Fiche de révision : Les attitudes en psychologie sociale

Plan du Cours

  1. Attitudes en psychologie sociale
  2. Modélisations théoriques
  3. Mesures d’attitude
  4. Lien attitude-comportement
  5. Polarisation collective
  6. Effet de groupe sur risque
  7. Normes sociales et responsabilité
  8. Stéréotypes et associations implicites
  9. Théorie de l’action raisonnée
  10. Théorie du comportement planifié

1. Attitudes en psychologie sociale

Notions clés & Définitions

  • Allport (1935) : « Une attitude représente un état psychique et nerveux de préparation à répondre, organisé à la suite de l’expérience et exerçant une influence directrice ou dynamique sur les réponses de l’individu à tous les objets et à toutes les situations qui s’y rapportent. »
    Définition d’une attitude comme un état interne, organisé, qui guide la réponse face à un objet ou une situation.

  • Fazio (1995) : « Une association en mémoire entre un objet d’attitude et une évaluation donnée de cet objet. »
    L’attitude est une connexion mentale entre un objet et une évaluation positive ou négative.

  • Eagly & Chaiken (1993) : « Une tendance psychologique exprimée par l’évaluation d’une entité particulière selon un certain degré de faveur ou de défaveur. »
    L’attitude comme une tendance à juger favorablement ou défavorablement un objet.

  • Modèle unidimensionnel (Thurstone et Chave, 1929 ; Fishbein et Ajzen, 1975) :
    L’attitude est une réponse évaluative affective (favorable ou défavorable) envers un objet, sur un continuum.

  • Caractéristiques générales des attitudes :

    • Acquises : issues de l’expérience, de l’éducation, des interactions sociales.
    • Stables et durables : peuvent changer sous influence de facteurs.
    • Polarisées : connotées affectivement, positives ou négatives.
    • Direction, intensité, centralité, accessibilité : propriétés qui structurent l’attitude.

Points essentiels

  • Origines et définitions : L’attitude est une variable intermédiaire, une disposition interne qui influence perception et comportement (Allport, 1935 ; Thomas & Znaniecki, 1918). Elle repose sur des sentiments, désirs, motivations, et constitue une prise de position en faveur ou en défaveur d’un objet.

  • Caractéristiques : Acquises, stables, polarisées, avec des propriétés clés :

    • Direction : positive ou négative (polarité).
    • Intensité : force de l’évaluation (de « pas du tout favorable » à « tout à fait favorable »).
    • Centralité : importance personnelle ou implication.
    • Accessibilité : facilité avec laquelle l’attitude peut être rappelée ou exprimée.
  • Modélisations :

    • Unidimensionnel (Thurstone, 1929 ; Fishbein & Ajzen, 1975) : attitude comme une évaluation affective.
    • Tripartite classique (Rosenberg & Hovland, 1960) : composantes cognitive, affective, conative.
    • Tripartite révisé (Zanna & Rempel, 1988) : inclut le jugement basé sur informations cognitives, affectives et comportementales, permettant plusieurs attitudes envers un même objet.
  • Mesures :

    • Directes : questionnaires, échelles de Likert, différenciateurs sémantiques.
    • Indirectes/implicites : tests d’associations implicites (Greenwald, McGhee & Schwartz, 1998), temps de réaction, pour contourner la désirabilité sociale.
  • Lien attitude-comportement : La relation est modérée (corrélation ~0,38 ; Kraus, 1995). La théorie de l’action raisonnée (Ajzen & Fishbein, 1977) et la théorie du comportement planifié (Ajzen, 1987 ; 1991) précisent que l’attitude influence l’intention, qui influence le comportement, sous réserve du contrôle perçu (Ajzen, 1991).

À retenir

L’attitude est une disposition interne, acquise et polarisée, qui structure la perception et le comportement face à un objet, et dont la relation avec le comportement réel est modulée par le contexte et la perception du contrôle.

2. Modélisations théoriques

Notions clés & Définitions

  • Modèle unidimensionnel (Thurstone et Chave, 1929 ; Fishbein et Ajzen, 1975) : L’attitude est une réponse évaluative affective (favorable ou défavorable) envers son objet, basée sur une seule dimension d’attitude, généralement l’attirance ou la répulsion. Elle se manifeste par une évaluation simple, positive ou négative, d’un objet ou d’une situation.

  • Modèle tripartite classique (Rosenberg & Hovland, 1960) : L’attitude est une disposition résultant de trois composantes interdépendantes : la composante cognitive (croyances, connaissances), la composante affective (émotions, sentiments) et la composante conative (intentions, comportements). Ces trois éléments forment une structure cohérente qui influence le jugement et le comportement.

  • Modèle tripartite révisé (Zanna & Rempel, 1988) : L’attitude est un jugement basé sur trois types d’informations : cognitive, affective et comportementale (ou information relative au comportement passé ou aux intentions). Ce modèle intègre le modèle unidimensionnel en considérant que le jugement peut se former à partir de plusieurs sources d’informations, qui peuvent se séparer ou se rejoindre, permettant ainsi d’avoir plusieurs attitudes à l’égard d’un même objet.

Points essentiels

  • Le modèle unidimensionnel considère l’attitude comme une simple évaluation affective, positive ou négative, envers un objet, en se concentrant sur une seule dimension d’attirance ou de répulsion (Thurstone et Chave, 1929 ; Fishbein et Ajzen, 1975).

  • Le modèle tripartite classique (Rosenberg & Hovland, 1960) propose que l’attitude résulte de trois composantes : cognitive (croyances et connaissances), affective (émotions, sentiments) et conative (intentions et comportements). Ces composantes sont souvent corrélées mais peuvent varier indépendamment.

  • Le modèle tripartite révisé (Zanna & Rempel, 1988) insiste sur le fait que le jugement d’attitude se construit à partir de plusieurs types d’informations : cognitives, affectives et comportementales. Il permet d’expliquer la coexistence de plusieurs attitudes à l’égard d’un même objet, en fonction des sources d’informations mobilisées.

  • La relation entre attitude et comportement n’est pas directe : la théorie de l’action raisonnée (Ajzen & Fishbein, 1977) et la théorie du comportement planifié (Ajzen, 1987 ; 1991) montrent que l’attitude influence l’intention, qui elle-même influence le comportement, sous réserve de la perception du contrôle sur ce comportement.

À retenir

Les modèles théoriques des attitudes montrent que celles-ci sont des structures complexes, pouvant être décrites par une seule dimension affective ou par une intégration de composantes cognitives, affectives et comportementales, selon leur niveau de sophistication et leur capacité à prédire le comportement.

3. Mesures d’attitude

Notions clés & Définitions

  • Mesures directes : Méthodes d’évaluation de l’attitude basées sur la déclaration explicite de l’individu à travers des questionnaires ou échelles, telles que l’échelle de Likert ou l’échelle évaluative du différenciateur sémantique (Osgood, Suci & Tannenbaum, 1957).
  • Échelle de Likert : Technique consistant à faire évaluer par un individu son accord ou désaccord sur une série d’énoncés, permettant d’obtenir un score global d’attitude (Likert, 1932).
  • Test d’associations implicites (Greenwald, McGhee & Schwartz, 1998) : Méthode indirecte mesurant la rapidité avec laquelle un individu associe certains concepts (ex. fleurs vs insectes, stéréotypes) pour révéler des attitudes implicites, souvent à l’insu du sujet.
  • Mesures indirectes et implicites : Techniques visant à évaluer l’attitude sans que l’individu en ait conscience ou sans qu’il ait à exprimer explicitement ses opinions, comme le test d’associations implicites ou le temps de réaction.
  • Différenciateur sémantique (Osgood, Suci & Tannenbaum, 1957) : Échelle bipolaire où le répondant positionne un concept entre deux adjectifs opposés (ex. intéressant vs ennuyeux) pour mesurer la connotation affective attachée à ce concept.
  • Effet de désirabilité sociale : biais où l’individu modifie ses réponses pour apparaître favorable ou socialement acceptable, ce qui peut fausser les mesures auto-déclarées d’attitude.

Points essentiels

  • Les mesures directes reposent sur la déclaration consciente de l’individu, souvent via des questionnaires comme l’échelle de Likert ou le différenciateur sémantique (Osgood et al., 1957). Elles permettent une évaluation explicite de l’attitude, mais sont vulnérables aux biais de désirabilité sociale.
  • La technique de l’addition des estimations (Likert, 1932) consiste à faire évaluer une série d’énoncés, puis à additionner les scores pour obtenir une mesure globale de l’attitude.
  • Les mesures indirectes et implicites, telles que le test d’associations implicites (Greenwald et al., 1998), évaluent la rapidité de catégorisation pour révéler des attitudes implicites, souvent liées aux stéréotypes ou aux biais inconscients.
  • La méthode du différenciateur sémantique (Osgood et al., 1957) permet d’évaluer la connotation affective d’un concept en demandant au répondant de se positionner entre deux adjectifs opposés.
  • Ces techniques implicites sont particulièrement utiles pour contourner la désirabilité sociale et révéler des attitudes non conscientes ou difficiles à verbaliser.
  • La relation entre attitude et comportement est modérée (corrélation moyenne de 0,38 selon Kraus, 1995), et dépend aussi du contexte, des normes sociales et du contrôle perçu (Ajzen, 1987 ; 1991).

À retenir

Les mesures d’attitude peuvent être directes, via questionnaires déclaratifs, ou implicites, via des tests comme celui d’associations implicites, permettant de révéler des biais inconscients et de contourner la désirabilité sociale.

4. Lien attitude-comportement

Notions clés & Définitions

  • Attitude comme variable intermédiaire : Selon Thomas et Znaniecki (1918), l’attitude est une variable qui fonctionne comme une préparation à l’action envers un objet donné, influençant la probabilité de comportements concrets.
  • Lien entre attitude et comportement : La relation est modérée, avec une corrélation moyenne de 0,38 selon Kraus (1995), indiquant que l’attitude n’est qu’un des nombreux facteurs influençant le comportement.
  • Théorie de l’action raisonnée : Ajzen & Fishbein (1977) proposent que l’attitude influence directement l’intention comportementale, qui elle-même détermine le comportement réel.
  • Théorie du comportement planifié : Ajzen (1987, 1991) ajoute le contrôle perçu comme variable, précisant que la facilité ou difficulté à réaliser un comportement modère la relation entre intention et comportement.
  • Facteurs modifiant la relation : Selon Newcomb, Turner et Converse (1970), la situation et le contexte jouent un rôle crucial, rendant la relation entre attitude et comportement non déterministe.

Points essentiels

  • L’attitude, en tant qu’état psychique et préparation à répondre, influence la probabilité de comportements concrets, mais cette influence est modérée et dépend de nombreux facteurs (Kraus, 1995).
  • La relation entre attitude et comportement est souvent faible ou moyenne, comme le montre l’étude de Richard LaPiere (1934), où 90% des hôtels refusaient d’accueillir des Chinois malgré une attitude favorable déclarée.
  • La théorie de l’action raisonnée (Fishbein & Ajzen, 1977) précise que l’attitude agit principalement via l’intention comportementale, qui est le meilleur prédicteur du comportement.
  • La théorie du comportement planifié (Ajzen, 1987 ; 1991) introduit le contrôle perçu, soulignant que la perception de la facilité ou difficulté influence la traduction de l’intention en comportement effectif.
  • La relation attitude-comportement est aussi modulée par le contexte social et situationnel, comme le montrent les études de Masson-Maret (1990) et la méta-analyse de Kraus (1995).

À retenir

L’attitude agit comme une variable intermédiaire qui prépare à l’action, mais sa capacité à prédire un comportement concret dépend de facteurs contextuels, du contrôle perçu et des normes sociales, rendant la relation souvent modérée.

5. Polarisation collective

Notions clés & Définitions

  • Polarisation collective (Moscovici et Zavalloni, 1969) : phénomène d’extrémisation des positions en groupe, où les individus renforcent leurs attitudes initiales lors de discussions collectives, conduisant à des positions plus extrêmes qu’au départ.

  • Effet de renforcement des attitudes (Fraser, 1971) : processus par lequel, après une discussion de groupe, les attitudes favorables ou défavorables à un objet ou une idée deviennent plus marquées, renforçant la position initiale des participants.

  • Polarisation comme phénomène général : la polarisation collective n’est pas limitée à des attitudes extrêmes, mais représente une tendance plus large où les groupes tendent à radicaliser leurs positions initiales lors de discussions ou interactions sociales.

Points essentiels

  • La polarisation collective est une forme spécifique de polarisation, où l’augmentation de l’intensité des attitudes favorables ou défavorables est observée après discussion en groupe (Moscovici et Zavalloni, 1969). Elle se manifeste par une radicalisation des positions initiales, que ce soit vers l’approbation ou le rejet.

  • Selon Moscovici et Zavalloni (1969), cette extrémisation résulte d’un processus où les individus, en groupe, accentuent leurs positions initiales, renforçant ainsi la connotation affective et la connotation normative de leur attitude.

  • Fraser (1971) a reproduit cette expérience en montrant que les réponses des participants deviennent encore plus extrêmes après avoir connu les choix d’autres personnes, illustrant le phénomène de polarisation.

  • La polarisation collective est liée à un phénomène plus général appelé « polarisation », où le groupe, par la discussion, amplifie ses tendances initiales, qu’elles soient positives ou négatives.

  • La théorie de Pruitt (1972) sur la libération des normes sociales suggère que lors des discussions, la modération normative est levée, ce qui permet aux individus de s’exprimer plus extrémement, renforçant la polarisation.

  • La polarisation vers la prudence ou le risque dépend du contexte, des enjeux, et de la nature des arguments échangés, avec une tendance plus forte vers l’extrémisation des attitudes risquées (Brown, 1965).

À retenir

La polarisation collective désigne le processus par lequel les groupes extrémisent leurs positions initiales lors de discussions, renforçant ainsi leurs attitudes favorables ou défavorables, phénomène illustré par l’expérience de Fraser (1971) et théorisé par Moscovici et Zavalloni (1969).

6. Effet de groupe sur risque

Notions clés & Définitions

  • Effet de groupe sur la prise de risque (Wallach et Kogan, 1965) : augmentation de la propension à prendre des risques après une discussion en groupe, sous certaines conditions.
  • Conditions nécessaires à l’augmentation du risque (Wallach et Kogan, 1965) : discussion effective, positions divergentes, orientation du matériel.
  • Dilution de responsabilité (Pruitt, 1972) : phénomène où la responsabilité individuelle est partagée en groupe, ce qui peut réduire la culpabilité ou la contrainte perçue, favorisant la prise de risque.
  • Valorisation sociale du risque (Brown, 1965) : explication selon laquelle le risque est perçu comme valorisé dans certaines sociétés occidentales, ce qui influence la discussion de groupe en faveur du risque.
  • Libération des normes sociales (Pruitt, 1972) : lors des discussions, les réponses plus risquées des autres libèrent l’individu de la contrainte normative, favorisant l’expression de comportements risqués.

Points essentiels

  • L’effet de groupe sur la prise de risque a été démontré par l’expérience de Wallach et Kogan (1965), qui montre qu’une discussion en groupe peut augmenter la propension au risque, mais uniquement sous certaines conditions : discussion effective, divergence des positions, orientation du matériel.
  • La discussion en groupe doit être effective, c’est-à-dire que les échanges doivent réellement avoir lieu, et les positions doivent diverger pour que l’effet de risque se manifeste (Wallach et Kogan, 1965 ; Ellis, Spence, et Olfield, 1969).
  • La nature du matériel influence également l’effet : plus l’enjeu est faible, plus l’augmentation du risque est importante (Wallach et Kogan, 1965).
  • Plusieurs explications ont été proposées :
    • La dilution de responsabilité (Pruitt, 1972), qui suggère que la responsabilité partagée diminue la contrainte morale.
    • La valorisation sociale du risque (Brown, 1965), qui indique que dans certaines cultures, le risque est perçu comme valorisé, ce qui pousse à l’augmenter lors des discussions.
    • La libération des normes sociales (Pruitt, 1972), où la discussion permet aux individus de s’affranchir des normes sociales modératrices, se lâchant dans la prise de risque.
  • La polarisation collective (Moscovici et Zavalloni, 1969) montre que lors des discussions, les positions extrêmes, notamment en faveur du risque, sont renforcées, ce qui mène à une radicalisation des attitudes.
  • L’expérience de Fraser (1971) confirme que la connaissance des choix d’autrui lors d’une discussion tend à renforcer la polarisation, avec une tendance à devenir encore plus risqué ou prudent selon la position initiale.

À retenir

L’effet de groupe sur la prise de risque résulte d’un processus complexe où la discussion effective, la divergence des opinions, et la nature du matériel jouent un rôle clé, avec des explications principales telles que la dilution de responsabilité, la valorisation sociale du risque, et la libération des normes sociales, renforçant la polarisation vers l’extrême.

7. Normes sociales et responsabilité

Notions clés & Définitions

  • Rôle des normes sociales dans la modération des comportements à risque (Pruitt, 1972) : Les normes sociales sont des règles implicites ou explicites qui régulent les comportements au sein d’un groupe, modérant l’expression des comportements à risque en imposant des limites ou en valorisant certains comportements. Selon Pruitt (1972), elles jouent un rôle central dans la modération ou l’incitation à la prise de risque lors de discussions ou décisions collectives.

  • Dilution de responsabilité en groupe : Phénomène selon lequel la responsabilité individuelle est perçue comme étant partagée entre tous les membres d’un groupe, ce qui réduit le sentiment de responsabilité personnelle et peut favoriser la prise de risques ou le comportement impulsif. La responsabilité est diluée lorsque l’individu pense que d’autres partageront la charge ou la décision.

  • Interaction entre normes sociales et responsabilité individuelle dans les décisions de groupe : La dynamique où les normes sociales influencent la perception de responsabilité individuelle lors des décisions collectives. Lorsqu’un groupe partage des normes valorisant le risque, cela peut diminuer la responsabilité perçue de chaque membre, favorisant ainsi la prise de risques accrue.

Points essentiels

  • La modération ou l’incitation à la prise de risque en groupe dépend fortement des normes sociales qui y prévalent, comme le souligne Pruitt (1972). Ces normes peuvent soit limiter la prise de risque (normes conservatrices), soit l’encourager (normes risquées).

  • La dilution de responsabilité est un facteur clé dans la prise de risque collective, où chaque individu se sent moins responsable de l’impact de ses actions, ce qui facilite l’adoption de comportements risqués (expérience de Wallach et Kogan, 1965). Ce phénomène est renforcé par la présence de normes sociales permissives ou valorisantes du risque.

  • L’interaction entre normes sociales et responsabilité individuelle influence la décision de groupe : lorsque les normes valorisent le risque, la responsabilité perçue de chaque membre diminue, ce qui peut conduire à une polarisation vers des comportements extrêmes (Moscovici et Zavalloni, 1969). La libération des normes sociales de modération (Pruitt, 1972) explique que les réponses plus risquées des autres libèrent l’individu de la contrainte normative, favorisant l’expression de comportements risqués.

  • La polarisation collective illustre comment, en présence de normes favorables au risque, les attitudes extrêmes se renforcent lors des discussions en groupe, conduisant à une radicalisation des positions (Moscovici et Zavalloni, 1969; Fraser, 1971).

  • La responsabilité individuelle dans la prise de décision est donc modulée par la norme sociale, la perception de responsabilité étant souvent réduite dans un contexte collectif, ce qui facilite la prise de risques excessifs ou déviants.

À retenir

Les normes sociales jouent un rôle déterminant dans la modulation des comportements à risque en groupe, en influençant la responsabilité perçue des individus, ce qui peut conduire à une augmentation de la prise de risque par dilution de responsabilité et polarisation collective.

8. Stéréotypes et associations implicites

Notions clés & Définitions

  • Stéréotypes : Croyances socialement partagées et simplifiées concernant les caractéristiques, comportements ou attributs d’un groupe social, souvent généralisés et parfois erronés. (Auteur non précisé dans le texte)

  • Associations implicites : Connexions automatiques et inconscientes entre deux concepts en mémoire, qui influencent les attitudes et comportements sans conscience explicite. (Fazio, 1995) définit une attitude comme une association en mémoire entre un objet et une évaluation.

  • Test d’associations implicites (Greenwald, McGhee & Schwartz, 1998) : Méthode expérimentale permettant de mesurer les biais implicites en évaluant la rapidité avec laquelle des individus associent certains concepts (ex : groupes sociaux, stéréotypes) à des évaluations positives ou négatives, à l’insu du participant.

Points essentiels

  • Origine des stéréotypes : Ils proviennent de processus sociaux, culturels et cognitifs, permettant une simplification de la réalité mais pouvant conduire à des biais et discriminations.

  • Associations implicites : Ces associations sont souvent inconscientes, automatiques, et peuvent différer des attitudes déclarées consciemment, ce qui explique leur importance dans l’étude des biais sociaux.

  • Mesure des biais implicites : Le test d’associations implicites (Greenwald, McGhee & Schwartz, 1998) repose sur la rapidité de catégorisation. Par exemple, associer rapidement des noms ou concepts à des évaluations positives ou négatives indique une association implicite favorable ou défavorable.

  • Utilisation du test : Il est fréquemment utilisé pour étudier les stéréotypes liés à la race, au genre, à l’âge, etc., en révélant des biais implicites que les individus ne reconnaissent pas ou ne souhaitent pas révéler dans des mesures déclaratives.

  • Relation avec les comportements : Les associations implicites peuvent prédire des comportements discriminatoires ou des réactions automatiques, même lorsque les attitudes déclarées sont égalisées ou non biaisées.

  • Critique et limites : La validité et la fiabilité du test d’associations implicites sont débattues, notamment concernant leur capacité à prédire concrètement des comportements dans la vie réelle.

À retenir

Les stéréotypes sont des croyances sociales simplifiées, souvent implicites, que le test d’associations implicites permet de révéler en mesurant la rapidité des associations automatiques en mémoire, révélant ainsi des biais inconscients pouvant influencer les comportements sociaux.

9. Théorie de l’action raisonnée

Notions clés & Définitions

  • Fishbein et Ajzen (1975) : La théorie de l’action raisonnée postule que le comportement d’un individu est principalement déterminé par son intention comportementale, elle-même influencée par ses attitudes envers le comportement et ses normes subjectives.
  • Attitude (Fishbein & Ajzen, 1975) : La disposition évaluative d’un individu à l’égard d’un comportement, qui influence directement son intention de le réaliser. Elle se compose d’informations cognitives et affectives.
  • Normes subjectives (Fishbein & Ajzen, 1975) : La perception par l’individu des pressions sociales ou des attentes de son environnement concernant la réalisation ou non du comportement.

Points essentiels

  • La théorie de l’action raisonnée insiste sur le rôle central de l’intention comportementale comme déterminant immédiat du comportement, cette intention étant influencée par deux facteurs : l’attitude envers le comportement et les normes subjectives.
  • L’attitude est construite à partir d’informations cognitives (croyances, caractéristiques de l’objet) et affectives (sentiments, émotions) (Fazio, 1995 ; Eagly & Chaiken, 1993).
  • Les normes subjectives résultent de la perception des attentes sociales et de la motivation à y se conformer. La conformité aux normes peut renforcer ou modifier l’intention.
  • La théorie du comportement planifié (Ajzen, 1987 ; 1991) étend la théorie en intégrant la variable du contrôle perçu sur le comportement, c’est-à-dire la perception de la facilité ou difficulté à réaliser le comportement, influençant ainsi directement l’intention et le comportement.
  • La relation entre attitude, intention et comportement est modérée par des facteurs contextuels et situationnels, comme le montre la méta-analyse de Sheeran (2002), avec une corrélation entre intention et comportement estimée à 0,53.

À retenir

La théorie de l’action raisonnée explique que le comportement est prédictible à partir de l’intention, elle-même façonnée par l’attitude et les normes sociales, tandis que la théorie du comportement planifié ajoute la perception du contrôle comme facteur clé dans cette relation.

10. Théorie du comportement planifié

Notions clés & Définitions

  • Théorie du comportement planifié (Ajzen, 1987 ; 1991) : Extension de la théorie de l’action raisonnée intégrant la variable du contrôle comportemental perçu, permettant de mieux prédire la réalisation effective d’un comportement en tenant compte des obstacles et facilités perçus par l’individu.

  • Contrôle comportemental perçu (Ajzen, 1987 ; 1991) : La perception qu’a une personne de sa capacité à réaliser un comportement, basée sur ses expériences passées et ses obstacles anticipés. Il reflète la facilité ou la difficulté perçue à exécuter l’action.

  • Rôle du contrôle perçu dans la réalisation des comportements (Ajzen, 2001) : Ce contrôle influence directement la probabilité que l’intention se transforme en comportement effectif, en modulant la confiance de l’individu dans sa capacité à agir.

Points essentiels

  • La théorie du comportement planifié complète la théorie de l’action raisonnée en introduisant la notion de contrôle perçu, permettant de prédire non seulement l’intention mais aussi la concrétisation du comportement (Ajzen, 1987 ; 1991).

  • La perception du contrôle repose sur deux éléments : l’expérience passée de l’individu avec le comportement et ses obstacles anticipés, ce qui influence la facilité ou difficulté perçue à agir.

  • La relation entre attitude, normes subjectives et contrôle perçu détermine l’intention comportementale : si l’attitude est favorable, que la norme subjective est favorable et que le contrôle perçu est élevé, la probabilité de réalisation du comportement est maximisée (Ajzen, 2001).

  • La méta-analyse de Sheeran (2002) indique que la corrélation entre intention et comportement est d’environ 0,53, soulignant l’importance du contrôle perçu dans la traduction de l’intention en action.

  • La théorie permet de mieux comprendre les écarts entre intention et comportement, notamment dans des contextes où le contrôle perçu est faible ou variable.

À retenir

La théorie du comportement planifié étend la théorie de l’action raisonnée en intégrant le contrôle perçu, ce qui permet de mieux prédire si une intention se traduira en comportement effectif, en tenant compte des obstacles et facilités perçus par l’individu.

Tableaux de Synthèse

Modèle d’attitudeComposantes principalesAuteur(s)Description
UnidimensionnelÉvaluation affective (favorable/défavorable)Thurstone, Chave (1929) ; Fishbein, Ajzen (1975)Attitude comme une seule dimension d’évaluation, simple et polarisée
Tripartite classiqueCognitive, affective, conativeRosenberg, Hovland (1960)Attitude comme une structure à trois composantes interdépendantes
Tripartite réviséCognitive, affective, comportementaleZanna, Rempel (1988)Inclut le jugement basé sur diverses sources d’informations, plusieurs attitudes possibles
ModélisationObjectifPoints clésAuteur(s)
Modèle unidimensionnelÉvaluation simpleAttitude comme une seule dimension affectiveThurstone, Chave (1929) ; Fishbein, Ajzen (1975)
Modèle tripartiteStructure complexeComposantes cognitive, affective, conativeRosenberg, Hovland (1960)
Modèle réviséMultiple sources d’informationsAttitudes multiples selon contexteZanna, Rempel (1988)

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre attitude et comportement : l’attitude ne prédit pas toujours le comportement directement (relation modérée, ~0,38).
  2. Prendre une attitude déclarée comme représentative de l’attitude implicite : biais de désirabilité sociale.
  3. Confondre modèle unidimensionnel et tripartite : simplification excessive ou complexification abusive.
  4. Ignorer que l’attitude peut être polarisée mais aussi ambivalente ou conflictuelle.
  5. Confondre mesures directes et indirectes : celles-ci ne mesurent pas la même chose, notamment l’attitude implicite.
  6. Négliger que la relation attitude-comportement est modulée par la perception du contrôle (Théorie du comportement planifié).
  7. Confondre l’attitude avec la croyance ou l’émotion isolée, alors que l’attitude est une structure intégrée.

Checklist Examen

  • Connaître la définition d’Allport (1935) de l’attitude comme un état psychique et nerveux organisé.
  • Maîtriser la conception de Fazio (1995) sur l’attitude comme association en mémoire.
  • Savoir la différence entre l’approche unidimensionnelle (Thurstone, Fishbein) et la modélisation tripartite (Rosenberg, Hovland).
  • Identifier les trois composantes du modèle tripartite classique : cognitive, affective, conative.
  • Connaître la version révisée du modèle tripartite (Zanna & Rempel, 1988) avec ses sources d’informations.
  • Comprendre la relation modérée entre attitude et comportement (corrélation ~0,38, Kraus, 1995).
  • Savoir distinguer mesures directes (questionnaires, échelles de Likert) et indirectes (tests d’associations implicites, temps de réaction).
  • Connaître le principe de la différenciateur sémantique (Osgood, Suci & Tannenbaum, 1957).
  • Maîtriser la théorie de l’action raisonnée (Ajzen & Fishbein, 1977) et la théorie du comportement planifié (Ajzen, 1987, 1991).
  • Identifier les principaux pièges liés à la désirabilité sociale et aux biais de mesure.
  • Comprendre que l’attitude est une disposition interne, stable, polarisée, influençant la perception et le comportement.
  • Connaître les principales modélisations théoriques des attitudes et leur évolution.
  • Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique (ex. association implicite, différenciateur sémantique).
  • Savoir que l’attitude peut être multiple et contextuelle selon le modèle considéré.
  • Se rappeler que la relation attitude-comportement dépend aussi du contrôle perçu.
  • Connaître les auteurs clés : Allport (1935), Fazio (1995), Rosenberg & Hovland (1960), Zanna & Rempel (1988), Ajzen (1987, 1991).
  • Vérifier la compréhension des concepts liés à la polarisation, à la stabilité et à l’accessibilité des attitudes.
  • Assimiler la différence entre attitude explicite et implicite.
  • S’assurer de la maîtrise des principales mesures d’attitude et de leurs limites.
  • Connaître les pièges liés à l’interprétation des résultats de mesure.
  • Vérifier la capacité à distinguer les modèles et leur application dans la prédiction du comportement.
  • S’assurer de la compréhension des liens entre attitude, norme sociale et responsabilité.
  • Vérifier la connaissance des effets de groupe sur le risque et la polarisation collective.
  • Connaître la relation entre normes sociales, responsabilité et comportement.
  • Maîtriser la distinction entre stéréotypes, associations implicites et leur impact sur le comportement.
  • Comprendre la portée et les limites des modèles théoriques en psychologie sociale.

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1. Selon Allport (1935), qu'est-ce qu'une attitude en psychologie sociale ?

2. Selon Allport (1935), comment définit-on une attitude en psychologie sociale ?

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Mémorisez les concepts clés de Les attitudes en psychologie sociale avec 9 flashcards interactives.

Attitudes — définition ?

État psychique influençant la réponse à un objet.

Théorie de l’action raisonnée — cœur?

Composante attitude influencée par croyances et normes.

Modèle unidimensionnel — rôle ?

Représente l’attitude comme une évaluation affective simple.

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