Fiche de révision : Introduction à l'analyse et évaluation des politiques publiques

Plan du Cours

  1. Finalités et objectifs de la formation
  2. Champs théoriques de l’analyse des politiques publiques
  3. Genèse de l’analyse des politiques publiques
  4. Acteurs et intervenants du cycle des politiques publiques
  5. Cycle des politiques publiques
  6. Évaluation des politiques publiques
  7. Instances chargées de l’évaluation : contrôle administratif
  8. IGF : missions, finalités et modalités d’intervention
  9. IGAT et inspections générales ministérielles
  10. Société civile et démocratie participative
  11. Contrôle social : intérêts, apports et modalités
  12. Matrice du cadre logique et hiérarchie des objectifs

1. Finalités et objectifs de la formation

Notions clés & Définitions

  • Analyse des politiques publiques : Domaine scientifique qui étudie comment les décisions publiques sont conçues, mises en œuvre et comprises pour traiter des problèmes collectifs.
  • Évaluation des politiques publiques : Démarche visant à juger la valeur d’une politique à partir de critères et de méthodes, afin d’éclairer la décision et l’amélioration.
  • Cycle des politiques publiques : Enchaînement des étapes allant de la mise à l’agenda à la décision, puis à la mise en œuvre et à l’évaluation.
  • Approches et méthodes d’analyse : Ensemble de cadres théoriques et d’outils mobilisés pour expliquer et analyser les politiques publiques.
  • Acteurs des politiques publiques : Ensemble des institutions et groupes qui influencent la décision, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques.

Points essentiels

  • À l’issue du cours, les participants doivent pouvoir expliquer le rôle des intervenants dans le cycle des politiques publiques.
  • Le cours entraîne à produire et restituer des résultats sous forme de conclusions et recommandations.
  • La formation vise la maîtrise des principales approches et méthodes d’analyse des politiques publiques.
  • La formation inclut la conception et la conduite d’un processus d’évaluation des politiques publiques.
  • Le séminaire aborde aussi le contexte d’émergence, les fondements, les théories et approches, ainsi que les acteurs des politiques publiques.
  • Le programme traite l’évaluation via ses cadres conceptuels et méthodologiques, ses instances, et la conduite opérationnelle d’une mission d’évaluation.

Astuce mémo

Objectifs = 4 verbes : Comprendre acteurs, Produire recommandations, Maîtriser méthodes, Conduire évaluation.

2. Champs théoriques de l’analyse des politiques publiques

Notions clés & Définitions

  • Politique publique : Une politique publique est un ensemble d’orientations stratégiques décidées par les pouvoirs publics pour répondre à un problème collectif à un horizon global et durable.
  • Programme : Un programme est la traduction opérationnelle d’une politique publique, regroupant plusieurs projets/actions autour d’un même objectif à un horizon moyen terme.
  • Action : Une action est un ensemble cohérent d’activités mises en œuvre dans un programme pour produire un résultat spécifique, avec un niveau plus ciblé et concret.
  • Projet : Un projet est une entreprise temporaire et unique, délimitée par des objectifs, un budget, des acteurs et une durée, pouvant s’inscrire dans une action ou exister seul.
  • Activité : Une activité correspond à des tâches précises et opérationnelles réalisées pour mener une action, avec un niveau très concret et court terme.

Points essentiels

  • Une politique publique se situe au niveau :

    • global

    • stratégique et long terme

    • tandis qu’un programme est opérationnel

    • moyen terme

  • Une politique publique se décline en programme, puis en actions, puis en activités, et un projet est une unité temporaire pouvant s’insérer dans une action.

  • Exemple de politique publique : habitat social ; exemple de programme : villes sans bidonvilles ; exemple d’action : restructuration d’un quartier informel ; exemple d’activité : construction de 500 logements ; exemple d

  • Une politique sectorielle vise un domaine précis (ex. énergie, santé, agriculture) et est pilotée par le ministère concerné.

  • Une politique générale oriente les priorités gouvernementales à partir d

  • Une politique publique peut être multisectorielle et impliquer plusieurs niveaux de gouvernance, comme la régionalisation avancée.

Astuce mémo

Politique → Programme → Action → Projet → Activité : du plus large au plus court, du stratégique au concret.

3. Genèse de l’analyse des politiques publiques

Notions clés & Définitions

  • Théorie des réseaux de politiques publiques : Approche qui explique l’action publique comme le produit de réseaux d’acteurs humains et non-humains qui coopèrent et se coordonnent.
  • Actor-Network Theory : Courant d’analyse qui décrit comment des humains et des objets (documents, technologies, normes) participent à la construction des décisions publiques.
  • Théorie de l’échange : Théorie selon laquelle les acteurs échangent des ressources politiques comme l’information, la légitimité et le financement pour négocier.
  • Théorie de la dépendance aux ressources : Théorie qui affirme qu’un acteur dépend des ressources clés détenues par d’autres, ce qui détermine sa capacité d’influence.
  • Advocacy Coalition Framework : Cadre qui analyse les politiques publiques à partir de coalitions d’acteurs partageant des croyances, en conflit ou en négociation.

Points essentiels

  • L’action publique émerge de la coopération et de la coordination entre acteurs humains et non-humains, pas d’une décision isolée.
  • Une politique publique se construit par négociation, traduction des intérêts et stabilisation d’un réseau d’acteurs.
  • Cette approche peut poser un problème de responsabilité et rend la formalisation des décisions plus lente et difficile.
  • La théorie de l’échange met en avant une négociation permanente fondée sur l’échange de biens politiques (information, légitimité, financement).
  • La théorie de l’échange suppose que les acteurs veulent et peuvent échanger, ce qui n’est pas toujours vérifié.
  • La dépendance aux ressources implique que le pouvoir dépend de la maîtrise de ressources clés (financières, humaines, informationnelles).

Astuce mémo

Réseau = Humains + Objets ; Échange = Info/Légitimité/Financement ; Pouvoir = Ressources clés.

4. Acteurs et intervenants du cycle des politiques publiques

Notions clés & Définitions

  • Institutions politiques : Les institutions politiques regroupent les organes qui orientent la stratégie et arbitrent les choix publics, comme le gouvernement et le parlement.
  • Administration publique : L’administration publique regroupe les structures chargées de traduire les décisions politiques en actions concrètes et en services.
  • Institutions de contrôle et de régulation : Les institutions de contrôle et de régulation veillent à la transparence, à la redevabilité et à la régulation de secteurs sensibles.
  • Société civile : La société civile rassemble des associations et ONG indépendantes qui défendent des causes et participent au débat public.
  • Secteur privé : Le secteur privé regroupe les acteurs économiques qui produisent, investissent et participent au dialogue social autour des politiques publiques.

Points essentiels

  • Les institutions politiques gouvernent, légifèrent et représentent les citoyens, puis fixent les priorités nationales.
  • L’administration publique assure l’exécution quotidienne des politiques et combine efficacité, continuité et expertise technique.
  • Les institutions de contrôle renforcent la transparence et la redevabilité et cherchent à prévenir abus de pouvoir et corruption.
  • La société civile joue un rôle de relais entre citoyens et institutions et soutient la participation citoyenne.
  • Le secteur privé stimule investissement et emploi, mais ses intérêts peuvent diverger de l’intérêt général via le lobbying.
  • La gouvernance publique dépend d’un équilibre entre efficacité de l’État, contrôle institutionnel, participation citoyenne et apports extérieurs.

Astuce mémo

État = décider + exécuter ; Contrôle = vérifier ; Société civile = relier ; Secteur privé = produire ; Équilibre = gouverner sans déséquilibrer.

5. Cycle des politiques publiques

Notions clés & Définitions

  • Cycle des politiques publiques : Le cycle des politiques publiques décrit l’enchaînement des étapes allant de la décision à la réalisation, puis à l’évaluation et aux ajustements.
  • Mise en œuvre des politiques publiques : La mise en œuvre regroupe les actions concrètes menées par des agents publics pour transformer des décisions en résultats observables.
  • Instruments prescriptifs : Les instruments prescriptifs sont des outils qui imposent directement des règles, normes ou contraintes pour orienter les comportements.
  • Instruments persuasifs et incitatifs : Les instruments persuasifs et incitatifs visent à influencer les choix des acteurs par encouragement, information ou incitations financières plutôt que par contrainte directe.
  • Modèle top-down : Le modèle top-down conçoit la mise en œuvre comme une traduction hiérarchique d’objectifs fixés au centre vers l’action locale.

Points essentiels

  • La mise en œuvre correspond au passage de la programmation (plans, moyens) à l’exécution réelle sur le terrain.
  • La mise en œuvre mobilise des activités variées : décisions administratives, allocations de ressources, suivi et redéfinitions éventuelles du cadre d’action.
  • Les instruments prescriptifs imposent des règles et peuvent s’appuyer sur surveillance et sanctions pour garantir le respect.
  • Les instruments persuasifs et incitatifs orientent les comportements via subventions, exonérations, information/communication ou conventions volontaires.
  • La mise en œuvre peut prendre plusieurs formes : administrative, partenariale, décentralisée, contractuelle, par délégation et participative.
  • Le modèle top-down fixe les objectifs de façon normative et mesure la réussite par la conformité aux directives initiales, avec risque de décalage local.

Astuce mémo

Top-down = du sommet vers le terrain ; Bottom-up = du terrain vers le sommet.

6. Évaluation des politiques publiques

Notions clés & Définitions

  • Évaluation des politiques publiques : Démarche de gouvernance qui produit des informations pour juger une politique, éclairer les décisions et améliorer l’action publique.
  • Policy brief : Document de synthèse qui présente rapidement les résultats et recommandations d’une évaluation pour faciliter la décision.
  • Audit de performance : Évaluation centrée sur la manière dont une organisation atteint ses objectifs, en examinant régularité, économie, efficience et efficacité.
  • Suivi-évaluation S&E : Ensemble de processus qui planifient, collectent, analysent et présentent des informations pour soutenir la décision et capitaliser l’expérience.
  • Gestion axée sur les résultats GAR : Approche de pilotage qui organise la gestion publique autour des résultats attendus et d’indicateurs de performance.

Points essentiels

  • Une évaluation vise notamment à comprendre le fonctionnement et les effets, vérifier l’atteinte des objectifs, et proposer des améliorations possibles.
  • L’évaluation est décrite comme systématique, multidimensionnelle, participative, comparative et orientée vers l’action.
  • Les finalités se déclinent en dimensions cognitive, normative, instrumentale, managériale, déontologique et pédagogique.
  • Les formes d’évaluation incluent rapports, étude d’impact, audit de performance, revue/bilan de programme, étude comparative et policy brief.
  • L’évaluation ne se réduit pas à mesurer des résultats : elle sert surtout à éclairer la décision publique et à améliorer l’action de l’État.
  • Les normes d’évaluation couvrent pertinence/utilité, rigueur scientifique, éthique/intégrité, faisabilité, exactitude/crédibilité et participation/inclusivité.

Astuce mémo

Finalités = Connaître + Juger + Décider + Gérer + Rendre des comptes + Apprendre (C J D G R A).

7. Instances chargées de l’évaluation : contrôle administratif

Notions clés & Définitions

  • Inspection Générale des Finances : L’Inspection Générale des Finances est un corps d’inspection rattaché au Ministère des Finances, chargé de vérifications et d’audits au service de la gestion publique.
  • Dahir n° 1.59.269 du 14 avril 1960 : Le dahir fondateur fixe les attributions et prérogatives des Inspecteurs des Finances, notamment leurs missions de vérification.
  • Inspection Générale des Collectivités Territoriales : L’Inspection Générale des Collectivités Territoriales contrôle et accompagne la gestion des collectivités, dans une logique de proximité et de décentralisation.
  • Inspections Générales Ministérielles : Les Inspections Générales Ministérielles assurent un contrôle interne sectoriel au sein de chaque ministère, sur la gestion et le respect des procédures.
  • Décision du MEF du 06.05.2016 : La décision du MEF organise fonctionnellement l’IGF en domaines d’activité, pour structurer ses missions d’inspection et d’audit.

Points essentiels

  • Le contrôle administratif est exercé par le Gouvernement et les administrations via leurs structures internes, dans une logique de suivi et d’efficacité budgétaire.
  • L’IGF relève directement du Ministre des Finances et agit comme appui technique et administratif pour la décision gouvernementale.
  • Les Inspecteurs des Finances vérifient notamment les services de caisse et de comptabilité des agents de l’État et des collectivités locales, ainsi que la gestion correspondante.
  • Les Inspecteurs des Finances contrôlent aussi la régularité des opérations des ordonnateurs de recettes et de dépenses publiques et de tous administrateurs.
  • L’IGF réalise des audits de performance pour mesurer le rapport coût/résultats, en plus des contrôles de régularité.
  • L’IGF audite certains marchés au-delà de seuils (5 millions de dirhams pour les marchés, et marchés négociés au-delà de 1 million de dirhams).

Astuce mémo

IGF = Régularité + Performance (coût/résultats) ; IGAT = Collectivités ; IGM = Ministères.

8. IGF : missions, finalités et modalités d’intervention

Notions clés & Définitions

  • Portails numériques citoyens : Ensemble de plateformes qui donnent accès aux informations et démarches publiques pour renforcer la relation administration–citoyen.
  • CESE : Institution de dialogue pluraliste chargée de mener des concertations et d’intégrer les attentes des citoyens dans les avis et rapports.
  • Plateforme de participation citoyenne : Portail national permettant aux citoyens de communiquer revendications, propositions et recommandations aux pouvoirs publics.
  • Gouvernement Ouvert au Maroc : Portail qui publie l’avancement du plan d’action national du gouvernement ouvert et organise des espaces de co-création.
  • Idarati : Interface unifiée multi-espaces regroupant des informations et démarches administratives à partir de procédures approuvées.

Points essentiels

  • Les plateformes citoyennes visent à améliorer la redevabilité, l’engagement et la confiance sociale, éléments mobilisés dans une évaluation sociale rigoureuse.
  • Le CESE organise des concertations via sa plateforme pour produire avis et rapports en intégrant les attentes citoyennes.
  • La plateforme nationale de participation citoyenne permet d’exprimer opinions et propositions sur des programmes, projets ou politiques d’intérêt général.
  • Le portail du Gouvernement Ouvert au Maroc publie l’état de mise en œuvre du plan d’action national et propose des ateliers thématiques via soumission d’idées.
  • Idarati regroupe uniquement des procédures et décisions administratives approuvées par la Commission nationale des procédures et mesures administratives.
  • Cadre d’évaluation : référence méthodologique structurante qui fixe critères, indicateurs, formes et modes pour assurer cohérence et comparabilité des résultats.

Astuce mémo

Re-devabilité + CESE + Participation + Gouvernement ouvert + Idarati = 5 portes pour informer, débattre, proposer, suivre et faire la démarche.

9. IGAT et inspections générales ministérielles

Notions clés & Définitions

  • Cadre logique : Outil de planification qui organise un projet en reliant objectifs, activités, ressources et indicateurs pour suivre la logique d’ensemble.
  • Matrice du cadre logique : Tableau de planification structurant un programme en logique verticale et logique horizontale, avec indicateurs, cibles, sources de vérification, hypothèses et risques.
  • Logique verticale : Partie du cadre logique qui décrit la chaîne causale du projet et précise les hypothèses importantes hors du contrôle du gestionnaire.
  • Logique horizontale : Partie du cadre logique qui relie les résultats et ressources à des indicateurs mesurables et à des sources permettant de vérifier les progrès.
  • Chaîne des résultats : Séquence cause→effet reliant intrants, activités, extrants, effets et impact, utilisée pour représenter la théorie du changement.

Points essentiels

  • La méthode du cadre logique structure la planification comme un trajet ICI→LA-BAS : situation actuelle, objectifs, activités, risques, puis mesure des résultats et preuves.
  • La matrice du cadre logique comporte 4 colonnes et 4 rangées pour rendre la logique du projet complète et compréhensible.
  • La logique verticale clarifie les liens de causalité et met en évidence les hypothèses/incertitudes qui échappent au contrôle du projet.
  • La logique horizontale précise comment mesurer : indicateurs clés et sources de vérification pour les effets et les ressources mobilisées.
  • La cohérence verticale et horizontale doit être vérifiée : la logique d’action doit correspondre à des moyens de mesure crédibles.
  • La chaîne des résultats commence par la mise à disposition des ressources, puis enchaîne activités→extrants→réalisations/impacts, avec une rétroaction mentionnée dans la logique de suivi.

Astuce mémo

Verticale = Causalité (pourquoi ça marche) ; Horizontale = Vérification (comment on prouve).

10. Société civile et démocratie participative

Notions clés & Définitions

  • Méthodes qualitatives : Les méthodes qualitatives produisent des résultats riches en détails et en explications, mais difficiles à généraliser à grande échelle.
  • Méthodes quantitatives : Les méthodes quantitatives produisent des résultats généralisables et comparables, mais avec parfois moins de finesse sur les mécanismes.
  • Méthodes mixtes d’évaluation : Les méthodes mixtes combinent de façon intégrée des outils quantitatifs et qualitatifs pour obtenir une vision à la fois mesurable et compréhensive.
  • Triangulation : La triangulation consiste à croiser plusieurs sources, méthodes ou points de vue pour renforcer la fiabilité et la crédibilité des conclusions.
  • Méthodes participatives d’évaluation : Les méthodes participatives associent directement les parties prenantes à l’évaluation, comme acteurs du processus et pas seulement comme sources d’information.

Points essentiels

  • Qualitatives : elles donnent accès à la dimension humaine et contextuelle et aident à repérer des mécanismes de réussite ou d’échec.
  • Qualitatives : elles peuvent être subjectives et exigent souvent un temps important d’animation et d’analyse (ex. codage thématique).
  • Quantitatives : elles apportent objectivité, comparabilité dans le temps et mesure précise des impacts, mais peuvent réduire le réel à la quantification.
  • Quantitatives : elles demandent des compétences statistiques/économétriques et peuvent être impossibles si un groupe témoin ou des données complètes manquent.
  • Méthodes mixtes : la complémentarité, la triangulation, le séquençage et l’intégration organisent la combinaison des approches.
  • Méthodes mixtes : les quantitatives répondent au “combien et dans quelle proportion”, tandis que les qualitatives répondent au “pourquoi et comment”.

Astuce mémo

Quali = Pourquoi/Comment, Quanti = Combien/Proportion, Mixte = les deux, Triangulation = je croise pour valider, Participatif = les citoyens co-évaluent.

11. Contrôle social : intérêts, apports et modalités

Notions clés & Définitions

  • Contrôle social : Le contrôle social désigne l’ensemble des mécanismes qui orientent les comportements des individus pour maintenir l’ordre et les normes collectives.
  • Intérêts du contrôle social : Les intérêts du contrôle social regroupent les raisons pour lesquelles une société encadre les conduites afin de réduire les écarts et sécuriser la vie collective.
  • Apports du contrôle social : Les apports du contrôle social sont les effets positifs attendus, comme la stabilité, la prévention des déviances et la cohésion entre membres d’un groupe.
  • Modalités du contrôle social : Les modalités du contrôle social sont les formes concrètes d’encadrement des comportements, allant de la pression sociale aux sanctions formelles.

Points essentiels

  • Le contrôle social vise à faire respecter des normes en influençant les comportements, plutôt qu’en se limitant à constater les écarts.
  • Les intérêts principaux incluent la réduction des déviances, la protection de la collectivité et la régulation de la vie sociale.
  • Les apports attendus sont la cohésion du groupe et la stabilité des pratiques, en rendant les conduites plus prévisibles.
  • Les modalités peuvent combiner des mécanismes informels (pression du groupe) et des mécanismes formels (règles et sanctions institutionnelles).
  • Le contrôle social peut aussi produire des effets négatifs si les normes sont trop rigides ou si l’encadrement devient stigmatisant.

Astuce mémo

Normes → comportements : le contrôle social agit pour réduire les écarts et stabiliser le groupe.

12. Matrice du cadre logique et hiérarchie des objectifs

Notions clés & Définitions

  • Hiérarchie des objectifs : Une structure qui organise les objectifs d’une politique du niveau le plus général vers des résultats plus concrets et mesurables.
  • Matrice du cadre logique : Un tableau de pilotage qui relie objectifs, indicateurs, moyens et hypothèses pour rendre l’action publique cohérente et évaluable.
  • Indicateurs de mise en œuvre : Des mesures quantitatives ou qualitatives utilisées pour vérifier si les actions prévues par une politique sont effectivement appliquées.
  • Boucle de rétroaction : Un mécanisme de retour d’information qui permet d’ajuster le plan d’action après analyse des résultats et des obstacles rencontrés.

Points essentiels

  • La hiérarchie des objectifs sert à passer d’une intention générale à des résultats opérationnels, puis à des actions vérifiables.
  • La matrice du cadre logique vise à rendre explicite le lien entre objectifs, indicateurs et conditions de réussite pour faciliter le pilotage et l’évaluation.
  • Le suivi des recommandations doit mesurer la mise en œuvre selon un niveau d’application : 0 pas appliqué, 1 partiellement, 2 totalement.
  • Les indicateurs de suivi doivent inclure au minimum le taux de recommandations appliquées et le délai moyen de mise en œuvre.
  • La traduction en plan d’action exige d’identifier l’institution responsable, de clarifier les rôles et de définir des indicateurs de suivi.
  • Le plan d’action doit être ajusté via une boucle de rétroaction en documentant pourquoi certaines recommandations ne sont pas suivies.

Astuce mémo

Objectifs → résultats → actions : la matrice relie chaque niveau à des indicateurs, puis la rétroaction corrige le plan.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1950-1960Naissance de l’analyse des politiques publiques aux États-Unis (phase fondatrice)
1956Mills publie « The power Elite » (théorie élitiste)
1996Scriven (1996) : l’évaluation est une discipline très jeune
1959Lindblom (1959) : modèle incrémental (« The Science of Muddling Through »)
2011Constitution : ancrage de l’évaluation des politiques publiques (articles 70, 101, 148, 156)
2015LOF (2015) : logique de performance ; lois organiques des collectivités (2015) : suivi/évaluation
2016Décision du MEF du 06.05.2016 : organisation fonctionnelle de l’IGF
2005INDH (2005) : système de suivi et d’évaluation inclus dès le lancement

Tableaux de synthèse

Hiérarchie des niveaux d’une politique publique

NiveauRôleHorizon
Politique publiqueOrientations stratégiques décidées par les pouvoirs publics pour répondre à un problème collectifGlobal, stratégique, à long terme
ProgrammeTraduction opérationnelle d’une politique publique, regroupant plusieurs projets/actionsOpérationnel, moyen terme
ActionEnsemble cohérent d’activités dans un programme pour produire un résultat spécifiquePlus ciblé, concret
ActivitéTâches précises et opérationnelles pour mener une actionTrès concret, court terme
ProjetEntreprise temporaire et unique avec objectifs, budget, acteurs et duréeDélimité, spécifique

Évaluation vs suivi-évaluation (S&E)

AspectÉvaluationSuivi-évaluation (S&E)
FinalitéApprécier systématiquement et objectivement la conception, la mise en œuvre et les résultats pour éclairer la décision et améliorerAssurer une intervention continue avec indications rapides de progrès/absence de progrès et capitaliser l’expérience
MomentEn cours ou achevé (peut être ex ante / in itinere / ex post)Continu durant le projet et périodique après le projet
CentragePertinence, efficacité, efficience, impact, durabilitéApports, activités, produits et réalisations à court terme (selon la définition donnée)
ActeursPeut être interne ou externeInterne (mené par les personnes chargées de l’exécution) ou selon les dispositifs S&E décrits

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre politique générale et politique publique : la première fixe une vision/priorités, la seconde traduit en actions sectorielles mesurables.
  2. Inverser la chaîne Politique → Programme → Action → Projet → Activité : l’activité est le niveau le plus concret et court terme.
  3. Croire que l’évaluation se limite à mesurer des résultats : elle vise aussi à juger (pertinence, cohérence, etc.) et à éclairer la décision.
  4. Mélanger évaluation d’impact et évaluation de processus : l’impact cherche la causalité/effets, le processus décrit la mise en œuvre et ses blocages.
  5. Confondre triangulation et méthodes mixtes : la triangulation croise pour valider un même phénomène, tandis que les méthodes mixtes combinent des approches pour produire une vision intégrée.
  6. Penser que top-down et bottom-up sont exclusifs : le cours insiste sur des modèles interactifs et des combinaisons dans la pratique.
  7. Oublier la logique de la matrice du cadre logique : verticale = causalité/hypothèses, horizontale = indicateurs/sources de vérification.

Checklist Examen

  1. Expliquer les finalités de l’analyse et de l’évaluation des politiques publiques et les objectifs du cours (acteurs, recommandations, méthodes, conduite d’une évaluation).
  2. Définir politique publique, programme, action, activité et projet, puis justifier la hiérarchie de niveaux et donner un exemple complet du cours.
  3. Présenter la genèse de l’analyse des politiques publiques en phases (années 1950-1960, années 1970, années 1980-1990, années 2000) et ses idées clés (rationalité, cycle, diversification).
  4. Présenter la genèse de l’évaluation (Scriven 1996, États-Unis/OCDE, puis États-providence, NPM, gouvernance mondiale) et relier au contexte marocain (logique contrôle avant 2000, impulsions puis Constitution 2011).
  5. Distinguer les dimensions conceptuelles (polity/politic/policies) et les caractéristiques des politiques publiques (intérêt général, acteurs publics, normatif, cycle, multidimensionnel, temporalité, conflictuel).
  6. Classer une politique selon politique générale vs politique sectorielle vs politique publique, et selon typologies (régulatoire/constitutive/distributive/redistributive/symbolique et instruments incitatifs/contraignants/
  7. Expliquer les théories des politiques publiques et des acteurs vues au cours (modèles rationnel/incrémental, pluralisme/élitisme, ACF, PET, Multiple Streams, réseaux/gouvernance, nudge).
  8. Décrire les acteurs du cycle : institutions politiques, administration publique, institutions de contrôle/régulation, société civile, secteur privé, et préciser leurs rôles dans la gouvernance.
  9. Décrire le cycle des politiques publiques (problématisation, mise à l’agenda, programmation, mise en œuvre, évaluation) et les étapes de la problématisation et de la mise à l’agenda (fenêtre d’opportunité, modèles).
  10. Expliquer la mise en œuvre : définition, instruments prescriptifs vs persuasifs/incitatifs, formes (administrative, partenariale, décentralisée, contractuelle, délégation, participative) et modèles top-down/bottom-up.
  11. Distinguer évaluation, suivi-évaluation (S&E) et audit de performance, puis citer les finalités et normes d’évaluation (pertinence/utilité, rigueur, éthique, faisabilité, crédibilité, participation).
  12. Maîtriser les outils conceptuels : théorie du changement (impact/effets/résultats/activités/ressources/hypothèses/indicateurs), cadre logique (hiérarchie verticale/horizontale, matrice 4x4), chaîne des résultats (inputs→
  13. Expliquer les méthodes d’évaluation (qualitatives, quantitatives, mixtes, triangulation, participatives) et donner au moins une limite/atout pour chaque famille.
  14. Présenter les instances d’évaluation au Maroc : contrôle politique (Parlement, commissions, articles constitutionnels), contrôle juridictionnel (Cour des comptes, modalités), contrôle administratif (IGF/IGAT/IGM, dahir/é

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Analyse des politiques publiques — définition ?

Étude de la conception, mise en œuvre et compréhension des décisions publiques.

Évaluation — objectif ?

Jugement de la valeur d’une politique pour l’améliorer.

Cycle des politiques publiques — étapes ?

Problématisation, mise à l’agenda, programmation, mise en œuvre, évaluation.

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