Marchés imparfaits et défaillances du marché : fiche de révision
Monopole et oligopole, pouvoir de marché, externalités, biens communs et biens collectifs, asymétries d'information : pourquoi le marché échoue parfois et comment les pouvoirs publics interviennent.
1Les marchés imparfaitement concurrentiels
Quand l'atomicité n'est pas respectée, les entreprises ont un pouvoir de marché : elles sont « faiseuses de prix ». En monopole (un seul offreur), l'entreprise fixe un prix supérieur au prix concurrentiel et une quantité inférieure, ce qui réduit le surplus du consommateur et crée une perte sèche. Les monopoles peuvent être naturels (coûts fixes énormes : réseaux ferroviaires, électricité), légaux (brevets) ou issus de barrières à l'entrée.
En oligopole (quelques offreurs), les entreprises sont interdépendantes : elles peuvent s'entendre (cartel, entente sur les prix, pratique illégale) ou se faire concurrence par les prix ou hors prix (différenciation, publicité, innovation). La politique de la concurrence (Autorité de la concurrence en France, Commission européenne) interdit les ententes, contrôle les concentrations et sanctionne les abus de position dominante, pour préserver le surplus du consommateur.
2Externalités et biens collectifs
Une externalité est l'effet d'une activité sur un tiers sans compensation par le marché : négative (pollution, bruit) ou positive (vaccination, formation, ruche d'un apiculteur pour les vergers voisins). Le marché produit trop de biens à externalités négatives et pas assez de biens à externalités positives, car les prix ne reflètent pas les coûts ou bénéfices sociaux. Remèdes : réglementation (normes, interdictions), taxation (taxe carbone, principe pollueur-payeur), subventions, marchés de quotas d'émission.
Un bien collectif (ou bien public) est non rival (sa consommation par l'un n'empêche pas celle de l'autre) et non excluable (impossible d'en empêcher l'usage) : éclairage public, défense nationale. Personne n'accepte de payer (comportement de passager clandestin), donc le marché ne le produit pas : l'État le finance par l'impôt. Un bien commun (ressource halieutique, nappe phréatique) est rival mais non excluable : surexploité (« tragédie des biens communs »), il exige quotas, droits d'usage ou gestion collective.
3Les asymétries d'information
Quand une partie à l'échange en sait plus que l'autre, le marché peut se dérégler. La sélection adverse (antisélection) intervient avant le contrat : sur le marché des voitures d'occasion (« lemons » d'Akerlof), l'acheteur ne distinguant pas les bonnes des mauvaises voitures propose un prix moyen, les vendeurs de bonnes voitures se retirent, la qualité moyenne chute, et le marché peut disparaître. Même logique en assurance : les personnes les plus risquées sont les plus enclines à s'assurer.
L'aléa moral intervient après le contrat : l'assuré, couvert, prend plus de risques ; le salarié dont l'effort n'est pas observable peut se relâcher. Réponses : signaux (garanties, labels, diplômes), sélection (franchises, bonus-malus, questionnaires), réglementation de l'information (contrôle technique obligatoire, étiquetage), intermédiaires de confiance.
4Ce qui tombe à l'épreuve et comment s'entraîner
Les attendus : comparer monopole et concurrence sur un graphique ou un tableau, expliquer pourquoi une externalité conduit à une production inefficace, distinguer bien collectif et bien commun, expliquer la sélection adverse avec l'exemple d'Akerlof, et justifier une intervention publique en reliant chaque défaillance à son remède. Les sujets de raisonnement mobilisent souvent un document chiffré (parts de marché, émissions de CO₂, primes d'assurance).
Entraînement : construis un tableau à quatre colonnes (défaillance / mécanisme / exemple / remède) que tu compléteras de mémoire ; rédige un paragraphe AEI (affirmation, explication, illustration) par défaillance. Les flashcards Revizly « exemple → défaillance » sont redoutablement efficaces sur ce chapitre où tout repose sur la classification.
Définitions à connaître par cœur
Quiz : teste-toi sur marchés imparfaits et défaillances du marché
8 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !
1. En monopole, par rapport à la concurrence, le prix est :
- A.Plus bas et la quantité plus grande
- B.Plus élevé et la quantité plus faible
- C.Identique
- D.Nul
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Réponse : B. Plus élevé et la quantité plus faible
Le monopoleur restreint la quantité pour vendre plus cher, au détriment du surplus du consommateur.
2. Une entente sur les prix entre entreprises d'un oligopole est :
- A.Encouragée
- B.Interdite par la politique de la concurrence
- C.Obligatoire
- D.Sans effet
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Réponse : B. Interdite par la politique de la concurrence
Les cartels sont sanctionnés (Autorité de la concurrence, Commission européenne).
3. La pollution d'une usine est :
- A.Une externalité positive
- B.Une externalité négative
- C.Un bien collectif
- D.Un aléa moral
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Réponse : B. Une externalité négative
Elle nuit à des tiers sans compensation : le marché en produit trop.
4. Un bien collectif est :
- A.Rival et excluable
- B.Non rival et non excluable
- C.Rival et non excluable
- D.Non rival et excluable
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Réponse : B. Non rival et non excluable
Éclairage public, défense : personne ne peut en être exclu et l'usage de l'un n'empêche pas l'autre.
5. Le passager clandestin est celui qui :
- A.Pollue sans payer
- B.Profite d'un bien collectif sans contribuer à son financement
- C.Vend une mauvaise voiture
- D.Prend plus de risques une fois assuré
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Réponse : B. Profite d'un bien collectif sans contribuer à son financement
Il compte sur les autres pour payer un bien dont il ne peut être exclu.
6. Le marché des « lemons » d'Akerlof illustre :
- A.L'aléa moral
- B.La sélection adverse
- C.Le monopole naturel
- D.Les biens communs
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Réponse : B. La sélection adverse
Faute d'information, l'acheteur paie un prix moyen et les bonnes voitures quittent le marché.
7. Un assuré qui néglige de fermer sa porte à clé illustre :
- A.La sélection adverse
- B.L'aléa moral
- C.Une externalité positive
- D.Un bien commun
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Réponse : B. L'aléa moral
Une fois couvert, il modifie son comportement : c'est l'aléa moral, après le contrat.
8. La taxe carbone vise à :
- A.Financer un bien collectif
- B.Faire payer au pollueur le coût social de ses émissions
- C.Réduire le pouvoir de marché
- D.Corriger une asymétrie d'information
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Réponse : B. Faire payer au pollueur le coût social de ses émissions
Elle internalise l'externalité négative : le prix intègre le coût pour la collectivité.
Questions fréquentes
Quelle différence entre bien collectif et bien commun ?
Les deux sont non excluables ; mais le bien collectif est non rival (l'éclairage public ne s'use pas quand on en profite) alors que le bien commun est rival (chaque poisson pêché n'est plus disponible pour les autres).
Un monopole est-il toujours mauvais ?
Non : le monopole naturel évite de dupliquer des infrastructures coûteuses, et le monopole temporaire du brevet récompense l'innovation. Il est alors régulé (prix encadrés, durée limitée).
Comment distinguer sélection adverse et aléa moral ?
Par le moment : avant le contrat, l'information cachée porte sur une caractéristique (sélection adverse) ; après le contrat, sur un comportement (aléa moral).
Quels exemples chiffrés préparer ?
Les amendes de l'Autorité de la concurrence (cartel des produits d'hygiène, 2014), le prix du carbone en Europe, les quotas de pêche : un chiffre par défaillance suffit pour illustrer.
