Fiche de révision : Introduction à la criminologie et ses enjeux

Plan du Cours

  1. Naissance de la criminologie et enjeux
  2. Criminologie, droit pénal et criminalistique
  3. Criminologie et sociologie pénale
  4. École de cartographie et statistiques criminelles
  5. Criminel né de Lombroso et critiques
  6. Écoles sociologiques de Tarde Durkheim Ferri
  7. Criminologie du XXe siècle : causes du crime
  8. Passage à l’acte et criminologie critique
  9. Criminalité organisée : identification et activités
  10. Suivi d’enquête et police technique scientifique
  11. Fiabilité du témoin et méthode d’audition
  12. Quête de la vérité : audition du suspect

1. Naissance de la criminologie et enjeux

Notions clés & Définitions

  • Criminologie : La criminologie est une discipline qui étudie le phénomène criminel pour en comprendre les causes, les mécanismes et les conditions d’apparition.
  • École de cartographie : L’école de cartographie regroupe les premiers travaux qui utilisent des méthodes de localisation et de représentation des faits pour analyser la criminalité.
  • Crise de la justice pénale : La crise de la justice pénale désigne une période où le système judiciaire n’arrive plus à assurer une répression jugée efficace.
  • André-Michel Guerry : André-Michel Guerry est un auteur français associé aux premières études statistiques et cartographiques liées au crime.
  • Adolphe Quetelet : Adolphe Quetelet est un auteur belge associé aux premières analyses statistiques permettant de mieux décrire la criminalité.

Points essentiels

  • Le terme « criminologie » n’existait pas encore au départ et apparaît dans les années 1830.
  • Entre 1833 et 1835, André-Michel Guerry et Adolphe Quetelet sont présentés comme deux auteurs majeurs de cette naissance.
  • Les « pères fondateurs » cités sont Enrico Ferri, Cesare Lombroso et Raffaele Garofalo, tous rattachés aux travaux de la fin du XIXe siècle.
  • Enrico Ferri emploie le terme de criminologie pour la première fois en 1881 dans « la sociologie criminelle ».
  • Cesare Lombroso est présenté comme le plus connu avec « l’homme criminel ».
  • Raffaele Garofalo est présenté comme un élève de Lombroso et comme l’auteur d’un ouvrage intitulé « la criminologie » en 1885.

Astuce mémo

Guerry-Quetelet = cartes et chiffres (années 1830) ; Ferri-Lombroso-Garofalo = noms fondateurs (1881 puis 1885).

2. Criminologie, droit pénal et criminalistique

Notions clés & Définitions

  • Criminologie : La criminologie est l’étude du phénomène criminel et de la manière dont la société réagit et traite la délinquance, afin de réduire la récidive.
  • Anthropologie criminelle : L’anthropologie criminelle désigne les recherches centrées sur l’homme et ses caractéristiques pour expliquer le phénomène criminel.
  • Droit pénal : Le droit pénal est la discipline qui définit les comportements interdits et les sanctions associées.
  • Criminalistique : La criminalistique regroupe les techniques scientifiques utilisées pour prouver une infraction et relier les traces à un auteur.
  • Profilage criminel : Le profilage criminel est une démarche d’enquête visant à établir un profil psychologique à partir d’indices matériels.

Points essentiels

  • La naissance de la criminologie est liée à l’insuffisance des connaissances sur le crime et à la crise de la justice pénale à la fin du XIXe siècle.
  • Le choix central oppose deux attitudes : continuer à appliquer des peines jugées inefficaces ou étudier le phénomène criminel pour mieux comprendre ses causes.
  • La criminologie n’est pas une science exacte et a évolué, notamment avec une approche plus centrée sur la réaction sociale face à la délinquance.
  • La criminologie combine deux dimensions : recherche des causes du crime (étiologie) et étude des réponses concrètes apportées au délinquant.
  • Le but final mis en avant est la prévention, notamment pour éviter la récidive.
  • Le droit pénal est une construction sociale qui fixe ce qui est interdit et sanctionné, et certains auteurs critiquent la criminalité comme notion arbitraire selon les jugements sociaux.

Astuce mémo

Criminologie = Causes + Réactions (pour prévenir la récidive).

3. Criminologie et sociologie pénale

Notions clés & Définitions

  • Déterminisme biologique : Croyance selon laquelle des caractéristiques héritées influencent fortement la conduite criminelle, au point d’expliquer la récurrence des comportements.
  • Positivisme criminologique : Courant qui privilégie l’observation et l’expérimentation pour expliquer le phénomène criminel plutôt que des modèles purement théoriques.
  • Typologie criminelle : Classement des criminels en types à partir de traits supposés communs, afin d’associer chaque type à une forme de criminalité.
  • Loi de l’imitation : Principe selon lequel les individus se copient mutuellement dans leurs comportements, ce qui rend certains passages à l’acte socialement transmissibles.
  • Fait social : Idée selon laquelle certains phénomènes (comme le suicide) dépendent de la société et de ses conditions, au-delà des choix individuels.

Points essentiels

  • La dimension héréditaire est présentée comme une cause possible de réapparition des comportements, mais elle est aussi décrite comme un déterminisme lié à une “anomalie” transmise.
  • La démarche positiviste attribue à la criminologie une méthode empirique et expérimentale, visant à produire des observations plutôt qu’un modèle abstrait.
  • Lombroso affirme une approche scientifique et médicale fondée sur l’étude de crânes provenant notamment de champs de bataille, avec un corpus annoncé de 400 à 600 crânes.
  • Lombroso construit un “type criminel” en reliant des caractéristiques biologiques et anatomiques à des formes de criminalité (ex. violeurs, homicides), comme un portrait-robot.
  • La théorie lombrosienne associe aussi des traits psychologiques et psychopathologiques à ces types, en décrivant notamment une insensibilité et une absence de scrupules.
  • Lombroso relie la criminalité féminine à la prostitution et évoque une “criminelle née” présentée comme une exception, tout en opposant l’idée d’une meilleure éducation des femmes à cause d’un risque de criminalité lat.

Astuce mémo

Biologie → Type → Traits (crâne/psyché) : “Lombroso voit le crime dans le corps”.

4. École de cartographie et statistiques criminelles

Notions clés & Définitions

  • École de Chicago : courant de criminologie urbaine qui traite la ville comme un laboratoire pour expliquer la criminalité par son organisation spatiale.
  • Zones de la ville : découpage urbain utilisé pour localiser les activités et comprendre où la criminalité se concentre selon les flux et la désorganisation sociale.
  • Hot spots criminels : lieux à forte concentration d’infractions identifiés à partir de données, utilisés pour orienter l’action policière.
  • Compstat : dispositif de pilotage fondé sur des statistiques pour suivre et gérer la criminalité à partir de données opérationnelles.
  • Predpol : logiciel de prédiction présenté comme capable d’anticiper des événements criminels à partir de statistiques et d’un algorithme.

Points essentiels

  • L’approche cartographique relie la criminalité à la structure de la ville et aux conditions sociales locales plutôt qu’aux seuls traits individuels.
  • L’École de Chicago décrit cinq espaces urbains et associe la criminalité surtout à la zone de transition, marquée par des passages, croisements et un contrôle social plus faible.
  • L’étude de Zorbaugh et Cottrell (1929) analyse environ 70 000 « truands » et observe notamment la mobilité résidentielle, la densité et la présence de services publics.
  • Les travaux sur les hot spots montrent qu’une part très élevée des appels pour cambriolages se concentre sur un petit nombre d’adresses, ce qui justifie des statistiques ciblées.
  • À Minneapolis (1986), l’identification de lieux récurrents sert à produire des statistiques de criminalité et à repérer des zones spécifiques.
  • À New York (1990), des logiciels sont mis en place pour repérer des hot spots, et une baisse importante de la criminalité est rapportée dans le récit du cours après leur usage.

Astuce mémo

Chicago = carte + transitions : la criminalité se cache là où ça circule et où le contrôle social baisse.

5. Criminel né de Lombroso et critiques

Notions clés & Définitions

  • Criminalité comme création sociale : La criminalité est une catégorie définie par la société, pas une réalité naturelle indépendante des normes.
  • Thorsten Sellin : Le criminologue Thorsten Sellin propose une théorie des conflits de normes entre groupes sociaux.
  • Conflit de normes : Le conflit de normes désigne l’opposition entre règles propres à un groupe et règles imposées par un groupe dominant.
  • Cultures délinquantes : Les cultures délinquantes sont des sous-cultures où certains comportements deviennent des normes internes.
  • Théorie de l’étiquetage : La théorie de l’étiquetage explique la déviance comme le résultat d’un processus de qualification par la société.

Points essentiels

  • Pour Sellin, la société produit le crime en définissant qui est dominant et qui est dominé, puis en qualifiant certaines conduites de transgression.
  • Dans une société, plusieurs groupes édictent des normes, mais ces normes peuvent entrer en conflit entre groupes.
  • Le groupe dominant impose ses normes au groupe dominé, même si le groupe dominé conserve ses propres règles.
  • Une conduite conforme aux règles du groupe dominé peut être jugée criminelle si elle contredit les normes du groupe dominant.
  • Sellin relie notamment la criminalité à l’immigration, avec des dominants assimilés aux nationaux et des dominés assimilés aux immigrés.
  • La religion peut contrebalancer une sous-culture de la violence via des valeurs d’humanité et d’empathie, mais peut aussi l’exacerber en cas d’extrême ou de fondamentalisme.

Astuce mémo

Conflit de normes = conformité interne ≠ conformité sociale : ce qui est “normal” pour le groupe peut devenir “criminel” pour l’État.

6. Écoles sociologiques de Tarde Durkheim Ferri

Notions clés & Définitions

  • Tarde : Approche sociologique centrée sur l’imitation et les dynamiques sociales portées par les individus.
  • Durkheim : Approche sociologique centrée sur la réalité des faits sociaux et leur influence sur les comportements.
  • Ferri : Approche sociologique et criminologique liant le crime à des déterminants sociaux et à des facteurs collectifs.
  • Déresponsabilisation : Effet attribué à certaines théories collectives où l’individu paraît moins responsable de ses actes.
  • Abolitionnisme : Courant visant à écarter l’idéologie pénale traditionnelle, souvent rejeté dans le débat criminologique.

Points essentiels

  • Les approches centrées sur le collectif peuvent être critiquées car elles ne prennent pas assez en compte les phénomènes individuels.
  • Une critique récurrente est que ces théories conduisent à une déresponsabilisation des individus face aux conséquences de leurs actes.
  • Dans les années 90, on observe davantage de réalisme dans les débats, ce qui conduit à écarter l’idéologie abolitionniste.
  • L’abolitionnisme est présenté comme une idéologie à rejeter dans ce contexte de discussion criminologique.
  • Les auteurs cités (Tarde, Durkheim, Ferri) sont mobilisés pour distinguer des manières différentes d’expliquer le crime, avec des tensions entre explication collective et prise en compte de l’individu.

Astuce mémo

Collectif = Durkheim/Ferri (faits sociaux, déterminants) ; Individu = Tarde (imitation) ; si ça “efface” l’individu → critique de déresponsabilisation.

7. Criminologie du XXe siècle : causes du crime

Notions clés & Définitions

  • Immunité pénale : Notion de criminologie où certains acteurs échappent partiellement aux poursuites grâce à des protections ou arrangements avec des autorités.
  • Yakuza : Organisation criminelle japonaise structurée en hiérarchie interne et associée à des activités de racket, violence et trafics.
  • Triades chinoises : Groupes criminels chinois apparus à la fin du XVIIe siècle, spécialisés notamment dans l’acheminement de drogues.
  • SIRASCO : Service français de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée, produisant des rapports non publics.
  • Extorsion : Qualification juridique du racket consistant à obtenir quelque chose par la contrainte, souvent via menaces ou violences.

Points essentiels

  • Au Japon, des liens de proximité entre yakuza et responsables politiques peuvent produire une immunité pénale via le chantage et des informations détenues par les yakuza.
  • Dans certains quartiers japonais, des entreprises tenues par des yakuza sont identifiées et accessibles, ce qui facilite l’obtention de services d’intimidation pour récupérer des créances.
  • En 1992, une politique pénale anti-yakuza au Japon entraîne une diminution du nombre de yakuza, estimé à 180 000 dans les années 1960.
  • La structure des yakuza est pyramidale avec un chef dirigeant des kobun, dans une logique familiale et de hiérarchie, renforcée par un code d’honneur et des marqueurs comme le tatouage.
  • Les triades chinoises sont principalement localisées à Hong Kong et spécialisées dans l’acheminement de morphine et d’héroïne issues de l’opium du triangle d’or (Laos, Birmanie, Thaïlande).
  • En France, l’identification des réseaux est difficile car les services ne communiquent pas forcément et l’information reste secrète, d’où l’existence du SIRASCO et de rapports non publics (actualisation 2023 après 2021-

Astuce mémo

Immunité = chantage + proximité ; Yakuza = pyramide + code ; Triades = Hong Kong + triangle d’or ; France = SIRASCO (secret) ; Extorsion = racket par contrainte.

8. Passage à l’acte et criminologie critique

Notions clés & Définitions

  • Flux sud-sud : Les flux sud-sud désignent des circulations criminelles qui restent principalement entre pays du Sud, notamment pour le trafic d’armes.
  • Criminalité transnationale : La criminalité transnationale regroupe des infractions dont les acteurs, les lieux et les circuits financiers dépassent les frontières nationales.
  • Nouvelles technologies : Les nouvelles technologies désignent les outils numériques utilisés par les réseaux criminels pour modifier leurs modes opératoires et leurs cibles.
  • Messagerie cryptée éphémère : La messagerie cryptée éphémère est un système de communication où le message disparaît après lecture, rendant la localisation et l’écoute difficiles.
  • Crypto-monnaie : La crypto-monnaie est un moyen de paiement/stockage utilisé pour le blanchiment, compliquant l’identification de l’origine des fonds.

Points essentiels

  • Les circuits criminels sont très complexes car ils varient selon les infractions, ce qui rend la réponse et l’enquête plus difficiles.
  • Le trafic d’armes peut suivre des axes sud-sud, c’est-à-dire un flux majoritairement entre pays du Sud.
  • Le blanchiment et la fraude fiscale illustrent une dimension mondiale : l’argent transite par de nombreux lieux différents.
  • Dans les enquêtes de fraude fiscale ou de blanchiment, localiser l’argent et retracer les mouvements est un obstacle majeur.
  • La législation nationale se révèle souvent insuffisante face à ces phénomènes, ce qui pousse vers des réponses transnationales.
  • Depuis la crise du Covid (années 2020), l’essor des technologies a favorisé l’apparition de formes de criminalité en ligne comme les escroqueries en ligne.

Astuce mémo

Sud→Sud pour les armes ; Monde→Argent pour blanchiment/fraude ; Tech→Mutation ; Crypté→Introuvable ; Crypto→Origine masquée.

9. Criminalité organisée : identification et activités

Notions clés & Définitions

  • Criminalité organisée : Ensemble de faits criminels structurés et coordonnés, où l’identification des auteurs repose souvent sur des indices indirects et des témoignages.
  • Comparaison d’empreintes : Procédure d’expertise visant à déterminer si deux traces (ex. empreintes) proviennent de la même source, avec une fiabilité variable selon la difficulté et le contexte.
  • Facteur émotionnel : Paramètre de contexte qui peut modifier la qualité de traitement de l’information et augmenter le risque d’erreurs lors de la prise de décision.
  • Traitement bottom-up : Mode de traitement où l’information brute guide la réponse, typiquement quand les données sont faciles à traiter.
  • Traitement top-down : Mode de traitement où l’expertise et les attentes guident la décision, typiquement quand les données sont difficiles à comparer.

Points essentiels

  • Brandon Melfi : des experts indépendants peuvent aboutir à la même conclusion tout en maintenant l’innocence de l’intéressé, ce qui illustre le rôle d’éléments extérieurs dans l’enquête.
  • Ericson (protocole) : il teste l’influence de la difficulté de comparaison des empreintes et du facteur émotionnel sur la décision des experts.
  • Quand les empreintes sont faciles à comparer, les erreurs sont rares, mais elles augmentent quand le contexte est émotionnel, surtout si la comparaison est déjà difficile.
  • Quand l’information est facile à traiter, la décision suit davantage des mécanismes bottom-up ; quand elle est difficile, l’expertise impose davantage un contrôle top-down.
  • En phase de comparaison difficile, le stress, l’émotionnel et la pression extérieure favorisent les biais, même chez des experts.
  • Comparaison internationale : les États-Unis utilisent 6 points de comparaison alors que l’Europe en utilise 12, et l’absence de concordance peut empêcher toute correspondance.

Astuce mémo

Difficile + émotion = biais : quand c’est dur, l’expert “remplit les trous” (top-down) plutôt que de suivre les données (bottom-up).

10. Suivi d’enquête et police technique scientifique

Notions clés & Définitions

  • Entretien cognitif : Méthode d’audition structurée visant à améliorer la récupération d’informations en s’appuyant sur les mécanismes cognitifs de la mémoire.
  • Fisher et Gieselman : Auteurs associés à la formalisation de l’entretien cognitif, avec une approche centrée sur la dynamique de récupération mnésique.
  • Entretien cognitif pour mineurs : Version adaptée de l’entretien cognitif, conduite dans des structures spécialisées pour respecter les besoins des enfants.
  • Garde à vue : Mesure de contrainte permettant de maintenir un suspect à disposition des enquêteurs, sous contrôle de l’autorité judiciaire.
  • REID : Méthode d’interrogatoire en plusieurs étapes conçue pour obtenir des aveux en s’appuyant sur une logique de prise de décision et de pression psychologique.

Points essentiels

  • Les questions suggérées par un enquêteur peuvent orienter la réponse du témoin et faire croire que certains détails correspondent aux faits réellement vécus.
  • L’audition classique est souvent marquée par des interruptions, des questions peu ouvertes et un langage parfois trop directif, ce qui limite la richesse des récits.
  • L’entretien cognitif vise une récupération multiple et variée, une réintégration du contexte et une minimisation des suppositions et des rappels constructifs.
  • L’entretien cognitif comporte une structure en intro, narration ouverte, exploration guidée, révision et conclusion, précédée idéalement d’une phase de préparation.
  • Phase de narration ouverte : le témoin raconte sans guidage, avec seulement des encouragements non verbaux et des relances légères.
  • Phase d’exploration guidée : on élargit le contexte (périodes, éléments autour des faits) et on utilise des rappels multiples en gardant des questions ouvertes, parfois avec changement de point de vue selon le contexte (

Astuce mémo

Question suggérée = réponse “fabriquée” par l’orientation ; Entretien cognitif = Contexte + Récupération multiple + Révision.

11. Fiabilité du témoin et méthode d’audition

Notions clés & Définitions

  • Fiabilité du témoin : La fiabilité du témoin désigne la mesure dans laquelle ses déclarations reflètent fidèlement les faits, malgré les biais et limites de l’audition.
  • Méthode REID : La méthode REID est un modèle d’interrogatoire accusatoire visant l’obtention d’aveux via une séquence d’étapes psychologiques.
  • Méthode PEACE/PROGRAIE : La méthode PEACE/PROGRAIE est un modèle d’audition structuré, orienté vers l’entretien, la qualité de l’information et l’évaluation après séance.
  • Entretien cognitif : L’entretien cognitif est une technique d’entretien qui aide le sujet à reconstruire des souvenirs en s’appuyant sur des stratégies de rappel.
  • Gestion de conversation : La gestion de conversation est une technique d’entretien qui organise l’échange pour favoriser une narration utile et compréhensible.

Points essentiels

  • Le succès de l’audition dépend des capacités de l’enquêteur à identifier et exploiter les vulnérabilités du mis en cause.
  • La méthode REID est décrite comme accusatoire et centrée sur l’obtention d’aveux, avec des questions confirmatoires.
  • La résistance du suspect est traitée par des techniques pouvant être jugées contraires à l’éthique dans le cadre décrit.
  • REID comporte 9 étapes : confrontation directe, développement de thèmes, gestion des dénégations, contrer les objections, focaliser l’attention, gérer l’humeur passive, questions alternatives, détails du suspect, et aveu
  • La méthode PEACE/PROGRAIE suit 5 étapes : Prepare and plan, Engage and explain, Account, Closure, Evaluate.
  • Dans PEACE/PROGRAIE, l’étape Account s’appuie sur deux méthodes d’entretien : l’entretien cognitif et la gestion de conversation.

Astuce mémo

REID = 9 étapes vers l’aveu (confrontation → détails → signature) ; PEACE = 5 étapes vers l’information (plan → rapport → récit → clôture → évaluation).

12. Quête de la vérité : audition du suspect

Notions clés & Définitions

  • Polygraphe : Le polygraphe est un dispositif qui enregistre plusieurs paramètres physiologiques pendant une interrogation pour repérer des variations associées au stress.
  • Mensonge pur : Le mensonge pur est une déclaration dont le contenu est totalement différent de la vérité.
  • Exagération : L’exagération est un type de mensonge où les faits sont surévalués ou sous-évalués par rapport à la réalité.
  • Mensonge subtil : Le mensonge subtil est une stratégie qui exploite la zone floue entre vérité et mensonge en incluant souvent des éléments vrais tout en induisant en erreur.
  • Zone d’ombre entre vérité et mensonge : La zone d’ombre désigne l’espace intermédiaire où une communication n’est ni clairement vraie ni clairement mensongère.

Points essentiels

  • Les méthodes traditionnelles de détection du mensonge incluent des tests basés sur le stress (œuf d’autruche, cuillère chauffée) et des pratiques judiciaires-religieuses (épreuve de l’eau pour une accusée de sorcellerie)
  • La définition de la vérité en communication renvoie à la fidélité des informations que l’émetteur croit exactes, ce qui rend la question complexe quand la perception et la compréhension diffèrent
  • Le mensonge est défini comme une intention visant à faire croire à autrui une information que l’émetteur considère fausse, et il peut inclure des cas où l’émetteur croit être dans le vrai
  • Les faux souvenirs ne sont pas assimilés à un mensonge au sens intentionnel, car l’émetteur n’a pas forcément l’intention de tromper
  • Le polygraphe a une histoire de développement liée à la détection du mensonge, avec une prise en charge progressive par la psychologie à partir des années 1950
  • Dans les études de fréquence, environ 30% à 38% des interactions rapportées contiennent des mensonges, avec des variations selon les populations (étudiants vs adultes) et les contextes d’interaction

Astuce mémo

Stress→réactions→mesures : polygraphe = cœur + respiration + pression + sueur (si présent) ; mensonge pur = tout faux ; mensonge subtil = vrai + tromperie.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1833-1835Naissance de la criminologie : Guerry (français) et Quetelet (belge) présentés comme deux auteurs majeurs
1881Ferri emploie le terme « criminologie » pour la première fois dans « la sociologie criminelle »
1885Garofalo publie un ouvrage intitulé « la criminologie »
1929Étude de Zorbaugh et Cottrell (1929) sur environ 70 000 « truands »
1969-70En Amérique du Nord, engouement et nombreuses études sur l’étude du crime
1978REPETTO définit 3 profils d’enquêteur
1986Minneapolis : identification de lieux récurrents pour produire des statistiques
1990New York : logiciels pour repérer des hot spots et baisse importante rapportée
1992Politique pénale anti-yakuza au Japon
2004Adentat de métro de Madrid : médiatisation de la comparaison d’empreinte et sollicitation d’experts du FBI

Tableaux de synthèse

Criminologie vs droit pénal vs criminalistique

DisciplineRôleFinalité
Droit pénalDéfinit ce qui est interdit et sanctionnéConstruire la répression (catégoriser l’acte puni)
CriminologieDécrire et expliquer le phénomène criminel (causes + réaction sociale)Prévenir et réduire la récidive
CriminalistiqueTechniques scientifiques pour prouver une infraction et relier des traces à un auteurLa preuve (restreint à la preuve)

REID vs PEACE/PROGRAIE

MéthodeLogiqueÉtapes clés
REIDAccusatoire, centrée sur l’obtention d’aveux9 étapes : confrontation directe, développement du thème, gérer le déni, contrer les objections, focaliser l’attention, gérer l’humeur passive, questions alternatives, détails du suspect, signature
PEACE/PROGRAIEEntretien structuré orienté vers l’information et l’évaluation5 étapes : Prepare and plan, Engage and explain, Account, Closure, Evaluate ; Account s’appuie sur entretien cognitif et gestion de conversation

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre criminologie et droit pénal : le droit pénal dit ce qui est interdit, la criminologie décrit/explique le phénomène et la réaction sociale.
  2. Croire que la criminologie est une science exacte : le cours insiste sur l’absence de caractère exact et sur l’évolution des approches.
  3. Mélanger criminalistique et criminologie : la criminalistique vise la preuve par techniques scientifiques, la criminologie a un objet plus large.
  4. Interpréter l’École de cartographie comme une explication uniquement individuelle : elle relie la criminalité à la structure urbaine et à la désorganisation sociale.
  5. Penser que REID est neutre/éthique au même titre que PEACE : REID est accusatoire et peut être jugée contraire à l’éthique dans le cadre décrit.
  6. Croire que les « indices de mensonge » sont fiables en toutes circonstances : le cours montre que les indices sont peu associés et que le contexte (émotion, difficulté) biaise la décision.
  7. Assimiler « mensonge » et « faux souvenir » : le cours distingue l’intention de tromper du cas où l’on n’a pas l’intention de tromper.

Checklist Examen

  1. Savoir définir la criminologie, expliquer pourquoi le terme apparaît dans les années 1830 et citer Guerry et Quetelet (1833-1835) comme auteurs majeurs.
  2. Connaître les « pères fondateurs » cités (Ferri, Lombroso, Garofalo) et relier Ferri (1881) et Garofalo (1885) aux termes/ouvrages mentionnés.
  3. Expliquer le choix central de la naissance de la criminologie : peines jugées inefficaces vs étude du phénomène criminel pour comprendre causes et prévenir la récidive.
  4. Comparer criminologie, droit pénal et criminalistique : objet, rôle et finalité (prévention vs répression vs preuve).
  5. Expliquer la combinaison étiologie + réaction sociale et le but final mis en avant (éviter la récidive).
  6. Maîtriser les notions sociologiques : déterminisme biologique/positivisme criminologique/typologie criminelle/loi de l’imitation/fait social, et ce que cela implique pour l’explication du crime.
  7. Décrire la démarche lombrosienne : crânes (400-600), construction du « type criminel », traits psychologiques/psychopathologiques, et la place de la criminalité féminine telle que présentée.
  8. Savoir présenter l’École de Chicago : ville comme laboratoire, zones (notamment zone de transition), hot spots, et les exemples d’études (Zorbaugh & Cottrell 1929).
  9. Expliquer Sellin : conflit de normes, criminalité comme création sociale, lien avec immigration, et rôle ambivalent de la religion (contrebalancer/exacerber).
  10. Connaître Tarde, Durkheim, Ferri et la critique : tensions collectif vs individu, risque de déresponsabilisation, et rejet de l’abolitionnisme dans le contexte des années 90.
  11. Présenter les criminalités organisées : définition criminologique (groupement structuré, projet criminel, taille), et les principales organisations (Cosa Nostra, yakuza, triades) avec leurs caractéristiques.
  12. Expliquer les activités illégales et leur évolution : activités traditionnelles (violence, extorsion, meurtre, économie du vice) vs nouveaux marchés (ex. escroqueries, carousel TVA, trafic d’organes).
  13. Maîtriser la mondialisation et les flux (axes nord-sud, sud-nord, sud-sud) et pourquoi les enquêtes sont difficiles (localiser l’argent, législation nationale insuffisante).
  14. Connaître le rôle des nouvelles technologies depuis les années 2020 : messagerie cryptée éphémère et crypto-monnaie pour compliquer localisation/origine des fonds, et exemples (Airbnb).

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1. Quel est le principal enjeu de la naissance de la criminologie au XIXe siècle ?

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Naissance de la criminologie — date ?

Années 1830, avec Guerry et Quetelet

Naissance de la criminologie

Années 1830, Guerry et Quetelet importantes

Criminologie — rôle ?

Étude des causes et réactions sociales au crime

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