Fiche de révision : Introduction à la neuropsychologie et mémoire

Plan du Cours

  1. Neuropsychologie et apports des lésions cérébrales
  2. Plasticité cérébrale et cas Phineas Gage
  3. Localisation du langage et aphasies de Broca
  4. Aphasie de Wernicke et anosognosie
  5. Travaux d’Ebbinghaus et mesure expérimentale
  6. EEG et foyers épileptiques
  7. Logatomes de Lashley et modèles multi-mémoires
  8. Conscience autonoétique et encodage sémantique
  9. Hiérarchie des mémoires et systèmes non déclaratifs
  10. Mémoire explicite et paradigme remember know
  11. Mémoire épisodique et gradient temporel
  12. Binding initial, hippocampe et consolidation néocorticale

1. Neuropsychologie et apports des lésions cérébrales

Notions clés & Définitions

  • Neuropsychologie : Domaine qui étudie les liens entre cerveau et fonctions cognitives à partir de patients présentant des lésions ou des troubles.
  • Plasticité cérébrale : Propriété du cerveau à se réorganiser après une lésion pour compenser partiellement les fonctions touchées.
  • Phineas Gage : Patient dont le cas a renforcé l’idée d’un lien entre atteinte cérébrale et modifications des fonctions cognitives.
  • Aphasie de Broca : Trouble du langage associé à une lésion de la partie antérieure impliquée dans la production du langage.
  • Aphasie de Wernicke : Trouble du langage associé à une lésion de la partie postérieure, montrant que le langage n’est pas strictement localisé.

Points essentiels

  • Les patients avec lésions du système nerveux central servent à comprendre le fonctionnement normal du cerveau en observant les déficits.
  • L’expérimentation humaine et l’expérimentation animale complètent l’étude des fonctions cognitives à partir de perturbations cérébrales.
  • La plasticité cérébrale permet une adaptation après lésion, ce qui peut influencer le délai avant certaines évaluations (ex. analyses après un AVC).
  • Au Moyen Âge, le cerveau était décrit comme une glande servant à « transpirer », idée aujourd’hui abandonnée.
  • Paul Broca a localisé l’aire du langage dite « aire de Broca » dans la région antérieure.
  • L’aphasie de Broca correspond à une atteinte antérieure, tandis que l’aphasie de Wernicke correspond à une atteinte postérieure avec un langage non strictement localisé à une seule zone.

Astuce mémo

Gage→fonctions changent; Broca→avant; Wernicke→arrière; Plasticité→compense après lésion.

2. Plasticité cérébrale et cas Phineas Gage

Notions clés & Définitions

  • Plasticité cérébrale : La plasticité cérébrale désigne la capacité du cerveau à compenser une fonction cognitive après la destruction d’une région, surtout lors de lésions limitées.
  • Équipotentialité : L’équipotentialité est l’idée que plusieurs régions cérébrales peuvent, dans une certaine mesure, prendre en charge une fonction si une autre région est détruite.
  • Effet de masse : L’effet de masse affirme que l’impact d’une lésion dépend surtout de la quantité de tissu cérébral retiré, plutôt que d’un point unique strictement localisé.
  • Logatomes : Les logatomes sont des syllabes de non-sens utilisées pour tester la mémoire, car des mots réels étaient jugés trop difficiles à utiliser dans les expériences.
  • Amnésie antérograde : L’amnésie antérograde correspond à l’incapacité d’apprendre de nouvelles informations après une lésion cérébrale.

Points essentiels

  • Des expériences sur la mémoire ont été menées chez des animaux et aussi chez des humains, avec des tests adaptés aux rongeurs comme les labyrinthes.
  • Phineas Gage est utilisé comme point d’appui pour discuter des effets de lésions cérébrales sur les fonctions cognitives et la mémoire.
  • Les expériences distinguent plusieurs étapes de la mémoire, dont l’encodage au présent, la rétention avec un délai, puis le rappel (restitution).
  • L’oubli diminue quand le matériel à retenir est structuré, ce qui montre un rôle de l’organisation du contenu.
  • L’effet de masse suggère que plus on enlève de tissu cérébral, plus l’impact sur la mémoire augmente, ce qui va contre l’idée d’une localisation strictement unique.
  • Le cas HM (opéré en 1953 avec résection bilatérale des lobes temporaux médians incluant les formations hippocampiques) met en évidence une amnésie antérograde sévère et une amnésie rétrograde temporellement graduée.

Astuce mémo

Équipotentialité = « petites lésions, mêmes fonctions possibles » ; Effet de masse = « plus on enlève, plus ça tombe ».

3. Localisation du langage et aphasies de Broca

Notions clés & Définitions

  • Aphasie de Broca : L’aphasie de Broca est un trouble du langage lié à une atteinte des régions frontales impliquées dans la production du langage.
  • Localisation du langage : La localisation du langage désigne l’idée que des fonctions linguistiques sont associées à des zones cérébrales spécifiques.
  • Mémoire antérograde : La mémoire antérograde correspond à la capacité à apprendre et former de nouveaux souvenirs après une lésion ou une opération.
  • Mémoire rétrograde : La mémoire rétrograde correspond à la capacité à rappeler des souvenirs acquis avant une lésion ou une opération.
  • Amnésie dissociative : L’amnésie dissociative, ou amnésie psychogène, est une amnésie rétrograde liée à un stress ou un traumatisme.

Points essentiels

  • L’amnésie rétrograde concerne la période avant l’opération, tandis que l’amnésie antérograde concerne la période après l’opération.
  • Dans le cas décrit, le patient ne peut plus apprendre de nouvelles choses depuis l’opération et oublie environ 15 ans avant l’opération.
  • Le fonctionnement mnésique dépend de la période évaluée, ce qui soutient l’existence de plusieurs mémoires plutôt qu’un seul système.
  • La théorie d’un seul système de mémoire basée sur des expériences de laboratoire ne suffit pas à expliquer les observations cliniques.
  • L’amnésie dissociative apparaît soudainement et est généralement liée à une expérience traumatisante ou à un stress important.
  • Elle se manifeste par des difficultés à évoquer des souvenirs personnels importants, souvent à forte charge émotionnelle, et peut être profonde sur une quinzaine d’années préopératoires.

Astuce mémo

Rétro = avant, Antéro = après ; Dissociative = stress/trauma → souvenirs personnels émotionnels inaccessibles.

4. Aphasie de Wernicke et anosognosie

Notions clés & Définitions

  • Aphasie de Wernicke : Trouble du langage lié à une atteinte de la compréhension, où le patient peut produire du discours mais ne pas saisir correctement le sens.
  • Anosognosie : Difficulté à reconnaître ses propres troubles, ce qui peut conduire le patient à minimiser ou nier son déficit.
  • Rappel libre : Épreuve de mémoire où l’on demande au patient de redire des mots sans indice et sans ordre imposé.
  • Rappel indicé : Épreuve de mémoire où un indice externe aide le patient à retrouver une information déjà encodée.
  • Écphorie : Interaction entre des indices externes et une trace mnésique qui réactive les représentations formées lors de l’encodage.

Points essentiels

  • Encodage : identification et association de l’information perçue, processus impliqué dans la plupart des cas d’amnésie.
  • Encodage et récupération sont fonctionnellement incompatibles car chaque étape dépend de plusieurs structures distinctes.
  • Rappel libre échoue systématiquement chez un patient amnésique, car l’information n’est pas récupérable sans aide.
  • Rappel indicé peut réussir si le patient ne se souvient pas spontanément mais retrouve l’information quand un indice déclenche la récupération.
  • Consolidation : stockage de l’information avec formation d’une trace mnésique (engramme), et un déficit de stockage est la cause la plus fréquente d’amnésie.
  • Si le patient ne peut plus consolider (ex. structure cérébrale absente à l’âge adulte comme dans la maladie d’Alzheimer), l’aide par indices ne permettra pas un rappel futur fiable.

Astuce mémo

Rappel libre = sans béquille (souvent échec en amnésie) ; rappel indicé = avec béquille (l’indice réveille la trace).

5. Travaux d’Ebbinghaus et mesure expérimentale

Notions clés & Définitions

  • Mémoire à court terme (MCT) : La mémoire à court terme désigne le maintien temporaire d’informations, utilisée ici pour tester si un déficit vient de la récupération ou de la consolidation.
  • Test de QI : Le test de QI est utilisé comme tâche de mesure pour demander la répétition d’informations et quantifier la performance du patient.
  • Reconnaissance : La reconnaissance correspond à la présentation d’items (souvent des mots) où le patient indique s’il se souvient ou non.
  • Consolidation mnésique : La consolidation mnésique est le processus qui stabilise durablement une trace, dont l’échec est suspecté quand la reconnaissance ne suffit pas à rappeler.
  • Mémoire procédurale : La mémoire procédurale regroupe des habiletés apprises qui s’exécutent sans accès conscient direct, comme des procédures ou des conditionnements.

Points essentiels

  • Pour distinguer trouble de récupération vs trouble de consolidation, on teste la MCT avec un test de QI où le patient doit répéter des informations et on mesure combien il les restitue.
  • Si la reconnaissance échoue même après présentation d’items de la catégorie, le déficit est interprété comme un trouble de consolidation plutôt que de récupération.
  • On peut demander au patient son niveau de certitude pendant la tâche de reconnaissance pour affiner l’interprétation du déficit.
  • La dissociation observée chez certains patients suggère des déficits sélectifs : ils présentent des troubles dans certains systèmes mnésiques mais pas dans tous.
  • La mémoire procédurale est décrite comme un système central et liée au conditionnement, avec une organisation hiérarchisée des systèmes mnésiques.

Astuce mémo

Récupération = je répète ; Consolidation = je reconnais sans me souvenir.

6. EEG et foyers épileptiques

Notions clés & Définitions

  • Mémoire procédurale : La mémoire procédurale est un type de mémoire non déclarative qui soutient des habiletés apprises sans rappel conscient.
  • Mémoire implicite non déclarative : La mémoire implicite non déclarative correspond à une expérience vécue qui influence le comportement sans être consciemment rappelée.
  • Mémoire explicite déclarative : La mémoire explicite déclarative regroupe les faits et événements appris intentionnellement et récupérables consciemment.
  • Mémoire épisodique : La mémoire épisodique stocke et récupère des événements personnellement vécus avec un contexte temporel et spatial.
  • Mémoire sémantique : La mémoire sémantique contient les connaissances générales sur le monde, distinctes des souvenirs situés dans un contexte personnel.

Points essentiels

  • Le modèle multi-systèmes remplace l’idée d’une mémoire humaine unique et sérielle, en distinguant plusieurs systèmes fonctionnels.
  • La hiérarchie des mémoires explique la dissociation entre systèmes : on ne conçoit pas une mémoire sémantique déficiente tout en gardant la capacité d’ajouter de nouveaux épisodes.
  • La distinction implicite/explicite s’appuie sur la présence ou non d’un rappel conscient : on peut savoir ou se souvenir sans images, selon le cas.
  • Le paradigme remember/know teste chaque souvenir en demandant si le sujet se le rappelle avec images ou s’il le sait seulement.
  • La mémoire épisodique est évaluée par des tâches liées à la conscience du rappel (contenu, lieu, moment) et par la capacité à intégrer le passé dans un projet futur ou à « voyager mentalement dans le temps ».
  • En cas de démence sémantique, la dissociation clé est de distinguer le niveau de conscience du contenu mnésique évalué, car les deux peuvent diverger.

Astuce mémo

Implicite = « ça agit sans se rappeler » ; Explicite = « je peux le dire ou l’imager ».

7. Logatomes de Lashley et modèles multi-mémoires

Notions clés & Définitions

  • Mémoire épisodique : La mémoire épisodique concerne le rappel d’événements avec leur contenu, leur lieu et leur moment, en lien avec un état de conscience.
  • Mémoire sémantique : La mémoire sémantique regroupe les connaissances générales sur le monde, les faits répétitifs et les règles, sans contexte temporo-spatial propre à l’encodage.
  • Conscience autonoétique : La conscience autonoétique est la capacité de se représenter subjectivement ses souvenirs comme appartenant à son propre passé, avec un temps vécu.
  • Modèle standard Scoville et Milner : Le modèle standard relie l’hippocampe et les structures temporales médianes à la formation et à la récupération des traces mnésiques.
  • Squire et Zola-Morgan : Le cadre de Squire et Zola-Morgan distingue des systèmes mnésiques associés à des formes de conscience et à des profils de déficit différents.

Points essentiels

  • Le rappel épisodique implique d’être conscient du contenu, du lieu et du moment de l’événement.
  • La mémoire épisodique sert aussi à intégrer le passé dans un projet futur et à « voyager mentalement dans le temps ».
  • Dans la mémoire sémantique, l’information rappelée est dépourvue du contexte temporo-spatial de l’encodage.
  • La conscience autonoétique correspond à la représentation de sa propre identité dans un temps subjectif allant du passé vers le futur.
  • Les modèles multi-mémoires associent chaque type de mémoire à un système de conscience particulier.
  • En cas de schizophrénie, des difficultés de mémoire de source peuvent coexister avec l’intégration d’événements vus mais sans leurs caractéristiques propres.

Astuce mémo

Épisodique = « où + quand + moi conscient » ; Sémantique = « savoir sans lieu/temps ».

8. Conscience autonoétique et encodage sémantique

Notions clés & Définitions

  • Conscience autonoétique : La conscience autonoétique est l’expérience subjective de revivre mentalement un épisode personnel, liée à l’accès conscient au souvenir.
  • Encodage sémantique : L’encodage sémantique correspond à la mise en mémoire du sens, qui peut ensuite être récupéré sans dépendre du même support que l’épisode initial.
  • Mémoire sémantique : La mémoire sémantique est un système déclaratif dont le contenu peut être rappelé sans le concours de l’hippocampe.
  • Structure hippocampique : La structure hippocampique est un support mnésique temporaire impliqué dans les premiers stades, notamment pour relier l’information aux réseaux du néocortex.
  • Théorie des traces multiples : La théorie des traces multiples propose que la réactivation d’un souvenir entraîne la réinscription de traces, avec un rôle de l’hippocampe et de réseaux distribués.

Points essentiels

  • Le binding (processus de liaison) a une durée maximale de quelques minutes, puis la consolidation à long terme démarre immédiatement après.
  • Les lobes temporaux médians sont davantage impliqués avec le temps dans la récupération du souvenir.
  • La mémoire sémantique peut être rappelée sans l’hippocampe, car les traces partagent une partie ou toute l’information de l’épisode initial.
  • En cas de déficit, un gradient temporel peut apparaître (ex. 20, 30 voire 40 ans) : après un certain temps, les lésions du LTM n’affectent plus les traces.
  • Une lésion hippocampique même légère peut altérer la récupération d’une trace mnésique autobiographique.
  • L’hippocampe soutient l’opération centrale du binding au début, puis la consolidation complète se fait dans le néocortex temporal exclusivement.

Astuce mémo

Binding = “liaison courte” (minutes) puis “consolidation longue” (néocortex), et chaque réactivation “réécrit” via l’hippocampe.

9. Hiérarchie des mémoires et systèmes non déclaratifs

Notions clés & Définitions

  • Amnésie rétrograde : Trouble mnésique où des souvenirs antérieurs sont perdus, avec des formes qui peuvent rester partielles plutôt que totalement denses.
  • Amnésie antérograde : Trouble mnésique où l’apprentissage de nouveaux souvenirs est fortement perturbé, pouvant être dense et isolé dans certains cas.
  • Mémoire procédurale : Système de mémoire implicite à long terme qui stocke des habiletés et procédures motrices ou cognitives, utilisables sans rappel conscient.
  • Amorçage : Effet de facilitation non consciente où une information préalable améliore la reconnaissance ou la performance ultérieure, même sans souvenir conscient.
  • Mémoire implicite : Mémoire à long terme qui influence le comportement sans accès conscient au contenu appris.

Points essentiels

  • La vie passée laisse plus de traces mnésiques que le passé récent, ce qui rend l’oubli rétrograde souvent moins “dense” sur toute la période.
  • Il n’existe pas d’amnésie rétrograde dense isolée : les atteintes rétrogrades sont généralement partielles ou associées à d’autres profils.
  • Chez HM, les amnésies antérogrades sont denses et isolées, mais il progresse au fil des jours sur des tâches procédurales.
  • Les procédures motrices peuvent s’apprendre sans conscience : dessin vu dans un miroir, poursuite d’une cible en mouvement, apprentissage de labyrinthe tactile, lecture dans un miroir.
  • Les procédures verbales et cognitives peuvent aussi être préservées : exemples cités avec la tour de Londres et des tâches de lecture/épellation.
  • Les tests indirects évaluent l’apprentissage sans intention consciente : performance améliorée après amorçage, même quand le patient ne se souvient pas de l’exposition.

Astuce mémo

Procédural = “je sais faire” sans “je sais que” ; Amorçage = “ça me facilite” sans souvenir.

10. Mémoire explicite et paradigme remember know

Notions clés & Définitions

  • Mémoire explicite : La mémoire explicite correspond aux souvenirs accessibles volontairement, qui peuvent être rappelés ou reconnus consciemment.
  • Paradigme remember know : Le paradigme remember/know distingue deux types de réponses en reconnaissance : un souvenir détaillé (remember) versus une familiarité sans détails (know).
  • Amnésie globale transitoire : L’amnésie globale transitoire est une perte soudaine et temporaire de mémoire, parfois brève, sans autre déficit majeur durable.
  • Amorçage conceptuel : L’amorçage conceptuel est un effet où l’exposition préalable à une information facilite ensuite le traitement, même si le sujet ne la récupère pas consciemment.
  • Agnosie : L’agnosie est l’incapacité à identifier un objet malgré des sens fonctionnels, en raison d’un trouble des processus de reconnaissance.

Points essentiels

  • Les patients amnésiques peuvent montrer un bénéfice lors de présentations ultérieures de phrases ambiguës, suggérant un effet mnésique même sans rappel conscient.
  • L’amorçage conceptuel peut être insuffisant chez certains patients très “chargés” en connaissances, ce qui limite l’influence du premier amorçage.
  • L’ictus amnésique peut durer environ 4 heures, caractérisant une amnésie globale transitoire.
  • L’amnésie globale transitoire peut être réversible dans les 3 mois, sinon elle tend à persister à vie.
  • La récupération dépend de l’âge (plasticité cérébrale plus efficace chez les jeunes) et de l’étendue/nature de la lésion.
  • L’agnosie se définit comme une incapacité à identifier un objet via au moins un des 5 sens, sans trouble sensoriel élémentaire, de langage, de mémoire ou d’intellect.

Astuce mémo

Remember = détails qui reviennent ; Know = familiarité sans détails.

11. Mémoire épisodique et gradient temporel

Notions clés & Définitions

  • Mémoire épisodique : La mémoire épisodique est la capacité à se rappeler des événements vécus, situés dans le temps et le contexte.
  • Gradient temporel : Le gradient temporel désigne une variation des performances mnésiques selon l’éloignement temporel des informations à rappeler.
  • Neuroimagerie fonctionnelle : La neuroimagerie fonctionnelle regroupe des techniques qui mesurent l’activité cérébrale pendant une tâche cognitive.
  • Processus spécialisés : Les processus spécialisés sont des mécanismes cognitifs attribués à des réseaux cérébraux relativement dédiés à des fonctions précises.

Points essentiels

  • Le gradient temporel correspond à une baisse des performances quand on passe d’informations récentes à des informations plus anciennes.
  • La mémoire épisodique implique un rappel lié à un événement, pas seulement à une connaissance générale.
  • Les processus spécialisés peuvent être altérés de façon sélective, ce qui aide à relier fonctions cognitives et régions cérébrales.
  • La neuroimagerie fonctionnelle permet d’observer quelles zones s’activent pendant le rappel ou la récupération mnésique.
  • Les données cliniques et expérimentales servent à construire des modèles où des réseaux distincts contribuent à des composantes de la mémoire épisodique.

12. Binding initial, hippocampe et consolidation néocorticale

Notions clés & Définitions

  • Simultanosie ventrale : Trouble visuel où la scène est perçue mais la reconnaissance devient fragmentée quand l’attention ne peut traiter qu’un seul objet à la fois.
  • Simultagnosie dorsale : Trouble visuel où les formes peuvent rester entières, mais la scène globale est perçue de façon fragmentée, empêchant l’intégration simultanée.
  • Agnosie aperceptive au sens restreint : Forme d’agnosie où la déformation d’un objet est perçue de façon fragmentée, rendant la reconnaissance impossible malgré une perception élémentaire préservée.
  • Agnosie associative : Agnosie où la reconnaissance visuelle échoue alors que les capacités sensorielles de base, l’attention et les fonctions cognitives générales restent préservées.
  • Appariement perceptif : Tâche où le patient doit juger si deux stimuli correspondent, ce qui peut rester possible malgré un déficit d’accès à la signification.

Points essentiels

  • La simultanosie ventrale correspond à une incapacité à traiter plus d’un objet à la fois, avec reconnaissance fragmentée de la scène.
  • La simultagnosie dorsale correspond à une scène fragmentée alors que les formes peuvent être perçues comme entières.
  • Dans l’agnosie aperceptive au sens restreint, la déforme est perçue de manière fragmentée, ce qui empêche d’identifier l’objet.
  • L’agnosie associative se caractérise par une reconnaissance visuelle déficitaire sans détérioration mentale, sans déficits sensoriels élémentaires et sans troubles attentionnels.
  • La comparaison avec l’aphasie repose sur la dissociation : l’agnosie empêche la reconnaissance visuelle (même si la dénomination est possible), tandis que l’aphasie empêche l’accès au mot ou à la signification malgré une
  • La réussite aux tâches de jugement perceptif (identique vs différent) et aux copies de dessins peut coexister avec un échec d’accès à la signification visuelle.

Astuce mémo

Simulta = un seul objet à la fois : ventrale = reconnaissance fragmentée, dorsale = scène fragmentée.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1885Ebbinghaus publie l’ouvrage sur la mémoire (premiers travaux expérimentaux sur la mémoire).
1915Lashley associe neurobiologie et neuropsychologie et travaille sur lésions et mémoire chez l’animal.
1953Opération de HM : résection bilatérale des lobes temporaux médians incluant les formations hippocampiques.
1957Modèle standard Scoville et Milner reliant hippocampe/structures temporales médianes à la formation et récupération des traces.
1972HM est mal reçu (découverte/acceptation des 3 types de mémoires).
1985Tulving propose le modèle multi-systèmes de la mémoire (hiérarchie selon l’évolution phylogénétique).
1987Mc Andrews et al. : amorce conceptuelle.
1991Squire et Zola-Morgan : cadre distinguant des systèmes mnésiques associés à des formes de conscience et profils de déficit.
1992Schacter : mémoire implicite/non déclarative.
1993Squire : remise en question du mode sériel de Tulving et remplacement par un concept multi-système.

Tableaux de synthèse

Aphasie : localisation et profil du langage

Type d’aphasieZoneProfil du langage
Brocazone avantatteinte antérieure impliquée dans la production du langage
Wernickezone arrièreatteinte de la compréhension : discours produit mais sens non saisi correctement

Rappel mnésique : libre vs indicé

ÉpreuveCe qui aideRésultat typique en amnésie
Rappel libreaucun indiceéchoue systématiquement chez un patient amnésique
Rappel indicéun indice externepeut réussir : l’indice déclenche la récupération

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre aphasie de Broca et aphasie de Wernicke : Broca = avant/production, Wernicke = arrière/compréhension avec discours présent mais sens mal saisi.
  2. Inverser rétrograde et antérograde : rétrograde = avant l’opération, antérograde = après ; HM illustre les deux avec un gradient rétrograde temporel.
  3. Croire qu’une amnésie rétrograde est forcément dense et isolée : le cours insiste qu’elle est généralement partielle et/ou associée à d’autres profils.
  4. Mélanger rappel libre et rappel indicé : en amnésie, le rappel libre échoue car la récupération sans aide est impossible, alors que l’indice peut réactiver la trace.
  5. Penser que l’hippocampe est toujours indispensable à la récupération : le cours décrit un gradient temporel et une implication décroissante avec le temps pour certaines traces.
  6. Interpréter l’anosognosie comme une simple “mauvaise volonté” : c’est une difficulté à reconnaître ses propres troubles, donc minimisation/niation du déficit.
  7. Confondre agnosie et aphasie : l’agnosie bloque la reconnaissance visuelle (accès à la signification), tandis que l’aphasie bloque l’accès au mot/la signification malgré une reconnaissance possible autrement.

Checklist Examen

  1. Définir neuropsychologie et expliquer pourquoi l’étude de patients avec lésions sert à comprendre le fonctionnement normal du cerveau.
  2. Expliquer la plasticité cérébrale et donner l’idée du délai avant certaines évaluations (ex. analyses après AVC).
  3. Relier Phineas Gage à l’idée d’un lien entre atteinte cérébrale et modifications des fonctions cognitives.
  4. Localiser l’aire de Broca et distinguer aphasie de Broca (zone avant/production) vs aphasie de Wernicke (zone arrière/compréhension).
  5. Expliquer l’intérêt historique et éthique du code de déontologie après le procès de Nuremberg (expériences en camps).
  6. Présenter le cas HM : opération en 1953, résection bilatérale des lobes temporaux médians incluant les formations hippocampiques, et profils d’amnésie antérograde sévère + rétrograde temporellement graduée.
  7. Définir équipotentialité et effet de masse, et expliquer en quoi l’effet de masse va contre l’idée d’une localisation strictement unique.
  8. Décrire les processus mnésiques (encodage, consolidation, récupération) et l’idée que chaque mémoire dépend de plusieurs structures, donc des déficits sélectifs sont possibles.
  9. Expliquer comment tester trouble de récupération vs trouble de consolidation avec la MCT et un test de QI (répétition de chiffres) et comment la reconnaissance aide à trancher.
  10. Définir rappel libre vs rappel indicé et décrire les résultats attendus en amnésie (échec libre, réussite possible avec indice via écphorie).
  11. Expliquer le modèle multi-systèmes (Tulving) : hiérarchie, séparation implicite/explicite, et associer mémoire procédurale, sémantique et épisodique à des formes de conscience.
  12. Définir conscience autonoétique et expliquer le gradient temporel (baisse des performances avec l’éloignement temporel) ainsi que le rôle initial du binding (quelques minutes) puis la consolidation néocorticale.
  13. Distinguer mémoire épisodique vs sémantique (contexte temporo-spatial vs information générique) et relier ces distinctions aux modèles standard Scoville/Milner et Squire/Zola-Morgan.
  14. Définir agnosie (incapacité à identifier un objet via au moins un sens sans trouble sensoriel élémentaire) et distinguer agnosie aperceptive au sens restreint, simultanosie ventrale/dorsale, et agnosie associative vs aph

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à la neuropsychologie et mémoire avec 4 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel est l’apport principal des lésions cérébrales en neuropsychologie ?

2. Quel est le principal objectif de la neuropsychologie dans l’étude du cerveau humain?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à la neuropsychologie et mémoire avec 9 flashcards interactives.

Neuropsychologie — définition ?

Étude des liens cerveau-fonctions cognitives à partir de patients.

Neuropsychologie: étude?

Liens entre cerveau et fonctions cognitives.

Plasticité cérébrale — rôle ?

Permet la réorganisation du cerveau après une lésion.

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