Fiche de révision : Les nouvelles frontières maritimes et spatiales

Plan du Cours

  1. Océans et espace, nouvelles frontières
  2. Exploration des océans et innovations sous-marines
  3. Course à l’espace pendant la Guerre froide
  4. Puissances spatiales européennes
  5. Puissance navale et dissuasion nucléaire
  6. Projection et protection maritimes
  7. Coopération spatiale internationale et ISS
  8. Droit de la mer et ZEE
  9. Rivalités maritimes et ressources
  10. Protection des océans et haute mer
  11. Affirmation spatiale et maritime de la Chine
  12. Limites et contestations de la puissance chinoise

1. Océans et espace, nouvelles frontières

Notions clés & Définitions

  • Grande puissance : Notion de géopolitique où la puissance se manifeste par la capacité à dominer et maîtriser un territoire, y compris maritime et extra-atmosphérique.
  • Océan mondial : Ensemble des eaux des mers et océans formant un volume continu autour de la Terre, hors des mers intracontinentales.
  • Ligne de Karman : Ligne imaginaire de séparation entre espace aérien et espace extra-atmosphérique, fixée à 100 km au-dessus du niveau de la mer.
  • Année-lumière : Unité de distance utilisée pour l’espace, correspondant à la distance parcourue par la lumière dans le vide en un an.
  • Économie bleue : Approche visant à mobiliser les ressources maritimes, notamment pour contribuer à l’alimentation via le développement économique des mers et océans.

Points essentiels

  • Les surfaces marines couvrent 70,8 % du globe pour 361 millions de km2, soit près de 2,5 fois la surface des continents.
  • L’océan mondial correspond à 5 océans distincts, alors que les mers sont des espaces d’eau salée plus ou moins fermés.
  • L’océan est difficile à explorer en profondeur par les ondes électromagnétiques car elles ne se diffusent pas dans l’eau.
  • Moins de cinq hommes sont allés dans la fosse des îles Mariannes à -10 900 m et l’ONU estime que moins de 20 % des fonds sous-marins sont cartographiés en haute résolution.
  • La ligne de Karman est utilisée pour fixer la limite entre espace aérien et espace extra-atmosphérique à 100 km d’altitude.
  • Une année-lumière vaut environ 9,4 milliards de kilomètres, distance parcourue par la lumière dans le vide en une année.

2. Exploration des océans et innovations sous-marines

Notions clés & Définitions

  • Mers : Espaces d’eau salée plus ou moins fermés, distincts des océans qui constituent une vaste étendue continue.
  • Sonar : Dispositif qui détecte et localise des objets immergés en exploitant la propagation du son sous l’eau.
  • Scaphandre autonome : Équipement de plongée permettant à des plongeurs d’explorer sous l’eau sans être reliés à un bateau.
  • Abysses : Zones océaniques très profondes situées au-delà de 4000 m de profondeur.

Points essentiels

  • Les surfaces marines couvrent 70,8 % du globe soit 361 millions de km2, et les océans représentent près de 2,5 fois la surface des continents.
  • Les ondes électromagnétiques ne se diffusent pas à travers l’eau, ce qui rend l’exploration des profondeurs beaucoup plus difficile que celle de la surface.
  • La surface des océans est observée et cartographiée grâce à des satellites, tandis que la colonne d’eau, les fonds et les sous-sols marins restent plus mal connus.
  • Le sonar, mis au point pendant la Première Guerre mondiale, permet après 1945 de cartographier les reliefs sous-marins.
  • Selon l’ONU, moins de 20 % des fonds sous-marins sont cartographiés en haute résolution, et moins de cinq humains ont atteint la fosse des îles Mariannes à −10 900 m.

Astuce mémo

SONAR = SOus-marin repère par le SON. (Son → détecte et localise sous l’eau)

3. Course à l’espace pendant la Guerre froide

Notions clés & Définitions

  • Spoutnik : Un premier satellite placé en orbite par l’URSS en 1957, qui lance la dynamique de la course spatiale pendant la Guerre froide.
  • Youri Gagarine : Le premier homme à aller dans l’espace en 1961, incarnant l’avance soviétique au début de la course spatiale.
  • Programme Apollo : Le programme spatial américain lancé par les États-Unis après le discours de Kennedy, visant l’alunissage et la victoire technologique.
  • Accord de 1967 : Un accord signé par les États-Unis et l’URSS en 1967, qui encadre l’exploration et l’exploitation de l’espace à des fins pacifiques.
  • IDS guerre des étoiles : Le programme de défense américain appelé « guerre des étoiles », destiné à mettre en place un bouclier spatial antimissile durant le regain de tensions.

Points essentiels

  • Après la Seconde Guerre mondiale, les superpuissances récupèrent des ingénieurs allemands liés aux missiles V2 pour développer des missiles intercontinentaux et soutenir leurs programmes spatiaux.
  • L’URSS prend une avance avec Spoutnik en 1957, puis enchaîne avec Youri Gagarine en 1961 et la première femme dans l’espace, Valentina Terechkova, deux ans après.
  • En 1961, Kennedy fixe l’objectif d’aller sur la Lune, et le programme Apollo conduit à un alunissage en 1969 diffusé en direct dans le monde entier.
  • Les États-Unis et l’URSS signent en 1967 un accord sur l’exploration et l’exploitation pacifiques de l’espace, avec ensuite des stations spatiales comme Mir et Skylab.
  • En 1975, la détente spatiale est illustrée par la rencontre entre les capsules Soyouz et Apollo.
  • Le retour des tensions mène au programme IDS « guerre des étoiles » aux États-Unis : même s’il ne voit pas le jour, la relance des dépenses spatiales et militaires contribue à l’effondrement économique de l’URSS.

Astuce mémo

Repère la chronologie : 1957 Spoutnik, 1961 Gagarine, 1969 Apollo, 1967 détente, 1975 Soyouz-Apollo, puis IDS.

4. Puissances spatiales européennes

Notions clés & Définitions

  • Indépendance spatiale française : Politique française visant à disposer de capacités spatiales propres en complément de la force nucléaire nationale.
  • CNES : Centre national d’études spatiales, organisme créé pour structurer le programme spatial français.
  • Satellite Astérix : Premier satellite français lancé en 1965, qui confirme l’accès de la France à l’espace.
  • Ariane : Fusée lanceur européenne dont le premier décollage réussi en 1979 marque l’autonomie du lancement pour l’Europe.

Points essentiels

  • Le retour du général De Gaulle au pouvoir en 1958 et sa politique d’indépendance aboutissent à la mise en place d’un programme spatial français.
  • Le CNES est créé en 1961, puis le premier satellite français Astérix est lancé en 1965 depuis Hammaguir en Algérie.
  • Dans les années 1970, les pays européens coordonnent leurs projets et fondent l’agence spatiale européenne.
  • En 1979, Ariane connaît un lancement de satellite européen couronné de succès.
  • À partir de 1981, l’agence spatiale européenne développe avec les États-Unis le programme Spacelab.

Astuce mémo

De Gaulle (1958) → CNES (1961) → Astérix (1965) → Ariane (1979) → ESA + Spacelab (1981).

5. Puissance navale et dissuasion nucléaire

Notions clés & Définitions

  • Dissuasion nucléaire océanique : La dissuasion nucléaire océanique est la capacité d’envoyer un missile nucléaire depuis un sous-marin en position n’importe où sur la planète.
  • SNLE : Un SNLE est un sous-marin nucléaire lanceur d’engins conçu pour porter et lancer des missiles nucléaires, avec une vulnérabilité réduite grâce aux océans.
  • Groupe aéronaval : Un groupe aéronaval est une formation autour d’un porte-avions, combinant une flotte de soutien comme des frégates, des sous-marins et des bâtiments de ravitaillement.
  • Porte-avions : Un porte-avions est un navire-clef de projection qui permet de faire agir des forces aériennes au-delà de la portée immédiate des bases terrestres.
  • US Navy : L’US Navy est la marine de guerre des États-Unis, présentée comme la principale puissance navale mondiale.

Points essentiels

  • Dans le monde, seuls 6 pays possèdent des SNLE : États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine et Inde.
  • La France dispose de 4 SNLE qui patrouillent dans le monde.
  • Les porte-avions sont détenus par 6 puissances navales : États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine et Inde.
  • L’US Navy compte plus de 280 navires et comprend 11 porte-avions, 14 SNLE et 58 sous-marins nucléaires d’attaque.
  • Au large du détroit du Bab El Mandeb, une mission européenne sécurise le passage depuis 2008.
  • Depuis octobre 2023, les Houthis du Nord Yémen multiplient les attaques de navires en mer Rouge.

Astuce mémo

SNLE = “NOir&Loin” : immense océan + surprise + discrétion → moins vulnérable que d’autres moyens.

6. Projection et protection maritimes

Notions clés & Définitions

  • Zones économiques exclusives : Espaces maritimes où un État assure la surveillance et la gestion de ses intérêts, avec des missions de contrôle confiées à la marine.
  • Points de passage stratégiques : Lieux de transit maritime essentiels pour le commerce et les flux, dont la protection peut faire l’objet d’accords entre États.

Points essentiels

  • La France possède 4 SNLE qui patrouillent dans le monde.
  • Seules 6 puissances navales disposent de porte-avions : États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine et Inde.
  • Le groupe aéronaval entoure le porte-avions avec une flotte complète pour la projection et le renseignement, ainsi que le transport de troupes.
  • Les marines assurent la surveillance des zones économiques exclusives et des missions comme la lutte contre le trafic de drogue et l’immigration clandestine.
  • Depuis 2008, une mission européenne sécurise le passage au large du détroit du Bab El Mandeb.
  • Depuis octobre 2023, les Houthis multiplient les attaques de navires dans la mer Rouge, ce qui renforce la présence militaire internationale.

7. Coopération spatiale internationale et ISS

Notions clés & Définitions

  • Coopération internationale spatiale : La coopération internationale spatiale regroupe des pays et agences qui partagent des objectifs, des moyens et des résultats pour mener des recherches dans l’espace.
  • Traité de l’espace de 1967 : Le traité de l’espace de 1967 fixe des principes du droit spatial et encourage la coopération entre grandes puissances pour l’exploration.
  • Station spatiale internationale ISS : L’ISS est une station orbitale permanente construite et exploitée par plusieurs grandes agences pour accueillir des activités scientifiques en microgravité.
  • Zarya : Zarya est le premier module à partir duquel l’ISS est assemblée en orbite basse autour de la Terre.
  • Amendement Wolf : L’amendement Wolf est une loi américaine qui interdit à la NASA de collaborer avec la Chine, ce qui écarte cette dernière du projet ISS en 2011.

Points essentiels

  • En 1984, Ronald Reagan annonce un rapprochement pour créer une station spatiale commune, qui aboutit à l’accord intergouvernemental de 1998 signé par les cinq grandes agences (USA, Russie, UE, Canada, Japon).
  • L’ISS est assemblée autour du module russe Zarya, puis devient entièrement opérationnelle en 2010.
  • Depuis 2000, l’ISS est habitée en permanence en orbite basse à environ 400 km d’altitude, avec une vitesse d’environ 28 000 km/h et environ 16 révolutions par jour.
  • L’ISS sert de laboratoire de microgravité avec des modules dédiés, comme Columbus (Europe) et Kibo (Japon), pour des recherches scientifiques sur la vie et les sciences physiques.
  • Après l’accident de 2003, les États-Unis renoncent à construire des navettes et le véhicule russe Soyouz devient l’approvisionnement officiel de la station.
  • La Chine, écartée de l’ISS en 2011 par l’amendement Wolf, lance ensuite Tiangong, opérationnelle depuis 2021, ce qui renforce la rivalité spatiale face au programme ISS.

Astuce mémo

Zarya est la première pièce du puzzle : Russes la construisent, États-Unis financent, et l’ISS “tient” grâce au partenariat.

8. Droit de la mer et ZEE

Notions clés & Définitions

  • Zone économique exclusive ZEE : La zone économique exclusive est un espace maritime où l’État côtier a le monopole d’exploitation des ressources jusqu’à 200 milles marins des côtes.
  • Haute mer : La haute mer est un espace où l’accès est libre et garanti pour tous les pays, permettant notamment la circulation des navires et la pose de câbles ou conduites.
  • Convention des Nations Unies sur le droit de la mer : La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer organise les règles maritimes pour concilier souveraineté des États et protection des espaces.
  • Tribunal international du droit de la mer TIDM : Le TIDM est une juridiction créée pour trancher des litiges et conflits liés aux espaces maritimes et à leurs règles.
  • Autorité internationale des fonds marins AIFM : L’AIFM est une institution chargée d’exercer la souveraineté de la communauté internationale sur les fonds marins internationaux et leurs ressources minérales.

Points essentiels

  • En 1609, Mare liberum pose le principe de la liberté et de la libre circulation en mer.
  • La CNUDM est ouverte à la signature en 1982 à Montego Bay, entre en vigueur en 1994 et s’impose comme la « constitution des mers et des océans ».
  • Les eaux intérieures d’un État côtier s’étendent jusqu’à 12 milles marins, tandis que la ZEE s’étend sur 200 milles marins.
  • Dans la haute mer, l’accès est libre pour tous les pays, ce qui garantit aussi la pose de câbles et de conduites.
  • Le TIDM est créé en 1996 et 29 affaires ont été jugées depuis sa création.
  • L’AIFM régule les activités menées dans les fonds marins internationaux en vue de l’exploitation, sans les interdire.

Astuce mémo

ZEE = 200 milles marins (Monopole des ressources) ; eau intérieure = 12 milles (souveraineté).

9. Rivalités maritimes et ressources

Notions clés & Définitions

  • Mer de Chine : Zone maritime disputée où plusieurs États revendiquent des archipels, alimentant des rivalités liées aux ZEE et aux ressources.
  • Îles Spratley : Archipel de la mer de Chine méridionale particulièrement revendiqué, associé à des enjeux de contrôle des ressources, notamment hydrocarbures.
  • Zones économiques exclusives (ZEE) : Espaces maritimes où un État côtier dispose du monopole de l’exploitation des ressources sur une largeur de 200 milles marins à partir des côtes.
  • TIDM : Tribunal international du droit de la mer chargé de trancher des litiges maritimes relevant de la convention pour lesquelles les États saisissent la justice.
  • Commission des limites du plateau continental : Organe mis en place en 1997 pour examiner les demandes d’extension du plateau continental au-delà de 200 milles marins.

Points essentiels

  • On recense aujourd’hui entre 70 et 80 litiges frontaliers maritimes dans le monde, souvent liés à l’accès à des ZEE très vastes via îles et archipels.
  • La France dispose d’une ZEE de plus de 10 millions de km² grâce à ses départements et régions d’outre-mer, notamment la Polynésie.
  • Dans la mer de Chine, les îles Senkaku/Diaoyu, Spratley et Paracel sont revendiquées par plusieurs États, ce qui intensifie les contentieux.
  • Le TIDM est créé en 1996 pour régler des conflits maritimes et a rendu 29 affaires depuis sa création.
  • Pour étendre le plateau continental au-delà de 200 milles marins, la commission des limites du plateau continental examine les demandes à partir de 1997.

10. Protection des océans et haute mer

Notions clés & Définitions

  • Patrimoine commun de l’Humanité : Notion de droit international selon laquelle une grande partie des mers et océans n’appartient à aucun État et doit être gérée au bénéfice de l’humanité.
  • Autorité internationale des fonds marins (AIFM) : Institution créée pour organiser la souveraineté de la communauté internationale sur les fonds marins et leurs ressources minérales.
  • BBNJ : Projet de négociation visant une gestion durable et une meilleure protection de la biodiversité marine au-delà de la juridiction nationale.
  • Traité BBNJ de mars 2023 : Accord signé en mars 2023 pour préserver et gérer durablement les ressources marines dans les zones internationales.
  • Aires marines protégées : Dispositif de conservation visant à protéger des zones du milieu marin, dont l’extension est un objectif affiché pour 2030.

Points essentiels

  • Les zones sous souveraineté et ZEE ne représentent qu’environ 34 % des mers et océans, laissant près des 2/3 comme patrimoine commun de l’humanité.
  • L’AIFM encadre les activités dans les fonds marins internationaux sans chercher à les interdire, et a déjà permis des actions de prospection en vue d’exploitation.
  • Les négociations BBNJ, relancées depuis 2018, visent un accord sur la gestion durable et une protection accrue des écosystèmes marins menacés.
  • En mars 2023, un accord BBNJ fixe des objectifs ambitieux, dont la création d’aires marines protégées couvrant 30 % des océans d’ici 2030.
  • La haute mer couvre 43 % de la surface de la planète mais seulement 1,1 % y est protégé, ce qui en fait l’espace le moins protégé.
  • Le changement climatique provoque l’acidification des océans, tandis que la surpêche et la pollution plastique, notamment le micro plastique, menacent fortement la biodiversité.

Astuce mémo

Repère clé : haute mer = 43% de la planète, protection = 1,1% seulement.

11. Affirmation spatiale et maritime de la Chine

Notions clés & Définitions

  • Cinquième Académie de la Défense nationale : C’est une structure créée en 1956 en Chine, chargée de lancer et d’organiser les débuts du programme spatial du pays.
  • Programme 863 : C’est un programme lancé en mars 1986 en Chine pour viser des vols habités et la construction d’une station spatiale.
  • Shenzou : C’est la famille de véhicules spatiaux chinois, dont des versions sans équipage puis avec équipage servent à construire l’expérience de vol.
  • Défense navale au large : C’est l’orientation stratégique chinoise adoptée en 1986, qui remplace la défense côtière par une marine capable d’agir loin des côtes.
  • Stratégie du collier de perles : C’est une stratégie maritime attribuée à Hu Jintao, visant à sécuriser les approvisionnements en installant ports et présences le long des routes clés.

Points essentiels

  • En 1956, la création de la Cinquième Académie de la Défense nationale marque le lancement structuré du programme spatial chinois.
  • En 1970, le premier satellite chinois Dang Fang Hong est lancé, puis la conquête spatiale est fortement mise en scène par la propagande.
  • En 1986, la stratégie de défense côtière est abandonnée au profit d’une défense navale au large, avec l’objectif de développer une marine de haute mer.
  • La flotte chinoise passe d’environ 100 000 tonnes en 1986 à 847 000 tonnes en 2008, puis à 1 200 000 tonnes en 2016, la plaçant au 2e rang mondial.
  • En 2003, Hu Jintao lance la stratégie du collier de perles pour sécuriser des routes pétrolières dont 80% du pétrole et 70% des marchandises transitent par le détroit de Malacca.

Astuce mémo

863 = Habité + Station (mois : mars 1986).

12. Limites et contestations de la puissance chinoise

Notions clés & Définitions

  • Ligne à neuf traits : La revendication maritime chinoise portée sur ses cartes depuis les années 1940, utilisée pour soutenir des droits sur de vastes zones en mer de Chine méridionale.
  • Cour permanente d’arbitrage de La Haye : L’institution juridique mentionnée dans la source qui a tranché sur les arguments liés aux revendications chinoises dans des zones maritimes.
  • Taïwan et semi-conducteurs : Le principal frein politique à la puissance chinoise, car Taïwan est présenté comme leader mondial des semi-conducteurs indispensables à l’économie chinoise.
  • Soft power dictatorial : La limitation interne associée au régime chinois, où la nature militaire et dictatorial est donnée comme obstacle au développement du soft power.
  • Vieillissement accéléré et ralentissement économique : Le facteur démographique et économique présenté comme pouvant réduire la capacité d’investissement de la Chine pour financer ses projets maritimes et spatiaux.

Points essentiels

  • En 2016, la Cour permanente d’arbitrage de La Haye a rejeté les arguments de la Chine en affirmant qu’il n’existait aucun fondement juridique à des droits historiques dans la zone de la ligne à neuf traits.
  • Les tensions avec Taïwan sont présentées comme un frein majeur, l’île étant présentée comme le leader mondial des semi-conducteurs indispensables à l’économie chinoise.
  • Les investissements liés aux Nouvelles Routes de la soie provoquent des critiques d’États qui dénoncent une politique impérialiste de la Chine.
  • La nature militaire et dictatorial du régime chinois est donnée comme le principal obstacle au développement du soft power chinois.
  • Le vieillissement accéléré de la population et le ralentissement de l’économie depuis 2010 font craindre un recul de la capacité d’investissement, donc un financement plus difficile des projets spatiaux et maritimes.
  • La concurrence avec Taïwan, les contestations maritimes et la baisse possible des moyens d’investissement s’ajoutent à la rivalité avec les États-Unis dans un système mondial interdépendant.

Astuce mémo

2016 = rejet à La Haye : pas de droits historiques dans la ligne à neuf traits.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1800développement du premier sous-marin
1519 à 1522circumnavigation de Magellan
1957Spoutnik (premier satellite en orbite)
1961Youri Gagarine (premier homme dans l’espace)
1965Astérix (premier satellite français lancé)
1967accord États-Unis–URSS sur l’exploration et l’exploitation de l’espace à des fins pacifiques
1969alunissage (Apollo)
1975détente illustrée par la rencontre Soyouz et Apollo
1979Ariane (lancement réussi)
1982ouverture à la signature de la CNUDM à Montego Bay

Tableaux de synthèse

Milieux et contraintes d’exploration

MilieuObstacle majeur d’explorationLimite soulignée
Océanondes électromagnétiques ne se diffusent pas à travers l’eauprofondeurs, colonne d’eau, fonds et sous-sols restent peu explorés
Espace extra-atmosphériquecontraintes physiques (absence de gravité, températures extrêmes, absence d’air et d’oxygène)exploration limitée par les outils d’observation (télescopes)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre « océan mondial » (volume continu des mers et océans hors mers intracontinentales) et « mers » (eaux salées plus ou moins fermées).
  2. Croire que les ondes électromagnétiques pénètrent l’océan : elles ne se diffusent pas à travers l’eau, d’où la difficulté des profondeurs.
  3. Mélanger la « haute mer » (accès libre à tous) avec la ZEE (monopole d’exploitation des ressources par l’État côtier).
  4. Inverser les distances : eau intérieure jusqu’à 12 milles marins et ZEE jusqu’à 200 milles marins.
  5. Retenir « ligne de Karman » comme une distance arbitraire variable alors qu’elle est fixée à 100 km d’altitude pour séparer espace aérien et extra-atmosphérique.
  6. Idéaliser l’ISS comme un projet strictement pacifique sans rivalités : le cours insiste sur les tensions (Russie/USA) et sur la concurrence avec la Chine (Tiangong).
  7. Confondre TIDM (tribunal de litiges maritimes) et AIFM (autorité régulant les activités dans les fonds marins internationaux).

Checklist Examen

  1. Définir « grande puissance » et expliquer pourquoi mers, océans et espace permettent d’y exprimer la puissance.
  2. Présenter le « milieu liquide contraignant » : rappeler 70,8 % du globe, océan mondial vs mers, et l’impossibilité de l’exploration des profondeurs par ondes électromagnétiques.
  3. Expliquer comment l’exploration sous-marine progresse : innovations (sonar, scaphandre autonome) et pourquoi les profondeurs/abysses restent peu connus (Chaine des données : fosse des îles Mariannes et part cartographiée).
  4. Décrire la spécificité de l’espace extra-atmosphérique et la limite d’accès : ligne de Karman à 100 km et unité de distance année-lumière (9,4 milliards de km).
  5. Donner la chronologie de la course à l’espace pendant la Guerre froide : récupération des ingénieurs V2, Spoutnik (1957), Gagarine (1961), alunissage (1969), accord de 1967, détente (1975), puis IDS « guerre des étoiles ».
  6. Expliquer comment l’Europe et la France construisent des capacités : De Gaulle (1958), création du CNES (1961), Astérix (1965), Ariane (1979) et Spacelab (à partir de 1981).
  7. Maîtriser la dissuasion et la projection navales : définition de la dissuasion nucléaire océanique, rôles des SNLE et des porte-avions, et former la notion de groupe aéronaval.
  8. Lister les missions de surveillance/protection maritimes : ZEE, lutte contre trafic/immigration, points de passage stratégiques (Bab El Mandeb depuis 2008) et rappel des attaques Houthis depuis octobre 2023.
  9. Rappeler pourquoi l’ISS est un projet de coopération : traité de 1967, annonce 1984, accord 1998, assemblage autour de Zarya, opérationnalité 2010, et rôle de Soyouz après 2003.
  10. Présenter les règles du droit de la mer : Mare liberum (1609), CNUDM (ouverture 1982, entrée en vigueur 1994), eaux intérieures 12 milles et ZEE 200 milles, haute mer libre, et institutions TIDM (1996) et AIFM.
  11. Exposer les rivalités de ressources : litiges 70-80, cas mer de Chine et commission des limites du plateau continental (mise en place en 1997), puis protection : patrimoine commun, AIFM, négociations BBNJ (relancées depuis 2018, accord de mars 2023) et chiffres haute mer protégée (43 % / 1,1 %).
  12. Décrire l’affirmation chinoise : programme spatial (Cinquième Académie 1956, Dang Fang Hong 1970, 863 en mars 1986, Shenzou), stratégie navale (défense navale au large en 1986, collier de perles 2003), ligne à neuf traits contestée (rejet La Haye en 2016) et limites (Taïwan/semiconducteurs, vieillissement et frein du…

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les nouvelles frontières maritimes et spatiales avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel organisme examine les demandes d’extension du plateau continental au-delà de 200 milles marins ?

2. Pourquoi l’exploration des profondeurs océaniques reste-t-elle difficile ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les nouvelles frontières maritimes et spatiales avec 24 flashcards interactives.

Grande puissance — définition ?

Capacité à dominer un territoire et ses espaces.

Océan mondial — surface ?

Environ 361 millions de km².

Ligne de Karman — altitude ?

100 km au-dessus du niveau de la mer.

Voir les flashcards →

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