SES Terminale — programme officiel

Comment lutter contre le chômage ? : fiche de révision

Chômage structurel et conjoncturel, appariement, politiques de l'emploi : la fiche complète du chapitre le plus « politique » de l'économie de Terminale.

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1Mesurer et qualifier le chômage

Au sens du BIT, un chômeur est une personne sans emploi, disponible sous deux semaines et en recherche active. Cette définition stricte laisse un « halo » autour du chômage : personnes souhaitant travailler mais non comptées (découragés, non disponibles immédiatement). S'y ajoute le sous-emploi (temps partiel subi). Le taux de chômage rapporte les chômeurs à la population active.

On distingue le chômage conjoncturel, dû à l'insuffisance temporaire de la demande globale (récessions), et le chômage structurel, qui persiste même en haut de cycle : il tient aux caractéristiques du marché du travail — inadéquations spatiales et de qualifications entre offres et demandes (problèmes d'appariement), institutions (salaire minimum, protection de l'emploi, assurance chômage) qui peuvent affecter le fonctionnement du marché, et coûts du travail. Le chômage frictionnel, lié aux délais normaux de recherche, en fait partie.

2Les explications du chômage structurel

Problèmes d'appariement : offres non pourvues et chômeurs coexistent quand qualifications, localisations ou conditions proposées ne correspondent pas — la courbe de Beveridge (relation emplois vacants/chômage) en rend compte ; sa dégradation signale un appariement moins efficace.

Asymétries d'information : l'employeur connaissant mal la productivité du candidat peut payer un salaire d'efficience supérieur au salaire d'équilibre pour attirer, retenir et motiver — ce qui maintient un chômage involontaire. Institutions : un salaire minimum trop élevé par rapport à la productivité des moins qualifiés peut exclure ces derniers de l'emploi (effet débattu empiriquement : les études sur des hausses modérées trouvent des effets faibles) ; une protection de l'emploi stricte peut freiner les embauches en CDI et dualiser le marché (insiders/outsiders) ; une assurance chômage généreuse allonge la durée de recherche mais améliore la qualité de l'appariement. Enfin, le progrès technique et la mondialisation déforment la structure des emplois (polarisation), rendant certaines qualifications obsolètes.

3Les politiques de lutte contre le chômage

Contre le chômage conjoncturel : politiques de soutien de la demande globale, d'inspiration keynésienne — relance budgétaire (dépenses publiques, baisses d'impôts) et politique monétaire accommodante (baisse des taux) pour stimuler consommation et investissement ; efficaces en récession mais limitées par l'endettement, les fuites vers les importations et l'inflation.

Contre le chômage structurel : politiques agissant sur l'offre et l'appariement — formation et qualification des travailleurs, accompagnement et incitations au retour à l'emploi, allègements de cotisations sur les bas salaires pour réduire le coût du travail peu qualifié, flexibilisation du marché du travail (assouplissement des règles d'embauche et de licenciement), soutien à la mobilité. Ces politiques font débat : la flexibilisation peut accroître la précarité sans garantir l'emploi ; les allègements ont un coût budgétaire élevé pour des effets discutés. Les politiques efficaces combinent généralement les deux registres selon le diagnostic — on ne soigne pas un chômage structurel par la seule relance, ni un chômage conjoncturel par les seules réformes structurelles.

4À l'épreuve : sujets et données

Sujets types : « Comment expliquer le chômage structurel ? », « Les politiques de soutien de la demande suffisent-elles à lutter contre le chômage ? », « Quels sont les effets des institutions sur le chômage ? ».

Données mobilisables : taux de chômage français autour de 7-7,5 % au milieu des années 2020 (contre ~10 % en 2015), chômage des jeunes environ le double de la moyenne, taux allemand durablement plus bas (~3-4 %), halo d'environ 2 millions de personnes en France. Piège : plaquer un seul type d'explication ; la bonne copie articule le diagnostic (conjoncturel ou structurel) et la politique adaptée.

Définitions à connaître par cœur

Chômage au sens du BIT
Situation d'une personne sans emploi, disponible rapidement et en recherche active ; base des comparaisons internationales.
Halo du chômage
Personnes souhaitant travailler mais non comptées comme chômeurs (découragées, indisponibles) — zone grise autour du chômage mesuré.
Chômage structurel
Chômage persistant lié au fonctionnement du marché du travail (appariement, institutions, qualifications), indépendant de la conjoncture.
Salaire d'efficience
Salaire supérieur au salaire d'équilibre versé pour attirer, retenir et motiver les salariés — source de chômage involontaire.
Appariement
Rencontre entre offres et demandes d'emploi ; ses frictions (qualifications, distance, information) expliquent la coexistence d'emplois vacants et de chômeurs.
Politique de relance
Stimulation keynésienne de la demande globale par le budget ou la monnaie pour résorber un chômage conjoncturel.

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8 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !

1. Au sens du BIT, être chômeur suppose…

  • A.de toucher une allocation
  • B.d'être sans emploi, disponible et en recherche active
  • C.d'être inscrit à France Travail
  • D.d'avoir déjà travaillé
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Réponse : B. d'être sans emploi, disponible et en recherche active

Trois critères cumulatifs : absence d'emploi, disponibilité sous deux semaines, démarches actives de recherche.

2. Le chômage conjoncturel s'explique par…

  • A.l'inadéquation des qualifications
  • B.l'insuffisance temporaire de la demande globale
  • C.le salaire minimum
  • D.les délais de recherche
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Réponse : B. l'insuffisance temporaire de la demande globale

En récession, les entreprises réduisent production et embauches faute de débouchés — remède : soutien de la demande.

3. La courbe de Beveridge relie…

  • A.inflation et chômage
  • B.emplois vacants et chômage
  • C.salaires et productivité
  • D.croissance et emploi
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Réponse : B. emplois vacants et chômage

La coexistence de nombreux emplois vacants et d'un chômage élevé signale des difficultés d'appariement.

4. Le salaire d'efficience est versé pour…

  • A.respecter le SMIC
  • B.attirer, retenir et motiver les salariés
  • C.réduire les coûts
  • D.suivre l'inflation
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Réponse : B. attirer, retenir et motiver les salariés

Face à l'asymétrie d'information sur l'effort et la productivité, payer au-dessus du marché est rationnel — mais maintient du chômage.

5. Un effet pervers possible d'une protection de l'emploi très stricte est…

  • A.trop d'embauches en CDI
  • B.la dualisation du marché entre insiders et outsiders
  • C.la disparition des CDD
  • D.la hausse des salaires minimums
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Réponse : B. la dualisation du marché entre insiders et outsiders

Les employeurs contournent le CDI par des contrats courts : les insiders sont protégés, les outsiders enchaînent la précarité.

6. Les allègements de cotisations sur les bas salaires visent à…

  • A.augmenter le salaire net
  • B.réduire le coût du travail peu qualifié pour favoriser l'embauche
  • C.financer l'assurance chômage
  • D.taxer les robots
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Réponse : B. réduire le coût du travail peu qualifié pour favoriser l'embauche

En abaissant le coin socio-fiscal au niveau du SMIC, on rapproche coût du travail et productivité des moins qualifiés.

7. Une politique de relance budgétaire est surtout adaptée à un chômage…

  • A.structurel
  • B.conjoncturel
  • C.frictionnel
  • D.volontaire
Voir la réponse

Réponse : B. conjoncturel

Elle comble une insuffisance de demande ; contre un chômage structurel, elle crée surtout inflation et déficits.

8. La formation professionnelle agit sur le chômage en…

  • A.stimulant la demande globale
  • B.améliorant l'appariement entre qualifications et emplois
  • C.baissant les taux d'intérêt
  • D.réduisant la population active
Voir la réponse

Réponse : B. améliorant l'appariement entre qualifications et emplois

Elle réduit l'inadéquation des qualifications, une des causes principales du chômage structurel.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre chômage structurel et conjoncturel ?

Le chômage conjoncturel suit le cycle : il naît d'une insuffisance temporaire de demande globale et se résorbe avec la reprise (ou la relance). Le chômage structurel persiste indépendamment de la conjoncture : il tient à l'appariement défaillant, aux institutions du marché du travail et à l'inadéquation des qualifications — il appelle des politiques structurelles.

Le salaire minimum crée-t-il du chômage ?

Théoriquement, un salaire minimum supérieur à la productivité des moins qualifiés peut les exclure de l'emploi. Empiriquement, les effets de hausses modérées apparaissent faibles. Une bonne copie présente le mécanisme ET le débat empirique, sans conclusion caricaturale.

Quelles politiques contre le chômage faut-il connaître ?

Contre le conjoncturel : relance budgétaire et monétaire (soutien de la demande). Contre le structurel : formation, accompagnement des chômeurs, allègements de cotisations sur les bas salaires, flexibilisation, aide à la mobilité. Il faut savoir adapter la politique au diagnostic et discuter les limites de chacune.

Qu'est-ce que le halo autour du chômage ?

L'ensemble des personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais ne remplissent pas tous les critères du BIT (pas de recherche active ou indisponibilité immédiate) : environ 2 millions de personnes en France, en plus des chômeurs officiels — indispensable pour évaluer la sous-utilisation réelle du travail.