Fiche de révision : Introduction à la science politique

Plan du Cours

  1. Politisation des faits sociaux
  2. Sens du politique selon Weber
  3. Discours concurrents sur le politique
  4. Science politique comme discipline
  5. Neutralité axiologique et méthodes
  6. Démocratie délibérative et convention citoyenne
  7. Suffrage et fabrique des élus
  8. Partis politiques et militantisme
  9. Professionnalisation du métier politique
  10. Écologie politique et nouvelles offres
  11. Politiques publiques et référentiels
  12. Usages sociaux du droit

1. Politisation des faits sociaux

Notions clés & Définitions

  • Politisation : La politisation est le processus qui transforme un évènement initialement non politique en évènement politique.
  • Fait social politique : Un fait social devient politique lorsqu’il fait l’objet d’une requalification collective et d’une prise en charge dans l’espace du pouvoir.
  • Constructivisme en science politique : Le constructivisme affirme qu’un fait n’est pas politique par nature, mais qu’il le devient via des constructions sociales et des accords.
  • Essentialisme du politique : L’essentialisme considère que le politique appartient aux choses en elles-mêmes, indépendamment de leur mise en débat ou en action.

Points essentiels

  • Les faits politiques ne le sont pas par nature : ils deviennent politiques quand ils sont requalifiés et mis en relation avec le pouvoir.
  • La politisation correspond à une requalification d’activités sociales variées par des accords entre agents prêts à contester la séparation des espaces d’action.
  • Repérer la politisation consiste à suivre le « passage au politique » d’un évènement qui ne l’était pas auparavant.
  • L’exemple des athlètes Tommie Smith et John Carlos aux JO de 1968 montre comment un geste sportif peut être interprété comme soutien à une cause politique.

Astuce mémo

Du social au politique : la politisation = requalification qui relie un évènement au pouvoir.

2. Sens du politique selon Weber

Notions clés & Définitions

  • Le politique : Le politique désigne l’espace de régulation des conflits au sein des sociétés et les formes de coordination qui structurent le vivre-ensemble.
  • La politique : La politique correspond aux efforts pour participer au pouvoir ou influencer la répartition du pouvoir, que ce soit entre États ou à l’intérieur d’un même État.
  • Politics Policy Polity : Politics, policy et polity distinguent respectivement la compétition politique, les décisions concrètes et la communauté politique concernée par ces jeux.
  • Compétition politique : La compétition politique renvoie aux rivalités et manœuvres qui accompagnent la conquête du pouvoir, notamment lors des élections et dans les jeux parlementaires.

Points essentiels

  • Max Weber (1864-1920) distingue Le politique (vivre-ensemble et régulation des conflits) de La politique (efforts pour participer au pouvoir).
  • Pour Weber, La politique vise à influencer la répartition du pouvoir entre États ou entre groupes au sein d’un même État.
  • La distinction anglo-saxonne associe la compétition politique à politics, les décisions concrètes à policy, et la communauté politique à polity.
  • Les exemples de competitions politiques incluent les campagnes électorales, les alliances ou rivalités entre partis, et la mise en place ou le renversement d’un gouvernement.

Astuce mémo

La politique = pouvoir à conquérir, le politique = règles du vivre-ensemble qui canalisent les conflits.

3. Discours concurrents sur le politique

Notions clés & Définitions

  • Démocratie furtive : La démocratie furtive décrit une politique surtout confiée à des élites jugées compétentes, avec une participation citoyenne mobilisée seulement lorsque c’est nécessaire.
  • Démocratie délibérative : La démocratie délibérative valorise la discussion encadrée entre citoyens représentatifs, souvent avec experts, quand les participants estiment que leur avis peut peser.
  • Démocratie partisane : La démocratie partisane renvoie à une démocratie centrée sur les partis et l’élection, critiquée pour le manque de représentativité et le faible renouvellement.
  • Citoyens furtifs : Les citoyens furtifs délèguent largement la décision aux élites et n’interviennent via le vote que dans des moments jugés vraiment nécessaires.
  • Convention citoyenne pour le climat : La convention citoyenne pour le climat est un dispositif de tirage au sort destiné à formuler des propositions sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Points essentiels

  • Le débat oppose une démocratie où l’on confie largement l’action publique à des élites efficaces et une démocratie où des citoyens sont réunis pour délibérer avec un cadre concret, ce qui conditionne la participation.
  • La critique de la démocratie partisane insiste sur le sentiment d’« illusion de pouvoir » et sur l’idée que les élus seraient peu représentatifs et que les partis monopolisent le pouvoir.
  • La démocratie délibérative met l’accent sur des formats de participation concrets jugés efficaces, avec des groupes relativement homogènes (8 focus groups) et des discussions sur ce qui fonctionne ou non.
  • La démocratie « furtive » est associée à une confiance plus forte dans la démocratie représentative et à une participation surtout via le vote, notamment chez des groupes moins mobilisés.
  • La convention citoyenne pour le climat est lancée en avril 2019 après les Gilets jaunes et réunit 150 citoyens tirés au sort, avec un objectif de réduire les émissions de GES de 40 % d’ici 2030.

Astuce mémo

FURTIVE = Experts d’abord, vote seulement quand utile ; DÉLIBÉRATIVE = Citoyens représentatifs, discussion cadrée, impact attendu.

4. Science politique comme discipline

Notions clés & Définitions

  • Analyse historique des institutions : Approche disciplinaire qui étudie l’évolution des organisations et dispositifs de l’État pour comprendre des politiques changeantes.
  • État composite : Notion d’État conçu comme un assemblage d’individus et d’organisations plutôt qu’un bloc homogène.
  • Comparaison des États-providence : Démarche comparative qui exige de tenir compte des modèles différents des États-providence pour éviter des conclusions hâtives.
  • Monopole weberien de la contrainte légitime : Définition de l’État chez Max Weber fondée sur la détention exclusive de la contrainte et de la violence physiques légitimes.

Points essentiels

  • Comparer les États-providence impose de prendre en compte leurs modèles différents, car ils ne fonctionnent pas sur les mêmes bases.
  • L’État ne doit pas être traité comme un bloc unique mais comme un ensemble composite d’individus et d’organisations.
  • Analyser l’histoire d’une institution de l’État sert à repérer des configurations politiques mouvantes et des politiques qui évoluent.
  • Pour Max Weber, l’État se caractérise par le monopole de la contrainte physique légitime, celui de la violence physique légitime, et celui des nominations.

5. Neutralité axiologique et méthodes

Notions clés & Définitions

  • Observation directe : Méthode d’enquête en sciences politiques où le chercheur collecte des données en observant directement des situations et interactions sur le terrain.
  • Entretiens : Méthode d’enquête où le chercheur recueille des informations en échangeant avec des acteurs afin de comprendre leurs points de vue et pratiques.
  • Recherche documentaire : Méthode d’enquête qui consiste à exploiter des sources écrites existantes pour compléter ou comparer les observations et les entretiens.
  • Experts encadrants : Rôle consistant à appuyer la délibération par des connaissances et ressources techniques lors de discussions collectives sur des sujets publics.

Points essentiels

  • L’analyse de la Convention Citoyenne pour le Climat s’appuie sur l’observation directe, des entretiens et la recherche documentaire.
  • La délibération collective est appuyée par des experts qui contribuent aux échanges et à la production d’éléments finaux.
  • Les chercheurs étudient les relations entre un mini-public délibératif et la participation du grand public à partir des traces et des ouvertures constatées.
  • Le cadrage de la délibération peut dépendre d’acteurs politiques et de citoyens, avec une aide d’experts pour aboutir à des documents structurants.

6. Démocratie délibérative et convention citoyenne

Notions clés & Définitions

  • Convention citoyenne : Une convention citoyenne est un mini-public délibératif chargé d’auditionner des personnes et d’élaborer des mesures collectives sur un sujet donné.
  • Mini-public délibératif : Un mini-public délibératif désigne un petit groupe de participants dont la délibération vise à donner une légitimité plus délibérée aux propositions.
  • Dynamique d’importation : La dynamique d’importation correspond à l’ouverture des citoyens à l’intérieur du dispositif, via auditions et traces citoyennes, qui modifie la délibération.
  • Dynamique d’exportation : La dynamique d’exportation désigne la sortie des citoyens vers l’extérieur pour proposer puis présenter les mesures dans des espaces de sociabilité informels.

Points essentiels

  • La Convention Citoyenne pour le Climat comporte 150 citoyens tirés au sort et elle travaille en délibération collective sur 5 thématiques : se déplacer, se loger, se nourrir, consommer, produire et travailler.
  • Les propositions issues d’une convention citoyenne peuvent être orientées et modifiées par la législation, rendant leurs impacts plus faibles quand le texte final n’est pas parfaitement fidèle.
  • Les ouvertures du dispositif peuvent fonctionner en importation (auditions et traces citoyennes) et en exportation (participation à des espaces informels pour proposer puis présenter les mesures).
  • La démocratie délibérative dépend du parlement car la démocratie représentative y reste dominante.
  • Les conférences citoyennes relèvent de la démocratie délibérative, et non de la démocratie participative ou référendaire.

7. Suffrage et fabrique des élus

Notions clés & Définitions

  • Extension du suffrage : L’extension du suffrage désigne l’élargissement du droit de vote qui transforme le jeu électoral et les attentes des électeurs.
  • Jeu politique électoral : Le jeu politique électoral est l’ensemble des règles implicites et des rapports de force qui organisent la compétition entre partis et candidats.
  • Comités électoraux nationaux : Les comités électoraux nationaux sont des structures créées pour organiser des campagnes, qui servent de base au développement des partis.
  • Mouvement ouvrier : Le mouvement ouvrier regroupe des organisations et mobilisations issues du monde du travail, à partir desquelles des partis se développent.
  • Démocratie du nombre : La démocratie du nombre correspond à l’idée que l’augmentation du poids électoral permet aux partis de se densifier et de s’institutionnaliser.

Points essentiels

  • Les partis politiques se construisent pour répondre à l’extension du suffrage et à la redéfinition du jeu politique et électoral.
  • Les partis politiques naissent d’abord à partir de comités électoraux nationaux avant de s’installer durablement.
  • Au départ, ces partis se développent dans le mouvement ouvrier avant de gagner en stabilité institutionnelle.
  • La stratégie de “démocratie du nombre” favorise la densification, l’institutionnalisation et la pérennisation des organisations partisanes.

Astuce mémo

Extension du suffrage → nouveau jeu électoral → comités se transforment en partis qui fabriquent des élus.

8. Partis politiques et militantisme

Notions clés & Définitions

  • Partis national-populistes : Partis qui se présentent comme opposés à l’immigration, à la libre entreprise et au droit de propriété selon la description du cours.
  • Radical right gender gap : Idée selon laquelle l’écart de vote pour la droite radicale varie selon le genre des électrices et électeurs.
  • Altérité radicale envahissante : Perception d’un groupe comme à la fois différent et menaçant, utilisée pour expliquer des choix électoraux.
  • Normalisation de l’extrême droite : Processus par lequel des ressorts (notamment racistes) s’installent dans des perceptions ordinaires et soutiennent le vote pour un parti.
  • Plafond de verre du vote écologiste : Limite chiffrée qui décrit la difficulté des partis écologistes à dépasser un certain niveau d’électorat.

Points essentiels

  • Le cours cite une première loi sur la parité en politique datée de 1944, puis une période suivante située entre 2000 et 2017.
  • Les recherches quantitatives (Youngelect) visent à tester l’idée d’un radical right gender gap à partir de la propension des femmes à voter pour des partis « radical right / extrême droite ».
  • Le cours oppose le « Nous » (Français blancs) à un « Eux » (Musulmans, Arabes, Turcs) pour expliquer un ressentiment négatif associé aux choix pour le RN.
  • L’enquête qualitative menée dans le sud-est entre 2016 et 2019 relie le vote RN à une altérité perçue comme radicale et envahissante sur la vie ordinaire.
  • Le vote pour les partis écologistes « verts » plafonne autour de 10 % selon le cours, ce qui relie le plafond de verre à l’homogénéité et à la stabilité de l’électorat.

Astuce mémo

RN = Nous/Eux + ressentiment : la normalisation passe par une altérité vécue comme envahissante.

9. Professionnalisation du métier politique

Notions clés & Définitions

  • Électeur stratège : L’électeur stratège raisonne en calculant coûts et avantages de ses choix, en anticipant les effets de différents gouvernements.
  • Abstention politique : L’abstention devient un choix politique quand elle est intégrée au raisonnement électoral pour sanctionner une politique plutôt que par simple non-participation.
  • Rationalité limitée : La rationalité de l’électeur est dite limitée car il ne peut pas traiter toutes les variables ni obtenir assez d’informations pour comparer entièrement les programmes.
  • Vote utile : Le vote utile désigne une stratégie électorale liée à la configuration du scrutin, qui peut devenir plus présente dans les élections majoritaires.
  • Incidence des campagnes : Les campagnes électorales peuvent modifier les comportements car le vote réagit à des contraintes collectives et à l’instabilité des choix entre moments électoraux.

Points essentiels

  • L’abstention peut relever d’une logique de sanction, et elle se distingue de l’abstention « hors du jeu » quand l’électeur ne vote jamais.
  • Le localisme (« friends and neighbors ») pousse à favoriser le candidat le plus proche socialement ou territorialement car l’électeur suppose un bénéfice pour son territoire ou sa profession.
  • La probabilité d’alternance perçue baisse quand il y a beaucoup de partis, ce qui influe sur les comportements électoraux.
  • Les comportements varient selon le type d’élection et le calendrier, avec un effet notable observé en 2014 dans la source.
  • L’hypothèse d’un électeur strictement rationnel et individualiste est contestée par les analyses de la rationalité limitée et l’effet de conjoncture sur l’instabilité du vote.

Astuce mémo

Rationalité limitée = trop peu d’infos + trop de variables → mieux vaut décider sans lire tous les programmes.

10. Écologie politique et nouvelles offres

Notions clés & Définitions

  • Médiatisation de la question climatique : Notion décrivant la manière dont le climat devient un sujet traité dans les médias et y gagne en visibilité et en régularité.
  • Presse écologiste : Ensemble de rédactions et de productions médiatiques structurées autour de thèmes environnementaux à partir des années 1970.
  • Sous-champ journalistique : Espace professionnel spécialisé qui se développe dans le journalisme pour traiter de l’environnement à partir des années 2000.
  • Dépolitisation du traitement médiatique : Processus par lequel le cadrage médiatique du climat réduit la dimension conflictuelle et politique du problème.

Points essentiels

  • La structuration d’une presse écologiste apparaît à partir des années 1970, puis un sous-champ journalistique sur l’environnement se développe au début des années 2000.
  • Jean-Baptiste Comby (2009) étudie ce segment avec 68 entretiens semi-directifs dans 22 médias nationaux et des « sources » liées aux questions climatiques.
  • La dépolitisation médiatique du climat repose sur trois mécanismes : imposition d’un consensus, individualisation des responsabilités, et égalisation des rapports aux enjeux.
  • L’imposition d’un consensus peut masquer les controverses, tandis que l’individualisation des responsabilités déplace le regard des causes collectives vers des acteurs isolés.
  • Dans le mouvement climat, Laurent Lardeux (2024) observe via 52 entretiens biographiques dans 17 villes et 12 collectifs que les actions « nouvelles » s’inscrivent aussi dans une tradition antérieure et s’accompagnent souvent d’une démocratie participative horizontale.

Astuce mémo

Consensus pour cacher • Coupables individuels • Contributions inégales effacées = « 3C » de la dépolitisation.

11. Politiques publiques et référentiels

Notions clés & Définitions

  • Référentiel global : Un référentiel global regroupe des valeurs fondamentales et des normes qui guident la façon dont une société interprète la réalité et choisit entre des conduites possibles.
  • Référentiel libéral : Un référentiel libéral est une vision où l’État intervient peu, ce qui oriente la formulation des réponses publiques jusqu’aux années 1930.
  • Référentiel État providence : Un référentiel de l’État providence correspond à une conception où l’État social joue un rôle central, en particulier jusqu’aux années 1970.
  • Référentiel de marché : Un référentiel de marché vise prioritairement l’efficacité économique, et domine les orientations depuis les années 1970.
  • Dépendance au sentier : La dépendance au sentier désigne la difficulté pour les politiques publiques actuelles de rompre avec les choix antérieurs, du fait des coûts et des engagements déjà pris.

Points essentiels

  • Un même problème peut recevoir plusieurs réponses car les référentiels (valeurs, normes, croyances) ne donnent pas la même lecture du monde ni les mêmes intérêts à défendre.
  • La crise de l’État providence ouvre la voie au référentiel de marché, centré sur l’efficacité économique, au moins à partir des années 1970.
  • Les politiques publiques sont contraintes par la dépendance au sentier : lorsqu’une règle est installée, il devient coûteux d’en sortir.
  • La fenêtre d’opportunité politique indique qu’une décision ne se promeut pas à n’importe quel moment : le contexte doit rendre l’adoption possible.
  • Les street level bureaucrats sont des agents publics en contact direct avec les citoyens, disposant d’une marge discrétionnaire importante dans l’application sur le terrain.

Astuce mémo

Libéral = peu d’État ; Providence = État social ; Marché = efficacité économique ; puis sentier = on s’y accroche.

12. Usages sociaux du droit

Notions clés & Définitions

  • Droit comme activité sociale : Le droit, envisagé comme activité sociale, se juge à ce qu’il produit dans la communauté quand il est interprété et appliqué par des acteurs réels.
  • Arme du droit : L’arme du droit désigne l’usage du droit par des acteurs pour contester un problème, obtenir réparation et donner une portée politique à la situation.
  • Endogénéisation du droit : L’endogénéisation du droit est le processus par lequel une organisation, en se mettant en conformité, fait cadrer concrètement le contenu de la règle par ses propres pratiques.
  • Managérialisation du droit : La managérialisation du droit correspond au moment où le droit est mobilisé comme outil au service du management et des valeurs internes de l’organisation.

Points essentiels

  • L’analyse du droit comme activité sociale consiste à étudier la mise en œuvre concrète des règles juridiques par les acteurs concernés, pas seulement leur existence formelle.
  • Le « passage par le droit » peut à la fois rendre effectif un droit, obtenir des réparations et politiser un problème.
  • Dans les usages managériaux, les juristes peuvent interpréter la loi pour construire des dispositifs internes, ce qui n’est pas neutre pour l’entreprise.
  • Le devoir de vigilance est cité comme exemple d’une obligation que des très grandes entreprises doivent traduire en repérage et prévention des risques liés aux droits humains, à la santé et à l’environnement.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1864-1920Max Weber (auteur mobilisé pour distinguer LE politique / LA politique)
1968Exemple de politisation via Tommie Smith et John Carlos aux JO
1944Loi sur la parité (première loi sur la parité en politique citée au cours)
avril 2019Lancement de la Convention Citoyenne pour le climat
2014Effet notable observé sur les comportements électoraux (dans la source)
2000Référence à une loi impérative promouvant la place des femmes dans la compétition électorale
2007Développement du sous-champ journalistique lié à l’environnement et usage des réseaux sociaux (repère du cours)
2015Décision « Urgenda » (contenu sur la judiciarisation du climat)

Tableaux de synthèse

Politics / Policy / Polity (distinction anglo-saxonne)

TermeIdée cléExemples cités
PoliticsCompétition politiquecampagnes électorales, jeux parlementaires, élections, rivalités/alliances entre partis, renversement d’un gouvernement
PolicyDécisions concrètes / politiques publiquespolitiques éducatives, culturelles, économiques ; politiques sur l’emploi ; politiques européennes ou nationales
PolityCommunauté politiquetous les acteurs (plus ou moins politiques)

Démocraties (furtive / délibérative / partisane)

ModèleParticipation attendueCritique ou logique dominante
Démocratie furtiveCitoyens convoqués surtout quand nécessaire (vote utile)action publique confiée à des élites jugées compétentes ; confiance plus forte dans la représentation
Démocratie délibérativeDiscussion encadrée par des citoyens représentatifs, souvent avec expertsformats concrets perçus comme efficaces (mini-publics : focus groups / convention citoyenne)
Démocratie partisaneParticipation surtout via élections et partisillusion de pouvoir : élus jugés peu représentatifs ; partis monopolisent le pouvoir ; faible renouvellement

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre politisation (requalification et lien au pouvoir) avec le fait que le politique serait intrinsèque aux choses (essentialisme).
  2. Inverser LE politique et LA politique chez Weber : le politique n’est pas la prise de pouvoir, mais l’espace de régulation des conflits et du vivre-ensemble.
  3. Croire que la science politique décrit ce qui doit être (normatif) : elle vise plutôt à expliquer/comprendre ce qui est (positif).
  4. Mélanger democracy participative et délibérative : la délibérative repose sur la représentativité et une discussion cadrée, pas sur la simple participation ouverte.
  5. Penser que les propositions d’une convention citoyenne ont un impact direct et total : le cours souligne leur modification possible par la législation.
  6. Rattacher l’abstention à un désengagement « hors du jeu » : le cours distingue l’abstention comme sanction politique du hors-jeu (ne vote jamais).
  7. Confondre référentiels et politiques : un même problème peut recevoir plusieurs réponses car les référentiels (valeurs/normes) ne lisent pas la réalité de la même façon.

Checklist Examen

  1. Définir la politisation et expliquer comment un évènement « passe au politique » (requalification, lien au pouvoir).
  2. Expliquer la distinction weberienne LE politique / LA politique et donner l’idée d’espace de régulation vs efforts pour participer/influencer la répartition du pouvoir.
  3. Maîtriser la distinction politics / policy / polity et associer à chaque terme l’exemple-type cité dans le cours.
  4. Identifier les discours concurrents sur le politique (militant/élu, philosophe, journaliste, citoyen) et la différence avec le discours savant de la science politique.
  5. Retenir les critères d’une discipline autonome en science politique après 1945 (dénomination, objets, institutions/supports) et la « sociologisation » via Bourdieu.
  6. Connaître les règles de neutralité axiologique et les méthodes de collecte des données (entretiens, observation, archives, statistiques).
  7. Savoir décrire la Convention citoyenne pour le climat (150 tirés au sort, lancement en avril 2019, objectifs, 5 thématiques) et les dynamiques importation/exportation.
  8. Expliquer comment l’extension du suffrage restructure le jeu électoral et favorise la formation des partis (comités électoraux nationaux, mouvement ouvrier, démocratie du nombre).
  9. Décrire les mécanismes de professionnalisation (division du travail politique, compétences/filières) et donner l’idée d’électeur stratège vs rationalité limitée.
  10. Expliquer la dépolitisation médiatique du climat via les « 3C » (consensus, individualisation, égalisation) et la périodisation (presse écologique années 1970, sous-champ années 2000).
  11. Expliquer la logique des référentiels et la dépendance au sentier (fenêtre d’opportunité, contraintes par les choix passés).
  12. Décrire les usages du droit : droit comme activité sociale, arme du droit, endogénéisation et managérialisation (avec l’exemple du devoir de vigilance).

Teste tes connaissances

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1. Comment s’appelle le processus qui transforme un évènement initialement non politique en évènement politique ?

2. Qu'est-ce que la politisation des faits sociaux ?

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Politisation — définition ?

Transformation d’un fait social en fait politique par requalification.

Politisation définition (Fr.)

Processus transformant un fait social en fait politique.

Le politique selon Weber — rôle ?

Gérer la régulation des conflits et le vivre-ensemble.

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