Fiche de révision : Introduction à l'Environnement et ses Conflits

Plan du Cours

  1. Notion d’environnement et conflits d’usage
  2. Histoire environnementale et anthropocène
  3. Forêt française : exploitation et protection
  4. Révolutions néolithique et industrielle
  5. Fluctuations climatiques historiques
  6. Gouvernance internationale du climat
  7. États-Unis : nature et aménagements
  8. États-Unis et gouvernance climatique mondiale

1. Notion d’environnement et conflits d’usage

Notions clés & Définitions

  • Environnement : L’environnement désigne un ensemble de situations liant le milieu naturel aux usages humains, comme une ressource, une contrainte d’adaptation ou un risque.
  • Polysémie du terme environnement : La polysémie signifie que le mot environnement renvoie à plusieurs réalités et approches, ce qui alimente des débats scientifiques et politiques.
  • Conflits d’usage : Les conflits d’usage apparaissent quand des groupes veulent exploiter, protéger ou réguler un même milieu naturel avec des objectifs incompatibles.
  • Mouvement Extinction Rebellion : Extinction Rebellion est un mouvement de mobilisation jugé radical qui s’appuie sur des actions pour peser sur les politiques environnementales.
  • Marche pour le Climat : La Marche pour le Climat correspond à une forme d’action plus traditionnelle de la société civile en soutien aux politiques climatiques.

Points essentiels

  • À toutes les échelles, les représentations de l’environnement et ses usages provoquent des conflits entre acteurs aux intérêts divergents.
  • La notion d’environnement recouvre à la fois le milieu biophysique, une ressource à protéger ou exploiter, et une contrainte ou un risque pour les sociétés.
  • Les questions environnementales prennent une dimension géopolitique car elles structurent des rapports de force entre acteurs qui cherchent à limiter les effets de l’activité humaine.
  • Des formes d’action variées coexistent, du radical (Extinction Rebellion, SeaShepherd) au mobilisations plus traditionnelles (Marche pour le Climat).

Astuce mémo

Polysémie = plusieurs “lectures” du même mot, donc conflits d’usage.

2. Histoire environnementale et anthropocène

Notions clés & Définitions

  • Environnement vierge : L’idée d’environnement vierge est l’hypothèse selon laquelle certains espaces seraient restés sans impacts humains, idée que le cours rejette.
  • Anthropocène : L’anthropocène est une nouvelle ère géologique où les hommes deviennent le principal facteur de transformation, notamment du climat, à la place de la Terre.
  • Histoire de l’environnement : L’histoire de l’environnement étudie, sur le temps long, les relations entre les sociétés et leur milieu en mobilisant plusieurs disciplines.
  • Emmanuel Leroy-Ladurie : Emmanuel Leroy-Ladurie est un auteur associé à l’essor de l’histoire de l’environnement et du climat à partir des années 1970.

Points essentiels

  • Le cours affirme qu’il n’existe plus, sur la planète, de milieu “vierge” totalement épargné par l’activité humaine.
  • L’environnement est compris comme un système d’interactions entre humains et nature, ce qui place l’activité humaine au centre de l’explication des changements.
  • L’anthropocène est présenté comme lié au rôle croissant des activités humaines dans le changement climatique en cours et la 6e extinction de masse.
  • Depuis les années 1970, l’histoire de l’environnement s’appuie sur le temps long et sur des disciplines comme la géographie, la géologie et la climatologie.

Astuce mémo

Anthropocène = l’humain passe de “passager” à “moteur” du changement.

3. Forêt française : exploitation et protection

Notions clés & Définitions

  • Maîtres des Forêts : Les Maîtres des Forêts sont une organisation créée par une ordonnance pour encadrer la gestion forestière à la fin du XIIIe siècle.
  • Ordonnance des Eaux et Forêts : L’ordonnance des Eaux et Forêts est une réglementation de 1669 visant à concilier exploitation et préservation dans un contexte de centralisation monarchique.
  • Colbert : Colbert est présenté comme l’acteur qui, au XVIIe siècle, cherche à réformer l’usage des forêts en lien avec l’ambition étatique.
  • Office National des Forêts : L’Office National des Forêts est une institution créée en 1964 pour gérer les forêts publiques et aussi celles des propriétaires privés.

Points essentiels

  • Dès 1291, une ordonnance de Philippe le Bel crée les Maîtres des Forêts pour esquisser une organisation de la gestion des Eaux et Forêts.
  • L’ordonnance de 1669 (Eaux et Forêts) vise à concilier exploitation et préservation alors que les déboisements font reculer le milieu forestier.
  • La surface forestière française augmente de 9 millions d’hectares en 1862 à 17 millions en 2018.
  • L’Office National des Forêts (1964) doit gérer des usages multiples de la forêt, ce qui génère de nombreux conflits d’acteurs.
  • Sous l’industrialisation, le reboisement et l’administration intensive des forêts royales s’accompagnent d’exemples comme les plantations en Landes et en montagne.

Astuce mémo

Forêt = 1291 cadrage, 1669 conciliation, 1964 gestion, puis hausse de surface.

4. Révolutions néolithique et industrielle

Notions clés & Définitions

  • Révolution néolithique : La révolution néolithique désigne le passage d’un mode de vie nomade de chasse et cueillette à un mode de vie sédentaire fondé sur l’agriculture et l’élevage.
  • -10 000 avant : Le -10 000 avant correspond à la période indiquée pour l’apparition initiale de la révolution néolithique au Proche-Orient avant sa diffusion.
  • Révolution industrielle : La révolution industrielle correspond à une augmentation rapide de la production liée à des innovations technologiques et à de nouvelles dynamiques économiques.
  • Décroissance : La décroissance est une conception évoquée pour repenser la relation entre l’homme et son milieu en contestant le modèle productiviste.

Points essentiels

  • La révolution néolithique aurait d’abord lieu au Proche-Orient vers -10 000 avant puis se diffuse ailleurs.
  • L’agriculture entraîne une transformation des paysages par coupe et brûlis, culture de céréales et anthropisation pouvant favoriser les premières érosions.
  • La sédentarisation s’accompagne de la domestication d’animaux et d’un changement durable d’organisation, dont l’évolution des pratiques alimentaires vers davantage de viande.
  • La révolution industrielle remplace le bois par le charbon de terre comme combustible et accentue les impacts via usines, mines et transports.
  • Les penseurs du XIXe siècle associent déjà pollution et difficulté sociale, ce qui conduit à considérer la préservation comme condition du cadre de vie.

Astuce mémo

Néolithique = sédentarité agricole ; Industrielle = charbon + usines + transports.

5. Fluctuations climatiques historiques

Notions clés & Définitions

  • Petit optimum climatique médiéval : Le petit optimum climatique médiéval est une période plutôt chaude sur l’Atlantique Nord autour de l’an mil, située entre le Xe et le XIVe siècle.
  • Nouvel âge glaciaire : Le nouvel âge glaciaire est une période de refroidissement climatique en Europe, située entre le XIVe et le XIXe siècle dans les mêmes régions.
  • Crise frumentaire : Une crise frumentaire correspond à une disette ou à un manque de nourriture lié aux denrées agricoles, pouvant déclencher des troubles sociaux et politiques.
  • Réaumur : Réaumur est cité pour ses publications à partir de 1735 permettant les premiers relevés météorologiques quotidiens à Paris.

Points essentiels

  • Le petit optimum climatique médiéval se situe autour de l’an mil et correspond à un climat chaud sur l’Atlantique Nord entre le Xe et le XIVe siècle.
  • Le nouvel âge glaciaire correspond au refroidissement européen entre le XIVe et le XIXe siècle et conduit à des premières crises de subsistances et migrations climatiques.
  • Les crises frumentaires peuvent provoquer des agitations sociales et politiques, comme des jacqueries au Moyen Âge.
  • L’histoire du climat exige des sources variées et les premiers relevés annuels de température sont indiqués à partir de 1850.
  • À Paris, les premiers relevés météorologiques quotidiens sont associés aux publications de Réaumur à partir de 1735.

Astuce mémo

Deux “périodes” : chaud vers l’an mil, froid du XIVe au XIXe.

6. Gouvernance internationale du climat

Notions clés & Définitions

  • GIEC : Le GIEC est l’organisme mandaté par l’ONU à partir de 1988 pour observer le réchauffement et produire des constats scientifiques.
  • Développement durable : Le développement durable est un concept qui émerge avec le rapport Brundtland (1987) dans un contexte de réflexion sur les risques environnementaux liés à la croissance.
  • Conférence des Parties (COP) : La COP est une forme de gouvernance internationale présentée comme issue de l’engagement accru des États lors du sommet de la Terre en 1992.
  • Protocole de Kyoto : Le protocole de Kyoto (1997) est présenté comme une étape-clé dans la gouvernance internationale du changement climatique.

Points essentiels

  • Le GIEC observe depuis l’industrialisation un réchauffement climatique, avec une accélération indiquée à partir des années 1970.
  • Le développement durable émerge avec le rapport Brundtland de 1987, illustré par le sommet de la Terre de Rio en 1992.
  • Le protocole de Kyoto (1997) puis la COP21 de Paris (2015) sont décrits comme des étapes centrales plaçant le changement climatique anthropique au cœur des relations internationales.
  • Les COP et Agendas 21 formulent des plans d’action, mais les objectifs de réduction ne sont pas atteints et aucune sanction n’est prévue en cas de non-respect.
  • Le rôle des États-Unis de Trump et du Brésil de Bolsonaro est présenté comme un obstacle à la mise en place d’une gouvernance globale.

Astuce mémo

Kyoto 1997 puis Paris 2015 : jalons de la gouvernance, sans sanctions.

7. États-Unis : nature et aménagements

Notions clés & Définitions

  • Wilderness : La wilderness est la vision romantique de la nature américaine décrite comme vierge et vide, à conquérir et dompter.
  • Henry D. Thoreau : Henry D. Thoreau est cité comme l’un des auteurs précurseurs associés à la pensée environnementale aux États-Unis.
  • John Muir : John Muir est cité comme figure fondatrice de la pensée environnementale et de la protection de la nature.
  • Gifford Pinchot : Gifford Pinchot est présenté comme un précurseur de la pensée environnementale aux États-Unis.
  • Parcs nationaux : Les parcs nationaux sont des espaces protégés créés dès la seconde moitié du XIXe siècle, avec Yellowstone indiqué en 1872.

Points essentiels

  • Le cours décrit une nature américaine esthétisée, la wilderness, associée à l’idée d’un espace vierge à conquérir et dompter.
  • Les politiques de préservation commencent au milieu du XIXe siècle, avec la création des premiers parcs naturels et le parc du Yellowstone en 1872.
  • La sanctuarisation s’accompagne de l’éviction des populations amérindiennes, tout en relevant à la fois de la conservation et d’enjeux de mise en valeur.
  • Les États-Unis comptent 52 parcs nationaux aujourd’hui selon le cours.
  • La prise en charge de la question environnementale est surtout locale, par exemple en Californie et dans des villes comme Pittsburgh et San Francisco, avec des actions contre la ligne climatosceptique de Trump.

Astuce mémo

USA : wilderness d’abord ; ensuite parcs (Yellowstone 1872) ; puis poids du local.

8. États-Unis et gouvernance climatique mondiale

Notions clés & Définitions

  • Protocole de Kyoto non ratifié : Le cours indique que les États-Unis sont le seul pays industrialisé à ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto en 1997.
  • Accords de Paris : Les accords de Paris signent une étape internationale mentionnée pour laquelle le président Trump fait sortir les États-Unis en 2015.
  • United States Climate Alliance : L’United States Climate Alliance désigne un réseau d’acteurs locaux américains présenté comme acteur de poids dans la gouvernance mondiale.
  • Droits de la nature : Les droits de la nature consistent à reconnaître aux éléments naturels une personnalité juridique défendable en justice.

Points essentiels

  • Les États-Unis ont du mal à impulser un changement profond malgré leur rang parmi les principaux émetteurs de gaz à effet de serre.
  • Le pays est indiqué comme le seul industrialisé à ne pas ratifier le protocole de Kyoto (1997), et Trump sort aussi du cadre des accords de Paris (2015).
  • Le cours décrit une judiciarisation croissante des questions environnementales avec l’émergence des droits de la nature pour défendre ces éléments devant les tribunaux.
  • Les divergences internes apparaissent avec la Californie et des acteurs locaux comme des municipalités ou comtés.
  • Les évolutions d’entreprises visant le durable peuvent rester du greenwashing si elles ne transforment pas les modes de consommation.

Astuce mémo

Washington bloque, mais alliances et tribunaux ouvrent des voies (droits de la nature).

Repères chronologiques

DateÉvénement
1291Ordonnance de Philippe le Bel créant les Maîtres des Forêts
1669Ordonnance des Eaux et Forêts visant exploitation et préservation
1964Création de l’Office National des Forêts
1862Surface forestière française à 9 millions d’hectares
2018Surface forestière française à 17 millions d’hectares
-10 000 avantPériode d’apparition de la révolution néolithique au Proche-Orient
1735Réaumur publie à partir de 1735 pour des relevés météorologiques quotidiens
1850Premiers relevés annuels de température indiqués à partir de 1850
6 novembre 2019Article de Nils Maarkwardt sur l’idée d’imposer l’écologie par la force
1972Rapport du Club de Rome

Tableaux de synthèse

Révolution néolithique et révolution industrielle

Point de ruptureMoteur principalTransformation des milieuxImpact énergétique
Révolution néolithiquePassage au sédentaire par agriculture et élevageCoupe et brûlis, culture de céréales, anthropisation et premières érosionsDomestication d’animaux et changement d’organisation de la vie humaine
Révolution industrielleInnovations technologiques et montée de la productionUsines, industries, mines, augmentation des transports et rétrécissement des distancesRemplacement du bois par le charbon de terre comme combustible

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre environnement vierge et idée de milieux jamais touchés par l’activité humaine, alors que le cours affirme le contraire.
  2. Croire que l’anthropocène décrit seulement un changement climatique récent, alors qu’il s’appuie sur l’idée d’une ère géologique dominée par l’action humaine.
  3. Penser que les politiques forestières résolvent automatiquement les conflits d’usage, alors que le cours insiste sur les usages multiples générateurs de tensions.
  4. Mélanger petit optimum climatique médiéval et nouvel âge glaciaire, qui correspondent à deux phases opposées et à des chronologies différentes entre Xe et XIXe siècles.
  5. Attribuer l’amélioration des relevés climatiques seulement aux mesures modernes, alors que le cours décrit aussi des sources indirectes et des dates de premiers relevés.
  6. Croire que les accords climatiques prévoient des sanctions automatiques en cas d’échec, alors que le cours précise l’absence de sanction prévue.
  7. États-Unis et gouvernance climatique mondiale : oublier la non-ratification du protocole de Kyoto et la sortie des accords de Paris, indiquées comme éléments centraux de blocage.

Checklist Examen

  1. Définir l’environnement comme milieu biophysique, ressource, contrainte ou risque, et expliquer pourquoi ses représentations provoquent des conflits d’usage.
  2. Expliquer pourquoi il n’existe plus d’environnement « vierge » et pourquoi l’activité humaine est placée au centre des explications.
  3. Définir l’anthropocène et relier ce concept à l’idée d’une ère géologique dominée par l’action humaine.
  4. Rappeler au moins une ordonnance de gestion forestière en citant Philippe le Bel en 1291 ou l’ordonnance des Eaux et Forêts de 1669.
  5. Donner le chiffre de surface forestière française en 1862 et en 2018, ainsi que l’institution chargée de gérer forêts publiques et privées en 1964.
  6. Décrire la révolution néolithique : passage au sédentaire, origine géographique et chronologie autour de -10 000 avant, et effets sur les paysages.
  7. Décrire la révolution industrielle : augmentation rapide de la production, remplacement du bois par le charbon de terre, et transformation des milieux.
  8. Comparer petit optimum climatique médiéval et nouvel âge glaciaire en précisant leurs périodes et un effet humain associé comme crises de subsistances ou agitations sociales.
  9. Expliquer le rôle du GIEC à partir de 1988 et relier la prise de conscience à partir des années 1970-1970, puis au Club de Rome de 1972.
  10. Citer des étapes de gouvernance internationale (Rio 1992, Kyoto 1997, COP21 2015) et rappeler l’absence de sanction prévue en cas de non-respect.
  11. Décrire l’approche américaine de la nature : wilderness, romantisme et création des parcs avec Yellowstone en 1872, puis rappeler le nombre total de parcs nationaux.
  12. Expliquer la gouvernance climatique américaine : non-ratification du protocole de Kyoto, sortie des accords de Paris, et recours aux droits de la nature devant les tribunaux.

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1. Dans le cours, comment l’environnement est-il principalement défini ?

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Environnement — définition ?

Milieu naturel, usages, risques, contraintes

Conflits d’usage — cause ?

Usages incompatibles d’un même milieu

Histoire environnementale — but ?

Étudier relations société-milieu sur le temps long

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