📋 Plan du Cours
- Définir l’opinion publique et ses critiques
- Chronologie de l’opinion publique en France
- Suffrage et transformation de l’opinion
- OP sondée par les médias et la majorité
- Mesurer l’opinion publique par sondages
- Techniques d’échantillonnage et représentativité
- Biais, formulation et marges d’erreur
- L’opinion publique contestée par Bourdieu
- Sondages délibératifs et conventions citoyennes
- L’opinion publique comme acteur politique
- Démocratie d’opinion et effets des sondages
- Participation électorale et redistribution des voix
📖 1. Définir l’opinion publique et ses critiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Opinion publique : L’opinion publique désigne l’ensemble des jugements et positions qui circulent dans une société, mais sa définition varie selon les époques et les auteurs.
- Opinion du plus grand nombre : L’idée selon laquelle l’opinion publique correspond à ce que pense la majorité, ou à la somme des opinions individuelles.
- Élite éclairée : Vision historique de l’opinion publique où l’opinion dominante est produite par une minorité cultivée et influente.
- Salons : Cadres de discussion où des savants et intellectuels échangent, contribuant à former une opinion limitée à une petite partie de la population.
- Relais médiate : Rôle de la presse comme intermédiaire entre les élus et le public, permettant de diffuser et d’amplifier des positions politiques.
📝 Points essentiels
- La définition moderne de l’opinion publique ne correspond pas à la définition originelle apparue historiquement.
- Une vision courante assimile l’opinion publique à l’opinion de la majorité ou à la somme des opinions individuelles.
- Cette assimilation est fortement critiquée car elle ne rend pas compte de la façon dont l’opinion se construit réellement.
- Au XVIIe–XVIIIe siècles, l’opinion publique est pensée comme celle d’une élite éclairée et bourgeoise.
- À cette période, les acteurs centraux sont des savants et intellectuels réunis dans des salons, représentant une infime minorité (0,001%).
- Au XIXe siècle, l’opinion publique est davantage associée aux élus (parlementaires) et à la presse, qui agit comme relais médiate.
💡 Astuce mémo
Majorité ≠ origine : OP a changé de “producteurs” (élites → élus + presse).
📖 2. Chronologie de l’opinion publique en France
🔑 Notions clés & Définitions
- Salons : Lieu de sociabilité où des savants et intellectuels échangent et construisent des avis partagés, surtout à l’époque moderne.
- Suffrage censitaire : Système électoral où le droit de vote dépend du paiement d’un impôt, réservé aux hommes les plus riches.
- Suffrage universel direct masculin : Régime électoral où le vote est accordé à l’ensemble des hommes, sans condition de richesse.
- Suffrage universel féminin : Extension du droit de vote aux femmes, instaurée en France en 1944.
- Opinion publique sondée : Opinion publique mesurée par sondages, censée refléter les avis individuels et la majorité via des enquêtes.
📝 Points essentiels
- Au XVIIe-XVIIIe siècles, l’opinion publique est surtout portée par une élite éclairée et bourgeoise réunie dans des salons, représentant une infime minorité (0,001%).
- Au XIXe siècle, l’opinion publique se construit autour des parlementaires et de la presse, qui servent de relais entre citoyens et avis public, avec une participation estimée à environ 1% de la population.
- Au XIXe-XXe siècles, l’opinion publique passe davantage par des manifestants ouvriers, avec une contestation visible via la manifestation de rue, tout en restant minoritaire en proportion.
- La notion d’opinion publique évolue : elle s’élargit historiquement, passant d’une minorité très restreinte à une majorité supposée.
- La démocratie représentative est liée à l’opinion publique car le vote se développe et la répartition du pouvoir dépend des choix de la population.
- Chronologie électorale : 1800-1848 suffrage censitaire (hommes les plus riches), 1848 suffrage universel direct masculin, 1944 suffrage universel féminin.
💡 Astuce mémo
Salons → Parlementaires+Presse → Rue ouvrière ; Censitaire (1800-1848) → Universel masculin (1848) → Universel féminin (1944).
🔑 Notions clés & Définitions
- Opinion publique : Construction politique et médiatique historiquement située qui décrit ce que la population pense ou est supposée penser.
- Sondage d’opinion : Méthode statistique qui cherche à décrire les caractéristiques d’une population à partir des réponses d’un échantillon.
- Institut de sondages : Entreprise privée qui conçoit un questionnaire et collecte les réponses de citoyens pour produire des résultats chiffrés.
- Sondage politique : Sondage commandé pour mesurer des intentions de vote ou des avis sur des projets de lois afin d’évaluer et d’orienter la vie politique.
- Méthode par quotas : Procédure d’échantillonnage qui sélectionne des personnes en respectant des proportions identiques à celles de la population selon des critères définis.
📝 Points essentiels
- L’opinion publique s’est élargie au fil du temps, passant d’une minorité à une majorité supposée.
- Les instituts de sondages créent des questionnaires et récoltent les réponses de citoyens.
- Environ 10% des sondages commandés sont d’obédience politique, contre 90% à visée commerciale.
- Les sondages politiques sont utilisés par les médias et les partis pour estimer la réussite des candidats et orienter la communication.
- La généralisation des réponses repose sur un échantillon représentatif, typiquement d’au moins 1000 personnes.
- La méthode par quotas impose des proportions identiques (ex. âge, sexe, PCS, lieu de résidence) pour que la structure des sondés reflète celle de la population.
💡 Astuce mémo
10/90 : 10% politique, 90% commercial ; Quotas = mêmes proportions (âge, sexe, PCS, lieu).
🔑 Notions clés & Définitions
- Opinion publique : L’opinion publique désigne l’ensemble des opinions et attitudes d’une population à un moment donné.
- Sondage : Un sondage est une méthode statistique qui décrit les caractéristiques d’une population à partir d’un échantillon.
- Échantillon représentatif : Un échantillon représentatif reproduit la composition de la population étudiée pour permettre des résultats fiables.
- Vote de paille : Le vote de paille est un sondage organisé par des journaux en interrogeant des personnes de façon non contrôlée par un échantillonnage strict.
- Institut Gallup : L’Institut Gallup est une organisation de sondages fondée sur la sélection de participants selon des caractéristiques socio-économiques.
📝 Points essentiels
- En France, les femmes représentent 51% des personnes sondées.
- Parmi les 18-24 ans, 15% des représentants du sondage appartiennent à cette tranche d’âge.
- Un sondage vise à connaître des opinions ou des votes en s’appuyant sur un échantillon extrait de la population.
- Le vote de paille (XIXe siècle aux États-Unis) interroge des lecteurs ou des passants et valide les réponses d’avance.
- Le vote de paille le plus connu est celui de 1936 aux USA entre LANDON et ROOSEVELT, avec 10 millions de réponses.
- Le résultat annoncé par les journaux donne LANDON vainqueur, alors que le résultat officiel attribue la victoire à ROOSEVELT (écart).
💡 Astuce mémo
Vote de paille = « paille » : beaucoup de réponses, mais biais possible ; Gallup = « quotas » : composition contrôlée.
📖 5. Mesurer l’opinion publique par sondages
🔑 Notions clés & Définitions
- Sondage par quotas : Méthode d’échantillonnage qui impose des proportions par catégories (PCS, âge, etc.) pour rapprocher l’échantillon de la structure de la population étudiée.
- Modèle Gallup : Modèle de sondage importé pour structurer la mesure de l’opinion publique à partir d’un échantillon représentatif.
- Institut Français de l’Opinion Publique : Organisme créé en France pour diffuser et produire des enquêtes d’opinion, encore en activité aujourd’hui.
- Échantillon aléatoire : Échantillon constitué par tirage au hasard, utilisé pour limiter les biais de sélection lors d’enquêtes statistiques.
- Échantillon non aléatoire : Échantillon obtenu par sélection de participants, utilisé notamment pour des sondages d’opinion ou des enquêtes à partir de publics choisis.
📝 Points essentiels
- Le recensement correspond à une mesure sur 100% de la population, alors qu’un sondage porte sur une fraction inférieure à 100%.
- Le recensement démographique répond à une question de type « combien d’habitants » dans un pays.
- Un sondage interroge une partie de la population pour estimer des caractéristiques ou des opinions.
- Le modèle Gallup est importé en France par Jean Stoetzel en 1938, avec la création de l’IFOP.
- Les quotas (PCS, âge…) visent à obtenir un résultat statistiquement robuste en rapprochant l’échantillon de la composition de l’électorat américain du moment.
- En face à face ou par téléphone, l’« effet désirabilité » peut provoquer une sous-déclaration de certains votes (communistes avant 1980, puis extrême droite jusqu’en 2020).
💡 Astuce mémo
Quotas = « mêmes proportions » ; Gallup/IFOP = 1938 ; Aléatoire = hasard ; Non aléatoire = public choisi ; Désirabilité = on dit moins ce qu’on pense mal vu.
📖 6. Techniques d’échantillonnage et représentativité
🔑 Notions clés & Définitions
- Effet de désirabilité : Biais de réponse où les personnes ajustent leurs réponses pour paraître socialement acceptables, ce qui peut réduire la déclaration de certains votes.
- Sondage par internet : Technique d’enquête où les répondants répondent via un dispositif numérique, avec un risque de non-couverture de personnes sans accès ou compétences suffisantes.
- Sous-déclaration électorale : Phénomène où certains choix politiques sont moins rapportés que dans la réalité, souvent lié à des biais de réponse ou de recrutement.
- Sous-représentation des moins diplômés : Situation d’échantillon où les personnes ayant un niveau d’études faible sont moins présentes que dans la population électorale visée.
- Surreprésentation des diplômés du supérieur : Situation d’échantillon où les répondants très diplômés sont plus nombreux que dans la population électorale réelle.
📝 Points essentiels
- L’effet de désirabilité peut entraîner une sous-déclaration des votes communistes avant 1980 puis de ceux pour l’extrême droite (FN/RN) jusqu’en 2020.
- Le sondage par internet n’est pas parfait car une partie de la population n’a pas d’équipement, de réseau ou d’accès internet, ou ne sait pas utiliser les outils.
- Le recrutement internet peut aussi exclure des personnes éloignées de la politique ou empêchées (SDF, malades, prisonniers), ce qui déforme l’échantillon.
- Un exemple de biais d’échantillonnage est la sous-représentation des moins diplômés : 21% des sondés contre 5% des électeurs potentiels, soit environ 2 fois moins.
- Le même exemple montre une surreprésentation des diplômés du supérieur, ce qui peut modifier les résultats par rapport à l’électorat réel.
- La formulation du questionnaire compte : réponses préétablies et options limitées, réponses peu personnalisées, et définitions vagues peuvent introduire des biais et rendre les résultats sensibles au libellé.
💡 Astuce mémo
Désirabilité = « je me montre bien » → certains votes sont moins dits ; Internet = « accès requis » → certains groupes manquent.
🔑 Notions clés & Définitions
- Marges d’erreur : En statistique d’enquête, les marges d’erreur quantifient l’incertitude des résultats d’un sondage par rapport à la réalité.
- Volatilité électorale : La volatilité électorale désigne le fait que les intentions de vote peuvent changer rapidement, ce qui rend les sondages moins fiables.
- Sous-estimation du vote : La sous-estimation du vote correspond au fait qu’un sondage donne une valeur trop faible pour un groupe ou un candidat.
- Surestimation du vote : La surestimation du vote correspond au fait qu’un sondage donne une valeur trop élevée pour un groupe ou un candidat.
- Opinion publique : L’opinion publique est l’idée d’une position collective mesurable, souvent approchée par des sondages.
📝 Points essentiels
- Les marges d’erreur existent pour les sondages, mais elles sont souvent peu mises en avant pour rester simples et accessibles au grand public.
- Les sondages sur les intentions de vote ne sont pas infaillibles car les électeurs peuvent changer d’avis rapidement.
- Pour les présidentielles 2022 au 1er tour, des résultats ont été décrits comme une sous-estimation du vote pour Mélenchon (LFI).
- Pour les présidentielles 2022 au 1er tour, des résultats ont été décrits comme une surestimation du vote pour Pécresse (LR).
- La critique de l’opinion publique mesurée par sondages affirme que tout le monde n’a pas forcément une opinion construite sur tous les sujets.
- La critique de l’opinion publique mesurée par sondages souligne que les opinions n’ont pas la même “force” selon les individus et leurs capacités d’influence.
💡 Astuce mémo
Incertitude = marge d’erreur ; électeurs = volatils ; donc sondage = parfois trop bas (sous) ou trop haut (sûr).
📖 8. L’opinion publique contestée par Bourdieu
🔑 Notions clés & Définitions
- Problèmes de société : Notions collectives présentées comme des enjeux publics, dont l’existence d’un consensus dépend des questions posées et des acteurs qui les formulent.
- Sondage d’opinion : Procédé de mesure d’opinions à partir de réponses à des questions standardisées, dont le contenu peut être influencé par le commanditaire.
- Commanditaire des sondages : Acteur qui finance ou formule le sondage (presse, partis politiques…), et dont les choix de questions orientent ce que l’on mesure.
- Sondage délibératif : Dispositif alternatif où un échantillon est informé et débat avant de produire des jugements ou des propositions.
- Convention citoyenne : Forme de sondage délibératif réunissant des citoyens représentatifs, formés par des experts, pour débattre et aboutir à des recommandations ou votes.
📝 Points essentiels
- Il n’existe pas de consensus stable sur les “problèmes de société” actuels dans la population.
- Les questions d’un sondage dépendent du commanditaire (presse, partis politiques…), ce qui peut éloigner la mesure des préoccupations réelles.
- Des sondés peuvent répondre à des questions qu’ils ne s’étaient jamais posées auparavant.
- Le sondage délibératif vise à réduire l’effet des questions imposées en ajoutant information, formation et échanges.
- Le sondage délibératif commence par un échantillon représentatif de la population ciblée.
- Le sondage délibératif inclut une phase de formation par des spécialistes aux avis contradictoires, puis des débats en groupes avant vote ou participation.
💡 Astuce mémo
Sondage standard = questions d’abord ; sondage délibératif = information puis débat puis décision.
📖 9. Sondages délibératifs et conventions citoyennes
🔑 Notions clés & Définitions
- Convention citoyenne : Dispositif où des citoyens sont réunis pour débattre d’un sujet public et formuler un avis ou une recommandation.
- Convention citoyenne irlandaise : Convention citoyenne tenue en Irlande sur la légalisation de l’avortement, suivie d’un référendum.
- Référendum : Vote populaire qui tranche directement une question politique, ici avec un résultat positif pour l’IVG.
- Sondages électoraux : Enquêtes d’opinion mesurant les intentions ou préférences des électeurs, souvent plus nombreuses et fréquentes autour des scrutins récents.
📝 Points essentiels
- La convention citoyenne irlandaise sur l’avortement a été suivie d’un référendum aboutissant à un vote positif pour l’IVG.
- Les sondages électoraux sont devenus beaucoup plus nombreux entre 1981 et 2017, avec un ordre de grandeur de 5 fois plus autour de l’élection présidentielle.
- L’augmentation des sondages s’explique notamment par la facilité technique liée à Internet.
- La multiplication des partis et des médias accroît la demande d’enquêtes et la recherche d’informations sur l’opinion.
- Les sondages servent aussi à estimer l’avis de la population sur un programme politique ou une proposition précise.
- Ils peuvent servir à tester des candidats potentiels et à réduire l’incertitude sur les votes des électeurs.
💡 Astuce mémo
Convention citoyenne → débat → référendum ; Sondages 1981→2017 : Internet + médias + partis = “5× plus”.
📖 10. L’opinion publique comme acteur politique
🔑 Notions clés & Définitions
- Demande politique : Notion désignant le besoin exprimé par la population, que les acteurs cherchent à identifier avant de proposer un programme ou une candidature.
- Sondages électoraux : Outils d’enquête mesurant les préférences et intentions de vote, utilisés pour anticiper les réactions des électeurs à des profils ou propositions politiques.
- Élections primaires : Procédure interne à certains partis permettant de sélectionner un candidat à la présidentielle parmi plusieurs candidats potentiels.
- Démocratie d’opinion : Modèle politique où l’opinion publique, notamment via les sondages, pèse fortement dans la relation entre gouvernants et peuple, au détriment des médiations traditionnelles.
- Démocratie représentative : Modèle politique fondé sur des institutions et organisations intermédiaires (notamment partis et syndicats) qui structurent la représentation.
📝 Points essentiels
- Les sondages et la communication politique augmentent l’incertitude des votes quand ils diffusent des informations sur les préférences des électeurs.
- Les acteurs cherchent à connaître l’avis de la population sur un programme ou une proposition afin d’ajuster davantage à la demande.
- Les sondages servent aussi à tester des candidats potentiels au sein des partis en évaluant leur popularité et leur acceptation.
- Depuis 2007, certains partis organisent des primaires pour choisir un candidat à la présidentielle (PS : Hollande 2012, LR : Fillon 2017, EELV : Jadot 2022).
- Les sondages sont présentés comme fondamentaux pour estimer les préférences des Français concernant le profil d’un candidat.
- La publication des sondages a un effet contradictoire sur la participation : elle peut encourager certains électeurs tout en en décourageant d’autres.
💡 Astuce mémo
Démocratie d’opinion = sondage→personnalisation→lien direct, contre démocratie représentative = partis/syndicats comme relais.
📖 11. Démocratie d’opinion et effets des sondages
🔑 Notions clés & Définitions
- Effet bandwagon : Effet psychologique où des électeurs se rallient au candidat présenté comme le plus susceptible de gagner.
- Effet humble-the-winner : Effet de démobilisation où des électeurs renoncent à voter car ils estiment que le candidat favori est déjà assuré de gagner.
- Effet underdog : Effet de remobilisation où des électeurs se mobilisent pour un candidat annoncé battu, par espoir de renversement.
- Effet snob-the-loser : Effet de désengagement où certains électeurs évitent de soutenir un candidat présenté comme perdant.
- Redistribution des voix : Mécanisme par lequel les sondages déplacent des intentions de vote vers le trio annoncé en tête, au détriment des autres candidats.
📝 Points essentiels
- Les sondages ont des effets contradictoires sur la participation : ils peuvent encourager à voter pour le favori tout en démobilisant ceux qui pensent l’issue déjà jouée.
- L’effet bandwagon correspond à un transfert de soutien vers le candidat jugé le plus probable vainqueur.
- L’effet humble-the-winner décrit la démobilisation d’électeurs qui estiment que le candidat favori n’a plus besoin d’eux.
- Les sondages peuvent remobiliser l’électorat d’un candidat donné battu via l’effet underdog.
- Les sondages peuvent aussi décourager l’électorat d’un candidat donné battu via l’effet snob-the-loser.
- Au 1er tour de l’élection présidentielle 2022, les sondages sont illustrés par un effet bandwagon pour Emmanuel Macron, un effet snob-the-loser pour Valérie Pécresse et un effet underdog pour Jean-Luc Mélenchon.
💡 Astuce mémo
Bandwagon = je monte avec le gagnant ; Underdog = je crois au renversement ; Snob-the-loser = je décroche du perdant ; Humble-the-winner = je ne bouge pas car c’est plié.
📖 12. Participation électorale et redistribution des voix
🔑 Notions clés & Définitions
- Sondages d’opinion : Outils d’enquête qui mesurent l’intention de vote et l’état de l’opinion, puis sont largement diffusés par les médias.
- Intention de vote : Indication déclarée par les électeurs de leur choix politique futur, utilisée pour anticiper les rapports de force électoraux.
- Capital médiatique : Ressource de visibilité offerte par la couverture médiatique, qui favorise certains candidats et en pénalise d’autres.
- Contrôle du personnel politique : Mécanisme par lequel l’opinion publique, relayée notamment par les sondages, contraint les dirigeants à justifier et ajuster leurs décisions.
- Dérive populiste : Déviation où la politique se plie à des logiques de séduction ou de simplification, au risque d’affaiblir la démocratie.
📝 Points essentiels
- Les sondages d’opinion et l’intention de vote, de plus en plus nombreux et médiatisés, poussent les dirigeants à se justifier en continu.
- La médiatisation crée une visibilité inégale : certains candidats reçoivent plus de capital médiatique que d’autres, ce qui influence leur audience.
- Les partis sont contraints d’écouter les sondages, car ils pèsent sur la perception de la population et sur la confiance électorale.
- Les sondages et leurs commentaires participent au contrôle des gouvernants en obligeant à tenir compte de l’avis exprimé par l’opinion.
- La communication politique devient centrale dans une démocratie d’opinion, car elle sert à faire accepter les décisions et à proposer de nouvelles mesures.
- À l’extrême, la logique sondages-médias peut favoriser une dérive populiste ou démagogique, jugée risquée pour la démocratie.
💡 Astuce mémo
Sondages + médias = pression permanente : justifier, ajuster, convaincre (sinon dérive populiste).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1800-1848 | Suffrage censitaire (paiement d’impôt, hommes les plus riches) |
| 1848 | Suffrage universel direct masculin |
| 1944 | Suffrage universel féminin |
| 1938 | Importation du modèle Gallup en France par Jean Stoetzel et création de l’IFOP |
| 2000 | Sondage par internet |
| 2020 | Convention citoyenne sur le climat (150 citoyens, 8 mois) |
| 2023 | Convention citoyenne sur la fin de vie |
| 2010-2015? | Convention citoyenne sur la légalisation de l’avortement (Irlande) |
| 2007 | Organisation d’élections primaires dans certains partis |
📊 Tableaux de synthèse
Chronologie de l’OP en France et en Europe
| Période | Définition dominante de l’OP | Acteurs principaux |
|---|
| XVIIe–XVIIIe | OP = élite éclairée et bourgeoise | Savants/intellectuels en salons |
| XIXe | OP = élus + presse | Parlementaires et presse (relais médiateur) |
| XIXe–XXe | OP = manifestants ouvriers | Manifestation de rue (contestation populaire) |
| Mi XXe–XXIe | OP = sondée | Avis d’individus via médias (radio/TV) |
Techniques d’échantillonnage et types d’échantillon
| Type | Principe | Exemples |
|---|
| Aléatoire | Sélection par hasard | Enquêtes sur revenus, conditions de travail, composition de la famille, santé |
| Non aléatoire | Public sélectionné | Sondage d’opinion (politique/société) ; enquêtes statistiques publiques (choix des EDS) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre l’OP comme “majorité” (somme/plus grand nombre) avec l’OP telle qu’elle a été historiquement pensée (élites, puis élus+presse, puis sondée).
- Croire que les sondages mesurent l’opinion de toute la population : ils généralisent à partir d’un échantillon (souvent 1000 min).
- Penser que le vote de paille est “fiable” : il repose sur des réponses validées d’avance et un dispositif non contrôlé.
- Oublier que l’échantillon peut être biaisé : sous-représentation des moins diplômés et surreprésentation des diplômés du supérieur peuvent modifier les résultats.
- Confondre recensement et sondage : le recensement porte sur 100% de la population, le sondage sur moins de 100%.
- Sous-estimer l’effet de désirabilité : en face à face/téléphone, certains votes sont sous-déclarés (communistes avant 1980, extrême droite jusqu’en 2020).
- Croire que les sondages sont neutres : la formulation des questions et le commanditaire peuvent orienter ce qui est mesuré (Bourdieu).
✅ Checklist Examen
- Savoir définir l’opinion publique et expliquer pourquoi la définition moderne est critiquée par rapport à la définition originelle.
- Réciter la chronologie de l’OP en France/Europe : XVIIe–XVIIIe (salons/élite), XIXe (élus+presse), XIXe–XXe (manifestation de rue), puis mi XXe–XXIe (OP sondée).
- Maîtriser les repères électoraux : 1800-1848 suffrage censitaire, 1848 suffrage universel direct masculin, 1944 suffrage universel féminin.
- Expliquer le rôle des instituts de sondages : création du questionnaire, collecte des réponses, et distinction entre sondages politiques (10%) et commerciaux (90%).
- Savoir décrire la généralisation des résultats : échantillon représentatif, quotas, et exemples de quotas (âge, sexe, PCS, lieu de résidence).
- Connaître les techniques de sondage par internet et leurs limites : non-couverture (équipement/réseau/compétences) et exclusion de certains publics (SDF, malades, prisonniers).
- Distinguer échantillon aléatoire et non aléatoire et savoir donner un exemple pour chacun.
- Savoir présenter les critiques : effet désirabilité, biais d’échantillonnage (moins diplômés/supérieur), formulation des questions, et marges d’erreur/volatilité.
- Expliquer la critique de Bourdieu : absence de consensus stable, opinions pas toujours construites, inégale “force” des opinions, et influence du commanditaire.
- Savoir faire fonctionner le sondage délibératif : échantillon représentatif, information/formation, débats, puis vote/participation.
- Connaître les exemples de conventions citoyennes cités (climat 2020, fin de vie 2023, avortement Irlande 2010-2015?) et le lien avec un référendum (Irlande).
- Expliquer comment l’OP devient un acteur politique : démocratie d’opinion (Manin), effets sur participation et votes (bandwagon, humble-the-winner, underdog, snob-the-loser) et redistribution vers le trio annoncé.
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