Fiche de révision : Crise et gestion des violences conjugales

Plan du Cours

  1. Violences conjugales : définition et distinction
  2. Formes et escalade des violences conjugales
  3. Cycle de la violence et violences spécifiques
  4. Contrôle coercitif : coercition et contrôle
  5. Homicide conjugal : caractéristiques et facteurs de risque
  6. Psychotraumatisme : critères et facteurs de risque
  7. Réponses au danger et symptômes psychotraumatiques
  8. Organisation des soins psychiatriques en France
  9. Soins psychiatriques en prison et SPO
  10. Obligation, injonction et acteurs des soins
  11. Le malade délirant : analyse clinique et étiologie
  12. Contention et isolement : définitions et recommandations

1. Violences conjugales : définition et distinction

Notions clés & Définitions

  • Violence conjugale : La violence conjugale est un rapport de domination dans un couple, répété et asymétrique, visant le contrôle de l’autre par des comportements violents physiques, psychologiques et/ou sexuels.
  • Conflit conjugal : Le conflit conjugal désigne des désaccords au sein du couple, sans logique de domination répétée et asymétrique caractéristique de la violence conjugale.
  • Cycle de la violence : Le cycle de la violence décrit une succession de phases où la tension monte, une crise éclate, l’auteur justifie, puis une période d’accalmie dite « lune de miel » survient.
  • Contrôle coercitif : Le contrôle coercitif correspond à une conduite malveillante et calculée visant à dominer une femme, en combinant violences physiques répétées et tactiques d’intimidation, d’isolement et de contrôle.
  • Gaslighting : Le gaslighting est une manipulation psychologique où l’auteur fait douter la victime de la réalité, en la persuadant que ses perceptions sont fausses.

Points essentiels

  • La violence conjugale se caractérise par un pattern répétitif, inégalitaire et asymétrique, orienté vers la maîtrise voire la destruction de l’autre.
  • Les formes de violence conjugale incluent psychologique, verbale, physique, économique et sexuelle.
  • L’escalade suit le cycle : climat de tension, crise, justification, puis « lune de miel ».
  • Les violences physiques particulières citées incluent coups à la tête et étranglement, avec risque de traumatismes cérébraux.
  • Les violences psychologiques et verbales incluent notamment le gaslighting, qui manipule la victime pour invalider sa perception du réel.
  • Le contrôle coercitif combine intimidation, isolement et contrôle, avec des actions comme isolement, manipulation, dénigrement et surveillance constante.

Astuce mémo

Cycle = Tension → Crise → Justification → Lune de miel (TCJL).

2. Formes et escalade des violences conjugales

Notions clés & Définitions

  • Conflits conjugaux : Les conflits conjugaux désignent les disputes et tensions au sein du couple, pouvant s’inscrire dans un schéma de violence.
  • Jalousie : La jalousie correspond à une suspicion ou une obsession de l’autre, pouvant alimenter des comportements violents.
  • Attachement insécure : L’attachement insécure décrit un mode relationnel anxieux ou évitant, associé à des difficultés de régulation émotionnelle dans le couple.
  • Profil psychopathologique des hommes violents : Le profil psychopathologique des hommes violents regroupe des traits cliniques fréquemment retrouvés chez des auteurs de violences.
  • Homicide conjugal : L’homicide conjugal est un homicide volontaire ou involontaire commis par un individu ayant le rôle d’ex/conjoint envers un ex/conjoint.

Points essentiels

  • Les violences conjugales peuvent s’exprimer via des conflits conjugaux, de la jalousie et un attachement insécure.
  • Chez les hommes violents, des traits souvent retrouvés sont l’immaturité, l’égocentrisme, l’impulsivité et une fluctuation d’humeur de type cyclothymique.
  • Coutanceau distingue des profils d’hommes violents : immaturo-névrotique, immaturo-égocentrique et immaturo-pervers.
  • L’homicide conjugal correspond à un crime/homicide passionnel commis par un ex/conjoint contre un ex/conjoint.
  • Les femmes sont fréquemment tuées par arme à feu, arme blanche, strangulation ou coups portés, tandis que les hommes sont plus souvent tués par arme blanche.
  • Le moment clé de l’homicide conjugal est la séparation, et le meurtre survient le plus souvent au domicile de la victime ou à proximité.

Astuce mémo

Séparation = moment-clé (S) ; femmes : plusieurs modes (F) ; hommes : arme blanche (H).

3. Cycle de la violence et violences spécifiques

Notions clés & Définitions

  • Circuit d’activation de la peur : Le circuit d’activation de la peur désigne l’enchaînement rapide des réponses face à un danger, déclenché immédiatement par le contexte traumatique ou menaçant.
  • Stress adapté : Le stress adapté correspond à une réponse immédiate efficace, physiologique et psychologique, qui aide à faire face au danger sans dépasser les capacités de traitement.
  • Stress dépassé : Le stress dépassé décrit une réponse immédiate où le cerveau court-circuite le traitement de l’évènement, favorisant l’installation de symptômes psychotraumatiques.
  • Dissociation péri-traumatique : La dissociation péri-traumatique est un mécanisme où le souvenir de l’évènement repose surtout sur des éléments sensoriels et émotionnels, avec un traitement altéré.
  • Détresse péri-traumatique : La détresse péri-traumatique regroupe les signes émotionnels et cognitifs liés à la menace vitale ressentie pendant ou juste autour de l’évènement.

Points essentiels

  • La réponse immédiate peut être adaptative (stress adapté) ou inadaptée (stress dépassé) via un circuit d’activation de la peur.
  • Le stress adapté combine des réactions physiologiques (ex. rythme cardiaque, sucre) et psychologiques (vigilance, combativité, gestes adaptés) avec un coût énergétique.
  • Les 4 F décrivent les grandes formes de réponse au danger : fight, flight, freeze, fawn (soumission).
  • En stress dépassé, une dissociation/court-circuit cérébral peut empêcher le traitement du souvenir, ce qui favorise le départ du TSPT.
  • Le schéma temporel est : évènement traumatique → réaction péri-traumatique (2–3 jours) → Trouble de Stress Aigu ; puis vers 1 mois → Trouble de Stress Post-Traumatique.
  • Les signes péri-traumatiques se distinguent par la dissociation (souvenirs sensoriels et émotions) et la détresse (émotions négatives et sentiment de menace vitale).

Astuce mémo

4 F = Fight/Flight/Freeze/Fawn (soumission) : 4 sorties possibles face au danger.

4. Contrôle coercitif : coercition et contrôle

Notions clés & Définitions

  • Consentement libre et éclairé : Principe de droit en santé selon lequel le patient décide librement après information, et peut retirer son accord à tout moment.
  • Soins psychiatriques sans consentement : Dispositif légal permettant d’imposer des soins en psychiatrie quand l’état mental altère le jugement ou le rapport à la réalité.
  • Admission en soins psychiatriques à la demande d’un tiers : Modalité légale abrégée ASPDT où l’hospitalisation est demandée par un tiers lorsque l’état mental nécessite des soins immédiats et empêche le consentement.
  • Admission en soins psychiatriques du représentant de l’État : Modalité légale abrégée ASPDRE où l’hospitalisation est décidée par le représentant de l’État lorsque les conditions médicales et l’incapacité de consentir sont réunies.
  • Juge des libertés et de la détention : Magistrat chargé de contrôler les mesures privatives de liberté en psychiatrie et de prévenir les décisions abusives.

Points essentiels

  • Le consentement est un droit fondamental : il est libre et éclairé et peut être retiré à tout moment.
  • En psychiatrie, les soins sont majoritairement libres (environ 3/4 des hospitalisations), mais des troubles peuvent altérer le jugement et justifier des mesures spécifiques.
  • En France, environ 80 000 personnes par an font l’objet de soins psychiatriques sans consentement.
  • La loi de 2011 (puis 2013) remplace HDT et HO par ASPDT, ASPDRE et crée l’ASPPI en cas de péril imminent.
  • Le JLD contrôle la mesure d’hospitalisation complète dans un délai de 12 jours à compter de l’admission et peut être saisi par le patient ou par l’établissement/l’État.

Astuce mémo

Consentement = droit réversible ; quand le jugement vacille → soins imposés, et le JLD “verrouille” la privation de liberté (12 jours).

5. Homicide conjugal : caractéristiques et facteurs de risque

Notions clés & Définitions

  • Homicide conjugal : L’homicide commis dans le cadre de la relation de couple, souvent dans un contexte de violence conjugale antérieure.
  • Violence conjugale : Ensemble des actes de domination ou de maltraitance au sein du couple, pouvant escalader jusqu’à des violences mortelles.
  • Facteurs de risque : Ensemble de variables qui augmentent la probabilité qu’une violence conjugale s’aggrave, y compris vers l’homicide.
  • Escalade de la violence : Processus par lequel la gravité et la fréquence des violences augmentent avec le temps, rendant l’issue létale plus probable.

Points essentiels

  • La violence conjugale peut évoluer progressivement vers des actes graves, l’homicide étant l’issue extrême d’une escalade.
  • Les facteurs de risque à rechercher concernent le contexte relationnel, la dynamique de contrôle et l’historique de violences.
  • La présence de menaces, de comportements de domination et d’antécédents de passage à l’acte augmente la vigilance face à une aggravation.
  • L’évaluation du risque doit tenir compte de la dynamique actuelle (intensité, fréquence, imminence) plutôt que d’un seul événement passé.
  • Les caractéristiques du couple et la trajectoire de la violence aident à repérer les situations où la dangerosité peut devenir létale.

6. Psychotraumatisme : critères et facteurs de risque

Notions clés & Définitions

  • Psychotraumatisme : Le psychotraumatisme désigne l’ensemble des réactions psychiques pouvant survenir après l’exposition à un événement traumatique, avec retentissement durable sur le fonctionnement.
  • Hospitalisation complète : L’hospitalisation complète est une modalité de soins sans programme externe, décidée et encadrée par des certificats médicaux.
  • Programme de soin : Le programme de soin est une prise en charge organisée (par exemple à domicile ou en séjour partiel) lorsque l’hospitalisation complète n’est plus maintenue.
  • JLD : Le JLD est le juge des libertés et de la détention, chargé de contrôler la régularité et la poursuite de certaines mesures privatives de liberté.
  • CDSP : La CDSP est la commission départementale des soins psychiatriques, saisie notamment par réclamation de personnes concernées.

Points essentiels

  • Au-delà de 72h, la prise en charge se poursuit soit par hospitalisation complète, soit par un programme de soin inclus dans le certificat.
  • Si la mesure est maintenue, un certificat médical est exigé tous les mois, et si la durée dépasse 1 an, une évaluation par un collège est requise chaque année.
  • Le contrôle par le JLD se fait après l’admission dans un délai de 12 jours, puis tous les 6 mois tant que l’hospitalisation complète se prolonge.
  • Le JLD doit rendre un avis motivé lors de ses examens.
  • La levée peut intervenir sur avis du psychiatre si les conditions ayant motivé la mesure ne sont plus réunies.
  • La levée peut aussi être décidée sur ordonnance du juge, qui peut lever la mesure sans consentement ou seulement l’hospitalisation complète.

Astuce mémo

72h puis choix : hospitalisation complète ou programme de soin ; ensuite mensuel + collège annuel si >1 an.

7. Réponses au danger et symptômes psychotraumatiques

Notions clés & Définitions

  • Personnalité schizoïde : La personnalité schizoïde se caractérise par un détachement durable, une affectivité émoussée et un intérêt surtout tourné vers le monde intérieur.
  • Personnalité schizotypique : La personnalité schizotypique associe une vie psychique riche avec des intérêts particuliers, une solitude marquée et peu de relations sociales ou sentimentales.
  • Personnalité antisociale : La personnalité antisociale se manifeste par l’impulsivité, des passages à l’acte, une absence de culpabilité ou de remords et une faible empathie.
  • Trouble borderline : Le trouble borderline, ou état-limite, combine une instabilité affective et relationnelle avec une identité et une image de soi fragiles.
  • Personnalité évitante : La personnalité évitante se traduit par une inhibition relationnelle et sociale liée à une mauvaise estime de soi et à la crainte du jugement.

Points essentiels

  • Les traits schizoïdes incluent isolement social, faible intérêt pour les relations amicales et sexuelles, et préoccupation excessive pour le monde intérieur.
  • Les traits schizotypiques incluent solitude, peu de relations sociales et sentimentales, avec une vie psychique décrite comme riche et centrée sur des centres d’intérêt particuliers.
  • La personnalité antisociale est différente de la psychopathie et s’accompagne de transgressions répétées, de manipulation utilitaire autocentrée et de comorbidités addictives ou dépressives.
  • Le risque associé à la personnalité antisociale inclut un décès par mort violente ou suicide plus élevé, avec une tendance à apaiser les comportements antisociaux vers 40 ans.
  • Dans le trouble borderline, l’instabilité se regroupe en trois dimensions : affective, interpersonnelle, et identité/image de soi.
  • Les troubles du comportement en borderline sont liés à l’impulsivité, l’automutilation et les conduites à risque, avec parfois des épisodes transitoires dissociatifs ou psychotiques.

Astuce mémo

Schizoïde/Schizotypique = retrait social ; Antisociale = impulsion sans remords ; Borderline = 3 instabilités (affect, relations, identité).

8. Organisation des soins psychiatriques en France

Notions clés & Définitions

  • Consentement libre : Principe de prise en charge en psychiatrie où le patient doit pouvoir accepter librement les soins proposés.
  • Indépendance des soignants : Principe selon lequel les soignants ne dépendent pas des juges ni de l’administration pénitentiaire pour décider des soins.
  • Projet thérapeutique : Document de soins élaboré pour organiser la prise en charge, en tenant compte des aléas de la durée d’incarcération.
  • Droit du patient détenu : Ensemble de droits garantissant au détenu l’accès à l’information et aux modalités de consentement pour ses soins.
  • UCSCA : Unité de soins psychiatriques ambulatoires en milieu pénitentiaire, rattachée à l’organisation des soins somatiques.

Points essentiels

  • Les soins psychiatriques reposent sur le consentement libre, l’indépendance des soignants et une organisation pluridisciplinaire intégrée au parcours pendant et après la détention.
  • Avant 1994, les surveillants pénitentiaires administraient les médicaments aux détenus.
  • La circulaire du 8 décembre 1994 introduit des professionnels de santé soumis aux contraintes du milieu carcéral et distingue l’intervention des soins de l’exécution de la peine.
  • La circulaire du 8 décembre 1994 justifie l’intervention psychiatrique par la fréquence des troubles en détention, leur aggravation par les conditions carcérales, et leurs liens avec conduites addictives et suicidaires.
  • Le droit du patient détenu inclut notamment le droit à l’information, le consentement, la personne de confiance et les directives anticipées.
  • L’objectif central depuis 1994 est d’offrir aux personnes détenues une offre de soins comparable à celle de la population générale, avec continuité du parcours de soins.

Astuce mémo

Consentement + indépendance + continuité = “3C” des soins psy en prison.

9. Soins psychiatriques en prison et SPO

Notions clés & Définitions

  • PPSMJ : Personnes Placées Sous Main De Justice désigne les personnes poursuivies ou condamnées concernées par des mesures de soins en milieu pénitentiaire.
  • Obligation de soin : Mesure de SPO ordonnant à une personne de se soumettre à des examens médicaux et à des traitements, y compris sous hospitalisation.
  • Injonction de soins : Mesure de SPO post sentencielle visant un traitement, fondée sur une expertise psychiatrique préalable pour évaluer l’aptitude au traitement.
  • Injonction thérapeutique : Mesure de SPO peu utilisée pour des sujets toxico-dépendants, pouvant intervenir à tous les stades sans expertise psychiatrique préalable.
  • SMPR : Service Médico-Psychologique Régional est une structure de soins psychiatriques en milieu pénitentiaire, organisée à temps partiel.

Points essentiels

  • Toutes les prisons doivent offrir au moins une consultation psychiatrique pour les personnes détenues.
  • Les missions de santé mentale en prison incluent la prévention du suicide, la prise en charge des troubles addictifs et l’orientation vers SMPR, UMD ou UHSA selon la dangerosité.
  • Les soins pénalement ordonnés préparent aussi les sorties avec des soins ambulatoires ou hospitaliers.
  • L’organisation des soins psychiatriques se fait à 3 niveaux : consultations/activités ambulatoires, SMPR (temps partiel) et UHSA (hospitalisation complète, soins sous contrainte possible).
  • Les SPO distinguent trois mesures : obligation de soins, injonction de soins et injonction thérapeutique.
  • Obligation de soin (art. 132-45 CP) : elle peut être une alternative à la détention provisoire ou à l’emprisonnement avec d’autres peines alternatives, sauf en cas de non-respect.

Astuce mémo

SPO = O-I-T : Obligation (soumission large), Injonction (post + EPP), Thérapeutique (toxico + peu utilisée).

10. Obligation, injonction et acteurs des soins

Notions clés & Définitions

  • Injonction de soins : Mesure judiciaire imposant un suivi médical, avec des obligations contrôlées par l’autorité judiciaire.
  • Médecin coordinateur : Professionnel désigné par le juge pour organiser la coordination médicale de la mesure et le suivi.
  • Juge d’Application des Peines : Autorité judiciaire qui désigne les acteurs médicaux et pénitentiaires et veille au respect des obligations.
  • SPIP : Service pénitentiaire d’insertion et de probation chargé du suivi de l’exécution et de la prévention de la récidive.
  • Médecin relais : Médecin qui examine la personne concernée et transmet un rapport à l’autorité judiciaire pour apprécier l’évolution médicale.

Points essentiels

  • Le dispositif articule santé et justice et prévoit une convocation régulière du condamné/poursuivi au minimum tous les 3 mois.
  • Le médecin relais examine le condamné et transmet un rapport à l’autorité judiciaire ayant ordonné la mesure pour évaluer l’évolution médicale.
  • Le juge d’application des peines désigne le médecin coordinateur et le SPIP et transmet la copie de l’ordonnance d’injonction de soins avec les pièces utiles.
  • Le SPIP assure le suivi de l’exécution de la mesure, convoque régulièrement le condamné et oriente le suivi vers la prévention de la récidive et la réinsertion sociale.
  • Le SPIP peut mettre en place des PPR (Programmes de Prévention de la Récidive).
  • Le condamné est encouragé à débuter les soins en détention si possible et doit demander une attestation de présence pour prouver l’effectivité du suivi.

Astuce mémo

JAP = Juge + Acteurs (médecin coordinateur, SPIP) ; SPIP = Suivi Prévention Réinsertion ; médecin relais = Rapport d’évolution.

11. Le malade délirant : analyse clinique et étiologie

Notions clés & Définitions

  • Contention : La contention est l’usage de moyens ou matériels qui empêchent ou restreignent les mouvements volontaires d’une partie ou de tout le corps.
  • Contention chimique : La contention chimique correspond à l’utilisation de médicaments pour limiter les capacités de mouvement du patient.
  • Contention physique : La contention physique regroupe des dispositifs matériels visant à limiter et/ou maintenir la mobilisation volontaire du patient.
  • Addiction : L’addiction est un comportement qui procure du plaisir et atténue un malaise interne malgré la connaissance de ses conséquences négatives.
  • Craving : Le craving est un désir ou besoin intense qui pousse à poursuivre le comportement addictif malgré les effets négatifs.

Points essentiels

  • La contention est définie par la HAS (2017) comme l’utilisation de moyens, méthodes, matériels ou vêtements empêchant ou restreignant les mouvements volontaires du patient.
  • En janvier 2016, la contention est encadrée par une durée limitée à 6 h, reconductible une fois (24 h au total).
  • Les formes de contention incluent chimique (médicaments), architecturale (limiter la mobilité dans l’espace), psychologie/relationnelle (inciter par climat de confiance) et physique (dispositifs).
  • La contention ne doit jamais servir à punir ni à résoudre un problème administratif ou organisationnel.
  • La contention est indiquée pour prévenir une violence imminente/immédiate du patient ou un danger de mise en danger.
  • La mise en œuvre suppose un mode de soin sans consentement décidé par un psychiatre, avec entretien et examen médical au moment de l’isolement/contention pour évaluer l’état mental et expliquer raisons et critères de lev

Astuce mémo

Contention = CHIMIE (médicaments) + ARCHI (espace) + RELATION (climat) + PHYSIQUE (dispositifs).

12. Contention et isolement : définitions et recommandations

Notions clés & Définitions

  • Contention : La contention est une mesure de restriction des mouvements visant à limiter un danger immédiat pour la personne ou autrui.
  • Isolement : L’isolement est une mesure consistant à séparer une personne des autres pour réduire un risque immédiat.
  • Sevrage brutal : Le sevrage brutal est l’arrêt rapide d’une substance qui peut déclencher des symptômes sévères, surtout avec certains psychotropes.
  • Trouble panique : Le trouble panique est une atteinte psychiatrique caractérisée par des crises anxieuses intenses pouvant survenir lors de certaines consommations ou sevrages.

Points essentiels

  • Les complications médicales et psychiatriques peuvent survenir lors du sevrage de plusieurs substances, avec des tableaux parfois graves.
  • Les benzodiazépines exposent à un sevrage brutal pouvant provoquer tremblements, anxiété, insomnies, troubles de la vigilance, convulsions et coma.
  • Le sevrage peut s’accompagner de symptômes physiques et psychiques, avec confusion possible selon la substance en cause.
  • La prise en charge repose sur un accompagnement par un professionnel de santé et des thérapies motivationnelles pour soutenir l’arrêt et limiter les rechutes.
  • Lors de tableaux atypiques, il faut envisager un trauma crânien si la clinique ne correspond pas aux attentes habituelles.

Astuce mémo

Contention/isolement = danger immédiat ; sevrage = risque de crise (surtout benzodiazépines).

Repères chronologiques

DateÉvénement
2009Référence Lamy C. et al. sur la définition de la violence conjugale
2022Référence Hailes sur le gaslighting
2017HAS : définition de la contention (2017)
2016Encadrement de la contention avec durée limitée (janvier 2016)
1994Circulaire du 8 décembre 1994 sur l’organisation des soins en milieu pénitentiaire
8 décembre 1994Circulaire du 8 décembre 1994 : professionnels de santé en milieu carcéral et projet thérapeutique
5 juillet 2011Loi du 5 juillet 2011 : droits et protection en soins psychiatriques sans consentement
27 septembre 2013Loi du 27 septembre 2013 : modalités de prise en charge en soins psychiatriques sans consentement
1990Définition de l’addiction (addictologie) en 1990
2017HAS : recommandations/définition de la contention (2017)

Tableaux de synthèse

Conflit conjugal vs violence conjugale

NotionCaractéristiquesLogique dominante
Conflit conjugalDésaccords au sein du coupleSans logique de domination répétée et asymétrique
Violence conjugaleRapport de domination répétée, inégalitaire et asymétrique ; contrôle par violences physiques/psychologiques/sexuellesDomination/maîtrise de l’autre, voire destruction

Stress adapté vs stress dépassé

Réponse immédiateMécanismeConséquence
Stress adaptéRéactions physiologiques et psychologiques efficaces face au dangerCoût énergétique, traitement de l’évènement
Stress dépasséCourt-circuit/dissociation péri-évènementielle empêchant le traitement du souvenirFavorise l’installation de symptômes psychotraumatiques et le départ du TSPT

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre conflit conjugal et violence conjugale : le conflit n’implique pas une domination répétée et asymétrique.
  2. Croire que le cycle de la violence est linéaire et toujours identique : il décrit Tension → Crise → Justification → « lune de miel ».
  3. Inverser coercition et contrôle : la coercition force par la force/la menace, le contrôle impose progressivement l’obéissance de façon indirecte.
  4. Mélanger dissociation péri-traumatique et évitement : la dissociation concerne le traitement immédiat du souvenir (sensoriel/émotionnel), l’évitement concerne ensuite souvenirs/lieux/émotions.
  5. Oublier le moment-clé de l’homicide conjugal : la séparation est ce qui caractérise l’homicide conjugal.
  6. Confondre ASPDT/ASPDRE/ASPPI : ASPDT = demande d’un tiers (2 certificats), ASPDRE = arrêté préfectoral (1 certificat), ASPPI = péril imminent sans demande de tiers (1 certificat).
  7. Penser que la contention sert à punir ou à résoudre un problème administratif : c’est explicitement interdit et elle doit rester exceptionnelle.

Checklist Examen

  1. Définir la violence conjugale comme rapport de domination répétée, inégalitaire et asymétrique, et distinguer conflit conjugal et violence conjugale.
  2. Citer les formes de violence conjugale (psychologique, verbale, physique, économique, sexuelle) et expliquer l’escalade via le cycle (climat de tension, crise, justification, lune de miel).
  3. Identifier les violences physiques particulières (coups à la tête, étranglement) et leurs conséquences (traumatismes cérébraux).
  4. Définir le gaslighting et relier-le aux violences psychologiques/verbales (manipuler pour convaincre que tout est faux).
  5. Décrire le contrôle coercitif (conduite calculée et malveillante) et distinguer coercition (force/menace) vs contrôle (obéissance indirecte).
  6. Expliquer le lien entre facteurs de risque et profils : facteurs socio-démographiques, antécédents, psychologiques, relationnels, et traits des hommes violents (immaturité, égocentrisme, impulsivité, cyclothymie) + Couta
  7. Définir l’homicide conjugal (ex/conjoint) et rappeler les éléments clés : moment de la séparation, modes opératoires (femmes : arme à feu/arme blanche/strangulation/coups ; surkill/overkill), lieu (domicile ou proximité)
  8. Lister les facteurs de risque d’homicide conjugal (perception de la victime, antécédents de violence, caractéristiques de l’agresseur, variables situationnelles dont arme et séparation récente).
  9. Définir psychotraumatisme et préciser les critères d’un évènement potentiellement traumatique (brutal/soudain/imprévisible, confrontation à la mort, impuissance/absence de contrôle) + rôle de la période/durée/répétition.
  10. Décrire le circuit d’activation de la peur : stress adapté (réactions physiologiques/psychologiques, 4 F) vs stress dépassé (dissociation/court-circuit) et la chronologie (2–3 j TSPT, ~1 mois TSPT).
  11. Reconnaître les signes péri-traumatiques (dissociation : souvenirs sensoriels/émotions ; détresse : émotions négatives + menace vitale) et les symptômes psychotraumatiques (intrusifs, évitement, cognitions/humeur, hyperv
  12. Maîtriser les soins sans consentement : principe du consentement libre et éclairé, loi 2011/2013, période initiale de 72h, modalités ASPDT/ASPDRE/ASPPI, contrôle JLD (12 jours puis tous les 6 mois) et modalités de levée.
  13. Expliquer l’organisation des soins psychiatriques en France (niveaux ambulatoires/intermédiaires/hospitaliers, et offre spécifique) puis les SPO en prison (obligation/injonction/injonction thérapeutique) et les acteurs (
  14. Définir contention et isolement, rappeler l’objectif (sécuriser), les formes de contention (chimique/architecturale/relationnelle/physique), les recommandations (exceptionnelle, consensus, durée limitée en janvier 2016)

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Crise et gestion des violences conjugales avec 12 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel principe structure l’organisation des soins psychiatriques en France ?

2. Quel est le rôle principal du médecin relais dans une injonction de soins ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Crise et gestion des violences conjugales avec 24 flashcards interactives.

Violence conjugale — définition ?

Rapport de domination répété et asymétrique visant le contrôle de l’autre.

Conflit conjugal — différence ?

Disaccords sans logique de domination répétée ni asymétrie.

Cycle de la violence — phases ?

Tension, crise, justification, lune de miel.

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