Fiche de révision : Histoire et organisation de la statistique publique

Plan du Cours

  1. Repères chronologiques de la statistique publique
  2. Sources de la statistique publique : enquête et administration
  3. Définitions non statistiques de la famille
  4. Code civil napoléonien et organisation familiale
  5. Évolution de la structure familiale des ménages
  6. Ménages complexes : définition et comptabilisation
  7. Création de l’INSEE et secret statistique
  8. Construction des catégories socioprofessionnelles
  9. Nomenclature des CSP et PCS : étapes de rénovation
  10. Niveaux de la nomenclature PCS 2003
  11. Mesurer nationalité et origine dans les statistiques
  12. Évolution des populations immigrée et étrangère

1. Repères chronologiques de la statistique publique

Notions clés & Définitions

  • Miroir du Prince : Le Miroir du Prince désigne des enquêtes locales de l’époque médiévale utilisées pour mesurer l’impôt.
  • Statistique générale de France (SGF) : La SGF est l’organisme créé en 1833 pour structurer la statistique publique à l’échelle nationale.
  • Service national de statistiques : Le Service national de statistiques remplace la SGF en 1941 et s’appuie davantage sur le fichage administratif.
  • INSEE : L’INSEE est créé en 1946 pour produire et organiser la statistique publique, avec de nouvelles règles de secret statistique.
  • Recensement en continu : Le recensement en continu est le dispositif mis en place depuis 2006, remplaçant des recensements ponctuels.

Points essentiels

  • Au Moyen Âge, des enquêtes locales servent à mesurer l’impôt, puis la Monarchie absolue centralise ces enquêtes.
  • En Révolution, l’objectif devient l’unification de la statistique et les premiers recensements de population.
  • Sous l’Empire, des enquêtes régulières portent sur l’agriculture et l’industrie pour soutenir l’effort de guerre.
  • 1833 : création de la SGF ; 1891 : rattachement à l’Office du travail ; 1941 : remplacement par le Service national de statistiques ; 1946 : création de l’INSEE et lois sur le secret statistique.
  • Le recensement de 1801 porte seulement sur l’effectif global par circonscriptions.
  • À partir de 1851, le recensement distingue des caractéristiques (âge, profession) et demande aussi des informations sur le logement.

Astuce mémo

Chronologie en 4 temps : Impôt (Moyen Âge) → Centralisation (Monarchie) → Unification + recensements (Révolution) → Institutions (SGF 1833, INSEE 1946).

2. Sources de la statistique publique : enquête et administration

Notions clés & Définitions

  • Enquête statistique : Une enquête statistique est une collecte de données réalisée auprès d’unités (personnes, ménages, entreprises) pour produire des estimations chiffrées.
  • Administration publique : Une administration publique est un producteur de données issues de l’activité administrative (dossiers, déclarations, fichiers) utilisées pour la statistique.
  • Données administratives : Les données administratives sont des informations enregistrées pour gérer des situations administratives, réutilisées ensuite à des fins statistiques.
  • Population trans : La population trans désigne, dans les documents, un ensemble hétérogène d’identifications de genre regroupées sous l’étiquette « trans ».
  • Catégories statistiques nationales : Les catégories statistiques nationales sont les découpages officiels utilisés pour classer une population, même quand certains individus n’y correspondent pas.

Points essentiels

  • Les enquêtes servent à estimer des populations mal connues démographiquement et psychosocialement quand les chiffres sont difficiles à obtenir autrement.
  • Les données administratives proviennent de l’enregistrement des situations par les institutions, ce qui peut permettre un comptage sans enquêter directement.
  • Le terme « trans » est utilisé comme désignation générique regroupant plusieurs catégories d’identifications de genre (transsexuels, troubles de l’identité de genre, transgenres, transidentitaires, etc.).
  • La difficulté de disposer d’estimations chiffrées tient au fait que les « trans » sont décrits comme mal connus au plan démographique et psychosociologique.
  • Quand une population ne rentre pas dans les catégories nationales, la statistique doit adapter la manière de compter pour éviter des sous-estimations ou des classifications inadaptées.
  • Les documents montrent que la production statistique dépend du choix de la source (enquête vs administration) et de la façon de définir les catégories à mesurer.

Astuce mémo

Enquête = « je demande », Administration = « je récupère » ; Catégories nationales = « je classe » (et si ça ne rentre pas, je dois adapter).

3. Définitions non statistiques de la famille

Notions clés & Définitions

  • Transsexualisme : Le transsexualisme désigne une situation où l’identité de genre ressentie ne correspond pas au sexe assigné à la naissance, avec des enjeux de prise en charge médicale et sociale.
  • Troubles de l’identité de genre : Les troubles de l’identité de genre regroupent des situations où l’inadéquation entre identité de genre ressentie et sexe assigné entraîne un retentissement psychique ou social.
  • Transgenres : Les transgenres désignent des personnes dont l’identité de genre et/ou l’expression de genre diffère de ce qui est attendu selon le sexe assigné à la naissance.
  • Transidentitaires : Les transidentitaires regroupent des personnes qui se reconnaissent dans des identités trans, sans que les contours démographiques soient toujours clairement mesurés.
  • Transition : La transition renvoie au parcours de soins et d’ajustements (médicaux, sociaux ou juridiques) entrepris pour aligner la vie avec l’identité de genre.

Points essentiels

  • Le terme générique « trans » recouvre plusieurs catégories (transsexuels, troubles de l’identité de genre, transgenres, transidentitaires) et vise la diversité des identifications de genre.
  • En France, la difficulté d’estimer la population trans tient au fait que ses contours démographiques et psychosociologiques restent mal connus.
  • Une enquête exploratoire a été réalisée en 2007, mais elle ne distinguait pas les sous-groupes, ce qui a produit une image trop unifiée.
  • Dans le domaine du VIH/sida, la population trans est souvent réduite à certains sous-groupes (notamment MtF, travailleurs du sexe, personnes de minorités ethniques).
  • L’enquête « Trans et santé sexuelle » cherchait à décrire les caractéristiques sociodémographiques, les parcours de soins de transition, la santé et la vie sexuelles, ainsi que les situations liées au VIH/sida.
  • L’enquête a utilisé une approche ethnographique à partir de 2004 pour identifier les contours, réseaux de socialisation et informateurs-clés afin d’élaborer et distribuer le questionnaire.

Astuce mémo

Trans = étiquette parapluie (plusieurs termes) ; sans découpage des sous-groupes, on obtient une photo trop uniforme.

4. Code civil napoléonien et organisation familiale

Notions clés & Définitions

  • Chef de famille : Notion juridique du Code civil où l’autorité familiale est attribuée au mari, considéré comme le chef du foyer.
  • Femme mariée mineure économiquement : Statut juridique de la femme mariée qui limite sa capacité à gérer ses biens et à agir financièrement sans autorisation du mari.
  • Enfants naturels : Catégorie d’enfants nés hors mariage non reconnus par le mari, traités juridiquement de façon moins favorable que les autres enfants.
  • Divorce pour faute : Régime du divorce où la dissolution du mariage n’est possible qu’en cas de faute grave imputée à l’un des époux.
  • Pacte civil de solidarité (PACS) : Contrat d’union permettant d’officialiser une vie commune, avec des effets notamment en fiscalité, location et patrimoine.

Points essentiels

  • En 1804, le Code civil organise la famille en donnant la prééminence des hommes sur les femmes dans le cadre familial.
  • Le chef de famille est nécessairement le mari et il exerce une autorité sur tous les membres de la famille, y compris sur sa femme.
  • La femme mariée est économiquement « mineure » : sauf séparation de biens avec biens propres, elle ne peut pas gérer ses affaires et ne peut pas travailler ni ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation du mari.
  • Les enfants « naturels » non reconnus par le mari n’ont pas l’égalité juridique avec les autres enfants de la mère.
  • Le divorce n’est autorisé qu’en cas de faute, notamment adultère, condamnation à une peine infâmante et sévices ou injures graves.
  • 1907 : les femmes mariées obtiennent le droit de disposer librement de leur salaire ; 1965 : elles peuvent exercer et ouvrir un compte bancaire sans consentement du mari ; 1970 : suppression de la notion de « chef de laï

Astuce mémo

1804 = « mari chef, femme dépendante, enfants inégaux, divorce seulement pour faute ».

5. Évolution de la structure familiale des ménages

Notions clés & Définitions

  • Difficulté de comptabilisation des familles : La difficulté de comptabilisation désigne le fait que les catégories de familles ne sont pas toujours observables ou comparables d’un tableau à l’autre, ce qui brouille les effectifs.
  • Personne de référence du ménage : La personne de référence du ménage est l’individu choisi par la définition statistique pour caractériser le ménage et permettre des tris (famille, activité, etc.).
  • Définition avant 2016 : La définition avant 2016 correspond aux règles de sélection de la personne de référence utilisées dans le recensement avant la réforme de 2016.
  • Définition après 2016 : La définition après 2016 correspond aux nouvelles règles de sélection de la personne de référence utilisées dans le recensement après la réforme de 2016.
  • Couples principaux : Les couples principaux sont une catégorie de couples distingués dans les tableaux, notamment selon le sexe du chef de ménage et l’activité des conjoints.

Points essentiels

  • Les types de familles peuvent être difficiles à comptabiliser car les catégories statistiques dépendent de définitions (qui est classé comme « personne de référence ») et de règles de classement.
  • Le changement de définition de la personne de référence entre avant et après 2016 peut modifier les caractéristiques observées sur le tableau 2, même si les ménages n’ont pas changé.
  • Pour comparer des tableaux dans le temps, il faut vérifier si la définition utilisée reste identique, sinon les variations peuvent refléter un effet de méthode.
  • Dans le tableau 1 (1975), la structure familiale est approchée via des couples et l’activité des conjoints, ce qui ne capture pas toutes les formes familiales possibles.
  • Le tableau 3 illustre un choix du conjoint selon la profession de l’homme, ce qui relie structure familiale et appariement social plutôt qu’une simple évolution démographique.

Astuce mémo

Définitions = « qui on regarde » : avant/après 2016, la personne de référence change → les tableaux changent même sans changement réel des ménages.

6. Ménages complexes : définition et comptabilisation

Notions clés & Définitions

  • Ménage complexe : Un ménage complexe regroupe plusieurs personnes vivant ensemble avec des liens familiaux ou des situations de vie qui ne se limitent pas à un couple simple.
  • Unité de ménage : L’unité de ménage correspond au groupe de personnes vivant dans le même logement et comptées ensemble pour les statistiques.
  • Comptabilisation des ménages : La comptabilisation des ménages consiste à classer chaque logement selon la composition des personnes qui y vivent, puis à compter les ménages par catégories.
  • Temps social quotidien : Le temps social quotidien est la durée moyenne consacrée, sur une journée, à différentes activités (physiologie, travail, domestique, loisirs, sociabilité).

Points essentiels

  • Un tableau d’emploi du temps donne des durées en heures pour des catégories précises (sexe, statut actif/inactif, année), ce qui permet de comparer les comportements.
  • La lecture d’un chiffre doit respecter la catégorie visée : par exemple « actifs ayant un emploi » et « homme » ou « femme » ne renvoient pas aux mêmes lignes.
  • Les durées sont des moyennes par jour incluant samedi, dimanche et vacances, donc elles ne correspondent pas directement à une semaine entière.
  • Pour obtenir une durée hebdomadaire de travail à partir des moyennes quotidiennes, il faut multiplier par 7.
  • Les activités domestiques sont décomposées en sous-tâches (ménage/cuisine/courses, soins aux enfants et adultes, bricolage, jardinage), ce qui permet d’analyser la division du travail.
  • Les écarts observés entre hommes et femmes peuvent être formulés comme une hypothèse à partir des différences de durées sur les postes domestiques et de loisirs.

Astuce mémo

Ménage complexe = « plusieurs vies sous un même toit » : on classe le logement, puis on compte les ménages par catégories.

7. Création de l’INSEE et secret statistique

Notions clés & Définitions

  • INSEE : L’INSEE est l’institut public français chargé de produire et coordonner les statistiques nationales.
  • Secret statistique : Le secret statistique protège la confidentialité des données individuelles utilisées pour produire des résultats statistiques.
  • Chaîne de codification : La chaîne de codification est l’enchaînement d’opérations qui transforme des réponses d’enquête en codes de catégories socioprofessionnelles.
  • Redressement statistique : Le redressement est une modification de la codification à partir d’informations supplémentaires pour corriger une réponse.

Points essentiels

  • 1946 : l’INSEE est créé, puis il réfléchit dès 1949 à une nomenclature des catégories socioprofessionnelles.
  • 1954 : première version de la nomenclature des CSP, construite pour classer les positions sociales à partir de catégories professionnelles.
  • La production du classement socioprofessionnel combine des interprétations de la personne enquêtée, des équivalences d’usage, des instructions réglementaires, et le travail des codeurs.
  • Le redressement peut être informatisé et sert à ajuster une codification normale quand une information supplémentaire permet une meilleure correspondance.
  • Le secret statistique encadre l’usage des données individuelles : les opérations de codage et de redressement ne doivent pas exposer l’identité des personnes enquêtées.

Astuce mémo

INSEE 1946 → codage 5 étapes → secret statistique : on chiffre sans dévoiler.

8. Construction des catégories socioprofessionnelles

Notions clés & Définitions

  • Nomenclature 1954 : La nomenclature socioprofessionnelle de 1954 sert de référence pour comparer l’organisation des catégories avec les versions ultérieures.
  • Nomenclature 1982 : La nomenclature socioprofessionnelle de 1982 modifie la construction des catégories par rapport à 1954, avec des regroupements et des disparitions.
  • Salariés agricoles : La catégorie « salariés agricoles » regroupe des professions liées au travail agricole exercé sous statut salarial.
  • Personnels de services : La catégorie « personnels de services » regroupe des professions de service, dont certaines ont été rapprochées d’autres catégories lors des changements de nomenclature.
  • Cadres et professions intellectuelles supérieures : La catégorie « cadres et professions intellectuelles supérieures » regroupe des emplois de niveau élevé, distingués dans la nomenclature.

Points essentiels

  • Certaines catégories semblent rester visuellement identiques entre 1954 et 1982, ce qui permet une comparaison directe de leur maintien.
  • D’autres groupes ou catégories disparaissent en 1982, ce qui indique une recomposition de la structure socioprofessionnelle.
  • En 1982, des professions rattachées en 1954 à d’autres catégories sont rapprochées de « salariés agricoles », « personnels de services » et « autres catégories ».
  • Une distinction apparaît en 1982 entre « cadres et professions intellectuelles supérieures » et « professions intermédiaires », alors qu’elle n’existait pas de la même façon auparavant.
  • La nomenclature 1982 introduit, au sein des « ouvriers », une distinction nouvelle par rapport à celle de 1954.
  • Avec la « PCS 2020 », d’autres lectures de la stratification sociale complètent la nomenclature, notamment via l’analyse des ménages.

Astuce mémo

1954→1982 : mêmes façades, mais recomposition (disparitions + rapprochements) ; puis nouvelles coupures chez cadres et ouvriers, et lecture par ménages avec PCS 2020.

9. Nomenclature des CSP et PCS : étapes de rénovation

Notions clés & Définitions

  • CSP : Catégorie socioprofessionnelle regroupant des professions selon des critères sociaux et économiques pour produire des statistiques comparables.
  • PCS : Professions et catégories socioprofessionnelles, nomenclature utilisée pour classer les emplois et permettre des analyses statistiques.
  • Rénovation de la nomenclature : Ensemble des opérations qui mettent à jour la classification des professions pour mieux refléter les réalités du travail et améliorer la comparabilité.
  • Professions quasi-exclusivement masculines : Ensemble de professions où la part des hommes atteint un seuil très élevé, indiquant une forte spécialisation sexuée des emplois.
  • Professions quasi-exclusivement féminines : Ensemble de professions où la part des femmes atteint un seuil très élevé, indiquant une forte spécialisation sexuée des emplois.

Points essentiels

  • Le tableau fournit des professions classées avec un indicateur de part masculine et un indicateur de part féminine, permettant d’identifier des métiers très genrés.
  • Un premier constat attendu consiste à comparer le nombre de professions atteignant au moins 94% d’hommes à celui atteignant au moins 94% de femmes.
  • Les « professions » exclusivement masculines sont celles où la part des hommes est totale (100,00%) dans le tableau.
  • Les professions où l’effectif masculin est le plus important sont celles qui combinent une forte part masculine et des effectifs masculins élevés dans la liste.
  • La comparaison avec des professions très féminisées (aides à domicile, assistantes maternelles, secrétaires) sert à mettre en évidence des écarts d’effectifs et de concentration sexuée.
  • Le champ précisé pour les données est la France métropolitaine, population active de 15 ans ou plus, source INSEE Enquête Emploi 2012.

Astuce mémo

Seuil 94% : 94 = « quasi » ; 100% = « exclusivement » (hommes ou femmes).

10. Niveaux de la nomenclature PCS 2003

Notions clés & Définitions

  • PCS 2003 : La PCS 2003 est une nomenclature française qui classe les professions pour organiser et comparer les données d’emploi.
  • Niveaux de la nomenclature : Les niveaux de la PCS 2003 correspondent à des regroupements hiérarchiques de professions, du plus général au plus détaillé.
  • Regroupements hiérarchiques : Les regroupements hiérarchiques organisent les professions en catégories de plus en plus fines pour faciliter l’analyse statistique.
  • Catégories professionnelles : Les catégories professionnelles sont des ensembles de métiers regroupés selon des critères communs dans la PCS 2003.

Points essentiels

  • La PCS 2003 est construite pour permettre des comparaisons statistiques entre territoires et périodes à partir d’une classification des professions.
  • Les « niveaux » servent à passer d’une lecture globale (catégories larges) à une lecture détaillée (professions plus spécifiques) sans changer de logique de classement.
  • Chaque niveau regroupe des professions ayant des caractéristiques proches, ce qui rend les analyses plus robustes quand on agrège les données.
  • Pour exploiter des tableaux (emploi, population active, étrangers/nationaux), on choisit le niveau de la PCS adapté à la question (tendances générales ou différences fines).
  • Les analyses par secteurs ou métiers s’appuient sur ces regroupements hiérarchiques pour interpréter des écarts de qualification et de conditions de travail.
  • Quand on compare des populations (par exemple étrangers vs natifs), la PCS aide à distinguer des emplois complémentaires de « niches » moins recherchées plutôt que de réduire l’analyse à un seul indicateur global.

Astuce mémo

Hiérarchie PCS = « du grand au petit » : Catégories → sous-ensembles → professions (même logique, plus de détail).

11. Mesurer nationalité et origine dans les statistiques

Notions clés & Définitions

  • Population immigrée : Population immigrée : catégorie statistique fondée sur le lieu de naissance et construite pour être repérable, exhaustive et stable dans le temps.
  • Population étrangère : Population étrangère : ensemble des personnes qui ne possèdent pas la nationalité française, mesuré à partir des déclarations de nationalité.
  • Français de naissance : Français de naissance : libellé statistique qui distingue les personnes ayant la nationalité française dès la naissance.
  • Français par acquisition : Français par acquisition : libellé statistique qui désigne les personnes devenues françaises après la naissance.
  • Population majoritaire : Population majoritaire : ensemble des personnes les plus nombreuses en France métropolitaine qui ne sont ni immigrées, ni natives d’un DOM, ni descendantes d’immigrés ou de natifs d’un DOM.

Points essentiels

  • La mesure de la population étrangère repose sur la nationalité déclarée, tandis que la mesure de l’immigré repose sur des critères de naissance.
  • Les catégories « immigré » et « étrangère » ne recouvrent pas exactement les mêmes personnes, ce qui peut produire des écarts de proportions.
  • La distinction « Français de naissance » / « Français par acquisition » est au cœur de la construction de la catégorie d’« immigré » dans les recensements.
  • Des répondants peuvent déclarer de façon incohérente d’un recensement à l’autre (étrangers puis français par acquisition puis français de naissance), ce qui crée des décalages de mesure.
  • Les incohérences ne sont pas seulement des erreurs d’enregistrement : elles reflètent un décalage entre la façon dont les individus se perçoivent et les catégories de saisie de l’institution statistique.
  • Dans TéO, la « population majoritaire » est définie comme n’étant ni immigrée, ni native d’un DOM, ni descendante d’immigré ou de natif d’un DOM, et elle se combine avec des variables d’histoire migratoire et d’origine.

Astuce mémo

Immigré = naissance (hors métropole) ; Étranger = nationalité (non française) ; et la frontière « naissance vs acquisition » peut brouiller les déclarations.

12. Évolution des populations immigrée et étrangère

Notions clés & Définitions

  • Descendants de couple mixte : Catégorie de TeO regroupant les personnes ayant un seul parent immigré, nées en France métropolitaine.
  • Descendants de natifs d’un DOM : Catégorie de TeO regroupant les personnes nées en France métropolitaine dont au moins un parent est né dans un DOM.
  • Descendants de rapatriés : Catégorie de TeO regroupant les personnes nées en France métropolitaine dont au moins un parent est né français dans un ancien territoire colonial avant sa décolonisation.
  • Natifs de métropole sans ascendance migratoire : Catégorie de TeO regroupant les personnes nées en France métropolitaine de parents nés en France métropolitaine, sans ascendance migratoire.

Points essentiels

  • TeO classe les personnes selon le lieu de naissance (natif de métropole) et l’origine migratoire des parents, en distinguant immigrés et descendants.
  • Les descendants de couple mixte correspondent à des personnes nées en France métropolitaine avec un seul parent immigré, ce qui les place entre immigrés et descendants de deux parents immigrés.
  • Les descendants de natifs d’un DOM sont définis par la naissance d’au moins un parent dans un DOM, et sont traités comme une catégorie spécifique.
  • Les descendants de rapatriés sont inclus dans la population majoritaire, car au moins un parent est né français dans un ancien territoire colonial avant la décolonisation.
  • Les descendants d’autres Français nés hors métropole sont inclus dans la population majoritaire, car au moins un parent est né français hors métropole mais ni dans un DOM ni dans une ancienne colonie avant indépendance.
  • Les natifs de métropole sans ascendance migratoire constituent la part la plus nombreuse de la population majoritaire.

Astuce mémo

DOM = parent né dans un DOM ; Rapatriés = parent né français avant décolonisation ; Sans ascendance = parents nés en métropole.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1833Création de la SGF (Statistique générale de France)
1941Remplacement de la SGF par le Service national de statistiques (développement du fichage administratif)
1946Création de l’INSEE et nouvelles lois sur le secret statistique
2006Recensement en continu (depuis 2006)

Tableaux de synthèse

Sources de la statistique publique : enquête vs administration

Type de sourceFinalitéMécanisme
EnquêteProduire une information agrégée de portée générale sur un sujet donnéCollecte réalisée par un organisme spécialisé auprès d’unités enquêtées
Source administrativeTraiter un sujet sous un angle particulier (finalité non générale)Fichiers/registre individuels ; l’agrégation statistique est un sous-produit

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre « immigré » (lieu de naissance) et « étranger » (nationalité) : on ne mesure pas les mêmes personnes.
  2. Croire que les catégories « trans » sont des sous-groupes démographiques naturels : le cours insiste sur l’étiquette parapluie et le manque de contours mesurés.
  3. Oublier que le recensement 1801 ne donne que l’effectif global : on ne peut pas y lire des caractéristiques (âge/profession/logement).
  4. Penser que les variations de tableaux familiaux avant/après 2016 reflètent forcément un changement réel des ménages : elles peuvent venir du changement de définition de la personne de référence.
  5. Lire un chiffre d’emploi du temps comme une durée hebdomadaire : les moyennes incluent samedi/dimanche/vacances, et il faut multiplier par 7 pour obtenir une durée hebdomadaire de travail.
  6. Confondre chômage « au sens du BIT » et demandeurs d’emploi à France Travail : ce sont deux définitions et donc deux mesures différentes.
  7. Croire que la PCS/CSP « classe automatiquement » sans interprétation : la chaîne de codification inclut assimilations, instructions, codeurs et redressement.

Checklist Examen

  1. Maîtriser la chronologie : Moyen Âge (Miroir du Prince/impôt), Monarchie absolue (centralisation), Révolution (unification + premiers recensements), Empire (agriculture/industrie), puis SGF 1833, rattachement 1891, 1941,
  2. Savoir distinguer enquête statistique et source administrative : finalité, logique de collecte/fichiers, et idée que l’agrégation administrative est un sous-produit.
  3. Réciter l’évolution du recensement : 1801 (effectif global), 1851 (âge/profession + logement), recensements d’après-guerre (1946, 1954, 1962, 1968, 1975, 1982, 1990, 1999) et recensement en continu depuis 2006.
  4. Expliquer pourquoi la statistique publique a des difficultés à recenser la population trans : contours mal connus, hétérogénéité, et effet d’une étiquette générique sans découpage des sous-groupes.
  5. Connaître les définitions juridiques non statistiques de la famille liées au Code civil : chef de famille, femme mariée « mineure » économiquement, enfants « naturels », divorce pour faute, PACS, et les repères 1804/1907
  6. Savoir ce qu’est la personne de référence du ménage et pourquoi avant/après 2016 les tableaux peuvent changer sans changement des ménages (effet de méthode).
  7. Définir ménage complexe et unité de ménage, puis savoir lire un emploi du temps : catégorie visée, moyennes quotidiennes (samedi/dimanche/vacances), conversion en hebdomadaire (×7), et décomposition des tâches domestique
  8. Expliquer la création de l’INSEE et le secret statistique, puis décrire la chaîne de codification et le redressement (ajustement de codification normale sans dévoiler l’identité).
  9. Comparer CSP 1954 et PCS 1982 : recompositions (disparitions/rapprochements), apparition de distinctions (cadres vs professions intermédiaires) et nouvelles coupures chez les ouvriers.
  10. Savoir utiliser le seuil 94% pour identifier des professions quasi-exclusivement masculines/féminines et rappeler le champ (France métropolitaine, population active 15+, source INSEE Enquête Emploi 2012).
  11. Maîtriser la logique hiérarchique PCS 2003 : niveaux du plus général au plus détaillé, et comment choisir le niveau selon la question (tendances vs différences fines).
  12. Distinguer population étrangère vs immigrée vs Français de naissance vs Français par acquisition, et expliquer les incohérences de déclaration (décalage entre schèmes de perception et catégories de saisie).
  13. Savoir décrire les catégories TeO pour la population majoritaire et les descendants (couple mixte, natifs d’un DOM, rapatriés, natifs de métropole sans ascendance migratoire) et leur logique de classement.
  14. Pour le chômage : distinguer population active, inactifs, chômeur BIT (3 conditions), demandeurs d’emploi France Travail (catégories A-E), et expliquer le « halo » (frontières floues).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire et organisation de la statistique publique avec 4 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel événement marque la création d’un organisme national structurant la statistique publique en France en 1833 ?

2. Quelle est la principale caractéristique du recensement en continu mis en place depuis 2006 en France?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire et organisation de la statistique publique avec 9 flashcards interactives.

Repères chronologiques — création INSEE ?

Créée en 1946.

Miroir du Prince

Enquêtes locales médiévales pour l'impôt

Sources de la statistique publique — enquête ou administration ?

L'enquête collecte directement, l'administration utilise des données existantes.

Voir les flashcards →

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