Coûts complets et seuil de rentabilité : fiche de révision
Charges directes et indirectes, centres d'analyse, coût de revient, marge sur coût variable, seuil de rentabilité et point mort : la méthode du BTS CG avec des exemples recalculés.
1Charges incorporables et centres d'analyse
La comptabilité de gestion part des charges de la comptabilité générale et les adapte : charges incorporables = charges de la comptabilité générale − charges non incorporables (charges sans rapport avec l'activité normale, comme une amende) + charges supplétives (charges absentes de la comptabilité générale, comme la rémunération du travail de l'exploitant ou des capitaux propres). Les charges directes concernent un seul produit et lui sont affectées sans calcul (matières, main-d'œuvre directe). Les charges indirectes concernent plusieurs produits et passent par les centres d'analyse.
Le tableau de répartition se construit en trois temps. Répartition primaire : les charges indirectes sont ventilées entre tous les centres à l'aide de clés. Répartition secondaire : les centres auxiliaires (entretien, administration des ateliers) sont vidés dans les centres principaux (approvisionnement, production, distribution) ; s'ils se rendent des prestations réciproques, on pose un système de deux équations. Enfin, coût de l'unité d'œuvre = total du centre après répartition secondaire ÷ nombre d'unités d'œuvre. Exemple : centre atelier 48 000 € pour 3 200 heures machine, soit 15 € l'heure ; un produit qui consomme 1 200 heures reçoit 1 200 × 15 = 18 000 € de charges indirectes.
2La hiérarchie des coûts complets
Les coûts s'enchaînent en suivant le cycle de fabrication. Coût d'achat = prix d'achat des matières + charges directes et indirectes d'approvisionnement. Les matières entrent en stock à ce coût et en sortent au coût moyen unitaire pondéré (CMUP) = (valeur du stock initial + valeur des entrées) ÷ (quantité en stock initial + quantités entrées). Coût de production = coût des matières consommées + main-d'œuvre directe + charges indirectes de production. Coût de revient = coût de production des produits vendus + coûts hors production (distribution, administration). Résultat analytique = chiffre d'affaires − coût de revient.
Exemple de CMUP : stock initial 200 kg à 10 € (2 000 €), entrées 800 kg à 12 € (9 600 €). CMUP = 11 600 ÷ 1 000 = 11,60 € le kg. Une sortie de 700 kg vaut 8 120 € et le stock final de 300 kg vaut 3 480 € (total 11 600 €). Concordance avec la comptabilité générale : résultat de la comptabilité générale = somme des résultats analytiques + charges supplétives − charges non incorporables (aux différences d'inventaire et d'arrondis près). Cette vérification figure souvent en dernière question.
3Coûts variables, seuil de rentabilité et point mort
La méthode des coûts variables reclasse les charges selon leur comportement : variables (proportionnelles à l'activité) ou fixes (indépendantes du volume sur une structure donnée). Marge sur coût variable (MCV) = chiffre d'affaires − charges variables ; taux de MCV = MCV ÷ chiffre d'affaires ; résultat = MCV − charges fixes. Le seuil de rentabilité est le chiffre d'affaires pour lequel le résultat est nul : seuil = charges fixes ÷ taux de MCV, ou en quantités charges fixes ÷ MCV unitaire. Le point mort est la date à laquelle il est atteint : seuil ÷ chiffre d'affaires annuel × 12 mois (ou × 360 jours) si l'activité est régulière. Marge de sécurité = chiffre d'affaires − seuil ; indice de sécurité = marge de sécurité ÷ chiffre d'affaires ; levier opérationnel = MCV ÷ résultat.
Exemple : prix de vente 50 €, coût variable unitaire 30 €, charges fixes 120 000 €, ventes 8 000 unités. Chiffre d'affaires = 400 000 € ; charges variables = 240 000 € ; MCV = 160 000 €, soit un taux de 40 % ; résultat = 160 000 − 120 000 = 40 000 €. Seuil = 120 000 ÷ 0,40 = 300 000 €, soit 120 000 ÷ 20 = 6 000 unités. Point mort = 300 000 ÷ 400 000 × 12 = 9 mois, donc fin septembre pour un exercice calé sur l'année civile. Marge de sécurité = 100 000 € ; indice de sécurité = 25 % ; levier opérationnel = 160 000 ÷ 40 000 = 4 : une hausse de 10 % du chiffre d'affaires augmente le résultat de 40 %.
4Pièges de l'examen et méthode de révision
Les pièges classiques : oublier les charges supplétives ou laisser une charge non incorporable dans les coûts ; diviser le total d'un centre avant la répartition secondaire ; valoriser les sorties de stock au dernier prix d'achat au lieu du CMUP ; calculer le coût de revient sur les quantités produites alors qu'il porte sur les quantités vendues ; diviser les charges fixes par la MCV en euros au lieu du taux ; annoncer un point mort par la formule simple alors que l'activité est saisonnière (il faut alors cumuler le chiffre d'affaires mois par mois jusqu'au seuil) ; oublier qu'un changement de structure modifie les charges fixes et donc le seuil.
Méthode : en coûts complets, dessine d'abord le schéma du processus (achats, stocks, ateliers, produits finis, ventes), puis avance tableau par tableau en tenant les fiches de stock en quantités et en valeurs. En coûts variables, présente un compte de résultat différentiel (chiffre d'affaires, charges variables, MCV, charges fixes, résultat) avec les pourcentages, puis contrôle le seuil : en le reportant dans ce tableau, le résultat doit être nul. Pour réviser, refais les exemples de la fiche en changeant une donnée (prix de vente, charges fixes) et commente l'effet sur le seuil et sur la marge de sécurité.
Définitions à connaître par cœur
Quiz : teste-toi sur coûts complets et seuil de rentabilité
8 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !
1. Un centre d'analyse totalise 48 000 € pour 3 200 heures machine. Le coût de l'unité d'œuvre est de…
- A.12 €
- B.16 €
- C.150 €
- D.15 €
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Réponse : D. 15 €
48 000 ÷ 3 200 = 15 € par heure machine.
2. Stock initial 200 kg à 10 €, entrée de 800 kg à 12 €. Le coût moyen unitaire pondéré est de…
- A.11,60 €
- B.11,00 €
- C.12,00 €
- D.11,20 €
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Réponse : A. 11,60 €
(2 000 + 9 600) ÷ (200 + 800) = 11 600 ÷ 1 000 = 11,60 €. La moyenne simple des prix (11 €) est fausse.
3. Une charge supplétive est une charge…
- A.enregistrée en comptabilité générale mais exclue des coûts
- B.variable avec le niveau d'activité
- C.absente de la comptabilité générale mais incorporée aux coûts
- D.directement affectée à un produit
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Réponse : C. absente de la comptabilité générale mais incorporée aux coûts
Exemple : la rémunération du travail de l'exploitant individuel. La première proposition décrit une charge non incorporable.
4. Charges fixes 120 000 €, taux de marge sur coût variable 40 %. Le seuil de rentabilité est de…
- A.48 000 €
- B.300 000 €
- C.200 000 €
- D.168 000 €
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Réponse : B. 300 000 €
Seuil = 120 000 ÷ 0,40 = 300 000 € de chiffre d'affaires.
5. Prix de vente 50 €, coût variable unitaire 30 €, charges fixes 120 000 €. Le seuil en quantités est de…
- A.2 400 unités
- B.4 000 unités
- C.6 000 unités
- D.1 500 unités
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Réponse : C. 6 000 unités
MCV unitaire = 20 € ; 120 000 ÷ 20 = 6 000 unités.
6. Seuil de 300 000 € pour un chiffre d'affaires annuel régulier de 400 000 € (année civile). Le point mort est atteint…
- A.fin mars
- B.fin juin
- C.mi-décembre
- D.fin septembre
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Réponse : D. fin septembre
300 000 ÷ 400 000 × 12 = 9 mois, soit le 30 septembre.
7. La marge de sécurité est égale…
- A.aux charges fixes diminuées du résultat
- B.au chiffre d'affaires diminué du seuil de rentabilité
- C.à la marge sur coût variable diminuée des charges variables
- D.au seuil de rentabilité divisé par le chiffre d'affaires
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Réponse : B. au chiffre d'affaires diminué du seuil de rentabilité
C'est la baisse de chiffre d'affaires que l'entreprise peut supporter avant de passer en perte.
8. Le coût de revient d'un produit est égal…
- A.au coût de production des produits vendus augmenté des coûts hors production
- B.au coût d'achat des matières augmenté de la main-d'œuvre directe
- C.au total des charges variables
- D.au prix de vente diminué des charges fixes
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Réponse : A. au coût de production des produits vendus augmenté des coûts hors production
Le coût de revient est le dernier étage des coûts complets : production vendue + distribution et autres coûts hors production.
Questions fréquentes
Quelle différence entre charges directes et charges variables ?
Ce sont deux classements distincts. Directe ou indirecte : la charge concerne-t-elle un seul produit ou plusieurs ? Variable ou fixe : la charge évolue-t-elle avec le volume d'activité ? Une charge peut être directe et fixe (l'amortissement d'une machine dédiée à un seul produit) ou indirecte et variable (l'énergie d'un atelier commun).
Comment traiter les prestations réciproques entre centres auxiliaires ?
On pose deux inconnues, une par centre : total du centre = répartition primaire + part reçue de l'autre centre. On résout le système de deux équations, puis on répartit chaque total vers les autres centres. Vérification : les centres auxiliaires doivent être à zéro après répartition.
Comment calculer le point mort quand l'activité est saisonnière ?
La formule seuil ÷ chiffre d'affaires × 12 ne vaut que pour une activité régulière. Sinon, cumule le chiffre d'affaires mois par mois, repère le mois au cours duquel le cumul dépasse le seuil, puis interpole à l'intérieur de ce mois.
Coûts complets ou coûts variables : lequel utiliser ?
Les coûts complets servent à connaître le coût de revient et à fixer ou justifier un prix. Les coûts variables servent à décider : seuil de rentabilité, effet d'une variation d'activité, maintien ou abandon d'un produit. Le sujet indique en général la méthode attendue.
