📋 Plan du Cours
- Éthologie et questions causales proximales
- Rôles adaptatifs des émotions
- Définition des émotions et composantes
- Approche dimensionnelle valence et activation
- Approche catégorielle émotions primaires et secondaires
- Caractérisation physiologique et subjective des émotions
- Définition fonctionnelle de la peur
- Peur versus anxiété comportements et conscience
- Réponses physiologiques de la peur axe sympathique
- Axe corticotrope et rétrocontrôle des glucocorticoïdes
- Neurobiologie de la peur structures cérébrales
- Études chez l’animal et chez l’homme
🔑 Notions clés & Définitions
- Éthologie : Science pluridisciplinaire qui étudie objectivement les comportements des animaux, en milieu naturel ou en captivité, et s’intéresse aussi à l’homme et aux relations homme-animal.
- Causes proximales : Explications du comportement centrées sur le comment, regroupant mécanismes nerveux sensorimoteurs, facteurs génétiques et processus développementaux.
- Causes ultimes : Explications du comportement centrées sur le pourquoi, correspondant aux explications évolutives issues de l’histoire des espèces.
- Konrad Lorenz : Chercheur ayant posé des fondements majeurs de l’éthologie en 1963, reconnu par le prix Nobel de médecine en 1973.
- Nikolaas Tinbergen : Chercheur ayant posé des fondements majeurs de l’éthologie en 1963, reconnu par le prix Nobel de médecine en 1973.
📝 Points essentiels
- L’éthologie étudie des comportements chez animaux sauvages, domestiqués et d’élevage, ainsi que le comportement humain comme espèce animale.
- Les causes proximales expliquent les mécanismes du comportement, incluant des composantes nerveuses, sensori-motrices, génétiques et développementales.
- Les causes ultimes expliquent le pourquoi du comportement via des explications évolutives.
- L’éthologie relie de nombreuses spécialités, de la génétique moléculaire aux concepts d’évolution et aux interactions écologiques entre espèces.
- L’éthologie est à la fois fondamentale et appliquée, contribuant à la conservation et au bien-être des animaux d’élevage et de compagnie.
- Les questions causales de l’éthologie se structurent en au moins deux axes : comment (proximales) et pourquoi (ultimes).
💡 Astuce mémo
Proximal = « comment ça marche » (cerveau–gènes–développement) ; Ultime = « pourquoi ça existe » (évolution).
🔑 Notions clés & Définitions
- Charles Darwin : Charles Darwin : chercheur à l’origine de l’idée que l’expression des émotions provient de l’évolution et de la sélection naturelle.
- L’expression des émotions chez l’Homme et les animaux : L’expression des émotions chez l’Homme et les animaux : ouvrage de Darwin (1872) qui relie expressions émotionnelles et processus évolutifs.
- Émotion : Émotion : état déclenché par un évènement externe présent dans l’environnement et qui modifie rapidement le comportement.
- Humeur : Humeur : état affectif plus durable et moins facile à identifier, avec un déclenchement lent et une intensité généralement faible.
- Motivation : Motivation : état interne qui oriente l’approche ou l’évitement en réponse à des causes internes comme la faim ou la soif.
📝 Points essentiels
- Darwin (1872) défend que les expressions émotionnelles sont des produits de l’évolution façonnés par la sélection naturelle.
- Pour Darwin, une expression émotionnelle indique ce que l’individu s’apprête à faire.
- Pour Darwin, l’évolution améliore la communication via les expressions émotionnelles.
- Darwin propose que des messages opposés se traduisent par des postures opposées.
- Émotion, humeur et motivation s’influencent mutuellement, par exemple une humeur triste favorise la mémorisation d’évènements tristes et augmente la probabilité de colère.
- L’émotion est en général plus intense et plus courte que l’humeur, qui peut devenir quasi pathologique.
💡 Astuce mémo
Darwin = « préparer l’action + communiquer + opposer les postures ».
🔑 Notions clés & Définitions
- Émotion primaire : Une émotion primaire constitue la base affective initiale sur laquelle se construit une émotion plus complexe.
- Appraisal : L’appraisal est une évaluation mentale de la situation qui module la construction et l’intensité de l’émotion.
- Composante comportementale : La composante comportementale regroupe les postures et actes moteurs visibles qui traduisent l’émotion.
- Composante physiologique : La composante physiologique correspond aux changements rapides et plus lents du système nerveux végétatif pendant l’émotion.
- Composante subjective : La composante subjective renvoie au sentiment interne associé à l’émotion, non mesurable objectivement.
📝 Points essentiels
- Dans les théories de l’évaluation, un stimulus déclenche une activation qui permet d’évaluer la situation puis d’envisager la possibilité d’agir pour exprimer l’émotion.
- Les émotions se caractérisent par trois composantes : comportementale, physiologique et subjective.
- Les variations physiologiques proviennent surtout de modifications rapides du système nerveux végétatif puis de changements plus lents liés au système endocrinien, notamment l’axe corticotrope.
- Le système nerveux végétatif comprend deux divisions : sympathique et parasympathique, souvent en équilibre mais pouvant être toutes deux très actives selon les situations.
- Le sympathique est catabolique : il mobilise des ressources pour faire face à l’urgence et augmente les chances de survie, particulièrement lors des émotions.
- Le parasympathique est anabolique : il favorise le retour au calme en restaurant l’énergie et en soutenant repos et digestion.
💡 Astuce mémo
Appraisal = « je juge » : l’émotion se construit après l’évaluation, pas seulement après le stimulus.
🔑 Notions clés & Définitions
- Valence émotionnelle : La valence émotionnelle décrit si un stimulus est perçu comme positif ou négatif, ce qui oriente les réponses physiologiques, comportementales et subjectives.
- Activation physiologique : L’activation physiologique regroupe les variations corporelles (notamment cutanées) qui accompagnent les émotions et servent de signaux, même si elles ne suffisent pas seules.
- Composante comportementale : La composante comportementale correspond aux postures et actes moteurs observables qui traduisent l’état émotionnel d’un individu.
- FACS : Le FACS est un système de codage des expressions faciales qui décrit des unités d’action musculaires pour classifier les expressions émotionnelles.
- Neurones miroirs : Les neurones miroirs sont des neurones découverts chez le singe et étudiés comme base neuronale possible de l’empathie, en reliant observation et expérience.
📝 Points essentiels
- La caractérisation des émotions à partir d’un seul indicateur physiologique (comme la température cutanée) est imprécise, car les émotions ne se résument pas à une variation unique.
- La précision augmente quand on combine plusieurs variations physiologiques distinctes et complémentaires plutôt qu’un seul signal.
- Les émotions se lisent aussi via des postures spécifiques et des actes moteurs, parfois très caractéristiques (agression ou soumission).
- Deux grands types d’actes moteurs existent : évitement/défense face à la valence négative et approche/attachement face à la valence positive.
- Chez l’Homme, les mouvements faciaux permettent un décodage fin des émotions, et des zones cérébrales sont dédiées au traitement des visages.
- Le FACS répertorie 46 unités d’action et permet d’encoder une expression par la combinaison de contractions/relaxations, avec possibilité de mesurer durée, intensité et asymétrie.
💡 Astuce mémo
Valence = + pour approcher, − pour éviter ; Activation = le “thermomètre” du corps, mais il faut plusieurs signaux ensemble.
🔑 Notions clés & Définitions
- Théorie centraliste Cannon et Bard : Théorie selon laquelle l’expérience émotionnelle et les réponses corporelles sont déclenchées simultanément par des centres cérébraux.
- Théorie périphéraliste James et Lange : Théorie selon laquelle l’émotion naît principalement de la perception des changements corporels provoqués par un stimulus.
- Antonio Damasio : Neurobiologiste qui a popularisé le lien entre ressenti émotionnel et corps, notamment via l’ouvrage L’erreur de Descartes.
- Expression émotionnelle : Composante observable des émotions, mesurable par des indicateurs physiologiques et comportementaux.
- Expérience émotionnelle : Composante subjective du ressenti émotionnel, difficile à étudier scientifiquement surtout chez l’animal.
📝 Points essentiels
- Le débat centraliste vs périphéraliste oppose une origine cérébrale simultanée à une origine fondée sur la perception des réactions corporelles.
- L’exemple des larmes et de la tristesse illustre l’alternative : ressentir d’abord puis pleurer, ou pleurer puis ressentir plus fortement.
- Des données soutiennent la perspective périphéraliste : exprimer un visage souriant renforce la joie induite, et exprimer un visage de colère renforce la colère induite.
- Damasio réactualise l’idée que l’émotion est liée au corps et que l’expérience et l’expression s’influencent via des réseaux neuronaux.
- Un consensus actuel propose que l’expression et l’expérience émotionnelle se modulent mutuellement à travers des réseaux neuronaux sous-tendant les deux composantes.
- Comparaison : centralisme vs périphéralisme (origine de l’émotion) : Centraliste = déclenchement simultané cerveau→corps et cerveau→ressenti ; Périphéraliste = émotion issue de la perception des réponses corporelles.
💡 Astuce mémo
Centraliste = « cerveau en même temps » ; Périphéraliste = « corps d’abord, ressenti ensuite ».
🔑 Notions clés & Définitions
- Activation sympathique : Réponse physiologique rapide du système nerveux autonome qui augmente les fonctions liées à l’action face à une menace.
- Vasoconstriction cutanée et intestinale : Réduction du calibre des vaisseaux de la peau et des viscères qui redistribue le sang vers les muscles squelettiques et le cerveau.
- Axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien : Circuit neuroendocrinien activé par l’état de peur, reliant hypothalamus, hypophyse et glandes surrénales.
- Axe HPA : Nom abrégé de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, aussi appelé axe corticotrope.
- Glucocorticoïdes : Hormones stéroïdiennes libérées par la corticosurrénale qui soutiennent la réponse au stress et modulent le cerveau via un rétrocontrôle.
📝 Points essentiels
- La peur s’accompagne d’une hausse de la fréquence cardiaque et de la force de contraction du myocarde.
- La peur entraîne une vasoconstriction cutanée et intestinale, redistribuant le sang vers les muscles squelettiques et le cerveau et augmentant la pression artérielle.
- La peur augmente la température corporelle, l’activité électrodermale et provoque une piloérection.
- La peur active la respiration avec bronchodilatation et met en route la glycogénolyse hépatique et la lipolyse, augmentant le glucose sanguin.
- La peur freine la digestion en levant le frein parasympathique, afin d’orienter l’énergie vers la survie.
- Les glucocorticoïdes (cortisol chez l’homme, corticostérone chez l’animal) sont produits par la corticosurrénale sous l’action de l’ACTH et exercent un rétrocontrôle négatif sur l’hypothalamus, l’hypophyse et notamment l
💡 Astuce mémo
Peur = P.A.S.S. : Pression (FC/force + pression artérielle), Peau (vasoconstriction + piloérection + électrodermale), Respiration (bronchodilatation), Sucre/Énergie (glycogénolyse + lipolyse), puis Stress hormonal (axe HPA + cortisol)
🔑 Notions clés & Définitions
- Réponse Flight or Fight : Réponse comportementale de type fuite ou combat défensif déclenchée quand la menace devient proche et nécessite une action immédiate.
- Réponses défensives : Ensemble de comportements visant à faire face à une menace, allant de la vigilance à l’attaque défensive selon la distance et le contact avec le danger.
- Réponse d’anxiété : Réactions liées à une menace potentielle, dominées par la détection et la vigilance plutôt que par l’attaque ou la fuite immédiate.
- Freezing : Arrêt comportemental transitoire observé lors d’une situation de peur, souvent utilisé en laboratoire chez les rongeurs.
- Anxiété généralisée : Trouble caractérisé par une peur persistante de la survenue d’un événement incontrôlable, considéré comme un symptôme de peur pathologique fréquent.
📝 Points essentiels
- Quand la distance proie-prédateur diminue, les menaces défensives apparaissent puis peuvent évoluer vers des attaques défensives si le prédateur entre en contact.
- La peur et l’anxiété se traduisent par des réponses physiologiques impliquant le système sympathique et le système endocrinien.
- Les expressions vocales de peur chez les rongeurs sont souvent en ultrasons, donc peu audibles pour l’oreille humaine.
- Les comportements de peur incluent la vigilance et la prise de risque quand la menace est potentielle, puis la fuite si le danger est proche et évitable.
- Quand le danger est proche mais inévitable, la contre-attaque peut remplacer la fuite dans la réponse comportementale.
- La peur est coûteuse en temps et énergie mais améliore la survie et la descendance, malgré des effets négatifs possibles sur soins aux jeunes, recherche de nourriture et reproduction.
💡 Astuce mémo
Distance ↓ : vigilance/menace défensive → contact = attaque défensive ; sinon fuite ; freezing = arrêt initial.
🔑 Notions clés & Définitions
- Menace défensive : La menace défensive désigne un comportement de protection déclenché face à un danger, visant à repousser l’agresseur plutôt qu’à fuir.
- Fausse rage ou pseudo rage : La fausse rage est un comportement agressif induit par stimulation cérébrale, qui ressemble à une rage mais s’interrompt dès que la stimulation cesse.
- Hypothalamus : L’hypothalamus est une structure cérébrale impliquée dans le déclenchement rapide de comportements défensifs lors de stimulations.
- Amygdale : L’amygdale est une structure du lobe temporal antérieur essentielle à l’émotion de peur.
- Substance grise périaqueducale : La substance grise périaqueducale est une zone du tronc cérébral impliquée dans des réponses défensives dont le type dépend de l’intensité de stimulation.
📝 Points essentiels
- Chez le chat, la stimulation d’une région de l’hypothalamus déclenche des réactions vives et intenses qui s’arrêtent quand la stimulation cesse, qualifiées de pseudo rage.
- Chez la souris, la stimulation optogénétique de l’hypothalamus induit un comportement défensif comparable, menant à une attaque défensive contre un gant en latex.
- Papez propose un circuit reliant les zones impliquées dans l’expression émotionnelle et celles impliquées dans l’expérience émotionnelle, en cohérence avec Cannon et Bard.
- Klüver et Bucy montrent, via des lobectomies bitemporales chez le macaque, que le lobe temporal contient une zone impliquée dans la peur, notamment l’amygdale.
- Les amygdales sont présentées comme structures essentielles pour l’émotion de peur, situées dans la partie antérieure du lobe temporal.
- Le système limbique regroupe des structures cérébrales connectées impliquées dans les émotions, concept toujours présent dans la littérature malgré l’obsolescence de la théorie tri-unique de Mac Lean.
💡 Astuce mémo
Hypothalamus = déclencheur immédiat ; Amygdale = alarme de peur ; SGP = choix du mode (faible arrêt → moyen freezing → fort fuite).
🔑 Notions clés & Définitions
- Modèle de peur conditionnée : Modèle animal de peur fondé sur un conditionnement classique où un stimulus neutre devient prédictif d’un stimulus aversif.
- Conditionnement pavlovien : Type d’apprentissage associatif où un stimulus neutre acquiert une réponse après répétition avec un stimulus inconditionnel.
- Stimulus inconditionnel : Stimulus aversif qui déclenche toujours la même réponse sans apprentissage préalable.
- Stimulus neutre : Stimulus présenté avant conditionnement et qui ne provoque pas de réponse particulière.
- Freezing : Comportement d’immobilisation observé après conditionnement quand l’animal anticipe un choc et ne peut pas s’échapper.
📝 Points essentiels
- Le modèle de peur conditionnée vise une peur comparable d’un essai à l’autre et d’un animal à l’autre grâce à un stimulus très contrôlé.
- Le conditionnement pavlovien comporte une phase initiale où le stimulus inconditionnel déclenche une réponse inconditionnelle, puis une phase d’association avec un stimulus neutre.
- Après apprentissage, le stimulus associé devient un stimulus conditionnel et la réponse observée après ce stimulus devient une réponse conditionnelle.
- Dans le modèle de peur conditionnée chez le rat, un son ou une lumière précède l’apparition d’un choc électrique sur grille, ce qui déclenche un comportement de saut évitant la grille.
- Après conditionnement, le son seul entraîne des comportements de peur et, quand l’échappement est impossible, un freezing mesurable sans mouvement ni douleur directe liée au choc au moment de l’essai.
- Les indices de peur incluent des mesures comportementales (freezing, vocalisations ultrasonores) et des mesures physiologiques comme la variation de la fréquence cardiaque (FC) et de la pression artérielle (PA).
💡 Astuce mémo
Pavlov → Son devient Prédicteur : Son seul = Peur (freezing) + signaux (FC/PA).
🔑 Notions clés & Définitions
- Axe corticotrope : Axe neuroendocrinien reliant l’hypothalamus à l’hypophyse et aux glandes surrénales pour coordonner la réponse au stress via des hormones.
- Glucocorticoïdes : Hormones stéroïdiennes sécrétées par la surrénale qui modulent la réponse physiologique au stress et l’activité de l’axe corticotrope.
- Rétrocontrôle des glucocorticoïdes : Mécanisme de régulation où les glucocorticoïdes freinent l’activité des structures en amont de l’axe corticotrope.
- Modèle de peur conditionnée : Paradigme animal où un stimulus sonore associé à un choc déclenche ensuite des réponses de peur pendant la phase de test.
- Amygdale cérébrale : Complexe nucléaire impliqué dans l’entrée sensorielle et la sortie vers d’autres structures pour l’expression des réponses de peur.
📝 Points essentiels
- Le rétrocontrôle des glucocorticoïdes limite l’activation de l’axe corticotrope après une réponse au stress.
- Dans le modèle de peur conditionnée, le choc n’est délivré que pendant la phase de conditionnement, pas pendant la phase test.
- La lésion du cortex auditif chez des rats conditionnés n’empêche pas l’expression de la peur (freezing et augmentation de pression artérielle).
- La lésion du thalamus auditif supprime les signes comportementaux et physiologiques de peur, montrant son caractère essentiel.
- Le thalamus auditif projette vers plusieurs cibles, dont l’amygdale, l’hypothalamus ventromédian et le thalamus subparafasciculaire, et seule la lésion de l’amygdale perturbe l’expression de la peur conditionnée.
- Le cortex auditif n’est donc pas nécessaire à l’expression de la peur, tandis que le thalamus auditif l’est, ce qui implique un circuit incomplet si on s’arrête au cortex auditif.
💡 Astuce mémo
Corticoïdes = frein : plus il y en a, plus l’axe corticotrope ralentit (freinage en amont).
🔑 Notions clés & Définitions
- Amygdale cérébrale : Complexe nucléaire impliqué dans l’expression de la peur conditionnée, recevant des informations sensorielles et envoyant des sorties vers d’autres zones du système nerveux.
- Amygdale latérale : Noyau de l’amygdale servant de porte d’entrée aux informations sensorielles destinées à la réponse de peur.
- Amygdale centrale : Noyau de l’amygdale servant de porte de sortie, en projetant vers d’autres régions du système nerveux.
- Cortex auditif : Région corticale nécessaire aux traitements sensoriels élaborés, notamment pour distinguer des sons de fréquences différentes dans le conditionnement.
- Circuit court thalamo-amygdalien : Voie rapide reliant le thalamus à l’amygdale sans traitement sensoriel élaboré, utile pour une réaction immédiate.
📝 Points essentiels
- Les lésions de l’amygdale interfèrent avec l’expression de la peur conditionnée chez le rat, et la stimulation de l’amygdale renforce la peur (freezing et augmentation de la pression artérielle).
- L’amygdale est un ensemble de noyaux : le noyau latéral reçoit les informations sensorielles et le noyau central envoie des sorties vers d’autres zones du système nerveux.
- Dans un conditionnement à deux sons (aigu associé au choc, grave non associé), les rats répondent par la peur aux sons aigus mais pas aux sons graves, ce qui montre une discrimination de fréquences.
- Après lésion du cortex auditif dans ce protocole à deux sons, les rats présentent des réponses de peur aux deux sons, indiquant que le cortex auditif est nécessaire à un traitement sensoriel fin.
- Deux voies projettent vers l’amygdale : une voie directe et rapide depuis le thalamus (traitement peu élaboré) et une voie plus longue passant par le cortex (analyse plus fine).
- Le double circuit permet une réaction rapide au danger probable, puis un contrôle plus tardif par le cortex qui peut inhiber l’activité de l’amygdale si la situation n’est pas dangereuse.
💡 Astuce mémo
Amygdale = Entrée (latérale) → Sortie (centrale) ; Thalamus = Rapide, Cortex = Fin (puis frein si pas dangereux).
🔑 Notions clés & Définitions
- Électroencéphalographie : Technique d’enregistrement de l’activité électrique du cerveau via des électrodes posées sur le cuir chevelu.
- Potentiels évoqués : Mesures de réponses cérébrales déclenchées par un stimulus, utilisées pour étudier le traitement de l’information.
- Stimulation magnétique transcrânienne répétée : Neurostimulation non invasive qui utilise des impulsions magnétiques répétées pour moduler l’activité cérébrale.
- Stimulation transcrânienne par courant continu : Neurostimulation non invasive qui applique un courant faible continu à travers le crâne pour influencer l’activité neuronale.
- Aires de Broca et de Wernicke : Régions corticales associées respectivement à la production et à la compréhension du langage, identifiées au 19e siècle.
📝 Points essentiels
- Les potentiels évoqués complètent l’EEG pour relier des réponses cérébrales à des stimuli précis.
- Avant les technologies modernes, l’accès au lien cerveau-comportement passait surtout par l’étude post mortem de lésions ou par des patients épileptiques.
- Paul Broca et Carl Wernicke ont identifié des aires corticales du langage grâce à l’observation de patients cérébro-lésés au 19e siècle.
- Les neurostimulations non invasives incluent rTMS, tDCS et des stimulations par ultrasons pour explorer/moduler le fonctionnement cérébral.
- Les études chez l’homme peuvent désormais s’appuyer davantage sur l’imagerie fonctionnelle, réduisant le recours exclusif aux modèles animaux pour certaines questions.
💡 Astuce mémo
EEG + potentiels évoqués = réponses électriques à un stimulus ; rTMS/tDCS = on “pousse” le cerveau sans ouvrir le crâne.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1963 | Fondements de l’éthologie posés par Konrad Lorenz et Nikolaas Tinbergen |
| 1973 | Prix Nobel de médecine attribué à Konrad Lorenz et Nikolaas Tinbergen |
| 1872 | Darwin publie L’expression des émotions chez l’Homme et les animaux |
📊 Tableaux de synthèse
Peur vs anxiété (critères)
| Critère | Peur | Anxiété |
|---|
| Déclenchement | Suite à la détection d’un stimulus clairement menaçant | Suite à une menace potentielle/ambiguë, anticipée ou quasi-absente |
| Nature de la menace | Objet précis et présent | Menace potentielle, parfois sans stimulus menaçant |
| Temporalité des comportements | Comportements qui surviennent après exposition | Comportements qui précèdent la détection du stimulus menaçant |
| Conscience | Peut être spontanée ou apprise | Pas toujours consciente et peut devenir chronique/mal-adaptée |
| Lien avec Plutchik | Émotion primaire | Émotion secondaire (mélange peur + anticipation) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre causes proximales et causes ultimes : les premières expliquent le comment (mécanismes), les secondes le pourquoi (évolution).
- Mélanger émotion, humeur et motivation : l’émotion est plus intense et courte, l’humeur plus durable et la motivation vient de causes internes.
- Croire qu’une émotion se résume à un seul indicateur physiologique : FC/AED peuvent être similaires pour colère et peur, il faut plusieurs paramètres.
- Inverser centralisme et périphéralisme : James-Lange = émotion issue de la perception des changements corporels, Cannon-Bard = déclenchement central simultané.
- Confondre peur et anxiété : la peur suit un stimulus menaçant, l’anxiété précède la détection et peut exister sans stimulus menaçant.
- Oublier que l’expression émotionnelle est mesurable objectivement alors que l’expérience subjective est difficile à étudier (surtout chez l’animal).
- Se tromper sur le rôle du cortex auditif : il n’est pas nécessaire à l’expression de la peur simple, mais nécessaire à un traitement sensoriel élaboré (discrimination de fréquences).
✅ Checklist Examen
- Définir l’éthologie et préciser ce qu’elle étudie (animaux sauvages/domestiqués/élevage, homme comme espèce animale, relation homme-animal).
- Expliquer la différence entre causes proximales (comment) et causes ultimes (pourquoi) et citer les axes correspondants.
- Citer les deux chercheurs ayant posé les fondements majeurs de l’éthologie en 1963 et le prix Nobel de médecine associé en 1973.
- Définir émotion, humeur et motivation en distinguant déclenchement, intensité, durée et origine (évènement externe vs causes internes).
- Résumer les 3 idées de Darwin sur les expressions émotionnelles (préparer l’action, communication, messages contraires/postures opposées).
- Décrire les 3 composantes de l’émotion (comportementale, physiologique, subjective) et préciser ce qui est non mesurable objectivement.
- Expliquer l’approche dimensionnelle : valence (négative→positive) et activation/arousal (peu→très activant) comme axes orthogonaux.
- Lister les 6 émotions primaires et distinguer émotions primaires/prototypiques vs secondaires/complexes (combinaisons).
- Décrire le rôle du système nerveux végétatif dans la peur : sympathique catabolique vs parasympathique anabolique, et donner au moins 3 effets physiologiques de la peur.
- Expliquer l’axe corticotrope (HPA) : glucocorticoïdes, rétrocontrôle négatif et idée générale de réponse rapide (sympathique) vs plus durable (endocrinien).
- Définir peur et anxiété fonctionnellement en distinguant déclenchement, temporalité des comportements et possibilité d’existence sans stimulus menaçant.
- Décrire les comportements défensifs et leur organisation selon la distance (fuite/freezing/menace défensive/attaque défensive) et relier freezing à l’attente orientée danger.
- Expliquer le circuit neurobiologique de la peur présenté : amygdale → hypothalamus → substance grise périaqueducale, et les effets de stimulation faible/moyenne/forte de la SGP.
- Décrire le modèle de peur conditionnée : stimulus inconditionnel vs neutre vs conditionnel, phases conditionnement/test, et pourquoi le freezing est mesurable sans douleur directe au moment du test.
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