📋 Plan du Cours
- Psychologie comme science de l’esprit
- Épistémologie et philosophie des sciences
- Dualisme et monismes matérialistes
- Histoire esprit cerveau et analogie structure fonction
- Karl Popper et la fin des certitudes
- Critères de scientificité et réfutabilité
- Modularité de l’esprit et systèmes modulaires
- Symbolique et subsymbolique en représentation
- Connexionnisme et cognitivisme en sciences cognitives
- Mémoires associatives et deep learning
- Modèles comportementalistes et cognitivistes
- Cognition incarnée et enaction
🔑 Notions clés & Définitions
- Épistémologie : L’épistémologie est une étude critique des sciences visant à analyser leur origine logique, leur valeur et leur portée.
- Philosophie des sciences : La philosophie des sciences examine les sciences à travers une perspective historique et des questions de méthode et de validité.
- Zététique : La zététique regroupe des démarches d’analyse rationnelle appliquées à des faits ou croyances difficiles à établir.
- Dualisme : Le dualisme affirme que l’esprit (âme rationnelle) est une entité distincte du corps.
- Monisme matérialiste : Le monisme matérialiste soutient que toute réalité existante relève du physique, même si certaines apparaissent autrement.
📝 Points essentiels
- L’épistémologie vise à déterminer l’origine logique, la valeur et la portée des sciences, en lien avec la théorie de la connaissance.
- La théorie de la connaissance porte sur la constitution de connaissances valables, formulation associée à Piaget.
- La zététique mobilise des méthodes d’explication rationnelle pour examiner des phénomènes surnaturels ou paranormaux.
- La zététique implique une suspension du jugement et un travail sur le doute, l’apprentissage des biais cognitifs et des sophismes.
- Le dualisme associe l’esprit à une entité séparée du corps, avec des références à Platon, Aristote et Descartes.
- Le monisme matérialiste (physicalisme) affirme que toute entité existante est de nature physique, tout en reconnaissant que certaines réalités semblent non-physiques (sociales, morales, psychiques).
💡 Astuce mémo
Épistémologie = « origine + valeur + portée » ; Zététique = « doute + biais + rationnel » ; Dualisme = « esprit séparé » ; Monisme = « tout est physique ».
🔑 Notions clés & Définitions
- Théorie de Galien : Théorie médicale attribuant l’origine du sang veineux au foie et du sang artériel au cœur, enseignée en Occident jusqu’en 1628.
- Descartes : René Descartes (1596-1650) propose un positionnement cartésien où l’âme échappe au mécanisme et relie pensée et corps via la glande pinéale.
- Glande pinéale : Structure cérébrale jouant, dans le modèle cartésien, le rôle de point de liaison entre l’âme et le corps.
- Spinoza : Benedictus de Spinoza (1632-1677) défend un monisme où le mental et le physique sont deux aspects d’une même substance, «Deus sive Natura».
- Empirisme anglais : Courant attribuant l’origine de la connaissance à l’expérience sensible plutôt qu’à des idées innées, illustré notamment par Hobbes.
📝 Points essentiels
- La théorie de Galien sur l’origine du sang veineux (foie) et artériel (cœur) a été reconnue et enseignée en Occident jusqu’en 1628.
- Dans le cartésianisme, l’âme est la source de la pensée et de la raison et ne relève pas d’une explication mécaniste.
- Les animaux sont décrits comme dépourvus d’âme et assimilés à des machines dans le cadre cartésien.
- Chez Descartes, l’âme est reliée au corps par la glande pinéale, mue par des «esprits animaux» projetés lors des stimulations sensorielles.
- Spinoza rejette le dualisme : le mental et le physique sont deux aspects d’une même substance, formulée par «Deus sive Natura».
- Chez Spinoza, le conatus exprime la persévérance de chaque être dans son être et la primauté du corps passe par les affects (désirs, passions).
💡 Astuce mémo
Galien = Foie→Veines et Cœur→Artères ; Descartes = Pinéale = Pont Âme↔Corps ; Spinoza = Un seul monde (Deus sive Natura) ; Empirisme = Sens d’abord.
🔑 Notions clés & Définitions
- Dualisme cartésien : Doctrine attribuant la séparation entre l’esprit et le corps, ce qui freine l’étude scientifique des phénomènes mentaux.
- Monismes matérialistes : Courant expliquant les phénomènes mentaux par des processus matériels du cerveau, sans principe spirituel séparé.
- Phrénologie : Théorie reliant des facultés mentales à des zones cérébrales localisées et à des reliefs du crâne.
- Anti-phrénologie : Courant critique qui refuse l’idée que des mots ou des localisations crâniennes expliquent réellement les faits mentaux.
- Méthode expérimentale : Démarche scientifique fondée sur le contrôle des paramètres et la mise à l’épreuve d’hypothèses plutôt que sur des dogmes.
📝 Points essentiels
- La phrénologie prétend que l’esprit résulte de composants mentaux distincts, localisables dans des régions cérébrales spécifiques.
- La phrénologie associe des régions cérébrales à des traits topographiques observables sur la surface du crâne.
- Flourens critique l’explication par de simples mots et s’oppose à l’ambition explicative de la phrénologie.
- Claude Bernard distingue l’empirisme et l’expérimentation en visant la mise en défaut des idées plutôt que leur confirmation.
- La méthode expérimentale impose d’être prêt à abandonner, modifier ou changer une théorie quand elle ne correspond plus à la réalité.
- Le principe ceteris paribus signifie « toutes choses égales par ailleurs » pour isoler l’effet d’un paramètre dans un test.
💡 Astuce mémo
Phrénologie = « cerveau → crâne → facultés » ; Bernard = « nature ≠ théorie : on ajuste la théorie ».
🔑 Notions clés & Définitions
- Neuropsychologie : Branche qui relie le fonctionnement cérébral aux troubles et capacités mentales, en s’appuyant sur des données cliniques et expérimentales.
- Wilder Penfield : Neurochirurgien qui a réalisé une cartographie corticale précise grâce à des stimulations électriques chez des patients conscients.
- Frederic Bartlett : Chercheur connu pour ses travaux sur la mémoire et pour avoir présidé la première chaire de psychologie expérimentale en Angleterre en 1931.
- Donald Hebb : Psychologue et neuroscientifique associé à l’étude des liens entre activité cérébrale et apprentissage, dans une perspective neuropsychologique.
- Réductionnisme cérébral : Thèse selon laquelle les phénomènes mentaux peuvent être expliqués par des déterminations neuronales, avec une tendance à réduire le mental au cérébral.
📝 Points essentiels
- Penfield et Rasmussen ont travaillé environ 30 ans pour obtenir une cartographie corticale exacte via stimulations électriques directes du cortex chez des malades conscients.
- Bartlett (1886-1969) est associé à la psychologie expérimentale en Angleterre (présidence en 1931) et à des recherches sur le fonctionnement de la mémoire.
- La neuropsychologie s’appuie aussi sur l’essor de l’imagerie cérébrale : IRM, EEG, MEG et tomographie par émission de positons.
- Hebb (1904-1985) s’inscrit dans l’idée que la clinique et l’expérimentation sont indissociables pour comprendre esprit et cerveau.
- Le réductionnisme cérébral est discuté via la neurophilosophie de Churchland (1986) et la distinction entre réduction et éliminativisme.
- Le matérialisme émergent est présenté comme alternative : le mental n’est pas entièrement réductible aux seules déterminations neuronales.
💡 Astuce mémo
Penfield = Carte du cortex; Bartlett = Mémoire reconstruite; Hebb = Clinique + expérimentation; Churchland = Réduction; émergent = mental non réductible.
🔑 Notions clés & Définitions
- Karl Popper : Philosophe des sciences qui propose des critères pour distinguer une théorie scientifique de croyances non testables.
- Réfutabilité : Propriété logique d’une théorie qui doit pouvoir être contredite par des observations possibles.
- Réplication : Répétition d’un résultat par d’autres observations ou expériences pour vérifier la stabilité d’une conclusion.
- Cygne noir : Exemple illustrant qu’une seule observation contraire peut invalider une généralisation présentée comme certaine.
- Induction : Raisonnement qui généralise à partir d’observations particulières pour former une loi ou une théorie.
📝 Points essentiels
- Popper oppose l’idée de certitudes définitives à une démarche où les théories restent provisoires car elles peuvent être mises en défaut.
- Une théorie scientifique doit être réfutable : il doit exister des faits possibles capables de la contredire.
- La réfutabilité est présentée comme logique, empirique et méthodologique, reliant la forme de la théorie aux tests possibles.
- La réplication sert à vérifier qu’un résultat n’est pas un hasard et qu’il se retrouve dans d’autres conditions.
- Le « cygne noir » montre qu’une croyance fondée sur l’induction peut s’effondrer avec une seule observation contraire.
- La critique de l’induction souligne que des données compatibles avec une théorie ne prouvent pas qu’elle est vraie, car elle peut survivre malgré des faits qui semblent la contredire.
💡 Astuce mémo
Réfutabilité = « je peux être contredit » ; Réplication = « je dois tenir quand on refait ». Cygne noir = « 1 preuve contraire suffit ».
🔑 Notions clés & Définitions
- Réfutabilité (falsification) : La réfutabilité est la propriété d’une théorie de pouvoir être mise en défaut par l’expérience, donc d’être testable par des résultats possibles qui la contredisent.
- Réfutation : La réfutation est l’acte logique et empirique qui consiste à montrer qu’un énoncé théorique ne tient pas face à des observations, ce qui affaiblit la théorie.
- Opérationnalisation : L’opérationnalisation est le passage des concepts théoriques vers des indicateurs mesurables afin de rendre un test empirique possible.
- Réplication : La réplication est la répétition d’un test ou d’une expérience pour vérifier si les résultats se retrouvent, ce qui renforce la crédibilité des conclusions.
- Induction : L’induction est le raisonnement qui généralise à partir d’observations, en passant du particulier au général.
📝 Points essentiels
- Popper : une théorie est dite scientifique si elle expose des conséquences testables qui pourraient, en principe, la contredire par l’expérience.
- Popper : l’irréfutabilité n’est pas une qualité mais un défaut, car une théorie non attaquable par l’expérience ne peut pas être jugée scientifiquement.
- La théorie la plus aboutie est celle qui permet logiquement, a priori, le plus de remises en cause possibles par l’expérience, même si elle n’est pas encore réfutée dans les faits.
- Le problème de démarcation : l’induction est critiquée comme « mythe », car justifier l’induction exigerait un principe inductif supérieur, et ainsi de suite.
- Le test empirique suppose une opérationnalisation : on choisit des indicateurs pour chaque dimension théorique afin de pouvoir confronter la théorie aux données.
- Si un test n’infirme pas la théorie, elle peut être considérée comme temporairement vraie (valide), sans devenir définitivement prouvée.
💡 Astuce mémo
Réfutabilité = « pourrait être contredite » ; Opérationnalisation = « concepts → mesures » ; Réplication = « refaire pour vérifier ».
🔑 Notions clés & Définitions
- Hypothèse 1 : Hypothèse 1 : proposition explicative selon laquelle la souris peut traverser le métal par effet tunnel, contrairement au chat.
- Hypothèse 2 : Hypothèse 2 : proposition explicative selon laquelle la souris meurt asphyxiée puis se décompose en photons invisibles à l’œil nu.
- Hypothèse 3 : Hypothèse 3 : proposition explicative selon laquelle le chat mange la souris.
- Lapsus : Lapsus : erreur de parole pouvant être interprétée comme indice, mais pas comme preuve directe d’une cause unique.
- Boîte noire : Boîte noire : approche qui étudie le comportement sans expliquer directement les mécanismes internes, en se concentrant sur les entrées et sorties.
📝 Points essentiels
- Le scénario du chat et de la souris sert à comparer plusieurs explications concurrentes à partir d’un même résultat observé.
- L’effet tunnel est mobilisé dans une hypothèse pour expliquer la traversée du métal par la souris, pas par le chat.
- L’hypothèse de l’asphyxie ajoute une décomposition en photons invisibles, ce qui rend l’événement non directement visible.
- L’hypothèse de prédation explique la disparition de la souris par consommation par le chat.
- Le rasoir d’Occam est utilisé pour discuter la tentation d’ajouter des hypothèses, notamment quand une explication semble séduisante mais non nécessaire.
- Un lapsus peut renvoyer à des causes possibles (sexualité inconsciente, désirs refoulés) ou à des mécanismes de mémoire et d’associations (proximité sémantique et phonétique), sans que cela soit automatiquement révélant.
💡 Astuce mémo
Chat et souris = 3 sorties possibles : tunnel (métal), photons invisibles (asphyxie), repas (prédation).
🔑 Notions clés & Définitions
- Inachèvement fondamental de la connaissance : Idée selon laquelle la connaissance ne peut jamais être totalement achevée, car de nouveaux savoirs remettent en cause les cadres précédents.
- Obstacles épistémologiques : Notion selon laquelle l’accès à un savoir nouveau se heurte à des croyances et structures déjà installées qui orientent la compréhension.
- Domination paradigmatique : Mécanisme par lequel un paradigme dominant influence ce qui est jugé acceptable, vrai ou explicable dans une discipline.
- Canon de Morgan : Principe de parcimonie en psychologie comparative qui privilégie l’explication la plus simple quand plusieurs explications sont possibles.
- Rasoir d’Occam : Principe de parcimonie qui recommande de choisir l’hypothèse la moins complexe parmi des explications concurrentes.
📝 Points essentiels
- Les résultats mathématiques de Gödel montrent qu’il existe des énoncés vrais non démontrables dans un système formel donné.
- On ne peut pas établir, à l’intérieur d’une théorie, la preuve qu’elle est non contradictoire sans sortir du cadre de cette théorie.
- La vérité ne se réduit pas à une démonstration au sens strict, ce qui rend la notion de preuve inadaptée comme définition de la vérité en science.
- Le modèle rationaliste de la vérité finie doit être abandonné au profit d’une science expérimentale et évolutive.
- La science fonctionne comme une démarche : elle progresse par cheminement, tests et ajustements plutôt que par certitudes définitives.
- La validité écologique rappelle que tous les déterminants d’une situation ne sont pas forcément connus ou contrôlés dans l’expérimentation.
💡 Astuce mémo
Gödel = « vrai mais non prouvable » ; Parcimonie = « simple d’abord » (Morgan/Occam).
🔑 Notions clés & Définitions
- Connexionnisme : Approche des sciences cognitives où la cognition émerge de l’activité d’un réseau d’unités interconnectées apprenant par interactions.
- Cognitivisme : Approche des sciences cognitives qui modélise l’esprit comme un système manipulant des représentations et des règles de traitement de l’information.
- Fodor et la modularité de l’esprit : Thèse cognitiviste selon laquelle l’esprit comporte des modules spécialisés, chacun traitant un type d’information avec des contraintes propres.
- Neuro-imagerie : Ensemble de techniques qui permettent d’observer l’activité cérébrale afin de relier des fonctions cognitives à des zones ou réseaux.
- Cognition incarnée : Perspective selon laquelle les processus cognitifs dépendent du corps et de l’interaction avec l’environnement, pas seulement du calcul interne.
📝 Points essentiels
- Le cognitivisme cherche des mécanismes de la pensée, du raisonnement et de la mémoire, ainsi qu’une architecture générale de l’esprit.
- Le connexionnisme explique la cognition par l’activité d’un réseau et l’apprentissage via des connexions entre unités.
- Fodor propose une dissociation entre types d’entités cognitives et un périmètre pour les modules, afin de décrire qui traite quoi.
- La neuro-imagerie sert d’exemple pour relier des données cérébrales à des entités ou processus cognitifs.
- Les perspectives actuelles incluent l’idée d’un passage d’un équilibre vers un non-équilibre du vivant dans la compréhension du vivant et de la cognition.
- La cognition incarnée met l’accent sur le rôle du corps et de l’environnement dans la production de la cognition.
💡 Astuce mémo
Cognitivisme = « calcul sur représentations » ; Connexionnisme = « réseau qui apprend » ; Fodor = « modules spécialisés ».
🔑 Notions clés & Définitions
- Sciences cognitives : Domaine visant à expliquer les mécanismes de la pensée et de la cognition, chez l’humain, l’animal ou l’artificiel, via des modèles du traitement de l’information.
- Système cognitif : Système complexe capable d’acquérir, de conserver et de transmettre des connaissances en traitant l’information.
- Machine de Turing : Modèle mathématique de calcul qui formalise l’idée d’algorithme et de calculabilité, et sert de base au concept de calcul universel programmable.
- Théorie du traitement de l’information : Programme qui décrit la cognition comme un traitement de l’information, en reliant perception, raisonnement et autres capacités à des opérations calculatoires.
- Connexionnisme : Courant qui conçoit la cognition comme le résultat d’un calcul parallèle dans un réseau d’unités sub-symboliques, où la signification émerge de l’état du réseau.
📝 Points essentiels
- Les sciences cognitives cherchent à comprendre les mécanismes de la pensée, du raisonnement et de la mémoire, ainsi que l’architecture générale de l’esprit.
- La cognition est modélisée comme un traitement de l’information pour des tâches comme perception, intelligence, langage, calcul, raisonnement et conscience.
- La machine de Turing (1936) formalise les notions d’algorithme et de calculabilité, en posant un cadre pour le calcul universel programmable.
- Von Neumann et Lashley s’opposent sur la stratégie de recherche : Von Neumann s’inscrit dans une approche computationnelle, tandis que Lashley rejette la décomposition et défend l’équipotentialité.
- Le cerveau est décrit comme un système de traitement analogique et parallèle (Lashley) ou comme un système computationnel (Von Neumann), ce qui influence la façon de penser la mémoire et les représentations.
- Le connexionnisme conserve l’idée de représentations mais refuse un fonctionnement cognitif symbolique : la signification provient de l’état dynamique du réseau à un instant donné.
💡 Astuce mémo
Traitement de l’info → calcul : Turing formalise, Von Neumann calcule, Lashley parallélise, connexionnisme fait émerger la signification du réseau.
🔑 Notions clés & Définitions
- Cognitivisme : Courant des sciences cognitives qui suppose que la cognition repose sur des représentations mentales manipulées de façon structurée.
- Connexionnisme : Courant des sciences cognitives qui rejette l’idée d’un traitement symbolique et explique la cognition par le calcul parallèle d’un réseau sub-symbolique.
- Représentation symbolique : Type de représentation mentale où l’information est codée sous forme de symboles manipulables par des règles.
- Représentation subsymbolique : Type de représentation mentale où le sens provient de l’état d’un réseau et de ses dynamiques plutôt que de symboles explicites.
- Mémoire associative : Mémoire informatique inspirée des réseaux où une information complète est récupérée à partir d’une entrée partielle ou dégradée.
📝 Points essentiels
- Le cognitivisme et le connexionnisme partagent l’idée de représentations, mais divergent sur le caractère symbolique ou non du fonctionnement cognitif.
- Dans le connexionnisme, la cognition résulte d’un calcul parallèle réalisé par des entités sub-symboliques, et la signification émerge de l’état du réseau à un instant donné.
- Le connexionnisme a été éclipsé dans les années 1970 puis regagne en importance avec l’imagerie cérébrale, les neurosciences et l’analyse de données.
- Le perceptron (1958) et le réseau de Hopfield (1961) illustrent des réseaux de neurones utilisés pour modéliser des traitements et des dynamiques de récupération.
- Dans une mémoire associative, la récupération se fait par le contenu : on obtient l’état le plus proche de l’information stockée, avec une dégradation gracieuse en cas d’entrée imparfaite.
- Par opposition à une mémoire classique à clé arbitraire (adresse), une mémoire associative est accessible à partir d’informations associées à son contenu.
💡 Astuce mémo
Cognitivisme = symboles qui se manipulent ; Connexionnisme = réseau qui calcule en parallèle et fait émerger le sens.
🔑 Notions clés & Définitions
- Cognition incarnée : Approche où l’activité mentale dépend du corps et des interactions avec le milieu, plutôt que d’un traitement purement abstrait dans le cerveau.
- Énaction : Thèse selon laquelle la cognition émerge de l’action : l’organisme construit son monde en agissant et en s’ajustant aux perturbations.
- Cerveau & corps : Idée que les processus cognitifs impliquent simultanément le cerveau et le corps, avec une participation du corps à la pensée.
- Couplage structurel : Notion décrivant l’historique des interactions entre l’organisme et son environnement, qui guide la manière dont l’organisme répond.
- Simulateur sensori-moteur : Modèle où la compréhension s’appuie sur des simulations issues de l’action et de la perception, plutôt que sur des symboles stockés.
📝 Points essentiels
- L’énaction relie cognition et action : l’organisme compense en continu les perturbations externes en reconstruisant son organisation.
- Varela propose une voie intermédiaire entre subjectivisme et objectivisme, en refusant de séparer le cerveau de la conscience de l’action.
- Le développement cognitif suit des cycles perception-action : l’abstraction émerge après une base sensori-motrice (stade piagétien autour de 3 ans).
- Les connaissances ne sont pas stockées comme des symboles : elles s’appuient sur des représentations issues de la simulation sensori-motrice.
- Le couplage structurel correspond à l’historique des actions réalisées dans le monde, produit par les ajustements organisme–environnement.
- Les effets de l’incarnation peuvent être manipulés expérimentalement : Botox et émotions, confiance à un étage supérieur, gestes aidant l’apprentissage, et effet de Doppler temporel (annulable par un déplacement en sens)
💡 Astuce mémo
Énaction = Agir → Ajuster → Construire le monde ; Incarnée = Corps + Perception-Action → Abstraction.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 14/04/2025 | Début du cours (repère de séance) et insertion de plusieurs repères chronologiques dans le support |
| 1628 | Fin de l’enseignement en Occident de la théorie de Galien sur l’origine du sang veineux (foie) et artériel (cœur) |
| 1936 | Machine de Turing : formalisation des notions d’algorithme et de calculabilité |
| 1947 | Leçon inaugurale de Daniel Lagache (28 novembre 1947) sur l’unité de la psychologie |
| 1957 | John von Neumann (1903-1957) : repère biographique lié à la stratégie computationnelle |
| 1958 | Perceptron (1958) : repère de réseaux de neurones |
| 1967 | Ulric Neisser (1967) : définition de la cognition dans la psychologie cognitive |
| 1977 | Jacques Lacan (26 janvier 1977) : citation sur l’ambiguïté/sens double |
| 1986 | Churchland (1986) : neurophilosophie et discussion réductionnisme/éliminativisme |
| 1989 | Varela (1989, p.112) : historique du couplage structurel et remise en cause de la représentation statique |
📊 Tableaux de synthèse
Dualisme vs monismes matérialistes (physicalisme)
| Courant | Thèse centrale | Conséquence pour l’étude du mental |
|---|
| Dualisme | L’âme rationnelle (l’esprit) est une entité distincte du corps | Freine l’étude scientifique des phénomènes mentaux |
| Monismes matérialistes (physicalistes) | Toute entité existante est de nature physique, même si certaines réalités semblent non-physiques (sociales, morales, psychiques) | Explique les phénomènes mentaux par des processus matériels du cerveau sans principe spirituel séparé |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre épistémologie et philosophie des sciences : l’une vise l’origine logique/valeur/portée, l’autre examine sciences via une perspective historique et des questions de méthode.
- Croire que la zététique “prouve” le paranormal : elle impose surtout suspension du jugement, doute et travail sur biais/sophismes.
- Assimiler réfutabilité à réfutation : la réfutabilité est une propriété logique/empirique d’une théorie, la réfutation est l’acte qui montre qu’un énoncé ne tient pas face aux observations.
- Penser que “compatible avec les données” = “vraie définitivement” : un test qui n’infirme pas rend seulement temporairement valide.
- Confondre phrénologie et anti-phrénologie : la phrénologie localise des facultés et les relie à des reliefs du crâne, l’anti-phrénologie refuse que mots/localisations expliquent réellement les faits mentaux.
- Croire que connexionnisme et cognitivisme s’opposent sur l’existence de représentations : ils partagent l’idée de représentations, mais divergent sur le caractère symbolique ou non du fonctionnement.
- Réduire la cognition incarnée à “le corps influence un peu” : l’énaction insiste sur cycles perception-action et sur la construction du monde par l’action, pas seulement sur un effet secondaire.
✅ Checklist Examen
- Définir épistémologie, philosophie des sciences et zététique, puis expliquer en quoi la zététique implique suspension du jugement, doute et apprentissage des biais.
- Comparer dualisme et monismes matérialistes : thèse sur l’âme/esprit vs thèse physicaliste, et citer les repères (Platon/Aristote/Descartes ; Spinoza «Deus sive Natura»).
- Expliquer la théorie de Galien (foie→sang veineux ; cœur→sang artériel) et son statut historique jusqu’en 1628.
- Décrire le cartésianisme : animaux-machine, âme liée au corps via la glande pinéale et rôle des «esprits animaux».
- Exposer la phrénologie : composants mentaux localisables, lien avec traits topographiques du crâne, et distinguer Flourens (critique par “un mot”) de l’anti-phrénologie.
- Présenter la méthode expérimentale (contrôle des paramètres, test d’hypothèses, ceteris paribus) et la logique de Bernard : modifier la théorie plutôt que la nature.
- Relier naissance de la psychologie scientifique et frein du dualisme : Ribot (psychologie purement expérimentale) et Janet (dissociation/subconscient) comme repères du cours.
- Expliquer neuropsychologie et cartographie corticale : Penfield/Rasmussen (stimulations électriques chez malades conscients) et l’idée “clinique indéracinable de l’expérimentation”.
- Citer les techniques d’imagerie (IRM, EEG, MEG, tomographie par émission de positons) et résumer la discussion réductionnisme cérébral vs matérialisme émergent (Churchland, réduction vs éliminativisme).
- Expliquer Popper : réfutabilité, réplication, cygne noir, critique de l’induction, et pourquoi l’irréfutabilité est un défaut.
- Définir opérationnalisation et expliquer le lien test empirique ↔ indicateurs, puis préciser “temporairement vraie (valide)” si le test n’infirme pas.
- Maîtriser la parcimonie : canon de Morgan et rasoir d’Occam, et savoir les mobiliser sur les exemples (chat/souris ; lapsus pas toujours révélateur).
- Expliquer Kuhn/Bachelard/Gödel selon le cours : inachèvement fondamental, obstacles épistémologiques/domination paradigmatique, et conséquences (pas de vérité finie, science comme démarche, validité écologique).
- Comparer cognitivisme et connexionnisme : représentations symboliques vs subsymboliques, dynamique de réseau, et repères (Fodor/modularité ; perceptron 1958 ; Hopfield 1961).
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