Fiche de révision : Nouvelles frontières océans et espace

Plan du Cours

  1. Océans et espace, nouvelles frontières
  2. Maîtrise des mers et océanographie
  3. Enjeux de puissance des océans
  4. Maîtrise et droit de l’espace
  5. Course à l’espace de la guerre froide
  6. Coopération spatiale internationale
  7. Privatisation et rivalités spatiales
  8. Droit de la mer et gouvernance mondiale
  9. La Chine à la conquête des espaces
  10. Puissance maritime chinoise
  11. Programmes spatiaux chinois
  12. Conséquences géopolitiques de la Chine

1. Océans et espace, nouvelles frontières

Notions clés & Définitions

  • Oekoumène : L’oekoumène désigne l’ensemble des espaces habités par l’homme, par opposition aux zones en marge que sont océans et espace.
  • Abysses : Les abysses sont des zones océaniques très profondes (à partir de 3000 à 4000 m) où l’absence de lumière, le froid et les très hautes pressions dominent.
  • Ligne de Karman : La ligne de Karman est la limite à partir de laquelle l’espace commence, située à environ 100 km au-dessus de la surface terrestre.
  • Traité sur l’espace extra atmosphérique : Le traité sur l’espace extra atmosphérique encadre l’usage de l’espace, en posant notamment des principes de non-appropriation et de responsabilité des États.

Points essentiels

  • En janvier 2019, la Chine se pose sur la face cachée de la Lune pour la première fois, illustrant la recrudescence des missions lunaires.
  • Fin 2020, un submersible chinois emporte trois scientifiques et plonge dans la fosse des Mariannes à près de 11000 m, montrant l’extension des explorations en profondeur.
  • Les océans couvrent 71% de la surface de la planète et sont découpés en 7 océans par l’OHI, mais ils restent encore mal connus en profondeur.
  • Seuls 5% des fonds marins sont cartographiés avec précision et 2% sont explorés, ce qui fait des abysses une frontière perçue comme plus difficile que la Lune.

Astuce mémo

Lune sombre (face cachée) et océan sombre (abysses) : même logique de défi scientifique et de prestige.

2. Maîtrise des mers et océanographie

Notions clés & Définitions

  • OHI : L’OHI est l’organisation qui découpe le monde maritime en zones pour classer les mers et océans à l’échelle internationale.
  • Océanographie : L’océanographie est une discipline scientifique qui étudie les mers et océans, notamment les fonds marins, les courants et la biodiversité.
  • Mégasciences : Les mégasciences désignent des domaines scientifiques très coûteux, généralement financés par de grands investissements publics.
  • Territorialisation des mers : La territorialisation des mers est le processus par lequel les États s’approprient juridiquement ou économiquement des espaces maritimes, souvent via la colonisation.

Points essentiels

  • Les 7 océans découpés par l’OHI couvrent 71% de la surface de la planète.
  • L’océanographie démarre comme étude scientifique au XIXe siècle avec l’expédition HMS Challenger (1872-1876).
  • Les États financent des instituts spécialisés, mis en réseau par l’UNESCO, pour explorer les abysses depuis les années 1950.
  • La maîtrise des mers s’accélère grâce à une navigation nouvelle en haute mer permise par boussole, compas et voile carrée.
  • La territorialisation aboutit à la conférence de Montego Bay (1982) visant à encadrer l’appropriation juridique des espaces maritimes.
  • En dehors des eaux territoriales, la CNUDM maintient une liberté de circulation, y compris pour naviguer ou survoler de manière inoffensive, ainsi que la pose de câbles sous-marins.

Astuce mémo

Abysses = 3000-4000 m : sans lumière, grand froid, pressions extrêmes.

3. Enjeux de puissance des océans

Notions clés & Définitions

  • Ressources halieutiques : Ressources marines liées à la pêche et à l’aquaculture, qui soutiennent directement l’alimentation et l’économie de nombreux pays.
  • Planchers océaniques : Zones profondes des océans où se trouvent des réserves minérales importantes, susceptibles d’alimenter l’extraction industrielle.
  • Transport maritime : Mode de déplacement des marchandises par bateaux, essentiel pour faire circuler matières premières et produits manufacturés à grande échelle.
  • Prestige des explorations : Effet symbolique produit par l’exploration d’espaces difficiles, utilisé pour affirmer la puissance des États qui s’y imposent.

Points essentiels

  • Entre 1950 et 2010, la production mondiale de poisson est multipliée par 7 grâce à la pêche, puis l’aquaculture progresse d’environ 40% aujourd’hui.
  • Les produits de la mer nourrissent directement environ 25% de la population mondiale, ce qui rend l’accès aux zones de pêche stratégiquement sensible.
  • Le transport maritime assure plus de 80% des marchandises et environ 70% de la valeur transportée dans le monde, grâce à un faible coût et une empreinte carbone moindre malgré sa lenteur.
  • En extraction, environ 1/3 des réserves d’hydrocarbures prouvées se trouvent sous les océans et la part exploitée représente déjà 1/3 de la production mondiale.
  • Seuls 5% des fonds marins sont cartographiés précisément et 2% ont été explorés par des robots, alors que la conquête des abysses est décrite comme plus facile sur la Lune que dans les grands fonds.
  • Les océans deviennent des lieux de rivalités géopolitiques via un affrontement indirect entre puissances et l’installation de bases navales sur tous les océans.

Astuce mémo

Manger (pêche) → Transporter (bateaux) → Extraire (fonds) → Briller (abysses).

4. Maîtrise et droit de l’espace

Notions clés & Définitions

  • Espace frontière pionnier : L’espace est présenté comme une frontière à conquérir, où l’exploration vise des zones jamais atteintes par l’homme.
  • Coopération Station spatiale internationale : La Station spatiale internationale repose sur un principe de coopération scientifique et financière entre pays.
  • COSPAS-SARSAT : COSPAS-SARSAT est un système satellitaire de recherche et de sauvetage lancé en commun entre plusieurs pays.
  • CleanSeaNet : CleanSeaNet est un système satellitaire utilisé pour détecter les marées noires dans les eaux européennes.
  • Traité de l’espace : Le Traité de l’espace encadre l’usage des territoires célestes en interdisant notamment la militarisation de la Lune et des corps célestes.

Points essentiels

  • Une partie des communications en mer et du suivi des navires dépend des réseaux satellitaires.
  • En 1982, le système satellitaire COSPAS-SARSAT est lancé pour la recherche et le sauvetage en collaboration entre la France, le Canada, les États-Unis et l’URSS.
  • En 2007, l’EMSA lance CleanSeaNet pour détecter les marées noires dans les eaux européennes.
  • Le traité de l’espace interdit la militarisation de la Lune et des corps célestes ainsi que la mise sur orbite d’armes nucléaires.
  • La course à l’espace produit des innovations qui renforcent la puissance des États, notamment avec les technologies liées aux satellites (dont la GSP et la téléphonie mobile) et les progrès d’imagerie médicale (dont l’IRM).

Astuce mémo

COSPAS-SARSAT = secours par satellite ; CleanSeaNet = nettoyage anti-marées noires par satellite.

5. Course à l’espace de la guerre froide

Notions clés & Définitions

  • Spoutnik : Spoutnik : premier grand succès soviétique qui sert aussi de message de puissance militaire.
  • Programme Apollo : Programme Apollo : programme américain qui impose un avantage technique décisif grâce aux performances des lancements et au retour des équipages.
  • Station Saliout : Station Saliout : modules soviétiques en orbite utilisés pour tester les conditions de vie et établir des records de durée pour les vols habités.
  • Initiative Defense Strategic : Initiative Defense Strategic : projet porté par Reagan pour protéger le territoire américain et renforcer la dimension militaire de l’espace.

Points essentiels

  • Le lancement de Spoutnik envoie un message à la fois technologique et militaire, en montrant la capacité soviétique à atteindre le territoire américain avec des missiles nucléaires.
  • Korolev meurt en 1966 alors que les difficultés économiques s’aggravent en URSS, et le programme spatial soviétique connaît alors plusieurs échecs.
  • Avec le programme Apollo, les Saturne obtiennent un taux de réussite des lancements de 100% et tous les équipages sont ramenés à terre.
  • Le 23 mars 1983, Reagan lance l’IDS « guerre des étoiles », fondée sur l’usage de laser et de satellites pour détruire tout missile intercontinental visant les USA.
  • La détente des années 1970 permet un projet commun avec une rencontre en orbite entre 2 cosmonautes soviétiques et 3 astronautes américains, retransmise à l’échelle mondiale.

Astuce mémo

Spoutnik = message militaire; Apollo = réussite totale; Saliout = vie en orbite; IDS (23/03/1983) = “guerre des étoiles”.

6. Coopération spatiale internationale

Notions clés & Définitions

  • CUPEEA : Instance de l’ONU créée en 1958 pour encadrer et coordonner l’usage pacifique de l’espace afin d’éviter que la conquête ne devienne conflictuelle.
  • Traité sur la Lune : Traité de 1979 qui interdit l’appropriation de la Lune par un État et la présente comme un patrimoine commun de l’humanité.
  • Station spatiale internationale ISS : Projet multilatéral lancé à la fin des années 1990 qui réunit plusieurs pays et agences pour mener des recherches en orbite basse.
  • Tiangong : Programme de station spatiale chinoise, choisi par la Chine comme alternative au projet ISS et destiné à devenir un nouveau laboratoire orbital.

Points essentiels

  • L’ONU crée en 1958 le CUPEEA à l’initiative des États-Unis, afin de fournir un cadre de dialogue et de coopération après Spoutnik 1.
  • Le traité de l’espace de 1967 garantit à tous les États l’accès à l’espace sans appropriation, interdit la mise d’armes de destruction massive dans l’espace et impose un devoir d’assistance aux astronautes.
  • L’ISS est devenue pleinement opérationnelle en 2010 et associe 16 pays ainsi que 5 agences spatiales : NASA, ESA, Roscosmos, ASC et JAXA.
  • En 1993, la Russie renonce à Mir 2 et rejoint le projet ISS, ce qui stabilise durablement l’entente américano-russe malgré des tensions politiques.
  • La coopération est limitée par la multiplication des débris spatiaux, la question de la militarisation et la volonté des États de garder le contrôle de données sensibles, tandis que la Chine développe Tiangong en refusant d’intégrer l’ISS en 2011.

Astuce mémo

CUPEEA = dialogue anti-conflit pour garder l’espace pacifique et réduire les risques de collisions.

7. Privatisation et rivalités spatiales

Notions clés & Définitions

  • Space Act 2015 : Le Space Act 2015 est une loi américaine qui soutient le développement du New Space et encadre l’exploitation par des entreprises des ressources extra-terrestres.
  • New Space : Le New Space désigne l’ensemble des initiatives privées américaines qui visent à investir et rentabiliser l’activité spatiale, notamment via l’exploitation de ressources.
  • Ressources extra-terrestres : Les ressources extra-terrestres sont des ressources présentes sur des astres, dont l’exploitation est rendue possible pour des entreprises par le Space Act 2015.
  • Privatisation de l’ISS : La privatisation de l’ISS est la volonté américaine de faire financer plus largement l’exploitation de la station par des investisseurs privés plutôt que par les contribuables à partir de 2025.

Points essentiels

  • Le Space Act 2015 autorise des entreprises privées américaines à extraire et vendre des ressources naturelles des astres, sans empêcher les États de faire de même.
  • Les États-Unis souhaitent cesser de financer l’ISS à partir de 2025 pour réduire la charge sur les contribuables et transférer les coûts vers des investisseurs privés.
  • La privatisation progressive de l’ISS est présentée comme un facteur susceptible de fragiliser la coopération inter-étatique en contexte concurrentiel.
  • En 2011, la Chine refuse d’intégrer le projet international de l’ISS et choisit de développer sa propre station Tiangong afin d’en faire un laboratoire ouvert aux recherches.

Astuce mémo

Space Act 2015 = Acteur privé prend la main (extraire + vendre) → rivalités augmentent car la coopération devient moins financée par l’État.

8. Droit de la mer et gouvernance mondiale

Notions clés & Définitions

  • Liberté des mers : Principe juridique fondamental qui présente la haute mer comme un espace non appropriable par un État.
  • Zone économique exclusive (ZEE) : Espace maritime où un État dispose de droits spécifiques sur l’exploitation des ressources, sous conditions prévues par le droit international.
  • Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) : Traité adopté en 1982 qui codifie l’essentiel des règles internationales relatives aux espaces maritimes et à leurs usages.
  • Tribunal international du droit de la mer (TIDM) : Juridiction créée en 1996 pour trancher de nombreux litiges liés notamment aux frontières de ZEE et à l’interprétation du droit maritime.
  • BBNJ : Cadre en cours d’adoption porté par une session annuelle depuis 2018 pour organiser conservation et exploitation durable de la biodiversité marine en haute mer.

Points essentiels

  • La Convention de Genève de 1958 adopte des règles pour la mer territoriale, le plateau continental, la haute mer et la pêche, avant d’être remplacée par la CNUDM.
  • Environ 70 à 80 litiges frontaliers concernent surtout les limites des ZEE, et sont fréquemment jugés par le TIDM siégeant à Hambourg.
  • Si le TIDM ne résout pas le conflit, la CIJ peut être saisie en dernier recours, comme en 2018 quand la CIJ juge le Chili non tenu d’accorder un accès maritime à la Bolivie.
  • La pêche durable est encadrée depuis 1995 par une convention de promotion d’une pêche responsable avec quotas et contrôles coordonnés.
  • L’exploitation minière des fonds marins en eaux internationales est régie depuis 1994 par l’Autorité internationale des fonds marins, ce qui maintient la haute mer sous cadre juridique.
  • Depuis 2018, la session annuelle de la BBNJ vise un instrument juridiquement contraignant pour la conservation et l’exploitation durable de la biodiversité au-delà des juridictions nationales.

Astuce mémo

Grotius → Mare liberum : liberté des mers ; puis ZEE → limites de profits, et BBNJ → règles pour protéger le vivant en haute mer.

9. La Chine à la conquête des espaces

Notions clés & Définitions

  • Livre blanc de la Défense 2019 : Document stratégique chinois qui présente les grandes orientations et reconnaît un retard spatial, tout en expliquant comment le combler.
  • Livre blanc sur les activités spatiales 2016 : Texte chinois qui fixe des ambitions extra-atmosphériques, notamment lunaires et martiennes, avec l’objectif de devenir la première puissance spatiale vers 2045.
  • Ligne des 9 traits : Revendi­cation chinoise de limites maritimes présentée aux Nations Unies en 2009, contestée car elle traverse des ZEE de plusieurs pays.
  • Mer de Chine : Appellation utilisée par la RPC pour soutenir sa souveraineté sur une zone contestée, notamment face aux pays voisins qui emploient d’autres noms.

Points essentiels

  • En 1958, la « Déclaration du gouvernement concernant la mer territoriale » fixe la mer territoriale chinoise à 12 milles marins et interdit aux navires et aéronefs militaires étrangers l’entrée sans permission.
  • La première fusée « Longue Marche 1 » met en orbite en 1970 le satellite Dong Fang Hong (« L’Orient est rouge »).
  • Dans son Livre blanc de 2016, la Chine prévoit une base lunaire d’ici 2030 habitée par des robots puis par des humains et vise la première puissance spatiale d’ici 2045.
  • Fin 2022, la Chine dispose d’une station spatiale permanente Tiangong composée du module Tianhe et de deux modules d’expérimentation, avec une rotation d’astronautes depuis 2021.
  • En 2019, la sonde Chang’e 4 (« Lapin de Jade ») réalise des expériences biologiques sur la face cachée de la Lune en faisant germer des graines de coton qui ne survivent que quelques jours.
  • La RPC revendique en 2009 la ligne des 9 traits afin de dissuader l’intervention d’adversaires potentiels, mais elle est contestée car la ligne traverse notamment des ZEE des Philippines, du Vietnam, de l’Indonésie, de la Malaisie et de Brunei.

Astuce mémo

Lune 2030 puis puissance 2045 : « 2030 robots, 2045 numéro 1 ».

10. Puissance maritime chinoise

Notions clés & Définitions

  • Défense au large : Doctrine marine chinoise qui fait évoluer la mission vers une projection en mer plutôt qu’une simple défense du littoral.
  • Grande muraille de sable : Expression décrivant la poldérisation progressive d’îlots et récifs en mer de Chine méridionale pour y installer des infrastructures et une présence militaire durable.
  • Belt and Road maritime : Volet maritime de l’initiative Belt and Road qui relie la Chine au monde via des investissements dans des ports, utiles à la fois au commerce et à l’appui opérationnel.

Points essentiels

  • La stratégie de défense au large devient la doctrine officielle en 1986 sous l’impulsion de l’amiral Liu Huaqing.
  • La marine chinoise compte 225 000 marins et se situe en tête mondiale en tonnage, avec 3 porte-avions en service et 2 en construction.
  • La Chine revendique la ligne des 9 traits devant les Nations unies en 2009, alors qu’elle traverse des ZEE de plusieurs pays concernés.
  • Les Paracels sont contrôlés de facto par la Chine depuis une prise de 1974, malgré l’opposition du Vietnam et de Taïwan.
  • À Fiery Cross, la Chine transforme un récif en île artificielle et y installe une piste d’environ 3110 m, un héliport et des lanceurs de missiles.
  • Entre 2000 et 2023, la Chine finance des projets portuaires dans 78 ports de 46 pays dans le cadre du volet maritime de Belt and Road.

Astuce mémo

Défense au large : on quitte la plage pour agir au large — 9 traits pour dissuader, sable poldérise pour ancrer.

11. Programmes spatiaux chinois

Notions clés & Définitions

  • Tiangong 1 : Laboratoire spatial chinois où des taïkonautes passent une dizaine de jours en orbite, avant les étapes suivantes de l’essor spatial.
  • Chang’e 4 Lapin de jade : Mission chinoise de 2019 qui réussit un atterrissage/exploration sur la face cachée de la Lune, avec l’expérience de graines (coton) à bord.
  • Livre blanc 2016 activités spatiales : Document de 2016 où la Chine formule des ambitions extra-atmosphériques, notamment lunaires et martiennes, et vise la première puissance spatiale d’ici 2045.
  • Station spatiale permanente Tiangong : Station spatiale chinoise lancée à partir de 2022, composée du module Tianhe et de modules d’expérimentation, avec des astronautes en rotation depuis 2021.

Points essentiels

  • En 2013, des taïkonautes passent dix jours dans Tiangong 1, marquant une étape de présence humaine dans l’espace proche.
  • En 2019, Chang’e 4 « Lapin de jade » réussit une première mondiale sur la face cachée de la Lune et fait germer des graines de coton à bord avant qu’elles ne meurent en quelques jours.
  • Le Livre blanc spatial chinois de 2016 prévoit une Chine première puissance spatiale d’ici 2045 et annonce une base lunaire habitée d’abord par des robots puis par des humains d’ici 2030.
  • En 2016, la Chine met en place un quatrième site de lancement à Wenchang dont la construction coûte plus de 800 millions de dollars.
  • Depuis fin 2022, Tiangong, composée du module central Tianhe et de deux modules d’expérimentation, constitue une station permanente ; des astronautes y relaient depuis 2021.

Astuce mémo

Tiangong = présence orbitale ; Chang’e 4 = face cachée + coton ; Tiangong (permanente) = Tianhe + modules.

12. Conséquences géopolitiques de la Chine

Notions clés & Définitions

  • Piège de Thucydide : Théorie des relations internationales où une puissance dominante, par peur d’être dépassée par une puissance émergente, anticipe et déclenche une guerre.
  • Debt-trap Diplomacy : Idée selon laquelle des prêts consentis à des pays en développement créeraient une dépendance durable envers le créancier et ses décisions.
  • ASEAN+6 : Organisation régionale associant l’ASEAN et d’autres États pour développer coopération et commerce, tout en portant aussi une logique géopolitique.
  • Convention de Montego Bay : Cadre juridique de référence pour la mer que la Chine conteste largement ou critique dans sa mise en œuvre.
  • Quatre capacités de puissance : Ensemble de leviers attribués à la puissance : faire, faire faire, empêcher de faire et refuser de faire, selon Serge Sur et dans la filiation d’Aron.

Points essentiels

  • La montée en puissance chinoise accroît les tensions en mer et dans l’espace, compliquant la réponse des autres États et de la communauté internationale sans que la Chine en déclenche toujours l’escalade directement.
  • La Chine critique la Convention de Montego Bay en avançant que le droit serait celui des grandes puissances occidentales, tout en s’appuyant paradoxalement sur des règles du droit international pour réclamer des ZEE supplémentaires.
  • L’accroissement de puissance force les autres acteurs à s’adapter : Russie, Inde, Europe et États-Unis réagissent avec des inquiétudes spécifiques, les tensions étant les plus fortes avec les États-Unis en raison du spatial.
  • Aux yeux de Pascal Boniface, les relations sino-américaines peuvent être lues comme un risque de « piège de Thucydide » dû à la peur d’être dépassé.
  • La diplomatie chinoise peut aussi susciter la crainte d’un piège de la dette, évoqué notamment à Djibouti et au Sri Lanka.
  • La Chine cherche à rayonner via les « vitrines » que sont mers et espace, et s’appuie sur des capacités de puissance qualifiées de faire, faire faire, empêcher de faire et refuser de faire.

Astuce mémo

Thucydide = peur de dépasser → guerre possible ; Debt-trap = prêts → dépendance. Ces deux mots résument les risques géopolitiques liés à la puissance chinoise.

Repères chronologiques

DateÉvénement
janvier 2019La Chine se pose sur la face cachée de la Lune (Chang’e 4) pour la première fois.
fin 2020Un submersible chinois plonge dans la fosse des Mariannes (près de 11000 m) avec 3 scientifiques à bord.
1872-1876Expédition HMS Challenger : débuts de l’océanographie (cartographie des fonds marins, courants, biodiversité).
1950Départ de la forte hausse de la production mondiale de poisson (pêche puis aquaculture).
1958Création du CUPEEA (ONU) pour encadrer l’usage pacifique de l’espace, et conférence de Genève sur le droit de la mer.
1967Traité sur l’espace extra-atmosphérique (libre exploration sans appropriation).
1982Conférence de Montego Bay : encadrement de la territorialisation des mers et océans ; lancement de COSPAS-SARSAT.
1994Mise en place du cadre pour l’exploitation minière des fonds marins en eaux internationales (Autorité internationale des fonds marins).
1995Adoption de la convention encadrant une pêche responsable (quotas, contrôles coordonnés).
1996Création du Tribunal international du droit de la mer (TIDM) (siégeant à Hambourg).

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre oekoumène et abysses : l’oekoumène désigne les espaces habités, tandis que les abysses sont des zones océaniques profondes (3000-4000 m et plus) presque sans lumière.
  2. Croire que la militarisation de l’espace est autorisée : le traité de l’espace interdit la militarisation de la Lune et des corps célestes ainsi que la mise sur orbite d’armes nucléaires.
  3. Inverser liberté des mers et ZEE : hors eaux territoriales, la liberté de circulation existe (navigation/ survol inoffensif, câbles), alors que la ZEE donne des droits sur l’exploitation par l’État côtier.
  4. Mélanger TIDM et CIJ : le TIDM tranche la plupart des litiges liés aux frontières de ZEE, la CIJ n’intervenant qu’en dernier recours si nécessaire.
  5. Penser que l’ISS est uniquement “un projet des États-Unis” : le cours insiste sur le multilatéralisme (16 pays, 5 agences) et l’entente américano-russe au cœur du fonctionnement.
  6. Sous-estimer l’impact des débris spatiaux : la coopération scientifique reste limitée car les risques (débris, militarisation, contrôle des données sensibles) continuent de fragiliser les projets.
  7. Confondre la ligne des 9 traits avec les limites des ZEE : la ligne est une revendication maritime contestée, alors que les ZEE sont encadrées par la CNUDM et fondées sur une distance à partir de la côte (200 milles nautiques dans le cours).

Checklist Examen

  1. Savoir définir oekoumène, abysses et ligne de Karman, et associer les enjeux de défi scientifique (Lune/abysses).
  2. Expliquer comment l’océanographie commence au XIXe siècle avec HMS Challenger (1872-1876) et pourquoi elle relève des “mégasciences”.
  3. Rappeler les deux volets du droit des mers étudiés : mer territoriale (jusqu’à 12 milles marins) et ZEE (bandes de 200 milles nautiques avec droits d’exploration/exploitation).
  4. Citer la CNUDM (1982) et les principes qu’elle protège en haute mer (bien commun, liberté de circulation) ainsi que l’interdiction de limiter la navigation/survol inoffensif et de poser des câbles en ZEE (selon cours).
  5. Relier puissance maritime et “puissance” de Serge Sur (faire/faire faire/empêcher de faire/refuser de faire) aux rivalités via bases navales et routes maritimes.
  6. Justifier en une phrase pourquoi les abysses sont présentées comme “plus faciles” à explorer sur la Lune que dans les grands fonds, à partir des chiffres du cours (cartographie précise/exploration).
  7. Maîtriser les repères du traité de l’espace : libre accès, interdiction de la militarisation de la Lune/corps célestes et interdiction d’armes de destruction massive dans l’espace, et devoir d’assistance aux astronautes.
  8. Établir la chronologie centrale de la coopération spatiale : CUPEEA (1958), traité de l’espace (1967), ISS (lancement fin des années 1990, opérationnelle en 2010), et renoncement de la Russie à Mir 2 (1993).
  9. Expliquer les limites de la coopération : débris spatiaux, militarisation, contrôle des données sensibles, refus chinois d’intégrer l’ISS (2011) et rivalités accrues par la privatisation (Space Act 2015, financement évoqué à partir de 2025).
  10. Savoir présenter la logique chinoise : Livre blanc sur activités spatiales (2016, première puissance d’ici 2045), Tiangong (station permanente à partir de fin 2022, astronautes depuis 2021), Chang’e 4 (face cachée), et la stratégie maritime (défense au large depuis 1986, Paracels, “grande muraille de sable”).
  11. Connaître les enjeux juridiques et contentieux en mer : litiges frontaliers surtout ZEE (70-80), TIDM (1996) et recours possible à la CIJ (exemple 2018 Chili/Bolivie selon cours).
  12. Savoir relier BBNJ (session annuelle depuis 2018) à l’objectif d’un instrument contraignant pour la conservation et l’exploitation durable de la biodiversité marine en haute mer.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Nouvelles frontières océans et espace avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Que désigne l’« oekoumène » ?

2. Pourquoi les abysses sont-elles souvent présentées comme une frontière plus difficile à conquérir que la Lune ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Nouvelles frontières océans et espace avec 24 flashcards interactives.

Océans et espace, nouvelles frontières

Nouvelles zones d’exploration et de puissance.

Oekoumène — définition ?

Espaces habités par l’homme.

Abysses — profondeur ?

3000-4000 mètres, zones sans lumière.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches