Fiche de révision : Les acteurs et la construction des enjeux environnementaux

Plan du Cours

  1. Acteurs environnementaux
  2. Construction problème public
  3. Mise à l’agenda politique
  4. Relations coopération/conflit
  5. Niveaux d’action publique
  6. Instruments politiques
  7. Négociations internationales
  8. Bien commun atmosphère
  9. Stratégies passager clandestin
  10. Inégalités développement

1. Acteurs environnementaux

Notions clés & Définitions

  • Pouvoirs publics : Autorités qui prennent des décisions politiques et mettent en œuvre des politiques environnementales. En France, cela inclut notamment le ministre de la transition écologique, qui dispose de compétences élargies depuis 1971 pour agir dans le domaine environnemental. Leur rôle est de légiférer, réglementer, et coordonner les actions pour répondre aux enjeux environnementaux.
  • ONG (organisations non gouvernementales) : Associations de dimension internationale, financées principalement par des dons privés, qui initient et construisent souvent les questions environnementales comme problème public. Exemple : Greenpeace, qui a lancé des campagnes contre la pêche des baleines ou les essais nucléaires. Elles organisent pétitions, manifestations, et participent aux concertations.
  • Entreprises : Acteurs économiques dont la place dans les politiques environnementales est ambivalente. Certaines s’opposent à des mesures strictes pour préserver leur compétitivité, mais depuis les années 1990, un nombre croissant d’entre elles s’engagent dans des pratiques plus respectueuses de l’environnement, notamment via l’utilisation d’énergies renouvelables ou le recyclage.
  • Experts : Personnes reconnues pour leur légitimité et leurs connaissances dans le domaine environnemental. Leur rôle est de qualifier les questions, rechercher leurs causes, et fournir des bases pour la construction des politiques publiques. Exemple : le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, créé en 1988).
  • Partis politiques : Organisations regroupant des individus autour d’un projet politique, qui participent à la mise à l’agenda politique des questions environnementales. Les partis écologistes, comme Europe Écologie Les Verts, jouent un rôle spécifique en proposant des politiques dédiées et en occupant des postes ministériels ou locaux.
  • Mouvements citoyens : Mobilisations collectives de citoyens qui participent à la construction du problème public et revendiquent des actions publiques. Exemple : la grève pour le climat de Greta Thunberg en 2018 ou le mouvement Youth for Climate, qui dénoncent l’inaction face au changement climatique.

Points essentiels

  • La construction de l’environnement en tant que problème public résulte de la mise en avant de questions liées à la préservation des espaces, ressources, espèces, et équilibres biologiques, souvent suite à un événement ou un projet d’aménagement.
  • La mise à l’agenda politique implique une qualification du problème, la recherche de ses causes, la désignation de responsables, et la revendication d’actions publiques.
  • Les acteurs intervenant dans cette construction sont divers : ONG, mouvements citoyens, entreprises, partis politiques, experts, et pouvoirs publics, chacun ayant des revendications et des stratégies différentes.
  • Les relations entre acteurs oscillent entre coopération (ex : Grenelle de l’environnement 2007, impliquant ONG, entreprises, syndicats, collectivités et État) et conflit (ex : opposition à l’interdiction du glyphosate ou affrontements à Sainte-Soline).
  • La place des entreprises a évolué : si certaines résistent aux mesures strictes, d’autres s’engagent dans des initiatives vertes, notamment depuis les années 1990.
  • Les experts, notamment le GIEC, jouent un rôle clé dans la qualification des enjeux et la légitimation des politiques publiques.
  • La mise en œuvre des politiques environnementales se fait à différentes échelles : locale, nationale, européenne, mondiale, avec des interactions complexes (ex : accords de Kyoto, COP21).

À retenir

Les acteurs environnementaux, par leurs revendications et leurs stratégies, façonnent la construction du problème public et influencent la mise en œuvre des politiques, oscillant entre coopération et conflit selon leurs intérêts et leurs échelles d’action.

2. Construction problème public

Notions clés & Définitions

Construction d’un problème public : Processus par lequel une question devient reconnue comme un enjeu nécessitant une intervention collective et une action politique, en la qualifiant, en recherchant ses causes, en désignant ses responsables et en revendiquant des actions publiques.
Qualification d’un problème : Étape consistant à définir la perception du problème, à le nommer et à le faire apparaître comme une question nécessitant une réponse collective.
Recherche des causes : Identification des facteurs ou des événements à l’origine du problème public, permettant de comprendre ses origines et d’orienter les solutions.
Désignation des responsables : Identification des acteurs ou des entités responsables du problème ou de son aggravation, afin de légitimer la revendication d’actions publiques.
Revendication d’actions publiques : Demande formulée par les acteurs pour que les pouvoirs publics prennent des mesures concrètes pour résoudre ou atténuer le problème public.
AUTEUR (date) : La construction d’un problème public implique une mise en avant stratégique, en particulier par des acteurs qui cherchent à faire reconnaître une question comme prioritaire dans l’espace public et politique.

Points essentiels

  • La question environnementale est devenue un problème public suite à des événements ou à la mobilisation d’acteurs variés (ONG, mouvements citoyens, experts, partis politiques, entreprises).
  • La qualification du problème consiste à définir comment il est perçu et à en déterminer la nature (ex : pollution de l’eau en Bretagne).
  • La recherche des causes permet d’identifier les facteurs à l’origine du problème, comme dans le cas du changement climatique avec le rôle des gaz à effet de serre (GES).
  • La désignation des responsables est cruciale pour orienter la revendication d’actions publiques, par exemple en pointant les industries ou les États responsables des émissions de GES.
  • La revendication d’actions publiques se manifeste par des mobilisations, des pétitions, ou des propositions politiques visant à mettre le problème à l’agenda des décideurs.
  • La mise à l’agenda politique est une étape clé où les pouvoirs publics prennent conscience du problème et s’engagent à agir, comme lors du Grenelle de l’environnement en 2007.
  • La construction du problème public est souvent influencée par des événements précis (catastrophes naturelles, projets contestés) et par la mobilisation stratégique d’acteurs pour faire pression sur les décideurs.
  • La reconnaissance du problème public permet d’engager des politiques publiques, mais celles-ci sont souvent confrontées à des relations de conflit ou de coopération entre acteurs aux intérêts divergents.

À retenir

La construction d’un problème public environnemental repose sur la qualification, la recherche des causes, la désignation des responsables et la revendication d’actions publiques, processus essentiel pour faire émerger une question dans l’espace politique et mobiliser des réponses collectives.

3. Mise à l’agenda politique

Notions clés & Définitions

  • Mise à l’agenda politique : Processus par lequel un problème public, comme une question environnementale, est porté à l’attention des décideurs politiques, devenant ainsi une priorité pour l’action publique. Elle implique la qualification, la recherche des causes, la désignation des responsables et la revendication d’actions publiques (voir contenu source).

  • Rôle des pouvoirs publics dans la mise à l’agenda : Les autorités qui prennent des décisions politiques, telles que les ministres ou les institutions, interviennent pour faire émerger un problème dans l’espace public, le qualifier et proposer des solutions. La mise à l’agenda constitue une étape cruciale pour transformer un problème en enjeu politique susceptible d’être traité par des lois ou politiques (voir contenu source).

  • Participation des acteurs à la mise à l’agenda : Ensemble des acteurs — ONG, mouvements citoyens, entreprises, partis politiques, experts — qui influencent la reconnaissance d’un problème environnemental comme problème public. Leur engagement peut se faire par des revendications, des actions collectives ou des initiatives de sensibilisation, contribuant ainsi à la construction de l’agenda politique (voir contenu source).

Points essentiels

  • La construction d’un problème public environnemental commence souvent par un événement ou une crise, qui mobilise l’espace public et les acteurs concernés. La qualification du problème inclut la perception qu’en ont les acteurs et la manière dont ils en recherchent les causes et responsables, ce qui influence sa mise à l’agenda (voir contenu source).

  • La mise à l’agenda politique est un processus dynamique où les acteurs jouent un rôle clé : les ONG, par exemple Greenpeace, initient souvent la construction du problème en mobilisant l’opinion via pétitions ou manifestations. Les mouvements citoyens, comme Greta Thunberg, participent aussi à cette étape par des actions collectives (voir contenu source).

  • La participation des acteurs est souvent conflictuelle, notamment entre ONG, industries et pouvoirs publics. La coopération peut émerger, comme lors du Grenelle de l’environnement en 2007, mais les relations conflictuelles, par exemple autour du glyphosate ou des bassines d’eau, restent fréquentes (voir contenu source).

  • La mise à l’agenda peut se faire à différentes échelles : locale, nationale, européenne ou mondiale. La reconnaissance d’un problème à une échelle donnée conditionne la réponse politique et l’engagement des acteurs concernés (voir contenu source).

  • La participation des acteurs et leur influence sur la mise à l’agenda dépendent aussi du contexte politique, économique et social, ainsi que de leur légitimité et de leur capacité à mobiliser l’opinion ou à faire pression sur les décideurs (voir contenu source).

À retenir

La mise à l’agenda politique d’un problème environnemental résulte d’un processus complexe impliquant la qualification du problème, la mobilisation d’acteurs variés, et l’intervention des pouvoirs publics, souvent dans un contexte de relations conflictuelles ou de coopération.

4. Relations coopération/conflit

Notions clés & Définitions

  • Relations de coopération entre acteurs : Interaction où plusieurs acteurs partagent un objectif commun, s’entendent sur les enjeux, échangent des analyses et débattent des solutions pour résoudre un problème public. Exemple : organisation du Grenelle de l’environnement en 2007, où ONG, entreprises, syndicats, collectivités et État ont collaboré pour adopter des lois environnementales (voir source).
  • Relations de conflit entre acteurs : Situation où des acteurs aux intérêts divergents s’affrontent, notamment autour de questions environnementales, comme l’interdiction du glyphosate en 2019 ou les affrontements à Sainte-Soline en 2023, illustrant des oppositions entre ONG, industries, agriculteurs ou citoyens.
  • Exemple du Grenelle de l’environnement (2007) : illustration de coopération où divers acteurs ont débattu pour élaborer des lois environnementales, montrant la possibilité de dialogue malgré la diversité des intérêts.
  • Conflits autour du glyphosate : opposition entre ONG, agriculteurs et industrie agrochimique, illustrant des relations conflictuelles liées à la réglementation des pesticides, avec des enjeux économiques et environnementaux.
  • Affrontements à Sainte-Soline (2023) : exemple d’affrontement violent entre militants écologistes et forces de l’ordre lors d’une manifestation contre un projet hydraulique, symbolisant un conflit d’intérêts et de visions sur la gestion de l’eau.

Points essentiels

  • La construction d’un problème public environnemental implique une mise en avant, une qualification, la recherche de causes et la désignation de responsables, ce qui peut générer des relations de coopération ou de conflit selon les acteurs impliqués.
  • La coopération repose sur un consensus autour des enjeux, la connaissance partagée des causes et l’acceptation de débats pour des solutions communes (ex : Grenelle).
  • Les relations conflictuelles naissent lorsque les intérêts sont opposés, comme dans le cas du glyphosate ou des affrontements à Sainte-Soline, où les enjeux économiques, environnementaux et sociaux s’opposent.
  • La diversité des acteurs (ONG, entreprises, partis, citoyens, experts) et leurs revendications différentes expliquent la complexité des relations. La participation à la mise à l’agenda politique peut être coopérative ou conflictuelle selon le contexte.
  • La gestion des conflits et la recherche de coopération sont essentielles pour l’efficacité des politiques environnementales, comme le montre l’organisation du Grenelle ou les oppositions autour de projets controversés.

À retenir

Les relations entre acteurs dans la sphère environnementale oscillent entre coopération, qui permet d’élaborer des solutions communes, et conflit, qui reflète la divergence d’intérêts et peut freiner l’action publique. La capacité à gérer ces relations est cruciale pour la réussite des politiques environnementales.

5. Niveaux d’action publique

Notions clés & Définitions

  • Échelle locale : Niveau d’action qui concerne spécifiquement une commune, une métropole ou une région, permettant d’adapter les politiques environnementales aux particularités territoriales (ex : zones de mobilité à faible émission).
  • Échelle nationale : Niveau d’action correspondant à l’ensemble d’un pays, où les lois et politiques environnementales sont élaborées et appliquées uniformément sur tout le territoire (ex : loi de 1971 sur le ministre de l’environnement en France).
  • Échelle européenne : Niveau d’action où l’Union européenne adopte des règlements contraignants pour ses États membres, permettant une coordination des politiques environnementales à l’échelle continentale (ex : interdiction d’insecticides en 2018).
  • Échelle mondiale : Niveau d’action qui dépasse les frontières nationales, impliquant des négociations internationales et des accords comme le Protocole de Kyoto (1997) ou l’Accord de Paris (2015) pour gérer les enjeux globaux tels que le changement climatique.
  • Principe de subsidiarité : Principe selon lequel l’action doit être menée à l’échelon le plus pertinent, c’est-à-dire que les décisions sont prises au niveau supérieur uniquement lorsque l’échelle inférieure ne peut pas agir efficacement (voir référence à la compétence partagée entre Union européenne et États membres).

Points essentiels

  • La construction d’un problème public environnemental nécessite sa qualification, la recherche de ses causes, la désignation de responsables, et la revendication d’actions publiques à différents niveaux d’échelle.
  • La mise à l’agenda politique peut se faire à l’échelle locale, nationale, européenne ou mondiale, selon la nature du problème et la capacité d’action des acteurs.
  • La coopération ou le conflit entre acteurs (ONG, entreprises, partis, collectivités) dépend de leur capacité à partager ou à opposer leurs intérêts dans la gestion des enjeux environnementaux.
  • La relation entre échelles est articulée par le principe de subsidiarité, qui guide l’intervention des niveaux supérieur ou inférieur selon l’efficacité.
  • La dimension internationale est essentielle pour traiter des enjeux globaux comme le changement climatique, avec des mécanismes d’engagements collectifs (Protocole de Kyoto, COP21) et des stratégies d’articulation ascendante ou descendante.
  • Les instruments d’action publique (réglementation, taxation, marché de quotas, subventions) doivent être utilisés de façon complémentaire, en tenant compte de leurs avantages, limites et dysfonctionnements (ex : marché du carbone européen lancé en 2005).

À retenir

L’action publique pour l’environnement s’articule à travers différentes échelles, du local au mondial, en utilisant des instruments variés, tout en étant régie par le principe de subsidiarité, afin d’assurer une réponse efficace et cohérente aux enjeux environnementaux globaux et locaux.

6. Instruments politiques

Notions clés & Définitions

  • Réglementation : Ensemble de normes (lois, décrets, règlements) contraignant les agents à adopter certains comportements pour réduire l’impact environnemental. Elle peut inclure des normes d’émission, de procédé, de produit ou de qualité. Arthur Cecil PIGOU (non cité dans le texte mais référence classique) montre que la réglementation impose des contraintes pour internaliser les externalités négatives.

  • Marchés de quotas d’émission : Système où les pouvoirs publics fixent un plafond d’émissions (quotas) que les entreprises peuvent échanger. Les entreprises polluantes doivent acheter ou vendre des quotas selon leur niveau d’émission, ce qui incite à réduire la pollution. Exemple : marché du carbone européen lancé en 2005.

  • Taxation : Prélèvement obligatoire sur certains produits ou activités polluantes, visant à augmenter leur coût pour inciter à la réduction des externalités négatives. La contribution climat énergie en France en 2014 en est un exemple, augmentant le prix des énergies fossiles.

  • Subvention à l’innovation verte : Financement public destiné à encourager le développement de technologies ou procédés respectueux de l’environnement, en comblant les défaillances du marché face aux externalités positives. Exemple : bonus écologique pour les voitures électriques.

  • Externalités négatives : Conséquences néfastes d’une activité économique sur l’environnement ou la société, non prises en compte par le marché. La combustion d’énergie fossile et ses GES en sont un exemple, contribuant au changement climatique.

Points essentiels

  • La réglementation impose des normes strictes pour répondre rapidement aux enjeux environnementaux, mais nécessite un contrôle rigoureux pour éviter la fraude (normes d’émission, de procédé, de produit, de qualité).

  • La taxation augmente le coût des activités polluantes, internalisant ainsi le coût social des externalités négatives, tout en générant des recettes fiscales (Pigou). Cependant, elle peut peser sur les ménages modestes et nuire à la compétitivité si elle n’est pas harmonisée à l’échelle internationale.

  • Les marchés de quotas, comme le marché européen du carbone, permettent une réduction flexible des émissions en fixant un plafond global et en laissant le marché déterminer le prix des quotas. Leur efficacité dépend de la fixation du plafond et du contrôle de leur distribution.

  • La subvention à l’innovation verte comble le manque d’incitations du marché pour développer des solutions respectueuses de l’environnement, mais elle nécessite des financements publics importants et peut créer des distorsions si mal ciblée.

  • La mise en œuvre de ces instruments doit être complémentaire : la réglementation pour une réponse immédiate, la taxation pour une incitation économique, et les marchés pour une flexibilité dans la réduction des externalités.

  • Les dysfonctionnements de l’action publique, tels que des niveaux de taxes ou quotas inadéquats, peuvent limiter l’efficacité des instruments, notamment si les mesures sont tardives, trop exceptionnelles ou mal calibrées.

  • La difficulté à estimer l’impact réel des externalités et à coordonner les actions à différentes échelles (locale, nationale, internationale) complique la lutte contre le changement climatique et la gestion des biens communs comme l’atmosphère.

À retenir

Les instruments politiques tels que la réglementation, la taxation, les marchés de quotas et la subvention à l’innovation verte sont complémentaires mais soumis à des limites liées à leur mise en œuvre et à la gestion des externalités négatives, notamment dans un contexte international marqué par des stratégies de passager clandestin et des inégalités de développement.

7. Négociations internationales

Notions clés & Définitions

  • Protocole de Kyoto (1997) : Accord international adopté lors de la troisième COP, engageant 38 pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5,2 % par rapport à 1990, entre 2008 et 2012. Il repose sur une articulation descendante, avec des décisions prises au niveau international puis appliquées aux États. **(source : texte)

  • Accord de Paris (COP 21, 2015) : Convention internationale signée par 183 pays visant à contenir la hausse des températures en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Il privilégie une articulation ascendante, où chaque pays propose ses engagements volontaires, avec un rôle de chambre d’enregistrement pour le sommet. (source : texte)

  • Articulation descendante : Mécanisme où les décisions sont prises au niveau international puis imposées ou recommandées aux États ou acteurs locaux, comme dans le cas du Protocole de Kyoto. Elle suppose une hiérarchie descendante des engagements. (source : texte)

  • Articulation ascendante : Processus où les engagements ou propositions émanent des États ou acteurs locaux, puis sont consolidés au niveau international, comme dans l’Accord de Paris. Elle repose sur la participation volontaire et la flexibilité. (source : texte)

  • Rôle des sommets internationaux : Plateformes où se négocient et se concluent des accords globaux sur l’environnement, en réunissant les représentants des États et autres acteurs. Ils permettent de fixer des objectifs communs et de renforcer la coopération multilatérale. (source : texte)

Points essentiels

  • La lutte contre le changement climatique repose sur des négociations internationales structurées en accords comme le Protocole de Kyoto (1997), qui impose des réductions obligatoires pour les pays industrialisés, et l’Accord de Paris (2015), basé sur des engagements volontaires des pays. La différence majeure réside dans leur mode d’articulation : descendante pour Kyoto, ascendante pour Paris.

  • La difficulté des négociations réside dans la présence de stratégies de passager clandestin, où chaque pays a intérêt à profiter des efforts des autres sans réduire ses propres émissions, ce qui complique la mise en œuvre effective des accords.

  • Les inégalités de développement entre pays influencent aussi la dynamique des négociations : les pays développés, responsables d’une majorité des émissions historiques, disposent de plus de ressources pour s’adapter, tandis que les pays moins développés sont plus vulnérables et moins responsables des émissions.

  • Les sommets internationaux jouent un rôle crucial en permettant la négociation de ces accords, en réunissant acteurs étatiques et non étatiques, pour renforcer la coopération globale face aux enjeux environnementaux.

  • L’articulation entre échelles est essentielle : une articulation descendante (ex. Kyoto) impose des obligations, tandis qu’une articulation ascendante (ex. Paris) favorise la participation volontaire et la flexibilité, mais toutes deux doivent être coordonnées pour une efficacité optimale.

À retenir

Les négociations internationales sur l’environnement, telles que le Protocole de Kyoto et l’Accord de Paris, illustrent deux modes d’articulation entre échelles, confrontés aux défis des stratégies de passager clandestin et des inégalités de développement, indispensables pour une action globale efficace.

8. Bien commun atmosphère

Notions clés & Définitions

  • Environnement : désigne « les espaces, ressources et milieux naturels, les sites et paysages, les espèces animales et végétales, la diversité et les équilibres biologiques auxquels ils participent » (article L. 200-1, loi n°95-101, 1995).
  • Bien commun atmosphère : espace partagé, rival et non excluable, où la pollution par les gaz à effet de serre (GES) affecte tous les pays sans possibilité d'exclusion, ce qui entraîne une surexploitation et une dégradation de l’atmosphère.
  • Conséquences naturelles, économiques, sociales, géopolitiques : impacts liés à la dégradation de l’environnement, notamment le changement climatique, qui provoque des événements extrêmes, des pertes économiques, des migrations, des conflits internationaux, et des inégalités entre pays (Hardin, 1968).
  • Stratégies de passager clandestin : comportement où un État ou un acteur bénéficie des efforts collectifs pour préserver l’atmosphère sans y contribuer, en profitant des efforts des autres (Hardin, 1968).
  • Traité de Kyoto (1997) : accord international où 38 pays industrialisés s’engagent à réduire leurs émissions de GES de 5,2 % par rapport à 1990, illustrant l’articulation descendante entre échelle mondiale et nationale.
  • Principe de subsidiarité : principe selon lequel l’action publique doit être menée à l’échelle la plus pertinente, en privilégiant la coopération entre niveaux (Union européenne, États, collectivités locales).

Points essentiels

  • L’environnement, notamment l’atmosphère, est un bien commun rival et non excluable, ce qui favorise sa surexploitation par les acteurs économiques et les États.
  • La dégradation de l’atmosphère est à l’origine du changement climatique, avec des conséquences graves : événements extrêmes, impacts économiques et sociaux, migrations, conflits géopolitiques, et inégalités de développement.
  • La construction du problème public environnemental s’appuie sur la qualification, la recherche des causes, la désignation des responsables, et la revendication d’actions publiques.
  • La mise à l’agenda politique implique une interaction complexe entre acteurs variés : ONG, mouvements citoyens, entreprises, partis politiques, experts, et pouvoirs publics.
  • Les négociations internationales, telles que le protocole de Kyoto (1997) et l’accord de Paris (2015), illustrent deux types d’articulations entre échelles : descendante (Kyoto) et ascendante (Paris).
  • La gestion de l’atmosphère en tant que bien commun est entravée par les stratégies de passager clandestin, où chaque pays a intérêt à profiter des efforts des autres sans agir lui-même.
  • Les inégalités de développement compliquent la coopération internationale : les pays développés ont historiquement émis plus de GES, tandis que les pays en développement sont plus vulnérables aux effets du changement climatique.

À retenir

L’atmosphère constitue un bien commun rival et non excluable, dont la dégradation nécessite une coopération internationale contraignante pour limiter les externalités négatives, tout en prenant en compte les inégalités de développement entre pays.

9. Stratégies passager clandestin

Notions clés & Définitions

  • Stratégie passager clandestin : Comportement d’un acteur qui bénéficie des efforts collectifs pour la protection de l’environnement sans y contribuer activement, en espérant que d’autres le fassent à sa place (Hardin, 1968).
  • Divergence d’intérêts : Situation où les acteurs ont des objectifs ou des préférences opposés ou incompatibles, rendant la coopération difficile ou impossible.
  • Difficultés de coopération : Obstacles rencontrés par les acteurs pour s’accorder sur des actions communes, souvent liés à la présence de stratégies passager clandestin ou à des divergences d’intérêts.

Points essentiels

  • La stratégie passager clandestin est un problème majeur dans la gestion des biens communs comme l’atmosphère, qui est un bien rival et non excluable (Hardin, 1968).
  • La présence de stratégies passager clandestin explique en partie l’échec de certains accords internationaux sur la réduction des émissions de GES, car chaque pays peut espérer profiter des efforts des autres sans réduire ses propres émissions.
  • La divergence d’intérêts entre pays développés et en développement complique la coopération internationale, chaque groupe ayant des responsabilités et des capacités différentes pour agir.
  • Les difficultés de coopération sont accentuées par la nature non excludable de l’atmosphère, qui pousse certains acteurs à ne pas réduire leurs émissions en espérant que d’autres le fassent à leur place, ce qui mène à une surexploitation du bien commun (Hardin, 1968).
  • La mise en œuvre d’accords internationaux nécessite des mécanismes pour limiter le passager clandestin, comme la surveillance, la sanction ou l’incitation, mais leur efficacité reste limitée en raison des enjeux de souveraineté et d’équité.

À retenir

Les stratégies passager clandestin et la divergence d’intérêts sont des obstacles majeurs à la coopération efficace pour la protection de l’environnement, notamment dans la gestion des biens communs globaux comme l’atmosphère.

10. Inégalités développement

Notions clés & Définitions

  • Inégalités de développement : Disparités économiques, sociales et environnementales entre différents pays ou régions, influençant leur capacité à faire face aux enjeux environnementaux. Selon Hardin (1968), la surexploitation des biens communs, comme l’atmosphère, accentue ces inégalités, notamment entre pays développés et en développement.

  • Différences d’enjeux environnementaux selon les territoires : Variations dans la nature et la priorité des problématiques environnementales selon la localisation géographique, culturelle ou économique. Par exemple, en Bretagne, la pollution de l’eau constitue un enjeu majeur, tandis que dans d’autres régions, la déforestation ou la gestion des déchets peut être prioritaire.

  • Exemples d’adaptations locales : Actions spécifiques mises en œuvre à l’échelle locale pour répondre aux enjeux environnementaux propres à un territoire. En Bretagne, par exemple, des mesures pour lutter contre la pollution des nappes phréatiques ou des rivières illustrent cette adaptation locale.

Points essentiels

  • La construction du problème public environnemental passe par la qualification, la recherche des causes, la désignation des responsables et la revendication d’actions publiques, processus influencé par la diversité des acteurs (ONG, mouvements citoyens, entreprises, partis, experts, pouvoirs publics).

  • La mise à l’agenda politique peut se faire à différents niveaux, mais elle est souvent confrontée à des relations de coopération ou de conflit entre acteurs, notamment lors d’événements ou de controverses comme la gestion de l’eau en Bretagne ou la lutte contre le glyphosate.

  • La dimension internationale est essentielle car l’atmosphère est un bien commun rival et non excluable, ce qui complique la négociation entre pays. Les accords comme le Protocole de Kyoto (1997) et l’Accord de Paris (2015) illustrent deux types d’articulations : descendante (de l’international vers le national) et ascendante (du national vers l’international).

  • Les inégalités de développement influencent la capacité des pays à s’engager dans des politiques environnementales. Les pays développés, responsables historiquement de la majorité des émissions, disposent de plus de ressources pour s’adapter, alors que les pays en développement, plus vulnérables, risquent de subir davantage les effets du changement climatique.

  • La gestion des externalités négatives, comme les émissions de GES, nécessite des instruments variés (réglementation, taxation, marchés de quotas, subventions) dont l’efficacité dépend de leur conception et de leur mise en œuvre, souvent entravée par des stratégies de passager clandestin et des inégalités économiques.

À retenir

Les inégalités de développement et les différences territoriales complexifient la gouvernance environnementale mondiale, nécessitant une articulation équilibrée entre coopération internationale, adaptation locale et justice environnementale.

Tableaux de Synthèse

Critère / NotionsConstruction problème publicMise à l’agenda politiqueActeurs environnementauxNiveaux d’action publiqueInstruments politiquesRelations coopération/conflitStratégies passager clandestinInégalités développementAuteur / Référence
DéfinitionProcessus de reconnaissance d’un enjeu nécessitant une intervention collectiveProcessus de porter un problème à l’attention des décideursPouvoirs publics, ONG, entreprises, experts, partis, mouvements citoyensLocal, national, européen, mondialLégislatifs, réglementaires, incitatifsCoopération (ex : Grenelle) / Conflit (ex : glyphosate)Tactique pour éviter la responsabilitéInégalités de développement entre pays et régionsPerroux (croissance)
Étapes clésQualification, recherche causes, désignation responsables, revendicationQualification, mobilisation, négociationMobilisation, revendications, stratégies diversesInteraction entre niveauxLoi, réglementation, incitations économiquesDialogue, opposition, compromisNon déclaration pour bénéficier d’avantagesAccès inégal aux ressources, pouvoir économiqueBourdieu (champ, capital)
ObjectifFaire reconnaître un problème comme enjeu publicPrioriser un problème dans l’agenda politiqueInfluencer, légitimer, faire pressionDéclencher des politiques publiquesInstruments réglementaires, incitatifsRésolution ou conflitÉviter la responsabilité tout en profitantDévelopper ou freiner certains pays
ExempleMobilisation contre le changement climatiqueCOP21, Grenelle de l’environnementGreenpeace, GIEC, entreprisesLoi sur la transition écologiqueTaxe carbone, subventionsOpposition à l’interdiction du glyphosateTactique de certains acteurs industrielsInégalités Nord/Sud dans le développement

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la qualification du problème avec sa simple description ; la qualification implique une mise en sens et une catégorisation stratégique.
  2. Croire que la mise à l’agenda est automatique ; elle dépend de stratégies d’acteurs et d’événements déclencheurs.
  3. Confondre acteurs et niveaux d’action ; un même acteur peut agir à plusieurs niveaux (local, national, international).
  4. Sous-estimer le rôle des stratégies passager clandestin, qui permettent à certains acteurs d’éviter leurs responsabilités.
  5. Confondre coopération et conflit ; ces dynamiques peuvent coexister ou évoluer selon les enjeux.
  6. Négliger l’impact des inégalités dans la construction du problème et la mise en œuvre des politiques.
  7. Confondre instruments politiques et stratégies d’acteurs ; ils désignent des outils formels versus tactiques informelles.

Checklist Examen

  • Connaître la définition de Perroux sur la croissance et son application à l’environnement.
  • Identifier les acteurs environnementaux principaux : pouvoirs publics, ONG, entreprises, experts, partis politiques, mouvements citoyens.
  • Expliquer le processus de construction d’un problème public : qualification, recherche des causes, désignation des responsables, revendication.
  • Définir la mise à l’agenda politique et ses étapes clés.
  • Comprendre le rôle des acteurs dans la mise à l’agenda, notamment lors d’événements ou mobilisations.
  • Savoir distinguer coopération et conflit entre acteurs, avec exemples.
  • Connaître les différents niveaux d’action publique : local, national, européen, mondial.
  • Identifier les principaux instruments politiques : lois, réglementations, incitations économiques.
  • Analyser les stratégies passager clandestin et leur rôle dans la gestion des responsabilités.
  • Reconnaître l’impact des inégalités de développement sur la construction et la résolution des enjeux environnementaux.
  • Maîtriser la contribution des experts, notamment le GIEC, dans la légitimation des politiques.
  • Comprendre le rôle des négociations internationales, comme la COP21, dans la gestion globale des enjeux.
  • Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : acteurs, agenda, construction, coopération, conflit, instruments.
  • Assimiler les concepts clés liés à l’environnement et au développement durable.
  • Savoir citer des exemples concrets illustrant chaque étape ou acteur.
  • Connaître les principales références et auteurs : Perroux, Bourdieu, GIEC.
  • Être capable d’analyser une situation ou un cas en mobilisant ces concepts.
  • Identifier les enjeux liés aux inégalités dans le développement et leur impact sur la gouvernance environnementale.
  • Vérifier la compréhension des stratégies de passager clandestin dans le contexte environnemental.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les acteurs et la construction des enjeux environnementaux avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Que désigne le terme 'acteurs environnementaux' ?

2. En quelle année le Protocole de Kyoto a-t-il été adopté lors de la conférence de négociation sur le changement climatique ?

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Acteurs environnementaux — rôle ?

Influencent la construction et la mise en œuvre des politiques.

Construction problème public — étape clé ?

Qualification et revendication d’actions publiques.

Mise à l’agenda politique — processus ?

Porter un problème à l’attention des décideurs.

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