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Les connecteurs logiques : liste par relation et emploi dans la dissertation : fiche de révision

Tous les connecteurs logiques classés par relation (cause, conséquence, opposition, concession, but, addition, exemple, conclusion), les pièges d’emploi et la façon de les utiliser pour articuler une dissertation, un commentaire ou un essai au bac de français.

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1À quoi servent les connecteurs logiques

Un connecteur logique est un mot ou un groupe de mots qui explicite la relation entre deux idées, deux phrases ou deux paragraphes : il dit au lecteur si l’on ajoute, si l’on oppose, si l’on explique ou si l’on conclut. Sans connecteur, le lecteur doit deviner le lien ; avec un connecteur mal choisi, il comprend le contraire de ce que l’on voulait dire.

Il ne faut pas les confondre avec les connecteurs temporels (d’abord, puis, ensuite, enfin, le lendemain) ni spatiaux (ici, plus loin, au-dessus), qui organisent une chronologie ou un espace, pas un raisonnement. « D’abord, ensuite, enfin » servent toutefois couramment à numéroter des arguments : ce sont alors des organisateurs du discours.

Grammaticalement, les connecteurs appartiennent à plusieurs classes : conjonctions de coordination (mais, or, donc, car), conjonctions ou locutions de subordination (parce que, bien que, pour que, si), adverbes et locutions adverbiales (cependant, en effet, ainsi, par conséquent), prépositions suivies d’un groupe nominal (malgré, grâce à, en raison de, afin de). La classe compte pour la question de grammaire à l’oral : « bien que » introduit une subordonnée au subjonctif, « malgré » un simple groupe nominal.

2La liste des connecteurs, relation par relation

Addition et gradation : et, de plus, en outre, par ailleurs, également, de même, d’une part… d’autre part, non seulement… mais encore, voire. Exemple : « Dorante ment par plaisir ; de plus, il ment avec talent. »

Cause : car, parce que, puisque, comme, en effet, étant donné que, du fait de, en raison de, grâce à (cause favorable), à cause de (cause défavorable), faute de. Exemple : « Le peuple obéit puisqu’il a oublié qu’il pouvait être libre. »

Conséquence : donc, ainsi, par conséquent, c’est pourquoi, de sorte que, si bien que, dès lors, aussi (en tête de phrase, avec inversion du sujet), d’où. Exemple : « Rimbaud fuit Charleville ; dès lors, la route devient son atelier. »

But : pour, afin de, pour que, afin que, de peur que, de crainte que, dans le but de, en vue de. Exemple : « Fontenelle choisit le dialogue afin que la science devienne une conversation. »

Opposition : mais, or, en revanche, au contraire, à l’inverse, tandis que, alors que, contrairement à. Exemple : « Camille refuse l’amour, tandis que Perdican le réclame. »

Concession (on admet un fait sans renoncer à sa thèse) : certes… mais, bien que, quoique, même si, malgré, en dépit de, pourtant, cependant, néanmoins, toutefois, il n’en reste pas moins que. Exemple : « Certes Pot-Bouille est une comédie de mœurs, mais sa noirceur est celle d’une tragédie. »

Comparaison et analogie : comme, de même que, ainsi que, autant que, tel, de la même manière, à l’image de. Condition et hypothèse : si, à condition que, pourvu que, en cas de, à moins que, au cas où, supposons que.

Illustration : par exemple, ainsi, notamment, en particulier, c’est le cas de, comme le montre. Reformulation et conclusion : c’est-à-dire, autrement dit, en d’autres termes, en somme, en définitive, finalement, pour conclure, en conclusion, bref.

3Articuler une dissertation ou un commentaire

Dans une copie de bac, les connecteurs ont deux échelles. À l’échelle du paragraphe, ils enchaînent argument, explication et exemple : « En effet » introduit la justification, « ainsi » ou « par exemple » l’illustration, « c’est pourquoi » la conclusion partielle. À l’échelle du devoir, les transitions entre parties se construisent sur une concession : « Si le roman dévoile les rouages de la société, il n’en reste pas moins qu’il met en scène des individus. »

Le plan dialectique repose entièrement sur la concession : la deuxième partie s’ouvre souvent par « pourtant », « cependant », « néanmoins », la troisième par « en réalité », « plus profondément », « dès lors ». Un correcteur repère en quelques secondes la logique d’un devoir à ses connecteurs : des « mais » qui n’opposent rien ou des « donc » qui ne déduisent rien signalent un raisonnement absent.

Trois règles d’usage. Varier : « de plus » répété cinq fois lasse. Doser : un connecteur par idée, pas un par phrase ; une copie saturée de « en effet » paraît mécanique. Choisir le niveau de langue : « par contre » est admis à l’oral mais « en revanche » est préféré à l’écrit ; « du coup » et « au final » sont à bannir d’une copie ; « malgré que » est une faute, on écrit « bien que » ou « malgré » suivi d’un nom.

4Repérer les connecteurs dans un texte argumentatif

Pour le commentaire d’un texte de littérature d’idées, l’explication linéaire ou la contraction de texte, les connecteurs sont la première chose à surligner : ils dessinent le squelette du raisonnement. Un « or » annonce la prémisse décisive d’un syllogisme ; un « car » place la cause après la thèse ; une série de « si… c’est que » construit une démonstration par la cause.

Attention aux liens implicites : la juxtaposition (point, point-virgule, deux-points) et l’ordre des phrases portent souvent la logique sans aucun mot de liaison. Les deux-points valent fréquemment « car » ou « c’est-à-dire ». Dans la contraction de texte, on a le droit (et souvent intérêt) à rendre explicite un lien implicite par un connecteur, à condition de ne pas en inventer.

Certains mots changent de valeur selon le contexte : « ainsi » marque tantôt la conséquence, tantôt l’illustration ; « aussi » en tête de phrase signifie « par conséquent » et non « également » ; « comme » est causal (« comme il pleut »), comparatif (« blanc comme neige ») ou temporel. Dans la question de grammaire, c’est ce type de nuance qui fait la différence entre une réponse approximative et une réponse juste.

Définitions à connaître par cœur

Connecteur logique
Mot ou locution qui explicite la relation de sens (cause, conséquence, opposition, but…) entre deux énoncés ou deux parties d’un raisonnement.
Concession
Relation par laquelle on admet un fait ou un argument adverse (certes, bien que, malgré) sans renoncer à sa propre thèse, souvent complétée par « mais ».
Conjonction de coordination
Mot invariable qui relie deux éléments de même nature ou deux propositions indépendantes : mais, ou, et, donc, or, ni, car.
Conjonction de subordination
Mot ou locution qui introduit une proposition subordonnée circonstancielle : parce que, bien que, pour que, si, tandis que.
Transition
Phrase ou court paragraphe qui, entre deux parties d’un devoir, rappelle ce qui vient d’être montré et annonce la suite par un lien logique explicite.
Juxtaposition
Enchaînement de deux propositions par un simple signe de ponctuation, sans connecteur : le lien logique reste implicite.

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8 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !

1. Lequel de ces connecteurs exprime la concession ?

  • A.Par conséquent
  • B.Bien que
  • C.Afin que
  • D.De plus
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Réponse : B. Bien que

« Bien que » admet un fait sans renoncer à la thèse (concession) ; « par conséquent » marque la conséquence, « afin que » le but, « de plus » l’addition.

2. « Aussi » placé en tête de phrase signifie :

  • A.Également
  • B.Par conséquent
  • C.Par exemple
  • D.Cependant
Voir la réponse

Réponse : B. Par conséquent

En tête de phrase et suivi d’une inversion du sujet (« Aussi décida-t-il… »), « aussi » exprime la conséquence, pas l’addition.

3. Quelle formulation est fautive à l’écrit ?

  • A.Malgré la pluie
  • B.Bien qu’il pleuve
  • C.Malgré qu’il pleuve
  • D.En dépit de la pluie
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Réponse : C. Malgré qu’il pleuve

« Malgré » est une préposition suivie d’un nom ; pour introduire une proposition, on emploie « bien que » ou « quoique » au subjonctif.

4. Dans un syllogisme, quel connecteur introduit traditionnellement la seconde prémisse ?

  • A.Donc
  • B.Or
  • C.Car
  • D.Mais
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Réponse : B. Or

« Tous les hommes sont mortels ; or Socrate est un homme ; donc Socrate est mortel » : « or » introduit la prémisse mineure, « donc » la conclusion.

5. Quel connecteur convient pour ouvrir la deuxième partie d’un plan dialectique ?

  • A.En effet
  • B.Par exemple
  • C.Pourtant
  • D.C’est-à-dire
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Réponse : C. Pourtant

L’antithèse s’ouvre sur une opposition ou une concession (« pourtant », « cependant », « néanmoins ») ; « en effet » justifie, « par exemple » illustre.

6. « Grâce à » et « à cause de » expriment tous deux :

  • A.La conséquence
  • B.Le but
  • C.La cause
  • D.La condition
Voir la réponse

Réponse : C. La cause

Les deux introduisent une cause ; « grâce à » connote une cause favorable, « à cause de » une cause défavorable.

7. Quelle classe grammaticale n’est pas une source de connecteurs logiques ?

  • A.Les conjonctions de coordination
  • B.Les adverbes
  • C.Les déterminants
  • D.Les prépositions
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Réponse : C. Les déterminants

Conjonctions (mais, parce que), adverbes (cependant, ainsi) et prépositions (malgré, grâce à) fournissent des connecteurs ; les déterminants (le, un, ce) n’en sont jamais.

8. Dans « Le ciel se couvre : il va pleuvoir », les deux-points valent :

  • A.Une opposition
  • B.Une conséquence ou une explication
  • C.Un but
  • D.Une addition
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Réponse : B. Une conséquence ou une explication

La juxtaposition par deux-points porte ici un lien implicite de conséquence (ou d’explication) : on pourrait écrire « donc » ou « car » selon le sens.

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Questions fréquentes

Combien de connecteurs logiques faut-il dans une dissertation ?

Il n’y a pas de quota : un connecteur par étape du raisonnement (argument, justification, exemple, conclusion partielle) et une transition explicite entre chaque partie suffisent. Une copie où chaque phrase commence par un connecteur paraît mécanique ; une copie sans connecteur paraît décousue.

« Par contre » est-il une faute ?

Non, mais il relève d’un registre courant. Dans une copie de bac, « en revanche » est préféré. En revanche « malgré que », « au final », « du coup » et « pallier à » sont des fautes ou des familiarités à éviter.

Quelle différence entre « en effet » et « en fait » ?

« En effet » confirme et justifie ce qui précède (il vaut « car »). « En fait » rectifie ou apporte une précision inattendue (il vaut « en réalité »). Les confondre fausse le raisonnement.

Les connecteurs tombent-ils à la question de grammaire de l’oral ?

Indirectement : le programme de première porte sur les subordonnées, la négation et l’interrogation. Les conjonctions de subordination (parce que, bien que, pour que, si) sont donc au cœur de l’analyse des subordonnées circonstancielles, avec le mode qu’elles imposent.