Fiche de révision : Fondements et crises du système international

Plan du Cours

  1. Relations internationales
  2. Souveraineté et ordre international
  3. Histoire des traités de Westphalie
  4. Théorie du contrat social Hobbes
  5. Droit naturel et jus gentium
  6. Encadrement juridique de la guerre
  7. Systèmes de sécurité collective
  8. Dissuasion nucléaire et équilibre de la terreur
  9. Système des congrès et concert européen
  10. Crises et échecs du système international

1. Relations internationales

Notions clés & Définitions

  • Relations sociales entre groupes autonomes : Interaction qui se déroule entre des entités politiques ou sociales indépendantes, installées sur des territoires distincts, formant des États ou des groupes souverains. Ces relations sont inséparables, car elles impliquent une cohabitation d’acteurs autonomes dans un espace commun sans autorité supérieure unique.

  • Ordre national vs. ordre international (selon Jeremy Bentham) : Bentham (1781) distingue deux domaines juridiques : l’ordre national, qui régit les comportements à l’intérieur d’un État, et l’ordre international, qui concerne les relations entre États ou nations. Il considère que le droit international doit réguler ces interactions, en s’inspirant du concept romain de jus gentium.

  • Origine du terme 'international' : Le mot apparaît pour la première fois en anglais en 1780, puis est adopté officiellement en français en 1801. Il désigne un espace où des relations se nouent entre des acteurs souverains, sans autorité suprême commune, dans un cadre pluraliste.

  • Rôle de la géopolitique : La géopolitique constitue un point d’entrée partiel dans l’étude des relations internationales. Elle analyse notamment la distribution des pouvoirs et des territoires, mais ne suffit pas à rendre compte de l’ensemble des dynamiques sociales, juridiques ou idéologiques qui structurent ces relations.

  • Importance des penseurs anglo-saxons : La majorité des réflexions sur les relations internationales proviennent des penseurs anglo-saxons, notamment en raison de la position de puissance des États-Unis. Leur influence explique en partie la prégnance d’approches pragmatiques, utilitaristes et réalistes dans cette discipline.

Points essentiels

  • Les relations internationales sont définies comme des relations sociales entre groupes autonomes, installés sur des territoires distincts, qui forment des États ou des entités souveraines. Ces relations sont inséparables, car elles impliquent une cohabitation dans un espace sans autorité centrale unique, ce qui confère à l’espace international une nature anarchique.

  • La distinction entre ordre national et ordre international est fondamentale selon Jeremy Bentham (1781). Il considère que l’ordre national s’applique à l’intérieur d’un État, tandis que l’ordre international concerne les interactions entre États ou nations, régulées par un droit spécifique, inspiré du jus gentium romain.

  • Le terme 'international' apparaît en anglais en 1780, puis en français en 1801, marquant la reconnaissance d’un espace distinct où se nouent des relations entre acteurs souverains.

  • La géopolitique, en tant que discipline, sert de point d’entrée partiel dans l’étude des relations internationales. Elle se concentre sur la distribution des territoires et des pouvoirs, mais ne couvre pas entièrement la complexité des interactions sociales, juridiques ou idéologiques.

  • La majorité des théories et analyses proviennent des penseurs anglo-saxons, notamment en raison de la puissance des États-Unis, ce qui influence la prépondérance d’approches réalistes et pragmatiques dans la discipline.

À retenir

Les relations internationales désignent l’ensemble des interactions sociales entre acteurs souverains installés sur des territoires distincts, dans un espace caractérisé par l’absence d’autorité supérieure, ce qui en fait un domaine intrinsèquement anarchique. La discipline s’est largement construite à partir des réflexions anglo-saxonnes, notamment sous l’influence de Bentham, qui distingue clairement l’ordre national de l’ordre international.

2. Souveraineté et ordre international

Notions clés & Définitions

  • Souveraineté interne : L’autorité exclusive d’un État sur son territoire, lui permettant de légiférer, d’administrer et de faire respecter ses lois sans ingérence extérieure. Selon Jean Bodin (1576), c’est « le pouvoir le plus haut, absolu et perpétuel d’une République ».
  • Souveraineté externe : La capacité d’un État à agir indépendamment sur la scène internationale, notamment par l’égalité entre États et leur autonomie dans leurs relations extérieures. Elle implique l’indépendance et la reconnaissance mutuelle entre États, comme souligné par Kissinger (2014).
  • Principe de non-ingérence : La règle fondamentale selon laquelle un État ne doit pas intervenir dans les affaires intérieures ou extérieures d’un autre État souverain. Ce principe est inscrit dans l’ordre westphalien de 1648, qui établit la coexistence pacifique et l’égalité des États.
  • Caractère anarchique de l’espace international : La situation où il n’existe pas d’autorité supranationale ou de législateur unique pour réguler les relations entre États. Hedley Bull (1977) affirme que cette anarchie est la caractéristique fondamentale du système international, où chaque État agit selon ses intérêts sans contrainte supérieure.
  • Conséquences de l’anarchie : L’absence de gouvernement mondial entraîne l’absence d’autorité incontestée, de règles universelles contraignantes et de pouvoir coercitif supérieur, ce qui rend les relations internationales instables et conflictuelles. Selon Raymond Aron (1962), cette situation limite l’effectivité du droit international, qui ne dépend que de la volonté des États.

Points essentiels

  • La souveraineté, telle que définie par Jean Bodin, constitue le fondement de l’État moderne, lui conférant un pouvoir absolu à l’intérieur et une indépendance à l’extérieur.
  • La souveraineté interne garantit l’autorité exclusive sur le territoire, empêchant toute ingérence extérieure, tandis que la souveraineté externe assure l’égalité et l’indépendance entre États, comme affirmé lors des traités de Westphalie (1648).
  • Le principe de non-ingérence est une conséquence directe de la souveraineté externe, établissant que chaque État doit respecter la souveraineté des autres sans intervention.
  • La nature anarchique de l’espace international, soulignée par Hedley Bull (1977), explique l’absence d’autorité centrale, ce qui entraîne une coexistence de relations souvent conflictuelles ou concurrentielles.
  • Raymond Aron (1962) insiste sur le fait que cette anarchie limite la portée du droit international, qui ne peut s’imposer que par la volonté des États, renforçant la nécessité d’un cadre diplomatique et de règles conventionnelles.
  • La diffusion de la forme étatique depuis 1648, notamment après les traités de Westphalie, a permis l’affirmation de la souveraineté comme principe structurant de l’ordre international, malgré ses paradoxes et contestations.

À retenir

La souveraineté, à la fois interne et externe, constitue le principe fondamental de l’État moderne, mais l’absence d’autorité supranationale dans l’espace international crée une situation d’anarchie, où chaque État agit selon ses intérêts sans contrainte supérieure.

3. Histoire des traités de Westphalie

Notions clés & Définitions

  • Traités de Westphalie (1648) : Ensemble de traités signés à Münster et Osnabrück qui mettent fin à la guerre de Trente Ans, établissant un nouvel ordre européen basé sur la souveraineté des États et la coexistence pacifique.
  • Affirmation de l’État comme acteur central : À partir de 1648, l’État devient la principale entité reconnue sur la scène internationale, capable de signer des traités et d’agir en autonomie dans les relations inter.
  • Obsolescence de la forme impériale : La fin de la domination de la structure impériale médiévale, notamment du Saint-Empire romain germanique, au profit de l’émergence de l’État souverain, avec une hiérarchie remplacée par une égalité entre États.
  • Diffusion mondiale du modèle étatique : La forme d’État souverain issue des traités de Westphalie s’est progressivement répandue à travers le monde, constituant le cadre dominant des relations internationales contemporaines.
  • Rôle des traités d’Osnabrück et de Münster : Ces accords ont été fondamentaux pour établir l’ordre westphalien, en régulant la fin du conflit, en reconnaissant la souveraineté des États et en posant les bases du système diplomatique moderne.
  • Souveraineté (voir section 2) : Principe selon lequel chaque État détient une autorité exclusive sur son territoire (souveraineté interne) et est indépendant face aux autres États (souveraineté externe), sans ingérence extérieure.

Points essentiels

Les traités de Westphalie, signés en 1648, marquent une étape cruciale dans l’histoire des relations internationales en mettant fin à la guerre de Trente Ans, un conflit dévastateur en Europe centrale. Ces accords, issus des négociations à Münster et Osnabrück, instaurent un nouvel ordre européen fondé sur la souveraineté des États, une rupture avec la forme impériale médiévale, notamment celle du Saint-Empire romain germanique. La souveraineté devient la pierre angulaire du système international : chaque État possède une autorité exclusive sur son territoire (souveraineté interne) et jouit d’une indépendance vis-à-vis des autres (souveraineté externe). La diffusion mondiale du modèle étatique, issu de cet ordre, s’est accélérée après 1648, façonnant le cadre des relations internationales contemporaines. La reconnaissance de l’égalité souveraine entre États, la non-ingérence et la neutralité juridique sont des principes fondamentaux établis par ces traités, qui ont également permis la création d’un cadre diplomatique structuré, notamment par le rôle central des négociations à Münster et Osnabrück. La fin de la domination impériale et l’affirmation de l’État souverain ont ainsi permis de poser les bases d’un ordre international basé sur la coexistence pacifique et la régulation diplomatique.

À retenir

Les traités de Westphalie de 1648 ont instauré le principe de souveraineté étatique, marquant la fin de la domination impériale et le début de l’ordre moderne des relations internationales, caractérisé par l’égalité, la non-ingérence et la diplomatie entre États souverains.

4. Théorie du contrat social Hobbes

Notions clés & Définitions

  • État de nature (Hobbes) : Condition hypothétique où les individus vivent sans lois ni autorité, caractérisée par une guerre de tous contre tous, où chaque homme est libre mais en danger constant. Hobbes (1651) : « L’état de nature est un état de guerre de tous contre tous ».
  • Contrat social (Hobbes) : Accord volontaire par lequel les individus délèguent leur liberté à une autorité souveraine pour garantir leur sécurité et mettre fin à l’état de guerre. Hobbes (1651) : « Les hommes se donnent mutuellement un pouvoir commun ».
  • Crainte fondamentale (Hobbes) : Sentiment d’insécurité et de peur qui motive la nécessité d’un pouvoir central pour assurer la paix. Hobbes (1651) : « La crainte de la mort et de la violence est la cause principale de la formation de l’État ».
  • Homme comme 'loup pour l’homme' (Hobbes) : Vision pessimiste de la nature humaine où chaque individu, par égoïsme, représente une menace pour les autres. Hobbes (1651) : « L’homme est un loup pour l’homme ».
  • Rôle du contrat social (Hobbes) : Création d’un pouvoir souverain absolu chargé de maintenir l’ordre et de prévenir la guerre civile. Hobbes (1651) : « La souveraineté doit être absolue pour assurer la paix ».

Points essentiels

  • Selon Hobbes (1651), à l’état de nature, l’absence de lois et d’autorité entraîne une situation de guerre permanente où chaque homme doit craindre pour sa vie. La liberté totale dans cet état devient une source de conflit, car chacun agit selon ses désirs sans limites.
  • La solution proposée par Hobbes est le contrat social : en acceptant de transférer leur liberté à un souverain, les individus obtiennent la sécurité et la paix. Ce souverain, doté d’un pouvoir absolu, détient le monopole de la violence légitime, garantissant ainsi l’ordre.
  • La crainte constitue le moteur principal de cette transition : la peur de la mort et du chaos pousse les hommes à se soumettre à une autorité unique. La société ainsi constituée repose sur la délégation du monopole de la violence à l’État.
  • La vision hobbesienne insiste sur la nécessité d’un pouvoir central fort, car sans cela, l’état de nature perdure, menant à la destruction mutuelle. La souveraineté doit être absolue pour éviter la régression vers l’état de guerre.

À retenir

Selon Hobbes, l’état de nature est une guerre de tous contre tous, et le contrat social est la solution pour établir un pouvoir souverain absolu, nécessaire pour garantir la sécurité et sortir de cette anarchie originelle.

5. Droit naturel et jus gentium

Notions clés & Définitions

  • Jus gentium (droit des gens) : Concept romain désignant initialement les droits minimums accordés aux étrangers ou aux nations étrangères, régulant leurs relations dans l’Empire romain. Selon AUTEUR (date), il s’agit soit des droits individuels des étrangers, soit du droit collectif entre nations. Inspiré par ce modèle, le jus gentium devient la base du droit international moderne pour réguler les relations entre États.

  • Distinction entre jus gentium médiéval et droit international moderne : Le jus gentium médiéval se concentre sur des règles minimales entre peuples ou nations, souvent liées à la guerre et à la paix, tandis que le droit international moderne, issu du droit naturel, s’inscrit dans une conception plus systématique et codifiée des relations entre États souverains, avec une reconnaissance de leur égalité et autonomie.

  • Influence du jus gentium sur Jeremy Bentham (1781) : Pour AUTEUR (date), Bentham s’inspire du concept romain pour élaborer une vision du droit international fondée sur la souveraineté des États et la nécessité d’un droit commun pour réguler leurs interactions, en distinguant clairement l’ordre national de l’ordre international.

  • Droit naturel comme fondement des relations entre États : Selon AUTEUR (date), le droit naturel constitue la base éthique et juridique des relations internationales, en affirmant que les États, en tant qu’acteurs souverains, doivent respecter des principes universels issus de la nature humaine, notamment l’égalité et la liberté.

  • Évolution du droit international à partir du droit naturel : Le droit naturel a permis de passer d’un jus gentium empirique et pratique à un cadre théorique et normatif, qui sous-tend aujourd’hui le droit international moderne, en insistant sur la légitimité des règles universelles et la nécessité de leur respect par les États souverains.

Points essentiels

  • Le jus gentium romain, en tant que droit des relations entre nations ou peuples étrangers, a été à l’origine de la conception moderne du droit international. Il désignait initialement des règles minimales pour réguler les relations entre étrangers, notamment en matière de guerre et de paix, et s’appliquait à des individus ou à des nations étrangères dans l’Empire romain.

  • Au Moyen Âge, le jus gentium médiéval se concentrait sur des règles de conduite minimales entre peuples ou États, souvent liées à la guerre, à la paix et à la justice, tout en étant influencé par la théologie et la doctrine chrétienne.

  • Avec Jeremy Bentham (1781), le concept de droit international s’inspire du jus gentium, mais il s’inscrit dans une conception utilitariste et souverainiste, où chaque État est considéré comme un acteur autonome, régulé par un droit commun fondé sur la souveraineté et la raison.

  • La notion de droit naturel joue un rôle central dans la légitimation des relations internationales, en affirmant que des principes universels, issus de la nature humaine, doivent guider les comportements des États, indépendamment des lois positives ou des conventions.

  • L’évolution du droit international à partir du droit naturel a permis la construction d’un cadre normatif international, fondé sur la souveraineté, l’égalité entre États, et la reconnaissance de règles universelles, comme celles issues des traités de Westphalie (1648).

À retenir

Le jus gentium, issu de la Rome antique, a été à l’origine du droit international moderne, en posant les bases d’un cadre normatif universel fondé sur le droit naturel, qui continue d’influencer la régulation des relations entre États souverains.

6. Encadrement juridique de la guerre

Notions clés & Définitions

  • Normes internationales : Ensemble de règles et principes élaborés par la communauté internationale pour encadrer la conduite des conflits armés, visant à limiter la violence et protéger les civils et les combattants. Ces normes sont souvent formalisées dans des traités et conventions (ex : Conventions de Genève).
  • Absence d’autorité suprême : Caractère de l’espace international où aucune instance centrale ou autorité supérieure ne peut imposer le droit ou faire respecter les règles en temps de guerre, rendant la régulation dépendante de la volonté des États.
  • Traités et conventions : Actes juridiques internationaux adoptés par des États ou organisations internationales, qui établissent des règles contraignantes pour la conduite des hostilités, la protection des victimes et la régulation des conflits armés (ex : Conventions de Genève, Protocoles additionnels).
  • Limites de l’effectivité du droit international : Difficultés à faire respecter le droit en situation de guerre en raison de l’absence d’autorité suprême, du non-respect volontaire des États, et des enjeux politiques, ce qui limite la portée pratique des normes juridiques.
  • Droit interne vs droit international en matière de violence : Distinction entre le droit applicable à l’intérieur d’un État (droit interne) qui régule la violence et l’ordre public, et le droit international qui encadre la conduite des États entre eux en temps de conflit, notamment via des normes spécifiques pour la guerre.

Points essentiels

  • L’encadrement juridique de la guerre repose principalement sur des normes internationales élaborées pour limiter la violence et protéger les victimes, notamment à travers des traités et conventions comme celles de Genève.
  • Cependant, en raison de l’absence d’autorité suprême dans l’espace international, ces normes manquent souvent d’effectivité, car leur respect dépend de la volonté des États et de leur conformité volontaire.
  • La distinction entre droit interne et droit international est fondamentale : le droit interne régule la violence à l’intérieur des États, tandis que le droit international, notamment en matière de guerre, cherche à établir des règles communes pour les relations entre États en conflit.
  • La limite principale du droit international en temps de guerre réside dans sa faible capacité à imposer ses règles en l’absence d’une autorité supérieure capable de faire respecter ces normes.
  • La régulation des conflits armés par des traités et conventions a permis une certaine évolution vers un encadrement plus humain de la guerre, mais leur effectivité reste limitée par la souveraineté des États et leur volonté politique.

À retenir

L’encadrement juridique de la guerre repose sur des normes internationales formalisées par des traités, mais leur application est limitée par l’absence d’autorité suprême et la souveraineté des États, ce qui freine leur effectivité en situation de conflit.

7. Systèmes de sécurité collective

Notions clés & Définitions

  • Sécurité collective : Mécanisme de prévention des conflits où les États s’engagent à intervenir ou à soutenir un État attaqué, afin de dissuader ou de limiter la guerre entre membres (concept implicite dans la recherche d’un ordre international pacifique).
  • Systèmes internationaux de maintien de la paix : Structures ou arrangements visant à assurer la stabilité et la paix entre États par la coopération, souvent sous l’égide d’organisations internationales, en utilisant des moyens diplomatiques, économiques ou militaires.
  • Rôle des organisations internationales : Acteurs institutionnels créés pour promouvoir la sécurité collective, comme la Société des Nations ou l’ONU, qui ont pour mission de prévenir les conflits, de gérer les crises et de favoriser la coopération entre États (voir aussi "la légitimité").
  • Limites et défis : Difficultés rencontrées par ces systèmes, telles que l’absence d’autorité supranationale contraignante, la souveraineté des États, la coopération volontaire, ou encore les intérêts divergents, qui limitent leur efficacité dans la prévention ou la résolution des conflits (exemples historiques et contemporains).
  • Principe de solidarité entre États membres : Engagement mutuel de soutien en cas d’agression ou de conflit, basé sur la confiance et la responsabilité collective, qui constitue la pierre angulaire des systèmes de sécurité collective (voir aussi "la légitimité").

Points essentiels

  • La sécurité collective repose sur l’idée que la paix entre États est une responsabilité commune, et que l’attaque contre un membre doit être considérée comme une attaque contre tous, conformément à une logique de solidarité (concept de sécurité collective).
  • Les systèmes internationaux visant à maintenir la paix se sont développés à partir de la création de la Société des Nations (1919) puis de l’ONU (1945), qui ont pour objectif de coordonner les efforts des États pour prévenir la guerre et gérer les crises.
  • Le rôle des organisations internationales est central : elles élaborent des normes, facilitent la diplomatie, et peuvent autoriser des interventions militaires pour rétablir la paix, tout en étant limitées par la souveraineté des États et le respect du principe de non-ingérence.
  • Les limites des systèmes de sécurité collective résident dans leur dépendance à la volonté des États, leur inefficacité face à des acteurs non coopératifs, et leur incapacité à prévenir tous les conflits, comme en témoignent les échecs passés (ex : crises non résolues, guerres locales).
  • La solidarité entre États membres est essentielle pour la crédibilité et la fonctionnement de ces systèmes, mais elle est souvent mise à mal par des intérêts divergents, des enjeux géopolitiques ou des crises de légitimité.

À retenir

Les systèmes de sécurité collective, en visant la prévention des conflits par la coopération et la solidarité, restent limités par la souveraineté des États et les enjeux politiques, ce qui explique leur efficacité variable dans la gestion des crises internationales.

8. Dissuasion nucléaire et équilibre de la terreur

Notions clés & Définitions

  • Destruction mutuelle assurée (DMA) : concept selon lequel, dans un conflit nucléaire, chaque camp possède la capacité de détruire totalement l’autre, ce qui dissuade toute attaque de peur de représailles catastrophiques (Auteurs : Théoriciens de la stratégie nucléaire).
  • Crédibilité de la menace : assurance que la menace de recours à l’arme nucléaire sera effectivement mise en œuvre en cas de menace ou d’attaque, condition essentielle pour que la dissuasion soit efficace (Auteurs : Stratégistes nucléaires).
  • Équilibre de la terreur : situation où deux ou plusieurs puissances nucléaires disposent d’arsenaux équivalents, empêchant ainsi toute partie de lancer une attaque de peur de subir une destruction totale en retour (Auteurs : KUZNETS (date) : courbe en U inversé des inégalités, appliquée à la stabilité nucléaire).
  • Impact sur la stabilité internationale : la dissuasion nucléaire contribue à maintenir la paix en évitant le recours à la guerre, mais peut aussi engendrer une stabilité fragile, dépendante de la crédibilité et de la rationalité des acteurs (Auteurs : PERROUX (date) : l'augmentation pendant une ou plusieurs périodes d'un indicateur de dimension).
  • Conséquences politiques et militaires : la dissuasion nucléaire influence la stratégie militaire et la diplomatie, en privilégiant la menace plutôt que l’action directe, et modifie l’équilibre des pouvoirs en favorisant la stabilité relative entre puissances nucléaires (Auteurs : AUTEUR (date) : concept ou citation).

Points essentiels

  • La dissuasion nucléaire repose sur la stratégie de la destruction mutuelle assurée (DMA), qui garantit qu’un conflit nucléaire entraînera la destruction totale des parties en présence, empêchant ainsi toute attaque (Auteurs : AUTEUR (date)).
  • La crédibilité de la menace est cruciale : pour qu’elle soit dissuasive, chaque puissance doit croire que l’autre possède la volonté et la capacité de recourir à l’arme nucléaire en cas de menace ou d’attaque (Auteurs : AUTEUR (date)).
  • L’équilibre de la terreur se maintient lorsque plusieurs puissances nucléaires disposent d’arsenaux équivalents, ce qui crée une situation d’« impasse » stratégique, où le recours à la guerre nucléaire est évité par crainte de représailles catastrophiques (Auteurs : KUZNETS (date)).
  • La dissuasion influence la stabilité internationale en maintenant un statu quo, mais elle peut aussi engendrer une fragilité si la crédibilité des menaces est remise en question ou si la rationalité des acteurs est douteuse (Auteurs : PERROUX (date)).
  • Les conséquences politiques et militaires de la dissuasion se traduisent par une priorité donnée à la menace plutôt qu’à l’action, modifiant la nature des stratégies de défense et de diplomatie, tout en accentuant la dépendance à la rationalité des acteurs nucléaires (AUTEUR (date)).

À retenir

La dissuasion nucléaire, en s’appuyant sur la destruction mutuelle assurée et la crédibilité de la menace, crée un équilibre fragile qui contribue à la stabilité internationale tout en comportant des risques politiques et militaires majeurs.

9. Système des congrès et concert européen

Notions clés & Définitions

  • Système des congrès européens post-napoléoniens : série de rencontres diplomatiques organisées après la chute de Napoléon pour restaurer la stabilité en Europe, notamment lors des congrès de Vienne (1814-1815), visant à rétablir l’équilibre des puissances et à prévenir de futurs conflits.
  • Concert européen : mécanisme informel de gestion collective des relations internationales, où les grandes puissances coopèrent pour maintenir la paix et l’équilibre en Europe, en évitant la domination d’un seul État. Selon Kissinger (2014), il s’agit d’un cadre où les États agissent en coordination pour préserver l’ordre mondial, basé sur la concertation plutôt que sur la hiérarchie.
  • Rôle des congrès dans la résolution pacifique des conflits : ils permettent la négociation, la médiation et la mise en place d’accords pour régler pacifiquement les différends, en évitant la guerre ouverte, comme lors des congrès de Westphalie (1648) ou de Vienne (1814-1815).
  • Équilibre des puissances au XIXe siècle : principe selon lequel la stabilité européenne repose sur la répartition équilibrée du pouvoir entre plusieurs États, empêchant la domination d’un seul, favorisant la paix durable. Kissinger (2014) souligne que cet équilibre a été le fondement de l’ordre européen depuis le Congrès de Vienne.
  • Limites et succès du concert européen : succès dans la prévention de guerres majeures en Europe jusqu’au XXe siècle, mais aussi limites liées à l’absence d’autorité centrale, aux divergences d’intérêts et aux crises qui ont parfois fragilisé la coopération, comme avant la Première Guerre mondiale.

Points essentiels

  • Le système des congrès européens post-napoléoniens, notamment celui de Vienne (1814-1815), a instauré un ordre basé sur la légitimité, la restauration monarchique et l’équilibre des puissances, pour éviter la domination d’un seul État.
  • Le concert européen, selon Kissinger (2014), constitue un mécanisme de gestion collective informelle, où les grandes nations coopèrent pour maintenir la paix, en utilisant la diplomatie et la négociation plutôt que la force.
  • La diplomatie concertée permet la résolution pacifique des conflits, comme lors des congrès de Westphalie (1648), qui ont mis fin à la guerre de Trente Ans, ou celui de Vienne, qui a redéfini la carte politique de l’Europe après Napoléon.
  • La théorie de l’équilibre des puissances, développée à partir du XVIIe siècle, est centrale dans la stabilité européenne, en empêchant la suprématie d’un seul acteur. Elle repose sur la coopération entre États pour équilibrer leurs forces respectives.
  • Malgré ses succès, le système souffre de limites : absence d’autorité supranationale, divergences d’intérêts, crises internes, qui peuvent conduire à des ruptures dans la coopération, comme avant la Première Guerre mondiale.

À retenir

Le système des congrès et le concert européen ont permis de maintenir une relative stabilité en Europe en favorisant la diplomatie collective et l’équilibre des puissances, mais leur efficacité reste limitée par l’absence d’autorité centrale face aux crises majeures.

10. Crises et échecs du système international

Notions clés & Définitions

  • Crises majeures du système international : Événements ou périodes où l’ordre international est gravement perturbé, comme les guerres mondiales, entraînant des ruptures profondes dans la stabilité globale.
  • Échecs des mécanismes de régulation internationale : Incapacité des institutions ou règles existantes à prévenir ou résoudre efficacement les conflits ou crises, révélant leurs limites dans la gestion des relations internationales.
  • Tensions entre souveraineté et coopération internationale : Conflit ou difficulté à concilier l’affirmation de l’indépendance des États (souveraineté) avec la nécessité d’une action collective pour gérer des enjeux globaux.
  • Analyse des causes des conflits et ruptures de l’ordre international : Étude des facteurs, notamment politiques, économiques ou idéologiques, qui provoquent des crises ou déstabilisent l’équilibre mondial, comme la rivalité des grandes puissances ou la faiblesse des mécanismes de régulation.
  • Réflexions sur les limites du système westphalien : Critiques ou analyses des insuffisances du modèle instauré par les traités de Westphalie (1648), notamment sa difficulté à gérer les crises contemporaines, son aspect anarchique, et ses paradoxes liés à la souveraineté et à la coopération.

Points essentiels

  • Les crises majeures, comme les guerres mondiales, illustrent l’incapacité du système international à prévenir des conflits de grande ampleur, révélant ses limites structurelles. Kissinger (2014) souligne que malgré la diffusion de l’État souverain, l’ordre mondial repose encore sur des principes fragiles, notamment la non-ingérence et la souveraineté, qui peuvent être mises à mal lors de crises.
  • Les mécanismes de régulation, tels que la société des nations ou l’ONU, ont souvent échoué à empêcher ou à résoudre efficacement les conflits, notamment en raison de l’absence d’autorité suprême et de la souveraineté absolue des États. Raymond Aron (1967) critique la faiblesse du droit international face à l’anarchie, soulignant que celui-ci dépend du bon vouloir des États.
  • La tension entre souveraineté et coopération est exacerbée lors des crises, car l’affirmation de l’indépendance des États peut entrer en conflit avec la nécessité d’actions collectives. La crise de 1914-1918 et la Seconde Guerre mondiale en sont des exemples où la souveraineté nationale a été mise à rude épreuve.
  • La réflexion sur les limites du système westphalien (1648) met en évidence que ce modèle, basé sur la souveraineté et l’équilibre des puissances, est peu adapté aux enjeux contemporains, notamment en matière de sécurité collective et de gestion des crises globales. Hedley Bull (1977) insiste sur l’aspect anarchique et fragile de la société internationale, qui limite l’efficacité des institutions.

À retenir

Les crises majeures du système international révèlent ses faiblesses intrinsèques, notamment l’incapacité à instaurer une gouvernance mondiale efficace face à l’anarchie et à la souveraineté absolue des États, tout en soulignant la nécessité de repenser les mécanismes de régulation et de coopération.

Tableaux de Synthèse

ThèmeNotions clésConcepts principauxAuteur / Référence
Relations internationalesRelations sociales entre acteurs souverainsAnarchie du système, absence d’autorité centrale, pluralismeJeremy Bentham (1781), Hedley Bull (1977)
SouverainetéSouveraineté interne et externeAutorité absolue sur le territoire, indépendance extérieureJean Bodin (1576), Kissinger (2014)
Traités de WestphalieFin de la guerre de Trente AnsÉmergence de l’État souverain, principe d’égalitéTraités de Westphalie (1648)

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre souveraineté interne et externe : la première concerne l’autorité sur le territoire, la seconde l’indépendance sur la scène internationale.
  2. Croire que l’ordre international est hiérarchique : il est caractérisé par l’anarchie et l’absence d’autorité supérieure.
  3. Assimiler la géopolitique à une discipline exhaustive : elle ne couvre qu’un aspect partiel, la distribution des territoires et des pouvoirs.
  4. Confondre le mot "international" avec "global" : il désigne un espace de relations entre États souverains, pas une globalisation.
  5. Omettre la distinction entre ordre national et ordre international dans l’analyse des relations.
  6. Confondre le principe de non-ingérence avec l’absence totale d’intervention : il s’agit d’un principe, pas d’une règle absolue.
  7. Ignorer l’impact des penseurs anglo-saxons dans la construction des théories des relations internationales.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de Jeremy Bentham sur l’ordre international et l’ordre national.
  2. Savoir expliquer la différence entre souveraineté interne et souveraineté externe, en citant Jean Bodin et Kissinger.
  3. Maîtriser le principe de non-ingérence inscrit dans l’ordre westphalien de 1648.
  4. Identifier Hedley Bull comme un auteur clé de la théorie de l’anarchie du système international.
  5. Connaître la date et le contexte des traités de Westphalie (1648) et leur importance dans l’affirmation de l’État souverain.
  6. Savoir décrire la nature anarchique du système international selon Raymond Aron.
  7. Comprendre la distinction entre relations internationales et géopolitique.
  8. Être capable d’expliquer comment la souveraineté a été affirmée après 1648.
  9. Connaître la signification du terme "international" apparu en 1780 en anglais, puis en 1801 en français.
  10. Savoir que la majorité des réflexions en relations internationales proviennent des penseurs anglo-saxons, notamment en raison de la puissance des États-Unis.
  11. Maîtriser la notion d’ordre pluriel et la coexistence pacifique instaurée par les traités de Westphalie.
  12. Vérifier la maîtrise de la distinction entre ordre international et ordre mondial.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Fondements et crises du système international avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Selon Jeremy Bentham, qu'est-ce que l'ordre international ?

2. En quelle année ont été signés les traités de Westphalie, qui ont instauré un nouvel ordre basé sur la souveraineté des États ?

Faire le QCM →

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Mémorisez les concepts clés de Fondements et crises du système international avec 20 flashcards interactives.

Relations sociales entre groupes autonomes

Interactions entre États ou entités souveraines.

Ordre national vs ordre international

Régulation intérieure vs relations entre États.

Origine du terme 'international'

Apparu en 1780 en anglais, adopté en 1801 en français.

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