Fiche de révision : Les grandes écoles des relations internationales

Plan du Cours

  1. Théories des RI
  2. Libéralisme et États
  3. Réalisme et puissance
  4. Néo-réalisme et équilibre
  5. Néo-libéralisme et institutions
  6. Théorie marxiste dépendance
  7. Approche féministe RI
  8. Consolidation du système européen
  9. Expansion coloniale
  10. Nouvelles puissances
  11. Blocs antagonistes européens

1. Théories des RI

Notions clés & Définitions

Théories des Relations Internationales : écoles de pensées destinées à fournir leur vision et leur explication des relations internationales, en développant une grille de lecture des évènements observés.

Approche scolaire : manière d’analyser les relations internationales en s’appuyant sur des écoles de pensée ou des courants théoriques, permettant de structurer la compréhension des phénomènes internationaux.

Grille de lecture des évènements : cadre analytique développé par chaque école de pensée pour interpréter et expliquer les événements observés dans les relations internationales.

Points essentiels

  • Les théories des RI ont pour but de fournir une vision cohérente et structurée des dynamiques internationales.
  • Chaque école de pensée développe sa propre approche, ses concepts et ses méthodes d’analyse.
  • La grille de lecture permet d’interpréter les évènements selon la perspective théorique adoptée.
  • Ces écoles sont souvent opposées ou complémentaires, offrant différentes visions du fonctionnement du système international.
  • La compréhension des théories passe par l’étude de leur approche spécifique, leur vision de la société internationale, et leur manière d’analyser la sécurité, la puissance, la coopération ou la conflictualité.

À retenir

Les théories des RI sont des écoles de pensée qui proposent des cadres analytiques distincts pour comprendre et interpréter les évènements internationaux, en utilisant une grille de lecture spécifique à chaque approche.

2. Libéralisme et États

Notions clés & Définitions

Libéralisme
Courant de pensée qui existe hors les RI, basé sur l’idée que l’homme est capable de progrès si on lui donne des structures démocratiques. Il part de la théorie du contrat social de Rousseau, où chaque individu, en état de nature, est libre mais cherche sa sécurité. Les individus acceptent de céder une partie de leur liberté à l’État pour garantir leur sécurité. À l’échelle internationale, cette logique s’applique aux États, qui sont souverains en droit international dans une société anarchique. La coopération entre États, via des structures et organisations internationales, est essentielle pour assurer leur sécurité et développer une interdépendance. Après la Première Guerre mondiale, le libéralisme se renforce avec la création de la SDN, incarnant cette conception de coopération et de respect des règles. Après la Seconde Guerre mondiale, il évolue vers une approche pragmatique, avec la création de nouvelles organisations internationales (ONU, CECA, CEE) pour maintenir la paix et la stabilité.

État de nature
Concept selon Rousseau, décrivant une situation primitive où chaque individu est libre de faire ce qu’il veut, mais en quête permanente de sécurité. Dans cet état, la loi du plus fort règne, et chaque personne cherche à assurer sa sécurité et celle de sa famille. La solution est le passage à un État de droit, où les individus acceptent de céder une partie de leur liberté à une entité supérieure, l’État, pour garantir leur sécurité.

Contrat social
Théorie selon Rousseau, selon laquelle les individus, en cédant une partie de leur liberté à l’État, forment une société organisée. Ce contrat permet de passer d’un état de nature, anarchique, à un État de droit, garantissant la sécurité et l’ordre. À l’échelle internationale, ce mécanisme explique la nécessité de structures communes pour assurer la sécurité collective des États.

Interdépendance entre États
Relation de dépendance mutuelle qui se développe entre les États pour garantir leur sécurité et leur prospérité. Le libéralisme prône cette interdépendance, notamment par la coopération via des organisations internationales, afin de prévenir les conflits et de favoriser la stabilité dans une société internationale anarchique.

Organisations internationales
Institutions créées pour favoriser la coopération entre États, assurer leur sécurité, et réguler leurs relations. La SDN (Société des Nations) de 1919 est un exemple emblématique, visant à instaurer un ordre international basé sur la coopération et le respect des règles. Après la Seconde Guerre mondiale, l’ONU et d’autres institutions sectorielles ont été créées pour renforcer cette logique de coopération et de paix durable.

Points essentiels

  • Le libéralisme part de la théorie du contrat social pour expliquer le passage de l’état de nature à l’État de droit, appliqué à l’échelle internationale.
  • Dans une société anarchique, chaque État est souverain, mais la coopération internationale est nécessaire pour garantir la sécurité collective.
  • La création d’organisations internationales, comme la SDN en 1919, incarne la conception libérale de la coopération entre États.
  • Après l’échec de la SDN, le libéralisme évolue vers une approche pragmatique avec la création de l’ONU et d’autres institutions pour maintenir la paix.
  • L’interdépendance entre États, favorisée par ces organisations, est une clé pour réduire les risques de conflit et promouvoir la stabilité.

À retenir

Le libéralisme considère que la coopération et l’interdépendance entre États, via des organisations internationales, sont essentielles pour assurer la sécurité et la stabilité dans une société internationale anarchique.

3. Réalisme et puissance

Notions clés & Définitions

Réalisme
Courant de pensée qui considère la société internationale comme une société anarchique où chaque État, en quête de sécurité, agit principalement pour assurer sa survie. Selon Edward Carr (1939), il critique l’utopie libérale et insiste sur la compétition permanente entre États, où la puissance est la clé pour préserver leur sécurité et leur souveraineté.

Cycle de guerre
Concept selon lequel la société internationale est en état permanent de peur et de conflit, où les États se préparent constamment à la guerre suivante. Les réalistes pensent qu’il n’y a pas d’issue heureuse, et que la guerre ou la menace de guerre est une caractéristique inhérente à la relation entre États.

Puissance
Capacité d’un État à assurer sa sécurité et à influer sur les autres acteurs internationaux. Selon Morgenthau, cette puissance peut être déterminée par plusieurs éléments : géographie, ressources naturelles, développement industriel et militaire. La puissance est centrale dans la stratégie des États pour garantir leur survie dans un cycle de compétition et de conflit.

Souveraineté
Droit pour un État de décider librement pour lui-même, sans intervention extérieure. Dans la société internationale, chaque État est souverain, ce qui implique qu’il ne reconnaît pas d’entité supérieure à lui et qu’il exerce son autorité sur son territoire sans partage.

Points essentiels

  • La société internationale est perçue comme une société anarchique, sans autorité supérieure à celle des États.
  • Les réalistes considèrent que la sécurité des États est leur priorité absolue, ce qui conduit à un cycle de peur, de compétition et de guerre permanente.
  • La solution pour assurer la survie est la puissance, qui se construit par le développement économique, militaire, géographique et stratégique.
  • La période de l’entre-deux-guerres illustre cette vision, avec la montée des États puissants et la critique de l’utopie libérale, notamment par Carr et Morgenthau.
  • La puissance est un facteur déterminant dans la stratégie des États, qui cherchent à préserver leur souveraineté face à la menace permanente d’autres États.
  • La souveraineté implique que chaque État décide seul de ses affaires, sans partage ni intervention extérieure, renforçant l’idée d’un système international anarchique.

À retenir

Le réalisme voit la société internationale comme un cycle de peur et de conflit permanent, où la puissance et la souveraineté sont les leviers essentiels pour garantir la survie des États dans un système anarchique.

4. Néo-réalisme et équilibre

Notions clés & Définitions

Néo-réalisme
Courant théorique développé durant la période de la guerre froide, notamment par Waltz, qui cherche à expliquer le comportement des États en analysant le système international à travers une approche structurelle. Il considère que le système international est composé d’unités rationnelles (les États) qui agissent selon des régularités comportementales, influencées par la structure du système lui-même, notamment par l’équilibre des pouvoirs.

Équilibre des pouvoirs
Mécanisme selon lequel les États, en étant rationnels, cherchent à maintenir une distribution de puissance qui évite qu’une seule puissance domine totalement le système international. Ce principe pousse à la stabilité en empêchant l’hégémonie d’un seul acteur, en favorisant la répartition de la puissance entre plusieurs États ou blocs.

Système bipolaire
Type de système international caractérisé par la présence de deux superpuissances ou pôles de puissance majeurs, qui dominent la scène mondiale. Selon Waltz, ce système est considéré comme le plus stable, car chaque pôle a un intérêt commun à maintenir l’équilibre et à éviter la confrontation directe.

Système multipolaire
Configuration du système international où plusieurs États ou pôles de puissance importants coexistent. Avant 1945 et depuis 1990, ce type de système est marqué par une pluralité d’acteurs dont les interactions sont plus incertaines et moins stables en raison de la difficulté à maintenir un équilibre entre plusieurs pôles.

Structure du système international
Organisation fondamentale du système mondial qui détermine les comportements des États. Selon le néo-réalisme, cette structure repose principalement sur la distribution de la puissance entre les acteurs et l’équilibre des pouvoirs, influençant la stabilité ou l’instabilité du système. Elle agit comme un cadre qui contraint ou guide les stratégies des États.

5. Néo-libéralisme et institutions

Notions clés & Définitions

Néo-libéralisme : Courant qui, après 1945, met l’accent sur l’importance des facteurs économiques et des organisations internationales dans la fluctuation des relations internationales. Il considère que les événements économiques (crises, guerres) et politiques influencent la dynamique entre États, en insistant sur le rôle des institutions sociales pour construire des ordres sociaux adaptés aux problèmes communs.

Régime international : Ensemble d’institutions sociales dans un domaine donné où convergent les attentes des États. Ces institutions permettent aux États de construire des rapports spécifiques à travers des organisations internationales, favorisant la coopération dans des secteurs précis (économique, culturel, etc.).

Institutions sociales : Structures ou règles établies dans un domaine particulier, qui régulent les comportements des États et facilitent leur coopération. Elles sont le cadre dans lequel se construisent les rapports internationaux selon le néo-libéralisme.

Organisations internationales spécifiques : Organismes créés pour réguler des domaines précis, permettant aux États d’interagir selon des règles communes. Exemples implicites dans le texte : institutions dans les domaines économiques, culturels, etc.

Ordre social : Organisation cohérente et stable des relations entre États, construite par les institutions sociales et les organisations internationales, visant à gérer les enjeux communs et à limiter les conflits dans un cadre régulé.

Points essentiels

  • Les néolibéraux soulignent que les relations internationales sont influencées par des facteurs économiques et politiques, notamment lors de crises ou d’événements majeurs (ex : crises pétrolières, guerres).
  • La création d’un régime international repose sur la mise en place d’institutions sociales dans des domaines spécifiques, où les États partagent des attentes et construisent des rapports à travers des organisations internationales.
  • Ces institutions permettent de créer un ordre social adapté aux enjeux communs, en travaillant à différents niveaux et dans des secteurs précis (économique, culturel, etc.).
  • La coopération internationale s’appuie sur ces institutions pour instaurer des règles communes, renforcer la stabilité et répondre aux défis globaux.

À retenir

Le néo-libéralisme insiste sur le rôle central des institutions sociales et des organisations internationales spécifiques pour construire un ordre social cohérent, permettant aux États de coopérer face aux enjeux économiques et politiques mondiaux.

6. Théorie marxiste dépendance

Notions clés & Définitions

Théorie marxiste : Courant de pensée inspiré de Marx, qui explique que le système international est structuré par des forces économiques et de classes, notamment la lutte entre la bourgeoisie et le prolétariat, appliquée à l’échelle mondiale pour analyser la dépendance des États périphériques vis-à-vis des États principaux.

Système mondial : Concept selon lequel le fonctionnement de la société internationale est déterminé par l’économie capitaliste mondiale, où des forces systémiques invisibles animent la société internationale, notamment la domination des États principaux sur les États périphériques.

Exploitation des États périphériques : Mécanisme selon lequel les États riches ou principaux exploitent les États pauvres ou périphériques en leur soutirant leurs matières premières, ce qui maintient leur dépendance économique et politique. Les États périphériques sont aussi qualifiés d’états pauvres disposant seulement de ressources exploitées par les États principaux.

Globalisation : Selon la conception marxiste, phénomène développé depuis longtemps, considéré comme une évolution du système impérialiste occidental. Elle résulte de la domination des États principaux soutenus par les organisations internationales, renforçant la dépendance des États périphériques.

Impérialisme occidental : Forme spécifique d’impérialisme caractérisée par la domination économique, politique et militaire exercée par les puissances occidentales sur les États périphériques, dans le cadre de la globalisation et du système capitaliste mondial.

Points essentiels

  • La société internationale est structurée par une hiérarchie entre États principaux (riches, puissants) et États périphériques (pauvres, dépendants), avec des États semi-périphériques intermédiaires.
  • La dépendance des États périphériques est entretenue par l’aide au développement, qui sert à maintenir leur position de dépendance dans le système mondial.
  • La théorie insiste sur que cette organisation n’est pas figée ; les positions des États peuvent évoluer, mais le système reste basé sur l’exploitation économique.
  • La globalisation n’est pas vue comme un phénomène récent mais comme une étape de longue durée dans le processus d’impérialisme de l’Occident, renforçant la domination des États principaux.
  • La compétition entre puissances capitalistes pour contrôler un maximum de matières premières alimente la rivalité et la domination mondiale.

À retenir

La théorie marxiste de la dépendance explique que le système international est organisé autour d’une hiérarchie économique où les États périphériques sont dépendants des États principaux, ce qui perpétue l’exploitation et la domination dans le cadre d’un impérialisme occidental globalisé.

7. Approche féministe RI

Notions clés & Définitions

Approche féministe des RI
Courant théorique qui analyse les relations internationales en intégrant la perspective du genre, en mettant en évidence la société patriarcale et ses impacts sur la scène internationale. Elle critique la domination masculine dans le langage, les institutions et les pratiques diplomatiques.

Genre dans les RI
Concept qui désigne la construction sociale des caractéristiques, rôles et attentes attribués aux hommes et aux femmes dans la société internationale. Il s'agit d'analyser comment ces constructions influencent les relations, les discours et les structures du système international.

Représentation des femmes
Façon dont les femmes sont perçues, représentées et intégrées dans le discours, les institutions et les pratiques des RI. Elle met en lumière la sous-représentation, la marginalisation ou la stéréotypie des femmes dans ces contextes.

Égalité des sexes
Idée selon laquelle hommes et femmes devraient avoir les mêmes droits, opportunités et représentations dans la sphère internationale. Elle questionne la hiérarchie patriarcale et cherche à promouvoir une justice sociale entre les sexes.

Perspectives critiques
Approches qui remettent en question les paradigmes traditionnels des RI, notamment leur caractère sexiste et patriarcal. Elles proposent une lecture alternative en soulignant l'importance de la déconstruction des rapports de pouvoir liés au genre.

Points essentiels

  • La société internationale est considérée comme patriarcale, construite sur des attributs de masculinité, tels que la force, la rationalité, l’indépendance et la protection, qui dominent la sphère diplomatique et institutionnelle.
  • Le langage utilisé dans les RI est souvent binaire, renforçant la division entre masculin et féminin, et reflétant cette domination patriarcale.
  • Les théories féministes des RI cherchent à repenser la diplomatie, la sécurité et la gouvernance en intégrant une grille de lecture basée sur le genre, ce qui pourrait favoriser davantage de dialogue et de diplomatie plutôt que la force.
  • La société patriarcale est historiquement étudiée par des hommes, ce qui limite la compréhension et la représentation des femmes dans ces contextes.
  • Bien que le constat soit fait que la société internationale est patriarcale, les solutions proposées par ces approches restent encore peu concrètes dans la pratique.

À retenir

L’approche féministe des RI met en lumière la domination patriarcale inscrite dans le langage, les institutions et les pratiques internationales, proposant une relecture critique pour favoriser une gouvernance plus égalitaire entre les sexes.

8. Consolidation du système européen

Notions clés & Définitions

Consolidation du système européen : Processus visant à renforcer la coopération et l’organisation entre les puissances européennes pour assurer la paix, la stabilité et la gestion commune des affaires européennes, notamment par des conférences, traités et institutions telles que le Congrès de Vienne, le concert européen, et les conférences de La Haye.

Intégration européenne : Processus par lequel les États européens développent des mécanismes de coopération plus étroits, notamment à travers la création d’organisations internationales, pour gérer collectivement leurs relations et prévenir les conflits.

Union européenne : Organisation issue de la coopération entre États européens, visant à renforcer la solidarité, la paix et la stabilité en Europe, par le biais de traités européens et d’un cadre institutionnel commun. (voir aussi "traités européens" pour plus de précisions).

Traités européens : Accords formels signés entre États européens pour établir des règles, des institutions et des mécanismes de coopération, notamment dans le cadre de l’Union européenne, mais aussi pour organiser la concertation et la gestion commune des affaires européennes.

Coopération régionale : Action concertée entre plusieurs États d’une même région, visant à coordonner leurs politiques, à gérer ensemble des enjeux communs et à renforcer la stabilité régionale, comme illustré par le concert européen et les conférences internationales.

Points essentiels

  • La fin des guerres napoléoniennes en 1815 marque le début d’un processus d’institutionnalisation de la gestion des relations internationales en Europe, avec le Congrès de Vienne.
  • Le concert européen, instauré après 1815, consiste en des réunions régulières entre grandes puissances pour discuter des problèmes communs et assurer la paix.
  • La création de conférences de La Haye en 1899 et 1907 traduit une volonté d’établir des moyens pacifiques pour régler les différends et limiter les effets de la guerre, notamment par la codification du droit de la guerre.
  • La multiplication des conférences et la création d’organisations comme la SDN en 1919 illustrent la consolidation du système européen, avec une volonté d’organiser la coopération et la gestion collective.
  • La coopération régionale s’est aussi étendue à d’autres régions du monde, avec la création de structures sectorielles (ex : CECA, CEE) pour renforcer la stabilité et la paix en Europe et au-delà.

À retenir

La consolidation du système européen s’est construite à travers une série de conférences, traités et institutions visant à instaurer une coopération pacifique, une gestion commune des enjeux européens, et à prévenir la guerre par des mécanismes institutionnels et diplomatiques.

9. Expansion coloniale

Notions clés & Définitions

Expansion coloniale : Processus par lequel les puissances européennes étendent leur domination sur d’autres territoires à travers la conquête, la colonisation et l’établissement de colonies, motivés par des raisons économiques, politiques, idéologiques ou démographiques.

Impérialisme : Politique de domination d’un pays sur d’autres territoires ou peuples, visant à étendre son influence et ses intérêts à l’échelle mondiale, souvent par la colonisation ou l’exploitation économique.

Colonisation : Action d’établir une population dans un territoire étranger, de le contrôler et de l’administrer comme une extension de la métropole, en y imposant sa culture, ses institutions et ses intérêts.

Pouvoirs européens : États européens (notamment la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, la Russie, etc.) qui mènent une politique d’expansion coloniale pour accroître leur influence, leur richesse et leur prestige mondial.

Domination : Situation où un État ou une puissance exerce un contrôle politique, économique ou culturel sur un territoire ou un peuple, souvent par la force ou l’exploitation, dans le cadre de l’expansion coloniale et impérialiste.

Points essentiels

  • La conquête territoriale par les puissances européennes s’accélère au XIXe siècle, motivée par des raisons démographiques (augmentation de la population européenne), économiques (développement industriel, recherche de débouchés), politiques (nationalisme, intérêts stratégiques) et idéologiques (mission civilisatrice, religion).
  • La France s’installe en Algérie, au Sénégal, dans le bassin du Niger, et revendique des droits en Tunisie.
  • La Grande-Bretagne étend sa domination en Afrique occidentale, en Égypte, au Yémen, et en Inde, avec des conquêtes stratégiques.
  • L’Allemagne, l’Italie et la Belgique participent également à la colonisation, en développant influence et installations stratégiques en Afrique et en Asie.
  • La compétition entre puissances européennes entraîne des rivalités accrues, notamment en Afrique et en Asie, avec la création de zones tampon pour éviter les conflits directs.
  • En Asie, la Chine reste en grande partie fermée, mais les Européens obtiennent des droits commerciaux. Le Japon, plus ouvert, développe ses relations commerciales et influence.
  • La colonisation s’étend à presque toute la planète, avec une domination européenne croissante, provoquant tensions et rivalités entre États colonisateurs.

À retenir

L’expansion coloniale des puissances européennes au XIXe siècle est motivée par des raisons économiques, politiques, idéologiques et démographiques, conduisant à une domination mondiale qui intensifie les rivalités entre États et modifie la configuration géopolitique mondiale.

10. Nouvelles puissances

Notions clés & Définitions

Nouvelles puissances : États qui émergent ou renforcent leur influence sur la scène internationale à partir du XXe siècle, en particulier la Chine et l’Inde, en s’affirmant comme acteurs majeurs dans un contexte de multipolarité. Ces États jouent un rôle croissant dans la politique mondiale, notamment par leur puissance économique, démographique ou stratégique.

Multipolarité : Organisation du système international caractérisée par la présence de plusieurs pôles ou grandes puissances qui exercent une influence significative. Contrairement au système bipolaire ou unipolaire, la multipolarité implique une distribution plus équilibrée ou concurrentielle des forces entre plusieurs acteurs majeurs.

Émergence de nouveaux acteurs : Processus par lequel des États ou entités auparavant considérés comme secondaires ou périphériques gagnent en influence, en puissance et en importance dans les relations internationales, notamment par leur expansion territoriale, économique ou stratégique.

Chine : État asiatique qui, après une période d’isolation, voit son influence croître à partir du XXe siècle, notamment par le développement économique, la modernisation militaire et une politique extérieure affirmée, contribuant à l’émergence d’une nouvelle puissance mondiale.

Inde: État asiatique dont la puissance s’affirme à partir du XXe siècle, notamment par sa démographie importante, sa croissance économique et son rôle stratégique dans la région asiatique et mondiale, devenant un acteur clé dans la multipolarité émergente.

Points essentiels

  • L’émergence de la Chine et de l’Inde marque une transition vers un système international multipolaire, avec plusieurs acteurs majeurs concurrents ou coopérant.
  • La Chine, en particulier, connaît une montée en puissance après une longue période d’isolation, en développant ses capacités économiques et militaires pour s’affirmer comme une nouvelle puissance.
  • L’Inde, par sa démographie et sa croissance économique, devient un acteur stratégique, notamment dans la région asiatique.
  • La multipolarité se caractérise par la coexistence de plusieurs puissances qui influencent la politique mondiale, remettant en question la domination d’un seul ou deux acteurs.
  • Ces nouvelles puissances participent à la redéfinition des rapports de force, avec une influence accrue dans les institutions internationales et dans la configuration géopolitique globale.

À retenir

L’émergence de la Chine et de l’Inde dans un contexte de multipolarité redéfinit le paysage des relations internationales, marquant la fin de la domination exclusive des anciennes puissances occidentales.

11. Blocs antagonistes européens

Notions clés & Définitions

Blocs antagonistes européens : Groupements de puissances européennes formés pour s’opposer ou rivaliser lors de périodes de tensions ou de conflits, notamment durant la guerre froide. Ces blocs incarnent des alliances ou des coalitions de nations dont les intérêts et idéologies sont opposés, entraînant des confrontations politiques, militaires ou idéologiques.

Guerre froide : Période de confrontation indirecte entre deux grands blocs, principalement les États-Unis et l’URSS, caractérisée par une rivalité idéologique, politique, militaire et économique, sans affrontement direct entre les deux superpuissances. Elle se manifeste par des crises, des courses aux armements, des alliances et des conflits par procuration.

Fronts politiques : Zones ou domaines où s’affrontent ou se confrontent des idéologies, des intérêts ou des alliances politiques opposés, pouvant se traduire par des tensions diplomatiques, des conflits ou des rivalités entre blocs ou États.

Alliances militaires : Accords formels entre États pour se défendre mutuellement en cas d’attaque ou pour assurer leur sécurité collective. Exemple : OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) ou Pacte de Varsovie, qui regroupent respectivement les pays occidentaux et ceux de l’Est durant la guerre froide.

Conflits : Oppositions armées ou politiques entre États ou blocs, pouvant prendre la forme de guerres, de guerres civiles ou de crises diplomatiques, souvent liées à des rivalités de puissance, idéologiques ou territoriales. Ces conflits peuvent être locaux, régionaux ou mondiaux.

Points essentiels

  • La période de la guerre froide voit la division de l’Europe en deux blocs antagonistes : le bloc occidental (soutenu par les États-Unis) et le bloc de l’Est (soutenu par l’URSS).
  • Ces blocs se structurent autour d’alliances militaires comme l’OTAN pour le bloc occidental et le Pacte de Varsovie pour le bloc soviétique.
  • La rivalité entre ces blocs entraîne des tensions politiques et militaires, avec des crises majeures telles que la crise de Cuba ou la construction du Mur de Berlin.
  • Les fronts politiques se manifestent dans la compétition idéologique entre capitalisme et communisme, influençant la diplomatie et les stratégies militaires.
  • Conflits et crises entre blocs ont marqué la période, mais la guerre directe entre superpuissances a été évitée, privilégiant la confrontation indirecte ou par procuration.

À retenir

Les blocs antagonistes européens, principalement durant la guerre froide, incarnent la division du continent en deux camps opposés, dont la rivalité a façonné la géopolitique mondiale par des alliances, des crises et des conflits indirects, évitant toutefois la confrontation militaire directe entre superpuissances.

Tableaux de Synthèse

ThèmeApproche / ConceptPrincipaux auteurs / référencesEnjeux principaux
Théories des RIÉcoles de pensée, grille de lectureAucun auteur spécifique mentionnéComprendre la diversité des visions du système international
Libéralisme et ÉtatsContrat social, interdépendance, coopérationRousseau, SDN, ONUSécurité collective, stabilité, coopération internationale
Réalisme et puissanceCycle de guerre, puissance, souverainetéCarr, MorgenthauSécurité, survie, compétition, équilibre des puissances
Néo-réalisme et équilibre(Non détaillé dans le contenu fourni)N/A(N/A)
Néo-libéralisme et institutions(Non détaillé dans le contenu fourni)N/A(N/A)
Théorie marxiste dépendance(Non abordée dans le contenu fourni)N/A(N/A)
Approche féministe RI(Non abordée dans le contenu fourni)N/A(N/A)
Consolidation du système européen(Non abordée dans le contenu fourni)N/A(N/A)
Expansion coloniale(Non abordée dans le contenu fourni)N/A(N/A)
Nouvelles puissances(Non abordée dans le contenu fourni)N/A(N/A)
Blocs antagonistes européens(Non abordée dans le contenu fourni)N/A(N/A)

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la société anarchique du libéralisme avec une société chaotique ou désordonnée.
  2. Confondre la souveraineté absolue de l’État avec une souveraineté limitée ou partagée.
  3. Assimiler à tort le cycle de guerre du réalisme à une guerre constante, alors qu’il s’agit d’une tendance générale.
  4. Confondre la puissance militaire avec la puissance économique, alors que Morgenthau insiste sur plusieurs éléments.
  5. Oublier que la grille de lecture des écoles de pensée est spécifique à chaque approche, ne pas les mélanger.
  6. Confondre la coopération libérale avec une absence totale de conflit, alors qu’elle vise à réduire la conflictualité.
  7. Confondre les concepts de l’état de nature de Rousseau avec ceux de Hobbes ou Locke, qui ne sont pas abordés ici.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition des théories des RI et leur rôle dans l’analyse des événements internationaux.
  2. Expliquer la conception libérale de l’État selon Rousseau, notamment la théorie du contrat social.
  3. Identifier le rôle des organisations internationales comme la SDN et l’ONU dans la coopération entre États.
  4. Définir la notion d’interdépendance entre États dans le cadre libéral.
  5. Expliquer la vision réaliste de la société internationale, notamment la société anarchique.
  6. Décrire la notion de cycle de guerre selon les réalistes, en citant Carr et Morgenthau.
  7. Comprendre la notion de puissance selon Morgenthau et ses éléments constitutifs.
  8. Définir la souveraineté et son importance dans la théorie réaliste.
  9. Identifier les différences fondamentales entre libéralisme et réalisme dans leur vision du système international.
  10. Connaître les enjeux principaux de chaque approche : sécurité, stabilité, conflit, coopération.
  11. Maîtriser la grille analytique spécifique à chaque école de pensée.
  12. Savoir citer les auteurs clés : Rousseau pour le libéralisme, Carr et Morgenthau pour le réalisme.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les grandes écoles des relations internationales avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel est l'effet principal de la société patriarcale analysée par l'approche féministe des relations internationales ?

2. Selon la perspective néo-libérale, quels sont les composants clés permettant de construire un ordre social international stable ?

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Mémorisez les concepts clés de Les grandes écoles des relations internationales avec 22 flashcards interactives.

Théories des RI — définition ?

Écoles de pensée expliquant les relations internationales.

Approche scolaire — rôle ?

Analyser les événements selon une école de pensée.

Grille de lecture — fonction ?

Interpréter les événements selon une perspective théorique.

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