Fiche de révision : Histoire et Techniques du Cinéma

Plan du Cours

  1. Naissance du cinéma et persistance rétinienne
  2. Photographie, celluloid et évolution technique
  3. Porter, montage parallèle et continuité
  4. Cinématographe Lumière et cinéma collectif
  5. Hollywood muet, slapstick et comédie physique
  6. Transition au parlant et soft power américain
  7. Pre-Code era et naissance du style classique
  8. Censure, BBFC et quotas britanniques
  9. Propagande, modernisme et film noir
  10. New Hollywood, contre-culture et anti-héros
  11. Cinéma britannique d’après-guerre et British New Wave
  12. Blockbusters, streaming et new independent cinema

1. Naissance du cinéma et persistance rétinienne

Notions clés & Définitions

  • Persistance rétinienne : Phénomène visuel expliquant qu’une succession rapide d’images fixes produit l’illusion d’un mouvement continu.
  • Celluloid roll : Pellicule en rouleau qui remplace progressivement les plaques de verre et rend les prises de vue plus pratiques et plus longues.
  • Kinetograph : Caméra d’Edison conçue pour enregistrer des images animées.
  • Kinetoscope : Appareil d’Edison destiné à visionner un film de façon individuelle, via un regardeur unique.
  • Parallel editing : Montage parallèle qui alterne ou juxtapose plusieurs actions se déroulant en même temps dans des lieux différents.

Points essentiels

  • Le cinéma naît d’une évolution technique et scientifique visant à créer l’illusion du mouvement à partir d’images fixes.
  • La base du Motion Picture repose sur la persistance rétinienne : l’œil “enchaîne” des images rapides comme si elles bougeaient.
  • La photographie (créée en 1827) fournit le support essentiel avant l’essor des images animées.
  • Le celluloid roll (1884, George Eastman) facilite des tournages plus souples que les plaques de verre et permet des prises de vue plus longues.
  • The Great Train Robbery (1903, Edwin S. Porter) marque le passage d’une attraction à un récit plus structuré grâce au montage.
  • Le parallel editing sert à montrer des actions simultanées pour créer suspense et continuité dramatique dans des lieux distincts.

Astuce mémo

Persistance rétinienne = “enchaînement” : images fixes rapides → mouvement continu perçu.

2. Photographie, celluloid et évolution technique

Notions clés & Définitions

  • Celluloid : Support chimique en bandes utilisé pour enregistrer et projeter les images, permettant la diffusion à grande échelle du cinéma.
  • Montage alterné : Technique de montage qui alterne deux espaces ou deux actions pour créer tension, continuité et compréhension du récit.
  • Montage visuel : Montage fondé sur la continuité spatiale et la transformation du décor par les coupes, typique du cinéma muet.
  • Slapstick Comedy : Comédie centrée sur l’humour physique, les chutes et les poursuites, souvent portée par des cascades spectaculaires.
  • Persona du little man : Personnage récurrent du comique impassible, confronté à des situations absurdes et dangereuses sans expression marquée.

Points essentiels

  • Après la guerre, Hollywood s’impose et stabilise un langage classique : récit lisible, organisation temps/espace par le montage, suspense et implication émotionnelle.
  • Dans la scène de l’intrus, la tension vient du montage alterné entre intérieur et extérieur, qui rend l’irruption menaçante immédiatement compréhensible.
  • The Birth of a Nation fait basculer le cinéma vers une industrie puissante grâce à un montage sophistiqué, des gros plans et une narration structurée, malgré une vision raciste controversée.
  • Dans la course finale en voiture, Weber accélère le rythme du montage pour produire une sensation d’urgence et de danger imminent.
  • Sherlock Jr. illustre la maturité du muet : décor qui change brutalement à chaque coupe, timing précis et gestion du deep space pour un montage visuel complexe.
  • Dans la poursuite à moto, les cascades sont réalisées sans effets spéciaux, ce qui renforce le caractère réel et dangereux de la scène.

Astuce mémo

Montage alterné = Intérieur/Extérieur qui fait monter la menace ; Slapstick = Chutes + Poursuites + Cascades réelles.

3. Porter, montage parallèle et continuité

Notions clés & Définitions

  • Montage parallèle : Technique de montage qui alterne deux actions menées en des lieux ou temporalités proches pour créer tension et continuité narrative.
  • Continuité filmique : Principe de mise en scène et de montage visant à rendre l’espace et le temps cohérents pour que l’action paraisse fluide.
  • Cinéma muet : Période du cinéma où l’émotion et la narration reposent surtout sur l’image, le jeu corporel et la mise en scène plutôt que sur des dialogues synchronisés.
  • Cinéma parlant : Période où l’enregistrement synchronisé du son transforme le jeu des acteurs, le rythme des scènes et les contraintes techniques de tournage.
  • Vitaphone : Système de Warner Bros. qui lance la synchronisation image-son et marque le début effectif de la révolution du parlant.

Points essentiels

  • Le cinéma muet n’était pas totalement silencieux : les projections étaient accompagnées de musique jouée en direct et parfois d’effets sonores.
  • Les cue sheets indiquaient aux musiciens quoi jouer pour accompagner des scènes ou des émotions.
  • Sunrise (1927) atteint une perfection formelle grâce à une narration visuelle : mouvements de caméra fluides, surimpressions, jeux de lumière et décors stylisés.
  • La scène du marais de Sunrise repose sur regards, gestes et mouvements de caméra, avec une atmosphère nocturne et brumeuse à tonalité expressionniste.
  • La traversée du lac dans Sunrise met la tension sur l’hésitation du mari, sans basculer dans l’explication verbale.
  • Le passage au parlant (1927–1931) limite les mouvements de caméra et simplifie le montage à cause de microphones immobiles et très sensibles, ce qui peut rendre les films plus statiques au début.

Astuce mémo

Alternance = tension (montage parallèle) ; cohérence = fluidité (continuité) ; muet = émotion par l’image ; parlant = son synchronisé qui change la technique.

4. Cinématographe Lumière et cinéma collectif

Notions clés & Définitions

  • Cinéma parlant : Le cinéma parlant est la période où le son synchronisé transforme la mise en scène et le montage, modifiant profondément le langage du cinéma.
  • Star system : Le star system est le système hollywoodien où la célébrité des acteurs devient un produit, bouleversé par l’arrivée du son.
  • Pre-Code era : La Pre-Code era désigne la phase de la fin des années 1920 jusqu’en 1934 où Hollywood bénéficie d’une liberté créative accrue.
  • Hays Code : Le Hays Code est le système de censure adopté en 1934 qui impose des règles strictes aux films hollywoodiens.
  • Classical Hollywood Cinema : Le Classical Hollywood Cinema est le modèle dominant des années 1930-1940 fondé sur une narration fluide et une mise en scène “invisible”.

Points essentiels

  • Entre 1927 et 1931, le passage au parlant inquiète car le son pourrait détruire l’art visuel du muet.
  • Les premiers microphones, immobiles et très sensibles, limitent les mouvements de caméra et simplifient le montage.
  • Capra exploite le parlant via le rythme des conversations, les oppositions sociales, l’humour verbal et les tensions romantiques.
  • Le parlant fait disparaître des stars du muet quand leur voix ou accent ne correspond plus à leur image à l’écran.
  • Greta Garbo réussit la transition vers le parlant, tandis que Charlie Chaplin résiste longtemps au cinéma parlant.
  • Certains théoriciens regrettent le muet comme “langue universelle” (artistic Esperanto), mais le parlant devient vite un outil de soft power américain via la diffusion de l’anglais et de la culture US.

Astuce mémo

Muet→Parlant : “son fixe” = caméra contrainte, montage simplifié, et les stars sont jugées à la voix.

5. Hollywood muet, slapstick et comédie physique

Notions clés & Définitions

  • Slapstick comedy : Comédie fondée sur des gags physiques et des chutes, qui devient moins dominante avec l’arrivée du son.
  • Screwball Comedies : Sous-genre de comédie qui met souvent en scène des milieux aisés et joue sur les sous-entendus liés aux relations amoureuses et au mariage.
  • Musical de vie : Genre musical emblématique du cinéma parlant, structuré autour de numéros et porté par des figures comme Busby Berkeley, Fred Astaire et Ginger Rogers.
  • Melodramas : Drames centrés sur les souffrances féminines dans une société patriarcale, connus aussi sous le nom de women’s weepies.
  • A movies : Catégorie de films hollywoodiens prestigieux, avec de grands budgets et des stars importantes.

Points essentiels

  • Le système hollywoodien repose sur des contrats de longue durée liant réalisateurs et acteurs, avec un pouvoir immense des producteurs sur la fabrication des films.
  • Le slapstick décline avec l’arrivée du son, tandis que d’autres genres restent populaires (notamment films bibliques et films d’aventure).
  • Après 1929, la crise économique favorise des genres d’évasion et de divertissement pour le public.
  • Les Screwball Comedies utilisent des sous-entendus sexuels pour explorer les relations hommes-femmes et le mariage.
  • Les Musicals deviennent emblématiques du cinéma parlant grâce à des figures comme Busby Berkeley, Fred Astaire et Ginger Rogers.
  • Les Melodramas, aussi appelés women’s weepies, connaissent un immense succès jusqu’aux années 1950 en mettant en avant les souffrances féminines dans un cadre patriarcal.

Astuce mémo

Son = fin du slapstick : quand le cinéma parle, les gags physiques reculent.

6. Transition au parlant et soft power américain

Notions clés & Définitions

  • Soft power américain : Puissance d’influence qui passe par la culture et les médias, ici via la domination d’Hollywood sur les écrans étrangers.
  • Cinematograph Film Act : Loi britannique de 1927 imposant des quotas de films nationaux aux distributeurs pour protéger l’industrie du cinéma.
  • Quota quickies : Films britanniques produits très vite et à petit budget pour respecter les quotas imposés par la loi.
  • Realist Documentary Film Movement : Mouvement documentaire réaliste qui traite des enjeux sociaux comme outil éducatif et social, avec John Grierson comme figure centrale.
  • Master of Suspense : Image publique construite par Hitchcock comme spécialiste du suspense, associée à ses films britanniques avant Hollywood.

Points essentiels

  • Après la Première Guerre mondiale, les productions américaines dominent les écrans britanniques : 25 % des projections en 1914 contre 6 % en 1926.
  • Charlie Chaplin devient une star mondiale grâce à Hollywood plutôt qu’au Royaume-Uni, illustrant l’attraction du cinéma américain.
  • Le Cinematograph Film Act (1927) impose des quotas : 7,5 % au départ, puis 20 % à partir de 1935, et reste en vigueur jusqu’en 1960.
  • Les quotas produisent un double effet : des quota quickies à faible budget et, en parallèle, une formation pour de futurs réalisateurs dont Michael Powell et Hitchcock.
  • Le cinéma britannique des années 1930 se structure autour de trois pôles : documentaire réaliste (John Grierson), grandes productions d’Alexander Korda, et Hitchcock comme pilier majeur.

Astuce mémo

Hollywood attire les écrans : « 25 → 6 » (1914→1926) ; puis Londres répond par des quotas : « 7,5 → 20 » (1927→1935).

7. Pre-Code era et naissance du style classique

Notions clés & Définitions

  • Documentary Film Movement : Mouvement documentaire qui valorise l’observation et l’expérimentation formelle, influençant des cinéastes et des techniques visuelles.
  • Reflexivity : Principe moderniste où le film attire l’attention sur sa propre fabrication, rappelant que l’image est une construction.
  • Office of War Information : Organisme américain créé en 1942 pour coordonner l’information et mobiliser l’opinion, notamment via Hollywood.
  • Soft power hollywoodien : Capacité d’influence culturelle exercée par le cinéma, capable de soutenir des objectifs politiques sans contrainte directe.
  • Cinematic Modernism : Courant d’après-guerre qui cherche des formes moins assimilables à la propagande, avec plus d’ambiguïté et de subjectivité.

Points essentiels

  • Welles développe des procédés visuels radicaux comme le deep focus, des angles très bas, une narration éclatée et des plans complexes.
  • La logique de reflexivity se voit quand le film met en scène sa propre construction et attire constamment l’attention sur l’acte de filmer.
  • La scène où Kane détruit la chambre de Susan s’arrête brusquement quand il aperçoit la boule à neige, révélant une fragilité psychologique derrière la puissance publique.
  • Après l’entrée en guerre (1942), l’OWI comprend que Hollywood est un outil majeur de soft power et mobilise réalisateurs et studios.
  • Le star system est utilisé pour l’effort de guerre via des stars masculines et féminines participant à des actions comme les War Bonds.
  • L’OWI combine propagande et culture populaire américaine, y compris par des cartoons produits par The Walt Disney Company et Warner Bros.

Astuce mémo

Reflexivity = le film se regarde filmer : il montre sa fabrication au lieu de prétendre à une vérité neutre.

8. Censure, BBFC et quotas britanniques

Notions clés & Définitions

  • Hays Code : Régime de censure hollywoodien qui impose des limites morales et de représentation avant d’être supprimé officiellement en 1968.
  • BBFC : Autorité britannique de classification des films qui encadre l’accès du public via des catégories d’âge et des restrictions.
  • United States v. Paramount Pictures : Procès antitrust américain de 1947 qui oblige les studios à se séparer de leurs salles, fragilisant le système hollywoodien classique.
  • Dalton Duty : Taxe britannique de 1947 sur les films importés, fixée à 75 %, visant à protéger la production nationale.
  • Eady Levy : Taxe sur les recettes du box-office instaurée après 1948, finançant la production nationale britannique jusqu’en 1985.

Points essentiels

  • Psycho illustre la remise en cause du cadre de censure hollywoodien par une violence plus directe et une sexualité implicite, tout en exposant une psychologie perturbée.
  • Le système de censure hollywoodien est officiellement abandonné en 1968, remplacé par une classification par âge de type PG ratings.
  • Après 1945, le cinéma européen (néoréalisme puis New Wave) rejette davantage les règles hollywoodiennes, ce qui renforce la pression sur les limites de représentation.
  • Le procès United States v. Paramount Pictures (1947) oblige les studios à vendre leurs salles, contribuant à l’effondrement progressif du modèle des studios.
  • Le Dalton Duty (1947) impose 75 % de taxe sur les films importés, mais la riposte de la MPAA conduit le Royaume-Uni à le supprimer en 1948.
  • L’Eady Levy finance la production nationale via une taxe sur les recettes du box-office et fonctionne jusqu’en 1985.

Astuce mémo

Hays Code → 1968 (fin) ; Dalton Duty 75% (1947) puis stop 1948 ; Eady Levy box-office (jusqu’en 1985).

9. Propagande, modernisme et film noir

Notions clés & Définitions

  • Eady Levy : Taxe sur les recettes du box-office qui finance la production cinématographique nationale britannique jusqu’en 1985.
  • British New Wave : Mouvement britannique de la fin des années 1950 à 1969 qui privilégie une approche centrée sur les classes populaires et un réalisme proche du documentaire.
  • Free Cinema : Courant (1956-1963) qui défend un cinéma plus libre des contraintes commerciales et de la censure, en donnant la priorité aux réalités sociales.
  • Kitchen Sink Realism : Tendance réaliste centrée sur la vie quotidienne des ouvriers et des « angry young men », avec décors réels et problèmes contemporains.
  • Angry young men : Figures des années 1950-1960 issues des classes populaires, qui rejettent l’autorité, les conventions et les hiérarchies traditionnelles.

Points essentiels

  • Le blocage de l’exportation des films hollywoodiens vers le Royaume-Uni entraîne la suppression d’une taxe par le gouvernement britannique en 1948.
  • L’Eady Levy devient un outil central : elle prélève sur les recettes du box-office pour financer la production nationale jusqu’en 1985.
  • Saturday Night and Sunday Morning (Karel Reisz, 1960) incarne la British New Wave et s’inscrit dans un réalisme inspiré du Free Cinema et du Kitchen Sink Realism.
  • Le film adopte une esthétique quasi documentaire : tournage en décors réels, lumière naturelle, accent régional et attention aux espaces industriels.
  • La scène d’ouverture dans l’usine installe immédiatement le réalisme social : travail répétitif, machines en gros plans, rythme mécanique et environnement extrêmement bruyant.
  • Le film oppose le quotidien ouvrier à l’évasion du week-end via des scènes en pubs et fêtes où Arthur boit, chante, danse et se bat dans des lieux populaires et bruyants.

Astuce mémo

Eady = « argent du box-office » pour produire ; New Wave = « décors réels + classes populaires ».

10. New Hollywood, contre-culture et anti-héros

Notions clés & Définitions

  • Kitchen Sink Realism : Courant réaliste centré sur la vie quotidienne des ouvriers, avec décors réels et problèmes sociaux contemporains plutôt que des récits idéalisés.
  • Counterculture : Culture de rébellion portée par la jeunesse, qui s’oppose aux valeurs conservatrices et rejette les modèles politiques traditionnels.
  • Hays Code : Code de censure hollywoodien qui encadrait fortement le contenu des films avant sa disparition en 1968.
  • New Hollywood : Renouvellement du cinéma américain où de jeunes réalisateurs imposent une vision plus personnelle, influencée par la contre-culture et la French New Wave.
  • Anti-héros : Personnage principal non héroïque, souvent hésitant et moralement ambigu, sans solution claire ni fin heureuse traditionnelle.

Points essentiels

  • Le Kitchen Sink Realism privilégie les classes populaires, des décors réels et des enjeux sociaux actuels, comme dans Saturday Night and Sunday Morning (1960).
  • La rupture de la fin des années 1960 combine protestations contre le Vietnam, droits civiques, crise du modèle classique et surtout disparition du Hays Code en 1968.
  • La counterculture valorise rock, liberté sexuelle et drogues psychédéliques, avec un rejet des modèles politiques des parents, symbolisé par Beatles, Rolling Stones, The Doors et Jimi Hendrix.
  • Le New Hollywood se définit par une logique auteuriste (contrôle créatif du réalisateur) et une remise en cause du Classical Hollywood Style (tournage en décors réels, images granuleuses, récits complexes ou ouverts).
  • The Graduate (1967) est présenté comme film fondateur du New Hollywood, mettant en scène la fracture entre génération américaine et jeunesse désillusionnée.
  • Benjamin Braddock incarne l’anti-héros : diplômé brillant mais vide, passif, incapable d’adhérer au rêve américain traditionnel, avec absence de happy ending clair.

Astuce mémo

Hays Code 1968 = fin des règles → New Hollywood = jeunesse en crise (anti-héros sans happy ending).

11. Cinéma britannique d’après-guerre et British New Wave

Notions clés & Définitions

  • Swinging London : Swinging London désigne l’effervescence culturelle londonienne des années 1960, portée par la mode, la pop et une jeunesse plus libre.
  • Blow Up : Blow Up est un film (1966) qui capte l’atmosphère de modernité et d’expérimentation associée à la jeunesse londonienne.
  • A Clockwork Orange : A Clockwork Orange est un film (1971) qui dépeint un monde post-contre-culture marqué par la violence et le nihilisme.
  • The Life of Brian : The Life of Brian est un film des Monty Python (années 1970) qui développe un humour irrévérencieux contre les autorités.
  • New Hollywood : New Hollywood désigne la période de renouvellement du cinéma américain où les thèmes modernes et une narration accessible coexistent avec une critique sociale.

Points essentiels

  • Au Royaume-Uni, la contre-culture des années 1960 se manifeste surtout par le Swinging London, centré sur la culture pop et une jeunesse plus autonome.
  • Blow Up (1966) illustre une esthétique de modernité et d’expérimentation typique de cette période britannique.
  • Dans les années 1970, le cinéma britannique devient plus provocateur avec A Clockwork Orange (1971), qui montre une violence profonde et un nihilisme post-contre-culture.
  • Les comédies britanniques comme The Life of Brian (Monty Python) utilisent l’irrévérence pour attaquer toutes les formes d’autorité.
  • Le film sert de transition entre l’ancien Hollywood et le New Hollywood en conservant une narration accessible et un humour, tout en introduisant des thèmes modernes comme crise identitaire, sexualité, rébellion et perte
  • Comparaison : contre-culture et formes britanniques vs américaines (selon la section) : Swinging London = mode/pop/jeunesse libre, tandis que la contre-culture américaine glisse vers pessimisme et désillusion dans les 70

Astuce mémo

Swinging London = Swing + Pop + Jeunesse libre ; A Clockwork Orange = Violence + Nihilisme ; Monty Python = Humour contre Autorité.

12. Blockbusters, streaming et new independent cinema

Notions clés & Définitions

  • CGI : Le CGI est l’image générée par ordinateur qui permet de fabriquer des éléments visuels entièrement numériques dans un film.
  • Ontology of the photographic image : La notion désigne l’idée que l’image photographique est liée au réel filmé, lien que le CGI peut affaiblir en rendant l’image fabriquée.
  • Uncanny valley : La vallée de l’étrange décrit le malaise ressenti quand un personnage numérique ressemble trop au réel sans y parvenir parfaitement.
  • Postmodernisme : Le postmodernisme est une approche qui déconstruit les codes des genres en les utilisant avec ironie et en refusant une morale simple.
  • New independent cinema : Le new independent cinema regroupe des productions à plus petits moyens mais à forte ambition formelle, souvent portées par des sociétés spécialisées.

Points essentiels

  • Dans les années 1990, le CGI se généralise dans les blockbusters et transforme le rapport à l’image en la rendant moins dépendante du réel filmé.
  • Terminator II, Jurassic Park et The Matrix illustrent une image fabriquée qui ouvre un imaginaire de création totale tout en brouillant la frontière réel/virtuel.
  • Toy Story (1995) montre que l’animation 3D peut éviter le malaise de l’uncanny valley en choisissant un réalisme maîtrisé.
  • Fargo (Miramax) illustre un cinéma indépendant où le postmodernisme passe par l’ironie, des personnages ordinaires et une violence absurde.
  • Le postmodernisme se manifeste par la déconstruction du polar et du thriller criminel, avec méfiance envers les grands récits et une morale non stabilisée.
  • Depuis les années 2000-2010, Hollywood devient une industrie de blockbusters dominée par les franchises et la réduction des budgets mid-budget au profit des univers étendus.

Astuce mémo

CGI = Image fabriquée ; Uncanny valley = trop réel = malaise ; Postmodernisme = codes + ironie + pas de morale stable.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1827Création de la photographie, support essentiel avant l’essor des images animées
1884Invention du celluloid roll par George Eastman
1903The Great Train Robbery (Edwin S. Porter) : étape vers le cinéma narratif grâce au montage
1895Première projection publique des frères Lumière, cinéma transformé en expérience collective
1912Suspense (Lois Weber) : montage alterné et split screen pour intensifier la tension
1924Sherlock Jr. (Buster Keaton) : slapstick et maîtrise du montage visuel
1927Vitaphone (Warner) : révolution du son synchronisé ; The Jazz Singer : dialogue synchronisé
1927–1931Passage au parlant : contraintes techniques (microphones immobiles) et montage simplifié
1934Adoption du Hays Code
1939–1941Ministry of Information (MOI) : influence de l’opinion publique américaine pour entrer en guerre aux côtés du Royaume-Uni

Tableaux de synthèse

Évolution du cinéma : muet → parlant → classique

PériodeMécanisme cléEffet sur le montage
Cinéma muetPersistance rétinienne ; narration visuelleMontage pour organiser l’espace/temps (continuity editing) et créer suspense
Passage au parlant (1927–1931)Son synchronisé (Vitaphone) ; microphones immobilesCaméra plus limitée et montage simplifié, films parfois plus statiques
Classical Hollywood (1934–1940s)Hays Code comme contrainte narrativeMontage conçu pour rester “invisible” et cohérence spatiale/temps renforcée

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre persistance rétinienne (illusion de mouvement) et continuité filmique (rendre l’espace/temps cohérents par le montage).
  2. Croire que les films “silent” étaient totalement silencieux : ils sont accompagnés en direct (musique, parfois effets) et guidés par des cue sheets.
  3. Inverser parallel editing et montage alterné : dans le cours, le parallel editing juxtapose des actions simultanées en lieux différents pour suspense/continuité.
  4. Penser que le Hays Code supprime la créativité : il impose des règles mais pousse à symboles, métaphores et sous-entendus visuels.
  5. Oublier que le passage au parlant (1927–1931) limite la caméra et simplifie le montage à cause de microphones immobiles et sensibles.
  6. Réduire Psycho à “un film choquant” : c’est aussi une rupture de structure (héroïne principale tuée au milieu) et une destruction des attentes classiques.
  7. Confondre New Hollywood et contre-culture : le New Hollywood est surtout une logique auteuriste et formelle (rejet du Classical Hollywood Style), la contre-culture est le contexte générationnel (Vietnam, droits civiques,

Checklist Examen

  1. Identifier la persistance rétinienne et expliquer comment elle fonde l’illusion du mouvement à partir d’images fixes.
  2. Citer le rôle de la photographie (1827) puis du celluloid roll (1884) dans la transformation technique du cinéma.
  3. Expliquer en quoi The Great Train Robbery (1903) marque le passage attraction → récit narratif grâce au montage.
  4. Définir et reconnaître le parallel editing : montrer des actions simultanées en lieux différents pour suspense et continuité dramatique.
  5. Décrire les apports d’Edison (Kinetograph, Kinetoscope) et la dimension initialement individuelle du visionnage.
  6. Expliquer le continuity editing et l’objectif de “rendre le montage invisible”, avec la 180-degree rule.
  7. Relier Suspense (1912) à la tension dramatique : split screen et montage alterné intérieur/extérieur.
  8. Expliquer comment les Lumière transforment le cinéma en expérience collective et en “window on the real”.
  9. Reconnaître l’évolution du slapstick dans les années 1920 (Sherlock Jr., persona du little man) et l’importance des cascades réelles.
  10. Expliquer pourquoi Sunrise (1927) est un sommet du muet : narration visuelle, expression des émotions sans dialogues.
  11. Décrire le passage au parlant : Vitaphone (Warner), The Jazz Singer (1927), et les effets sur la mise en scène (caméra limitée, montage simplifié).
  12. Expliquer le rôle du Hays Code (adopté en 1934) : règles morales et créativité par symboles/sous-entendus, puis l’âge d’or du Classical Hollywood Cinema.
  13. Décrire comment Hollywood utilise la contrainte du Code pour contourner la censure (dialogues rapides, objets symboliques).
  14. Expliquer la logique de vertical integration et le système des Majors (production/distribution/salles) dans le Classical Hollywood (ex. Stagecoach).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire et Techniques du Cinéma avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel principe visuel explique qu’une succession rapide d’images fixes donne l’impression d’un mouvement continu ?

2. Quelle innovation technique a remplacé progressivement les plaques de verre et a rendu les prises de vue plus longues et plus pratiques ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire et Techniques du Cinéma avec 24 flashcards interactives.

Persistance rétinienne — définition ?

Phénomène optique où l'œil retient une image brièvement après son apparition.

Celluloid roll — rôle ?

Support permettant la prise de vue et la projection d'images animées.

Kinetograph — invention ?

Caméra d’Edison pour filmer des images en mouvement.

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