SES Terminale — programme officiel

Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ? : fiche de révision

Facteurs de production, progrès technique, Schumpeter, institutions et soutenabilité : la fiche complète du premier chapitre d'économie de Terminale.

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1Les sources de la croissance

La croissance économique est l'augmentation soutenue de la production (mesurée par le PIB) sur longue période. Elle provient d'abord de l'accumulation des facteurs de production : plus de travail (quantité d'heures, population active) et plus de capital (investissement). Mais la comptabilité de la croissance révèle un « résidu » : une part de la croissance inexpliquée par l'accumulation des facteurs, attribuée à la productivité globale des facteurs (PGF), c'est-à-dire au progrès technique — c'est l'apport du modèle de Solow.

Le progrès technique n'est pas une « manne tombée du ciel » : les théories de la croissance endogène (Romer, Lucas, Barro) montrent qu'il résulte d'investissements en recherche-développement, en capital humain (éducation, santé), en capital technologique et en capital public (infrastructures) — d'où un rôle central des institutions et des politiques publiques. La croissance est également qualifiée d'endogène parce que ces investissements engendrent des externalités positives : le savoir profite au-delà de celui qui le finance.

2Progrès technique, innovation et destruction créatrice

Pour Schumpeter, le moteur de la croissance est l'innovation portée par l'entrepreneur : nouveaux produits, nouveaux procédés, nouvelles sources de matières premières, nouveaux marchés, nouvelles organisations. L'innovation procède par « destruction créatrice » : les activités nouvelles rendent obsolètes et détruisent les anciennes (le numérique contre l'argentique). La croissance est donc un processus déséquilibré, par grappes d'innovations, qui crée des gagnants et des perdants.

L'innovation est stimulée par les institutions : droits de propriété clairement définis et protégés (North) — dont les brevets, qui garantissent une rente temporaire d'innovation au prix d'un monopole provisoire —, État de droit, système financier qui finance la prise de risque, écoles et universités. Sans institutions sécurisant les contrats et l'investissement, pas d'incitation à innover.

3Les défis : instabilité et soutenabilité

Premier défi : le progrès technique est biaisé — il valorise les qualifications complémentaires des nouvelles technologies et fragilise les tâches routinières et automatisables, ce qui peut accroître les inégalités de revenus entre travailleurs qualifiés et peu qualifiés.

Second défi : la soutenabilité écologique. La croissance épuise des ressources non renouvelables et dégrade le capital naturel (climat, biodiversité). Deux conceptions s'affrontent : la soutenabilité faible (les différents capitaux — physique, humain, naturel — sont substituables : l'innovation peut compenser la dégradation de la nature) et la soutenabilité forte (le capital naturel est en partie critique et non substituable : il faut le préserver en tant que tel). Le PIB lui-même est un indicateur imparfait (il ignore le bénévolat, la production domestique, les dégâts environnementaux — d'où des indicateurs complémentaires comme l'IDH ou l'empreinte carbone). L'enjeu contemporain est le découplage entre croissance et émissions, encore partiel et débattu.

4À l'épreuve : sujets et pièges

Sujets types : « Quelles sont les sources de la croissance économique ? », « Le progrès technique est-il la seule source de la croissance ? », « La croissance économique est-elle soutenable ? », « Quel est le rôle des institutions dans la croissance ? ».

Pièges classiques : confondre croissance (flux mesuré par le PIB) et développement (transformation structurelle) ; oublier le caractère endogène du progrès technique ; traiter la soutenabilité sans distinguer faible et forte ; réciter Schumpeter sans expliquer le mécanisme de destruction créatrice. Mobiliser des données : environ 2 % de croissance annuelle moyenne en France sur longue période, ralentissement de la PGF dans les pays développés depuis les années 1970-2000.

Définitions à connaître par cœur

PIB
Produit intérieur brut : somme des valeurs ajoutées produites sur un territoire en une période ; sa variation mesure la croissance.
Productivité globale des facteurs (PGF)
Part de la croissance non expliquée par l'augmentation des quantités de travail et de capital ; elle reflète le progrès technique.
Destruction créatrice
Processus schumpétérien par lequel les innovations détruisent les activités anciennes en créant les nouvelles.
Croissance endogène
Croissance auto-entretenue par les investissements en capital humain, technologique et public, générateurs d'externalités positives.
Droits de propriété
Règles garantissant à un agent l'usage et les fruits d'un bien ; leur sécurité (North) incite à investir et innover ; le brevet en est une forme.
Soutenabilité
Capacité de la croissance à se maintenir sans compromettre les générations futures ; faible si les capitaux sont substituables, forte sinon.

Quiz : teste-toi sur quels sont les sources et les défis de la croissance économique ?

8 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !

1. Le « résidu de Solow » désigne…

  • A.la part de la croissance due à l'accumulation du capital
  • B.la part de la croissance inexpliquée par les facteurs, attribuée au progrès technique
  • C.le chômage structurel
  • D.la dette publique
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Réponse : B. la part de la croissance inexpliquée par les facteurs, attribuée au progrès technique

La croissance non expliquée par l'augmentation du travail et du capital mesure la productivité globale des facteurs.

2. Chez Schumpeter, la croissance est portée par…

  • A.l'État
  • B.l'innovation et la destruction créatrice
  • C.la demande
  • D.l'épargne
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Réponse : B. l'innovation et la destruction créatrice

L'entrepreneur innovateur introduit des nouveautés qui rendent obsolètes les activités anciennes — processus par grappes.

3. La théorie de la croissance endogène affirme que le progrès technique…

  • A.est exogène
  • B.résulte d'investissements (R&D, capital humain, infrastructures)
  • C.est impossible
  • D.ne dépend que du hasard
Voir la réponse

Réponse : B. résulte d'investissements (R&D, capital humain, infrastructures)

Romer, Lucas et Barro endogénéisent le progrès technique : il découle de décisions d'investissement générant des externalités positives.

4. Un brevet est…

  • A.une subvention
  • B.un droit de propriété temporaire sur une innovation
  • C.un impôt sur l'innovation
  • D.une norme environnementale
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Réponse : B. un droit de propriété temporaire sur une innovation

Il garantit à l'innovateur un monopole d'exploitation temporaire, incitation à la R&D au prix d'une restriction provisoire de la diffusion.

5. La soutenabilité forte suppose que…

  • A.tous les capitaux sont substituables
  • B.le capital naturel est en partie non substituable
  • C.la croissance est infinie
  • D.le PIB mesure le bien-être
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Réponse : B. le capital naturel est en partie non substituable

Certains éléments du capital naturel (climat stable, biodiversité) sont critiques : aucune accumulation de capital physique ne peut les remplacer.

6. Le PIB ne comptabilise PAS…

  • A.la production marchande
  • B.les services publics
  • C.la production domestique et le bénévolat
  • D.l'investissement
Voir la réponse

Réponse : C. la production domestique et le bénévolat

Le travail domestique et bénévole, sans prix de marché, échappe au PIB — une de ses limites comme indicateur.

7. Le progrès technique « biaisé » tend à…

  • A.réduire toutes les inégalités
  • B.favoriser les travailleurs qualifiés au détriment des tâches routinières
  • C.supprimer le chômage
  • D.baisser la productivité
Voir la réponse

Réponse : B. favoriser les travailleurs qualifiés au détriment des tâches routinières

Les nouvelles technologies sont complémentaires des qualifications élevées et substituables aux tâches automatisables.

8. Pour Douglass North, la croissance de long terme s'explique d'abord par…

  • A.le climat
  • B.la qualité des institutions
  • C.la monnaie
  • D.la démographie seule
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Réponse : B. la qualité des institutions

Des institutions qui sécurisent les droits de propriété et les contrats réduisent l'incertitude et incitent à investir et innover.

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Questions fréquentes

Quelles sont les sources de la croissance économique à connaître ?

L'accumulation des facteurs travail et capital, et surtout la productivité globale des facteurs (progrès technique), elle-même endogène : R&D, capital humain, capital public, institutions sécurisant les droits de propriété. Schumpeter ajoute le rôle moteur de l'innovation et de la destruction créatrice.

Quelle est la différence entre soutenabilité faible et forte ?

La soutenabilité faible suppose que le capital naturel peut être remplacé par du capital physique ou humain (l'innovation compense) ; la soutenabilité forte considère qu'une partie du capital naturel est critique et non substituable, imposant sa préservation en tant que telle.

Quels auteurs citer dans une dissertation sur la croissance ?

Solow (résidu et PGF), Romer/Lucas/Barro (croissance endogène), Schumpeter (innovation, destruction créatrice), North (institutions et droits de propriété), et pour les limites écologiques le rapport Meadows et la distinction soutenabilité faible/forte.

Le PIB est-il un bon indicateur ?

Il mesure la production, pas le bien-être : il ignore production domestique, bénévolat et économie informelle, compte positivement des activités nuisibles et ne dit rien de la répartition ni des dégâts environnementaux. D'où les indicateurs complémentaires : IDH, empreinte carbone, indicateurs de « bien-être » .