Fiche de révision : Introduction à l'art brut et ses acteurs

Plan du Cours

  1. Genèse et installation de la Collection de l’art brut
  2. Définitions successives de l’art brut par Dubuffet
  3. Fascicules de l’art brut et monographies de créateurs
  4. Aloïse Corbaz : biographie et caractéristiques de l’œuvre
  5. Raphaël Lonné : spiritisme et dessin autodidacte
  6. Confusions avec folk art et art outsider
  7. Michel Thévoz et l’élargissement vers l’art hors-normes
  8. Art singulier et La Fabuloserie d’Alain Bourbonnais
  9. Institutions et lieux majeurs de l’art brut
  10. Johann Hauser et August Walla à Gugging

1. Genèse et installation de la Collection de l’art brut

Notions clés & Définitions

  • Jean Dubuffet : Artiste qui constitue une collection d’œuvres dites d’art brut à partir de créateurs rencontrés hors des circuits artistiques.
  • Compagnie de l’art brut : Structure chargée d’administrer la collection d’art brut à Paris, associée un temps à André Breton.
  • Collection de l’art brut : Ensemble d’œuvres d’art brut, finalement hébergé à Lausanne en 1975 sous cette appellation.
  • Art brut : Catégorie d’œuvres définie par Dubuffet comme une création spontanée, peu dépendante des modèles culturels et portée par des auteurs non formés aux arts.

Points essentiels

  • Dubuffet parcourt des asiles psychiatriques en Suisse et en France puis intègre des créateurs isolés et des figures dites « médiumniques » à sa collection.
  • La collection est administrée par la Compagnie de l’art brut à Paris, avec une association temporaire d’André Breton.
  • Après des péripéties, la collection est hébergée à Lausanne en 1975 et y demeure sous le nom « Collection de l’art brut ».
  • Dubuffet redéfinit l’art brut en le distinguant d’autres catégories comme l’art populaire, l’art naïf et les dessins d’enfants.
  • Définition de 1949 : œuvres réalisées par des personnes indemnes de culture artistique, où le mimétisme a peu ou pas de place et où l’auteur tire tout de son propre fond.
  • Définition de 1949 : l’art brut est une invention « brute » réinventée par l’auteur à partir de ses impulsions, sans fonctions de caméléon ou de singe liées à l’art culturel (formulation du manifeste).

Astuce mémo

Asiles → Compagnie → Lausanne 1975 : Dubuffet construit l’art brut hors culture artistique.

2. Définitions successives de l’art brut par Dubuffet

Notions clés & Définitions

  • Art brut : L’art brut désigne des productions créées hors des normes de l’art “coutumier”, portées par une inventivité spontanée et souvent par des auteurs éloignés des milieux professionnels.
  • Notice sur la Compagnie de l’art brut : La Notice sur la Compagnie de l’art brut est un texte de 1963 où Dubuffet décrit des œuvres marquées par la spontanéité et l’écart aux poncifs culturels.
  • Fascicule de l’art brut numéro 134 : Le fascicule n°134 précise une définition centrée sur des auteurs étrangers aux milieux intellectuels, souvent sans éducation artistique, dont l’invention reste spontanée.
  • Collection de fascicules l’Art Brut : La Collection de fascicules l’Art Brut regroupe des monographies de créateurs d’art brut et sert de référence internationale pour informer et nourrir la réflexion.

Points essentiels

  • Dubuffet associe l’art brut à un caractère spontané et fortement inventif, avec une dépendance minimale aux formes et idées de l’art établi.
  • Les auteurs visés sont des personnes obscures ou étrangères aux milieux artistiques professionnels.
  • Dans le fascicule n°134, Dubuffet insiste sur des auteurs étrangers aux milieux intellectuels, le plus souvent sans éducation artistique.
  • Le fascicule n°134 affirme que l’invention s’exerce sans altérer la spontanéité par des influences extérieures.
  • La collection de fascicules est initiée en 1964 par Dubuffet.
  • Dubuffet donne sa collection à la Ville de Lausanne en 1971, après l’avoir initiée et conceptualisée.

Astuce mémo

Spontanéité + éloignement des milieux : “obscurs/étrangers” (Notice 1963) puis “sans éducation artistique” (Fascicule 134).

3. Fascicules de l’art brut et monographies de créateurs

Notions clés & Définitions

  • Aloïse Corbaz : Aloïse Corbaz est une créatrice d’art brut dont l’œuvre est marquée par une idéalisation romantique du couple et une production continue jusqu’à sa mort.
  • Fascicules d’art brut : Les fascicules d’art brut sont des recueils qui présentent des œuvres sans établir de hiérarchie entre les créateurs.
  • Jacqueline Porret-Forel : Jacqueline Porret-Forel est une médecin qui s’est intéressée à la production d’Aloïse Corbaz et lui a consacré une thèse.
  • Raphaël Lonné : Raphaël Lonné est un peintre autodidacte français dont la première production naît d’une séance de spiritisme improvisée.
  • Raphaël Lonné : Raphaël Lonné est un peintre autodidacte français dont la première production naît d’une séance de spiritisme improvisée.

Points essentiels

  • Toute l’œuvre d’Aloïse Corbaz est décrite comme une idéalisation romantique du couple.
  • Ses dessins utilisent des crayons de couleur sur de grands papiers de récupération cousus ensemble, souvent employés sur les deux faces.
  • Les personnages d’Aloïse sont reconnaissables à leur regard vide, généralement bleu, et à des lèvres épaisses surmontant des poitrines figurées comme des bouquets de roses.
  • Après 1949, ses œuvres deviennent des suites de scènes théâtrales, certaines atteignant 14 mètres et parfois réalisées recto verso.
  • La production d’Aloïse est considérée comme exceptionnelle à partir de 1936, puis étudiée par Jacqueline Porret-Forel via une thèse de fin d’étude.
  • Aloïse Corbaz cesse de créer jusqu’à sa mort en 1964, et ses œuvres sont ensuite présentées en 2024 à la Biennale de Venise sous le commissariat d’Adriano Pedrosa.

Astuce mémo

Regard bleu masque + bouquets de roses : après 1949, ça devient du théâtre en longues suites (jusqu’à 14 m).

4. Aloïse Corbaz : biographie et caractéristiques de l’œuvre

Notions clés & Définitions

  • Aloïse Corbaz : Artiste associée à l’art brut, connue pour des productions spontanées et singulières.
  • Art brut : Courant artistique regroupant des créateurs en marge des circuits classiques, dont les œuvres sont souvent issues d’une pratique personnelle et non académique.
  • Spiritisme : Pratique visant à entrer en contact avec des messages ou des esprits, ici liée à l’origine de certaines productions dessinées.
  • Jean Dubuffet : Découvreur et promoteur de l’art brut, dont les définitions ont influencé la manière de classer ces artistes.
  • Folk art : Catégorie de l’art populaire au sens américain, distincte de la terminologie utilisée en France.

Points essentiels

  • La première production dessinée est datée de 1950, née pendant une séance de spiritisme improvisée chez des amis.
  • Le dessin démarre avec un crayon et une feuille, dans l’idée de recevoir des messages de l’au-delà.
  • Après cette séance, aucune autre séance n’a lieu, mais l’artiste continue de dessiner le soir en cherchant à se mettre en contact avec des esprits.
  • Les œuvres sont décrites comme des tracés fins, faits de courbes et d’arabesques, avec une légèreté proche de l’allégresse.
  • Des formes récurrentes apparaissent sans que l’artiste sache les nommer clairement : femmes, animaux, têtes de chiens, oiseaux.
  • En 1963, Jean Dubuffet découvre l’artiste, et elle refuse de vendre ses œuvres pour ne pas en tirer profit.

Astuce mémo

Spiritisme → 1950 → crayon qui « griffonne » → formes d’animaux et de femmes.

5. Raphaël Lonné : spiritisme et dessin autodidacte

Notions clés & Définitions

  • Raphaël Lonné : Personnalité évoquée dans le cadre d’un lien entre spiritisme et pratique du dessin autodidacte.
  • Spiritisme : Courant lié à des phénomènes considérés comme relevant du surnaturel, étudié ici comme objet de réflexion artistique et culturelle.
  • Dessin autodidacte : Pratique de dessin apprise sans formation officielle, associée à une démarche personnelle et non institutionnelle.
  • Art brut : Domaine artistique centré sur des productions hors des cadres établis, dont la définition a été élargie par des auteurs et conservateurs.
  • Michel Thévoz : Historien de l’art et conservateur lausannois qui a créé et dirigé la Collection de l’Art Brut à Lausanne.

Points essentiels

  • Le texte situe Michel Thévoz comme conservateur et enseignant, né à Lausanne le 15 juillet 1936.
  • Michel Thévoz est licencié en lettres à l’université de Lausanne et diplômé de l’École du Louvre à Paris.
  • De 1955 à 1975, Michel Thévoz est conservateur au musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne.
  • En 1976, Jean Dubuffet confie sa collection à Michel Thévoz, qui crée la Collection de l’Art Brut à Lausanne et la dirige jusqu’à sa retraite en 2001.
  • Michel Thévoz publie des travaux sur des artistes comme Louis Soutter et Jean Dubuffet, et s’intéresse à des phénomènes « borderline » (dont le spiritisme).
  • Le texte mentionne que Dubuffet a élargi la définition de l’art brut avec des termes successifs liés à des œuvres « presque brutes », puis « pas tout à fait brut », avant de choisir « Neuve invention ».

Astuce mémo

Thévoz = « art brut » + sujets borderline (dont spiritisme) ; Lonné = spiritisme + dessin sans école.

6. Confusions avec folk art et art outsider

Notions clés & Définitions

  • Art brut : L’art brut désigne des productions singulières réalisées par des autodidactes, avec une logique propre et peu liée aux circuits artistiques classiques.
  • Art hors-les-normes : L’art hors-les-normes regroupe des œuvres marginales qui s’écartent des règles et des attentes établies dans le champ artistique.
  • Art singulier : L’art singulier est un terme créé pour qualifier des pratiques artistiques à part, dont la reconnaissance s’est accélérée à partir de la fin des années 1970.
  • La Fabuloserie : La Fabuloserie est un lieu conçu par Alain Bourbonnais à Dicy pour abriter sa collection d’art hors-les-normes.
  • Atelier Jacob : L’Atelier Jacob est l’espace ouvert par Alain Bourbonnais à partir de 1972 pour présenter et développer sa collection d’artistes marginaux.

Points essentiels

  • Jean Dubuffet défend l’idée que le « vrai art » se dérobe quand on le reconnaît et le nomme publiquement.
  • En 1971, Alain Bourbonnais crée sa collection d’artistes marginaux et rencontre Dubuffet la même année.
  • En 1972, Bourbonnais ouvre l’Atelier Jacob et fait émerger deux termes : « art hors-les-normes » puis « singulier ».
  • L’exposition « Les Singuliers de l’Art » au musée d’Art moderne de Paris (19 janvier–5 mars 1978) contribue à faire connaître plusieurs catégories proches : habitants paysagistes, art hors-les-normes, art brut et marges.
  • La collection Bourbonnais s’installe définitivement à Dicy en 1983 sous le nom de La Fabuloserie, conçue pour abriter l’art hors-les-normes.
  • Dubuffet suggère à Bourbonnais de réserver le terme « art brut » à sa collection, et l’expression « art hors-les-normes » renvoie à des productions insolites d’autodidactes.

Astuce mémo

Dubuffet = « l’art fuit quand on le nomme » ; Bourbonnais = « lieux et termes pour classer sans confondre ».

7. Michel Thévoz et l’élargissement vers l’art hors-normes

Notions clés & Définitions

  • Michel Thévoz : Michel Thévoz est un auteur associé à la mise en lumière de formes d’art hors-normes.
  • Émile Ratier : Émile Ratier est un créateur dont l’œuvre mécanique et musicale naît d’une transformation progressive du handicap visuel.
  • Art brut : L’art brut désigne des productions réalisées hors des circuits artistiques ordinaires, souvent portées par des trajectoires singulières.
  • Association l’Aracine : L’Association l’Aracine est une structure créée en 1982 qui rassemble une collection d’art brut et la donne à l’État.
  • Maison des Artistes de Gugging : La Maison des Artistes de Gugging est un lieu initié en 1981 où des artistes issus d’un cadre psychiatrique sont encouragés à créer.

Points essentiels

  • Émile Ratier perd progressivement la vue à partir de 1960, puis transforme ce handicap en constructions ingénieuses.
  • Ses œuvres assemblent des morceaux de bois pour former chariots, tours Eiffel, moulins, manèges, boîtes à musique ou horloges.
  • Les constructions sont conçues pour être touchées et écoutées, avec des manivelles qui actionnent animaux, cloches, balançoires et mécanismes sonores.
  • L’Association l’Aracine est créée en 1982 par Madeleine Lommel et réunit plusieurs milliers d’œuvres d’art brut.
  • L’association fait don à l’État en échange de la construction d’un musée, qui devient en 1999 un musée d’Art moderne, contemporain et d’Art brut.
  • La Maison des Artistes de Gugging est initiée en 1981 par le Dr Navratil en marge d’un hôpital psychiatrique et révèle des artistes comme Johann Hauser et August Walla.

Astuce mémo

Ratier = « manivelle qui fait chanter » ; Aracine = « don contre musée » ; Gugging = « dessin encouragé par le Dr Navratil ».

8. Art singulier et La Fabuloserie d’Alain Bourbonnais

Notions clés & Définitions

  • Art singulier : Courant d’art où des créateurs produisent des œuvres très personnelles, souvent hors des normes académiques, avec une forte puissance imaginative.
  • La Fabuloserie : Ensemble d’œuvres et d’univers visuels relevant de l’imaginaire, où des formes et récits fantasmés structurent la création.
  • Alain Bourbonnais : Artiste associé à la Fabuloserie, dont l’univers met en scène des images fantasmées et des compositions singulières.
  • Johann : Créateur évoqué pour ses images envahies par des détails (cheveux, animaux, objets) et ses moments d’épure (carré vide, gouttes de pluie).
  • August Walla : Artiste d’art singulier né en Autriche, interné en psychiatrie, devenu pensionnaire à Gugging et auteur de dessins et d’écrits.

Points essentiels

  • Les images peuvent être submergées par des détails envahissants, comme des cheveux recouvrant presque toute la feuille et plongeant le regardeur dans un univers dense.
  • Johann alterne entre saturation et dépouillement, par exemple en utilisant parfois un carré vide ou quelques gouttes de pluie.
  • Des éléments figuratifs récurrents participent à l’univers fantasmé de Johann, notamment avions, bateaux, voitures, obus et serpents.
  • Le papier utilisé est gaufré par le passage du crayon, ce qui crée un relief et renforce l’impression de genèse de l’œuvre.
  • Hauser, rêvant d’être gendarme et d’épouser une tyrolienne, est devenu un classique de la Maison des Artistes de Gugging, avec une création reconnue parmi les plus grandes collections d’art brut.
  • August Walla (1936-2001) a vécu une relation fusionnelle avec sa mère, a imaginé longtemps qu’Hitler était son père, et a été diagnostiqué schizophrène après une hospitalisation à seize ans.

Astuce mémo

Saturation vs épure : Johann remplit la feuille puis la vide (cheveux → carré vide/gouttes).

9. Institutions et lieux majeurs de l’art brut

Notions clés & Définitions

  • Hôpital psychiatrique : Lieu institutionnel où l’art brut a été historiquement produit, notamment par des personnes internées.
  • Gugging : Institution autrichienne devenue un cas notable où l’art brut continue d’être repéré malgré la baisse en hôpitaux.
  • Neuve Invention : Catégorie qui regroupe des pratiques proches de l’art brut mais ne correspondant pas exactement à la définition du créateur.
  • Halle Saint-Pierre : Lieu d’exposition parisien où Michel Thévoz explique le déplacement du champ de l’art brut en 1995.
  • Raw Vision : Revue anglaise spécialisée qui contribue à donner une ampleur internationale au mouvement.

Points essentiels

  • Walla associe étroitement écriture et dessin, jusqu’à recouvrir murs et espaces extérieurs, puis photographier ses messages avec une caméra peinte en vert.
  • August Walla est présenté comme un « classique » de l’art brut depuis près de 25 ans et figure dans des collections publiques et privées importantes.
  • Dubuffet et Michel Thévoz font entrer dans « Neuve Invention » des auteurs qui ne rentrent pas strictement dans la définition de l’art brut, comme Gaston Chaissac ou Louis Soutter.
  • En 1995, à la Halle Saint-Pierre, Thévoz explique que l’art brut se trouve moins dans les hôpitaux psychiatriques, sauf à Gugging, et qu’il se déplace vers d’autres exclus ou vers de nouveaux « ghettos ».
  • Thévoz relie ce déplacement à l’essor d’un art parallèle nommé « Neuve Invention » (aussi appelé Outsider art, art déraciné, hors-normes, etc.).
  • En 1995, la revue anglaise Raw Vision donne une portée internationale au mouvement désigné alors sous le terme d’Outsider Art.

Astuce mémo

Hôpitaux → sauf Gugging ; le reste glisse vers « Neuve Invention » puis Outsider Art, amplifié par Raw Vision.

10. Johann Hauser et August Walla à Gugging

Notions clés & Définitions

  • Raw Vision : Revue anglaise spécialisée qui donne au mouvement une portée internationale en le désignant alors comme Outsider Art.
  • Outsider Art : Terme utilisé pour désigner le mouvement d’art hors normes, popularisé à l’échelle internationale par des revues spécialisées.
  • Gazogène : Revue française consacrée à l’art brut et aux artistes singuliers, présentés comme hors-normes ou outsiders.
  • abcd (art brut connaissance & diffusion) : Association dédiée à la diffusion de l’art brut, appuyée sur une collection de plus de 4 000 œuvres.
  • christian berst art brut : Galerie spécialisée en art brut ouverte à Paris par Christian Berst, puis étendue à New York.

Points essentiels

  • Raw Vision paraît la même année que l’ampleur internationale du mouvement, en contribuant à fixer le terme Outsider Art.
  • En 1991, la revue française Gazogène lance une publication centrée sur l’art brut et des artistes singuliers hors-normes.
  • En 1999, l’association abcd est créée pour diffuser l’art brut à partir d’une collection de plus de 4 000 œuvres.
  • En 2005, Christian Berst ouvre à Paris une première galerie spécialisée, d’abord nommée Objet Trouvé.
  • La galerie de Christian Berst change de nom en christian berst art brut et ouvre ensuite un deuxième espace à New York.
  • Jean Dubuffet expose des œuvres de Gaston Chaissac dès 1948 avec le Foyer de l’art brut, puis le classe en 1982 dans sa « collection annexe ».

Astuce mémo

Raw Vision → « outsider » à l’international ; Gazogène → « singuliers » en France ; abcd → diffusion via collection >4 000 ; Berst → galerie d’abord Objet Trouvé puis christian berst art brut (Paris puis New York).

Repères chronologiques

DateÉvénement
1949Première définition de l’art brut (manifeste de Dubuffet)
1963Notice sur la Compagnie de l’art brut : élargissement de la définition de l’art brut
1964Initiation de la Collection de fascicules l’Art Brut par Dubuffet
1971Don de la collection à la Ville de Lausanne
1975Hébergement de la collection à Lausanne sous l’appellation « Collection de l’art brut »
1978Exposition « Les Singuliers de l’Art » au musée d’Art moderne de Paris (19 janvier–5 mars 1978)
1981Initiation de la Maison des Artistes de Gugging (Dr Navratil)
1982Création de l’Association l’Aracine (Madeleine Lommel)
1991Parution du premier numéro de la revue française Gazogène
1995Halle Saint-Pierre : déplacement du champ de l’art brut expliqué par Michel Thévoz ; Raw Vision donne une ampleur internationale à Outsider Art

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre les définitions successives de Dubuffet : 1949 insiste sur l’absence de mimétisme et l’invention « brute », 1963 ajoute le caractère spontané et des auteurs obscurs/étrangers, 134 ajoute l’absence d’éducation/é
  2. Croire que « folk art » existe en France sous ce terme : le cours précise que c’est une définition américaine, et qu’il ne faut pas l’importer tel quel.
  3. Mélanger « art brut » et « Neuve Invention » : Thévoz explique que l’art brut se déplace (sauf Gugging) et que « Neuve Invention » désigne des œuvres proches mais pas strictement dans la définition du créateur d’art brut
  4. Penser que l’art brut se limite aux hôpitaux psychiatriques : le cours indique que, sauf Gugging, il se déplace vers d’autres exclus et de nouveaux « ghettos ».
  5. Oublier que la Collection de l’art brut est administrée à Paris par la Compagnie de l’art brut (avec André Breton associé un temps) avant d’être hébergée à Lausanne en 1975.
  6. Confondre les lieux/acteurs : Gugging (Dr Navratil, 1981) n’est pas La Fabuloserie (Dicy, 1983) ni l’Aracine (don à l’État contre un musée).
  7. Se tromper sur la chronologie d’Aloïse Corbaz : elle cesse de créer jusqu’à sa mort en 1964, et ses suites théâtrales deviennent marquantes après 1949.

Checklist Examen

  1. Situer la genèse de la collection : asiles (Suisse/France), Compagnie de l’art brut à Paris (André Breton associé un temps), puis hébergement à Lausanne en 1975 sous « Collection de l’art brut ».
  2. Réciter les critères de la définition de 1949 : personnes indemnes de culture artistique, mimétisme peu ou pas présent, invention réinventée par l’auteur à partir de ses impulsions, fonction d’invention seule (pas camélé
  3. Expliquer l’élargissement de 1963 : productions diverses, caractère spontané et fortement inventif, dépendance minimale aux poncifs culturels, auteurs obscurs ou étrangers aux milieux artistiques professionnels.
  4. Donner la définition du Fascicule n°134 : auteurs étrangers aux milieux intellectuels, le plus souvent indemnes d’éducation artistique, invention sans incidence altérant la spontanéité.
  5. Citer les dates-clés de la collection de fascicules : initiation en 1964, don à Lausanne en 1971, et rôle international des monographies.
  6. Décrire l’œuvre d’Aloïse Corbaz : idéalisation romantique du couple, crayons de couleur sur grands papiers de récupération cousus (souvent recto verso), regard vide bleu, lèvres épaisses et bouquets de roses.
  7. Expliquer l’évolution d’Aloïse après 1949 : compositions plus complexes en suites de scènes théâtrales pouvant atteindre 14 mètres, parfois recto verso.
  8. Retenir les repères biographiques d’Aloïse : naissance à Lausanne en 1886, internement en 1918 (Cery) puis 1920 (Rosière à Gimel) jusqu’à sa mort en 1964.
  9. Identifier Raphaël Lonné : peintre autodidacte, première production en 1950 lors d’une séance de spiritisme improvisée, puis dessin le soir sans nouvelle séance.
  10. Décrire le lien spiritisme/dessin chez Lonné : crayon et feuille pour recevoir des messages, « griffonner » comme foudre, courbes/arabesques, formes récurrentes (femmes, animaux, têtes de chiens, oiseaux).
  11. Expliquer la logique de confusion et de correction : critiques amalgamant des exclus (1880-1960), risque d’inviter des outsiders ou du folk art ; rappeler que le folk art est une définition américaine.
  12. Présenter Michel Thévoz : né le 15 juillet 1936, conservateur à Lausanne de 1955 à 1975, reçoit la collection en 1976, dirige jusqu’à 2001, et élargit le champ vers « Neuve invention » (art hors-les-normes).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à l'art brut et ses acteurs avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel enchaînement décrit correctement la genèse et l’installation de la Collection de l’art brut ?

2. Quelle formule correspond le mieux à la définition de 1949 de l’art brut chez Dubuffet ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à l'art brut et ses acteurs avec 20 flashcards interactives.

Collection de l’art brut — origine ?

Créée par Dubuffet à partir de créateurs hors circuits artistiques.

Dubuffet — définition 1949 ?

Œuvres spontanées, peu dépendantes du modèle culturel, sans mimétisme.

Compagnie de l’art brut — rôle ?

Gère la collection d’art brut à Paris, associée à Breton.

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