SES (Sciences Économiques et Sociales) Première : programme officiel

Déviance, opinion publique et vote : fiche de révision

Contrôle social et déviance (Becker, étiquetage), délinquance et sa mesure, formation et expression de l'opinion publique (sondages), puis le vote : participation, abstention et déterminants du comportement électoral.

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1Contrôle social et déviance

Le contrôle social désigne l'ensemble des moyens par lesquels une société obtient le respect de ses normes : formel (institutions, police, justice, sanctions codifiées) ou informel (regard des autres, réputation, moqueries). Il a été en partie intériorisé au fil de la socialisation (autocontrôle).

La déviance est la transgression d'une norme sociale ; elle est relative (dans le temps, dans l'espace, selon les groupes : le tatouage, l'homosexualité, le tabac ont changé de statut). Howard Becker (Outsiders) montre que la déviance n'est pas une qualité de l'acte mais le résultat d'un étiquetage : « le déviant est celui à qui l'étiquette a été appliquée avec succès », et les « entrepreneurs de morale » font émerger de nouvelles normes. La carrière déviante est un processus progressif. La délinquance est la déviance qui enfreint la loi ; sa mesure par les statistiques policières et judiciaires est biaisée (chiffre noir) ; les enquêtes de victimation et de délinquance autodéclarée la complètent.

2Comment se forme et s'exprime l'opinion publique ?

L'opinion publique naît historiquement avec l'espace public (Habermas), la presse et le suffrage. Depuis les années 1930 (Gallup) et en France les années 1960, les sondages prétendent la mesurer par des échantillons représentatifs (méthode des quotas, marge d'erreur). Ils sont devenus centraux dans la vie politique.

Critiques : Bourdieu (« L'opinion publique n'existe pas ») souligne que le sondage suppose que tout le monde a une opinion, que toutes se valent et qu'il existe un consensus sur les questions posées ; les non-réponses, la formulation des questions et l'effet d'imposition de problématique biaisent les résultats. Les sondages peuvent aussi influencer l'opinion qu'ils prétendent mesurer (effets d'annonce, vote utile). L'opinion s'exprime aussi hors sondages : manifestations, pétitions, réseaux sociaux, où se construisent des mobilisations et des contre-opinions.

3Voter : une affaire individuelle ou collective ?

Le droit de vote s'est étendu (suffrage universel masculin 1848, féminin 1944, majorité à 18 ans en 1974) avec des conditions : inscription sur les listes, nationalité (sauf élections municipales et européennes pour les citoyens de l'UE). La participation varie selon le type d'élection (forte à la présidentielle, faible aux européennes et régionales) et l'abstention progresse : abstention « hors jeu » (non-inscription, éloignement de la politique, souvent liée à la précarité) et abstention « dans le jeu » (électeurs intégrés qui choisissent de s'abstenir, vote intermittent).

Les déterminants du vote sont collectifs : variables lourdes (classe sociale, religion, âge, diplôme, territoire ; le vote de classe s'affaiblit mais persiste), socialisation politique familiale, effet du contexte (campagne, enjeux, offre politique). L'électeur est aussi stratégique (vote utile, vote sanction) et volatile : le vote est à la fois un choix individuel et le produit d'appartenances sociales.

4Ce qui tombe à l'épreuve et comment s'entraîner

Les attendus : expliquer la relativité de la déviance avec un exemple historique, présenter la théorie de l'étiquetage, comparer les sources de mesure de la délinquance, exposer les limites des sondages avec Bourdieu, lire un tableau de participation électorale par âge ou diplôme, expliquer l'abstention. Les documents : évolution de la participation, enquêtes de victimation, sondage avec marge d'erreur.

Entraînement : une fiche par question avec deux auteurs et deux exemples chiffrés (taux d'abstention à la dernière présidentielle et aux dernières européennes, part du chiffre noir pour les violences sexuelles). Les QCM Revizly vérifient les distinctions fines : contrôle formel/informel, déviance/délinquance, abstention hors jeu/dans le jeu.

Définitions à connaître par cœur

Contrôle social
Ensemble des moyens formels et informels par lesquels une société fait respecter ses normes.
Déviance
Transgression d'une norme sociale en vigueur dans un groupe ; relative au temps, au lieu et au groupe.
Étiquetage
Chez Becker, processus par lequel un individu est désigné comme déviant par les autres, ce qui peut engager une carrière déviante.
Chiffre noir
Part de la délinquance qui échappe aux statistiques officielles faute de plainte ou de constatation.
Sondage
Enquête sur un échantillon représentatif visant à mesurer les opinions d'une population, avec une marge d'erreur.
Abstention hors jeu
Non-participation liée à l'éloignement de la vie politique ou à la non-inscription, souvent corrélée à la précarité.

Quiz : teste-toi sur déviance, opinion publique et vote

8 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !

1. Le regard réprobateur des voisins est une forme de contrôle social :

  • A.Formel
  • B.Informel
  • C.Juridique
  • D.Institutionnel
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Réponse : B. Informel

Le contrôle informel passe par les interactions quotidiennes, sans sanction codifiée.

2. Pour Becker, la déviance est :

  • A.Une qualité intrinsèque de l'acte
  • B.Le résultat d'un étiquetage par les autres
  • C.Toujours une infraction à la loi
  • D.Une maladie
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Réponse : B. Le résultat d'un étiquetage par les autres

« Le déviant est celui à qui l'étiquette a été appliquée avec succès » (Outsiders).

3. La délinquance se distingue de la déviance car elle :

  • A.Est plus grave
  • B.Enfreint la loi
  • C.Est moins fréquente
  • D.N'est pas sanctionnée
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Réponse : B. Enfreint la loi

Toute délinquance est déviante, mais toute déviance n'est pas illégale.

4. Les enquêtes de victimation servent à :

  • A.Compter les condamnations
  • B.Estimer la délinquance non déclarée à la police
  • C.Mesurer l'opinion publique
  • D.Recenser les électeurs
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Réponse : B. Estimer la délinquance non déclarée à la police

Elles interrogent la population sur les infractions subies, révélant le chiffre noir.

5. Bourdieu critique les sondages parce qu'ils supposent :

  • A.Que les échantillons sont trop grands
  • B.Que tout le monde a une opinion et que toutes se valent
  • C.Que les questions sont trop nombreuses
  • D.Que la marge d'erreur est nulle
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Réponse : B. Que tout le monde a une opinion et que toutes se valent

Trois postulats contestés, plus l'imposition de problématique par le sondeur.

6. Le droit de vote des femmes en France date de :

  • A.1848
  • B.1944
  • C.1974
  • D.1981
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Réponse : B. 1944

Ordonnance du 21 avril 1944 ; premier vote en 1945.

7. L'abstention « dans le jeu » désigne :

  • A.Les non-inscrits
  • B.Les électeurs intégrés qui choisissent de ne pas voter à une élection
  • C.Les électeurs étrangers
  • D.Les votes blancs
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Réponse : B. Les électeurs intégrés qui choisissent de ne pas voter à une élection

Ces électeurs votent par intermittence selon l'enjeu perçu ; l'abstention hors jeu tient à l'éloignement.

8. Le vote de classe :

  • A.A disparu
  • B.S'est affaibli mais persiste
  • C.N'a jamais existé
  • D.S'est renforcé
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Réponse : B. S'est affaibli mais persiste

La classe sociale reste une variable lourde, mais son poids a diminué avec la volatilité électorale.

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Questions fréquentes

Pourquoi dit-on que la déviance est relative ?

Parce qu'un même comportement est déviant ou non selon l'époque (le divorce), le lieu (l'alcool) ou le groupe (les codes vestimentaires) : c'est la norme qui définit la déviance, pas l'acte.

Les sondages sont-ils inutiles ?

Non : bien construits, ils informent sur les opinions ; la critique porte sur leurs postulats et leurs usages (effets sur le vote), pas sur leur existence.

Comment expliquer la hausse de l'abstention ?

Par la combinaison d'un éloignement social (précarité, non-inscription) et d'un rapport plus distancié à la politique chez des électeurs intégrés qui votent selon l'enjeu, notamment les jeunes.

Quels chiffres retenir ?

Un taux de participation à la dernière présidentielle et aux dernières européennes, un écart de participation entre 18-24 ans et 60-69 ans, et une estimation du chiffre noir pour un type d'infraction : trois chiffres suffisent.