Littérature de jeunesse : Ensemble de la production littéraire produite par des adultes pour un public non adulte. La formule exacte, selon Blampain (1979), est « littérature POUR la jeunesse et PAR les adultes ».
Iconotexte : Contenu dans lequel la production du sens résulte de l'interaction indissociable entre texte et image. La signification ne peut pas être dissociée de l’un ou l’autre.
Double lectorat : La LJ s'adresse simultanément à deux publics distincts : le jeune lecteur-auditeur et l’adulte lecteur-liseur. Chacun a son propre parcours de lecture dans le même livre.
La littérature de jeunesse se distingue par sa double dimension auteur-public et par la co-présence du texte et de l’image, ce qui nécessite une lecture à la fois pour le jeune lecteur et pour l’adulte qui l’accompagne.
Iconotexte
L'iconotexte implique que le sens naît de l'interaction entre texte et image, indissociables dans la lecture.
Double lectorat
Le double lectorat désigne le fait que la littérature de jeunesse (LJ) vise à la fois l'enfant lecteur et l'adulte qui lit à voix haute, chacun avec un parcours distinct.
Paronyme
Mot qui ressemble phonétiquement à un autre mais qui n'a aucun lien de sens avec lui. Exemple : "Motordu" et "mot" (jeu de mots).
Circonlocution
Le fait de s'exprimer par des moyens détournés quand on est embarrassé ou qu'on ne veut pas aborder directement un sujet. Procédé narratif utilisé par Lemony Snicket.
Narrateur homodiégétique
Narrateur qui existe à l'intérieur de l'univers du récit, c'est-à-dire qu'il appartient à l'histoire racontée. Exemple : Lemon Snicket dans "Les Désastreuses aventures".
Narrateur non fiable
Narrateur dont la crédibilité est mise en doute, dont la version des faits peut être partiale ou trompeuse. Exemple : Snicket, considéré comme indigne de confiance dans ses récits.
L'iconotexte repose sur une interaction étroite entre texte et image, où le sens émerge de leur combinaison indissociable, enrichissant la lecture. La double réception en LJ implique que le texte doit satisfaire deux types de lecteurs : l'enfant, qui découvre l'histoire, et l'adulte, qui la lit à voix haute. Chacun a un parcours de lecture distinct, ce qui complexifie la narration. Les procédés narratifs tels que la circonlocution, ou l'utilisation de narrateurs homodiégétiques ou non fiables, participent à cette complexité. La circonlocution permet d'exprimer indirectement certains sujets, souvent pour des raisons de tonalité ou de protection du jeune lecteur. Les narrateurs homodiégétiques, intégrés à l'univers du récit, apportent une perspective interne, tandis que les narrateurs non fiables introduisent une ambiguïté qui invite à une lecture critique et multiple.
La richesse de la lecture en littérature de jeunesse réside dans la synergie entre texte et image, ainsi que dans la double réception qui permet à la fois à l'enfant et à l'adulte d'interpréter différemment l'œuvre, enrichissant ainsi l'expérience narrative.
Péritexte : Ensemble des éléments entourant le texte principal, tels que la couverture, le titre, le quatrième de couverture ou la préface. Selon Marc Soriano (1959), le péritexte sert d’indicateur important pour situer l’œuvre en littérature de jeunesse (LJ). Il contribue à la contextualisation et à la réception du texte.
Collections : Marques éditoriales qui regroupent des ouvrages selon des critères spécifiques. Bien qu’elles ne soient pas des critères absolus, elles permettent d’identifier la littérature de jeunesse. Par exemple, la collection Ratus Poche ou La Cabane Magique illustrent cette fonction.
Intertextualité : Présence de références ou de relations entre différents textes. Très répandue en LJ, elle se manifeste notamment par l’inspiration des contes traditionnels ou par la mise en relation explicite ou implicite entre œuvres, renforçant ainsi la dimension ludique ou éducative.
Le péritexte regroupe tous les éléments entourant le texte (couverture, titre, quatrième de couverture, préface) et joue un rôle clé pour situer l’œuvre en LJ, en fournissant des indications sur le public cible, le genre ou la tonalité. Les collections éditoriales sont des marqueurs périphériques qui aident à identifier la littérature de jeunesse, même si elles ne constituent pas des critères stricts. Enfin, l’intertextualité est omniprésente en LJ, notamment par l’inspiration des contes traditionnels ou par la mise en relation explicite ou implicite entre différents textes, ce qui enrichit la lecture et favorise la compréhension.
Les éléments périphériques au texte, comme le péritexte et les collections, jouent un rôle essentiel dans la reconnaissance et la contextualisation des œuvres de LJ, tandis que l’intertextualité contribue à leur richesse et à leur dimension ludique ou éducative.
Sérialité
La sérialité désigne une forme de narration épisodique organisée en séries, phénomène ancien et très populaire en littérature de jeunesse (LJ). Elle consiste à raconter une histoire ou un univers à travers plusieurs épisodes ou volumes successifs, favorisant ainsi la fidélisation du lecteur.
Worldbuilding
Le worldbuilding correspond à la construction d’un univers fictionnel étendu, souvent développé grâce à la sérialité. Il s’agit de créer un cadre cohérent, riche et détaillé, permettant d’approfondir l’histoire et d’immerger pleinement le lecteur dans un univers spécifique.
Séries en littérature de jeunesse
Les séries en LJ sont des œuvres structurées en plusieurs volumes ou épisodes, permettant d’étendre l’univers fictionnel. Elles favorisent la continuité narrative et le développement progressif des personnages et des mondes, contribuant à la fidélisation du jeune public.
La sérialité est une forme de narration épisodique organisée en séries, phénomène ancien et très répandu en littérature de jeunesse. Elle permet de maintenir l’intérêt du jeune lecteur sur le long terme en proposant une histoire ou un univers déployé sur plusieurs épisodes ou volumes.
Le worldbuilding consiste en la construction d’un univers fictionnel étendu, souvent facilité par la sérialité. En développant un cadre cohérent et riche, il favorise l’immersion du lecteur et l’attachement aux personnages et à l’univers. La sérialité permet ainsi d’approfondir cet univers, en multipliant les épisodes ou volumes qui enrichissent la narration.
Des œuvres emblématiques, telles que Harry Potter ou Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, illustrent cette expansion d’univers fictionnels par la sérialité. Ces séries permettent de créer des mondes complexes, étendus et captivants, essentiels à l’immersion et à la fidélisation du jeune lectorat.
La narration en séries favorise la création d’univers riches et étendus, essentiels pour immerger et fidéliser le jeune lecteur. Elle constitue un outil clé pour développer des mondes fictionnels complexes et captivants en littérature de jeunesse.
Narration cross-media : Stratégie consistant à décliner un même contenu ou une même histoire sur différents supports médiatiques, tels que le film, la série TV, ou d’autres formats, afin d’étendre l’expérience fictionnelle. Par exemple, une histoire adaptée d’un film en série télévisée.
Narration transmédia : Approche où des éléments distincts d’une fiction sont dispersés à travers plusieurs médias, chaque média apportant des informations nouvelles ou complémentaires. La narration transmédia ne se limite pas à la simple adaptation, mais construit un univers étendu par la diversité des supports.
Expansion de l'univers fictionnel : Processus par lequel un univers narratif s’étend au-delà de son support initial, en utilisant plusieurs médias pour enrichir la narration, approfondir l’histoire ou explorer différents points de vue.
Henry Jenkins (2013) : Théoricien qui a conceptualisé la narration transmédia comme une culture de convergence des médias, soulignant son importance dans la communication moderne et particulièrement en littérature jeunesse (LJ).
La narration cross-media consiste à décliner un même contenu sur différents supports médiatiques, permettant ainsi de toucher un public plus large et d’adapter l’histoire à chaque format. Par exemple, une œuvre peut commencer sous forme de film puis être prolongée par une série TV, chaque support conservant une cohérence narrative tout en exploitant ses spécificités.
En revanche, la narration transmédia disperse des éléments différents d’une fiction à travers plusieurs médias, chaque média apportant des informations ou des perspectives nouvelles. Elle construit un univers étendu où chaque support contribue à enrichir la compréhension globale, sans simplement reproduire la même histoire.
Henry Jenkins a théorisé la narration transmédia comme une culture de convergence des médias, une approche qui devient particulièrement pertinente dans le contexte de la littérature jeunesse (LJ). Selon lui, cette stratégie favorise une immersion multi-plateforme, permettant au public de s’engager de manière plus profonde et diversifiée dans l’univers fictionnel.
La narration cross-media se concentre sur la déclinaison d’un même contenu sur plusieurs supports, tandis que la narration transmédia disperse des éléments variés pour enrichir un univers fictionnel, chaque média apportant une contribution unique à l’expérience globale. Ces stratégies exploitent la convergence des médias pour favoriser une immersion multi-plateforme.
Fonction récréative
Selon Paul Faucher (1931), la fonction récréative de la littérature de jeunesse consiste à offrir plaisir et divertissement aux jeunes lecteurs, en privilégiant le plaisir de la lecture.
Fonction éducative
Elle vise à transmettre des savoirs, des connaissances ou des compétences, permettant ainsi à l’enfant d’apprendre tout en lisant, en intégrant des éléments éducatifs dans les œuvres.
Fonction édificatrice
Elle concerne la formation morale ou civique de l’enfant, en lui proposant des modèles ou des leçons de vie, souvent à visée éducative mais avec une dimension plus morale ou éthique.
La littérature de jeunesse remplit trois fonctions principales : édificatrice (morale, formation), éducative (transmission de savoirs), et récréative (plaisir et divertissement).
La fonction récréative, formulée dès 1931 par Paul Faucher, n’est pas la première fonction historique de la LJ, qui était initialement religieuse et éducative. Elle a évolué au fil du temps, notamment avec l’apparition de livres numériques, de livres interactifs et d’expérimentations artistiques, permettant une diversité de formes et de contenus.
Ces différentes fonctions peuvent coexister dans une même œuvre ou être séparées selon les œuvres et les époques, illustrant la richesse et la complexité de la littérature de jeunesse.
La littérature de jeunesse ne se limite pas au simple divertissement ; elle intègre également des dimensions éducatives et morales, reflétant une diversité d’objectifs qui évoluent selon les contextes et les œuvres.
Critères invalides : Ce sont des éléments qui ne permettent pas de définir la littérature de jeunesse. Parmi eux, la longueur, la complexité, les thèmes abordés ou la simplicité de la langue ne sont pas pertinents pour déterminer si une œuvre appartient à la LJ. Ces critères ne suffisent pas à caractériser la spécificité de la littérature destinée à la jeunesse.
Critères pertinents : Ces éléments sont considérés comme pouvant contribuer à la définition de la LJ, mais aucun n’est suffisant seul. Ils incluent le destinataire (qui doit être la jeunesse, selon la base légale depuis 1949), les collections éditoriales, le péritexte (éléments annexes comme la couverture, les illustrations, etc.), l’image et la lecture à voix haute. La combinaison de ces critères permet d’identifier une œuvre comme relevant de la LJ.
Loi de 1949 sur les publications destinées à l'enfance : Cette loi ne définit pas la LJ en soi, mais établit une base légale en créant une commission de validation. Elle n’interdit pas directement les livres, mais peut conduire à leur retrait si ceux-ci ne respectent pas certains critères, sans pour autant constituer une définition universelle de la LJ.
Les critères classiques tels que la longueur, la complexité, les thèmes ou la simplicité de la langue ne sont pas valides pour définir la LJ. La définition repose sur un faisceau d’indices, c’est-à-dire une pluralité de critères, qui ne sont pas tous présents dans chaque œuvre. Aucun critère unique ne permet d’identifier de façon universelle la LJ, la définition étant toujours partielle et complexe. La LJ se construit donc à partir d’un ensemble d’éléments, qui doivent être considérés dans leur contexte.
La définition de la littérature de jeunesse ne repose pas sur un critère unique, mais sur un faisceau d’indices. Il s’agit d’une approche multifactorielle, soulignant la complexité et la pluralité des critères qui permettent de la caractériser.
(aucun date explicitement mentionnée dans le contenu fourni, donc cette section est omise)
| Thème | Notions clés | Fonction / Rôle | Auteur / Exemple | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| Définitions clés LJ | Littérature pour la jeunesse : « littérature POUR la jeunesse et PAR les adultes » (Blampain, 1979) | Produire une œuvre adaptée à un public non adulte | Blampain | Production par des adultes, pour un public non adulte |
| Iconotexte | Interaction indissociable texte-image | Création de sens enrichie | - | La signification ne peut être dissociée du texte et de l’image |
| Double lectorat | Lecture simultanée par enfant et adulte | Complexifie la lecture, enrichit l’interprétation | - | Deux parcours de lecture distincts dans le même livre |
| Péritexte | Couverture, titre, préface, quatrième de couverture | Indicateur de contexte et réception | Soriano (1959) | Situent l’œuvre en LJ, facilitent reconnaissance |
| Intertextualité | Références entre textes | Enrichissement ludique et éducatif | - | Inspiration des contes traditionnels, relations explicites ou implicites |
| Sérialité | Narration en séries ou épisodes successifs | Fidélisation, développement universel | - | Favorise immersion et fidélité du lecteur |
| Worldbuilding | Construction d’un univers cohérent et détaillé | Immersion, approfondissement narratif | - | Création d’un cadre riche pour le lecteur |
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1. Quelle est la définition de la littérature de jeunesse selon Blampain (1979) ?
2. Qui est crédité d'avoir formulé la conception du double lectorat dans la littérature de jeunesse, selon la source ?
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Littérature jeunesse — définition ?
Œuvres produites par des adultes pour un public non adulte.
Iconotexte — interaction ?
Interaction indissociable entre texte et image.
Double lectorat — rôle ?
Lecture par enfant et adulte, parcours distincts.
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