📋 Plan du Cours
- Santé mentale et psychopathologie
- Modèle biopsychosocial
- Bien-être et flexibilité psychologique
- Évaluation clinique et diagnostic
- Troubles dépressifs
- Troubles anxieux
- Troubles de la personnalité
- Addictions et substances
- Troubles alimentaires et du sommeil
- Troubles somatiques et dissociatifs
- Troubles neurodéveloppementaux et neurocognitifs
- Identité de genre et éthique clinique
📖 1. Santé mentale et psychopathologie
🔑 Notions clés & Définitions
- Santé mentale : La santé mentale correspond à un équilibre psychique permettant à la personne de ressentir un bien-être subjectif et de fonctionner de façon adéquate dans sa société.
- Trouble psychologique : Un trouble psychologique implique un dysfonctionnement psychologique avec détresse ou altération marquée du fonctionnement, dans une réponse sociale inhabituelle et persistante.
- Dysfonctionnement psychologique : Le dysfonctionnement psychologique désigne des difficultés qui touchent l’émotionnel, le cognitif ou le comportement et perturbent la vie psychique et quotidienne.
- Sentiment de détresse : Le sentiment de détresse est une perception subjective de malaise intense, vécue comme difficilement supportable, pouvant être associée à un trouble psychologique.
- Psychopathologie : La psychopathologie est la branche qui étudie scientifiquement les comportements pathologiques et les troubles psychologiques.
📝 Points essentiels
- La frontière entre normal et pathologique est fluctuante, contextuelle et socialement construite, car les troubles psychologiques ne sont pas toujours immédiatement visibles.
- Une personne peut avoir une maladie mentale tout en étant en santé mentale si elle revient à un équilibre psychologique stable.
- Environ 1 personne sur 5 souffrira d’un trouble psychologique au cours de sa vie.
- 4 personnes sur 5 sont indirectement touchées par les problèmes de santé mentale d’un proche.
- La présence ou l’absence de détresse ne suffit pas à elle seule pour poser un diagnostic.
- Les troubles sont définis selon des normes culturelles, et les symptômes doivent persister dans le temps pour évoquer un trouble psychologique.
📖 2. Modèle biopsychosocial
🔑 Notions clés & Définitions
- Approche intégrée biopsychosociale : Modèle multifactoriel qui explique le comportement par l’interaction de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux, avec une lecture développementale.
- Facteurs internes : Ensemble des variables propres à la personne qui peuvent augmenter la vulnérabilité ou, au contraire, la protéger face aux difficultés.
- Facteurs externes : Ensemble des influences de l’environnement et des relations qui modulent le risque et la protection autour du fonctionnement de la personne.
- Facteurs de risque et de protection : Catégories de facteurs où les risques augmentent la vulnérabilité et les protections la diminuent, en contexte et dans le temps.
- Perspective développementale : Idée que l’importance des facteurs varie selon les périodes de la vie et que certaines périodes peuvent être critiques.
📝 Points essentiels
- Le modèle biopsychosocial remplace la recherche d’une cause unique par l’analyse des interactions entre vulnérabilités biologiques, expériences psychologiques et conditions environnementales.
- Les approches unidimensionnelles sont jugées partielles car elles privilégient un seul registre explicatif du fonctionnement normal comme pathologique.
- Les facteurs de risque fragilisent (exemples : fragilité génétique, expériences traumatisantes, isolement social) alors que les facteurs de protection soutiennent (exemples : résistance génétique, expériences enrichissantes, réseau de soutien).
- Dans la perspective développementale, l’effet des facteurs change au fil des âges et certains moments de vie sont décrits comme plus déterminants.
💡 Astuce mémo
BPS = Biologie + Psychologie + Social : le trouble se comprend par interactions, pas par cause unique.
📖 3. Bien-être et flexibilité psychologique
🔑 Notions clés & Définitions
- Flexibilité psychologique : La flexibilité psychologique est la capacité d’observer pensées et émotions du moment présent sans se défendre inutilement, tout en agissant selon ses objectifs et ses valeurs.
- Rigidité psychologique : La rigidité psychologique correspond à une lutte interne persistante, avec rumination ou évitement des pensées et émotions désagréables, au détriment de l’action guidée par les valeurs.
- Présence attentive : La présence attentive est une pratique qui consiste à porter volontairement attention à l’expérience actuelle avec bienveillance et curiosité, sans chercher à juger ni à contrôler.
- Épanouissement psychosocial : L’épanouissement psychosocial, ou santé mentale florissante, désigne un fonctionnement optimal évalué par des critères répartis en bien-être émotionnel, fonctionnement psychologique et fonctionnement social.
- Modèle PERMA : Le modèle PERMA décrit le bien-être via cinq composantes mesurables séparément, intégrant des dimensions hédoniques et eudémoniques.
📝 Points essentiels
- La santé mentale positive ne se limite pas à l’absence de trouble : elle vise réalisation, capacité à relever les défis, travail productif et contribution à la communauté.
- La flexibilité psychologique s’oppose à l’évitement : avec un faible niveau, on observe davantage de dépression, d’anxiété, de stress et de détresse psychologique.
- La flexibilité psychologique est mesurée par le Questionnaire d’acceptation et d’action (AAQ-II).
- La présence attentive peut se faire en méditation formelle ou dans les activités quotidiennes et réduit stress, anxiété et dépression tout en améliorant la qualité de vie.
- Dans le PERMA, les cinq composantes sont émotions positives, engagement, relations positives, sens à la vie et accomplissements.
💡 Astuce mémo
Flexibilité = VOIR ses pensées/émotions + (PAS de défenses inutiles) + AGIR selon ses valeurs. (AAQ-II mesure, présence attentive entraîne).
📖 4. Évaluation clinique et diagnostic
🔑 Notions clés & Définitions
- Diagnostic provisoire : Le diagnostic est un processus évolutif qui reste souvent probable ou provisoire et peut être réévalué après observation dans le temps.
- Entrevue clinique : L’entrevue clinique est un échange avec le patient servant à recueillir l’histoire et le motif de consultation sous différents formats.
- Examen mental : L’examen mental consiste à observer l’état mental via le langage non verbal comme l’apparence, les gestes, la posture et les expressions.
- Tests psychologiques standardisés : Les tests psychologiques sont des mesures encadrées par des qualités de validité, de fidélité et de standardisation pour éclairer le diagnostic.
- Secret professionnel : Le secret professionnel protège les informations du patient, sauf en cas de danger imminent.
📝 Points essentiels
- Les symptômes communs à plusieurs troubles rendent le diagnostic difficile et exigent souvent une vérification ultérieure de l’évolution des signes.
- Le clinicien établit le diagnostic en observant directement la personne, et au Québec le psychiatre et le psychologue sont les professionnels habilités.
- Les informations peuvent nuire à l’évaluation si elles restent cachées, si la personne s’autodiagnostique, ou si l’alliance thérapeutique est insuffisante.
- Les classifications comme le DSM fournissent un vocabulaire partagé, mais leurs catégories sont influencées par des normes sociales, la politique et l’économie.
- Le diagnostic ouvre l’accès aux soins et aide à la compréhension, mais il peut aussi produire une stigmatisation avec préjugés et discrimination.
💡 Astuce mémo
Diagnostic = Enquête en 3 preuves : Entrevue (histoire) + Examen mental (non verbal) + Tests (mesures standardisées).
📖 5. Troubles dépressifs
🔑 Notions clés & Définitions
- Épisode dépressif majeur : Épisode dépressif d’au moins deux semaines, où l’humeur est dépressive ou l’intérêt/plaisir diminue, avec plusieurs symptômes associés dont sommeil, appétit et concentration.
- Anhédonie : Symptôme central de la dépression correspondant à l’incapacité d’éprouver du plaisir malgré les circonstances, ce qui caractérise fortement l’épisode dépressif majeur.
- Trouble dépressif majeur : Trouble caractérisé par la présence d’épisodes dépressifs majeurs sans épisodes maniaques ou hypomaniaques.
- Trouble dépressif persistant : Trouble dépressif moins intense qu’une dépression majeure mais durable, pouvant s’étendre sur une longue période.
- Trouble dysphorique prémenstruel : Forme aiguë liée au cycle menstruel, où des symptômes dépressifs marqués apparaissent après l’ovulation et disparaissent au moment des menstruations.
📝 Points essentiels
- Un épisode dépressif majeur dure au moins 2 semaines et associe humeur dépressive ou perte d’intérêt/plaisir à des symptômes comme troubles du sommeil, de l’appétit, fatigue et idées récurrentes de mort.
- Dans les troubles dépressifs, les épisodes concernent uniquement la dépression, alors que les troubles bipolaires alternent épisodes dépressifs et épisodes maniaques ou hypomaniaques.
- Le trouble dépressif persistant peut durer de 2 à 20 ans et, même s’il permet de fonctionner, expose souvent à une dépression majeure au cours de la vie.
- Le trouble de dérégulation de l’humeur explosive débute après 6 ans et avant 10 ans chez les moins de 18 ans, avec irritabilité sévère et colères fréquentes.
- Le trouble dysphorique prémenstruel survient après l’ovulation et s’achève avec les menstruations, avec symptômes dépressifs, cognitifs et physiques cutanés ou gastro-intestinaux.
- Le trouble dépressif à caractère saisonnier touche les épisodes dépressifs en hiver dans l’hémisphère nord, avec sommeil accru, augmentation de l’appétit et prise de poids.
💡 Astuce mémo
Dépression majeure = 2 semaines + plaisir en panne (anhédonie).
📖 6. Troubles anxieux
🔑 Notions clés & Définitions
- Trouble panique : Trouble anxieux caractérisé par des attaques de panique imprévisibles et récurrentes, avec peur intense, appréhension d’en avoir d’autres, et comportements d’évitement.
- Agoraphobie : Trouble anxieux centré sur la peur de situations, souvent liées à l’idée qu’on ne pourra pas s’échapper ou obtenir de l’aide.
- Anxiété généralisée : Trouble anxieux où des inquiétudes et appréhensions persistantes, difficiles à contrôler, concernent plusieurs événements ou activités.
- Phobies spécifiques : Troubles anxieux où la peur est focalisée sur un objet ou une situation précise, déclenchant une réaction anxieuse.
- Anxiété sociale : Trouble anxieux où la crainte vise le fait d’être observé ou jugé en contexte social, menant à l’évitement ou à une grande détresse.
📝 Points essentiels
- Environ 12% des Canadiens sont atteints de troubles anxieux, et les femmes ont environ 2 fois plus de risques que les hommes d’en être atteintes.
- Les taux d’hospitalisation sont les plus élevés chez les 65 ans et plus.
- Le trouble panique implique une appréhension de subir d’autres attaques, des préoccupations liées aux conséquences, et de l’évitement.
- L’anxiété généralisée se manifeste par des préoccupations persistantes, incontrôlables, portant sur plusieurs événements ou activités.
- Les traitements des troubles anxieux combinent souvent des approches psychologiques comme la TCC et l’exposition, des médicaments (ISRS, IRSN, benzodiazépines) ou une combinaison en première intention.
💡 Astuce mémo
Panique = attaques imprévisibles + peur d’en revoir; GAD = inquiétudes incontrôlables sur plusieurs sujets.
📖 7. Troubles de la personnalité
🔑 Notions clés & Définitions
- Troubles de la personnalité : Les troubles de la personnalité sont des troubles où des traits durables influencent humeurs, cognitions, relations et comportements, entraînant souffrance ou altération.
- Personnalité : La personnalité correspond à l’ensemble des caractéristiques psychologiques qui donnent un sentiment d’identité, à la fois stable et en mouvement.
- Traits rigides inadaptés : Un trouble de la personnalité apparaît quand des traits deviennent rigides et inadaptés, ce qui provoque une souffrance ou un dysfonctionnement.
- Personnalité borderline : La personnalité borderline regroupe une instabilité des relations, de l’image de soi et des affects, associée à une impulsivité marquée.
📝 Points essentiels
- Les troubles de la personnalité touchent jusqu’à 15% de la population générale et leur diagnostic est souvent difficile car la personne peut fonctionner et sembler stable en entretien.
- Le DSM-5 classe les 10 troubles en trois groupes : A bizarres et excentriques, B dramatiques, C anxieux et craintifs.
- Le diagnostic de la personnalité antisociale exige la présence de manifestations d’un trouble des conduites avant 15 ans.
- La comorbidité est particulièrement élevée entre les troubles du groupe B.
- Les facteurs interpersonnels et sociaux mentionnés comme dommageables incluent négligence, abandon, violence et sévices dans l’enfance.
- La qualité de l’attachement précoce, les relations aux pairs et les facteurs culturels influencent le développement des troubles de la personnalité.
💡 Astuce mémo
A = bizarres, B = dramatiques, C = craintifs : mémorise l’ordre des groupes DSM-5.
📖 8. Addictions et substances
🔑 Notions clés & Définitions
- Usage récréatif ou occasionnel : L’usage récréatif ou occasionnel correspond à une consommation modérée dans un contexte social qui n’entraîne généralement pas d’escalade vers des formes problématiques.
- Surconsommation : La surconsommation est une consommation abusive et régulière qui occupe une place importante dans la vie quotidienne.
- Troubles induits par une substance : Les troubles induits par une substance regroupent l’intoxication, réaction spécifique et temporaire à la consommation récente, et le sevrage, syndrome de manque lié à la réduction ou à l’arrêt.
- Tolérance et sevrage : La tolérance et le sevrage font partie des critères pharmacologiques utilisés pour établir un trouble de l’usage d’une substance.
📝 Points essentiels
- Au Canada, les dépendances et troubles liés aux substances coûtent environ 20 milliards de dollars par an et sont responsables de près de 50 000 décès.
- La nicotine est la substance qui produit la plus grande accoutumance parmi toutes les substances.
- Les troubles de l’usage d’une substance reposent sur des critères classés en problèmes de contrôle, altération du fonctionnement social, consommation risquée et critères pharmacologiques comme la tolérance et le sevrage.
- Les dépresseurs diminuent l’activité du système nerveux (alcool, sédatifs, hypnotiques, anxiolytiques dont Valium/Xanax, et opiacés dont morphine/codéine/héroïne).
- Les stimulants augmentent l’activité du système nerveux (nicotine/caféine et aussi amphétamines, cocaïne, crack).
- Les traitements combinent désintoxication avec sevrage en centre fermé, pharmacothérapie (méthadone, timbres nicotine, naltrexone, disulfirame) et approches psychosociales dont la motivation en 5 étapes précontemplation→contemplation→préparation→action→maintien.
💡 Astuce mémo
Dépresseurs = “calment” (alcool, Valium/Xanax, opiacés), Stimulants = “accélèrent” (nicotine/caféine, amphétamines, cocaïne), Perturbateurs = “déforment” (cannabis, LSD, kétamine).
📖 9. Troubles alimentaires et du sommeil
🔑 Notions clés & Définitions
- Accès hyperphagiques : Les accès hyperphagiques sont des épisodes de consommation excessive sans comportements compensatoires, associés à honte et surpoids.
- Boulimie : La boulimie combine des épisodes hyperphagiques et des comportements compensatoires comme vomissements ou abus de laxatifs.
- Anorexie mentale : L'anorexie mentale est une restriction sévère avec peur de grossir et perception erronée d'être obèse malgré une maigreur extrême.
- Insomnie : L'insomnie correspond à des difficultés d'endormissement ou de maintien du sommeil.
- Apnée du sommeil : L'apnée du sommeil se caractérise par des interruptions respiratoires pendant le sommeil.
📝 Points essentiels
- Les accès hyperphagiques provoquent souvent honte et obésité, et le trouble est présenté comme le plus facile à traiter dans la source.
- La boulimie entraîne des problèmes dentaires, intestinaux et cardiaques, et s'accompagne souvent de troubles anxieux.
- L'anorexie mentale peut s'accompagner d'aménorrhée, de problèmes cardiaques et d'ostéoporose, avec un taux de mortalité de 5%.
- L'insomnie touche 30% de la population, surtout les femmes et les personnes âgées, et serait principalement liée au stress et aux mauvaises habitudes.
- L'apnée du sommeil est surtout décrite chez les hommes obèses de plus de 40 ans, avec des interruptions respiratoires répétées.
💡 Astuce mémo
Hyperphagie = trop manger sans compenser ; Boulimie = trop manger + compenser ; Anorexie = trop restr. + peur de grossir.
📖 10. Troubles somatiques et dissociatifs
🔑 Notions clés & Définitions
- Troubles somatiques et apparentés : Ensemble de troubles où des symptômes physiques envahissants s’accompagnent d’une détresse psychologique importante et d’une baisse du fonctionnement quotidien.
- Trouble à symptomatologie somatique : Trouble caractérisé par des symptômes physiques envahissants qui perturbent la vie quotidienne et poussent la personne à solliciter souvent les soins.
- Trouble à symptomatologie neurologique fonctionnelle : Trouble présenté comme des déficits neurologiques importants sans cause organique, souvent reliés à des traumatismes et à une anxiété insupportable.
- Trouble factice : Trouble où la personne simule ou provoque intentionnellement des symptômes pour obtenir des soins, tout en niant les gestes.
- Dissociation : Mécanisme de protection qui fragmente souvenirs, émotions et identité afin de protéger la personne d’un traumatisme psychologique insupportable.
📝 Points essentiels
- Le trouble à symptomatologie somatique a une prévalence de 5 à 7% et est plus fréquent chez les femmes.
- La crainte excessive d’avoir une maladie (hypocondrie) correspond à une interprétation hypervigilante des sensations comme signes de maladies graves, alimentant un cercle anxiété–symptômes.
- Le trouble à symptomatologie neurologique fonctionnelle peut inclure paralysies, crises épilepsie ou cécité sans cause organique et toucher surtout les adolescentes et les combattants.
- Le trouble factice a un diagnostic difficile car la personne nie et le pronostic est pauvre malgré des interventions médicales inutiles possibles.
- La dépersonnalisation-déréalisation touche 2% de la population autant chez les hommes que chez les femmes, avec une impression d’irréalité de l’expérience.
💡 Astuce mémo
Somatique = douleur + soins; Dissociatif = “mémoire en pièces” pour survivre au traumatisme.
📖 11. Troubles neurodéveloppementaux et neurocognitifs
🔑 Notions clés & Définitions
- Trouble déficit de l’attention/hyperactivité : Le TDAH regroupe des difficultés durables d’attention et/ou d’hyperactivité avec impulsivité, avec des manifestations qui persistent souvent à l’âge adulte.
- Trouble du spectre de l’autisme : Le TSA associe des déficits persistants de communication et d’interactions sociales à des comportements restreints et répétitifs.
- Handicap intellectuel : Le handicap intellectuel correspond à des limites des fonctions intellectuelles et des déficits des habiletés adaptatives dans la vie quotidienne.
- Troubles spécifiques des apprentissages : Les troubles spécifiques des apprentissages concernent une difficulté cognitive ciblée, sans déclin intellectuel global.
- Trouble neurocognitif majeur : Le trouble neurocognitif majeur décrit une dégradation cognitive générale et progressive, généralement irréversible, qui compromet l’autonomie.
📝 Points essentiels
- Le TDAH se manifeste par inattention, hyperactivité ou impulsivité, avec des types distingués, et une prévalence de 3 à 11% chez les enfants (plus fréquente chez les garçons).
- Le TSA est caractérisé par des déficits sociaux et de communication persistants et par des comportements répétitifs avec routines rigides, avec une prévalence d’environ 1% et 4 fois plus de garçons que de filles.
- Le handicap intellectuel associe des atteintes du raisonnement/résolution de problèmes et des difficultés adaptatives conceptuelles, sociales et pratiques, avec une prévalence de 1 à 3% et 90% de niveaux moyens.
- Les troubles spécifiques des apprentissages incluent dyslexie, dysorthographie, dysgraphie et dyscalculie, avec une prévalence de 5 à 15% chez les enfants d’âge scolaire, plus fréquente chez les garçons.
- Le trouble neurocognitif majeur altère l’autonomie et la maladie d’Alzheimer représente 70% des cas, tandis que le trouble léger n’hypothèque pas le fonctionnement quotidien.
- L’état confusionnel (delirium) débute rapidement en quelques heures à quelques jours avec altération de la conscience, et concerne 10 à 30% des patients aux urgences, avant que le trouble neurocognitif majeur augmente fortement avec l’âge (5 à 10% puis 25% après 70 ans).
💡 Astuce mémo
Alzheimer : « mémoire des récents d’abord », puis la dégradation s’étend progressivement au langage et aux autres fonctions cognitives.
📖 12. Identité de genre et éthique clinique
🔑 Notions clés & Définitions
- Dysphorie de genre : La dysphorie de genre est une situation où le sexe anatomique ne correspond pas à l’identité de genre ressentie et entraîne une détresse majeure ou une atteinte du fonctionnement.
- Identité de genre : L’identité de genre est le sentiment d’appartenance à un sexe, distinct des caractéristiques sociales associées au masculin et au féminin.
- Orientation sexuelle : L’orientation sexuelle renvoie au type d’attirance envers les autres, et elle peut être hétérosexuelle, homosexuelle ou bisexuelle même chez une personne trans.
- Personne transgenre : La personne transgenre est une personne dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe assigné à la naissance, sans souffrance suffisante pour parler de trouble.
- Soutien social : Le soutien social et l’acceptation peuvent réduire considérablement la détresse associée à l’incongruence entre identité vécue et sexe assigné.
📝 Points essentiels
- La dysphorie survient quand l’incongruence entre identité de genre et sexe assigné provoque une détresse importante ou une altération du fonctionnement.
- Quand il n’y a pas de souffrance, on parle de personne transgenre ou transsexuelle plutôt que de trouble mental.
- L’apparition peut être précoce, vers 2 à 4 ans, ou plus tard à l’adolescence ou à l’âge adulte.
- La dysphorie est dite rare avec environ 1 homme sur 11 000 à 37 000 et 1 femme sur 30 000 à 150 000.
- Le traitement associe une dimension biologique (hormonothérapie et chirurgies de réassignation) et une dimension psychosociale (psychothérapie, démarches sociales et administratives).
💡 Astuce mémo
Dysphorie = incongruence + détresse (si pas de détresse → transgenre/transsexuelle).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1994 | Comité de la santé mentale du Québec : définition de l’état d’équilibre psychique |
| 2009 | OMS : définition de la santé mentale comme état de bien-être permettant de réaliser son potentiel |
| 2012–2016 | Maroc : cadrage de la santé mentale (puis actualisations dans le Plan Santé 2025) |
| 2020 | Prédiction OMS : la dépression deviendrait la deuxième cause d’invalidité et de décès prématuré dans le monde |
| juin 2012 | Québec : Loi modifiant le Code des professions (projet de loi 21) encadrant la psychothérapie |
| 2013 | Office des professions du Québec : définition officielle de la psychothérapie |
| 1950 | Québec : apogée de l’internement en psychiatrie (conditions misérables) |
| 1962 | Québec : rapport Bédard (tournant) |
| 1973 | Homosexualité retirée du DSM |
| 1992 | Homosexualité retirée de la CIM |
📊 Tableaux de synthèse
Trois modèles explicatifs du trouble psychologique
| Période | Conception | Traitement |
|---|
| Sociétés primitives | Possession par des esprits | Trépanation |
| Moyen Âge | Possession démoniaque | Exorcisme |
| Inquisition (13e-16e) | Sorcellerie, pacte avec le diable | Inquisition (Malleus Maleficarum) |
| Antiquité | Déséquilibre des quatre humeurs | (modèle biologique : déséquilibre des humeurs) |
| 18e-19e siècle | Institutionnalisation massive (asiles) | Asiles |
| 20e siècle | Traitements-chocs, pharmacothérapie | Traitements-chocs, pharmacothérapie |
| Approche psychanalytique (modèle psychologique) | Inconscient | Catharsis |
| Approche humaniste | Actualisation de soi (Maslow) ; considération positive inconditionnelle (Rogers) | Actualisation de soi |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre santé mentale et absence de maladie mentale : une personne peut revenir à un équilibre psychique stable malgré une maladie mentale.
- Croire que la détresse (ou son absence) suffit à elle seule pour poser un diagnostic de trouble psychologique.
- Diagnostiquer comme universel : les troubles sont définis selon des normes culturelles et l’expression des symptômes varie (ethnopsychiatrie).
- Interpréter la rigidité psychologique comme simple “timidité” : c’est une lutte interne avec rumination/évitement qui nuit à l’action guidée par les valeurs.
- Distinguer mal dépression et trouble bipolaire : les troubles bipolaires alternent épisodes dépressifs et épisodes maniaques/hypomaniaques, alors que la dépression majeure n’en comporte pas.
- Se tromper entre delirium et troubles neurocognitifs : le delirium est une crise temporaire rapide (heures à jours) alors que le trouble neurocognitif majeur est progressif et souvent irréversible.
- Mélanger anxiété et dépression : la dépression implique des ruminations “entretenues” et un ralentissement, l’anxiété une anticipation et une agitation/fébrilité.
✅ Checklist Examen
- Définir santé mentale comme équilibre psychique avec bien-être subjectif et fonctionnement adéquat dans la société.
- Définir trouble psychologique : dysfonctionnement psychologique + détresse ou altération du fonctionnement + réaction déviante atypique et persistante.
- Décrire les 3 sphères du dysfonctionnement psychologique (émotif, cognitif, comportemental) avec au moins un exemple pour chaque.
- Expliquer pourquoi la détresse seule ne suffit pas et rappeler que la persistance dans le temps est nécessaire pour évoquer un trouble.
- Citer les trois sources principales de définition/repère de la santé mentale présentes au cours : (Québec) ; (OMS) ; (Maroc/continnuum).
- Exposer l’approche intégrée biopsychosociale : interaction biologique/psychologique/sociale et perspective développementale ; distinguer facteurs internes vs externes (risque vs protection).
- Donner la définition de la flexibilité psychologique, opposer rigidité psychologique et rappeler que la flexibilité est mesurée par l’AAQ-II.
- Décrire le processus diagnostique : diagnostic provisoire, rôle de l’entrevue clinique, examen mental, tests standardisés (validité/fidélité/standardisation) et mentionner le secret professionnel.
- Relier trouble dépressif majeur et anhédonie : durée minimale (2 semaines), symptômes associés (sommeil/appétit/concentration, idées récurrentes de mort) et distinguer trouble dépressif persistant.
- Distinguer trouble panique, agoraphobie, anxiété généralisée et anxiété sociale à partir de leur caractérisation (imprévisibilité/peur d’en avoir d’autres, peur de situations/échapper, inquiétudes incontrôlables multiples, crainte d’être observé/jugé).
- Classer les troubles de la personnalité selon le DSM-5 en 3 groupes (A, B, C) et rappeler au moins un critère clinique clé pour un trouble de chaque groupe.
- Décrire, pour au moins deux diagnostics du cours (TDAH, TSA, trouble neurocognitif majeur/delirium, ou dysphorie de genre), la définition + la caractéristique centrale + un repère de prévalence ou de temporalité mentionné.
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