📋 Plan du Cours
- Transitions démographiques
- Seconde transition
- Changements comportements
- Famille et fécondité
- Nouvelles formes de couple
- Fécondité hors mariage
- Infécondité
- Mortalité infantile
- Espérance de vie
- Inégalités sociales
📖 1. Transitions démographiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Transition démographique : Passage d’un régime ancien caractérisé par des taux de natalité et mortalité élevés à un régime moderne avec des taux faibles, entraînant une croissance lente ou un déclin démographique. Elle se déroule en plusieurs étapes, notamment la première transition (réduction de la mortalité) puis la seconde (baisse de la natalité).
- Croissance naturelle : Différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité d’une population. Elle indique si la population augmente ou diminue sans tenir compte des migrations.
- Baby-boom : Forte augmentation du nombre de naissances observée après la Seconde Guerre mondiale, interrompant la tendance de déclin de la fécondité.
- Baby-bust : Chute du taux de natalité après le baby-boom, marquant une baisse significative de la fécondité dans les années suivantes.
- Seuil de remplacement : Niveau de fécondité fixé à 2,1 enfants par femme, permettant de garantir le renouvellement des générations sans déclin démographique.
📝 Points essentiels
- La transition démographique se divise en plusieurs phases, la première étant la réduction de la mortalité, suivie par une baisse de la natalité lors de la seconde transition, ce qui entraîne une croissance lente ou un déclin.
- Selon Lesthaeghe et Van de Kaa (1986), la seconde transition démographique est caractérisée par une maîtrise complète de la fécondité grâce à la contraception, avec des intentions de fécondité en baisse, souvent inférieures à 2,1 enfants par femme.
- Le phénomène du baby-boom a été une réponse inédite à la fin de la Seconde Guerre mondiale, suivi par un baby-bust marqué par une chute du taux de natalité.
- La baisse de la fécondité en dessous du seuil de remplacement (2,1 enfants) dans les années 60 a été expliquée par un changement d’attitudes, avec une priorité accrue à l’individu, la banalisation des naissances hors mariage, et l’évolution des comportements liés au mariage et à la sexualité.
- La maîtrise des moyens de contraception et l’évolution des droits (notamment pour les couples de même sexe) ont fortement contribué à ces changements.
💡 À retenir
La transition démographique, en passant d’un régime ancien à un régime moderne, s’accompagne d’une baisse progressive de la natalité et de la mortalité, avec des phases marquées par le baby-boom puis le baby-bust, et la maîtrise de la fécondité grâce à la contraception.
📖 2. Seconde transition
🔑 Notions clés & Définitions
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Seconde transition démographique (SDT) : Théorie proposée par Lesthaeghe et Van de Kaa (1986) expliquant l’émergence de nouveaux comportements démographiques depuis les années 60, caractérisés par une baisse de la fécondité, une maîtrise complète de la fécondité grâce à la contraception, et un changement d’attitudes valorisant l’individu plutôt que la famille.
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Maîtrise complète de la fécondité : Capacité à contrôler le nombre d’enfants via la contraception, permettant d’éviter des naissances non désirées, ce qui conduit à des niveaux de fécondité très faibles.
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Décroissement naturel : Phénomène où le taux de mortalité dépasse le taux de natalité, entraînant une diminution de la population (décroissement naturel négatif), observé lors de la SDT.
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Changement d’attitudes : Évolution des valeurs et des comportements, où la priorité passe à l’individu plutôt qu’à la famille, avec notamment la réduction du mariage, la banalisation des naissances hors mariage, et l’émergence des nouvelles formes de couple (cohabitation, LAT).
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Naissances hors mariage et nouvelles formes de couple : Augmentation significative des naissances en dehors du mariage et développement de modes de vie alternatifs comme la cohabitation ou LAT, reflétant une déconnexion entre sexualité, mariage et fécondité.
📖 3. Changements comportements
🔑 Notions clés & Définitions
- Dissociation entre sexualité et mariage : Évolution où les rapports sexuels ne sont plus exclusivement liés au mariage, notamment à partir des années 80, avec une autonomie accrue de la sexualité par rapport à la légitimité matrimoniale.
- Évolution des droits des couples de même sexe : Progression législative et sociale permettant une reconnaissance juridique et sociale accrue des couples de même sexe, notamment en Europe ces 10-15 dernières années.
- Diffusion et banalisation de la cohabitation : Phénomène où la cohabitation hors mariage, initialement marginale, devient une pratique courante, notamment dans les pays nordiques, avec une entrée en union normative et une diversification des parcours familiaux.
- Changements majeurs dans les comportements démographiques depuis les années 60 : Transition vers des comportements plus individualistes, avec baisse de la fécondité, mariage plus tardif, augmentation du divorce, et développement de nouvelles formes d’union (cohabitation, unions libres, LAT).
- Évolution des intentions de fécondité : Désir d’avoir moins d’enfants, influencé par des changements d’attitudes valorisant l’individu, la parentalité optionnelle, et la maîtrise complète de la fécondité grâce à la contraception (voir section 2).
📝 Points essentiels
Depuis les années 60, on observe une rupture avec les comportements démographiques traditionnels. La dissociation entre sexualité et mariage s’est accentuée, notamment avec la banalisation des naissances hors mariage, qui sont devenues majoritaires dans certains pays comme la France (de 10% en 1965 à 90% en 1995). La maîtrise de la fécondité s’est généralisée grâce à la contraception, permettant aux individus de choisir librement le moment et le nombre d’enfants. La législation et la société ont aussi évolué pour reconnaître et légitimer les couples de même sexe, favorisant une diversification des formes d’union. La cohabitation hors mariage s’est diffusée, passant d’une pratique minoritaire à une norme, avec une entrée en union souvent perçue comme une étape normative. Ces transformations ont été accompagnées par une augmentation de l’âge au premier enfant, un recul du mariage, et une hausse du divorce, modifiant profondément la structure familiale et les trajectoires de vie. La théorie de la Seconde Transition Démographique (SDT) de Lesthaeghe et Van de Kaa (1986) explique ces changements par une priorité accrue à l’individu, une autonomie sexuelle et reproductive, et une redéfinition des valeurs familiales.
💡 À retenir
Depuis les années 60, les comportements démographiques ont connu une transformation majeure, avec une individualisation accrue, une dissociation entre sexualité et mariage, et une banalisation des nouvelles formes d’union, reflétant une société plus libre et diversifiée dans ses choix familiaux.
📖 4. Famille et fécondité
🔑 Notions clés & Définitions
- Déclin du mariage : diminution du nombre de mariages, caractérisée par une baisse du taux de primo-nuptialité (proportion de personnes se mariant pour la première fois) et un report de l’âge au mariage, observée dans toute l’Europe (voir section 4).
- Augmentation du divorce : hausse du nombre de divorces, avec environ une moitié des mariages qui se terminent par une séparation, phénomène lié à la législation, à l’indépendance économique des femmes et à la normalisation du divorce (voir section 4).
- Modèle familial typique : famille composée de deux enfants, représentant la configuration la plus fréquente dans les pays développés, en lien avec la fécondité et la structure démographique (voir section 4).
- Diffusion du modèle de l’enfant unique : tendance croissante à n’avoir qu’un seul enfant par famille, phénomène accentué par la baisse de la fécondité et la transformation des comportements familiaux (voir section 4).
- Relation entre éducation et âge à la première naissance : corrélation où un niveau d’éducation plus élevé est associé à un âge plus tardif lors de la première naissance, reflétant l’évolution des comportements démographiques et des choix de vie (voir section 4).
📝 Points essentiels
- La période d’« Ere dorée du mariage » dans les années 50-60 voit une forte stabilité et importance du mariage dans la construction familiale. Depuis, on observe un déclin du mariage avec une baisse du taux de primo-nuptialité et un report de l’âge au mariage, notamment dans toute l’Europe (voir section 4).
- La législation, l’indépendance économique des femmes et la normalisation du divorce expliquent l’augmentation du taux de divorce, où environ 1 mariage sur 2 finit en séparation (voir section 4).
- La famille « modèle » avec deux enfants reste majoritaire, mais la diffusion du modèle de l’enfant unique s’accroît, notamment dans certains pays où la fécondité baisse fortement (voir section 4).
- La baisse de la fécondité est liée à une modification des attitudes et des comportements, avec une priorité accrue à l’individu, une évolution du rôle du mariage, et une augmentation des naissances hors mariage, acceptées socialement (voir section 4).
- La relation entre éducation et âge à la première naissance montre que plus le niveau d’éducation est élevé, plus tardive est la première naissance, traduisant une transformation des parcours familiaux et des choix de vie (voir section 4).
💡 À retenir
Le déclin du mariage, l’augmentation du divorce et la diffusion du modèle de famille avec un seul enfant traduisent une transformation profonde des comportements familiaux, influencée par l’évolution des attitudes sociales, économiques et législatives.
🔑 Notions clés & Définitions
- Cohabitation : Situation dans laquelle un couple vit ensemble sans être marié. Elle peut être une étape vers le mariage ou une forme de vie durable, devenant une pratique courante dans plusieurs pays européens (voir aussi "entrée en union normative").
- Unions libres : Forme d’union où deux personnes vivent ensemble sans formalité légale ou religieuse, souvent associée à la cohabitation, mais avec une reconnaissance sociale plus large.
- LAT (Living Apart Together) : Forme de couple où les partenaires vivent séparément tout en maintenant une relation affective et/ou sexuelle, illustrant la diversification des parcours familiaux hors mariage (voir aussi "diversité des parcours familiaux hors mariage").
- Banalisation des naissances hors mariage : Processus par lequel les naissances en dehors du mariage deviennent de plus en plus acceptées socialement, notamment au sein des couples non mariés, avec une augmentation notable en France (de 10% en 1965 à 90% en 1995).
- Entrée en union normative par la cohabitation : Transition où la cohabitation devient une étape ou une forme d’union socialement reconnue, souvent considérée comme une norme ou une étape intermédiaire vers le mariage ou une vie de couple durable.
- Diversité des parcours familiaux hors mariage : Multiplication des configurations familiales non traditionnelles, incluant cohabitation, unions libres, naissances hors mariage, et LAT, reflétant une évolution vers une plus grande pluralité des formes de vie familiale (voir aussi "diversité des parcours familiaux hors mariage").
📝 Points essentiels
- La cohabitation, autrefois rare, s’est généralisée en Europe, notamment en France où 55% des femmes se mariaient en 2005, contre 151% si l’on suit l’exemple suédois en 1988. Elle devient une étape normative dans la formation du couple, souvent précédant ou remplaçant le mariage.
- La pratique du LAT s’est développée dans les années 80, permettant à des couples de vivre séparément tout en maintenant une relation, illustrant la diversification des parcours familiaux hors mariage.
- La banalisation des naissances hors mariage, avec une augmentation de leur proportion, témoigne d’un changement d’attitudes sociales, où il n’est plus nécessaire d’être marié pour avoir un enfant. La France a connu une augmentation notable, passant de 10% en 1965 à 90% en 1995.
- La diversification des parcours familiaux hors mariage traduit une évolution vers une entrée en union moins normative, où la cohabitation et la parentalité hors mariage deviennent des pratiques courantes et socialement acceptées.
- La reconnaissance sociale et légale de ces nouvelles formes de couple contribue à une redéfinition de la norme familiale, avec une évolution vers des modèles plus individualisés et pluriels.
💡 À retenir
Les nouvelles formes de couple, telles que la cohabitation, les unions libres, et le LAT, ainsi que la banalisation des naissances hors mariage, illustrent une transformation profonde des parcours familiaux, marquée par une plus grande diversité et une entrée progressive dans une norme moins centrée sur le mariage.
📖 6. Fécondité hors mariage
🔑 Notions clés & Définitions
- Fécondité hors mariage : augmentation progressive depuis les années 60-70, caractérisée par une croissance du nombre de naissances en dehors du cadre du mariage, reflet de changements d’attitudes et de comportements sociaux.
- Dissociation entre mariage et fécondité : phénomène où la naissance d’un enfant n’est plus systématiquement liée au mariage, témoignant d’une évolution des pratiques familiales et de l’individualisation des choix.
- Rôle de la contraception dans la fécondité hors mariage : développement et démocratisation des moyens contraceptifs permettant de contrôler la reproduction, facilitant la naissance d’enfants hors mariage sans risque de grossesse non désirée.
- Acceptation sociale croissante des naissances hors mariage : processus où la société devient de plus en plus tolérante et normale vis-à-vis des naissances en dehors du mariage, contribuant à leur banalisation (voir section 3).
📝 Points essentiels
Depuis les années 60-70, la fécondité hors mariage connaît une augmentation notable, notamment dans les pays du Nord de l’Europe, puis dans d’autres régions. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de dissociation croissante entre mariage et fécondité, où il n’est plus nécessaire d’être marié pour avoir un enfant. La démocratisation de la contraception, notamment avec l’accès accru à divers moyens contraceptifs, a joué un rôle central dans cette transition, permettant aux individus de maîtriser leur reproduction indépendamment des normes sociales traditionnelles. Par ailleurs, l’acceptation sociale des naissances hors mariage s’est fortement développée, passant d’un phénomène minoritaire à une pratique courante et banalisée, notamment en France où la majorité des unions débutent désormais par la cohabitation ou en dehors du mariage. La société moderne privilégie désormais la liberté individuelle, ce qui se traduit par une diversification des parcours familiaux et une baisse du lien obligatoire entre mariage et parentalité.
💡 À retenir
La croissance de la fécondité hors mariage reflète une mutation profonde des comportements et des normes sociales, où contraception et acceptation sociale ont permis une dissociation durable entre mariage et parentalité, marquant une étape clé de l’individualisation des choix familiaux.
📖 7. Infécondité
🔑 Notions clés & Définitions
- Infécondité : Absence d’enfant à l’âge de 40-45 ans, considérée comme un indicateur de l’échec ou de l’impossibilité de concevoir un enfant après cette période. Elle ne doit pas être confondue avec l’infertilité, qui désigne un problème médical empêchant la conception (voir aussi "infertilité").
- Infertilité : Problème médical ou physiologique empêchant la conception d’un enfant, souvent diagnostiqué avant l’âge de 40-45 ans. Elle peut être temporaire ou permanente.
- Démocratisation de la contraception : Processus par lequel l’accès et l’usage des moyens contraceptifs se généralisent dans la population, influençant directement la baisse de la fécondité et augmentant l’infécondité à long terme (voir section 7).
📝 Points essentiels
- L’infécondité se définit par l’absence d’enfant à un âge où la majorité des femmes ont déjà conçu, généralement autour de 40-45 ans, ce qui correspond à une étape où la conception devient de plus en plus rare.
- La différence entre infécondité et infertilité est fondamentale : la première est une situation d’absence d’enfant après un certain âge, souvent liée à des facteurs sociaux ou comportementaux, alors que la seconde concerne un problème médical empêchant la conception, pouvant survenir à tout âge.
- La montée de l’infécondité est liée à plusieurs facteurs socio-économiques : incompatibilité travail/famille, précarité du marché de l’emploi, allongement de la jeunesse, et surtout la démocratisation de la contraception, qui permet un contrôle accru des naissances mais peut aussi contribuer à une baisse prolongée de la fécondité.
- La baisse de la fécondité, et par extension l’augmentation de l’infécondité, est observée depuis les années 60, avec une maîtrise complète de la fécondité grâce aux moyens de contraception, ce qui modifie les comportements liés à la parentalité et à la conception.
- La mortalité infantile, en diminuant grâce aux progrès médicaux, a permis une augmentation de l’espérance de vie, mais n’a pas empêché l’augmentation de l’infécondité liée aux changements sociaux et individuels.
💡 À retenir
L’infécondité, définie par l’absence d’enfant à l’âge de 40-45 ans, résulte principalement de facteurs sociaux et de la démocratisation de la contraception, qui ont profondément modifié les comportements de fécondité depuis les années 60.
📖 8. Mortalité infantile
🔑 Notions clés & Définitions
- Mortalité infantile : indicateur du niveau sanitaire d’un pays, mesurant le nombre de décès d’enfants de moins d’un an pour 1 000 naissances vivantes, permettant d’évaluer la santé publique et les conditions de développement.
- Causes principales actuelles : problèmes liés à la grossesse et au développement du bébé, tels que les complications périnatales, les malformations, ou encore les troubles liés à la prématurité.
- Impact des politiques : mesures gouvernementales, comme l’interdiction de l’avortement en Roumanie (années 70), qui influencent directement ou indirectement la mortalité infantile en modifiant les pratiques de santé reproductive et maternelle.
- Transition sanitaire (Omran) : processus par lequel les causes de mortalité évoluent, passant des maladies infectieuses aux maladies de dégénérescence, ce qui influence la mortalité infantile.
- Progrès sur 50 ans : baisse significative de la mortalité infantile grâce aux avancées médicales, à la vaccination, et à l’amélioration des conditions sanitaires, même si des inégalités persistent selon les régions et les classes sociales.
- Naissance de la survie : la survie des enfants dépend du développement du système immunitaire, qui est vulnérable face aux maladies infectieuses, mais cette vulnérabilité diminue avec les progrès médicaux.
📝 Points essentiels
- La mortalité infantile est un indicateur clé du niveau sanitaire d’un pays, reflétant la qualité des soins prénatals, périnatals et postnatals.
- La baisse de la mortalité infantile depuis 50 ans est liée aux progrès médicaux, à la vaccination, à l’amélioration des conditions de vie, et à la réduction des maladies infectieuses.
- Aujourd’hui, les causes principales de mortalité infantile ne sont plus les maladies infectieuses, mais plutôt les problèmes liés à la grossesse et au développement du bébé, tels que la prématurité ou les malformations.
- La politique peut jouer un rôle déterminant : par exemple, l’interdiction de l’avortement en Roumanie dans les années 70 a provoqué un pic de natalité, influant indirectement sur la mortalité infantile.
- Les inégalités géographiques, socioéconomiques et de genre persistent, avec des taux de mortalité infantile plus élevés dans certains pays ou régions, notamment en Europe de l’Est ou dans les populations défavorisées.
- La transition sanitaire (Omran) explique l’évolution des causes de décès, avec une diminution des maladies infectieuses et une augmentation relative des maladies de dégénérescence.
💡 À retenir
La mortalité infantile, en tant qu’indicateur du niveau sanitaire, a connu une baisse remarquable grâce aux progrès médicaux, mais reste influencée par des facteurs politiques, socioéconomiques et géographiques, reflétant les inégalités en matière de santé.
📖 9. Espérance de vie
🔑 Notions clés & Définitions
- Espérance de vie : âge moyen au décès ou durée moyenne de vie d’une population, calculée à partir des taux de mortalité.
- Variations géographiques et temporelles de l’espérance de vie : différences dans la durée de vie selon les régions, pays ou périodes, reflétant les inégalités sociales, économiques et sanitaires.
- Espérance de vie en bonne santé : indicateur déclaratif de santé perçue, mesurant la durée de vie sans incapacité ou problème de santé majeur.
- Paradoxe homme-femme : phénomène où les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais en moyenne en moins bonne santé durant ces années supplémentaires, selon ****(voir section 8)**.
- Vieillissement démographique : augmentation de la proportion de personnes âgées dans la population, liée à une hausse de l’espérance de vie et à une baisse de la natalité.
📝 Points essentiels
L’espérance de vie est un indicateur clé du progrès sanitaire et social, reflétant l’amélioration des conditions de vie. La variation de cet indicateur selon les régions (notamment en Europe du Nord, de l’Est, occidentale, centrale, méridionale) témoigne des inégalités géographiques. La transition sanitaire, décrite par ****(Omran), explique la baisse des causes de décès liées aux maladies infectieuses, remplacées par celles de dégénérescence (cancers, maladies cardiovasculaires). La croissance de l’espérance de vie s’accompagne d’un vieillissement démographique, avec une part croissante de personnes de 65 ans et plus, ce qui pose des enjeux socio-économiques. La disparité entre sexes est notable : ****(voir section 8), avec une surmortalité masculine plus marquée dans certains pays comme la Russie. La santé perçue, ou espérance de vie en bonne santé, est un objectif européen visant à augmenter la durée de vie sans incapacité. Cependant, un paradoxe existe : malgré une espérance de vie plus longue, les femmes vivent souvent en moins bonne santé que les hommes durant ces années supplémentaires. La croissance du vieillissement entraîne une augmentation du taux de dépendance, avec plus de personnes âgées nécessitant une prise en charge spécifique.
💡 À retenir
L’espérance de vie, en tant qu’indicateur de progrès sanitaire, varie selon les régions et les sexes, et son augmentation s’accompagne d’un vieillissement démographique qui soulève des défis sociaux et économiques majeurs.
📖 10. Inégalités sociales
🔑 Notions clés & Définitions
- Inégalités sociales face à la mortalité : Disparités observées dans la durée et la qualité de vie selon le capital économique, culturel et social des individus, influençant leur vulnérabilité face aux causes de décès (voir aussi "Inégalités selon le niveau d’éducation" et "Inégalités selon la catégorie socioprofessionnelle").
- Inégalités selon le niveau d’éducation : Différences dans l’espérance de vie et la mortalité entre les individus en fonction de leur niveau d’instruction, avec une tendance à une mortalité plus faible chez les plus éduqués, reflet des inégalités socioéconomiques (voir aussi "Inégalités socioéconomiques").
- Surmortalité masculine variable selon pays : Disparités dans la mortalité masculine entre différents pays, par exemple une surmortalité très élevée en Russie comparée à la Suède, liée à des facteurs culturels, sociaux et économiques (voir aussi "Inégalités géographiques").
📝 Points essentiels
- Inégalités géographiques : La mortalité varie selon les régions, avec des différences notables entre régions régionales, nationales ou infranationales, notamment en Europe où la mortalité est plus élevée dans certains pays de l’Est comparée à l’Europe du Nord ou de l’Ouest.
- Inégalités socioéconomiques : Les individus disposant d’un capital économique, culturel ou social élevé vivent généralement plus longtemps, illustrant une forte inégalité face à la mortalité. La relation entre niveau d’éducation et mortalité est confirmée par des études montrant que les moins éduqués ont une mortalité plus élevée.
- Inégalités selon la catégorie socioprofessionnelle : La mortalité diffère selon la catégorie socioprofessionnelle, avec une surmortalité masculine notable, notamment dans certains pays comme la Russie.
- Vieillissement et inégalités : Le vieillissement démographique accentue les inégalités, notamment avec une espérance de vie en bonne santé plus faible chez les femmes malgré leur longévité supérieure, et une augmentation des personnes âgées vivant seules.
- Surmortalité masculine : La surmortalité masculine est particulièrement marquée en Russie, en contraste avec la Suède, ce qui reflète des différences culturelles, sociales et de comportements à risque.
- Transition sanitaire et causes de décès : La transition sanitaire a modifié les causes principales de mortalité, passant des maladies infectieuses aux maladies de dégénérescence et accidents, avec des inégalités persistantes selon les contextes géographiques et socioéconomiques.
💡 À retenir
Les inégalités sociales face à la mortalité, qu’elles soient géographiques, socioéconomiques ou liées au niveau d’éducation, expliquent en grande partie les disparités dans l’espérance de vie et la santé, avec une surmortalité masculine particulièrement marquée dans certains pays comme la Russie.
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère / Concept | Transition démographique | Seconde transition | Changements comportements | Famille et fécondité | Auteur / Référence |
|---|
| Définition principale | Passage d’un régime ancien à moderne avec baisse mortalité et natalité | Baisse de la fécondité, maîtrise contraception, individualisation | Dissociation sexualité/mariage, diversification des unions | Déclin du mariage, augmentation du divorce, famille nucléaire | Lesthaeghe & Van de Kaa (1986) |
| Phases | 1ère : mortalité baisse, 2ème : natalité baisse | Maîtrise complète de la fécondité, baisse intentionnelle | Banalisation des naissances hors mariage, nouvelles formes de couple | Modèle de famille à 2 enfants, famille monoparentale en hausse | - |
| Facteurs clés | Amélioration sanitaire, progrès médical, changements sociaux | Contraception, droits individuels, changement d’attitudes | Évolution des valeurs, autonomie sexuelle, législation | Évolution des lois, changement des comportements sociaux | - |
| Conséquences | Croissance puis déclin démographique | Croissance négative, décroissance | Individualisation, autonomie, diversification | Baisse de la fécondité, report du mariage, augmentation du divorce | - |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre la première et la seconde transition démographique, notamment leurs causes et effets.
- Surestimer le rôle de la mortalité dans la transition, en sous-estimant la maîtrise de la fécondité.
- Confondre baby-boom et baby-bust en termes de temporalité et de contexte.
- Négliger l’impact des changements d’attitudes et de la législation dans la seconde transition.
- Confondre naissances hors mariage et mariage traditionnel, en termes de fréquence et de perception sociale.
- Oublier que la maîtrise de la fécondité est liée à la disponibilité et à l’usage de la contraception.
- Confondre diversification des formes de couple et augmentation des naissances hors mariage.
- Sous-estimer l’impact des inégalités sociales sur la fécondité et la famille.
- Confondre décroissance naturelle et migration dans l’analyse démographique.
- Confondre modèle familial traditionnel et modèles contemporains (famille monoparentale, recomposée).
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de la transition démographique selon Lesthaeghe et Van de Kaa (1986) et ses phases.
- Expliquer la différence entre première et seconde transition démographique.
- Identifier les facteurs ayant contribué à la baisse de la fécondité dans les années 60, notamment la maîtrise de la contraception.
- Définir le seuil de remplacement (2,1 enfants) et son importance pour le renouvellement des générations.
- Décrire les changements de comportements liés à la seconde transition, notamment la dissociation sexualité/mariage et la banalisation des naissances hors mariage.
- Connaître l’impact de la législation sur la reconnaissance des couples de même sexe et la diversification des formes de couple.
- Analyser la relation entre éducation et âge à la première naissance.
- Connaître les principales caractéristiques du modèle familial traditionnel et son évolution récente.
- Identifier les facteurs expliquant l’augmentation du divorce et la baisse du mariage.
- Maîtriser le vocabulaire clé : baby-boom, baby-bust, décroissement naturel, cohabitation, fécondité hors mariage.
- Connaître les auteurs clés : Lesthaeghe et Van de Kaa et leurs concepts sur la seconde transition.
- Vérifier la maîtrise des notions de mortalité infantile, espérance de vie, et leur rôle dans la transition démographique.