et éco-marxiste.
  • Le récit naturalisant et dépolitisé traite les humains comme une catégorie indifférenciée, ce qui réduit la prise en compte des responsabilités sociales différenciées.
  • Le récit éco-marxiste relie l’Anthropocène aux contradictions du capitalisme et aux inégalités des échanges, et propose de penser aussi en termes de Capitalocène.
  • Parler de Capitalocène insiste sur un processus historique préparé par le capitalisme marchand depuis le XVIe siècle et amplifié après les « Grandes découvertes ».
  • Les débats posent une interrogation centrale : que faire maintenant ?

8. Fluctuations climatiques historiques

Notions clés & Définitions

  • Famine de 1315 : La famine de 1315 est une crise alimentaire liée à un froid marqué et à des pluies excessives qui abîment les blés.
  • Dendroclimatologie : La dendroclimatologie est une méthode qui reconstitue des conditions climatiques passées à partir de la largeur des anneaux annuels des arbres.
  • Petit Âge glaciaire : Le Petit Âge glaciaire est une période durable de refroidissement en Europe, ponctuée de phases plus tièdes ou plus fraîches et de reculs/avancées glaciaires.
  • Éruption du Tambora : L’éruption du Tambora est un événement volcanique qui projette des poussières dans la haute atmosphère, réduisant le rayonnement solaire et dégradant les récoltes en 1816.

Points essentiels

  • En 1315, des années humides et froides entraînent des récoltes de blé endommagées et la famine est présentée comme la pire du Moyen Âge, marquant le basculement vers une longue crise (XIVe-XVe siècles).
  • Vers 1481, un hiver très froid et un printemps-été très mauvais provoquent une famine qui conduit pour la première fois Louis XI à prendre des mesures anti-famine.
  • Autour de la fin du XVIe siècle, la poussée des glaciers alpins est liée à de mauvaises récoltes et à la hausse du prix du blé, avec des famines listées pour 1562, 1565, 1573, 1586 et 1596-1597.
  • La famine de 1693-1694 fait 1 300 000 morts en France et celle de 1709 en fait 600 000, dans un contexte de phases plus fraîches combinant pluies et froidures sur les blés.
  • En 1816, après l’éruption du Tambora (1815), “l’année sans été” s’accompagne d’une baisse moyenne d’environ 0,5circC0{,}5^{circ}C des températures en Europe et en Amérique, avec des récoltes en baisse.
  • Dès les années 1860 (fin du PAG), la Mer de glace recule brutalement d’environ 1 km entre 1860 et 1880, alors que le réchauffement réel ne s’installe qu’après 1910.

Astuce mémo

PAG = phases tièdes (moissons) alternant avec phases fraîches/effets volcaniques (pluie-froid-blé) et donc famines.

9. Gouvernance internationale du climat

Notions clés & Définitions

  • CCNUC : La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques organise le cadre international de négociation sur le climat depuis 1992.
  • GIEC : Le GIEC est un organisme intergouvernemental chargé d’évaluer les connaissances sur le climat, ses causes, ses impacts et les options d’action.
  • COP : La COP est la conférence mondiale annuelle des parties aux accords climatiques, réunissant les pays signataires de la CCNUC.
  • Protocole de Kyoto : Le Protocole de Kyoto est un accord international visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre via un mécanisme de permis.
  • Accord de Paris : L’Accord de Paris est l’accord universel adopté en 2015 pour orienter les États vers une limitation du réchauffement climatique sous 2°C.

Points essentiels

  • La CCNUC est créée en 1992 au Sommet de Rio et les COP réunissent les « parties » qui y ont adhéré depuis 1995, avec une organisation annuelle sur des continents différents, dont la COP 1 à Berlin.
  • Le Protocole de Kyoto est signé le 11 décembre 1997 (COP 3), entre 2008 et 2012, avec 37 pays développés engagés à réduire leurs émissions de 5% par rapport à 1990 et une entrée en vigueur en 2005.
  • Le Protocole de Kyoto repose sur des permis d’émission de CO2 calculés selon le niveau d’industrialisation pour cibler davantage les pays les plus pollueurs et industrialisés en théorie.
  • L’Accord de Paris (COP 21) réunit 195 pays fin 2015 pour limiter le réchauffement « nettement en dessous de 2°C » d’ici 2100, mais il est critiqué notamment pour l’absence de sanctions et pour l’absence d’objectifs de réduction explicite de la dépendance aux énergies fossiles.
  • Le GIEC, créé en 1988 par les Nations unies, reçoit le prix Nobel de la Paix en 2007 conjointement avec Al Gore pour ses travaux.
  • Lors de la COP 28 à Dubaï (30 novembre-12 décembre 2023), une « transition hors des énergies fossiles » est annoncée, dans un contexte où la promesse de 100 milliards de dollars/an pour l’adaptation annoncée à Cancun en 2010 n’a pas été tenue.

Astuce mémo

CCNUC → GIEC → COP : des « règles de négociation » aux « chiffres scientifiques », puis des sommets annuels pour tenter de briser le cycle.

10. États-Unis et environnement

Notions clés & Définitions

  • Wilderness : La wilderness est l’idée d’une nature sauvage, perçue comme riche en valeurs et comme un territoire à éprouver plutôt qu’un simple espace exploitable.
  • Sierra Club : Le Sierra Club est la première grande organisation environnementale américaine, fondée pour défendre la Sierra Nevada californienne.
  • National Park Service (NPS) : Le National Park Service est l’organisme fédéral chargé de gérer les parcs nationaux et de les préserver de l’exploitation utilitaire tout en accueillant le public.
  • Environmental Protection Agency (EPA) : L’EPA est l’agence fédérale américaine qui veille à l’application de lois environnementales, notamment en matière de qualité de l’air et de l’eau.
  • Clean Air Act : Le Clean Air Act est une loi fédérale encadrant les émissions pour protéger la qualité de l’air, appliquée sous l’action de l’EPA.

Points essentiels

  • Les États-Unis créent le premier parc national au monde à Yellowstone en 1872.
  • Le Sierra Club est fondé en 1892 pour défendre la Sierra Nevada californienne.
  • Le Wilderness Act de 1964 renforce la création de parcs nationaux sur des terres inhabitées.
  • En 1970, l’EPA est créée pour faire respecter le Clean Air Act (1970) et le Clean Water Act (1972).
  • Le charbon reste un pilier énergétique : il fournit près de 40% de l’électricité américaine.
  • En 2005, l’ouragan Katrina provoque la rupture des digues de la Nouvelle-Orléans et fait 2000 morts.

11. Naissance de l’écologie américaine

Notions clés & Définitions

  • Transcendantalisme : Mouvement littéraire et philosophique américain qui valorise la nature comme une forme d’œuvre divine à admirer et protéger.
  • Rachel Carson : Biologiste américaine devenue une figure de l’environnementalisme, connue pour dénoncer les pesticides et leurs effets sur la biodiversité.

Points essentiels

  • Le Sierra Club est fondé en 1892 par John Muir pour la défense de la Sierra Nevada californienne, ce qui soutient la naissance d’un militantisme environnemental organisé.
  • Le Congrès américain crée le premier parc national en 1872 à Yellowstone, comme premier grand acte de protection à l’échelle nationale.
  • Les années 1960 marquent l’essor d’une écologie politique plus visible, portée notamment par Rachel Carson qui alerte sur les pesticides et la destruction de la biodiversité.
  • L’équipe du MIT publie le rapport The Limits to Growth, qui montre que la croissance ne peut pas durer indéfiniment et influence fortement les débats européens.

Astuce mémo

1872 Yellowstone → 1892 Sierra Club (Muir) → 1960s Carson → 1972 Limits to Growth (MIT).

12. Pouvoir fédéral et ONG américaines

Notions clés & Définitions

  • Lobby vert : Expression désignant le poids politique d’ONG environnementales capables d’influencer les décisions grâce à leur expertise et à leurs actions de mobilisation.
  • Conservation International : ONG environnementale américaine qui mène des actions de protection et de sensibilisation à partir d’équipes spécialisées.
  • The Nature Conservancy : ONG environnementale américaine réputée pour ses compétences d’experts et ses actions visant à protéger la nature.
  • Wildlife Conservation Society : ONG environnementale américaine impliquée dans la protection de la faune et l’organisation de mobilisations publiques.
  • Greenwashing : Pratique consistant pour une entreprise à soigner son image environnementale sans que ses actions réduisent réellement son impact.

Points essentiels

  • Les ONG environnementales américaines les plus influentes comme Conservation International, The Nature Conservancy et Wildlife Conservation Society forment un lobby vert grâce à des experts et à la mobilisation de l’opinion publique.
  • Leurs actions de sensibilisation peuvent inquiéter des gouvernements car elles s’appuient sur des compétences scientifiques et juridiques.
  • Les ONG sont présentées comme indépendantes et souvent populaires, mais elles peuvent aussi susciter des polémiques.
  • La légitimité de certaines ONG peut être contestée, conduisant à un débat public sur leur rôle et leur crédibilité.

Astuce mémo

Lobby vert = Experts + Mobilisation publique → Pression politique.

Repères chronologiques

DateÉvénement
juin 1972Conférence de l’ONU sur l’environnement à Stockholm créant le PNUE
1971Création du premier Ministère de l’environnement (gouvernement de Georges Pompidou)
1987Le développement durable est présenté à l’ONU dans le rapport Brundtland
1992Sommet de la Terre de Rio : discussions autour du développement durable et création de la CCNUC
1669Ordonnance de Colbert sur les Eaux et Forêts (fortification des forêts royales)
1860Loi pour le boisement et création d’un service de reboisement (périmètres obligatoires)
1882Loi de restauration et conservation des terrains de montagne (RTM)
1958Création de l’Inventaire forestier national (IFN)
1892Création du Sierra Club
1872Création du premier parc national à Yellowstone

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre environnement (relations homme/sociétés/milieux anthropisés) et géographie physique ou « faune et flore » uniquement.
  2. Penser que l’Anthropocène est officiellement retenu en 2016 : dans le cours, il n’est pas encore officiellement retenu sans clou d’or.
  3. Croire que les famines du PAG sont dues à un seul facteur : elles résultent de froid/‘étés pourris’ et/ou pluies, avec effets sur le blé et prix.
  4. Inverser conservation et préservation dans les États-Unis : Théodore Roosevelt et Gifford Pinchot privilégient la conservation.
  5. Oublier le rôle central du charbon dans la révolution industrielle et ses effets (rail, synthèse d’engrais, hausse CO2, dégradations).
  6. Mélanger CCNUC, COP, Kyoto et Paris : CCNUC organise le cadre depuis 1992, COP = réunions annuelles, Kyoto = permis, Paris = accord universel.

Checklist Examen

  1. Définir l’environnement comme terme polysémique et expliquer l’idée d’interdépendances dans une nature anthropisée (anthropisation).
  2. Expliquer pourquoi les années 1960-1970 constituent une rupture dans la prise de conscience écologique (ouvrages + nouvelles demandes sociales).
  3. Rappeler ce que produit Stockholm en juin 1972 : déclaration sur le droit à un environnement sain et création du PNUE.
  4. Relier développement durable et gouvernance mondiale : objectifs Brundtland en 1987 puis sommet de Rio en 1992.
  5. Pour la forêt : décrire la forêt française (définition géographique) et dire pourquoi elle n’est pas « naturelle ».
  6. Présenter l’action de Colbert : Ordonnance de 1669, mesures (baliveaux, futaie, marquage, allées) et rôle de la Marine (quart de futaie).
  7. Expliquer les dynamiques XIXe-XXe : inondations 1856-1859 → loi 1860 ; RTM 1882 ; retour de la forêt au XXe siècle ; rôle de l’IFN en 1958.
  8. Exposer la révolution néolithique : domestication double, sédentarisation, boom démographique, nouveaux risques sanitaires, et baisse de biodiversité.
  9. Expliquer la révolution industrielle : charbon comme énergie fossile, accélération de l’artificialisation, hausse des concentrations CO2 ; puis Grande Accélération après 1945.
  10. Raconter l’Anthropocène : apparition au début des années 1990, débats AWG (août 2016) et exigence du « clou d’or » pour être officiellement retenu.
  11. Citer et distinguer les outils pour l’histoire du climat (dendroclimatologie, glaciers, carottes de glace) et dater 1303-1860 (PAG).
  12. Décrire des effets climatiques concrets : famine de 1315, hiver 1481 et mesures anti-famine de Louis XI, famines 1693-1694 et 1709, puis « année sans été » en 1816 (Tambora).
  13. Expliquer la gouvernance climatique : CCNUC (depuis 1992), COP (dès 1995), Protocole de Kyoto (11 décembre 1997, entrée en vigueur 2005, 2008-2012) et accord de Paris (COP 21 fin 2015).
  14. Présenter la dimension américaine : Yellowstone 1872, Sierra Club 1892, Wilderness Act 1964, EPA 1970 et Clean Air/Water Acts, puis Katrina 2005 et tensions entre climato-scepticisme et politiques locales/ONG.

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