Fiche de révision : Introduction au développement humain

Plan du Cours

  1. Psychologie du développement
  2. Notions du moi
  3. Développement de l'enfant
  4. Théories du développement
  5. Stades de Piaget
  6. Fonctions cognitives
  7. Difficultés infantiles
  8. Histoire de l'enfance
  9. Neurosciences et développement

1. Psychologie du développement

Notions clés & Définitions

  • Psychologie : Science qui étudie le comportement et le psychisme de l’être humain, en s’intéressant aux états mentaux inobservables mais à l’origine des comportements et actes (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).
  • Psychisme : Ensemble des états mentaux, tels que croyances, idéologies, productions mentales, qui ne sont pas directement observables mais influencent fortement le comportement (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).
  • Théorie orthogénétique : Approche qui étudie la direction du développement en mettant en évidence la progression ordonnée et structurée des stades, notamment selon Freud et Piaget, où chaque stade organise le suivant (Freud, 1905 ; Piaget, 1896-1980).
  • Théories épigénétiques : Approches qui insistent sur l’impact des interactions sociales et de l’environnement dans la formation des processus psychologiques, avec des figures comme Wallon et Vygotsky (Wallon, 1879-1962 ; Vygotsky, 1896-1934).
  • Maturation : Processus biologique et neurologique naturel qui permet le développement des capacités psychologiques, notamment la croissance du système nerveux, influençant le développement cognitif et affectif (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

Points essentiels

  • La psychologie du développement étudie la transformation des comportements et du psychisme tout au long de la vie, de l’enfance à l’âge adulte, en insistant sur la plasticité du cerveau et des états mentaux (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).
  • Le psychisme, constitué d’états mentaux inobservables, est à la base des comportements, ce qui pousse la psychologie à analyser le lien entre activités mentales et actes observables.
  • Les principales approches théoriques sont celles des théories orthogénétiques, qui décrivent une évolution structurée et progressive, et des théories épigénétiques, qui mettent en avant l’impact des interactions sociales et de l’environnement dans le développement psychologique (Freud, 1905 ; Piaget, 1896-1980 ; Wallon, 1879-1962 ; Vygotsky, 1896-1934).
  • Le rôle du psychologue du développement est d’accueillir, analyser, diagnostiquer et accompagner les enfants et adolescents, en tenant compte des différences individuelles et des facteurs sociaux et environnementaux.
  • Parmi les difficultés prédominantes en psychologie du développement, on trouve les problèmes de langage (insécurité linguistique), d’attention, les troubles du comportement (hyperactivité, agressivité), et les difficultés d’accès aux apprentissages (échec scolaire, phobie scolaire).
  • La notion de moi, en psychologie du développement, se construit dans l’interaction avec l’autre, à partir de la conscience corporelle et sociale, et évolue tout au long de la vie dans différents contextes (psychologie clinique, sociale, cognitive).

À retenir

La psychologie du développement explore comment le psychisme et les comportements évoluent tout au long de la vie, en insistant sur l’interaction entre maturation biologique, expériences sociales et construction de l’identité.

2. Notions du moi

Notions clés & Définitions

  • Construction dans l'altérité (psychologie du développement) : Processus par lequel le moi se construit à travers les interactions sociales, en intégrant la perception de soi dans un contexte relationnel avec autrui, permettant au sujet de se reconnaître comme un être distinct tout en étant lié à l'autre. AUTEUR (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017) : le moi se développe dans la relation à l'autre, notamment par le biais des interactions sociales.

  • Formalité identitaire (psychologie clinique) : Ensemble des représentations et des processus qui définissent l’individualité et l’unicité d’une personne, tout en étant sujet à une évolution dynamique. Elle concerne la manière dont l’individu construit, maintient ou modifie son identité face aux expériences et aux transformations personnelles. AUTEUR (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017) : l’identité est une formalité évolutive, façonnée par l’histoire personnelle et les interactions.

  • Difficultés psychiques et réintégration du moi (psychopathologie) : Ensemble des troubles qui entravent la stabilité ou la cohérence du moi, souvent liés à des traumatismes, des maladies ou des substances, nécessitant un processus de réintégration pour retrouver une identité fonctionnelle et moins souffrante. AUTEUR (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017) : la réintégration du moi vise à restaurer l’unité psychique après des perturbations.

  • Construction des connaissances (psychologie cognitive) : Processus par lequel le moi construit, organise et actualise ses représentations mentales du monde, permettant de donner sens aux expériences et d’adapter ses comportements. Ce processus repose sur l’intégration de nouvelles informations dans un cadre cognitif structuré. AUTEUR (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017) : le moi construit ses connaissances à partir de l’expérience et de l’interprétation.

  • Fonctionnement cérébral (neuropsychologie) : Organisation et interaction des structures cérébrales qui sous-tendent les processus du moi, notamment la conscience de soi, la mémoire, l’attention, et l’émotion. La santé ou la pathologie de ces structures influence directement la construction et la stabilité du moi. AUTEUR (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017) : le fonctionnement cérébral est la base physiologique du moi.

Points essentiels

  • Le moi en psychologie du développement se construit dans l’altérité, notamment par les interactions sociales qui permettent à l’enfant de se percevoir comme un être distinct, doté d’un corps et d’une identité propre. La relation à l’autre est fondamentale pour la conscience de soi.
  • En psychologie clinique, le moi est considéré comme une formalité identitaire, évolutive, qui se façonne au fil des expériences, des crises et des processus thérapeutiques. La stabilité du moi dépend de la capacité à intégrer les événements et à maintenir une cohérence interne.
  • La psychopathologie met en évidence que des difficultés psychiques (traumatismes, maladies, substances) peuvent fragiliser ou déstructurer le moi. La réintégration du moi vise à restaurer cette unité, en permettant à la personne de retrouver une identité moins souffrante et plus cohérente.
  • La psychologie cognitive insiste sur la construction des connaissances comme un processus actif du moi, qui organise et actualise ses représentations du monde pour s’adapter aux expériences. La qualité de cette construction influence la perception de soi et la capacité d’apprentissage.
  • La neuropsychologie montre que le fonctionnement du cerveau, notamment les régions liées à la conscience de soi, la mémoire et l’émotion, constitue la base physiologique du moi. Toute perturbation de ces structures peut entraîner des troubles de l’identité ou de la conscience de soi.

À retenir

Le moi se construit à travers l’interaction sociale, l’expérience personnelle et le fonctionnement cérébral, constituant une entité dynamique, évolutive et multifacette, essentielle à l’identité et au bien-être psychique.

3. Développement de l'enfant

Notions clés & Définitions

  • Embryon : Stade du développement humain allant de la fécondation jusqu’à 3 mois de gestation, caractérisé par la formation des principaux organes et structures du corps.
  • Fœtus : Période de développement s’étendant de 3 mois de gestation jusqu’à la naissance, durant laquelle les organes se développent et se préparent à la vie extra-utérine.
  • Nouveau-né : Enfant de la naissance jusqu’à 1 mois, période durant laquelle l’adaptation à l’environnement extérieur commence.
  • Nourrisson : Enfant jusqu’à 2 ans, très dépendant de l’entourage familial, avec un développement rapide des capacités motrices et sensorielles.
  • Jeune enfant : Enfant de 2 à 5 ans, période d’acquisition du langage, de la motricité fine, et de la socialisation initiale.
  • Enfant : Enfant de 5 à 10 ans, phase où se consolident les apprentissages scolaires, la conscience de soi et la socialisation plus structurée.

Points essentiels

  • La terminologie de l’enfance évolue selon l’âge : de l’embryon (jusqu’à 3 mois de gestation) au jeune enfant (2-5 ans), chaque étape correspondant à des développements physiologiques et psychologiques spécifiques.
  • La place de l’enfant dans la société occidentale a considérablement changé depuis le Moyen Âge, où il était considéré comme un adulte en miniature, jusqu’au 19ème siècle avec la reconnaissance progressive de l’enfance comme période distincte (découverte de Rousseau, lois Jules Ferry de 1882).
  • La période de l’adolescence, entre 10 et 25 ans, est marquée par une croissance physiologique forte (puberté) et un développement émotionnel intense, avec un déséquilibre temporaire entre cognition et émotions. La maturation cérébrale continue jusqu’à 25 ans, influençant la régulation émotionnelle et la prise de décision (Guerini).
  • Le rôle des interactions sociales et de l’entourage familial est crucial dans le développement de l’enfant, notamment dans la construction du moi, l’acquisition du langage, et la socialisation. Les interactions sociales permettent au bébé de construire sa conscience de soi et de son corps, selon la perspective de la psychologie du développement.

À retenir

L’enfance est une période clé de développement, dont la compréhension a évolué historiquement et scientifiquement, et qui repose sur des étapes physiologiques et psychologiques spécifiques, fortement influencées par l’environnement social et familial.

4. Théories du développement

Notions clés & Définitions

  • Théories orthogénétiques : Approches qui étudient la direction du développement en mettant l’accent sur la progression ordonnée et structurée des capacités psychologiques. Selon Freud (1856-1939), cette théorie inclut la notion d'évolution libidinale à travers des stades (oral, anal, phallique, latence, génital). Piaget (1896-1980) propose la notion de stades de développement cognitif (sensorimoteur, pré-opératoire, opératoire concret, formel), soulignant la progression structurée de l’intelligence de l’enfance à l’adolescence.

  • Théories épigénétiques (socio-constructivistes) : Approches qui insistent sur l’impact des interactions sociales et de l’environnement dans la formation des processus psychologiques. Wallon (1879-1962) insiste sur le rôle de l’effet social dans le développement, tandis que Vygotsky (1896-1934) met en avant la notion de stades moins fixes, où le développement résulte principalement des interactions sociales et éducatives.

  • Concept d'évolution libidinale selon Freud : Théorie selon laquelle le développement psychique de l’enfant suit une progression à travers des stades liés à la satisfaction des pulsions libidinales (oral, anal, phallique, latence, génital), chaque stade étant associé à une zone érogène spécifique et à des enjeux de maturité affective.

  • Concept d'évolution de l'intelligence selon Piaget : Théorie qui décrit la croissance cognitive à travers des stades successifs, où chaque stade représente une structure mentale plus complexe et intégrée, permettant à l’enfant de mieux comprendre et manipuler son environnement.

  • Impact des interactions sociales sur le développement psychologique : Notion centrale dans les théories socio-constructivistes, soulignant que le développement cognitif et affectif est fortement influencé par les échanges avec les autres, notamment dans le cadre de l’éducation et des relations sociales.

Points essentiels

  • Les théories orthogénétiques (Freud, Piaget) se concentrent sur la direction et la structuration du développement, avec une progression ordonnée et souvent stades fixes, permettant d’identifier des étapes clés dans la croissance psychologique. Freud insiste sur l’évolution libidinale, tandis que Piaget met en avant la construction progressive de l’intelligence via des stades.

  • Les théories épigénétiques (Wallon, Vygotsky) mettent en avant l’importance des facteurs sociaux et environnementaux dans la formation des processus psychologiques. Wallon voit le développement comme un processus dynamique influencé par l’effet social, alors que Vygotsky insiste sur le rôle de la zone proximale de développement et de l’interaction sociale pour la maturation cognitive.

  • La notion de stades dans ces théories permet de conceptualiser une évolution ordonnée, mais leur conception diffère : Freud privilégie une évolution pulsionnelle, Piaget une évolution cognitive, Wallon et Vygotsky une évolution socialisée et interactionnelle.

  • La maturation du système nerveux et l’expérience sont deux facteurs fondamentaux du développement, avec un rôle clé de l’équilibration (Piaget) dans la construction des structures cognitives.

  • La place de l’être humain dans l’univers a évolué, passant d’une vision centrée sur l’homme comme étant au sommet de la création à une conception intégrant l’intelligence animale, végétale, et la complexité des interactions avec l’environnement, influencée par les révolutions scientifiques (copernicienne, darwinienne, freudienne, neuroscientifique).

À retenir

Les théories orthogénétiques et épigénétiques offrent des perspectives complémentaires : la première met en avant une progression structurée et ordonnée du développement, tandis que la seconde insiste sur l’impact crucial des interactions sociales et de l’environnement dans la formation des processus psychologiques.

5. Stades de Piaget

Notions clés & Définitions

  • Stade sensorimoteur (0-2 ans) : Période durant laquelle l'intelligence se manifeste principalement par des réflexes et des actions motrices. À la fin, l’enfant acquiert la fonction symbolique, comme l’imitation différée et la représentation mentale. PIAGET (1952) : stade où l’enfant construit sa compréhension du monde par l’action directe sur l’environnement.

  • Réactions circulaires : Mécanismes par lesquels l’enfant répète ou modifie ses actions pour obtenir des résultats intéressants ou inattendus. PIAGET (1952) : processus d’apprentissage essentiel dans le stade sensorimoteur, permettant la découverte de nouvelles façons d’interagir avec le monde.

  • Permanence de l'objet : Connaissance que l’objet continue d’exister même lorsqu’il n’est pas perceptible. PIAGET (1952) : développement progressif durant le stade sensorimoteur, généralement acquis vers 8-12 mois.

  • Assimilation : Processus d’intégration d’informations nouvelles dans des schèmes existants. PIAGET (1952) : mécanisme par lequel l’enfant adapte ses expériences à ses structures mentales préexistantes.

  • Accommodation : Modification des schèmes mentaux pour intégrer de nouvelles informations ou expériences incompatibles. PIAGET (1952) : processus de réajustement nécessaire pour le développement cognitif.

  • Équilibration : Mécanisme dynamique d’équilibre entre assimilation et accommodation, permettant la progression vers des structures plus complexes. PIAGET (1952) : moteur du développement cognitif, favorisant la construction progressive de la connaissance.

Points essentiels

  • Le développement cognitif selon PIAGET (1952) suit une succession de stades intégrés, ordonnés de façon constante, chaque stade structurant l’émergence de nouvelles capacités. La théorie est structurale et constructiviste, chaque stade étant une étape nécessaire pour accéder au suivant.

  • Le stade sensorimoteur (0-2 ans) se divise en sous-stades : réflexes, réactions circulaires, coordination vision-préhension, permanence de l’objet, etc. La construction de la permanence de l’objet est une étape clé, permettant à l’enfant de comprendre que l’objet existe indépendamment de sa perception.

  • La théorie insiste sur la notion d’équilibration, processus qui équilibre assimilation et accommodation pour favoriser une adaptation cognitive continue.

  • La progression de l’intelligence se fait par la construction de structures de plus en plus complexes, intégrant des actions motrices et mentales, avec une logique qui se développe à partir de l’action concrète vers l’abstraction (opérations formelles).

  • Les stades sont discontinus, chacun caractérisé par des capacités spécifiques : sensorimoteur, pré-opératoire, opératoire concret, opérations formelles.

À retenir

Les stades de Piaget décrivent une progression ordonnée et intégrative du développement cognitif, où chaque étape construit la suivante par l’intermédiaire des mécanismes d’assimilation, d’accommodation et d’équilibration, permettant à l’enfant de passer d’une compréhension sensorielle et motrice à une pensée abstraite et hypothético-déductive.

6. Fonctions cognitives

Notions clés & Définitions

  • Fonctions exécutives : Ensemble de processus cognitifs permettant la planification, la régulation, la flexibilité mentale, le contrôle de l’attention et l’inhibition des réponses inadaptées. Elles sont essentielles pour la résolution de problèmes complexes et l’adaptation à de nouvelles situations (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

  • Contrôle de l’attention : Capacité à diriger, maintenir ou shifting l’attention vers une tâche ou un stimulus pertinent, tout en ignorant les distractions. C’est une fonction clé pour la concentration et la gestion des ressources cognitives (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

  • Inhibition : Fonction qui permet de supprimer ou de réduire la réponse automatique ou inappropriée dans une situation donnée. Elle est cruciale pour le comportement adaptatif et la régulation émotionnelle (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

  • Capacités cérébrales spécifiques de l’humain : Particularités du cerveau humain telles que l’imaginaire, la fiction et la narration, qui permettent la création de récits, la pensée abstraite et la transmission culturelle. Ces capacités distinguent l’humain des autres espèces (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

  • Quotient émotionnel (QE) : Mesure de la capacité à reconnaître, comprendre et gérer ses propres émotions ainsi que celles des autres. Il joue un rôle central dans la régulation émotionnelle et les interactions sociales (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

  • Effets des relations sociales sur le cerveau : Les interactions sociales influencent le développement et le fonctionnement du cerveau, notamment dans le cadre des neurosciences affectives et sociales. Elles modulent la plasticité cérébrale et favorisent l’apprentissage et le bien-être (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

Points essentiels

  • Les fonctions exécutives, telles que le contrôle de l’attention, l’inhibition et la flexibilité mentale, sont fondamentales pour l’adaptation cognitive et comportementale tout au long de la vie (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

  • La maîtrise de l’inhibition permet de résister aux impulsions et favorise la régulation émotionnelle, essentielle pour la réussite scolaire et les relations sociales (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

  • Les capacités cérébrales spécifiques de l’humain, notamment l’imaginaire, la fiction et la narration, sont liées à l’évolution culturelle et à la capacité de penser abstraitement, ce qui distingue l’humain des autres espèces (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

  • La reconnaissance de l’impact des relations sociales sur le cerveau a permis de mieux comprendre le développement cognitif et affectif, en soulignant l’importance des interactions sociales précoces (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

  • Le quotient émotionnel (QE) est aussi crucial que le quotient intellectuel (QI) pour l’adaptation sociale et la gestion des émotions, influençant la réussite personnelle et professionnelle (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

  • Les apports des neurosciences cognitives, notamment celles de Stanislas Dehaene, ont permis d’éclairer les processus de lecture, de calcul et de conscience, renforçant la compréhension du développement cognitif (Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E., 2017).

À retenir

Les fonctions cognitives, telles que les fonctions exécutives et les capacités spécifiques de l’humain, sont essentielles pour l’adaptation, la régulation émotionnelle et la construction de l’identité, tout en étant profondément influencées par les interactions sociales et le développement cérébral.

7. Difficultés infantiles

Notions clés & Définitions

  • Insécurité linguistique (A. Bentolila) : Difficulté à maîtriser la langue parlée ou écrite, qui peut entraîner une marginalisation sociale et des exclusions dans les apprentissages et la vie sociale. Elle résulte souvent d’un déficit dans l’acquisition du langage, impactant la communication et l’intégration sociale.

  • Troubles de l’attention : Difficultés persistantes à maintenir l’attention, à se concentrer sur une tâche ou une activité, souvent à l’origine de retards dans l’apprentissage et de difficultés scolaires. C’est une cause fréquente de consultation en psychologie du développement.

  • Troubles du comportement : Manifestations d’agressivité, hyperactivité ou retrait social chez les jeunes enfants, pouvant compromettre leur développement social et affectif. Ces troubles peuvent nécessiter une intervention spécialisée pour favoriser une adaptation saine.

  • Phobie scolaire : Anxiété intense liée à la peur d’aller à l’école, pouvant se traduire par des refus ou des absences répétées. Elle est souvent liée à des difficultés d’intégration ou à des troubles du comportement, impactant la réussite scolaire.

  • Difficultés d’accès aux apprentissages : Retards ou échecs dans la maîtrise des compétences scolaires fondamentales, liés à des troubles du langage, de l’attention ou du comportement. Elles peuvent conduire à une marginalisation scolaire et sociale.

Points essentiels

  • Les problèmes de langage, notamment l’insécurité linguistique (A. Bentolila), sont très fréquents en enfance et peuvent entraîner une marginalisation sociale et des difficultés dans l’intégration au groupe. Ces troubles affectent la compréhension et l’expression orale et écrite, avec des conséquences sociales importantes.

  • Les difficultés d’attention sont parmi les motifs de consultation les plus courants en psychologie du développement. Elles peuvent être liées à des troubles spécifiques ou à des contextes environnementaux, mais impactent directement l’apprentissage et la socialisation.

  • Les troubles du comportement tels que l’agressivité, l’hyperactivité ou le retrait social apparaissent souvent chez les jeunes enfants et nécessitent une prise en charge pour prévenir des difficultés plus graves à l’adolescence ou à l’âge adulte.

  • La phobie scolaire, caractérisée par une anxiété liée à l’école, peut conduire à des absences prolongées et à un retard dans le parcours scolaire. Elle est souvent associée à des difficultés sociales ou à des troubles du comportement.

  • Les difficultés d’accès aux apprentissages, telles que l’échec scolaire ou la dyslexie, résultent de troubles du langage, de l’attention ou du comportement, et peuvent entraîner une marginalisation sociale si elles ne sont pas prises en charge précocement.

À retenir

Les difficultés infantiles, qu’elles soient linguistiques, attentionnelles ou comportementales, ont des répercussions majeures sur le développement social, scolaire et affectif de l’enfant. Leur détection précoce et leur prise en charge adaptée sont essentielles pour favoriser une intégration harmonieuse.

8. Histoire de l'enfance

Notions clés & Définitions

  • Évolution historique de la place de l'enfant : Transformation de la perception et du statut de l’enfant dans la société à travers les siècles, influencée par des penseurs et des événements majeurs (ex : Moyen Âge, Renaissance, 18e, 19e, 20e siècles).
  • Découverte de l’enfance comme période spécifique : Reconnaissance de l’enfance comme étape distincte de la vie, avec ses propres caractéristiques, notamment à partir du 18e siècle, notamment sous l’influence de Rousseau (1762).
  • Loi Jules Ferry (1882) : Loi française rendant l’instruction obligatoire pour tous les enfants, marquant un droit fondamental à l’éducation et une étape clé dans la reconnaissance de l’enfance comme période à protéger et à éduquer.
  • Convention internationale des droits de l’enfant (1989) : Traité adopté par l’ONU qui définit un enfant comme un être humain de moins de 18 ans, établissant des droits spécifiques pour cette catégorie.
  • Impact des découvertes médicales (Pasteur) : Amélioration de l’hygiène et des soins, entraînant une baisse progressive de la mortalité infantile à partir du 19e siècle, modifiant la place et la perception de l’enfant dans la société.

Points essentiels

  • La perception de l’enfant a évolué du statut d’adulte en miniature au Moyen Âge, où l’enfant était considéré comme un adulte en devenir, à une reconnaissance progressive de ses spécificités à partir du 15e-16e siècle, avec des penseurs comme ERASME et MONTAIGNE qui s’intéressent à l’enfant.
  • Au 17e siècle, FENELON prône une éducation différente pour les filles, soulignant une attention particulière à l’éducation des enfants. DESCARTES insiste sur la compréhension de l’esprit humain par la science.
  • Au 18e siècle, ROUSSEAU (1762) formalise la notion d’enfance comme étape distincte, avec des caractéristiques propres, influençant la pédagogie et la psychologie du développement.
  • Le 19e siècle voit encore la persistance du travail des enfants dans les zones rurales, mais aussi la baisse de la mortalité grâce aux progrès de Pasteur (découverte des microbes, hygiène).
  • La loi Jules Ferry (1882) marque une étape majeure en instituant l’instruction obligatoire, affirmant le droit à l’éducation pour tous les enfants.
  • La reconnaissance de l’enfance comme période spécifique est consolidée en 1989 avec la Convention de New York, et en 1990 avec la mise en application de la Convention internationale des droits de l’enfant.
  • La place de l’enfant dans la société occidentale a ainsi évolué d’un statut utilitaire ou marginal à celui d’un sujet de droits, avec une attention particulière portée à sa protection, son éducation et son développement.

À retenir

L’histoire de l’enfance montre une évolution progressive vers la reconnaissance de l’enfant comme un être à part entière, doté de droits spécifiques, grâce à des avancées sociales, médicales et législatives majeures, notamment la loi Jules Ferry (1882) et la Convention de 1989.

9. Neurosciences et développement

Notions clés & Définitions

  • Révolution copernicienne : Changement de paradigme au 16ème siècle qui place la Terre et l’humain en dehors du centre de l’univers, remettant en question la vision anthropocentrique de l’époque (voir aussi la révolution darwinienne).
  • Révolution darwinienne : Approche de 19ème siècle qui considère l’humain comme issu de l’évolution, soulignant la continuité avec le règne animal. DARWIN (1877) : observation de ses enfants pour comprendre la psychologie de l’enfant et son lien avec la psychologie générale.
  • Révolution freudienne : Découverte de l’inconscient et de l’évolution libidinale, avec l’idée que l’humain possède des pulsions inconscientes qui influencent son comportement. FREUD (1905) : théorie de l’évolution libidinale avec les stades oral, anal, phallique, de latence et génital.
  • Neurosciences cognitives : Discipline qui étudie le fonctionnement du cerveau humain, notamment par les travaux de STANISLAS DEHAENE (1997-2018), sur les capacités cérébrales spécifiques, comme la lecture, les mathématiques ou la conscience.
  • Spécificités cérébrales humaines : Capacités propres à l’humain, telles que l’accès à l’imaginaire, à la fiction et à la narration, qui distinguent l’homme des autres animaux et plantes.
  • Maturation cérébrale jusqu’à 25 ans : Processus de développement du cerveau, notamment des fonctions exécutives et du cortex préfrontal, qui se poursuit jusqu’à l’âge adulte jeune, influençant la cognition, l’émotion et le comportement.

Points essentiels

  • La conception de l’humain a été profondément modifiée par plusieurs révolutions : la copernicienne (rejet du géocentrisme), la darwinienne (évolution de l’humain à partir des autres espèces), la freudienne (inconscient et pulsions), la physique quantique (nouvelle compréhension de la réalité physique), et surtout par les neurosciences (étude du cerveau).
  • La révolution copernicienne a déplacé l’humain du centre de l’univers, la darwinienne a montré sa filiation avec le règne animal, et la freudienne a révélé l’existence d’un inconscient influençant le comportement.
  • Les neurosciences affectives et sociales apportent un éclairage sur l’impact des relations sur le développement cérébral, notamment dans l’éducation.
  • Les neurosciences cognitives, notamment par STANISLAS DEHAENE, ont permis d’identifier des capacités cérébrales spécifiques à l’humain, telles que la lecture ou le calcul, et leur développement au cours de la vie.
  • La maturation cérébrale jusqu’à 25 ans concerne particulièrement le cortex préfrontal, responsable des fonctions exécutives, du contrôle de l’attention, de l’inhibition et de la flexibilité mentale, essentielles pour l’adaptation sociale et cognitive.
  • La spécificité mentale humaine inclut l’accès à l’imaginaire, à la narration et à la fiction, qui ont permis le développement de l’écriture et de la culture.

À retenir

Les révolutions scientifiques ont constamment remodelé la conception de l’humain, dont la compréhension actuelle repose sur les neurosciences, qui mettent en lumière la maturation prolongée du cerveau jusqu’à l’âge adulte jeune, essentielle pour le développement cognitif, émotionnel et social.

Tableaux de Synthèse

CritèreApproche orthogénétiqueApproche épigénétiqueAuteurs clés
DéfinitionÉtude du développement comme progression ordonnée et structurée des stades (Freud, Piaget)Impact des interactions sociales et environnement sur le développement (Wallon, Vygotsky)Freud, Piaget, Wallon, Vygotsky
FocusStades successifs, organisation interneInfluence du contexte social et environnementalFreud (1905), Piaget (1896-1980), Wallon (1879-1962), Vygotsky (1896-1934)
ExempleStade sensori-moteur, stade opératoireZone proximale de développement, apprentissage social-
CritèreDéveloppement cognitifDéveloppement affectifAuteurs clés
DéfinitionAcquisition progressive des fonctions cognitives (mémoire, langage, raisonnement)Évolution des émotions, de la confiance à l'autonomiePiaget, Vygotsky, Wallon
FocusFonctionnement mental, maturation cognitiveConstruction de l’attachement, régulation émotionnellePiaget (stades), Wallon (affectivité)
ExempleStade opératoire, développement du langageAttachement sécurisé, autonomie-

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre théorie orthogénétique (stades successifs) avec théorie épigénétique (impact environnemental).
  2. Assimiler maturation uniquement à un processus biologique, en oubliant l'influence de l’environnement.
  3. Confondre le concept de moi avec celui de l’identité sociale ou culturelle.
  4. Négliger le rôle des interactions sociales dans la construction du psychisme selon Vygotsky.
  5. Confondre troubles du comportement (hyperactivité, agressivité) avec des troubles cognitifs ou affectifs.
  6. Oublier que le développement de l’enfant ne suit pas toujours un ordre strict, mais peut varier selon les individus.
  7. Confondre la formalité identitaire avec la stabilité de l’identité, qui peut évoluer au fil du temps.

Checklist Examen

  • Connaître la définition de la psychologie selon Miljkovitch, R., Morange Majoux, F., Sander, E. (2017).
  • Maîtriser la différence entre théories orthogénétiques (Freud, Piaget) et épigénétiques (Wallon, Vygotsky).
  • Savoir décrire les stades de Piaget (sensori-moteur, préopératoire, opératoire concret, formel).
  • Connaître les fonctions cognitives principales (mémoire, langage, raisonnement) et leur développement selon Piaget et Vygotsky.
  • Identifier les principales difficultés infantiles : troubles du langage, attention, comportement, apprentissage.
  • Comprendre la construction du moi dans l’altérité, selon Miljkovitch et ses travaux.
  • Expliquer la formalité identitaire et ses processus de construction et de modification.
  • Connaître le rôle du fonctionnement cérébral dans la construction du moi (neuropsychologie).
  • Savoir décrire le développement embryonnaire, fœtal, nouveau-né et nourrisson.
  • Intégrer les concepts clés de l’histoire de l’enfance et leur influence sur la psychologie du développement.
  • Connaître l’impact des neurosciences sur la compréhension du développement psychique.
  • Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique en psychologie du développement et en neuropsychologie.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction au développement humain avec 9 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. En quelle année la théorie du développement cognitif de Piaget a-t-elle été publiée dans sa forme définitive?

2. Quel auteur a développé la théorie de l'évolution libidinale et des stades psychosexuels du développement ?

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Mémorisez les concepts clés de Introduction au développement humain avec 16 flashcards interactives.

Psychologie du développement — définition ?

Étude de l'évolution du comportement et du psychisme humain.

Psychisme — rôle ?

Influence les comportements et actes, état mental non observable.

Théorie orthogénétique — principe ?

Progression structurée et ordonnée des stades de développement.

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