Fiche de révision : Introduction à la santé mentale et psychopathologie

Plan du Cours

  1. Santé mentale et psychopathologie
  2. Modèle biopsychosocial
  3. Bien-être et flexibilité psychologique
  4. Évaluation clinique et diagnostic
  5. Troubles dépressifs
  6. Troubles anxieux
  7. Troubles de la personnalité
  8. Addictions et substances
  9. Troubles alimentaires et du sommeil
  10. Troubles somatiques et dissociatifs
  11. Troubles neurodéveloppementaux et neurocognitifs
  12. Identité de genre et éthique clinique

1. Santé mentale et psychopathologie

Notions clés & Définitions

  • Santé mentale : La santé mentale correspond à un équilibre psychique permettant à la personne de ressentir un bien-être subjectif et de fonctionner de façon adéquate dans sa société.
  • Trouble psychologique : Un trouble psychologique implique un dysfonctionnement psychologique avec détresse ou altération marquée du fonctionnement, dans une réponse sociale inhabituelle et persistante.
  • Dysfonctionnement psychologique : Le dysfonctionnement psychologique désigne des difficultés qui touchent l’émotionnel, le cognitif ou le comportement et perturbent la vie psychique et quotidienne.
  • Sentiment de détresse : Le sentiment de détresse est une perception subjective de malaise intense, vécue comme difficilement supportable, pouvant être associée à un trouble psychologique.
  • Psychopathologie : La psychopathologie est la branche qui étudie scientifiquement les comportements pathologiques et les troubles psychologiques.

Points essentiels

  • La frontière entre normal et pathologique est fluctuante, contextuelle et socialement construite, car les troubles psychologiques ne sont pas toujours immédiatement visibles.
  • Une personne peut avoir une maladie mentale tout en étant en santé mentale si elle revient à un équilibre psychologique stable.
  • Environ 1 personne sur 5 souffrira d’un trouble psychologique au cours de sa vie.
  • 4 personnes sur 5 sont indirectement touchées par les problèmes de santé mentale d’un proche.
  • La présence ou l’absence de détresse ne suffit pas à elle seule pour poser un diagnostic.
  • Les troubles sont définis selon des normes culturelles, et les symptômes doivent persister dans le temps pour évoquer un trouble psychologique.

2. Modèle biopsychosocial

Notions clés & Définitions

  • Approche intégrée biopsychosociale : Modèle multifactoriel qui explique le comportement par l’interaction de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux, avec une lecture développementale.
  • Facteurs internes : Ensemble des variables propres à la personne qui peuvent augmenter la vulnérabilité ou, au contraire, la protéger face aux difficultés.
  • Facteurs externes : Ensemble des influences de l’environnement et des relations qui modulent le risque et la protection autour du fonctionnement de la personne.
  • Facteurs de risque et de protection : Catégories de facteurs où les risques augmentent la vulnérabilité et les protections la diminuent, en contexte et dans le temps.
  • Perspective développementale : Idée que l’importance des facteurs varie selon les périodes de la vie et que certaines périodes peuvent être critiques.

Points essentiels

  • Le modèle biopsychosocial remplace la recherche d’une cause unique par l’analyse des interactions entre vulnérabilités biologiques, expériences psychologiques et conditions environnementales.
  • Les approches unidimensionnelles sont jugées partielles car elles privilégient un seul registre explicatif du fonctionnement normal comme pathologique.
  • Les facteurs de risque fragilisent (exemples : fragilité génétique, expériences traumatisantes, isolement social) alors que les facteurs de protection soutiennent (exemples : résistance génétique, expériences enrichissantes, réseau de soutien).
  • Dans la perspective développementale, l’effet des facteurs change au fil des âges et certains moments de vie sont décrits comme plus déterminants.

Astuce mémo

BPS = Biologie + Psychologie + Social : le trouble se comprend par interactions, pas par cause unique.

3. Bien-être et flexibilité psychologique

Notions clés & Définitions

  • Flexibilité psychologique : La flexibilité psychologique est la capacité d’observer pensées et émotions du moment présent sans se défendre inutilement, tout en agissant selon ses objectifs et ses valeurs.
  • Rigidité psychologique : La rigidité psychologique correspond à une lutte interne persistante, avec rumination ou évitement des pensées et émotions désagréables, au détriment de l’action guidée par les valeurs.
  • Présence attentive : La présence attentive est une pratique qui consiste à porter volontairement attention à l’expérience actuelle avec bienveillance et curiosité, sans chercher à juger ni à contrôler.
  • Épanouissement psychosocial : L’épanouissement psychosocial, ou santé mentale florissante, désigne un fonctionnement optimal évalué par des critères répartis en bien-être émotionnel, fonctionnement psychologique et fonctionnement social.
  • Modèle PERMA : Le modèle PERMA décrit le bien-être via cinq composantes mesurables séparément, intégrant des dimensions hédoniques et eudémoniques.

Points essentiels

  • La santé mentale positive ne se limite pas à l’absence de trouble : elle vise réalisation, capacité à relever les défis, travail productif et contribution à la communauté.
  • La flexibilité psychologique s’oppose à l’évitement : avec un faible niveau, on observe davantage de dépression, d’anxiété, de stress et de détresse psychologique.
  • La flexibilité psychologique est mesurée par le Questionnaire d’acceptation et d’action (AAQ-II).
  • La présence attentive peut se faire en méditation formelle ou dans les activités quotidiennes et réduit stress, anxiété et dépression tout en améliorant la qualité de vie.
  • Dans le PERMA, les cinq composantes sont émotions positives, engagement, relations positives, sens à la vie et accomplissements.

Astuce mémo

Flexibilité = VOIR ses pensées/émotions + (PAS de défenses inutiles) + AGIR selon ses valeurs. (AAQ-II mesure, présence attentive entraîne).

4. Évaluation clinique et diagnostic

Notions clés & Définitions

  • Diagnostic provisoire : Le diagnostic est un processus évolutif qui reste souvent probable ou provisoire et peut être réévalué après observation dans le temps.
  • Entrevue clinique : L’entrevue clinique est un échange avec le patient servant à recueillir l’histoire et le motif de consultation sous différents formats.
  • Examen mental : L’examen mental consiste à observer l’état mental via le langage non verbal comme l’apparence, les gestes, la posture et les expressions.
  • Tests psychologiques standardisés : Les tests psychologiques sont des mesures encadrées par des qualités de validité, de fidélité et de standardisation pour éclairer le diagnostic.
  • Secret professionnel : Le secret professionnel protège les informations du patient, sauf en cas de danger imminent.

Points essentiels

  • Les symptômes communs à plusieurs troubles rendent le diagnostic difficile et exigent souvent une vérification ultérieure de l’évolution des signes.
  • Le clinicien établit le diagnostic en observant directement la personne, et au Québec le psychiatre et le psychologue sont les professionnels habilités.
  • Les informations peuvent nuire à l’évaluation si elles restent cachées, si la personne s’autodiagnostique, ou si l’alliance thérapeutique est insuffisante.
  • Les classifications comme le DSM fournissent un vocabulaire partagé, mais leurs catégories sont influencées par des normes sociales, la politique et l’économie.
  • Le diagnostic ouvre l’accès aux soins et aide à la compréhension, mais il peut aussi produire une stigmatisation avec préjugés et discrimination.

Astuce mémo

Diagnostic = Enquête en 3 preuves : Entrevue (histoire) + Examen mental (non verbal) + Tests (mesures standardisées).

5. Troubles dépressifs

Notions clés & Définitions

  • Épisode dépressif majeur : Épisode dépressif d’au moins deux semaines, où l’humeur est dépressive ou l’intérêt/plaisir diminue, avec plusieurs symptômes associés dont sommeil, appétit et concentration.
  • Anhédonie : Symptôme central de la dépression correspondant à l’incapacité d’éprouver du plaisir malgré les circonstances, ce qui caractérise fortement l’épisode dépressif majeur.
  • Trouble dépressif majeur : Trouble caractérisé par la présence d’épisodes dépressifs majeurs sans épisodes maniaques ou hypomaniaques.
  • Trouble dépressif persistant : Trouble dépressif moins intense qu’une dépression majeure mais durable, pouvant s’étendre sur une longue période.
  • Trouble dysphorique prémenstruel : Forme aiguë liée au cycle menstruel, où des symptômes dépressifs marqués apparaissent après l’ovulation et disparaissent au moment des menstruations.

Points essentiels

  • Un épisode dépressif majeur dure au moins 2 semaines et associe humeur dépressive ou perte d’intérêt/plaisir à des symptômes comme troubles du sommeil, de l’appétit, fatigue et idées récurrentes de mort.
  • Dans les troubles dépressifs, les épisodes concernent uniquement la dépression, alors que les troubles bipolaires alternent épisodes dépressifs et épisodes maniaques ou hypomaniaques.
  • Le trouble dépressif persistant peut durer de 2 à 20 ans et, même s’il permet de fonctionner, expose souvent à une dépression majeure au cours de la vie.
  • Le trouble de dérégulation de l’humeur explosive débute après 6 ans et avant 10 ans chez les moins de 18 ans, avec irritabilité sévère et colères fréquentes.
  • Le trouble dysphorique prémenstruel survient après l’ovulation et s’achève avec les menstruations, avec symptômes dépressifs, cognitifs et physiques cutanés ou gastro-intestinaux.
  • Le trouble dépressif à caractère saisonnier touche les épisodes dépressifs en hiver dans l’hémisphère nord, avec sommeil accru, augmentation de l’appétit et prise de poids.

Astuce mémo

Dépression majeure = 2 semaines + plaisir en panne (anhédonie).

6. Troubles anxieux

Notions clés & Définitions

  • Trouble panique : Trouble anxieux caractérisé par des attaques de panique imprévisibles et récurrentes, avec peur intense, appréhension d’en avoir d’autres, et comportements d’évitement.
  • Agoraphobie : Trouble anxieux centré sur la peur de situations, souvent liées à l’idée qu’on ne pourra pas s’échapper ou obtenir de l’aide.
  • Anxiété généralisée : Trouble anxieux où des inquiétudes et appréhensions persistantes, difficiles à contrôler, concernent plusieurs événements ou activités.
  • Phobies spécifiques : Troubles anxieux où la peur est focalisée sur un objet ou une situation précise, déclenchant une réaction anxieuse.
  • Anxiété sociale : Trouble anxieux où la crainte vise le fait d’être observé ou jugé en contexte social, menant à l’évitement ou à une grande détresse.

Points essentiels

  • Environ 12% des Canadiens sont atteints de troubles anxieux, et les femmes ont environ 2 fois plus de risques que les hommes d’en être atteintes.
  • Les taux d’hospitalisation sont les plus élevés chez les 65 ans et plus.
  • Le trouble panique implique une appréhension de subir d’autres attaques, des préoccupations liées aux conséquences, et de l’évitement.
  • L’anxiété généralisée se manifeste par des préoccupations persistantes, incontrôlables, portant sur plusieurs événements ou activités.
  • Les traitements des troubles anxieux combinent souvent des approches psychologiques comme la TCC et l’exposition, des médicaments (ISRS, IRSN, benzodiazépines) ou une combinaison en première intention.

Astuce mémo

Panique = attaques imprévisibles + peur d’en revoir; GAD = inquiétudes incontrôlables sur plusieurs sujets.

7. Troubles de la personnalité

Notions clés & Définitions

  • Troubles de la personnalité : Les troubles de la personnalité sont des troubles où des traits durables influencent humeurs, cognitions, relations et comportements, entraînant souffrance ou altération.
  • Personnalité : La personnalité correspond à l’ensemble des caractéristiques psychologiques qui donnent un sentiment d’identité, à la fois stable et en mouvement.
  • Traits rigides inadaptés : Un trouble de la personnalité apparaît quand des traits deviennent rigides et inadaptés, ce qui provoque une souffrance ou un dysfonctionnement.
  • Personnalité borderline : La personnalité borderline regroupe une instabilité des relations, de l’image de soi et des affects, associée à une impulsivité marquée.

Points essentiels

  • Les troubles de la personnalité touchent jusqu’à 15% de la population générale et leur diagnostic est souvent difficile car la personne peut fonctionner et sembler stable en entretien.
  • Le DSM-5 classe les 10 troubles en trois groupes : A bizarres et excentriques, B dramatiques, C anxieux et craintifs.
  • Le diagnostic de la personnalité antisociale exige la présence de manifestations d’un trouble des conduites avant 15 ans.
  • La comorbidité est particulièrement élevée entre les troubles du groupe B.
  • Les facteurs interpersonnels et sociaux mentionnés comme dommageables incluent négligence, abandon, violence et sévices dans l’enfance.
  • La qualité de l’attachement précoce, les relations aux pairs et les facteurs culturels influencent le développement des troubles de la personnalité.

Astuce mémo

A = bizarres, B = dramatiques, C = craintifs : mémorise l’ordre des groupes DSM-5.

8. Addictions et substances

Notions clés & Définitions

  • Usage récréatif ou occasionnel : L’usage récréatif ou occasionnel correspond à une consommation modérée dans un contexte social qui n’entraîne généralement pas d’escalade vers des formes problématiques.
  • Surconsommation : La surconsommation est une consommation abusive et régulière qui occupe une place importante dans la vie quotidienne.
  • Troubles induits par une substance : Les troubles induits par une substance regroupent l’intoxication, réaction spécifique et temporaire à la consommation récente, et le sevrage, syndrome de manque lié à la réduction ou à l’arrêt.
  • Tolérance et sevrage : La tolérance et le sevrage font partie des critères pharmacologiques utilisés pour établir un trouble de l’usage d’une substance.

Points essentiels

  • Au Canada, les dépendances et troubles liés aux substances coûtent environ 20 milliards de dollars par an et sont responsables de près de 50 000 décès.
  • La nicotine est la substance qui produit la plus grande accoutumance parmi toutes les substances.
  • Les troubles de l’usage d’une substance reposent sur des critères classés en problèmes de contrôle, altération du fonctionnement social, consommation risquée et critères pharmacologiques comme la tolérance et le sevrage.
  • Les dépresseurs diminuent l’activité du système nerveux (alcool, sédatifs, hypnotiques, anxiolytiques dont Valium/Xanax, et opiacés dont morphine/codéine/héroïne).
  • Les stimulants augmentent l’activité du système nerveux (nicotine/caféine et aussi amphétamines, cocaïne, crack).
  • Les traitements combinent désintoxication avec sevrage en centre fermé, pharmacothérapie (méthadone, timbres nicotine, naltrexone, disulfirame) et approches psychosociales dont la motivation en 5 étapes précontemplation→contemplation→préparation→action→maintien.

Astuce mémo

Dépresseurs = “calment” (alcool, Valium/Xanax, opiacés), Stimulants = “accélèrent” (nicotine/caféine, amphétamines, cocaïne), Perturbateurs = “déforment” (cannabis, LSD, kétamine).

9. Troubles alimentaires et du sommeil

Notions clés & Définitions

  • Accès hyperphagiques : Les accès hyperphagiques sont des épisodes de consommation excessive sans comportements compensatoires, associés à honte et surpoids.
  • Boulimie : La boulimie combine des épisodes hyperphagiques et des comportements compensatoires comme vomissements ou abus de laxatifs.
  • Anorexie mentale : L'anorexie mentale est une restriction sévère avec peur de grossir et perception erronée d'être obèse malgré une maigreur extrême.
  • Insomnie : L'insomnie correspond à des difficultés d'endormissement ou de maintien du sommeil.
  • Apnée du sommeil : L'apnée du sommeil se caractérise par des interruptions respiratoires pendant le sommeil.

Points essentiels

  • Les accès hyperphagiques provoquent souvent honte et obésité, et le trouble est présenté comme le plus facile à traiter dans la source.
  • La boulimie entraîne des problèmes dentaires, intestinaux et cardiaques, et s'accompagne souvent de troubles anxieux.
  • L'anorexie mentale peut s'accompagner d'aménorrhée, de problèmes cardiaques et d'ostéoporose, avec un taux de mortalité de 5%.
  • L'insomnie touche 30% de la population, surtout les femmes et les personnes âgées, et serait principalement liée au stress et aux mauvaises habitudes.
  • L'apnée du sommeil est surtout décrite chez les hommes obèses de plus de 40 ans, avec des interruptions respiratoires répétées.

Astuce mémo

Hyperphagie = trop manger sans compenser ; Boulimie = trop manger + compenser ; Anorexie = trop restr. + peur de grossir.

10. Troubles somatiques et dissociatifs

Notions clés & Définitions

  • Troubles somatiques et apparentés : Ensemble de troubles où des symptômes physiques envahissants s’accompagnent d’une détresse psychologique importante et d’une baisse du fonctionnement quotidien.
  • Trouble à symptomatologie somatique : Trouble caractérisé par des symptômes physiques envahissants qui perturbent la vie quotidienne et poussent la personne à solliciter souvent les soins.
  • Trouble à symptomatologie neurologique fonctionnelle : Trouble présenté comme des déficits neurologiques importants sans cause organique, souvent reliés à des traumatismes et à une anxiété insupportable.
  • Trouble factice : Trouble où la personne simule ou provoque intentionnellement des symptômes pour obtenir des soins, tout en niant les gestes.
  • Dissociation : Mécanisme de protection qui fragmente souvenirs, émotions et identité afin de protéger la personne d’un traumatisme psychologique insupportable.

Points essentiels

  • Le trouble à symptomatologie somatique a une prévalence de 5 à 7% et est plus fréquent chez les femmes.
  • La crainte excessive d’avoir une maladie (hypocondrie) correspond à une interprétation hypervigilante des sensations comme signes de maladies graves, alimentant un cercle anxiété–symptômes.
  • Le trouble à symptomatologie neurologique fonctionnelle peut inclure paralysies, crises épilepsie ou cécité sans cause organique et toucher surtout les adolescentes et les combattants.
  • Le trouble factice a un diagnostic difficile car la personne nie et le pronostic est pauvre malgré des interventions médicales inutiles possibles.
  • La dépersonnalisation-déréalisation touche 2% de la population autant chez les hommes que chez les femmes, avec une impression d’irréalité de l’expérience.

Astuce mémo

Somatique = douleur + soins; Dissociatif = “mémoire en pièces” pour survivre au traumatisme.

11. Troubles neurodéveloppementaux et neurocognitifs

Notions clés & Définitions

  • Trouble déficit de l’attention/hyperactivité : Le TDAH regroupe des difficultés durables d’attention et/ou d’hyperactivité avec impulsivité, avec des manifestations qui persistent souvent à l’âge adulte.
  • Trouble du spectre de l’autisme : Le TSA associe des déficits persistants de communication et d’interactions sociales à des comportements restreints et répétitifs.
  • Handicap intellectuel : Le handicap intellectuel correspond à des limites des fonctions intellectuelles et des déficits des habiletés adaptatives dans la vie quotidienne.
  • Troubles spécifiques des apprentissages : Les troubles spécifiques des apprentissages concernent une difficulté cognitive ciblée, sans déclin intellectuel global.
  • Trouble neurocognitif majeur : Le trouble neurocognitif majeur décrit une dégradation cognitive générale et progressive, généralement irréversible, qui compromet l’autonomie.

Points essentiels

  • Le TDAH se manifeste par inattention, hyperactivité ou impulsivité, avec des types distingués, et une prévalence de 3 à 11% chez les enfants (plus fréquente chez les garçons).
  • Le TSA est caractérisé par des déficits sociaux et de communication persistants et par des comportements répétitifs avec routines rigides, avec une prévalence d’environ 1% et 4 fois plus de garçons que de filles.
  • Le handicap intellectuel associe des atteintes du raisonnement/résolution de problèmes et des difficultés adaptatives conceptuelles, sociales et pratiques, avec une prévalence de 1 à 3% et 90% de niveaux moyens.
  • Les troubles spécifiques des apprentissages incluent dyslexie, dysorthographie, dysgraphie et dyscalculie, avec une prévalence de 5 à 15% chez les enfants d’âge scolaire, plus fréquente chez les garçons.
  • Le trouble neurocognitif majeur altère l’autonomie et la maladie d’Alzheimer représente 70% des cas, tandis que le trouble léger n’hypothèque pas le fonctionnement quotidien.
  • L’état confusionnel (delirium) débute rapidement en quelques heures à quelques jours avec altération de la conscience, et concerne 10 à 30% des patients aux urgences, avant que le trouble neurocognitif majeur augmente fortement avec l’âge (5 à 10% puis 25% après 70 ans).

Astuce mémo

Alzheimer : « mémoire des récents d’abord », puis la dégradation s’étend progressivement au langage et aux autres fonctions cognitives.

12. Identité de genre et éthique clinique

Notions clés & Définitions

  • Dysphorie de genre : La dysphorie de genre est une situation où le sexe anatomique ne correspond pas à l’identité de genre ressentie et entraîne une détresse majeure ou une atteinte du fonctionnement.
  • Identité de genre : L’identité de genre est le sentiment d’appartenance à un sexe, distinct des caractéristiques sociales associées au masculin et au féminin.
  • Orientation sexuelle : L’orientation sexuelle renvoie au type d’attirance envers les autres, et elle peut être hétérosexuelle, homosexuelle ou bisexuelle même chez une personne trans.
  • Personne transgenre : La personne transgenre est une personne dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe assigné à la naissance, sans souffrance suffisante pour parler de trouble.
  • Soutien social : Le soutien social et l’acceptation peuvent réduire considérablement la détresse associée à l’incongruence entre identité vécue et sexe assigné.

Points essentiels

  • La dysphorie survient quand l’incongruence entre identité de genre et sexe assigné provoque une détresse importante ou une altération du fonctionnement.
  • Quand il n’y a pas de souffrance, on parle de personne transgenre ou transsexuelle plutôt que de trouble mental.
  • L’apparition peut être précoce, vers 2 à 4 ans, ou plus tard à l’adolescence ou à l’âge adulte.
  • La dysphorie est dite rare avec environ 1 homme sur 11 000 à 37 000 et 1 femme sur 30 000 à 150 000.
  • Le traitement associe une dimension biologique (hormonothérapie et chirurgies de réassignation) et une dimension psychosociale (psychothérapie, démarches sociales et administratives).

Astuce mémo

Dysphorie = incongruence + détresse (si pas de détresse → transgenre/transsexuelle).

Repères chronologiques

DateÉvénement
1994Comité de la santé mentale du Québec : définition de l’état d’équilibre psychique
2009OMS : définition de la santé mentale comme état de bien-être permettant de réaliser son potentiel
2012–2016Maroc : cadrage de la santé mentale (puis actualisations dans le Plan Santé 2025)
2020Prédiction OMS : la dépression deviendrait la deuxième cause d’invalidité et de décès prématuré dans le monde
juin 2012Québec : Loi modifiant le Code des professions (projet de loi 21) encadrant la psychothérapie
2013Office des professions du Québec : définition officielle de la psychothérapie
1950Québec : apogée de l’internement en psychiatrie (conditions misérables)
1962Québec : rapport Bédard (tournant)
1973Homosexualité retirée du DSM
1992Homosexualité retirée de la CIM

Tableaux de synthèse

Trois modèles explicatifs du trouble psychologique

PériodeConceptionTraitement
Sociétés primitivesPossession par des espritsTrépanation
Moyen ÂgePossession démoniaqueExorcisme
Inquisition (13e-16e)Sorcellerie, pacte avec le diableInquisition (Malleus Maleficarum)
AntiquitéDéséquilibre des quatre humeurs(modèle biologique : déséquilibre des humeurs)
18e-19e siècleInstitutionnalisation massive (asiles)Asiles
20e siècleTraitements-chocs, pharmacothérapieTraitements-chocs, pharmacothérapie
Approche psychanalytique (modèle psychologique)InconscientCatharsis
Approche humanisteActualisation de soi (Maslow) ; considération positive inconditionnelle (Rogers)Actualisation de soi

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre santé mentale et absence de maladie mentale : une personne peut revenir à un équilibre psychique stable malgré une maladie mentale.
  2. Croire que la détresse (ou son absence) suffit à elle seule pour poser un diagnostic de trouble psychologique.
  3. Diagnostiquer comme universel : les troubles sont définis selon des normes culturelles et l’expression des symptômes varie (ethnopsychiatrie).
  4. Interpréter la rigidité psychologique comme simple “timidité” : c’est une lutte interne avec rumination/évitement qui nuit à l’action guidée par les valeurs.
  5. Distinguer mal dépression et trouble bipolaire : les troubles bipolaires alternent épisodes dépressifs et épisodes maniaques/hypomaniaques, alors que la dépression majeure n’en comporte pas.
  6. Se tromper entre delirium et troubles neurocognitifs : le delirium est une crise temporaire rapide (heures à jours) alors que le trouble neurocognitif majeur est progressif et souvent irréversible.
  7. Mélanger anxiété et dépression : la dépression implique des ruminations “entretenues” et un ralentissement, l’anxiété une anticipation et une agitation/fébrilité.

Checklist Examen

  1. Définir santé mentale comme équilibre psychique avec bien-être subjectif et fonctionnement adéquat dans la société.
  2. Définir trouble psychologique : dysfonctionnement psychologique + détresse ou altération du fonctionnement + réaction déviante atypique et persistante.
  3. Décrire les 3 sphères du dysfonctionnement psychologique (émotif, cognitif, comportemental) avec au moins un exemple pour chaque.
  4. Expliquer pourquoi la détresse seule ne suffit pas et rappeler que la persistance dans le temps est nécessaire pour évoquer un trouble.
  5. Citer les trois sources principales de définition/repère de la santé mentale présentes au cours : (Québec) ; (OMS) ; (Maroc/continnuum).
  6. Exposer l’approche intégrée biopsychosociale : interaction biologique/psychologique/sociale et perspective développementale ; distinguer facteurs internes vs externes (risque vs protection).
  7. Donner la définition de la flexibilité psychologique, opposer rigidité psychologique et rappeler que la flexibilité est mesurée par l’AAQ-II.
  8. Décrire le processus diagnostique : diagnostic provisoire, rôle de l’entrevue clinique, examen mental, tests standardisés (validité/fidélité/standardisation) et mentionner le secret professionnel.
  9. Relier trouble dépressif majeur et anhédonie : durée minimale (2 semaines), symptômes associés (sommeil/appétit/concentration, idées récurrentes de mort) et distinguer trouble dépressif persistant.
  10. Distinguer trouble panique, agoraphobie, anxiété généralisée et anxiété sociale à partir de leur caractérisation (imprévisibilité/peur d’en avoir d’autres, peur de situations/échapper, inquiétudes incontrôlables multiples, crainte d’être observé/jugé).
  11. Classer les troubles de la personnalité selon le DSM-5 en 3 groupes (A, B, C) et rappeler au moins un critère clinique clé pour un trouble de chaque groupe.
  12. Décrire, pour au moins deux diagnostics du cours (TDAH, TSA, trouble neurocognitif majeur/delirium, ou dysphorie de genre), la définition + la caractéristique centrale + un repère de prévalence ou de temporalité mentionné.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à la santé mentale et psychopathologie avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle affirmation décrit le mieux la santé mentale ?

2. Quel énoncé distingue le mieux un trouble psychologique d’une simple difficulté passagère ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à la santé mentale et psychopathologie avec 24 flashcards interactives.

Santé mentale — définition ?

Équilibre psychique permettant bien-être et fonctionnement.

Trouble psychologique — caractéristique ?

Dysfonctionnement psychologique avec détresse ou altération.

Dysfonctionnement psychologique — exemples ?

Troubles émotionnels, cognitifs ou comportementaux.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches