Fiche de révision : Introduction aux fonctions cognitives et cerveau

Plan du Cours

  1. Neuropsychologie : lien cerveau fonctions cognitives
  2. Métier du psychologue neuropsychologue
  3. Fonctions exécutives : définition et rôle
  4. Cortex préfrontal : composantes cold et hot
  5. Prise de risque et tâche du casino
  6. Mémoire déclarative : systèmes et dissociations
  7. Processus mnésiques : encodage consolidation récupération
  8. Mémoire selon le temps : registres et MCT
  9. Études de la mémoire et traitement des visages
  10. Traitement sémantique et asymétrie hémisphérique
  11. Rôle de l’hémisphère droit dans la prosodie

1. Neuropsychologie : lien cerveau fonctions cognitives

Notions clés & Définitions

  • Neuropsychologie : Discipline scientifique qui relie les fonctions cognitives aux structures cérébrales et étudie les perturbations après lésions pour comprendre le fonctionnement normal.
  • Neuropsychologie clinique : Approche centrée sur l’examen de patients cérébro-lésés afin d’utiliser leurs performances pour tester des modèles cognitifs.
  • Neuroimagerie fonctionnelle : Ensemble de méthodes permettant d’observer l’implication de structures cérébrales pendant des opérations cognitives chez des sujets sains.
  • Évaluation neuropsychologique : Bilan structuré qui mesure plusieurs domaines cognitifs pour établir un profil, expliquer les difficultés et guider la prise en charge.
  • Fonctions exécutives : Ensemble de fonctions de haut niveau, liées au contrôle, qui supervisent le comportement et permettent de s’adapter à des situations non routinières.

Points essentiels

  • La neuropsychologie vise à expliquer le fonctionnement cognitif normal à partir des effets de lésions cérébrales, et s’intéresse aussi aux apprentissages liés au développement cérébral.
  • La neuropsychologie se situe à l’interface des neurosciences, de la psychologie, de la neurologie et de la psychiatrie.
  • Le psychologue spécialisé en neuropsychologie réalise des évaluations à visée diagnostique et parfois pronostique, puis organise la rééducation pour réduire et/ou compenser les troubles.
  • Une évaluation neuropsychologique dure souvent plusieurs heures et se déroule typiquement sur 2 ou 3 rencontres, avec entretien clinique puis passation de tests.
  • Le bilan identifie forces/faiblesses, fonctions préservées vs altérées, et cherche la nature et la cause des difficultés dans la vie quotidienne, en tenant compte des facteurs psycho-affectifs.
  • Le compte-rendu inclut résultats et interprétation, et peut proposer un suivi parfois pluridisciplinaire, avec restitution orale au patient (et parfois à ses proches).

Astuce mémo

Cerveau → Cognition : Lésions pour comprendre le Normal ; Tests pour profiler ; Exécutif = Chef d’orchestre (but, stratégie, contrôle, correction).

2. Métier du psychologue neuropsychologue

Notions clés & Définitions

  • Fonctions exécutives : Ensemble de fonctions cognitives permettant de planifier, inhiber, décider et maintenir des actions orientées vers un but au quotidien.
  • Cortex préfrontal : Région du lobe frontal impliquée dans le contrôle des fonctions exécutives grâce à ses connexions avec de nombreuses aires cérébrales.
  • Versant cold des fonctions exécutives : Volet cognitif des fonctions exécutives, plutôt logique et décontextualisé, associé notamment aux régions dorsolatérales préfrontales.
  • Versant hot des fonctions exécutives : Volet affectif des fonctions exécutives, lié à l’autorégulation émotionnelle et à la prise en compte de la motivation, associé aux régions orbito-frontales.
  • Syndrome dysexécutif : Ensemble de déficits cognitifs et/ou comportementaux liés à un dysfonctionnement frontal, notamment préfrontal, sans explication par des déficits élémentaires.

Points essentiels

  • Les fonctions exécutives contribuent à des activités quotidiennes comme choisir le bon moment pour parler, récupérer des informations utiles et organiser des étapes (repas, vêtements).
  • Les fonctions exécutives sont sous-tendues par le cortex préfrontal et doivent être préservées pour une autonomie normale et une activité professionnelle.
  • Les lobes frontaux occupent environ 1/3 du volume cortical total et leur maturation s’achève en dernier vers 15-16 ans.
  • Le cortex prémoteur (dont l’aire motrice supplémentaire) organise et initie des mouvements fins et séquentiels, et l’aire de Broca correspond au tiers inférieur du cortex prémoteur gauche pour le langage.
  • Le syndrome dysexécutif peut inclure planification, inhibition et prise de décision, avec des difficultés surtout quand il faut inhiber un schéma dominant ou déduire des règles.
  • Les persévérations (motrices ou verbales) peuvent conduire à répéter inutilement une action ou à répéter la consigne sans l’exécuter, perturbant l’ensemble de la tâche.

Astuce mémo

Cold = logique sans émotion ; Hot = émotions à gérer.

3. Fonctions exécutives : définition et rôle

Notions clés & Définitions

  • Lésions préfrontales : En neuropsychologie, les lésions des régions préfrontales peuvent modifier durablement le comportement sans forcément altérer l’intelligence ou le langage.
  • Phineas Gage : Phineas Gage est un patient historique dont une lésion frontale a entraîné un changement majeur de personnalité après l’accident.
  • Anosognosie : L’anosognosie est une non-conscience des troubles, fréquente après des lésions frontales, qui complique l’évaluation clinique.
  • Déni : Le déni est un mécanisme de défense psychologique qui peut masquer des difficultés, et qu’il faut distinguer de l’anosognosie.
  • Syndrome dysexécutif : Le syndrome dysexécutif désigne des troubles des fonctions exécutives, préférés à l’idée de « syndrome frontal » car d’autres régions y contribuent.

Points essentiels

  • Les troubles comportementaux liés à des lésions frontales sont d’origine neurologique, comme l’illustre l’histoire de Phineas Gage (1848).
  • Chez Phineas Gage, l’intelligence et le langage restent normaux, mais la personnalité change fortement après la lésion frontale.
  • Les fonctions exécutives se développent graduellement car les aires préfrontales maturent tardivement, ce qui peut rendre certains comportements chez l’enfant non pathologiques.
  • Le réflexe de préhension est normal chez le bébé jusqu’à 12 semaines, mais devient pathologique chez l’adulte en cas d’atteinte prémotrice.
  • Les fonctions exécutives ne sont pas strictement « frontales » : des lésions corticales ou sous-corticales connectées aux lobes frontaux peuvent aussi les altérer.
  • Les tests et l’observation doivent distinguer anosognosie et déni, car les patients peuvent sous-estimer leurs difficultés cognitives tout en reconnaissant des déficits moteurs ou sensoriels.

Astuce mémo

Gage = « intelligence OK, personnalité KO » ; Préfrontal = « maturation longue » ; Anosognosie = « je ne vois pas mes troubles ».

4. Cortex préfrontal : composantes cold et hot

Notions clés & Définitions

  • Fonctions exécutives : Ensemble de processus cognitifs permettant d’adapter le comportement, notamment via flexibilité, mise à jour en mémoire de travail et inhibition.
  • Modèle de Miyake : Modèle qui propose que flexibilité, mise à jour en mémoire de travail et inhibition sont dissociables mais corrélées, suggérant une unité partielle.
  • Flexibilité : Composante exécutive qui permet d’ajuster ses stratégies face à des changements de situation.
  • Marqueurs somatiques : Signaux corporels associés par l’apprentissage à des situations, utilisés pour guider automatiquement la décision.
  • Sociopathie acquise : Troubles du comportement décrits après atteinte orbito-frontale, liés à une adaptation sociale perturbée et à des choix peu anticipés.

Points essentiels

  • Les lésions frontales entraînent souvent un profil éclaté aux tests exécutifs, ce qui suggère plusieurs composantes plutôt qu’un seul mécanisme.
  • Miyake (2000) montre par régression que flexibilité, mise à jour en mémoire de travail et inhibition sont dissociables tout en étant corrélées entre elles.
  • Les atteintes orbito-frontales perturbent l’adaptation sociale, la capacité à retarder des satisfactions et l’anticipation des conséquences.
  • La théorie des marqueurs somatiques relie des situations à un retentissement émotionnel corporel, stocké au fil de l’existence.
  • Lorsqu’une situation similaire survient, le système réactive l’état somatique associé et « marque » la situation selon les conséquences passées.
  • L’activation des marqueurs somatiques peut être consciente ou inconsciente et interfère avec le raisonnement en orientant la décision vers des réponses avantageuses et en rejetant des réponses néfastes.

Astuce mémo

Cold = contrôle cognitif (flexibilité, mise à jour, inhibition) ; Hot = contrôle émotionnel via marqueurs somatiques (signal corporel qui décide).

5. Prise de risque et tâche du casino

Notions clés & Définitions

  • H.M. : H.M. est un patient devenu un cas historique d’amnésie après une exérèse bilatérale des lobes temporaux médians.
  • Exérèse bilatérale des lobes temporaux médians : L’exérèse bilatérale des lobes temporaux médians est une ablation chirurgicale visant à réduire des crises épileptiques pharmacorésistantes.
  • Circuit de Papez : Le circuit de Papez est un ensemble de structures reliant hippocampe, corps mamillaires, thalamus et gyrus cingulaire impliqué dans la mémoire déclarative.
  • Système limbique : Le système limbique est un réseau étendu de structures corticales et sous-corticales autour de l’hippocampe et de l’amygdale, interconnectées.
  • Amnésie antérograde : L’amnésie antérograde correspond à l’incapacité d’établir et de maintenir de nouvelles traces mnésiques après une atteinte cérébrale.

Points essentiels

  • L’ablation bilatérale des lobes temporaux médians chez H.M. entraîne une amnésie marquée pour les événements post-chirurgicaux, avec d’autres fonctions cognitives globalement préservées.
  • Le cas R.B. (lésions bilatérales des hippocampes sans autre atteinte) illustre une amnésie antérograde importante, renforçant le rôle des hippocampes dans la mémoire.
  • Le circuit de Papez (hippocampe → corps mamillaires via le fornix → thalamus → gyrus cingulaire) intervient dans apprentissage, consolidation et rappel des informations déclaratives.
  • Des lésions bilatérales, symétriques ou non, des structures du circuit de Papez ou de leurs tracts perturbent la fixation et le rappel d’informations nouvelles, provoquant une amnésie antérograde.
  • Le système limbique (MacLean) ajoute notamment cortex entorhinal, périrhinal, parahippocampique et amygdale, et il est souvent lésé en même temps que le circuit hippocampo-mamillo-thalamo-cingulaire.
  • L’hippocampe s’active différemment selon le type d’information : encodage topographique/visages/images complexes plutôt bilatéral ou droit, encodage verbal plutôt gauche; il soutient aussi relations spatiales et la mémor

Astuce mémo

H.M. = Hippocampe Mémoire : ablation temporale médiane → nouveaux souvenirs impossibles (antérograde).

6. Mémoire déclarative : systèmes et dissociations

Notions clés & Définitions

  • Mémoire à court terme : La mémoire à court terme correspond au maintien temporaire d’informations sur une courte durée, avant qu’elles ne soient traitées plus profondément.
  • Mémoire à long terme : La mémoire à long terme correspond au stockage durable d’informations, permettant leur rappel ultérieur après un délai.
  • Mémoire épisodique : La mémoire épisodique concerne le souvenir d’événements vécus, situés dans le temps et le contexte.
  • Mémoire verbale : La mémoire verbale regroupe l’encodage, le stockage et la récupération d’informations sous forme de mots.
  • Mémoire non verbale : La mémoire non verbale concerne la mémorisation d’informations visuo-spatiales ou figuratives sans recours principal au langage.

Points essentiels

  • Dans un bilan neuropsychologique, l’évaluation des capacités mnésiques se fait avec une anamnèse et une exploration globale des fonctions cognitives pour interpréter les performances aux tests.
  • La MCT se teste par un empan direct de chiffres, tandis que la MDT se teste par un empan indirect de chiffres (répétition à l’envers).
  • La mémoire épisodique est classiquement évaluée en antérograde pour mesurer l’encodage de nouvelles informations.
  • Le RL/RI 16 (Grober et Buschke) utilise une liste de 16 mots et permet de distinguer encodage, stockage et récupération via rappel libre, rappel indicé et reconnaissance.
  • Le profil hippocampique se caractérise par un rappel libre très diminué, peu d’amélioration à l’indiçage et des fausses reconnaissances, suggérant un problème de stockage.
  • Le profil frontal se caractérise par un rappel libre diminué avec amélioration à l’indiçage, suggérant un problème de récupération plutôt que de stockage.

Astuce mémo

Antérograde = nouveau, RL/RI = libre→indiçage→reconnaissance : hippocampe = stockage (peu d’aide + fausses), frontal = récupération (indiçage aide).

7. Processus mnésiques : encodage consolidation récupération

Notions clés & Définitions

  • Encodage mnésique : Processus cognitif qui transforme une information perçue en trace exploitable par la mémoire.
  • Consolidation mnésique : Processus qui stabilise et renforce la trace mnésique après l’encodage, au fil du temps.
  • Récupération mnésique : Processus qui permet de retrouver une trace stockée et de l’utiliser pour répondre à une tâche.
  • Diaschisis : Phénomène neurologique où une lésion inhibe le fonctionnement d’aires intactes, réduisant les activations observées.
  • Plasticité cérébrale adulte : Capacité du cerveau adulte à réorganiser son activité après une lésion, malgré l’absence de renouvellement neuronal.

Points essentiels

  • Protocole d’étude : tâche de compréhension auditive avec trois passations (0–4 jours, ~2 semaines, 4 mois à 1 an) après AVC.
  • En phase aiguë, le diaschisis limite les activations car des fonctions intactes sont inhibées par la lésion.
  • Après la phase aiguë, on observe un recrutement d’aires homologues à droite et d’aires périlésionnelles gauches, corrélé à l’amélioration du langage.
  • Warburton et al. (1999) rapportent une activation temporale gauche dans des régions adjacentes à la lésion après rééducation.
  • Musso et al. (1999) relient l’augmentation d’activité du cortex temporal droit à de meilleurs scores de compréhension après rééducation intensive.
  • Thomson et al. (2000) décrivent des changements dans l’hémisphère droit lors d’une tâche d’appariement d’images après rééducation.

Astuce mémo

Diaschisis = « frein » immédiat ; ensuite « relais » (droite homologue + périlésionnel gauche) → langage s’améliore.

8. Mémoire selon le temps : registres et MCT

Notions clés & Définitions

  • Agnosies perceptives : Les agnosies perceptives correspondent à un déficit d’analyse visuelle des objets, impliquant des aires occipito-temporales bilatérales.
  • Agnosie de la forme : L’agnosie de la forme désigne l’incapacité à juger distances, longueurs et orientations malgré la perception des traits de base.
  • Agnosie intégrative : L’agnosie intégrative permet de traiter des éléments locaux mais empêche de les intégrer pour percevoir la forme globale.
  • Agnosie de transformation : L’agnosie de transformation permet la reconnaissance d’un objet dans un angle habituel mais échoue quand l’angle devient inhabituel.
  • Prosopagnosie : La prosopagnosie est un trouble de reconnaissance des visages lié à des lésions des régions occipitales et temporales, souvent avec difficultés d’objets.

Points essentiels

  • Les agnosies associatives empêchent d’identifier un objet comme forme cohérente alors que la perception de base reste correcte.
  • La copie d’objets est préservée dans certaines agnosies associatives, tandis que le dessin de mémoire est déficitaire, suggérant un déficit configural.
  • Le déficit configural est attribué à l’impossibilité de relier l’objet perçu aux images d’objets similaires stockées en mémoire, avec implication occipito-temporale bilatérale.
  • Un trouble gnosique peut exister sans autres déficits cognitifs si la difficulté concerne uniquement la modalité visuelle, l’objet pouvant être reconnu au toucher ou par un bruit caractéristique.
  • L’anomie, parfois appelée aphasie optique, correspond à l’impossibilité de donner le nom d’un objet correctement identifié.
  • La prosopagnosie à l’état pur est rare, et la plupart des personnes prosopagnosiques ont aussi des difficultés à reconnaître les objets.

Astuce mémo

Forme = traits sans distances ; Intégrative = locaux sans global ; Transformation = angle habituel seulement ; Prosopagnosie = visage sans identité.

9. Études de la mémoire et traitement des visages

Notions clés & Définitions

  • Prosopagnosie développementale : Trouble développemental de la reconnaissance des visages où la personne ne peut pas identifier des individus à partir de leur visage.
  • Prosopagnosie acquise : Trouble de la reconnaissance des visages survenant après une lésion cérébrale et entraînant des difficultés majeures dans la vie quotidienne.
  • Gyrus fusiforme droit : Région du cortex impliquée de façon typique dans la reconnaissance des visages, dont l’atteinte est associée à la prosopagnosie acquise.
  • Aire fusiforme faciale : Zone corticale répondant fortement aux visages, mise en évidence par l’IRMf chez des participants sains.
  • Aire para-hippocampique : Région corticale répondant davantage aux lieux qu’aux visages, avec un profil inverse de celui de la FFA.

Points essentiels

  • Cas décrit de prosopagnosie développementale : incapacité à reconnaître un proche à partir du visage, avec retentissement scolaire et professionnel.
  • Dans le test de célébrités avec liste personnelle : score 69 % pour les visages de la liste contre 14 % pour les célébrités hors liste.
  • Dans l’appariement de visages : performance à 100 % en recherchant 1–2 caractéristiques (ex. menton allongé), mais stratégie inefficace quand plusieurs visages sont encodés simultanément.
  • Dans l’épreuve des visages floutés : 48 % de bonnes réponses pour visages floutés vs 85 % pour visages non floutés, suggérant des jugements d’interactions entre parties du visage.
  • Prosopagnosie acquise : association typique à une lésion du gyrus fusiforme droit, avec causes principales rapportées (AVC postérieur 40 %, traumatisme 20 %, hématomes/encéphalites 20 %, tumeurs/crises 10 %).
  • Modèle de Bruce et Young : prosopagnosie aperceptive (déficit d’analyse structurale, lésion postérieure occipito-temporale inférieure), associative (déficit d’accès aux visages mémorisés, lésion inféro-temporale antéro),

Astuce mémo

FFA = Face For All (répond aux visages), PPA = Place Processing Area (répond aux lieux).

10. Traitement sémantique et asymétrie hémisphérique

Notions clés & Définitions

  • Négligence spatiale unilatérale : La négligence spatiale unilatérale est un trouble attentionnel où le patient traite mal les informations du côté controlatéral à la lésion, malgré une perception sensorielle parfois préservée.
  • Hémisphère droit : L’hémisphère droit est l’hémisphère dont les lésions sont le plus souvent associées à une négligence spatiale unilatérale.
  • Hémisphère gauche : L’hémisphère gauche est l’hémisphère dont les lésions entraînent moins fréquemment une négligence spatiale unilatérale, selon certains modèles.
  • Extinction : L’extinction est un symptôme de négligence où un stimulus détecté seul dans l’espace négligé devient ignoré lorsqu’un autre stimulus apparaît simultanément du côté préservé.

Points essentiels

  • En phase aiguë (≈10 premiers jours), la négligence peut se déduire d’un comportement où le patient reste immobile, tête et yeux déviés vers le côté lésé, sans répondre aux stimuli du côté négligé.
  • Le biais postural s’atténue puis disparaît en quelques jours, ce qui permet d’observer des comportements typiques comme ne traiter qu’une moitié du corps ou d’objets (assiette, tarte, titres) et répondre seulement à une/
  • L’héminégligence est variable et relative : elle peut cibler la gauche d’un objet plutôt que toute la gauche d’un axe vertical, et elle dépend de la charge attentionnelle et des distracteurs présents à droite.
  • L’héminégligence est dynamique : elle varie selon la tâche, le secteur spatial (personnel, péri-personnel, extra-personnel) et le type de coordonnées (égocentriques vs centrées sur l’objet).
  • L’attraction magnétique (automatique) de l’attention vers la droite correspond à une capture ipsilatérale à la lésion : le patient oriente spontanément le regard vers la droite avant tout mouvement des doigts du testeur.
  • L’extinction est souvent persistante, surtout pour la modalité visuelle : un stimulus seul est détecté dans l’espace négligé, mais ignoré quand un stimulus simultané apparaît du côté préservé; elle dépend aussi de la rét

Astuce mémo

HD→Héminégligence (droite lésée = gauche négligée) ; Extinction = Seul je vois, Ensemble je perds.

11. Rôle de l’hémisphère droit dans la prosodie

Notions clés & Définitions

  • Prosodie : La prosodie est l’ensemble des variations d’intonation, de hauteur, de durée et d’intensité qui donnent une information liée au sens et à l’attitude.
  • Aprosodie : L’aprosodie est un trouble de la production et/ou de la compréhension de l’intonation et de l’accentuation, entraînant une communication affective appauvrie.
  • Connotation : La connotation correspond au sens implicite et émotionnel porté par la manière de dire, qui dépasse le sens littéral des mots.
  • Pragmatique : La pragmatique regroupe les règles d’usage du langage qui permettent d’interpréter le contexte, les intentions et les conventions sociales.
  • Hémisphérectomie : L’hémisphérectomie est une chirurgie consistant à retirer une grande partie d’un hémisphère, permettant parfois une récupération fonctionnelle par l’hémisphère restant.

Points essentiels

  • Chez la majorité des personnes, l’hémisphère gauche soutient surtout formulation et compréhension du sens, tandis que l’hémisphère droit contribue à la connotation.
  • L’hémisphère droit traite des aspects allant au-delà du sens littéral grâce à plusieurs processus, essentiels pour les échanges verbaux.
  • Une lésion de l’hémisphère droit peut altérer l’intonation et l’accentuation des phonèmes, avec une expression émotionnelle inadaptée.
  • Les patients avec aprosodie peuvent avoir une grammaire et une phonologie correctes mais échouer à saisir humour verbal et métaphores.
  • Dans une tâche de choix d’images, un patient cérébrolésé droit peut sélectionner l’image la plus littérale (ex. cœur dessiné) plutôt que l’image correspondant à l’idée figurée.
  • L’hémisphère droit peut aussi soutenir l’organisation pragmatique du discours, notamment l’usage des indices contextuels et des intentions du locuteur.

Astuce mémo

HD = « ton + sous-texte » : il donne la connotation (émotion, humour, métaphores) ; HG = « mots + sens ».

Repères chronologiques

DateÉvénement
1848Phineas Gage : lésion frontale à la suite d’un accident, transformation majeure de la personnalité
1937Papez décrit un circuit synaptique reliant hippocampe, corps mamillaires, thalamus et cortex cingulaire
1949MacLean complexifie le circuit de Papez en intégrant notamment cortex entorhinal, périrhinal, parahippocampique et amygdale

Tableaux de synthèse

Cold vs Hot (fonctions exécutives)

AspectCaractéristiquesRégions associées
ColdVolet cognitif plutôt logique et décontextualiséRégions dorsolatérales préfrontales
HotVolet affectif : autorégulation émotionnelle et prise en compte de la motivationRégions orbito-frontales

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre anosognosie et déni : l’anosognosie est une non-conscience des troubles après lésion, alors que le déni est un mécanisme de défense psychologique.
  2. Croire que les fonctions exécutives sont strictement « frontales » : elles peuvent être altérées par des lésions corticales ou sous-corticales connectées aux lobes frontaux.
  3. Interpréter un mauvais score au Stroop comme une « inhibition » pure : les tests exécutifs sont impurs et peuvent échouer aussi pour des déficits visuels, langagiers ou attentionnels.
  4. Mélanger profils mnésiques hippocampique et frontal : hippocampe = rappel libre très diminué avec peu d’amélioration à l’indiçage et fausses reconnaissances ; frontal = amélioration à l’indiçage.
  5. Penser que la récupération après AVC est uniquement « spontanée » : elle peut aussi dépendre d’une rééducation et d’une réorganisation (aires périlésionnelles et homologues).
  6. Confondre agnosie et cécité/handicap sensoriel : l’agnosie est un déficit de reconnaissance/gnosie malgré des fonctions perceptives sensorielles pouvant rester intactes.
  7. Inverser les rôles hémisphériques pour le langage et la prosodie : HG soutient surtout formulation/compréhension du sens, HD contribue à la connotation (prosodie, humour, métaphores).

Checklist Examen

  1. Définir la neuropsychologie et expliquer comment les lésions servent à comprendre le fonctionnement cognitif normal.
  2. Expliquer le rôle du psychologue neuropsychologue : évaluation diagnostique/pronostique, rééducation pour réduire et/ou compenser, et prise en compte psycho-affective.
  3. Décrire le déroulement d’une évaluation neuropsychologique : entretien clinique, passation multi-domaines, profil forces/faiblesses, compte-rendu et restitution.
  4. Lister les composantes des fonctions exécutives (planification, stratégies, initiation, maintien attentionnel, mise à jour, flexibilité, inhibition, rétrocontrôle, règles, décision, anticipation) et leur rôle au quotidie
  5. Relier les fonctions exécutives au cortex préfrontal et distinguer cold vs hot (dorsolatéral vs orbito-frontal) avec leurs caractéristiques.
  6. Expliquer le syndrome dysexécutif : troubles hétérogènes, absence d’explication par déficits élémentaires, persévérations et comportements d’utilisation/imitation (Lhermitte).
  7. Justifier pourquoi on parle de « fonctions exécutives » plutôt que « syndrome frontal » et donner au moins deux exemples de lésions pouvant altérer ces fonctions via connexions.
  8. Connaître les tests exécutifs cités et ce qu’ils évaluent : Stroop (inhibition), Trail Making Test (flexibilité), Wisconsin (découverte de règle/feedback), séquences de Luria (persévérations).
  9. Comparer les modèles des fonctions exécutives : Norman & Shallice (routines, GC, SAS), Miyake (flexibilité/mise à jour/inhibition dissociables mais corrélées), Damasio (marqueurs somatiques et prise de décision).
  10. Décrire la mémoire déclarative : systèmes selon processus (encodage, consolidation, récupération), selon le temps (MCT/MDT/MLT) et selon le contenu (épisodique/sémantique/procédurale).
  11. Expliquer le rôle des structures dans la mémoire déclarative : circuit de Papez et système limbique, et distinguer mémoire procédurale (cervelet et noyaux gris centraux).
  12. Distinguer les profils d’amnésie et leurs caractéristiques : amnésie antérograde/rétrograde, amnésie hippocampique (H.M.), ictus amnésique, amnésie psychogène, et leurs signes clés.
  13. Savoir évaluer la mémoire : empan direct vs indirect (MCT vs MDT), RL/RI 16 (encodage vs stockage vs récupération) et Figure de Rey pour mémoire non verbale.
  14. Expliquer la récupération du langage après AVC : récupération spontanée vs rééducation, nécessité d’un bilan centré langage, et mécanismes de plasticité (diaschisis puis recrutement homologues/périlésionnel).

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Neuropsychologie clinique — objectif ?

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