Fiche de révision : Introduction à la gouvernance climatique mondiale

Plan du Cours

  1. Climat, météo et dérèglement climatique
  2. Étudier l’histoire du climat
  3. Fluctuations climatiques en Europe
  4. Réchauffement contemporain anthropique
  5. Vulnérabilités et effets planétaires
  6. Tensions géopolitiques climatiques
  7. Gouvernance climatique internationale

1. Climat, météo et dérèglement climatique

Notions clés & Définitions

  • Météo : La météo décrit l’état de l’atmosphère à court terme, qui peut changer rapidement selon les conditions du moment.
  • Climat : Le climat regroupe les caractéristiques de l’atmosphère sur une longue période pour un espace donné, comme températures, précipitations ou vent.
  • Changement climatique : Le changement climatique correspond à des variations du climat dues aux activités humaines et qui modifient durablement la composition de l’atmosphère.
  • Variation climatique : La variation climatique désigne l’évolution du climat liée à des causes naturelles, astronomiques ou géophysiques plutôt qu’aux activités humaines.

Points essentiels

  • Le débat public oppose des positions « urgentistes » et « alarmistes » à des positions « climatosceptiques » sur l’existence et l’ampleur du changement climatique.
  • Le changement climatique est présenté comme un sujet majeur car il entraîne des risques et perturbe les équilibres environnementaux, notamment la biodiversité.
  • Le climat et ses fluctuations doivent être étudiés sur le temps long afin d’identifier les origines et d’évaluer les conséquences actuelles.
  • L’alerte médiatique s’intensifie depuis les années 1980, car la hausse des températures après 1950 est décrite comme très marquée et rapide par rapport aux épisodes précédents.
  • Contrairement au « changement climatique », les « variations climatiques » peuvent aussi résulter de causes naturelles, astronomiques ou géophysiques.

Astuce mémo

Météo = maintenant ; Climat = moyenne longue ; Changement climatique = cause humaine ; Variation = causes naturelles.

2. Étudier l’histoire du climat

Notions clés & Définitions

  • Histoire du climat : L’histoire du climat reconstitue l’évolution climatique sur le temps long à partir de traces du passé et analyse ses effets sur les sociétés.
  • Dendrochronologie : La dendrochronologie est une méthode qui lit les variations climatiques passées à partir de la croissance des arbres visible dans leurs anneaux.
  • Carottes glaciaires : Les carottes glaciaires sont des prélèvements profonds dans la calotte glaciaire qui conservent des informations sur le climat ancien.

Points essentiels

  • La température moyenne à la surface terrestre varie depuis au moins 2 millions d’années avec alternance de périodes glaciaires et interglaciaires.
  • Vers 700 av. J.-C. commence une nouvelle phase de réchauffement, encore en cours.
  • Au cours des 700 000 dernières années, on compte 4 périodes glaciaires séparées par des interglaciaires plus courts selon Milankovitch.
  • Les historiens utilisent des sources naturelles et humaines : jusqu’en 1850, il n’existe pas de relevés annuels de températures.
  • À partir du Moyen Âge, les sources écrites deviennent plus nombreuses, et Réaumur réalise les premiers relevés météorologiques à Paris en 1735.
  • Les glaciers alpins montrent une hausse entre 1300 et la fin du XVe siècle, puis une nouvelle période de hausse entre 1665 et 1850.

Astuce mémo

Moyen Âge = plus d’écrits ; 1735 Réaumur = premiers relevés à Paris. (ME + 1735)

3. Fluctuations climatiques en Europe

Notions clés & Définitions

  • Petit optimum médiéval : Épisode de réchauffement médiéval où les températures montent légèrement et où les hivers deviennent plus doux, ce qui favorise les récoltes.
  • Petit âge glaciaire : Période de refroidissement durable où les températures baissent, les hivers sont plus rigoureux et les étés plus frais et humides, fragilisant l’agriculture.
  • Anomalie climatique médiévale : Période du passé où les températures s’écartent d’une moyenne de référence sur le long terme, permettant d’identifier des épisodes de changement.

Points essentiels

  • Le petit optimum médiéval se situe entre 900 et 1400, et correspond à un redoux des températures avec des hivers plus doux.
  • Le petit âge glaciaire démarre en 1303, se prolonge au XIVe siècle et revient aussi au XVIIe siècle, avec des températures plus froides qui entraînent disettes et famines.
  • Le petit âge glaciaire provoque une baisse d’environ 1°C en moyenne, suffisante pour rendre les hivers plus rigoureux et perturber fortement les activités agricoles.
  • Les épisodes froids et humides (ex : blé qui pourrit, grains gelés) font augmenter le prix des céréales et déclenchent des crises alimentaires.
  • La famine de 1693 liée au froid et à la pluie fait environ 1 300 000 morts en France.
  • La fin du PAG est associée au milieu du XIXe siècle : vers les années 1850, les températures repartent à la hausse et les glaciers se mettent à fondre.

Astuce mémo

OCM = Optimise les récoltes (hivers doux) ; PAG = Pertes agricoles (froid + humidité).

4. Réchauffement contemporain anthropique

Notions clés & Définitions

  • Effet de serre : Phénomène par lequel certains gaz atmosphériques retiennent une partie du rayonnement sortant, ce qui augmente la température de surface.
  • Gaz à effet de serre : Gaz présents dans l’atmosphère comme le CO2 et le méthane qui piègent le rayonnement et renforcent le changement climatique.
  • Anthropocène : Période géologique caractérisée par un changement climatique global, rapide et essentiellement dû à l’activité humaine.
  • Énergies fossiles : Sources d’énergie issues d’hydrocarbures et de charbon, dont la combustion libère des gaz à effet de serre et a dominé le modèle énergétique mondial.

Points essentiels

  • Le petit âge glaciaire se termine dans les années 1850, lorsque l’industrialisation relance la hausse des températures et accélère la fonte des glaciers partout dans le monde.
  • Le réchauffement contemporain est global, rapide, s’accélère, et sa cause principale est humaine via le renforcement de l’effet de serre par l’augmentation des GES.
  • Le GIEC observe un réchauffement depuis l’industrialisation d’environ 0,6 °C au XXe siècle, avec une accélération moyenne d’environ +0,17 °C par décennie depuis les années 1970.
  • Les vingt premières années du XXIe siècle constituent la période la plus chaude connue pour l’hémisphère nord depuis au moins deux mille ans.
  • En Angleterre, le charbon devient dominant avec plus de la moitié de l’énergie consommée au XVIIIe siècle et près de 90% vers le milieu du XIXe siècle.

Astuce mémo

Industrialisation (charbon/pétrole) → + GES (CO2, méthane) → effet de serre renforcé → réchauffement global qui s’accélère.

5. Vulnérabilités et effets planétaires

Notions clés & Définitions

  • Permafrost ou pergélisol : Le pergélisol est un sol gelé en permanence qui, s’il fond, peut libérer du CO2 et amplifier le réchauffement climatique.
  • Gulf Stream : Le Gulf Stream est un courant océanique qui peut modifier le climat de certaines régions, notamment via des dérèglements de circulation.
  • Espaces sentinelles : Les espaces sentinelles sont des zones particulièrement sensibles où le réchauffement s’observe plus vite et sert d’indicateur des changements.
  • Sixième extinction massive : La sixième extinction massive désigne la disparition accélérée d’espèces attendue sous l’effet combiné du changement climatique, avec une échéance annoncée d’ici 2100.

Points essentiels

  • En 2015, le GIEC estimait une hausse du niveau de la mer de 26 à 98 cm d’ici 2100, mais des travaux plus récents envisagent plutôt plusieurs mètres.
  • Le réchauffement rend les écosystèmes plus instables et décale la répartition des espèces, qui migrent vers des latitudes plus élevées.
  • La fonte du pergélisol libère du CO2, ce qui renforce la dynamique du réchauffement climatique.
  • Le risque d’extrêmes climatiques (canicules, cyclones, sécheresses) augmente en intensité et en fréquence, avec des conséquences directes sur les populations et l’agriculture.
  • Le changement climatique menacerait la sécurité alimentaire, car il fragilise des pratiques agricoles et l’accès aux ressources halieutiques via le réchauffement des océans.
  • Plus de 20 % de la population mondiale vit à moins de 30 km des côtes, et des flux de réfugiés pourraient atteindre 50 millions en 2050.

Astuce mémo

Pergélisol = CO2 qui accélère; côtes très peuplées + sentinelles = effets d’abord visibles, partout ensuite.

6. Tensions géopolitiques climatiques

Notions clés & Définitions

  • Migrants climatiques : Les migrants climatiques sont des personnes contraintes de quitter leur lieu de vie à cause d’effets du dérèglement climatique comme la sécheresse ou la montée des eaux.
  • Sécheresse sahélienne : La sécheresse sahélienne correspond à des périodes de manque d’eau récurrentes qui favorisent la désertification et accentuent les rivalités locales pour survivre.
  • Marché carbone : Le marché carbone est un mécanisme qui permet d’échanger des droits liés aux émissions de CO2 entre États afin de réduire les gaz à effet de serre.

Points essentiels

  • Une augmentation moyenne d’environ 0,5°C de la température mondiale se traduirait par une hausse de 10 à 20% du risque de conflits meurtriers selon les données citées dans le cours.
  • Les projections mentionnées indiquent qu’en l’absence d’action, plus de 140 millions de migrants climatiques sont attendus d’ici 2050 pour l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Amérique latine.
  • Le réchauffement climatique amplifie les tensions via la sécheresse et l’eau, par exemple au nord du Nigeria où la désertification favorise l’escalade entre bergers et fermiers puis l’implantation de Boko Haram.
  • En Syrie, une sécheresse extrême sur la période 2006-2011, combinée à une gestion jugée calamiteuse et à la disette, contribue à l’afflux de réfugiés climatiques à l’intérieur du pays.
  • En Asie centrale et sur le Mékong, la hausse des températures et des projets hydrauliques (dont un barrage en amont) aggravent les tensions liées à l’accès à l’eau entre États riverains.
  • Des mesures climat peuvent aussi déplacer les rapports de force : des États riches en lithium ou en matières premières (Chili, RDC) et des détenteurs de terres rares (Chine) pourraient bénéficier d’un monde postcarbone.

Astuce mémo

0,5°C → +10 à 20% de conflits ; eau d’abord : Sahel, Syrie, Mékong.

7. Gouvernance climatique internationale

Notions clés & Définitions

  • PNUE : Le Programme des Nations Unies pour l’environnement est un organisme créé pour faire de la protection climatique un enjeu international prioritaire.
  • GIEC : Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat évalue les risques du changement climatique à partir des connaissances scientifiques et de l’expertise gouvernementale.
  • CCNUCC : La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est le premier traité climat, mis en œuvre via des COP, avec des principes comme la responsabilité commune mais différenciée.
  • Conférence des Parties COP : La COP est la réunion annuelle des États ayant ratifié la CCNUCC qui suit l’avancement et détermine les mesures à prendre.
  • Accord de Paris : L’Accord de Paris est un accord universel qui organise des engagements différenciés et vise à limiter la hausse des températures mondiales.

Points essentiels

  • En 1972, la première conférence de l’ONU sur l’environnement à Stockholm crée le PNUE, ouvrant la voie à une priorité internationale pour la protection climatique.
  • En 1988, le PNUE et l’Organisation météorologique mondiale créent le GIEC afin d’évaluer les risques et d’élaborer des rapports de référence pour les négociations.
  • Le protocole de Kyoto (1997) impose aux pays industrialisés de réduire leurs émissions de GES de 5,2 % entre 2008 et 2012 par rapport à 1990, avec entrée en vigueur conditionnée à 55 États représentant 55 % des émissions de CO2 en 1990.
  • L’Accord de Paris (COP 21, 2015) fixe l’objectif de limiter la hausse des températures à 2 °C, puis viser 1,5 °C, et prévoit un financement annuel de 100 milliards de dollars par les pays riches jusqu’à 2020.
  • Les COP 24 (Katowice, 2018) détaillent les règles techniques, tandis que la COP 25 (Madrid, 2019) est décrite comme un échec et reporte l’objectif final jusqu’à +3,2 °C contre 1,5 à 2 °C en 2015.
  • Le marché du carbone est un mécanisme issu de Kyoto permettant aux États de coopérer via des échanges pour réduire les émissions, mais son efficacité reste limitée par l’équilibre des rapports de force entre États.

Astuce mémo

Repères à retenir : 1972 Stockholm (PNUE) → 1988 GIEC → Kyoto (5,2 % 2008-2012 vs 1990) → Paris (1,5–2 °C, 100 Md$/an jusqu’en 2020).

Repères chronologiques

DateÉvénement
700 av. J.-C.Début d’une nouvelle phase de réchauffement (encore en cours aujourd’hui)
1303Début du « petit âge glaciaire »
1988Création du GIEC (PNUE + Organisation météorologique mondiale)
1997Protocole de Kyoto signé (objectifs 2008-2012 vs 1990)
2015COP 21 : Accord de Paris (objectif 2°C puis visée 1,5°C)

Tableaux de synthèse

OCM vs petit âge glaciaire

PériodeCaractéristiquesEffets sociaux/agricoles
OCM (900-1300)Redoux : étés un peu plus chauds, hivers plus douxAugmentation des récoltes, développement éco et social ; famines disparaissent pratiquement dans l’Occident
Petit âge glaciaire (1303-1860)Refroidissement d’environ 1°C en moyenne ; hivers rigoureux, étés plus frais et humidesRécoltes fragilisées, disettes/famines ; crises liées au gel et à la pluie (ex. blé qui pourrit)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre météo (court terme) et climat (moyenne sur la longue durée) : ce n’est pas la même échelle d’analyse.
  2. Dire que « changement climatique » = variation naturelle : dans le cours, le changement climatique est attribué aux activités humaines (dérèglement) alors que les « variations » peuvent être naturelles.
  3. Croire que les causes du petit âge glaciaire sont exclusivement climatiques : le cours insiste sur l’adaptation humaine et sur le fait que le climat reste un facteur parmi d’autres.
  4. Penser que le PAG est linéaire : le cours rappelle qu’il n’est pas homogène, avec des années tièdes alternant avec des années plus fraîches.
  5. Multiplier les effets sans citer le mécanisme : pour le réchauffement contemporain, l’enjeu central est le renforcement de l’effet de serre via l’augmentation des GES.
  6. Inverser les périodes : le cours place la fin du PAG « dans les années 1850 » et relie l’accélération du réchauffement au XIXe/XXe avec l’industrialisation.
  7. Confondre COP et CCNUCC : la CCNUCC est le traité, la COP est la réunion annuelle qui suit l’avancement et détermine les mesures.

Checklist Examen

  1. Définir météo et climat et expliquer pourquoi on étudie le climat sur le temps long.
  2. Expliquer la différence entre changement climatique (dû aux activités humaines) et variation climatique (causes naturelles/astronomiques/géophysiques).
  3. Citer au moins deux méthodes/sources utilisées par les historiens du climat (dendrochronologie, carottes glaciaires) et au moins une source humaine (jusqu’en 1850 pas de relevés annuels).
  4. Positionner dans le temps l’OCM : donner les bornes (900-1400) et 2 caractéristiques (étés plus chauds/hivers plus doux).
  5. Positionner dans le temps le petit âge glaciaire : donner l’apparition (1303) et rappeler l’ordre de grandeur du refroidissement (≈1°C).
  6. Relier le petit âge glaciaire aux effets sociaux/politiques en Europe (famines/disettes, hausse du prix des céréales, crises comme la Fronde).
  7. Expliquer pourquoi la période contemporaine se caractérise par un réchauffement global, rapide et d’origine humaine (renforcement de l’effet de serre et hausse des GES).
  8. Donner les repères chiffrés du cours sur le réchauffement au XXe siècle (≈0,6°C) et l’accélération depuis les années 1970 (≈+0,17°C par décennie).
  9. Expliquer au moins 3 effets planétaires : instabilité des écosystèmes, élévation du niveau de la mer, risques d’extrêmes, ou rôle du pergélisol.
  10. Présenter l’impact géopolitique : donner le lien « +0,5°C → +10 à 20% de risques de conflits » et au moins deux exemples régionaux (Sahel/Nigeria, Syrie 2006-2011, Mékong).
  11. Décrire la gouvernance : rôle du PNUE, du GIEC, de la CCNUCC et des COP ; présenter les objectifs/clauses-clés de Kyoto et de l’Accord de Paris.
  12. Expliquer pourquoi la régulation internationale est critiquée (globalisante et quantitative) et rappeler le recul de l’objectif à la COP 25 (jusqu’à +3,2°C).

Teste tes connaissances

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1. Que permettent surtout les carottes glaciaires dans l’étude de l’histoire du climat ?

2. Qu'est-ce que le climat en termes de caractéristiques atmosphériques sur une longue période pour une région donnée?

Faire le QCM →

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Climat — définition ?

Caractéristiques atmosphériques sur le long terme.

Météo label

État de l’atmosphère à court terme.

Étudier l’histoire du climat — but ?

Reconstituer l’évolution climatique sur le temps long.

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