📋 Plan du Cours
- Processus de structuration
- Approche freudienne
- Autismes précoces
- Conceptions de l'autisme
- Clinique de Kanner
- Troubles du développement
- Niveaux de sévérité
- Hypothèses neurobiologiques
- Théories psychodynamiques
- Démantèlement psychique
📖 1. Processus de structuration
🔑 Notions clés & Définitions
- Processus de structuration subjective : ensemble des mécanismes par lesquels l’enfant construit son fonctionnement psychique, en intégrant ses expériences, ses perceptions et ses relations, afin de former une organisation psychique cohérente (source : Raoult).
- Enjeux de la structuration : les défis et enjeux liés à la formation d’un fonctionnement psychique stable, notamment la capacité à différencier le moi du non-moi, à intégrer les expériences sensorielles et affectives, et à maintenir une frontière entre intérieur et extérieur (source : Raoult).
- Achoppements dans la structuration : les obstacles ou déviations pouvant interrompre ou dévier le processus de structuration, tels que la dislocation du moi, la discontinuité des expériences, ou la formation d’états autistiques ou psychotiques (source : Raoult).
📝 Points essentiels
- La maturation psychique peut s’enrayer ou dévier, menant à une émergence symptomatique ou à une fixation psychopathologique.
- La dislocation du moi, notamment dans l’approche freudienne, correspond à une invasion ou dislocation du moi par des contenus fantasmatiques et pulsionnels de l’inconscient, entraînant des formations instables et fluctuantes.
- La rupture fondamentale du fonctionnement subjectif marque l’entrée dans la psychose, avec des formations psychotiques narcissiques et des défaillances dans la différenciation entre le sujet et le réel.
- Les processus de démantèlement, de démantèlement sensoriel et d’identification adhésive illustrent comment la structuration peut être fragilisée ou interrompue, menant à des états autistiques ou psychotiques.
- La défense psychotique d’essence narcissique contre le réel inacceptable constitue un mécanisme d’adaptation face aux achoppements de la structuration.
💡 À retenir
Le processus de structuration subjective est un mécanisme complexe, dont la réussite dépend de la capacité à maintenir une différenciation stable entre le moi et le non-moi, tandis que ses achoppements peuvent entraîner des états autistiques ou psychotiques, marqués par des dislocations et des défaillances du fonctionnement psychique.
📖 2. Approche freudienne
🔑 Notions clés & Définitions
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Subjugation : Dislocation du moi envahi et disloqué par les contenus fantasmatiques et pulsionnels de l’inconscient. Elle correspond à une désorganisation du fonctionnement subjectif où le moi est envahi par des contenus inconscients, menant à une instabilité psychique.
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Dislocation du moi : Rupture ou fragmentation du fonctionnement du moi, entraînant une désintégration de la cohérence psychique. Elle reflète une désorganisation profonde du sujet où le moi ne peut plus maintenir une unité stable.
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Rupture du fonctionnement subjectif : Événement fondamental dans la psychose, où le sujet perd la continuité de son expérience subjective, aboutissant à une dislocation du moi et à une désintégration de la perception de soi.
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Formations instables : Positions ou états psychiques fluctuant, caractérisés par leur fragilité et leur difficulté à se stabiliser, souvent rencontrés dans la psychose en lien avec la dislocation du moi.
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Défense psychotique narcissique : Mécanisme de défense où le sujet, face à un réel inacceptable, se replie sur lui-même en protégeant son narcissisme, ce qui mène à une rupture avec la réalité et à la formation de formations délirantes.
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Projection paranoïaque : Mécanisme de défense où le sujet projette ses contenus pulsionnels ou fantasmatiques sur l’extérieur, souvent associé à une perception paranoïaque, permettant de décharger l’angoisse liée à la dislocation du moi.
📝 Points essentiels
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La subjugation désigne une dislocation du moi par les contenus fantasmatiques et pulsionnels, entraînant une désorganisation du fonctionnement subjectif. Elle est une forme de défense psychotique narcissique contre le réel inacceptable.
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La rupture fondamentale du fonctionnement subjectif est une étape clé dans l’entrée en psychose, marquant la désintégration du moi et la perte de cohérence de l’expérience subjective.
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Les formations instables, telles que la projection paranoïaque, sont des positions fluctuantes qui reflètent la fragilité du moi disloqué.
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La défense psychotique narcissique vise à protéger le narcissisme du sujet face à la réalité, en utilisant des mécanismes comme la projection paranoïaque pour décharger l’angoisse.
💡 À retenir
La psychose freudienne se caractérise par une dislocation du moi, où la subjugation et la rupture du fonctionnement subjectif entraînent des formations instables et des mécanismes de défense narcissiques, comme la projection paranoïaque, pour faire face à l’inacceptable.
📖 3. Autismes précoces
🔑 Notions clés & Définitions
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Troubles autistiques précoces : troubles caractérisés par une incapacité innée à constituer une relation affective et à répondre aux stimuli de l’environnement, avec une symptomatologie spécifique, une précocité et une évolution distincte (Léo Kanner, 1943). Ces troubles impliquent une rupture fondamentale du fonctionnement subjectif, des formations instables et une défense psychotique narcissique contre le réel inacceptable. La clinique de Kanner décrit un retrait social, un mutisme, des comportements stéréotypés, et une physionomie intellectuelle avec performances mnésiques et organisation spatiale.
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Démences précoces : désignent des affaiblissements intellectuels survenant chez l’enfant, souvent liés à une détérioration du fonctionnement cognitif, pouvant s’inscrire dans des tableaux de psychoses infantiles ou de psychoses à expression déficitaire (historique avant la classification moderne). La perte de capacités cognitives et affectives précoces est une caractéristique centrale.
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Troubles du contact affectif : incapacité innée ou développementale à établir ou maintenir des liens affectifs avec autrui, se traduisant par un isolement, une absence de réciprocité émotionnelle, et une difficulté à constituer une relation affective stable. Ces troubles sont au cœur des troubles autistiques précoces, avec une incapacité à répondre aux stimuli affectifs et à établir une relation d’attachement.
📝 Points essentiels
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La notion d’autisme chez Kanner (1943) se distingue par une symptomatologie spécifique : retrait social, mutisme, comportements stéréotypés, bizarreries comportementales, et performances mnésiques élevées. La rupture du fonctionnement subjectif est fondamentale, avec des formations instables et une défense narcissique contre le réel.
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Historiquement, avant la seconde guerre mondiale, on parle de démence précocissisme ou schizophrénie infantile, avec des troubles intellectuels et des affaiblissements cognitifs. La classification moderne (DSM V) regroupe ces troubles sous le spectre du Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA), avec des déficits en communication et interactions sociales, et des comportements restreints et répétitifs.
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La diversité des tableaux autistiques inclut aussi les psychoses symbiotiques, affectives, et à expression déficitaire, avec des mécanismes différenciés mais souvent liés à des dysharmonies de développement ou des échecs précoces du développement mental.
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La compréhension de ces troubles repose sur une approche biopsychosociale, intégrant des hypothèses neurobiologiques, neuropsychologiques, et psychodynamiques, notamment la théorie de la surcharge sensorielle, le déficit d’intégration sensorielle, et des mécanismes de défense comme le clivage ou la formation autistique.
💡 À retenir
Les autismes précoces sont des troubles du développement caractérisés par une rupture du fonctionnement subjectif, une incapacité innée à établir des liens affectifs, et une symptomatologie spécifique qui peut évoluer selon divers tableaux cliniques, nécessitant une approche multidimensionnelle pour leur compréhension.
📖 4. Conceptions de l'autisme
🔑 Notions clés & Définitions
- Conception biologique de l’autisme (Kanner) : incapacité innée de constituer biologiquement le contact affectif avec les personnes, considérée comme une incapacité innée, liée à des syndromes spécifiques (voir section 5).
- Approche génétique : mentionnée dans l’alternance entre une perspective biologique et une dynamique des relations parent-enfant, impliquant des facteurs génétiques et anomalies chromosomiques (voir section 16).
- Dynamique des relations parent-enfant : oscillation entre une approche biologique et une dynamique relationnelle, soulignant l’importance des interactions précoces dans le développement autistique (voir section 4).
- Symptomatologie et évolution : troubles autistiques du contact affectif, incapacité à établir des liens affectifs, avec une évolution pouvant inclure des formes diverses telles que psychoses symbiotiques, états frontières, ou dysharmonies évolutives (voir sections 5, 8, 9).
📝 Points essentiels
- L’autisme a été initialement considéré comme une démence précocissime ou schizophrénie infantile avant la définition spécifique par Léo Kanner en 1943, qui le décrit comme un syndrome spécifique avec symptomatologie, précocité et évolution propres.
- Trois conceptions principales de l’autisme selon Kanner : biologique (incapacité innée), fonctionnelle (inaptitude à utiliser la structure biologique relationnelle), et psychologique (trouble culturel du contact affectif, notamment une froideur émotionnelle des parents).
- La clinique de Kanner met en évidence des troubles du contact affectif, un isolement profond, un besoin obsessionnel d’immuabilité, des comportements stéréotypés, et un mutisme ou mauvaise utilisation du langage.
- La diversité des tableaux autistiques inclut l’autisme infantile précoce, les psychoses symbiotiques, les psychoses affectives, et d’autres états frontières, avec des classifications selon le fonctionnement mental et la gravité.
- La compréhension de l’autisme intègre aussi des hypothèses neurobiologiques (altérations corticales, anomalies chromosomiques, perturbations du développement cellulaire) et neuropsychologiques (dysfonctionnements perceptifs, surcharge sensorielle).
- La dynamique psychodynamique évoque des notions comme la dislocation du moi, la défense narcissique contre le réel, et des processus comme le démantèlement, l’identification adhésive, et l’effraction des frontières du Self.
💡 À retenir
L’autisme se conçoit comme un syndrome complexe mêlant des origines biologiques, génétiques et des dynamiques précoces de relations, caractérisé par une incapacité à établir des liens affectifs et une évolution variable selon les formes et les niveaux de sévérité.
📖 5. Clinique de Kanner
🔑 Notions clés & Définitions
- Clinique de Kanner : description clinique initiale de troubles autistiques chez l’enfant, caractérisée par un retrait social et un refus de communication avec autrui (Raoult).
- Troubles du contact affectif (Kanner) : incapacité innée à constituer une relation affective et à répondre aux stimuli de l’environnement, avec une incapacité à établir des rapports normaux avec autrui (Raoult).
- Isolement social : retrait profond et volontaire ou involontaire de l’enfant, avec un défaut de liens affectifs avec autrui (Raoult).
- Mutisme et utilisation du langage : mutisme ou mauvaise utilisation du langage, donnant une impression de surdité, souvent associé à une physionomie qui peut sembler intelligente avec de bonnes performances mnésiques (Raoult).
- Physionomie et performances mnésiques : physionomie qui peut sembler intelligente, avec des prouesses mnésiques et des capacités dans l’organisation spatiale, malgré l’incapacité à établir des relations sociales normales (Raoult).
📝 Points essentiels
- La clinique de Kanner, décrite en 1943, met en évidence un retrait social marqué, un refus de communication, un isolement et un défaut de liens affectifs, avec des comportements stéréotypés et ritualisés.
- Trois conceptions de l’autisme selon Kanner : biologique (incapacité innée de constituer le contact affectif), fonctionnelle (inaptitude à utiliser la structure relationnelle innée), psychologique (froideur émotionnelle des parents).
- La diversité des tableaux de psychoses infantiles distingue l’autisme infantile précoce, les psychoses symbiotiques, affectives, à expression déficitaire, et les états frontières de la psychose.
- La différenciation selon le fonctionnement mental distingue psychoses précoces, autistiques, déficitaires, ou dysharmoniques évolutives.
- La clinique met en avant l’obsession de sameness, le mutisme, l’utilisation stéréotypée des objets, et une physionomie qui peut masquer une intelligence et des performances mnésiques élevées.
💡 À retenir
La clinique de Kanner décrit un syndrome spécifique d’autisme infantile, marqué par un retrait social profond, une incapacité à établir des liens affectifs, tout en pouvant présenter des performances mnésiques et intellectuelles remarquables.
📖 6. Troubles du développement
🔑 Notions clés & Définitions
Psychoses infantiles
Formes de psychoses apparaissant chez l’enfant, caractérisées par des processus de structuration psychopathologique pouvant inclure des états autistiques, confusionnels ou de démantèlement du Moi, souvent liés à des dysfonctionnements précoces du développement psychique (Raoult).
Psychoses symbiotiques
États où l’enfant présente une fusion ou une collusion avec l’objet d’attachement, caractérisés par un enchevêtrement des enveloppes psychiques, une absence de différenciation claire entre le Self et l’objet, et une difficulté à établir une frontière psychique distincte. Ces états impliquent une collusion réciproque des fantasmes d’intrusion et de projection, menant à une pénétration mutuelle du Self et de l’objet (Raoult).
Psychoses affectives
Formes de psychoses où l’état psychotique est lié à des perturbations du registre affectif, souvent caractérisées par des dysharmonies d’évolution de structure psychotique, avec des défaillances dans la différenciation entre le Self et l’objet, pouvant entraîner des états dépressifs ou maniques (Raoult).
Psychoses à expression déficitaire
Troubles où l’enfant manifeste une incapacité à constituer ou maintenir des relations affectives et sociales, avec une réduction ou une absence de communication, souvent associée à des troubles du contact affectif, à des comportements stéréotypés ou ritualisés, et à une difficulté à intégrer les expériences sensorielles et relationnelles (Raoult).
États frontières de la psychose
Situations intermédiaires où l’enfant présente des caractéristiques à la limite entre la normalité et la psychose, incluant des états atypiques, limites ou prépsychoses, souvent marqués par des dysharmonies d’évolution ou des troubles du développement mental, avec une instabilité du fonctionnement psychique (Raoult).
📝 Points essentiels
- La structuration du champ psychotique chez l’enfant peut suivre plusieurs trajectoires, incluant l’autisme, la psychose symbiotique, la psychose affective, ou des états frontières.
- La psychose infantile peut se manifester par un démantèlement du Moi, une confusion des frontières entre intérieur et extérieur, ou un enchevêtrement des enveloppes psychiques.
- La psychose symbiotique se caractérise par une absence de frontière psychique, une fusion avec l’objet, et une collusion des fantasmes d’intrusion et de projection.
- Les psychoses à expression déficitaire impliquent une incapacité à établir ou maintenir des relations affectives, avec des comportements stéréotypés ou ritualisés.
- Les états frontières regroupent des formes intermédiaires, souvent caractérisées par des dysharmonies évolutives ou des troubles du développement mental, pouvant évoluer vers une psychose ou une organisation plus stable.
💡 À retenir
Les troubles du développement psychotique chez l’enfant se manifestent par une diversité de formes, allant de la fusion symbiotique à la dédifférenciation, en passant par des états frontières, reflétant des dysfonctionnements précoces du processus de structuration psychique.
📖 7. Niveaux de sévérité
🔑 Notions clés & Définitions
- Niveau 3 : Nécessite une aide très importante. Déficits graves en compétences de communication, limitation très sévère de la capacité à initier des relations, comportement inflexible, détresse importante.
- Niveau 2 : Nécessite une aide importante. Déficits marqués en communication, capacité limitée à initier des relations, manque de flexibilité comportementale, détresse importante.
- Niveau 1 : Nécessite de l’aide. Retentissement fonctionnel observable, difficultés à initier des relations, difficulté à passer d’une activité à une autre.
📝 Points essentiels
- La classification en niveaux repose sur l’évaluation de la sévérité des déficits en communication, interactions sociales, et comportements restreints et répétitifs.
- La distinction entre niveaux 1, 2 et 3 se fait selon l’importance de l’aide requise et la gravité des déficits.
- Ces niveaux permettent d’adapter l’aide et le soutien nécessaires à chaque enfant selon la gravité de ses troubles.
💡 À retenir
Les niveaux de sévérité du trouble du spectre de l’autisme sont définis par l’intensité des déficits et la nécessité d’un soutien spécifique, allant de l’aide à apporter (niveau 1) à une aide très importante (niveau 3).
📖 8. Hypothèses neurobiologiques
🔑 Notions clés & Définitions
Hypothèses neurobiologiques : Théories suggérant que les troubles du développement autistique ou psychotique sont liés à des dysfonctionnements ou anomalies au niveau du cerveau, impliquant des altérations structurales ou fonctionnelles (Raoult).
Altérations corticales : Perturbations ou anomalies au niveau du cortex cérébral, pouvant affecter ses fonctions, contribuant aux troubles neurodéveloppementaux (Raoult).
Anomalies chromosomiques : Défectuosités ou variations dans la structure ou le nombre de chromosomes, associées à une augmentation du risque de troubles autistiques ou psychotiques (Raoult).
Perturbations du développement cellulaire : Dysfonctionnements dans la croissance, la différenciation ou la migration des cellules nerveuses durant les premières semaines de gestation, pouvant entraîner des troubles du développement (Raoult).
Dysfonctionnements neuromédiateurs : Anomalies dans la synthèse, la libération ou la réception des neuromédiateurs (ex. neuromédiateurs), qui jouent un rôle dans la communication neuronale, affectant le fonctionnement cérébral (Raoult).
📝 Points essentiels
- Les hypothèses organicistes mettent en avant une altération des fonctions corticales ou un dysfonctionnement du tronc cérébral et des structures diencéphaliques.
- La perturbation du développement cellulaire intervient dans les premières semaines de gestation, notamment par une carence au niveau de l’hémisphère gauche.
- Les anomalies chromosomiques et les facteurs génétiques sont également évoqués comme facteurs contributifs.
- La présence d’anomalies neurologiques ou de pathologies associées renforce l’hypothèse d’un lien neurobiologique.
- Des perturbations des neuromédiateurs sont suspectées dans la genèse des troubles, notamment dans la régulation des circuits neuronaux.
💡 À retenir
Les hypothèses neurobiologiques proposent que les troubles autistiques et psychotiques résultent de dysfonctionnements cérébraux, impliquant des anomalies structurales, génétiques ou neurochimiques, dès les premières phases du développement.
📖 9. Théories psychodynamiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Organisation psychique : réponse du psychisme à un dysfonctionnement dans les interactions précoces, qui façonne la structure de la personnalité et ses mécanismes de défense (source : Raoult).
- Dysharmonie dans les interactions précoces : perturbation dans la relation entre l’enfant et son environnement maternel, pouvant entraîner des déviations dans la maturation psychique (source : Raoult).
- Identification projective (M. Klein) : mécanisme où l’enfant projette ses contenus internes indésirables dans l’objet, puis s’identifie à cet objet pour gérer l’angoisse ou la menace (source : Raoult).
- Dépression psychotique (Winnicott, Mahler, Tustin) : état où la perte du bon objet d’amour ou la dislocation du soi provoque une souffrance profonde, souvent vécue comme un arrachement ou une dislocation du moi, pouvant mener à des formes autistiques ou dépressives (source : Raoult).
- Rupture fondamentale du fonctionnement subjectif : entrée dans la psychose caractérisée par une désorganisation du rapport à la réalité et à soi-même, souvent liée à une dislocation du moi (source : Raoult).
📝 Points essentiels
- La structuration du champ psychotique résulte de processus de maturation pouvant s’enrayer, menant à une fixation psychopathologique ou à une émergence symptomatique.
- La dislocation du moi, envahi par des contenus fantasmatiques et pulsionnels, est une caractéristique majeure des formations instables en psychose (subjugation).
- La défense psychotique d’essence narcissique contre le réel inacceptable explique la formation de délires, notamment par projection paranoïaque ou autistique.
- La rupture du fonctionnement subjectif lors de l’entrée en psychose implique une désorganisation du rapport à la réalité et à l’objet d’attachement.
- La théorie psychanalytique insiste sur la dysharmonie dans les interactions précoces comme origine des troubles psychotiques, en lien avec l’organisation psychique et la défense contre l’angoisse.
💡 À retenir
Les théories psychodynamiques considèrent la psychose comme le résultat d’une dysharmonie dans les interactions précoces, menant à une dislocation du moi et à une organisation psychique instable, défendue par des mécanismes narcissiques et projectifs.
📖 10. Démantèlement psychique
🔑 Notions clés & Définitions
Démantèlement psychique : Processus passif où les sensations, perceptions et qualités sensorielles de l’objet sont fragmentées en petites parties simplifiées, selon les modalités de l’expérience sensorielle, empêchant toute ébauche cohérente du moi. Ce processus transforme l’objet en petites parties isolées, sans intégration émotionnelle ou représentation globale, et constitue une forme de désintégration du fonctionnement psychique (Raoult).
Clivage du Moi : Mécanisme défensif actif, portant sur la séparation des différentes parties du moi, souvent pour isoler ou protéger des contenus psychiques inacceptables. Il s’agit d’un processus dynamique, souvent associé à des formations instables, permettant de maintenir une certaine cohérence psychique face à la souffrance (voir section 2).
Dissolution du Self : Dégradation ou désintégration du noyau identitaire, où le sujet perd la cohérence de son identité, de ses frontières psychiques et de ses représentations de soi. Elle résulte d’un démantèlement ou d’un effondrement des structures psychiques, menant à une perte de l’unité du sujet.
Défense contre la souffrance psychique : Mécanismes inconscients visant à protéger le sujet d’émotions ou de réalités inacceptables. Dans le contexte du démantèlement, ces défenses prennent la forme de processus passifs ou actifs, comme la formation d’une seconde peau ou l’identification adhésive, pour éviter la confrontation avec la douleur ou la déstructuration du psychisme.
📝 Points essentiels
- Le démantèlement est une transformation passive des sensations en petites qualités perceptives isolées, empêchant la synthèse et la représentation globale. Il diffère du clivage kleinien, qui est actif et orienté vers la séparation des objets ou du moi (Raoult, 2023).
- Ce processus aboutit à une perte de la capacité de synthèse sensorielle et mentale, favorisant un mode de fonctionnement où les perceptions sont fragmentées et sans lien entre elles.
- La dépendance à l’objet se manifeste par une identification adhésive, où l’enfant se colle à l’objet pour éviter la séparation ou la souffrance, rendant toute distinction entre lui et l’objet floue.
- La dissolution du Self et le démantèlement empêchent la constitution d’un moi cohérent, favorisant des états autistiques ou confusionnels.
- La notion de démantèlement est liée à une incapacité à élaborer des représentations symboliques, ce qui entrave la différenciation entre intérieur et extérieur, et favorise la fusion ou l’enchevêtrement des enveloppes psychiques.
- La différenciation entre démantèlement et clivage est essentielle : le démantèlement concerne la désintégration sensorielle passive, tandis que le clivage est un mécanisme actif de séparation défensive.
💡 À retenir
Le démantèlement psychique est un processus passif de désintégration sensorielle qui empêche la construction d’un moi cohérent, favorisant des états autistiques ou confusionnels, et constitue une défense contre la souffrance psychique liée à la perte ou à la fragmentation du Self.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1943 | Publication de la description des troubles autistiques précoces par Léo Kanner |
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère | Approche freudienne | Approche clinique (Kanner) | Auteur / Référence |
|---|
| Dislocation du moi | Dislocation par contenus fantasmatiques, défense narcissique | Rupture du fonctionnement subjectif, retrait social, mutisme | Freud, Raoult, Kanner |
| Mécanismes de défense | Subjugation, projection paranoïaque | Défense narcissique contre le réel, clivage | Freud, Kanner |
| Symptômes principaux | Formations instables, fragilité du moi | Retrait social, comportements stéréotypés, performances mnésiques | Freud, Kanner |
| Troubles du développement | Démantèlement, état autistique | Incapacité affective, rupture du lien d’attachement | Raoult, Kanner |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre autisme de Kanner avec la schizophrénie infantile, qui inclut souvent une détérioration cognitive plus marquée.
- Confusion entre la dislocation du moi freudienne et la simple instabilité émotionnelle ou comportementale.
- Négliger la distinction entre troubles autistiques précoces (Kanner) et autres troubles du développement ou psychoses infantiles.
- Confondre mécanismes de défense narcissique (freudien) avec des stratégies adaptatives normales.
- Sous-estimer l’importance de la rupture du fonctionnement subjectif dans la clinique de l’autisme.
- Confondre démence précoce et troubles autistiques, qui ont des mécanismes et évolutions différents.
- Omettre la dimension biopsychosociale dans la compréhension des autismes précoces.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition du processus de structuration subjective selon Raoult et ses enjeux.
- Maîtriser la notion de dislocation du moi et ses conséquences dans la psychose, selon Freud.
- Identifier les mécanismes de défense psychotiques, notamment la subjugation et la projection paranoïaque.
- Savoir décrire la clinique de Kanner : retrait social, mutisme, comportements stéréotypés, performances mnésiques.
- Comprendre la différence entre autisme précoce et démence précoce chez l’enfant.
- Connaître la classification moderne du Trouble du Spectre de l’Autisme (DSM V).
- Être capable d’expliquer la notion de rupture du fonctionnement subjectif dans les troubles autistiques.
- Identifier les hypothèses neurobiologiques et psychodynamiques associées aux autismes précoces.
- Connaître la différence entre troubles autistiques, psychoses symbiotiques, et autres troubles du développement.
- Maîtriser la distinction entre mécanismes de défense narcissique et stratégies adaptatives.
- Savoir décrire la clinique de la psychose selon la perspective freudienne.
- Connaître la contribution de Kanner à la compréhension des troubles autistiques précoces.