Fiche de révision : Introduction aux études de barrages

Plan du Cours

  1. Organisation des études de barrage
  2. Étude préliminaire et reconnaissance géologique
  3. Avant-projet sommaire et choix du type
  4. Avant-projet détaillé et dessins d’exécution
  5. Période des travaux et surveillance géologique
  6. Mise en eau et vérification des hypothèses
  7. Études préliminaires : recherche et choix du site
  8. Étude topographique du bassin et de la vallée
  9. Études géologiques et géotechniques du site
  10. Étude hydrologique pour dimensionnement
  11. Typologie des barrages rigides et souples
  12. Organes hydrauliques liés au barrage

1. Organisation des études de barrage

Notions clés & Définitions

  • Étude préliminaire : Phase initiale visant à estimer l’intérêt du projet, les conditions de réalisation et à chiffrer les solutions admissibles.
  • Avant-projet sommaire : Phase où le projet prend forme et où l’on choisit le type de barrage le mieux adapté au site avec ses modalités d’exécution.
  • Avant-projet détaillé : Phase d’approfondissement qui précise davantage les choix techniques et les données nécessaires avant le lancement des travaux.
  • Période des travaux : Phase de réalisation du barrage où les études servent de base aux décisions et à l’exécution du chantier.
  • Mise en eau : Phase finale où l’on remplit le barrage, après la réalisation des ouvrages, pour passer au régime d’exploitation.

Points essentiels

  • Les études de barrage se déroulent en cinq phases principales : étude préliminaire, avant-projet sommaire, avant-projet détaillé, période des travaux, puis mise en eau.
  • L’étude préliminaire sert à estimer l’intérêt du projet, les conditions de réalisation et à examiner des solutions admissibles avec leur coût.
  • À l’étude préliminaire, les études géologiques restent sommaires mais elles sont jugées très importantes.
  • Pour l’étude préliminaire, on commence par consulter les documents existants (cartes géologiques, publications scientifiques) avant d’aller sur site.
  • Toujours en étude préliminaire, une visite de site permet de relever notamment la morphologie, la nature des terrains, la fracturation et la présence de terrains de couverture.
  • En étude préliminaire, on examine aussi les grandes lignes d’hydrogéologie et le gisement possible de matériaux, puis on confronte et discute ces observations.

Astuce mémo

Préliminaire = Prévoir (intérêt + conditions + coûts) ; Sommaire = Choisir (type + modalités) ; Ensuite = Détail → Travaux → Mise en eau.

2. Étude préliminaire et reconnaissance géologique

Notions clés & Définitions

  • Cartes géologiques : Documents de référence qui décrivent la répartition des formations rocheuses et servent de base à la reconnaissance du site.
  • Visite des sites : Étape de terrain où l’on observe et note les caractéristiques géologiques et hydrogéologiques visibles avant de choisir la solution technique.
  • Avant-projet sommaire : Phase où le projet prend forme et où le géologue aide à sélectionner le type de barrage et les modalités d’exécution.
  • Avant-projet détaillé : Phase de conception plus précise qui produit les dessins d’exécution et complète les reconnaissances si nécessaire.
  • Reconnaissance sub-surface : Ensemble des méthodes d’investigation en profondeur (géophysique, sondages, tranchées, puits) pour caractériser le substratum et les fondations.

Points essentiels

  • La démarche commence par la consultation des documents existants (cartes géologiques, publications), puis par une visite des sites pour relever morphologie, terrains, fracturation et couverture.
  • Les observations de terrain incluent aussi l’hydrogéologie (grandes lignes) et la recherche de gisements de matériaux possibles, avec confrontation et discussion des données.
  • L’avant-projet sommaire vise à choisir le type de barrage le mieux adapté au site et à préciser les modalités d’exécution à partir des données géologiques.
  • Le géologue doit caractériser précisément les formations (nature géologique et géotechnique), définir la structure à plusieurs échelles et prospecter des gisements de matériaux.
  • L’avant-projet sommaire prévoit aussi l’éventuel aspect sismique, la détermination des éléments hydrogéologiques (compagne piézométrique) et un levé topographique spécial.
  • Le levé topographique peut se faire sur sol ou par photographies aériennes, et des cartes géologiques sont levées à des échelles appropriées (1/200 et 1/2000).

Astuce mémo

Documents → Terrain → Avant-projet sommaire → Reconnaissance en profondeur : on passe du connu au mesuré, puis au choix technique.

3. Avant-projet sommaire et choix du type

Notions clés & Définitions

  • Avant-projet sommaire : Étape de conception qui suit l’étude préliminaire et sert à préciser les choix techniques avant d’aller plus loin dans le détail.
  • Type d’ouvrage : Catégorie de barrage définie à partir des contraintes du site et de la morphologie, qui conditionne l’architecture générale.
  • Analyse morphologique : Étude de la forme du terrain qui aide à choisir le type d’ouvrage et à localiser précisément l’emplacement.
  • Analyse structurale : Étude des discontinuités géologiques qui caractérise fractures et blocs pour évaluer les mouvements possibles.
  • Perméabilité en grand : Perméabilité caractérisée à l’échelle du massif ou de l’affleurement, pilotée par les grandes fractures et les phénomènes karstiques.

Points essentiels

  • L’avant-projet sommaire s’appuie sur des rapports reliant l’ouvrage à son contexte géologique, comme lors des étapes suivantes (avant-projet détaillé, travaux, mise en eau).
  • Les travaux topographiques en aval du barrage servent à étudier les conditions d’écoulement des ondes de crues et leur incidence sur la sécurité publique.
  • Les plans issus de l’étude topographique du site permettent d’estimer la capacité et la surface de la retenue, d’évaluer les volumes d’ouvrages et de proposer leur implantation.
  • L’analyse morphologique influence le choix du type d’ouvrage et la détermination précise de son emplacement.
  • La stabilité de la fondation dépend des pressions (inclinaison) et des efforts verticaux de tassement pouvant mobiliser des volumes de roche d’appui.
  • Les eaux souterraines infiltrées depuis la retenue sont défavorables via les pressions interstitielles et la vitesse de circulation des écoulements.

Astuce mémo

Morphologie → type + emplacement ; Structure → fractures + mouvements ; Topo → retenue + sécurité des crues.

4. Avant-projet détaillé et dessins d’exécution

Notions clés & Définitions

  • Évacuateurs de crues : Élément hydraulique d’un barrage conçu pour évacuer les excès d’eau lors des crues.
  • Dérivations provisoires : Dispositifs temporaires permettant de détourner l’eau pendant les travaux, sans interrompre la réalisation des ouvrages.
  • Vidanges de fond : Ouvrage de drainage au niveau inférieur du barrage permettant de vider ou contrôler l’eau stockée.
  • Prises d’eau : Organe du barrage destiné à prélever l’eau de la retenue pour des usages (exploitation ou alimentation).
  • Coefficient de sécurité à la rupture : Indicateur de stabilité défini comme le rapport entre forces résistantes et forces motrices.

Points essentiels

  • Les fonctions du barrage peuvent être dissociées et réalisées séparément, par exemple évacuateurs de crues, dérivations provisoires, vidanges de fond et prises d’eau.
  • La recherche des matériaux vise leur disponibilité à proximité et leur aptitude à la construction, notamment pour le béton et les enrochements.
  • Pour le béton, on privilégie des granulats et sables issus de roches résistantes, avec des exemples cités comme granites sains, roches volcaniques, andésites, calcaires massifs, certains gneiss et alluvions grossières.
  • Les enrochements doivent provenir de roches résistantes, tenaces et non gélives ni altérables par hydratation–dessiccation, tandis que les roches débitables en plaques ou en aiguilles sont inutilisables.
  • Les recharges, terres à noyaux et filtres pour ouvrages en terre sont fournis par des gisements alluvionnaires et choisis selon leurs propriétés géotechniques.
  • La stabilité des versants se traite selon le type de glissement : sols, masses rocheuses remaniées, ou roches massives diaclasées, avec un coefficient de sécurité à la rupture $F=\dfrac{\text{forces résistantes}}{\text{f

5. Période des travaux et surveillance géologique

Notions clés & Définitions

  • Géotechnique : La géotechnique regroupe les activités reliant mécanique des sols, mécanique des roches et géologie de l’ingénieur aux ouvrages.
  • Mécanique des sols : La mécanique des sols étudie le comportement des sols en termes de résistance et de déformabilité.
  • Matériaux terreux et enrochements : Les matériaux terreux et les enrochements sont les constituants géotechniques d’un barrage en terre ou en enrochement.
  • Zones d’emprunt : Les zones d’emprunt sont les sites où l’on prélève des matériaux destinés à la construction du barrage.
  • Ballastières : Les ballastières sont des zones d’extraction fournissant des matériaux utilisés pour le barrage.

Points essentiels

  • La géotechnique s’appuie sur la mécanique des sols et des roches, avec l’apport de la géologie de l’ingénieur.
  • Les sols peuvent supporter des ouvrages (fondations superficielles ou profondes), être supportés (murs de soutènement) ou constituer l’ouvrage (remblais, digues, barrages).
  • Dans un projet de barrage, l’étude géotechnique porte sur les matériaux terreux, les enrochements et les fondations.
  • Les études géotechniques d’un barrage se font en étroite liaison avec le géologue et le concepteur du projet.
  • La nature des matériaux prélevés (zones d’emprunt ou ballastières) et leurs propriétés physiques déterminent la conception et le mode de réalisation du barrage.

Astuce mémo

Géo-technique = Sol + Roche + Géologie (pour dimensionner ce que le sol fait à l’ouvrage).

6. Mise en eau et vérification des hypothèses

Notions clés & Définitions

  • Classification décimale d’Atterberg : Classification des sols fins fondée sur les limites d’Atterberg, utilisée notamment en France pour relier teneur en eau et états du sol.
  • Classification américaine type M.I.T. : Classification des sols utilisée dans les pays anglo-saxons, basée sur des critères granulométriques et de plasticité.
  • Limites d’Atterberg : Teneurs en eau caractéristiques qui marquent les passages entre états solide sans retrait, solide avec retrait, plastique et liquide pour les sols argileux.
  • Indice de plasticité Ip : Indicateur de l’intervalle de teneurs en eau où un matériau argileux reste apte à se modeler.
  • Essai Proctor : Essai de laboratoire servant à déterminer la teneur en eau optimale de compactage et la densité sèche maximale pour une énergie donnée.

Points essentiels

  • La granulométrie peut être décrite comme étalée ou serrée, continue ou discontinue, bien graduée ou mal graduée selon la forme et deux coefficients.
  • À partir du seul critère granulométrique, on peut construire une classification des sols, notamment Atterberg (France) et la classification américaine type M.I.T.
  • Les limites d’Atterberg sont définies par Atterberg (1905) et leur mode opératoire est normalisé pour identifier quatre états du sol.
  • WL correspond au passage de l’état boueux à l’état plastique, WP au passage de l’état plastique à l’état solide avec retrait, et WR au passage de l’état solide avec retrait à l’état solide sans retrait.
  • L’indice de plasticité se calcule par Ip = WL − WP et mesure l’intervalle de teneurs en eau où le matériau est apte à se modeler.
  • Repères Ip : faible si Ip < 15 (sables argileux et certaines argiles type Halloysite), moyen si 20 < Ip < 60 (milieux argileux), fort si Ip > 70 jusqu’à ~1000 (argiles gonflantes comme la montmorillonite).

Astuce mémo

Ip = WL − WP : la “fenêtre” de plasticité se mesure entre liquidité et plasticité.

7. Études préliminaires : recherche et choix du site

Notions clés & Définitions

  • Essai Proctor : Essai de laboratoire qui relie la teneur en eau à la densité obtenue pour un sol donné, afin d’identifier la saturation correspondante.
  • Boîte de Casagrande : Appareil d’essai de cisaillement qui permet d’estimer la cohésion et l’angle de frottement interne à partir des contraintes appliquées et de la rupture.
  • Essai pressiométrique Ménard : Essai in-situ qui mesure le champ de déformation d’un forage sous pression à l’aide d’une sonde dilatable.
  • Essai de pénétration CPT : Essai in-situ qui mesure la résistance du sol à l’enfoncement d’une tige à pointe conique, en continu ou par battage.
  • Essai scissométrique : Essai in-situ qui mesure la résistance au cisaillement en introduisant un moulinet dans le sol et en reliant rotation et cisaillement.

Points essentiels

  • La courbe de saturation d’un essai Proctor indique la teneur en eau correspondant à la saturation pour un poids volumique déterminé.
  • L’énergie de compactage influence directement la densité sèche obtenue à teneur en eau fixée.
  • La résistance au cisaillement dépend de la cohésion et de l’angle de frottement interne des matériaux.
  • Dans la boîte de Casagrande, la contrainte normale σn est calculée et la contrainte tangentielle T est connue pour déterminer Φ.
  • L’angle de frottement interne Φ est l’angle entre la contrainte σ et la contrainte normale σn.
  • La cohésion c est calculée à partir de l’équation mécanique à partir des contraintes et de la rupture observée lors de plusieurs chargements.

Astuce mémo

Proctor = densité sèche vs eau ; Casagrande = c et Φ via σn et T ; Pressio = déformation sous pression ; CPT = cône (qc) ; Scissomètre = rotation→cisaillement.

8. Étude topographique du bassin et de la vallée

Notions clés & Définitions

  • Pénétromètre statique : Appareil de reconnaissance qui mesure la résistance à la pénétration du cône et la résistance au frottement latéral en fonction de la profondeur.
  • Résistance au frottement latéral Rf : Paramètre mesuré lors d’un pénétromètre statique qui traduit la résistance opposée par le sol au frottement latéral du cône.
  • Essai scissométrique : Essai in situ qui introduit un moulinet dans le sol pour relier sa rotation à la résistance au cisaillement du terrain.
  • Essai LEFRANC : Essai d’eau in situ réalisé par pompage ou injection dans une cavité (lanterne) ouverte sous le niveau de la nappe pour estimer la perméabilité.
  • Essai de pompage : Essai in situ utilisant des piézomètres pour suivre le rabattement de la nappe autour d’un puits et en déduire la perméabilité.

Points essentiels

  • Le pénétromètre statique fournit qc (résistance à la pénétration) et Rf (frottement latéral) en fonction de la profondeur.
  • Le schéma d’identification des sols utilise qc et Rf pour interpréter la nature des terrains avec l’abaque de Robertson & Campanella.
  • L’essai scissométrique mesure la cohésion apparente non drainée des terrains fins cohérents en fonction de la profondeur.
  • Les essais d’eau in situ servent à estimer le coefficient de perméabilité K de Darcy.
  • L’essai LEFRANC donne des résultats ponctuels proches de la cavité et ne s’extrapole à une section entière que si l’échantillonnage est suffisant.
  • Lors d’un essai de pompage, la déformation de la surface libre autour du puits s’appelle le rabattement.

Astuce mémo

qc = pénétration, Rf = frottement (profondeur → lecture du sol).

9. Études géologiques et géotechniques du site

Notions clés & Définitions

  • Barrage souple : Barrage construit avec des matériaux naturels (argile, sables, alluvions, enrochements) formant l’ouvrage principal.
  • Barrage en terre : Barrage dont le corps est constitué de matériaux terreux, allant de l’argile fine aux éléments grossiers, parfois avec roches altérées compactables.
  • Barrage homogène : Barrage en terre constitué d’un massif compacté imperméable, avec drainage aval et protection amont contre le batillage.
  • Noyau étanche : Zone du barrage assurant l’étanchéité, réalisée en matériaux argileux et placée soit en amont, soit au centre.
  • Masque amont : Paroi étanche plaquée sur le talus amont, pouvant être en béton de ciment/bitumineux, chapes préfabriquées ou membranes souples.

Points essentiels

  • Les barrages en terre reposent sur des fondations de médiocre qualité et peuvent être assimilés à des barrages-poids.
  • La résistance à la pression de l’eau est assurée par le propre poids de l’ouvrage.
  • La section des barrages en terre est de forme trapézoïdale.
  • Trois schémas de barrage en terre existent : homogène, à noyau et à masque amont.
  • Barrage homogène : massif en terre compacté imperméable, drain dans la partie aval et protection mécanique contre le batillage en amont.
  • Barrage à noyau : l’étanchéité est assurée par un noyau argileux placé en amont ou au centre, maintenu par des zones plus grossières et relativement perméables pour la stabilité mécanique.

Astuce mémo

Homogène = compact + drain aval + protection amont ; Noyau = argile au centre/amont + gros matériaux pour tenir ; Masque = paroi étanche collée à l’amont.

10. Étude hydrologique pour dimensionnement

Notions clés & Définitions

  • Barrage de Les Fades : Barrage sur la Sioule au Puy de Dôme, utilisé comme exemple avec une hauteur de 68 m et une longueur de crête de 235 m.
  • Barrage poids : Type de barrage rigide dont la stabilité provient surtout du poids et de la forme massive, avec un profil général triangulaire.
  • Barrage à contreforts et à voûtes multiples : Type de barrage rigide composé de contreforts et d’un voile amont qui reporte la poussée et assure l’étanchéité.
  • Barrage-voûtes : Type de barrage rigide constitué d’une voûte simple ou double courbure qui transmet les efforts au terrain d’appui en rive.
  • Évacuateur de crues : Organe hydraulique destiné à évacuer les excédents d’eau du réservoir lors de crues exceptionnelles pour éviter le lavage des ouvrages.

Points essentiels

  • Les barrages rigides sont en béton ou en maçonnerie et sont adaptés à des fondations homogènes pour limiter le tassement différentiel.
  • Les barrages rigides présentent un faible écart entre le module de déformation du rocher et celui du béton.
  • Un avantage majeur des barrages rigides est le regroupement d’ouvrages annexes dans une même structure (évacuateur de crue, vidange de fond, prise d’eau, dévasement, bâtiment ou usine hydroélectrique).
  • Trois types de barrages rigides sont distingués selon la forme et le comportement mécanique : barrages poids, barrages à contreforts et à voûtes multiples, barrages-voûtes.
  • Barrage poids : structure très lourde et massive qui résiste à la poussée de l’eau par son poids, avec parement amont vertical ou sub-vertical et parement aval incliné.
  • Barrage poids : l’épaisseur est donnée comme environ 80% de la hauteur à chaque niveau, ce qui fixe la géométrie de la section triangulaire générale.

Astuce mémo

Poids = Masse qui tient; Contreforts = Voile étanche + appuis; Voûte = Courbure qui pousse vers les rives.

11. Typologie des barrages rigides et souples

Notions clés & Définitions

  • Barrage rigide : Ouvrage en matériau rigide, notamment en béton, dont la tenue à la submersion influence le choix de la crue de projet.
  • Barrage souple : Ouvrage dont la structure est plus sensible aux effets de la submersion, ce qui conduit à des exigences plus strictes sur l’évacuation des crues.
  • Crue de projet : Crue de référence issue de l’hydrologie qui sert de base au dimensionnement des organes d’évacuation.
  • Crue maximale probable : Crue définie sur des bases déterministes utilisée comme alternative à une crue de période de récurrence pour fixer la crue de projet.
  • Évacuateur de crues : Organe permettant de laisser passer le débit de crue non stocké temporairement dans le réservoir.

Points essentiels

  • Le dimensionnement des évacuateurs se fait pour la crue de projet définie par l’hydrologie.
  • On adopte soit une crue de période de récurrence 10 000 ans, soit la crue maximale probable définie de façon déterministe.
  • Pour les ouvrages en béton, on peut affecter une crue de projet plus courte, typiquement 1 000 à 5 000 ans, selon la taille et les risques à l’aval.
  • On impose en général que l’évacuateur puisse passer au moins 30 à 50 % du débit de pointe de la crue.
  • Dans la version simple, l’évacuateur est un déversoir ou un trop-plein qui évacue le volume non stocké.
  • Après franchissement du déversoir, l’eau est conduite soit par coursier incliné vers un bassin à ressaut de dissipation, soit par saut de ski pour éloigner l’impact du pied aval.

Astuce mémo

Rigide = béton plus tolérant (crue projet plus courte) ; Souple = évacuation dimensionnée plus sévèrement (30–50% du pic).

12. Organes hydrauliques liés au barrage

Notions clés & Définitions

  • Échelles à poissons : Dispositif hydraulique permettant aux poissons de franchir un barrage en suivant un parcours adapté.
  • Ascenseurs à poissons : Dispositif hydraulique qui transporte des poissons au-dessus ou au-dessous d’un barrage grâce à une installation de levage.
  • Bateaux de franchissement : Équipement ou dispositif lié au barrage pour permettre le passage des bateaux selon les besoins locaux.
  • Flottage de bois : Dispositif hydraulique permettant le transport du bois flotté à travers ou autour d’un barrage selon les conditions régionales.

Points essentiels

  • Les organes hydrauliques liés au barrage peuvent inclure des dispositifs pour la faune (échelles ou ascenseurs à poissons) et aussi des solutions pour la navigation ou le transport de matières (bateaux, flottages de bois
  • Le choix des organes dépend des besoins locaux et de l’importance de l’ouvrage, donc pas de configuration unique pour tous les barrages.
  • Les dispositifs de franchissement pour poissons sont dimensionnés pour répondre aux contraintes créées par la retenue et la présence de l’ouvrage.
  • Les solutions pour bateaux et flottage de bois sont adaptées aux usages présents dans la région concernée.

Astuce mémo

Poissons + Passage : poissons (échelle/ascenseur) et humains/flux (bateaux/flottage) selon les besoins locaux.

Repères chronologiques

DateÉvénement
2023-2026Période du cours LST EE S6 « LES AMENAGEMENTS HYDRAULIQUES » (Prof. Driss CHAFIKI)
1995Données sur la capacité totale de stockage des grands barrages au Maroc (classification C.I.G.B.)
1905Atterberg définit les limites d’Atterberg (WL, WP, WR)

Tableaux de synthèse

Catégories d’ouvrages d’aménagement

CatégorieExemples
StockageBarrage
Transportcanaux à ciel ouvert (cuvettes)
Régulationsur presseurs, vannes
Distributioncanalisations de distribution (< 500 mm)
Traitementusines et stations de traitements d’eau potable

Types de barrages selon la rigidité

TypeMatériaux
Rigidesbéton ou maçonnerie
Souplesen terre ou en enrochements

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre les 5 phases d’études : l’étude préliminaire sert à estimer intérêt/conditions/coûts, tandis que l’avant-projet sommaire choisit le type et les modalités d’exécution.
  2. Croire que la géologie n’intervient qu’au début : les rapports géologiques relient l’ouvrage au contexte géologique jusqu’à la période des travaux et la mise en eau.
  3. Mélanger perméabilité « en grand » et « en petit » : la première dépend des grandes fractures/karst, la seconde caractérise la roche à l’échelle de l’échantillon.
  4. Penser que l’essai LEFRANC donne une valeur valable partout : il fournit des résultats ponctuels proches de la cavité et ne s’extrapole qu’avec un échantillonnage suffisant.
  5. Oublier que la stabilité des versants dépend aussi de la mise en eau : les fluctuations du plan d’eau pendant le remplissage peuvent déstabiliser.
  6. Confondre les fonctions des organes hydrauliques : l’évacuateur de crues dimensionne l’évacuation des excès, la vidange de fond sert notamment à inspection/entretien et à gérer les sédiments.
  7. Inverser les rôles des paramètres de cisaillement : la résistance au cisaillement dépend de la cohésion et de l’angle de frottement interne, pas uniquement de la granulométrie.

Checklist Examen

  1. Lister les 5 phases des études de barrage dans l’ordre et donner l’objectif principal de chacune (préliminaire, avant-projet sommaire, avant-projet détaillé, période des travaux, mise en eau).
  2. Décrire la démarche de l’étude préliminaire : consultation des documents existants puis visite de site (morphologie, terrains, fracturation, couverture, hydrogéologie, gisement) avec confrontation/discussion.
  3. Expliquer ce que vise l’avant-projet sommaire : choisir le type de barrage et préciser les modalités d’exécution, en précisant les tâches du géologue (formations, structure à plusieurs échelles, gisements, sismique si né
  4. Décrire ce que produit l’avant-projet détaillé : production des dessins d’exécution et reconnaissance complémentaire si modifications ou essais spécialisés.
  5. Donner le rôle de la période des travaux : surveillance géologique et confrontation étude prévisionnelle/réalité pour modifier des détails du projet.
  6. Expliquer la mise en eau : vérification des hypothèses et validité des calculs, suivi des déformations de l’ouvrage et de la fondation et des modifications de la nappe.
  7. Présenter les 3 volets de l’étude topographique (bassin versant, vallée en aval pour ondes de crues, site du barrage/retenue/zones d’emprunt) et ce qu’elle permet d’obtenir (capacité, volumes, implantation, fonds de plan
  8. Citer les objets des études géologiques : adaptation de l’ouvrage, stabilité de la fondation, étanchéité site/cuvette, recherche des matériaux, stabilité des versants, effet de sismicité, apports solides.
  9. Définir la géotechnique et préciser ce que couvre l’étude géotechnique d’un barrage (matériaux terreux, enrochements, fondations) et le lien étroit avec géologue et concepteur.
  10. Expliquer la logique de la perméabilité « en grand » vs « en petit » et les trois cas fréquents d’étanchéité de la cuvette (terrain perméable/communication, communication avec exutoires, cuvette imperméable).
  11. Décrire les essais et reconnaissances cités pour la reconnaissance sub-surface (géophysique/sismique, tranchées/puits, galeries, sondages carottés, diagraphies, essais in-situ et d’eau : Le Franc/Lugeon).
  12. Maîtriser la typologie des barrages : rigides (béton/maçonnerie) vs souples (terre/enrochements), et pour les barrages rigides les trois types (poids, contreforts et voûtes multiples, voûtes) avec leurs principes de base
  13. Citer les organes hydrauliques liés au barrage et leurs fonctions : évacuateur de crues (crue de projet, 30–50% du débit de pointe, déversoir/trop-plein, coursier ou saut de ski), vidange de fond (inspection/entretien/év
  14. Expliquer les essais de laboratoire et in-situ liés aux sols/fondations : Proctor (courbe densité sèche vs teneur en eau, énergie), Casagrande (σn, T, Φ, cohésion), pressiométrique Ménard (déformation sous pression), CPT

Teste tes connaissances

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1. Quelles sont les cinq phases principales de l’organisation des études de barrage dans l’ordre logique du projet ?

2. Quel est l’objectif principal de l’étude préliminaire dans un projet de barrage ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction aux études de barrages avec 24 flashcards interactives.

Étude préliminaire — définition ?

Phase initiale estimant intérêt, conditions et coûts

Avant-projet sommaire — rôle ?

Choix du type et modalités d’exécution

Avant-projet détaillé — objectif ?

Préciser les choix techniques et préparer les dessins

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