UE 2.11 — Pharmacologie et calculs de doses : fiche de révision
Formes galéniques, pharmacocinétique et surtout LA méthode fiable pour les calculs de doses et de débits — l'épreuve où l'erreur ne pardonne pas.
1Le devenir du médicament : pharmacocinétique
Quatre étapes résumées par le sigle ADME. Absorption : passage du médicament dans la circulation (dépend de la voie : orale, sublinguale, intraveineuse — biodisponibilité de 100 % en IV par définition). Distribution : répartition dans l'organisme, avec fixation partielle aux protéines plasmatiques (seule la fraction libre est active). Métabolisation : transformation, essentiellement hépatique, en métabolites actifs ou inactifs ; le passage hépatique après absorption digestive (« premier passage hépatique ») réduit la biodisponibilité orale. Élimination : principalement rénale et biliaire, caractérisée par la demi-vie (temps nécessaire pour que la concentration plasmatique diminue de moitié).
À distinguer : la pharmacocinétique (ce que l'organisme fait au médicament) et la pharmacodynamie (ce que le médicament fait à l'organisme : effet thérapeutique, effets indésirables, interactions).
2Formes galéniques et voies d'administration
La forme galénique est la présentation du médicament : formes orales solides (comprimés — parfois sécables, gastro-résistants ou à libération prolongée LP, gélules), orales liquides (sirops, solutions buvables en gouttes), formes injectables (IV, IM, sous-cutanée SC), formes locales (pommades, collyres, patchs transdermiques), suppositoires, aérosols.
Règles de sécurité à connaître pour le partiel comme pour le stage : ne jamais écraser un comprimé LP ou gastro-résistant (libération massive ou destruction du principe actif) ; ne jamais ouvrir une gélule sans avis pharmaceutique ; vérifier systématiquement la concordance entre prescription, produit, dose, voie, horaire et patient — la règle dite des « 5 B » : le Bon médicament, à la Bonne dose, par la Bonne voie, au Bon moment, au Bon patient.
3Calculs de doses : la méthode en 4 étapes
La quasi-totalité des erreurs vient de la précipitation, pas des maths. Méthode systématique : 1) convertir toutes les unités dans le même système (1 g = 1 000 mg ; 1 mg = 1 000 µg ; 1 L = 1 000 mL) ; 2) poser la concentration disponible (ce que contient le produit : par exemple une ampoule de 1 g/10 mL = 100 mg/mL) ; 3) appliquer la règle de trois ou la formule directe : volume à prélever = dose prescrite ÷ concentration ; 4) vérifier la vraisemblance du résultat (prélever 47 mL d'une ampoule de 10 mL doit alerter immédiatement).
Exemple type : prescription de 600 mg, flacon dosé à 1 g/10 mL. Concentration : 1 000 mg/10 mL = 100 mg/mL. Volume = 600 ÷ 100 = 6 mL. Pour les perfusions : débit (mL/h) = volume total (mL) ÷ durée (h) ; en gouttes : 1 mL = 20 gouttes pour un perfuseur standard adulte, d'où débit (gouttes/min) = volume (mL) × 20 ÷ durée (min).
Exemple perfusion : 500 mL sur 4 h → 125 mL/h, soit 500 × 20 ÷ 240 ≈ 42 gouttes/min.
4Pièges du partiel et entraînement
Les pièges récurrents : les conversions d'unités (mg ↔ µg surtout — un facteur 1 000 oublié est l'erreur type), les pourcentages (un soluté à 0,9 % contient 0,9 g de NaCl pour 100 mL, donc 9 g/L — le sérum physiologique), les dilutions successives, la confusion entre débit en mL/h et en gouttes/min, et les doses rapportées au poids (mg/kg : toujours multiplier par le poids du patient AVANT tout autre calcul).
Entraînement : la seule méthode qui fonctionne est le volume — refais des dizaines de calculs variés, chronométrés, jusqu'à ce que la méthode en 4 étapes soit un réflexe. Dans beaucoup d'IFSI, l'épreuve de calculs exige une note proche du sans-faute : c'est une compétence de sécurité, pas un exercice académique.
Définitions à connaître par cœur
Quiz : teste-toi sur ue 2.11 — pharmacologie et calculs de doses
9 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !
1. Prescription : 600 mg. Flacon : 1 g/10 mL. Quel volume prélever ?
- A.3 mL
- B.6 mL
- C.10 mL
- D.60 mL
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Réponse : B. 6 mL
1 g = 1 000 mg, soit 100 mg/mL ; 600 ÷ 100 = 6 mL. Toujours convertir avant de calculer.
2. Perfusion de 500 mL sur 4 heures : quel débit en mL/h ?
- A.100 mL/h
- B.125 mL/h
- C.150 mL/h
- D.200 mL/h
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Réponse : B. 125 mL/h
Débit = volume ÷ durée = 500 ÷ 4 = 125 mL/h.
3. Avec un perfuseur standard adulte, 1 mL correspond à…
- A.10 gouttes
- B.15 gouttes
- C.20 gouttes
- D.60 gouttes
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Réponse : C. 20 gouttes
Convention du perfuseur standard adulte : 20 gouttes/mL (les pédiatriques en microgouttes : 60/mL).
4. Combien de NaCl contient 1 L de sérum physiologique à 0,9 % ?
- A.0,9 g
- B.9 g
- C.90 g
- D.0,09 g
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Réponse : B. 9 g
0,9 % = 0,9 g pour 100 mL, donc 9 g pour 1 000 mL.
5. 1 mg est égal à…
- A.100 µg
- B.1 000 µg
- C.10 000 µg
- D.0,1 g
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Réponse : B. 1 000 µg
1 mg = 1 000 µg ; l'oubli du facteur 1 000 dans les conversions est l'erreur de dose la plus fréquente.
6. La biodisponibilité d'un médicament administré en IV est…
- A.variable selon le repas
- B.d'environ 50 %
- C.de 100 % par définition
- D.toujours inférieure à la voie orale
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Réponse : C. de 100 % par définition
En IV, la totalité de la dose atteint directement la circulation générale : biodisponibilité de 100 %.
7. Peut-on écraser un comprimé à libération prolongée ?
- A.Oui, si le patient a du mal à avaler
- B.Oui, en le mélangeant à l'alimentation
- C.Non, jamais
- D.Oui, sur prescription orale
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Réponse : C. Non, jamais
Écraser un comprimé LP détruit le système de libération et peut provoquer un surdosage brutal.
8. Prescription pédiatrique : 15 mg/kg/jour en 3 prises, enfant de 20 kg. Dose par prise ?
- A.100 mg
- B.150 mg
- C.300 mg
- D.45 mg
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Réponse : A. 100 mg
15 × 20 = 300 mg par jour, soit 300 ÷ 3 = 100 mg par prise. Multiplier par le poids d'abord.
9. La demi-vie d'un médicament est…
- A.le temps entre deux prises
- B.le temps pour que la concentration plasmatique diminue de moitié
- C.la durée totale d'action
- D.le temps d'absorption digestive
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Réponse : B. le temps pour que la concentration plasmatique diminue de moitié
La demi-vie caractérise l'élimination et guide l'espacement des prises pour maintenir une concentration efficace.
Questions fréquentes
Comment réussir l'épreuve de calculs de doses en IFSI ?
Par le volume d'entraînement : applique systématiquement la méthode en 4 étapes (convertir, poser la concentration, calculer, vérifier la vraisemblance) sur des dizaines d'exercices chronométrés. La difficulté n'est presque jamais mathématique — elle vient des conversions et de la précipitation.
Quelles conversions faut-il maîtriser par cœur ?
1 g = 1 000 mg ; 1 mg = 1 000 µg ; 1 L = 1 000 mL ; 1 mL = 20 gouttes (perfuseur standard adulte) ; x % = x g pour 100 mL. Ces cinq conversions couvrent la quasi-totalité des sujets.
Le calcul de doses est-il éliminatoire ?
Beaucoup d'IFSI exigent une note très élevée, parfois proche du sans-faute, à l'épreuve de calculs — c'est une compétence de sécurité du patient. Renseigne-toi sur les modalités exactes de ton institut et entraîne-toi en conséquence.
Quelle est la différence entre pharmacocinétique et pharmacodynamie ?
La pharmacocinétique décrit ce que l'organisme fait au médicament (absorption, distribution, métabolisation, élimination — ADME) ; la pharmacodynamie décrit ce que le médicament fait à l'organisme (effets thérapeutiques et indésirables, mécanisme d'action).
